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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 15:58

 

Bormes-les-Mimosas - Incendie - satellite - Pleiades - 27 juillet 2017 - CNES - Airbus DS - Copernicus - observation de la Terre

Paysage dévasté à Bormes-les-Mimosas : la forêt et la végétation brûlée vues par
le satellite Pleiades. Image acquise le 27 juillet 2017.
Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

Dernièrement, sur le blog Un autre regard sur la Terre, il a beaucoup été question d’ouragans et de tempêtes tropicales avec Harvey, Irma et José.

L’été a également été très chaud sur le front des incendies, en Europe et ailleurs dans le monde. Les pompiers ont été fortement mobilisés et ont parfois payé un prix fort pour lutter contre des feux, souvent le résultat de négligence ou parfois d’actes criminels.

En guise de rétrospective et sans exhaustivité, voici quelques exemples de feux qui m’ont paru emblématique et dont ont été témoins les satellites d’observation. Je les ai classés par ordre chronologique.

 

Début d’été meurtrier au Portugal

Le ton est donné  avant le solstice d’été, avec un dramatique incendie dans la région de Pedrograo Grande au Portugal

Une séquence d’images de l’instrument MODIS embarqué sur les satellites Aqua et Terra permet de suivre l’évolution de la catastrophe entre le 17 et le 23 juin 2017.

 

Wild fire - Portugal - June 2017 - Incendies - Juin - Pedrogao Grande - MODIS - Aqua - Terra - NASA - rapid response

Les incendies du mois de juin dans la région de Pedrogao Grande au Portugal :
série d’images acquises par l’instrument MODIS des satellites Aqua et Terra entre le 17 et le 23 juin 2017. Crédit image : NASA / MODIS rapid response. Infographie : Gédéon

 

Les images sont représentées ici avec une composition colorée mettant à la fois en évidence les incendies actifs et les zones brûlées. Elle combine les canaux 7, 2 et 1 de l’instrument MODIS, respectivement représentées en rouge, vert et bleu sur votre écran. Je vous renvoie à d’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre pour des explications plus détaillées de l’intérêt de cette composition colorée.

Les trois images suivantes, provenant toujours de l’instrument MODIS, donnent une vision plus globale des zones affectées par les incendies. Mon illustration s’arrête au 17 août mais, malheureusement, d’autres incendies se sont déclarés depuis.

 

Les incendies de l’été 2017 au Portugal : série d’images acquises
par l’instrument MODIS des satellites Aqua et Terra entre le 12 juin et le 17 août 2017.
Crédit image : NASA / MODIS rapid response. Infographie : Gédéon

 

 

Nuées ardentes à Pompéi ? Non, des incendies autour du Vésuve…

Après le Portugal, l’Italie…Comme les autres régions méditerranéennes, l’Italie est particulièrement exposée au risque d’incendie et la DPC est mobilisée chaque été.

C’est le 12 juillet que s’est déclenché un feu sur les versants du Vésuve à côté de Naples. Un autre incendie a touché la magnifique côte amalfitaine.

Voici une image acquise par le satellite Sentinel-2B le 12 juillet 2017 au moment de l’incendie. Je vous présente quatre différentes combinaisons de bandes spectrales mettant en évidence différents aspects de l’incendie.

 

Les incendies du Vésuve et de la côte amalfitaine : 4 compositions colorées d’un extrait d’une
image acquise par le satellite Sentinel-2B le 12 juillet 2017 à 9h50 UTC.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

 

De haut en bas, les quatre images correspondent aux couleurs naturelles (canaux 4, 3 et 2), aux fausses couleurs infrarouge (canaux 8, 4 et 3), à l’infrarouge court ou SWIR (canaux 12, 8 et 4) et aux fausses couleurs urbaines (canaux 12, 11 et 4).

En 79 après J.-C., l’éruption explosive du Vésuve a entraîné la destruction des villes de Pompéi et d’Herculanum. Ici, il s’agit bien d’un incendie et non d’une éruption du volcan : la dernière remonte à 1944. Les forêts couvrant les versants du Vésuve et faisant partie du Parc National du Vésuve ont été détruites par les flammes.

Une autre image satellite, acquise la nuit par l’instrument VIIRS du satellite Suomi NPP donne une idée de la catastrophe : alors que ces zones boisées non éclairées paraissent obscures en temps normal, une image acquise dans la nuit du 12 juillet montre les flancs du Vésuve éclaires par l’intensité des flammes.

 

Vésuve - Incendie - Wild fire - Juillet 2017 - image nocturne - satellite - Suomi NPP - VIIRS - NASA - July 2017 - Night image

Deux images de Naples et du Vésuve acquises pendant la nuit par l’instrument VIIRS du satellite Suomi NPP. A gauche, image du 9 juillet avant l’incendie. A droite image du 12 juillet pendant l’incendie.
Crédit image : NASA

 

Cela se corse

Inutile d’aller très loin pour constater d’autres dégâts d’un incendie : il s’est déclenché le lundi 24 juillet au matin au nord de la Corse près des commune de Biguglia et Olmeta-di-Tuda.

L’illustration suivante est un extrait d’image acquise par le satellite Sentinel-2A le 5 août 2017. Ici aussi, la représentation colorée utilisant le canal proche infrarouge montre comment l’imagerie satellite permet de délimiter les zones parcourues par les flammes : elles apparaissent en noir sur l’image alors que la végétation active est rouge. Plus de 2000 hectares sont partis en fumée.

 

Corse - Incendie - été 2017 - Satellite - Sentinel-2 - Copernicus - surfaces brûlées - Burnt scars
Corse - Incendie - été 2017 - Satellite - Sentinel-2 - Copernicus - surfaces brûlées - Burnt scars - Proche infrarouge - chlorophylle - Index de végétation

Les dégâts de l’incendie de Biguglia et d’Olmeta-di-Tuda vus le 5 août 2017 à 10h20 UTC par le
satellite Sentinel-2A. En haut, représentation en couleurs naturelles. En bas, représentation
utilisant le canal proche infra-rouge.  Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

De manière générale, à cause de la sécheresse et des températures élevées, le sud-est de la France a vécu un été particulièrement dramatique avec de nombreux incendies.

L’image au début de cet article a été prise par le satellite Pleiades le 27 juillet 2017 : elle montre les dégâts causés par le feu à proximité de Bormes les Mimosas. En voici deux extraits en pleine résolution qui illustrent l’impressionnant travail des pompiers pour protéger les habitations.

 

A Bormes-les-Mimosas, la forêt et la végétation brûlée vues par
le satellite Pleiades. Deux extraits d’une image acquise le 27 juillet 2017.
Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

 

Au Groënland aussi…

Le Groënland a également connu un incendie de longue durée pendant l’été.

Détecté le 31 juillet par l’instrument MODIS des satellites Aqua et Terra, l’incendie s’est déclenché à 150 km au nord-est de Sisimiut. Les panaches de fumée sont visibles à partir du 1er août jusqu’au 16 août.

Avec un été sec, un tel incendie n’est pas inhabituel mais les premières analyses des images MODIS montrent que 2017 est une année exceptionnelle avec un nombre record de départ de feux.

 

Groënland - Incendie - satellite - Sentinel-2 - Copernicus
Groënland - Incendie - satellite - Sentinel-2 - Copernicus - Proche infrarouge - glacier - Greenland

Image en couleurs naturelles et version en champ plus large avec le canal proche infrarouge
de l’incendie au Groënland. Image acquise par le satellite Sentinel-2A le 8 août 2017.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

 

Un été chargé pour le service Copernicus de cartographie d’urgence

L’été a donc été très chargé pour les équipes du service européen de cartographie rapide de Copernicus (Copernicus Emergency Mapping Service) :

 

Emergency Management Service - Activation - service de cartographie d'urgence - Copernicus juin 2017 - septembre 2017 - European Commisison - Commission européenne - Cartographie rapide

Les activations du service de cartographie d'urgence de Copernicus entre juin et septembre 2017.
Crédit image : Copernicus / Commission européenne / Emergency Management Service

 

La première activation du mois de juin est l’incendie dramatique au Portugal. La dernière activation a eu lieu vendredi 29 septembre pour le feu de la région Castille-et-León en Espagne.

Il y a eu 21 activations pour des feux entre début juin et fin septembre 2017, soit plus de 50% de 41 activations depuis le début du mois de juin.

Au total, il y a déjà eu 50 activations depuis le 1er janvier 2017 (9 mois), à comparer à 34 pour les douze mois de l’année 2016. Pour mémoire, il y avait eu 31 activations en 2015, 45 en 2014 et 36 en 2013. Je ne comptabilise pas ici les activations « non urgentes ».

Le service Copernicus, qui avait été préfiguré par le programm européen SAFER, est opérationnel depuis le 1er avril 2012.

 

Feux à volonté : partout dans le monde

Grèce, Espagne, Etats-Unis, Canada : il y a eu cet été de nombreux autres incendies de végétation dans l’hémisphère nord. Voici une dernière image montrant la situation en Sibérie, toujours le 8 août 2017.

 

Sibérie - Siberia - Wild fires - Summer 2017 - MODIS - NASA - Smoke - Incendies

Les incendies de l’été 2017 en Sibérie : extrait d’une image acquise par l’instrument
MODIS du satellite Terra le 8 août 2017. Crédit image : NASA / LANCE / MODIS Rapid Response

 

 

En savoir plus :

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 21:39

 

Sentinel-3 - Larsen-C - A68 - Antarctique - Copernicus - ESA - Ice shield - glace - Iceberg - A68 - Union européenne

C’est le printemps en Antarctique : l’iceberg géant A68 se sépare de la barrière de glace
Larsen-C. Extrait d’une image acquise le 16 septembre 2017 par l’instrument OLCI
du satellite Sentinel-3A. Crédit image : ESA / Copernicus / Union européenne

 

22 septembre 2017 : c’est l’automne, à 20:01 UTC exactement. A ce moment précis, le terminateur terrestre, la limite entre la partie éclairée de la Terre et la partie dans l’obscurité, passe par les deux pôles terrestres. Le même phénomène se produit au printemps : c’est l’équinoxe. Et c’est parfaitement illustré sur cette image du satellite Meteosat de Seconde Génération (MSG).

 

Automne - Solstice - 2017 - Meteosat - MSG - terminateur - saisons - orbite géostationnaire

Lever de soleil sur l’Europe, le jour de l’équinoxe d’Automne. Image acquise par le satellite
Meteosat 10 (MSG) le 22 septembre 2017 à 6h00 UTC. Le quadrillage en latitude et en longitude
est ajouté au sol après réception des images. Crédit image : Eumetsat

 

En négligeant la réfraction atmosphérique, la durée du jour est égale à la durée de la nuit pour tous les lieux de la surface terrestre. Le jour de l´équinoxe, le Soleil se lève exactement à l´est et se couche exactement à l´ouest. Pour 2017, l’équinoxe est plutôt à l’heure du coucher de soleil.

Plusieurs articles du blog Un autre regard sur la Terre montrent la Terre au fil des saisons, avec en particulier les solstices et les équinoxes vus depuis l’orbite géostationnaire par les satellites météorologiques. Plus étonnant, il y a également un article qui explique pourquoi les saisons (les équinoxes) imposent d’avoir de grosses batteries sur les satellites géostationnaires.

 

Orbite polaire et température polaire

Pour une fois, on va parler des satellites d’observation en orbite basse, les fameuses orbites héliosynchrones, polaires ou quasi-polaires.

Si vous avez lu les derniers articles sur les ouragans Harvey et Irma, vous savez certainement que les satellites optiques sont bien sûr gênés par la couverture nuageuse qui masque les régions d’intérêt.

Mais saviez-vous qu’à certaines périodes de l’année, ils survolent des régions insuffisamment éclairées pour acquérir de bonnes images ? Aux latitudes très au nord pendant l’hiver dans l’hémisphère nord et au sud pendant l’été dans l’hémisphère nord.

Cette situation est directement liée à l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport au plan de l’écliptique, le plan qui contient l’orbite de la Terre autour du soleil.

Si vous vous amusez à consulter des catalogues d’image satellite comme l’Open Access Hub de Copernicus, vous pourrez en avoir le cœur net et constater qu’il y a peu d’images des satellites optiques aux latitudes extrêmes au sud entre mai et août.

L’illustration suivante provient de l’outil MODIS Worldview de la NASA : il donne accès aux données de plus satellites dont celles de l’instrument MODIS embarqué sur Aqua et Terra. La série de 4 images présentées ici correspond aux dates du 21 décembre 2016, du 21 mars, du 21 juin et du 21 septembre 2017. Elle donne une bonne idée de la variation de la lumière solaire aux latitudes élevées au fil des saisons.

 

Saisons - équinoxe - solstice - satellite - orbite basse - plan de l'écliptique - soleil - latitude - cercle polaire - spring - winter - summer - automn

Saisons, solstices et équinoxes : la variation de l’éclairement solaire et l’impact sur
les possibilités d’acquisition d’images par les satellites aux latitudes élevées.
Source des images : NASA / MODIS Rapid Response. Infographie : Gédéon

 

Effet Larsen : pour briser la glace

Un bon exemple est le suivi de la situation en Antarctique, pendant la période de l’hiver austral.

Si vous vous intéressez aux questions de changement climatique, vous avez peut-être entendu parler  de la barrière de glace Larsen-C dans la péninsule Antarctique, la quatrième plus grande plateforme de glace de l’antarctique.

Ces barrières de glace ont été baptisées du nom de l’explorateur norvégien Carl Anton Larsen, qui a fait son effet dans cette région.

 

Un milliard de tonnes de glace et pas une goutte de Whisky…

Après Larsen-A en 1995 et Larsen-B en 2002, Larsen-C a commencé à se fissurer il y a plusieurs mois. La fissure a fini par rejoindre l’océan le 12 juillet 2017 en donnant naissance à un des plus grands icebergs jamais observés par l’homme.

Poétiquement nommé A68, sa superficie est estimée à 6000 km2 soit environ 50 fois la ville de Paris.

Même si ce n’est qu’une petite partie (quand même environ 10%) de la plateforme Larsen-C, cette dislocation menace la stabilité des glaciers voisins.

 

Pas de lumière en antarctique : on marche au radar…

Les choses se sont donc accélérées en plein hiver austral. A cause des nuages fréquents et de la lumière solaire réduite, ce sont les satellites radar Sentinel-1A et Sentinel-1B du programme Copernicus qui ont suivi l’évolution de la fissure et l’écartement progressif du futur iceberg, comme le montre l’animation suivante.

 

Larsen-C - iceberg A68 - suivi fracture - Sentinel-1 - radar - SAR - antartica - Antarctique - Copernicus - ESA - ice shield - changement climatique

Séquence d’images acquises entre le 6 juillet 2017 par les satellites Sentinel-1A et Sentinel-1B
montrant l’élargissement de la fissure dans la glace et la naissance du glacier A68.
Crédit image : carte produite à par de données Copernicus, traitées par l’ESA, CC BY-SA 3.0 IGO

 

La fracture date de plusieurs années mais elle était restée stable jusqu’en janvier 2016. En avril 2017 (l’automne en Antarctique), le satellite Sentinel-2, un satellite optique a pu acquérir une image sans nuage à un moment où la fracture a commencé à s’allonger rapidement :

 

Ice shield - Larsen-C - 68A - Iceberg - faille - glace - Antarctique - Sentinel-2 - Avril 2017 - Copernicus - ESA

Image de la barrière de glace Larsen-C vu par le satellite européen Sentinel-2A le 6 avril 2017 à 13h11 UTC. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

J'ai pivoté de 90° l'image originale qui est très allongée pour faciliter son affichage sur un écran d'ordinateur. Au lieu d'être orientée vers le nord, elle est tournée vers... le nord. C'est effectivement un problème pour s'orienter quand on voyage en Antarctique : tous les chemins mènent au nord, comme le montre la carte suivante :

 

Antarctique - Nord - Boussole - The confusing continent- Tous les chemins mènent au nord - Ne pas perdre le nord - North - South pole

Les joies de l'orientation en Antarctique : il est assez facile de ne pas perdre le nord...

 

-20°C à -60°S

Si vous voulez avoir une meilleure idée de la position géographique de Larsen-C, ses coordonnées sont approximativement de 64,6° de latitude sud et 60,4° de longitude ouest. La péninsule antarctique est la partie la plus au nord du sud... Les température y sont particulièment douces dit-on...0°C à 5 °C en été, -20°C à -10 °C en hiver. Sortez les maillots !

Toujours en avril 2017, deux images du satellite Sentinel-1 acquises le 7 et le 14 avril 2017 ont été combinées pour créer un produit interférométrique mettant en évidence la fracture de la barrière Larsen-C.

 

Antarctique - Antartica - Sentinel-1 - interférométrie - Larsen-C - A68 - Copernicus - ESA - fracture - iceberg

 

Produit interférométrique obtenus à partir de deux images du satellite Sentinel-1 acquises le 7
et le 14 avril 2017.
Crédit image : données Copernicus Sentinel (2017) traitées par
A. Hogg (CPOM / Priestly Centre) CC BY-SA 3.0 IGO

 

Ces exemples illustrent l’intérêt des satellites radar et l’apport du programme européen Copernicus : pouvoir assurer dans la durée l’évolution des régions polaires, malgré la couverture nuageuse et la faible lumière solaire pendant plusieurs mois dans l’année.

 

Let there be light…

Mais ça y est : en Antarctique, le printemps revient et les satellites d’observation optiques  vont commencer à pouvoir refaire de belles images.

L’exemple qui illustre le début de cet article a été acquise par le satellite Sentinel-3A quelques jours avant l’équinoxe d’automne (en Europe).

 

Octobre en septembre

« Il n’y a plus de saisons ! »

C’est vrai que la météo bizarre de l’été, avec des coups de chaud et de froid, de la pluie, peut faire douter. Mais le rythme des saisons continue.

L’arrivée de l’automne  se manifeste aussi par des changements de comportement des terriens, vestimentaires ou alimentaires. Pour terminer sur une note détendue, voici un exemple de ces changements dont j’ai été récemment témoin à Munich.

 

Munich - Fête de la bière - Oktober fest - Munchen

Octobre en septembre : à Munich, sur Theresienwiese, Oktober Fest, des signes subtils qui marquent
l’arrivée de l’automne. Pas de whisky mais un peu de bière pour fêter ça.
Crédit image : Gédéon

 

En savoir plus :

 

 

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 11:46

 

Irma - dégâts - damages - Saint-Barthélemy - Ouragan - Hurricane - satellite - high résolution - haute résolution - Pleiades - Pléiades - CNES - Airbus Defence and Space - Macron - visite président

Les dégâts de l’ouragan Irma à Saint-Barthélemy. Image acquise par le satellite Pléiades-1B
le 10 septembre 2017. Version en résolution réduite. Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

Après les ouragans Irma et Jose, la pluie et le vent, le beau temps…

Comme la pluie qui accompagnait François hollande à chaque inauguration, il n’y a pas de lien a priori avec la venue du Président Emmanuel Macron attendu aujourd’hui à Saint-Martin et Saint-Barthélémy…
Après un point de situation en Guadeloupe, Emmanuel Macron décollera pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Cette visite s’inscrit dans un contexte de critiques sur la gestion par les autorités de l'ouragan Irma. L’exaspération de la population touchée par l’ouragan et le sentiment d’avoir été abandonnée ont rapidement donné lieu à des récupérations politiques. Le même jour, le roi des Pays-Bas, Willem-Alexander, est arrivé à Sint Maarten, la partie néerlandaise de l'île Saint-Martin.

 

Salle Jupiter

Quelques jours après le passage d’Irma,  le ciel se dégage donc enfin dans les Antilles. Ciel bleu au-dessus de la mer mais il reste encore quelques nuages, accrochés au relief, comme souvent dans les îles tropicales.

Les satellites d’observation optiques à très hautes résolution, qui tentaient depuis plusieurs jours d’obtenir des images pour cartographier des dégâts (les premières images Pléiades ont été exploitées dès le 8 septembre), commencent à fournir des résultats intéressants.

Airbus Defence and Space vient de publier quelques images acquises par le satellite Pleiades-1B le dimanche 10 septembre.

Les images présentées ici couvrent les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Elles ont été acquises dans le cadre du service de cartographie d’urgence de Copernicus (Copernicus Emergency Mapping Service) et de la charte internationale espace et catastrophes majeures). Ces deux outils ont été activés à plusieurs reprises après le passage de l’ouragan Irma.

 

 

Saint-Barthélemy : un massacre ? Les dégâts vus par le satellite Pleiades-1B

À Saint-Barthélemy, les dégâts sont comparativement inférieurs aux dommages causés par Irma à Saint-Martin.

Néanmoins, et cela m’a fait penser à l’explosion de l’AZF à Toulouse en 2001, la plupart des écoles ont subis des dégâts rendant les salles de classes inutilisables, et les hôpitaux endommagés. Le réseau de distribution d’eau est fortement endommagé.

Pour la petite histoire, la villa de Johnny Hallyday, que le  chanteur proposait de mettre à disposition des habitants sans toit, est également inhabitable.

Voici une version en résolution réduite et quelques extraits en pleine résolution de l’image de l’île de Saint-Barthélemy.

 

Irma - dégâts - damages - Saint-Barthélemy - Ouragan - Hurricane - satellite - high résolution - haute résolution - Pleiades - Pléiades - CNES - Airbus Defence and Space - Macron - visite président
Irma - dégâts - damages - Saint-Barthélemy - Ouragan - Hurricane - satellite - high résolution - haute résolution - Pleiades - Pléiades - CNES - Airbus Defence and Space - Macron - visite président

Les dégâts de l’ouragan Irma à Saint-Barthélemy. Deux extraits en pleine résolution de l’image
acquise par le satellite Pléiades-1B le 10 septembre 2017. Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

 

Un paysage de ruines : les dégâts à Saint-Martin et Sint-Marteen vus par le satellite Pleiades-1B

Selon la Croix-rouge néerlandaise, près d'un tiers des bâtiments construits sur la partie néerlandaise de l'île de Saint-Martin ont été détruits et plus de 90% d'entre eux ont été endommagés. 

Un couvre-feu interdisant toute circulation entre 19 heures et 7 heures est en vigueur à Saint-Martin jusqu’au mercredi 13 septembre.

 

Irma - dégâts - damages - Saint-Martin - Ouragan - Hurricane - satellite - high résolution - haute résolution - Pleiades - Pléiades - CNES - Airbus Defence and Space - Macron - visite président

Les dégâts de l’ouragan Irma à Saint-Martin. Image acquise par le satellite Pléiades-1B
le 10 septembre 2017. Version en résolution réduite. Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

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Irma - dégâts - damages - Saint-Martin - Sint-Marteen - Ouragan - Hurricane - satellite - high résolution - haute résolution - Pleiades - Pléiades - CNES - Airbus Defence and Space - Macron - visite président

Les dégâts de l’ouragan Irma à Saint-Martin. Extraits en pleine résolution de l’image acquise
par le satellite Pléiades-1B le 10 septembre 2017. Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

Le coût de la construction aux normes anticycloniques et les moyens de la population expliquent aussi les différences de dommages subis entre Saint-Martin et Saint-Barthélemy : seulement 4% de chômage à Saint-Barthélemy, contre 30% de chômeurs à Saint-Martin qui souffre notamment d’une économie presque exclusivement tournée vers le tourisme. Un habitant sur cinq touche le RSA.

Dans les deux cas, le chantier de la reconstruction va être colossal.

 

On s’active…

Ces images du satellite Pléiades 1B font partie de celles utilisées par les services de cartographie d’urgence. Au moins trois satellites (Pleiades-1B, Sentinel-1A et Cosmo-Skymed) ont été programmés par acquérir ces images en urgence, sans compter les images d’archive utilisées pour produire les carte de référence (Kompsat-3 et Worldview-2).

Le satellite Pleiades-1B a acquis des images le 7, le 8 et le 10 septembre 2017, avec une couverture nuageuse qui s'améliorait. Les acquisitions multiples ont permis finalement de couvrir l'intégralité de la zone d'intérêt en limitant l'impact des nuages. 

Une visite du catalogue Geostore d'Airbus Defence and Space permet de voir toutes les tentatives effectuées dès le lendemain du passage de l’ouragan Irma pour acquérir des images à haute résolution des différentes zones touches, à Saint-Barthélemy et Saint-Martin mais aussi sur les différentes îles que se trouvaient malheureusement sur le passage de l’ouragan.

 

Irma - ouragan - dégâts - dégats - Saint-Barthélemy - Saint-Martin - satellite - Pléiades - VHR - EO - haute résolution - Airbus Defence and Space - CNES - Geostore
Irma - ouragan - dégâts - dégats - Saint-Barthélemy - Saint-Martin - satellite - Pléiades - VHR - EO - haute résolution - Airbus Defence and Space - CNES - Geostore

Deux copies d’écran du catalogue Geostore d’Airbus Defence and Space montrant la liste
des images Pleiades et SPOT acquises depuis le passage de l’ouragan Irma

 

Pour information, Simon Gascoin, un chercheur du CESBIO (Centre d'Etude Spatiale de la Biosphère à Toulouse) a comparé deux images de Saint Barthélemy acquises par les satellites jumeaux Sentinel-2A et Sentinel-2B respectivement le 12 septembre, soit 6 jours après le passage de l'ouragan Irma, et le 4 septembre.

Il a utilisé une representation colorée mixant les bandes visibles et infrarouges et faisant ressortir l'impact sur la végétation (method dite EnhancedNaturalColors du blog de Pierre Markuse) : le contraste entre ces deux images est saisissant.

 

Mobilisation générale pour l'aide aux secours

La société Digital Globe a également publié des images dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 septembre 2017. La petite taille des vignettes montre que s’affranchir de la couverture nuageuse a été un défi pour tous les opérateurs.

Alors que les satellites radar sont un outil très efficace dans le cas des inondations, ces images confirment également que l’imagerie optique à très haute résolution est indispensable pour la cartographie des dégâts subis par les bâtiments et les habitations après un cyclone ou un tremblement de Terre. Plus généralement pour l'analyse fine du bâti dans les zones urbanisées.

Des équipes spécialisées comme le SERTIT en France (Université de Strasbourg) ou le DLR-ZKI en Allemagne (agence spatiale allemande) assurent le traitement et l’interprétation des images.

Dans le cas d’Irma, vous constaterez que, même avec des satellites à très haute résolution, l’inventaire des dégâts n’est pas un travail évident… Dans le cas des incendies, il est parfois possible de s’affranchir de l’image de référence (celle présentant la situation avant la catastrophe). Essayez de le faire ici... C’est très difficile ! A nouveau, c’est vrai à chaque fois qu’une catastrophe, qu’il s’agisse d’une tempête ou d’un tremblement de terre, touche une zone urbanisée.

 

Saint-Matin - Sint-Marteen - Irma - dégâts - Impact - Damage - dommages - Copernicus - Rapid mapping - Emergency mapping - Septembre 2017

Un exemple de carte d’impact produite par le service Copernicus de cartographie d’urgence
après le passage d’Irma (activation EMSR232). L’image du satellite Pleiades-1B utilisée ici a été acquise le 8 septembre 2017. Copyright 2015 European Union

 

Retour d'expérience

Concernant les services de cartographie d’urgence, il y aura certainement un retour d’expérience sur les mécanismes d’activation dans le cas de catastrophes de grandes ampleur affectant plusieurs pays : le principe de déclenchement par des « utilisateurs autorisés », en général des autorités nationales ou organisations internationales (comme UNITAR/UNOSAT), fait qu’il y a eu au total deux activations distinctes du service Copernicus de cartographie d’urgence (EMS pour emergency Mapping Service) et une de la charte internationale espace et catastrophes majeures pour l’île de Saint-Martin :

  • L’activation EMSR232 du service Copernicus EMS, le 5 septembre 2017 à 10h08 UTC, à la demande du Centre Opérationnel de Gestion Interministériel de Crises (COGIC) français.
  • L’activation EMSR234 du service Copernicus EMS, le 7 septembre 2017 à 12h40, à la demande du ministère néerlandais de la sécurité nationale, pour Sint-Marteen.
  • L’activation 548 de la charte internationale, le 5 septembre 2017 à 12h02, à la demande d’Unitar/Unosat pour Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Anguilla.

Au total, Irma a entraîné tout au long de son parcours destructeur 9 activations, 5 de Copernicus et 4 de la charte internationale

Une partie des moyens utilisés, notamment pour la cartographie rapide proprement dite, sont communs.

 

Irma - Hurricane - Wind strom - Ouragan - Activation - Copernicus - Emergency Mapping Service - European Union - operations

La liste des 5 activations du service Copernicus de cartographie d’urgence après le passage
de l’ouragan Irma et les deux zones d’intérêt pour Saint-Martin and Sint-Marteen.
Source : Copernicus EMS

 

Dégâts : une des catastrophes naturelles les plus coûteuses en France

Irma serait un des ouragans les plus puissants jamais répertorié sur l’Atlantique.

Selon un communiqué de la Caisse centrale de réassurance, le réassureur public français spécialisé dans les catastrophes naturelles, le coût des dommages provoqués par l'ouragan Irma sur les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy s'élève au moins à 1,2 milliard d'euros.

Sur le plan humain, Irma a fait au moins 19 morts dans les Caraïbes dont 10 dans les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

En Floride, Irma a donné lieu à l’évacuation la plus large jamais ordonnée aux Etats-Unis : 6,3 millions de personnes, sur un total de 20 millions d’habitants.

En France, selon des chiffres de la Fédération française de l'assurance (FFA), l'évènement naturel le plus coûteux en termes de dommages assurés, avec 6,8 milliards d'euros d'indemnisations, reste l’épisode des tempêtes Lothar et Martin (décembre 1999).

Suivent les tempêtes Klaus et Quinten de 2009 (1,9 milliard d'euros) puis les inondations de mai et en Île-de-France et dans le Centre (1,4 milliard d'euros) et la sécheresse de 2003.

Les professionnels de l’assurance estiment que l'impact financier des catastrophes naturelles va continuer à augmenter à l’avenir, pas seulement à cause de de la fréquence ou de l'intensité des catastrophes, mais surtout à cause de la vulnérabilité (exposition de la population et des biens assurés).

 

En savoir plus :

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 23:10

 

Les premières cartes des dégâts réalisées par le service de cartographie d’urgence de Copernicus le confirment : pas facile d’acquérir des images sans nuages quand les ouragans se succèdent au-dessus des Antilles, de Cuba et du golfe du Mexique…

 

Open data : des images à l’œil

En attendant que le ciel se dégage, voici quelques images étonnantes de l’œil du cyclone vu par les satellites d’observation.

 

Jose - Hurricane - Ouragan - Sentinel-2A - Copernicus - Eye - Oeil - satellite - couleurs naturelles
Jose - Hurricane - Ouragan - Sentinel-2A - Copernicus - Eye - Oeil - satellite - couleurs naturelles

L’œil du cyclone Jose vu par le satellite européen Sentinel-2A. Extrait en couleurs naturelles
d’une image acquise le 9 septembre 2019 à 14h47 UTC. En bas, extrait centré sur l’œil.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Fauchée ? Pas de problème, c'est à l'œil

La fauchée de Sentinel-2, la largeur de terrain balayée par l’instrument du satellite le long de son orbite, est de 290 km : elle ne permet pas d’avoir une vue complète du cyclone Jose en une seule image.

Difficile d'ailleurs de parler de diamètre d'un ouragan. On peut estimer la taille de la zone "où il y a des nuages" mais les spécialistes parlent plus volontiers du disque à l'intérieur duquel les vents atteignent la force cyclonique.

L'oeil d'un cyclone ou d'un ouragan est plus facile à mesurer : l’œil de Jose a un diamètre d’environ 30 km.

La mécanique orbitale fait parfois bien les choses : le satellite Sentinel-2 est passé pratiquement au-dessus de l’œil de Jose le 9 septembre. Jose était alors à environ 80 km au nord-est de l’île de Barbuda.

L’image présentée ici combine les canaux 4 (rouge), 3 (vert) et 2 (bleu) pour obtenir une représentation en couleurs naturelles

J’ai essayé d’autres combinaisons de canaux pour voir si elles mettaient mieux en évidence, au moins visuellement, la structure de l’œil.

Voici un exemple de représentation combinant les canaux 12, 11 et 8A, 3 bandes centrées respectivement sur les longueurs d’onde 2,190µm, 1,610 µm et 0,865 µm, dans le proche infrarouge et l’infrarouge court (SWIR).

 

Jose - Hurricane - Ouragan - Sentinel-2A - Copernicus - Eye - Oeil - satellite - composition des canaux 12 11 et 8A - NIR - SWIR

L’œil du cyclone Jose vu par le satellite européen Sentinel-2A. Composition colorée des canaux
12, 11 et 8A représentés respectivement en rouge, vert et bleu. Extrait d’une image acquise
le 9 septembre 2019 à 14h47 UTC. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Un radar qui voit des nuages

Le satellite TerraSAR-X a également acquise une image de l’œil de l’ouragan Irma :

 

Irma - Hurricane - Ouragan - Terrasar-X - SAR - radar - eye -oeil - satellite - Airbus DS - DLR

L’ouragan Irma vu par le satellite radar TerraSAR-X le 10 septembre 2017.
Crédit image : Airbus Defence and Space / DLR

 

Pour fixer les idées et données une référence, voici une image du satellite météorologique américain GOES-16 qui montre les deux ouragans Irma et Jose. Elle a été prise le 9 septembre 2017 à 14h45 UTC, pratiquement au moment au Sentinel-2A survole l’œil de Jose. Evidemment, n’essayez pas de trouver le satellite Sentinel-2 sur cette image…

 

Irma - Jose - Hurricane - GOES-16 - meteo - satellite - ouragan - september 2017

Les ouragans Irma (à l’ouest) et Jose (à l’est) vu par le satellite météorologique GOES-16
le 9 septembre 2017 à 14h45 UTC. Crédit image : NOAA

 

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 14:35

 

Ouragan - Irma - Jose - Katia - 8 septembre 2017 - GOES - satellite - Hurricane

Les ouragans Irma, Jose et Katia vus par le satellite météorologique GOES le 8 septembre 2017
à 16h00 UTC. Image composite combinant des données de GOES sur
un fond d’image en couleurs. Crédit image : NOAA - Source CIRA

 

...IRMA MOVING THROUGH THE SOUTHEASTERN BAHAMAS AS AN EXTREMELY DANGEROUS CATEGORY 4 HURRICANE... MAXIMUM SUSTAINED WINDS...155 MPH...250 KM/H

...JOSE REMAINS A POWERFUL HURRICANE OVER THE CENTRAL ATLANTIC. MAXIMUM SUSTAINED WINDS...150 MPH...240 KM/H

...KATIA NOW WITH 105-MPH WINDS...165 KM/H. PREPARATIONS TO PROTECT LIFE AND PROPERTY SHOULD BE RUSHED TO COMPLETION...

 

L'oeil tenu à l'oeil

C’est surtout l’ouragan Irma qui fait la une de l’actualité. A juste titre, parce qu’après avoir touché les Antilles françaises, il poursuit sa route vers Haïti et la Floride.

Même rétrogradé en catégorie 4, l’ouragan Irma reste extrêmement dangereux. En Floride, où la tempête est attendue dans la nuit de samedi à dimanche, les habitants se préparent à affronter Irma et des évacuations massives ont commencé.

 

Double lame

Les services météorologiques et le NHC (National Hurricane Centre) suivent également de près deux cousins d’Irma : Jose, en catégorie 3, suit malheureusement une trajectoire proche de celle d’Irma et devrait compliquer les opérations de secours à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. 

Katia, en catégorie 1, actuellement dans le Golfe du Mexique, actuellement  à  220 km de Veracruz, sur dirige vers le sud-ouest et la côte mexicaine.

"A little stronger" : les derniers messages d’alerte du NHC concernant Jose et Katia mentionnent un léger renforcement avec des vents plus forts. 

 

Like three (other) hurricanes

You are like a hurricane
There's calm in your eye.

Neil Young

 

La première image de cet article vous fait penser à quelque chose ? Vous avez raison !

Voici une autre image satellite qui lui ressemble beaucoup. Elle n’a pas été acquise quelque jours avant mais 7 ans plus tôt, en septembre 2010. Je l’avais utilisée à l’époque pour illustrer un article sur les ouragans Igor, Julia et Karl.

 

Ouragans - Igor - Julia - Karl - Septebre 2016 - GOES - satellite - Hurricanes - Irma - Jose - Katia

I… J… K… Igor, Julia et Karl, trois ouragans vus par les satellites météorologiques
en septembre 2010. Crédit image : NOAA

 

Une histoire qui se répète ?

On a parfois l’impression que l’histoire se répète :

  • I, J, K : les premières lettres des prénoms sont les mêmes.
  • A quelques jours près, les dates sont voisines : l’image d’Igor, Julia et Karl date du 16 septembre 2010.
  • Irma et Igor, Julia et Jose, Katia et Karl : 3 couples dans le vent et une parité parfaite.

Ne soyez pas superstitieux : il n’y a pas de magie.

C’est simplement le constat qu’il existe bien une saison des cyclones dans l’Atlantique tropical et le golfe du Mexique…

Le choix des noms de baptême des tempêtes tropicales se transformant en cyclone ou en ouragan est aussi une convention de l’Organisation Météorologique Mondiale. Les tempêtes tropicales 11L, 12L et 13L sont donc devenues Irma, Jose et Katia.

L'utilisation des prénoms féminins date de la seconde guerre mondiale : les météorologistes de l’armée américaine baptisaient les tempêtes tropicales du nom de leurs femmes ou de leurs petites amies.

 

Uniquement des filles ?
Les mouvements féministes ont protesté et obtenu gain de cause : à la fin des années soixante-dix, l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) et le Service Météorologique Américain (National Weather Service ou NWS) ont décidé d’alterner les prénoms masculins et féminins.

 

Prénoms féminins et masculins mais peu d’histoires de QU
On utilise actuellement six listes de prénoms alternativement masculins et féminins qui tournent sur un cycle de six ans.
En 2017, on utilise la même liste qu’en 2011.
Les lettres de A (comme Anika, Anthony ou Alfred) à W (comme Walter, Wilma ou Willy) sont utilisées. Comme peu de prénoms commencent par Q ou U, ces deux lettres sont rarement utilisées. Si nécessaire, comme en 2005, une année record pour les cyclones, on utilise aussi l’alphabet grec.

 

Liste des prénoms - cyclones  et ouragans - zone Atlantique - Atlantic ocean - 2013 - 2018 - Météo France

Liste des prénoms utilisés pour les cyclones sur la zone Atlantique pour
les années 2013 à 2018. Crédit image : Météo France

 

En savoir plus :

 

 

 

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 13:20

 

IRMA - Antilles - Saint-Barthélémy - Hurricane - Ouragan - satellite - catégorie 5 - Saffir-Simpson - Météo France - Guadeloupe

L’ouragan Irma à l’approche des Antilles françaises. Image acquise par l’instrument VIIRS
du satellite Suomi NPP. Crédit image : NASA

 

Et parmi ces filles-là, y'a mon Irma, Ma môme...
Elle est loin mais je crois qu'elle pense toujours à moi
Et qu'elle trouve le temps long au bout du Pont, Ma môme.

Irma La douce (Colette Renard)

 

Irma la douce ?

Après Harvey, voilà Irma, pas vraiment la douce… Au moins, pour les tempêtes tropicales, les cyclones et les ouragans, il n’y a pas de problème de parité : les prénoms féminins et masculins se succèdent une fois sur deux.

Et, côté muscles, l’ouragan Irma n’a rien à envier à Harvey : le cyclone, passé en catégorie 5 (le niveau maximum de l’échelle de Saffir-Simpson, s’est renforcée dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 août avec des rafales atteignant les 360 km/h, selon un bulletin publié par Météo France.

 

Changement de climat

La température de l'océan, particulièrement élevée, explique en partie ce renforcement inhabituel. La carte suivante, produite par Mercator-Océan pour Copernicus, illustre cette situation.

Les plus sceptiques expliqueront certainement que cela n'a rien à voir avec le réchauffement climatique. Mais on peut quand même légitimement se dire que cette longue série d'année chaudes n'est pas le fruit du hasard. Voici probablement un exemple typique des conséquences du changement climatique : l'intensification des phénomènes climatiques extrêmes. On verra ici plus souvent des tempêtes tropicales en catégorie 3, 4 voire 6 que des catégories 1 ou 2. Les spécialistes du climat ont peu de doutes sur ce scénario.

Cela fait quand même beaucoup de tempêtes du siècle sur une période de moins de quinze ans !

 

Ouragan Irma - Antilles - Température de surface - Mercator Océan - Catégorie 5

Prévision de température de surface de l'océan pour le 6 septembre 2017.
Carte produite par Mercator-Océan pour le service marine du programme européen Copernicus.

 

Irma a traversé la partie nord des petites Antilles à une vitesse d’environ 25 km/h (la vitesse de déplacement de l’œil, pas celle des vents).

Irma est plus forte que Luis (1995) ou Hugo (1989). Il n’y a pas eu de cyclone d’intensité comparable depuis 1988 avec Gilbert. Les anémomètres, comme beaucoup d'autres choses, sont bons pour la casse…

 

IRMA - ourangan - Antilles - NHC - prévision
IRMA - Ouragan - Antilles - NHC - Prévision

Ouragan IRMA. Prévision de trajectoire et d'arrivée des vents violents.
Crédit image: National Hurricane Center (NHC)

 

Alerte violette

Vous connaissiez l’alerte rouge, voici l’alerte violette…

Elle concerne les îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, que l’œil du cyclone devrait traverser mercredi dans la matinée (en heure locale). La Guadeloupe est en vigilance rouge.

L’alerte violette est le plus haut niveau de vigilance, avec obligation (et non recommandation) de rester confiné chez soi.

Irma a d'abord frappé l’île de Barbuda puis Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Les premiers témoignages ont fait état de dégâts très  importants : inondations, tôles arrachées, vitres éclatées, bateaux et habitations détruits… Il faudra attendre un peu pour un bilan précis : les communications sont difficiles, même si de nombreuses images et témoignages commencent à nous parvenir par les réseaux sociaux.

A Saint-Barth, l’électricité a été coupée. Les sapeurs-pompiers ont dû se réfugier à l’étage de leur caserne, inondée sous un mètre d’eau. Les engins de secours sont hors service. Le toit de la préfecture de Saint-Martin (dans la partie française) s’est envolé. Plus d'électricité, plus de station d'épuration en état de marche : ça va être compliqué...

L'île française de Saint-Martin est "détruite à 95%", a indiqué le président du conseil territorial. "C'est une catastrophe énorme. 95% de l'île est détruite. Je suis sous le choc. C'est affolant".

Selon le préfet de Guadeloupe Eric Maire, au moins quatre personnes sont décédées sur l'île française de Saint-Martin. "Le bilan n'est pas définitif. Nous risquons malheureusement de faire d'autres découvertes".

Irma devrait ensuite toucher les îles Vierges britanniques, Porto Rico, la République Dominicaine, Haïti puis les Bahamas et la Floride. Après Houston, la NASA reste aux premières loges au Kennedy Space Centre: SpaceX s'est dépêché de lancer la fusée Falcon 9 emportant la mission OTV et l'avion spatial X-37B...

 

Madame Irma : une bonne prévision météo

Dans le cas des tempêtes tropicales, des cyclones et des ouragans, ce sont d'abord les satellites météorologiques qui jouent un rôle déterminant pour prévoir la trajectoire et l'évolution des vents. Les données satellites sont souvent complétées par des mesures "in situ" effectuées par des avions spécialisés, par exemple pour mesurer finement la vitesse des vents.

Courageux les pilotes qui volent à proximité d'un ouragan !

 

Ouragan - IRMA - Antilles - Meteosat - Alerte violette - satellite - Eumetsat
Ouragan - IRMA - Antilles - Meteosat - Alerte violette - satellite - Eumetsat
Ouragan - IRMA - Antilles - Meteosat - Alerte violette - satellite - Eumetsat

Extraits d'images acquises par le satellite européen Meteosat.
Crédit image: Eumetsat

 

Cartographie rapide : savoir anticiper... Avec les bonnes informations...

Après la prévision, l'analyse des dégâts. En parallèles des informations recueillies sur place ou communiquées par la population (les réseaux sociaux ont du bon quand les moyens de communication sont en état de marche), c'est au tour des satellites d'observation de la Terre d'entrer en action... Ici on cherche un peu la quadrature du cercle : la haute résolution et des images très rapidement disponibles.

La charte internationale espace et catastrophes majeures et le service de cartographie d’urgence de Copernicus (Emergency Mapping Service) ont été activés dès le 5 septembre par anticipation.

En pratique, il y a plusieurs activations en cours selon les zones d'intérêts et les autorités en charge de la gestion de crise (les fameux "utilisateurs autorisés").

Le service Copernicus EMS a été activé deux fois :

  • L'activation EMSR232 pour les Antilles françaises, déclenchée par le Centre Opérationnel de Gestion Interministériel de Crises (COGIC).
  • L'activation EMSR233 pour Haïti et la République Dominicaine (la zone d'intérêt est la côte nord de l'île Hispaniola), à la demande des services de la Commission européenne (DG ECHO en charge de l'aide humanitaire).

La charte internationale espace et catastrophes majeures a été activée trois fois :

  • L'activation 627 à la demande de l'Unitar/UNOSAT pour le compte des Nations Unies sur la zone des Caraïbes (Poro Rico et îles vierges britanniques).
  • L'activation 628 à la demande de la Comisión Nacional de Emergencias (République Dominicaine).
  • L'activation 629 pour la zone des Bahamas, demandées par l'USGS (US Geological Survey) pour le compte de l'agence fédérale de gestion des urgences (FEMA).

L'avantage de ces activations anticipées est de pouvoir disposer très rapidement de cartes de référence et d'une cartographie des dégâts : dans le cas d'IRMA, des images radar (Cosmo-Skymed et Sentinel-1A)ont été acquises dès le 6 septembre, le jour même du passage de l'ouragan.

Les premières cartes produites (delineation maps) montrent les limites de l'approche : si l'imagerie radar est bien adaptée à la détection des zones inondées, il ne permet pas de déterminer les dommages subis par le bâti. Les premières cartes produites ne les recensent pas.

Il faudra attendre les premières images optiques à haute résolution, sans nuages, pour en savoir plus.

Cela ne va pas être simple : en temps normal, il n'est pas évident d'avoir une image sans couverture nuageuse (jetez par exemple un coup d'oeil aux cartes de références produites par Copernicus).

Après le passage d'Irma et avant l'arrivée de Jose (qui ne va pas simplifier les opérations de secours), la couverture nuageuse reste dense. Les tentatives d'acquisitions d'images du 6 et du 7 septembre le confirment : les images consultables dans le catalogue Geostore sont en partie couvertes par des nuages. Des extraits peuvent quand même servir aux équipes de cartographie rapide.

 

Dégâts de l'ouragan Irma vus par satellite - Pleiades - SPOT - Catalogue Geostore - 6 et 7 septembre - Couverture nuageuse
Dégâts Irma - satellite pleiades - Charte internationale espace et catastrophes majeures - Copernicus Emergency mapping EMS - Geostore - Catastrophe

La couverture nuageuse complique les tentatives d'acquisition d'images à haute résolution par les
satellites Pleiades et SPOT pour les journées du 6 et du 7 septembre.
Extrait du catalogue Geostore d'Airbus Defence and Space

 

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 00:22

 

C'est la rentrée - ISS - Soyouz MS-04 - Kazakhstan - Peggy Whitson - Fyodor Yurchikhin - Jack Fischer - NASA - Bill Ingalls - Landing - Retour sur Terre

Le retour sur Terre de l’expédition 52 : la rentrée dans l’atmosphère terrestre se produit à
une vitessed’environ 8 kilomètres par seconde. La résistance de l’air freine  la capsule à 2,2 km/s.
 L’équipage subit alors une décélération d’environ 4,5 fois la force de gravité terrestre (4,5 G).
Lorsque la vitesse est suffisamment basse, le parachute principal ralentit la capsule à un
niveau « raisonnable » de 6,5 m/s. Crédit image : NASA
/ Bill Ingalls

 

Fin des vacances… C’est la rentrée !

12 420 900 élèves ont commencé à faire leur rentrée lundi 4 septembre dans 62 600 établissements scolaires. 884 300 enseignants les avaient précédés dès le premier septembre.

Comme pour l’équipage de l’expédition 52 qui a retrouvé le plancher des vaches dimanche matin, je souhaite que tout se passe en douceur, dans une bonne atmosphère.

Et même au sol, sans trop de pesanteurs...

 

C'est la rentrée - ISS - Soyouz MS-04 - Kazakhstan - Peggy Whitson - Fyodor Yurchikhin - Jack Fischer - Roscosmos - Landing - Retour sur Terre
Soyuz - MS-04 - retour sur terre - c'est la rentrée - rentrée scolaire - bonne atmosphère - parachute - Peggy Whitson - NASA - Bill Ingalls

Presque tout en douceur... Si on oublie la marque montrant qu'il y a eu un petit rebondissment ! 
Crédit image : NASA
/ Bill Ingalls


Innovation et vieilles recettes

Au rayon des nouveautés, le dédoublement de 2500 classes de cours préparatoire avec 12 élèves par classe dans le réseau d’enseignement prioritaire fait débat. Dans les collèges sont mis en oeuvre la règle « devoirs faits » et du soutien scolaire assuré par des enseignants volontaires et des bénévoles.

 

J’y retrouve mon latin

Egalement quelques retours en arrière : un tiers des écoles primaires reviennent à la semaine de quatre jours. Certains collèges voient revenir les classes bi-langues, les cours de latin et de grec…

Faire et défaire : la Pénélope d’Ulysse met du cœur à l’ouvrage.

 

L’odyssée de l’espace à l’école

Pour ma part, après une longue absence, la rentrée du blog Un autre regard sur la Terre, c’était le 21 août à l’occasion de l’éclipse totale.

Revenir pour une éclipse : c’est presque aussi banal qu’une grève le jour de la rentrée…

Quelques commentaires de lecteurs ou de professionnels du domaine m’encouragent à remettre ça et à continuer à écrire des articles sur le thème de l’observation de la Terre et de l’espace, avec parfois quelques digressions vers d’autres domaines.

 

Copernicus - Un autre regard sur la Terre - best - blog - EO - observation de la terre - emergency mapping

Un message qui fait plaisir de la part de l’équipe du service de cartographie d’urgence de
Copernicus (Emergency Mapping Service). Premier cours d’anglais : je vous laisse traduire…

 

Je suis toujours autant convaincu que l’espace, qu’il s’agisse de lancements, de vols habités, d’exploration du système solaire et de l’univers ou d’observation de la Terre, reste un support très motivant pour intéresser les jeunes aux sciences et techniques.

 

Des stars dans les étoiles

En France, la popularité de Thomas Pesquet et l’intérêt suscité par les photos et les messages publiés sur Facebook et twitter confirment l’attractivité du spatial, presque 60 ans après le lancement de Spoutnik. Un engouement similaire s’est manifesté au Royaume-Uni avec Timothy Peake ou en Italie avec Samantha Cristoforetti ou Paolo Nespoli, actuellement à bord de la Station Spatiale Internationale. Idem en Allemagne. C'est un  vrai atout !

J’espère que les articles de ce blog seront des sources d’inspiration pour les enseignants en mathématiques, sciences physiques et sciences de la vie mais aussi en histoire et géographie voire en français ou en langues vivantes.

Vous pouvez aussi faire appel aux associations spécialisées dans le domaine de la culture scientifique et technique. Pour ma part, j’ai un petit faible pour Planète Sciences mais il y en a beaucoup d’autres…

J’espère aussi que vous me ferez à l’occasion quelques retours sur l’utilisation du contenu de ces articles et vos suggestions ou nouvelles idées.

 

Bonne rentrée à tous !

 

 

C'est la rentrée - ISS - Soyouz MS-04 - Kazakhstan - Peggy Whitson - Fyodor Yurchikhin - Jack Fischer - Roscosmos - Landing - Retour sur Terre

C’est la rentrée : juste après l'atterrissage du vaisseau Soyouz MS-04 dimanche 3 septembre 2017
à 1h21 UTC, au petit matin au Kazakhstan. Peggy Whitson, Fyodor Yurchikhin et Jack Fischer
retrouvent le plancher des vaches. Après 289 jours passés à bord de la Station Spatiale Internationale,
Peggy Whitson détient désormais le record américain de temps cumulé dans l’espace avec
665 jours 22 heures et 23 minutes, devançant de 131 jours tous les astronautes de la NASA.
Elle occupe la 8ème place en temps cumulé dans l’espace, derrière sept cosmonautes russes.

Crédit image: Roscosmos

 

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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 14:25

 

Harvey - Texas - Floods - Houston - inondations - Sentinel - Sentinel-2B - Copernicus - ESA - Commision européenne - EU - EC - rapid mapping - Emergency mapping service

Les inondations au Texas vues par le satellite européen Sentinel-2B.
Extrait d’une image acquise le 30 août 2017 à 16h59 UTC.
Crédit Image : ESA / Copernicus / EU

 

Développé sous maîtrise d’œuvre de l’Agence Spatiale Européenne pour le compte de l’Union Européenne, Sentinel-2B est le jumeau du satellite Sentinel-1A.

Mis en orbite le 7 mars 2017, il n’est pas encore entré officiellement en exploitation opérationnelle mais c’est tout comme : ses images sont acquises quotidiennement et mises à disposition sur le portail du service européen Copernicus (open access hub)

Comme d’autres satellites d’observation embarquant des instruments radar ou optique, il survolait la région de Houston dans la journée du 30 août.

A 16h59 UTC, il a pu profiter d’une amélioration de la météo avec moins de nuages et acquérir une image très intéressante : elle couvre à la fois une surface assez grande et offre un niveau de détail très satisfaisant, qui me semble suffisant pour cartographier l’étendue des surfaces inondées.

Voici trois vignettes en pleine résolution particulièrement représentatives que j’ai extraites de l’image complète.

 

Harvey - Texas - Floods - Houston - inondations - Sentinel - Sentinel-2B - Copernicus - ESA - Commision européenne - EU - EC - rapid mapping - Emergency mapping service
Harvey - Texas - Floods - Houston - inondations - Sentinel - Sentinel-2B - Copernicus - ESA - Commision européenne - EU - EC - rapid mapping - Emergency mapping service
Harvey - Texas - Floods - Houston - inondations - Sentinel - Sentinel-2B - Copernicus - ESA - Commision européenne - EU - EC - rapid mapping - Emergency mapping service

Les inondations au Texas vues par le satellite européen Sentinel-2B.
Trois extraits d’une image acquise le 30 août 2017 à 16h59 UTC.
Crédit Image : ESA / Copernicus / EU

 

L’image est représentée en couleurs naturelles. J’ai appliqué un très léger rehaussement de contraste, un peu exagéré sur la première illustration de cet article, mais l’image Sentinel-2B est globalement assez sombre : c’est « clair », ce n’est pas un jour de grand soleil…

J’ai choisi de publier des images au format 4K (3840x2160). Si vous possédez un téléviseur UHD ou un bon écran HD, c’est le meilleur moyen de les analyser.

 

Bilan provisoire

A l’heure où j’écris cet article, la tempête Harvey, en route vers la Louisiane, continue à s’affaiblir : Le NHC (National Hurricane Center) a levé toutes ses alertes mais la tempête est toujours accompagnée de pluies assez fortes.

Le bilan provisoire s’alourdit : au moins 38 personnes décédées au Texas, au moins 100000 foyers touchés et toujours un risque de pollution chimique après un incendie accidentel dans l’usine d’Arkema au Texas, avec un panache de fumée irritante.

 

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 00:27

 

Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Irrigation - Phoenix - Arizona - CNES - CESBIO

Cultures irriguées à proximité de Phoenix (Arizona, Etats-Unis).
 Une des premières images acquises par le satellite Venµs le 17 août 2017. Copyright CNES 2017

 

L’année de Venµs*

Le 2 août  dernier, à 1h58 UTC, Arianespace réussissait son 8ème lancement de l’année 2017 pour sa dixième mission, la septième en observation de la Terre, la fusée Vega VV10 mettait en orbite les satellites OPTSAT-3000 et Venµs.

Vous ne verrez pas beaucoup d’image d’OPTSAT-3000 exploité par les militaires israëliens. Par contre, 15 jours après sa mise en orbite, le satellite Venµs, réalisée dans le cadre d’une coopération franco-israélienne, vient de livrer ses premières images.

Elles sont été acquises par le CNES entre le 17 et le 19 août 2017, enregistrées à bord et réceptionnées par la station de Kiruna, en Suède, avant d’être traitées au Centre Spatial de Toulouse (CST).

 

* Il n’y a pas de contrepèterie

 

Red edge pour les espaces verts

Avec ses douze bandes spectrales du bleu au proche infrarouge, la caméra multispectrale embarquée à bord de Venµs, fournie par le CNES, est bien adaptée à l’étude de la végétation, de son état de santé et de son évolution. C’est la raison pour laquelle c’est une image de cultures irriguées, acquise dès le 17 août que j’ai choisie pour démarrer cet article.

Le même jour, Venµs a également survolé la région de Jérusalem et acquis l’image suivante.

 

Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Jerusalem - Israel - Israël - CNES - CESBIO
Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Jerusalem - espanade des mosquées - vieille ville - CNES - CESBIO

Jérusalem et ses environs. Image acquise par le satellite Venµs le 17 août 2017.
En bas, extrait centrée sur la ville. Copyright CNES 2017

 

Voici d’autres exemples d’images acquises entre le 18 et le 19 août 2017. On commence par Marseille et ses environs.

 

Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Marseille - Vieux port - OM - Earth observation - Télédétection - CNES
Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Marseille - Vieux port - OM - Earth observation - Télédétection - CNES

La région de Marseille observée par le satellite Venµs le 18 août 2017.
En bas, extrait sur la partie est. Copyright CNES 2017

 

L’image suivante montre la région du Vésuve en Italie. Les zones brûlées par l’incendie du mois de juillet sont facilement identifiables : les surfaces sombre autour de la caldeira ne sont pas des coulées de là mais bien les surfaces où la végétation a été parcourue par les flammes. L’activité chlorophyllienne a disparu : dans une bande proche-infrarouge, on mesure des niveaux de réflectance très faibles alors qu'ils sont au contraires élevés dans le cas d'une végétation active.

 

Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Vesuve - Naples - Pompéi - Volcan - Italie - CNES
Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Observation de la Terre - Vesuve - Naples - Pompéi - Volcan - Italie - CNES

Le Vésuve, Naples et Pompei vus par le satellite Venµs.
Image acquise le 19 août 2017. Copyright CNES 2017

 

Et Millau ?

J’aurais bien aimé comparer une image du satellite Venµs avec celle prise par le Pléiades. Malheureusement, l’aveyron ne figure pas dans la liste des sites retenus pour les premières images et je n’ai pas pu voir la Venµs de Millau…

Ces premières images donnent un bon aperçu des données qui seront acquises durant les prochaines années par le satellite Venµs. Il va désormais observer et suivre l’évolution de plus de cent sites intéressant les scientifiques avec une résolution d"environ 5 mètres.

Les sites sélectionnés représentent les principaux écosystèmes terrestres, naturels et cultivés. Ils seront observés pendant deux ans et demi, tous les deux jours.

 

Pourquoi sont-ils Venµs ? Les objectifs de la mission

Venμs avec un µ est un acronyme : Vegetation and Environment monitoring on a New [Micro] Satellite. Si vous voulez travailler dans le spatial ou les projets internationaux, il va falloir vous habituer à en voir des bizarres…

La mission Venµs a deux objectifs différents :

  • Un objectif scientifique : étudier les possibilités d’observation à haute résolution spatiale et haute fréquence temporelle de sites scientifiques pour l’étude de la végétation. Il s’agit de mettre au point de nouvelles méthodes d’exploitation et de traitement des données.
  • Un objectif technologique avec la qualification en vol d’un moteur à propulsion électrique (IHET), embarquant 14 kg de Xénon.

 

Satellite - Venµs - Venus - Propulsion électrique - Electric propulsion - HET - IHET - Israel - CNES - ISA - IAI - Elbit

Maquette du système de propulsion du satellite Venµs (IHET) présentée
pendant l’International Astronautical Congress (IAC) à Jérusalem en octobre 2015.
La capacité des réservoirs de Xénon est de 16 kg (14 kg pour la mission Venµs)
Crédit image : Gédéon

 

Deux phases d’exploitation en orbite

Pour atteindre ces deux objectifs, l’exploitation opérationnelle en orbite est découpée en deux phases :

  • Une première période de 2,5 ans consacrée à l’objectif scientifique avec une orbite à 720 km d’altitude.
  • Une seconde période d’un an pour la validation technologique du propulseur électrique avec une orbite à 410 km d’altitude. A cette altitude, inhabituellement basse pour un satellite, le frottement atmosphérique résiduel rend impératif l’utilisation fréquente d’un système pour maintenir l’orbite. Les amateurs de satellites espions comprendront facilement l’intérêt de faire voler un télescope assez bas ou de pouvoir baisser son altitude à la demande.

Entre les deux périodes, il y aura une phase transitoire pour le changement d’orbite.

La durée totale de la mission est donc relativement courte (3,5 ans).

 

280 kg de coopération franco-israélienne

La mission Venµs est réalisée dans le cadre d’une coopération entre la France et Israël. La plate-forme est fournie par Israël et sa charge utile scientifique est fournie par le CNES :

  • Une plate-forme microsatellite IMPS (Improved Multi Purpose Satellite) fournie par l'IAI (Israeli Aircraft Industries)
  • Une charge utile avec deux composantes :
    • Une composante technologique : le propulseur IHET (Israeli Hall Effect Thruster)
    • Une composante scientifique : la caméra multispectrale VSSC (VENµS Superspectral Camera).

La masse du satellite est de 280 kg. Sa puissance totale est de 800 Watts.

 

Venus plusieurs fois mais pas encore partis…

La réalisation du projet n’a pas été un long fleuve tranquille : plus de douze ans se sont écoulés entre la signature de l’accord de coopération entre le CNES et l'ISA (Israel Space Agency) en avril 2005 et le lancement en août 2017.

Le lancement était initialement prévu en 2008 sur un lanceur Vega et le satellite devait servir de démonstrateur pour le programme européen GMES (aujourd’hui Copernicus).

Les retards sont dus notamment aux difficultés d’obtention de la licence d’exportation des filtres, des composants américains, équipant l’instrument optique. Un bon exemple illustrant l’importance de la maîtrise des composants critiques pour rester indépendant dans la mise en œuvre d’une politique spatiale.

Plusieurs opportunités de lancement sur Dnepr (Ukraine), PSLV (Inde), Start (Russie), Falcon 1E (lanceur abandonné par SpaceX), en passager auxiliaire du satellite Pleiades-1B sur Soyouz et Falcon-9 ont ainsi été ratées.

Finalement un contrat de lancement sur Vega a été signé avec Arianespace en décembre 2013.

Tout est bien qui finit bien… Les détecteurs équipés de leurs filtres ont été reçus en janvier 2012 et la caméra multi-spectrale a finalement été livrée par le CNES en novembre 2014. Les essais en environnement du satellite ont démarré au printemps 2016.

 

Orbite de Venµs et capacité d’acquisition

Pour remplir ses objectifs scientifiques, Venµs doit acquérir fréquemment et à relativement haute résolution, des images multi-spectrales, 110 sites sélectionnés dans le monde entier (dont cinq en France métropolitaine).

 


Carte des sites scientifiques sélectionnés pour la mission Venµs.
Crédit image : CESBIO

 

A la fin de la recette en vol, le satellite sera sur une orbite polaire quasi héliosynchrone avec une revisite à deux jours, à une altitude de 720 km.

La fauchée (largeur de trace) est de 27 km. La résolution des images est de 5,3 mètres au nadir. 12 bandes spectrales étroites couvrent le spectre de 415 nm à 910 nm.

Le satellite passe à la verticale de l'équateur à environ 10:30. Le satellite peut observer n'importe quel site sous un angle de vue constant mais, en contrepartie, toute la planète ne peut être observée. L'ensemble du système peut être dépointé jusqu'à 30 degrés le long et perpendiculairement à la trace.

 

Venµs - bandes spectrales - spectral bands - visible et proche infrarouge - Sentinel-2 - Landsat-8 - Spot - Rapid Eye

Les bandes spectrales de l’instrument du satellite Venµs comparées à celles
de Sentinel-2 et de Landsat 8. Crédit image :  Gédéon

 

Une bande de jaune à moi tout seul ? Non, il y en a deux...

Quelque chose vous étonne ? Oui, les bandes B5 et B6 sont les mêmes.

Ce n’est pas une erreur dans mon tableau : cette duplication est volontaire. Comme les capteurs correspondants ne sont pas exactement au même endroit dans le plan focal de l’instrument, les pixels sont acquis à partir de deux positions très légèrement décalées sur l’orbite.

On obtient ainsi un léger effet stéréoscopique qui sera utilisé pour détecter les nuages à partir d’une information sur leur altitude. Pas idiot ! J'ai hâte de voir un exemple...

 

Feu vert pour le proche infrarouge

Un autre article du blog Un autre regard sur la Terre donne quelques explications sur l'importante de la bande spectrale proche infrarouge pour l'étude de la végétation. Je reprends ici une illustration qui explique pourquoi l'instrument Venµs a autant de bande spectrale entre le rouge et le proche infrarouge.

 

Venµs - Bandes spectrales - Proche infrarouge - Red edge - near infrared - spectrale bands - remote sensing - vegetation index - photosynthesis

Synthèse chlorophyllienne et stress hydrique : variation de la réflectance de la végétation en
fonction de la longueur d’onde (visible, proche infrarouge et SWIR). Crédit image : Gédéon
(d'après une illustration originale de Mark R. Elowitz sur l'imagerie hyperspectrale)

 

Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Observation de la Terre - Pérou - Peru - Tropical forest - Forêt tropicale - déforestation - Climat - CNES

La forêt tropicale au Pérou (région d’Ucayali) observée par le satellite Venµs
le 19 août 2017. Copyright CNES 2017

 

En savoir plus :

 

 

 

 

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 22:30

 

Total solar eclipse - August 2017 - éclipse totale de soleil - satellite - GOES 16 - USA - états-unis - espace - astronomie - 21 août 2017

L’ombre de la Lune projetée sur la Terre visible depuis l’espace. Image acquise par le satellite météorologique GOES 16 le 21 août 2017 à 18:27 UTC, pratiquement au moment du maximum de totalité.
Crédit image : NASA / NOAA
. Rehaussement de contraste : Gédéon

 

Une éclipse totale de quelques heures. La mienne a duré 4 mois...

21 août 2017 : la date d’un évènement exceptionnel aux états-Unis. La première éclipse totale de soleil depuis quatre-vingt-dix-neuf ans.

C’est aussi la date du retour du blog Un autre regard sur la Terre qui s’est éclipsé quelques mois… Je sors d’hibernation, après une période où j’ai dû mettre en sommeil mes activités de blogueur. Et ce n’était pas uniquement pour des vacances…

Ceux qui ont pu se rendre aux USA pour l’occasion ont peut-être eu la chance de choisir une région épargnée par les nuages et voir la « totalité » de l'éclipse pendant une ou deux minutes : elle était visible d’ouest en est sur une bande large d’environ 115 km traversant quatorze états.

Pour ma part, je suis resté en France mais j’ai quand même pu suivre l’éclipse en direct par l’intermédiaire des images transmises par le satellite météorologique GOES 16.

 

Ici l'ombre... L'appel du 21 août

Placé sur une orbite géostationnaire, il occupe une position apparemment fixe au-dessus des états-Unis. Ce poste d’observation privilégié et son champ large lui permettent de voir la totalité de la partie continentale des USA (CONUS pour Continental US dans le jargon de la NOAA). Il sert normalement à suivre l’évolution de la couverture nuageuse mais, dans le spectre visible, il peut également voir les variations de lumière du soleil, qu’il s’agisse de phénomènes de routine comme la transition jour/nuit (j’ai publié plusieurs articles utilisant ce type d’images à l’occasion des changements de saison) ou de situations plus exceptionnelles comme l’éclipse totale qui nous intéresse.

Lancé le 19 novembre 2016, le satellite GOES 16 n’est pas encore déclaré opérationnel par la NOAA pour la prévision météorologique. Il termine sa période de recette en vol mais les images qu’il produit sont déjà mises en ligne. L’avantage de GOES 16 est la fréquence d’acquisition des images : une nouvelle image toutes les cinq minutes.

Ce sont ces images qui m’ont permis de suivre l’éclipse en temps réel en restant dans mon fauteuil.

J’ai profité de l’occasion pour créer une petite séquence vidéo à partir d’une série d’images acquises par le satellite GOES 16 :

 

Vidéo de l’éclipse totale de soleil du lundi 21 août 2017 créée à partir d’une série d’images du satellite météorologique GOES 16. 3 heures de spectacle résumées en une minute et vingt secondes.
Crédit images : NOAA / NASA. Montage : Gédéon

 

Comment survoler 14 états et parcourir 4000 km en une minute ?

J’ai utilisé 40 images acquises entre 16:32 UTC et 19:42 UTC soit trois heures et dix minutes encadrant le passage de l’éclipse entre l’Oregon à l’ouest (à 10:17 PDT soit 17:17 UTC) et la Caroline du Sud, à l'est comme son nom l'indique (à 14:45 EDT soit 18:45 UTC).

Chaque image, acquise toutes les cinq minutes, apparaît 2 secondes à l’écran et le petit clip vidéo a ainsi une durée totale d’environ une minute et 20 secondes. J'ai essayé un intervalle d'une seconde mais j'ai trouvé que c'était vraiment trop rapide. Il vous faudra patienter toute une minute...

 

Elle défile vite !

En réalité, l'ombre de la Lune projetée au sol se déplace à environ 900 km/h. Pas facile de changer de position pour se glisser entre deux zones nuageuses.

J’ai donc pu voir l’éclipse de bout en bout, sans problème de nuages : ils sont en dessous de l’ombre qui traverse les Etats-Unis d’est en ouest. C’est magique !

 

Noeud descendant de l'orbite

A plus basse altitude, les satellites défilants, qui tournent en permanence autour de la Terre en observant uniquement une bande de terrain plus ou moins large (la fameuse largeur de fauchée ou swath en anglais), ne survolent pas forcément l'ombre créée par l'éclipse au bon moment.

Mais on peut avoir de la chance ! C'était le cas aujourd'hui pour le satellite Terra qui traverse l'équateur du nord vers le sud (le noeud descendant de l'orbite ou descending node) à 10:30 en heure locale. Son instrument MODIS a été témoin du passage de l'éclipse entre le Wyoming et le Nebraska. Voici l'image correspondante :

 

Total solar eclipse - 21 August 2017 - United States - Wyoming - Nebraska - satellite - Terra - MODIS - From space

L’éclipse totale de soleil du lundi 21 août 2017 vue par l'instrument MODIS du satellite Terra.
Crédit image : NASA / Lance / Rapid Response / Worldview

 

Six veinards ont également eu la chance de voir l'éclipse en direct sans être gênés par les nuages. Ce sont les six membres de l'équipage de l'expédition 52 de la station spatiale internationale : Randy Bresnik, Jack Fischer, Peggy Whitson (NASA), Paolo Nespoli (ESA) Fyodor Yurchikhin et Sergey Ryazanskiy (ROSCOSMOS). La NASA a publié quelques photos prises à bord de l'ISS.

Au total, depuis son orbite inclinée à 51°, l’ISS a survolé trois fois le continent nord américain au moment du passage de l’ombre de la Lune.

 

NASA - Total solar eclipse - seen from ISS - International Space Station - Expedition 52 - iss052e056222 - éclipse solaire vue depuis la station spatiale internationale
International Space Station - Transit - Eclipse solaire - Total solar eclipse - 21-08-2017 - NASA - Joel Kowsky

L'éclipse totale de soleil du 21 août 2017 photographiée depuis la station spatiale internationale par
un des membres de l'équipage de l'expédition 52. En bas, photo du transit de l'ISS devant le soleil
pendant l'éclipse. Elle a été prise depuis le sol par Joel Kowsky. Les autres pixels sombres ne
sont pas des vaisseaux extra-terrestres : ce sont des tâches solaires. Crédit image : NASA

 

 

Les spectacles de la nature et le goût des sciences...

Sur le web et les réseaux sociaux, vous trouverez bien sûr beaucoup de très belles photos prises au sol par des astronomes amateurs. Ils sont parfois très éclairés même pendant la totalité ! Les images que je préfère sont celles où le photographe a pris soin de mettre en scène le spectacle de l'éclipse avec un premier plan.

Beaucoup de sites pédagogiques et de blog proposent également des explications très claires sur le phénomène des éclipses.

Si vous êtes enseignant, n'oubliez-pas : comme en 2015, n'hésitez pas à ouvrir les rideaux et à sortir de la classe avec vos élèves pour les faire profiter de ce spectacle de la nature. Avec des précautions simples (comme les fameux lunettes spéciales éclipse ou les filtres adaptés), il n'y a aucun danger et c'est un excellent moyen d'éveiller leur curiosité et de leur donner goût aux sciences : quelques unes de journaux publiés aux Etats-Unis avant le 21 août prouvent qu'il y a encore du travail à faire dans ce domaine.

 

Total solar eclipse - éclipse totale de soleil - 21 août 2017 - Heure H - Jour J - C'est l"heure

C'est l'heure de s'éclipser. Je reviens bientôt... Crédit image : Gédéon

 

En savoir plus :

 

 

    

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  • : Un autre regard sur la Terre
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  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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