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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 07:32

Calendrier spatial et astronomique - Mai - Aurore boréale - Aurore australe - ISS - Corps noir - Loi de Planck - Loi de déplacement de Vite - Alexander Gerst - Magnétosphère

Le calendrier spatial pour le mois de mai 2015. Illustration créée par Gédéon.
Image de fond : une aurore polaire photographiée par Alexander Gerst depuis l’ISS.
Crédit image : NASA / ESA

 

Les grandes dates de la conquête spatiale à retenir pour le mois de mai

Voici le calendrier spatial du mois de mai…

C’est difficile de choisir mais j’ai fait un choix : les trois évènements principaux que j’ai retenus pour le mois de mai sont :

  • Le vol d’Alan Shepard, premier américain à « aller dans l’espace » : Un mois après le vol historique de Youri Gagarine, il effectue un vol suborbital à bord de la capsule Mercury Freedom-7. C’était le 5 mai 1961. Facile ? Pas tant que cela : sa fusée n’avait pas que des succès à son actif… Il sera suivi par John Glenn, premier américain à boucler une orbite.
  • La création de l'ESA, l'Agence Spatiale Européenne, le 31 mai 1975. L’ESA fête ses 40 ans ce mois-ci. On a beaucoup entendu parler d’elle avec l’énorme buzz de la mission Rosetta et de l’atterrisseur Philae mais elle a beaucoup d’autre succès à son actif, qu’il s’agisse d’autres missions scientifiques, de programme opérationnels (Copernicus et la famille de satellites Sentinel), de lanceurs (le nouveau défi à relever : Ariane 6) ou les vols habités (le petit dernier : Thomas Pesquet, qui devrait rejoindre l’ISS en 2016). Bon anniversaire à l’Europe spatiale !
  • Et, « last but not least » sur le blog Un autre regard sur la Terre, le lancement du satellite SPOT 5, mis en orbite le 3 mai 2002 par la fusée Ariane 42P (V-151). Accompagné d’Idefix, SPOT 5 était la 200ème charge utile mise sur orbite par Arianespace. SPOT 5 vient de prendre une retraite active. La première image de SPOT 5, c’est ici. Les dernières images de sa « vie commerciale », c’est là.

 

Lancement satellite SPOT 5 - SPOT 5 launch - Ariane - 42P - V-151 - Première image SPOT 5 - First image - SPOT 5 - Arianespace - CNES - Spot Image - Airbus Defence and Space - Grèce - Eleusis

Mai 2002 : vol Ariane V-151. La fusée Ariane 42 P emporte le satellite SPOT-5 et deux nanosats Idefix.
A droite, quelques jours plus tard, une des premières images prises par SPOT 5 : le port d'Eleusis
en Grèce. Crédit image : Arianespace / CNES.

 

Voici quelques autres dates anniversaires. On remonte à la fin de seconde guerre mondiale pour la création du LRBA et les fusées Véronique dérivées des V2, voire à 1931 pour les premières fusées d’Hermann Oberth en Allemagne :

  • 7 mai 1931 : près de Berlin, l’allemand Hermann Oberth lance sa première fusée à ergols liquides.
  • 17 mai 1946 : création du LRBA (Laboratoire de recherches balistiques et aérodynamiques) à Vernon. Des techniciens allemands, appelés TAP (Techniciens Anciens de Peenemünde) sont rassemblés avec leur famille. Leur rôle ? Etudier et mettre au point les futurs missiles de l’armée française. Saviez-vous que la fusée Véronique tirait son nom de Vernon Electronique ?
  • 18 mai 1969 : lancement d’Apollo 10, ultime mission avant les premiers pas sur la Lune. Le 22 mai, dans le module lunaire Snoopy, Thomas Stafford et Eugene Cernan s’approchent à 15,6 km de la surface lunaire. Un record : les deux hommes à s’approcher au plus près de la Lune sans se poser !
  • 14 mai 1973 : lancement de la station orbitale Skylab.
  • 17 mai 1975 : lancement depuis Kourou des satellites français D-5A et D-5B (Castor et Pollux) par une fusée Diamant BP4 (Kourou).
  • 22 mai 1984 : premier lancement effectué par Arianespace (Spacenet 1).
  • 31 mai 1986 : échec du premier lancement de la fusée Ariane 2 depuis Kourou.
  • 3 mai 2002 : lancement par une fusée Ariane 42P (V-151) du satellite Spot 5.
  • 11 mai 2009 : décollage de la navette STS-125 pour la dernière mission de maintenance du télescope Hubble.
  • 14 mai 2009 : lancement des sondes Herschel et Planck par une fusée Ariane 5 ECA.

 

Aurores polaires

La photographie illustrant notre calendrier du mois de mai ? Une aurore boréale évidemment…

Pas du tout : il s’agit d’une aurore australe. Cette photographie spectaculaire a été prise le 27 août 2014 par l’astronaute européen Alexander Gerst, membre de l’équipage de l’expédition 40 de la Station Spatiale Internationale. A 22:40 UTC, au moment où Alexander appuie sur le déclencheur de son Nikon D3S, l’ISS est à 422 km d’altitude, au niveau de la longitude 71,5°E et de la latitude 51°S. Compte tenu de l’inclinaison de l’orbite de l’ISS, c’est pratiquement le point le plus au sud que peut atteindre la station spatiale.

Il faudra un article plus complet du blog Un autre regard sur la Terre pour parler des aurores boréales ou australes. On y reviendra plus en détail à l’occasion d’un article sur l’environnement spatial.

Trois ingrédients en sont à l’origine :

  • Le vent solaire et ses particules chargées électriquement.
  • Les gaz de la haute atmosphère.
  • Le champ magnétique terrestre.

 

Le latin, chez Fiat c’est du lux

Le soleil a une activité cyclique sur une période de 11 ans. Le vent solaire entraîne des particules chargés qui interagissent avec les gaz des couches supérieures de l’atmosphère de notre planète (l’ionosphère). Les particules chargées (électrons, ions positifs ou protons) suivent les lignes du champ magnétique terrestre et se concentrent à voisinage des régions polaires. Voici une bonne illustration pour vos leçons de physique sur les « atomes excités » : pour retrouver un état stable, un électron change de couche en libérant un peu d’énergie : il émet un photon. Fiat lux comme on disait quand il y avait encore des cours de latin au collège…

 

Magnétosphère et ionosphère : un gueule d’atmosphère ?

La figure suivante illustre ces interactions :

 

Soleil - Activité solaire - CME - Coronal Mass Ejection - Magnétosphère - Ionosphère - Aurores polaires - SOHO - NASA - Space weather - Solar storm

Soleil, vent solaire, atmosphère et champ magnétique :
plein de couleurs au-dessus de nos têtes. Crédit image : NASA.

 

Au-dessus de 800 à 1000 km, au-delà de l’ionosphère, dans la magnétosphère terrestre, le mouvement des particules est régi par le champ magnétique terrestre. C’est à l’occasion de l’Année Géophysique Internationale et du lancement du satellite Explorer 1 en 1958, un an après Spoutnik, que la magnétosphère terrestre a été découverte. Sa forme n’est pas symétrique et dépend de l’interaction avec le vent solaire.

Les régions polaires, côté jour (du côté du soleil), sont les cornets polaires. C’est par les cornets polaires que les particules chargés pénètrent dans les parties plus basses de l’atmosphère et provoquent les aurores polaires.

 

Pour en voir de toutes les couleurs, mets ta polaire…

C’est donc l’excitation des molécules d’azote et d’oxygène par des particules chargées qui entraîne l’émission de photon et donc de lumière colorée dépendant du type de gaz : raie verte à 557 nm et doublet rouge à 630 et 636 nm pour l’oxygène, bleu et rouge pour l’azote ou encore un rouge à 656 nm pour l’hydrogène pendant les orages à protons.

Le mélange de ces différentes longueurs d’onde crée ainsi des teintes multiples (vert, rouge, violet, rose) avec des nuances variables mais toujours avec des couleurs assez saturées.

 

Vert d’orage

Le couleur perçue dépend de la concentration relative des différents gaz : près du sol, on observe souvent du rouge ou du violet. A haute altitude, le vert est prédominant en raison de la plus forte densité d’oxygène.

 

La balance des blancs gèle…

Les amateurs de photographie aimant les couleurs vertes prédominantes doivent donc aller en vacances très au nord… ou très au sud (moins facile d’accès !)

Au choix, Groenland, Laponie, Alaska, Canada, Islande ou Antarctique, le nord du Canada et l'Islande. En espérant que la couverture nuageuse (ça arrive…) ne gâche pas la belle photo.

 

Peut-on voir une aurore boréale de Madrid ?

Les aurores apparaissent donc principalement dans les régions voisines des pôles magnétiques, la     zone dite « aurorale » entre 65 et 75° de latitude.

Il faut une activité solaire vraiment intense pour qu’une aurore polaire soit visible « en dessous » de 65° de latitude nord ou sud. Selon le site Wikipedia, « l'aurore polaire due à l'éruption solaire de 1859 est descendue jusqu'à Honolulu et jusqu'à Singapour en septembre 1909 atteignant ainsi le dixième degré de latitude sud. En octobre et novembre 2003, une aurore boréale a pu être observée dans le sud de l'Europe ».

 

Les lancements du mois d'avril

Le record du mois de mars 2015 n'a pas été battu en avril. Loin de là... Seulement quatre lancements orbitaux ont été effectués le mois dernier, pratiquement tous dans la seconde quinzaine, dont trois en moins de trois jours :

  • 14 avril 2015, à 21:10 UTC, Cap Canaveral (SLC 40) : une fusée Falcon 9 v1.1 met en orbite le cargo Dragon CRS-6 (Cargo Resupply Services) à destination de la Station Spatiale Internationale (ISS). L'orbite est inclinée à 51,6° et son apogée est à 360 km d'altitude. La tentative de récupération du 1er étage sur une barge a à nouveau échoué.
  • 26 avril 2015, à 20:00 UTC, Centre Spatial Guyanais (ELA 3) : après deux reports de lancement, la première fusée Ariane 5 de l’année 2015 (mission VA222), une version ECA lancée de Kourou, met en orbite de transfert géostationnaire (GTO) les deux satellites de télécommunication Thor 7 et Sicral 2. Ce lancement est le 64ème succès d'affilée pour le lanceur européen Ariane 5. Le satellite norvégien Thor 7, construit par Space Systems Loral, fournit des services de communication en bande Ka pour les navires. Il couvre la Mer du Nord, la Mer de Norvège, la Mer Baltique, la Mer Méditerranée et la Mer Rouge. Construit par Thales Alenia Space, Sicral 2 est un satellite de télécommunications franco-italien pour la défense opérant dans les bandes UHF et SHF.
  • 27 avril 2015, à 20:00 UTC, Cap Canaveral (SLC 40) : le satellite de télécommunication TurkmenAlem 52E (pour 52°E, sa position finale en longitude) rejoint également l'orbite GTO à bord d'une fusée Falcon 9 v1.1, la seconde en moins de 15 jours. Il s’agit du 18ème vol d’une fusée Falcon.
  • 28 avril 2015, à 7:09 UTC, Baikonour (TB 31/6) : une fusée Soyuz 2-1a décolle avec le cargo Progress M-27M à destination de l'ISS. Une anomalie se produit avant la séparation du troisième étage du lanceur.

 

Lancements - Mise en orbite - Launch record - Avril 2015 - April 2015 - Loi de Rayleigh - Pouvoir séparateur - Résolution angulaire

Les lancements et mises en orbite du mois d'avril 2015. Crédit image : Gédéon

 

Au nom de la loi : Planck et Wien, spectres d'émission et température de couleur...

Je termine avec la formule du mois. J’aurai pu continuer sur le champ magnétique terrestre. J’ai préféré aborder les couleurs de la lumière, avec deux notions complémentaires : le spectre d’émission d’un corps noir et la température de couleur.

J’y reviendrai dans un article plus complet car ce sont des notions très importantes en observation de la Terre et elles méritent des explications plus détaillées. En attendant, voici deux lois pour le prix d’une… Et l’occasion de faire connaissance avec deux nouveaux scientifiques qui ont marqué leur époque :

  • La loi de Planck : elle donne la distribution spectrale du rayonnement émis par un corps noir en équilibre thermique en fonction de sa température :
  • La loi du déplacement de Wien : elle donne la longueur d’onde correspond à l’émission maximale. Le produit de cette longueur d’onde par la température est une constante.

 

Max Planck - Wilhelm Wien - Corps noir - Spectre d'émission - Température - Loi de planck - déplacement de Wien - Prix Nobel de Physique - Rayonnement

Loi de Planck et Loi de déplacement de Wien : 2 prix Nobel de physique pour en connaître
un rayon sur la lumière. Infographie : Gédéon

Avec :

  • L : luminance énergétique spectrale d'une surface. C’est le flux d’énergie émis par la surface par unité de surface, par unité d'angle solide, par unité spectrale (ici la longueur d'onde), exprimée en J par seconde par m2 par m.
  • λ : longueur d'onde, exprimée en mètres (m).
  • T : température de la surface du corps noir, exprimée en Kelvins (K).
  • h : constante de Planck (6,626 069 5729×10−34 J.s).
  • c : vitesse de la lumière dans le vide (299 792 458 m/s).
  • k : constante de Boltzmann (1,380 648 813×10−23 J/K).

 

Toute la lumière sur le corps noir

Quelques précautions avant de manipuler ces formules :

  • Les unités : je recommande toujours de travailler avec les unités du Système International (SI) : kilogrammes, mètres, secondes. Si vous êtes plus à l’aise avec les longueurs d’ondes exprimées en µm ou en nm, n’oubliez pas le rapport 106 ou 109.
  • Le milieu : ces formules sont valables dans le vide. Dans un autre milieu, il faut utiliser λ’ = λ/n et c’ = c/n où n est l'indice de réfraction du milieu.
  • La notation : ne confondez pas k, la constante de Boltzmann, et K, l’unité de température (échelle de Kelvin).

Physicien allemand, Max Planck (1858-1947) est un des pères de la mécanique quantique : il reçoit le prix Nobel de physique en 1918 pour ses travaux sur les quanta. Il introduit cette théorie en 1899, en définissant également la constante de Planck (ℎ) et la constante de Boltzmann (k). Un an plus tard, il formule la loi qui porte son nom. 

Wilhelm Wien (1864-1928) est également un physicien allemand. Le prix Nobel de Physique lui a aussi été décerné, en 1911, pour ses travaux sur le rayonnement de la chaleur.

 

En savoir plus :

 

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 10:39

Calendrier spatial et astronomique - Avril 2015 - Gagarine - Rayleigh - Space Shuttle - 25 ans d'Hubble - Pouvoir séparateur des instruments d'observation - Résolution des satellites

Le calendrier spatial et astronomique du mois d’avril 2015. Infographie réalisée par
Gédéon à partir d’une image de Moscou prise par le cosmonaute Oleg Artemyev
à bord de la Station Spatiale Internationale

 

Moscow by night

Avril… Quelle date anniversaire ? Difficile de ne pas penser au premier homme dans l’espace : Youri Gagarine qui est devenu le premier homme à aller dans l’espace en effectuant les premières orbites autour de la Terre le 12 avril 1961.

J’ai donc naturellement choisi une image de la ville de Moscou photographiée la nuit par Oleg Artemyev à bord de la Station Spatiale Internationale.

 

Tsoup populaire

A proximité, il y a  au moins deux lieux mythiques pour les passionnés d’espace : la Cité des étoiles et la salle de contrôle du Tsoup (TsentrUpravleniya Poliotom) à Korolev (anciennement Kaliningrad) à 10 km au nord-est de Moscou.

Je vous renvoie à un article que j’avais publié sur ce blog à l’occasion du cinquantième anniversaire du vol historique de Youri Gagarine.

Parmi les autres dates clés du spatial, on peut également retenir en avril :

  • 1er avril 1960 : première photo d'un satellite météorologique (TIROS-1).
  • 9 avril 1968 : la 1ère fusée-sonde Véronique décolle depuis la base spatiale de Kourou. Le 14 avril, un arrêté ministériel confirme la création d’une nouvelle base spatiale à Kourou en  Guyane française.
  • 19 avril 1971 : lancement de la première station spatiale habitée, Saliout-1, par l'Union soviétique.
  • 12 avril 1981 : 20 ans après Gagarine, premier décollage de la navette spatiale Columbia.
  • 25 avril 1990 : lancement du télescope spatial Hubble, qui fête ses 25 ans en orbite cette année.
  • 28 avril 2001 : Dennis Tito devient le premier touriste de l'espace.

 

321… Les lancements dans le monde en mars 2015

 

Calendier des lancements - Mars 2015 - Fusées - Satellites - Record - Launch record

La liste des lancements effectués dans le monde en mars 2015.
Un mois très riche...

 

A propos de lancements, le mois de mars 2015 a été particulièrement riche avec, à mon avis, potentiellement un mois record de fusées lancées pour 2015 :

  • 2 mars, 1:25 UTC : Mise en orbite des satellites Flock 1b-21 et Flock 1b-22 à partir du module Kibo de l’ISS.
  • 2 mars, 3:50 UTC, Cap Canaveral : lancement des satellites géostationnaires de télécommunication ABS-3A et Eutelsat 115 West B par une fusée Falcon 9 v1.1.
  • Du 2 au 5 mars : mise en orbite de 12 satellites (8 de la constellation Flock 1b, TechEdSAt-4, GEARRSat, MicroMAS, LambdatSat) à partir du module Kibo de l’ISS.
  • 13 mars, 2:44 UTC, Cap Canaveral : lancement des 4 satellites MMS 1, MMS 2, MMS 3 et MMS 4 par une fusée Atlas V 421. La mission MMS (Magnetospheric Multiscale Mission) de la NASA est constituée de 4 satellites de 1250 kg volant en formation en configuration tétrahèdrique. Leur mission est l’étude de la magnétosphère terrestre.
  • 18 mars, 22:05 UTC, Baikonour : lancement du satellite géostationnaires Express AM-7 par une fusée Proton-M / Briz-M.
  • 25 mars, 18:36 UTC, Cap Canaveral : lancement et mise en orbite du satellite GPS IIF-9 de l’US Air Force par une fusée Delta 4.
  • 25 mars, 22:08 UTC, Yasny (Russie) : Lancement d’une fusée Dnepr emportant le satellite d’observation de la Terre Kompsat-3A pour la Corée du Sud. Kompsat-3A fabriqué par le KARI (Korea Aerospace Research Institute).
  • 26 mars, 1:21 UTC, Tanegashima Space Center (Japon) : lancement d’une fusée H-IIA emportant le satellite d’observation militaire IGS Optical 5 (Information Gathering Satellites) vers une orbite basse.
  • 27 mars, 19:43 UTC, Baikonour : lancement de la mission Soyouz TMA-16M. A bord, pour une mission longue durée à bord de la Station Spatiale Internationale, Guennadi Padalka (Russie), Mikhaïl Kornienko (Russie), Scott Kelly (États-Unis).
  • 27 mars, 21h46 UTC, Centre Spatial Guyanais (Sinnamary) : lancement de la onzième fusée Soyouz (VS11) depuis le Centre Spatial Guyanais. Elle a mis sur orbite deux nouveaux satellites (« Adam » et « Anastasia ») de la constellation Galileo.
  • Samedi 28 mars, 11h49 UTC, Satish Dhawan Space Center (Sriharikota, Inde) : lancement de la fusée indienne PSLV emportant le satellite IRNSS-1D, un satellite géostationnaire du système de navigation indien.
  • 30 mars, 13:52 UTC, Xichang : lancement d’une fusée Long Marche 3C et mise en orbite du satellite BeiDou 3-I1-S. Ce satellite fait partie de la constellation constituant le système de navigation global BDS (BeiDou Navigation Satellite System).
  • 31 mars, 13:48 UTC, Plesetsk : lancement d’une fusée Rockot et mise en orbite de 3 satellites de télécommunication Gonets-M et d’un satellite militaire.

 

SpaceX - Lancement mars 2015 - Cap Canaveral - Satellites électriques - ABS-3A - Eutelsat 115 West B - Falcon 9 v1.1

Cap Canaveral, 2 mars 2015 : décollage de nuit d'une fusée Falcon 9 v1.1 emportant les satellites géostationnaires de télécommunication ABS-3A et Eutelsat 115 West B.
Crédit image : SpaceX

 

La formule de mois : la diffraction de Rayleigh, le pouvoir séparateur des instruments optiques et la résolution des satellites d’observation

La lumière passant par l'ouverture d’un instrument optique subit une diffraction. Cette diffraction est un des principaux phénomènes  qui  limite le pouvoir de résolution des instruments optiques : un objet ponctuel donne une image « floue », appelée tache de diffraction. Quand deux objets sont très proches, par rapport à la taille des tâches de diffraction, ils se chevauchent et deviennent impossible à distinguer.

D’autres caractéristiques des instruments d’observation influencent la qualité et la finesse des observations mais la diffraction de Rayleigh est un élément très dimensionnant de ce qu’on appelle globalement la fonction de transfert de modulation, la capacité d’un télescope ou d’un appareil photographique à restituer des variations spatiales rapides du contraste (passage du blanc ou noir restitués par l’instrument par des variations de niveaux de gris).

Pour un instrument optique dont l'ouverture a un diamètre D observant à une longueur d’onde λ, le pouvoir de résolution maximal (q), exprimé en radians, est :

q = 1,22λ/D

Si c’est instrument est embarqué sur un satellite en orbite à une altitude de h kilomètres au-dessus de la Terre, il ne pourra pas discerner des détails dont la taille est inférieure à :

r = 1,22λlh/D

Comme d’habitude, je vous conseille d’exprimer toutes les valeurs en unités du système international (le mètre en l’occurrence). Pratiquement, il suffit que la longueur d’onde, l’ouverture du télescope et l’altitude du satellite soient exprimées dans la même unité.

Le physicien anglais John William Strutt, alias Lord Rayleigh (1842-1919), prix nobel de physique en 1904, qui a beaucoup travaillé sur l’optique et la diffraction de la lumière, a donné son nom au critère de Rayleigh.

Un autre article du blog Un autre regard sur la Terre aborde de manière plus détaillée la question de la résolution des satellites d’observation.

 

Amélioration du pouvoir séparateur des téléscopes spatiaux - Exemple dans l'infrarouge - IRAS - Spitzer - ISO - Herschel

Evolution du pouvoir séparateur des télescopes spatiaux. Exemple des instruments infrarouge
(IRAS, ISO, Spitzer, Herschel). Illustration fournie par Vincent Minier (CEA)

 

En savoir plus :

 

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 10:45
Le calendrier spatial et astronomique du mois de mars 2015. Infographie réalisée par Gédéon à partir de l’image ISS020-E-09048. Crédit image : NASA

Le calendrier spatial et astronomique du mois de mars 2015. Infographie réalisée par Gédéon à partir de l’image ISS020-E-09048. Crédit image : NASA

J’ai failli oublier le calendrier du mois de mars ! Le voici enfin… J’ai attendu l’arrivée du printemps et la fin de l’éclipse solaire du 20 mars pour réapparaître. Le 21 mars, on célébrait aussi les vingt ans de Planète Sciences Midi-Pyrénées à la Cité de l’espace.

 

La science : attention, c’est dangereux !

Eloignez les enfants… C’est assez savoureux de constater qu’une association qui cherche à intéresser les jeunes aux sciences et techniques fêtait son vingtième anniversaire le lendemain du jour où l’éducation nationale interdisait aux élèves d’observer l’éclipse.

Comme beaucoup d’enseignants et d’animateurs qui ne pouvaient pas se résoudre à ne pas profiter d’un évènement astronomique pour faire découvrir les sciences de manière attractive, j’ai cherché une solution pour permettre à un maximum de personnes d’observer l’éclipse en toute sécurité.

 

Clin d’œil à l’éclipse : des lunettes, pas d’œillères

La solution pour l’éclipse : des lunettes géantes, pour une observation collective. Mes lunettes géantes en carton on fait… un carton à la Cité de l’espace, où des nombreuses classes se retrouvaient pour observer l’éclipse.

 

Des lunettes géantes pour observer l’éclipse du 20 mars 2015 à la Cité de l’espace

 

Revenons à notre calendrier spatial de mars 2015. J’ai choisi trois dates anniversaires :

  • 18 mars 1965 : le russe Alexeï Leonov effectuait la première sortie dans l’espace au cours de la mission Voskhod-2.
  • 14 mars 1986 : près de 30 ans avant Rosetta, la sonde européen Giotto survolait la comète de Halley.
  • 23 mars 2001 : Désorbitation et rentrée dans l’atmosphère de la station MIR.

L’image qui illustre le calendrier du mois de mars a été prise par l’équipage de l’ISS, comme toutes les images de l’année 2015. Il s’agit d’une photographie d’une éruption spectaculaire du volcan Sarychev photographié le 12 juin 2009.

Le volcan Sarychev est un des plus actifs des îles Kouriles au nord-est du Japon. Il est précisément situé dans la partie nord-ouest de l’île Matua. La dernière éruption explosive date de 1989 mais le Sarychev est entré en éruption en 1946, 1954, 1976 et 1986. Comme dans le cas du volcan islandais qui avait donné lieu à un des premiers articles du blog Un autre regard sur la Terre, le trafic aérien commercial a été détourné à cause de l’importante concentration de cendres dans l’atmosphère.

 

Photographie du volcan Sarychev prise par les astronautes de l’ISS le 12 juin 2009. Appareil Nikon D2XS
avec un téléobjectif de 400 mm de focale. Image référence ISS020-E-09048. Crédit image : NASA

La colonne de fumée qui s’élève du volcan donne l’impression de contenir des cendres de couleur marron et de la vapeur blanche. Le nuage supérieur tout blanc est causé par la condensation de la vapeur d’eau entraînée dans le mouvement convectif ascendant, refroidie en prenant de l’altitude. Ce type de nuage s’appelle un « pileus ». Celui-ci est très spectaculaire. Plus bas, un nuage de cendres plus gris dévale les flancs du volcan.

Cette photographie a été possible grâce à un trou dans la couverture nuageuse centré sur le volcan. Selon la NASA, les spécialistes ne sont pas d’accord sur l’origine de ce trou. La première explication n’a rien à voir avec l’éruption : ce serait un effet habituel du relief d’une île, qui donne parfois naissance aux fameux tourbillons de Karman. Les autres explications sont liées à l’éruption, avec soit une perturbation de la couverture nuageuse pour l’onde de choc ou par la colonne de fumée et de cendres.

 

Lancements : ça repart !

Du côté des lancements, le mois de février a été nettement plus dense que celui du mois de janvier.

 

Les lancements du mois de février 2015 et les autres dates anniversaires à retenir en février.
Crédit image : Gédéon

 

Voici quelques détails sur les lancements répertoriés, en incluant également les deux séries de mises en orbite de l’AESP-14 et de deux petits satellites de Planet Labs à partir du module Kibo de l’ISS. Je ne retiens pas les vols suborbitaux, à l’exception du lancement du démonstrateur de rentrée atmosphérique IXV par la fusée Vega VV04.

  • 1er février, 1:21 UTC, Tagashima : lancement d’un satellite de renseignement Radar IGS (Information Gathering Satellite) par une fusée H-IIA (configuration 202). Sur un orbite polaire à 500 km d’altitude, ce satellite est apparemment un satellite de secours pour la constellation comprenant deux satellites optiques et deux satellites Radar.
  • 1er février, 12:31 UTC, Baikonour : lancement du satellite de communication Inmarsat 5 F2 par une fusée Proton-M.
  • 2 février, 08:50 UTC, Semnan (Iran) : lancement du satellite d’observation Fajr par une fusée Safir. Rentrée dans l’atmosphère le 26 février. Il ne semble pas y avoir eu de manœuvre du satellite.
  • 5 février, 12:50 UTC : mise en orbite d’AESP-14 depuis le module Kibo de l’ISS. AESP-14 est un cubesat 1U (10 cm x 10 cm x 10 cm) brésilien destiné à mesurer la densité et la température du plasma ionosphérique avec une sonde de Langmuir. Aucun signal ne semble avoir été transmis par le satellite.
  • 11 février, 13:40 UTC, Kourou : lancement de IXV (Intermediate eXperimental Vehicle) de l’ESA par la fusée Vega VV04 (test de rentrée atmosphérique). Séparé de l’étage supérieur de la fusée à 320 km d’altitude après 18 minutes de vol, l’avion spatial expérimental a atteint une altitude maximale de 412 km. IXV a atterri dans l’océan pacifique après 1h40 de vol et a été récupéré en bon état. C’est Thales Alenia Space qui assure la maîtrise d’œuvre de l’IXV.
  • 11 février, 23:03 UTC, Cap Canaveral : lancement de la sonde DSCOVR (Deep Space Climate Observatory) par une fusée Falcon 9 v1.1. Les conditions météo extrêmes n’ont pas permis à SpaceX de mener le test de récupération du premier étage sur une barge mais la descente contrôlée sur l’océan est un résultat prometteur.
  • 17 février, 11:00 UTC, Baikonour : lancement du cargo Progress M-26M vers l’ISS par une fusée Soyouz-U 27 février, 11:01 UTC, Plesetsk : lancement du satellite d’observation Cosmos-2503 (Classe Bars-M) pour un Soyouz-2-1A. Altitude moyenne de 555 km et inclinaison de 97,6°. Il emporte une caméra optique Karat d’une résolution d’un mètre et un double altimètre laser.
  • 27 février, 14:30 UTC : mise en orbite des satellites d’observation de Planet Labs Flock 1b-27 et Flock 1b-28 depuis le module Kibo de l’ISS. Orbite à 400 km à 51,7°.

 

En haut, à Baikonour, sous la neige, prête au lancement, la fusée Proton qui va mettre sur orbite
le satellite Inmarsat 5 F2. Crédit image : Roscosmos. En bas, décollage d’une fusée Safir.
Crédit image : Ministère iranien de la défense.

 

Constantin Tsiolkovski : quitter le berceau à grande vitesse ?

Il a donné son nom à la formule du mois. Constantin Tsiolkovski (1857, 1935) est un scientifique russe d'origine polonaise souvent considéré comme le père de l'astronautique. Dans « L'Exploration de l'espace cosmique par des engins à réaction » (1903), il décrit une fusée permettant de quitter la Terre et explorer d'autres planètes. Les sujets principaux sont abordés : mélange de propergols liquides, chambre de combustion et tuyère, refroidissement par circulation du carburant, guidage, stabilisation gyroscopique.

L'équation qui porte son nom (même si Hermann Oberth l’a également établi de manière indépendante) donne la relation entre le changement de vitesse d’un engin propulsé, le rapport entre sa masse initiale et sa masse finale et la vitesse d’éjection des gaz. C’est ce principe qui amène à concevoir des fusées à étages, pour se débarrasser dès que possible des masses inutiles.

 

Accélération des fusées : le logarithme népérien pour attendre…

Tous les ingénieurs travaillant sur des missions spatiales l’appellent plutôt « Delat V » pour différence de vitesse. La formule de Tsiolkovski s’écrit sous deux formes selon qu’on s’intéresse à la variation de vitesse ou à la quantité d’ergols nécessaire pour y parvenir :

 

Masse d’ergols et delta V : les deux versions de la formule de Tsiolkovski. Elles n'expliquent
pourtant pas comment les deux craies tiennent sur le tableau vertical...
Crédit image : Gédéon

Avec :

  • DV est la variation de vitesse obtenue à la fin de la phase de propulsion.
  • Ve est la vitesse d'éjection des gaz (en m/s).
  • g0 est l’accélération de la pesanteur au sol (en m/s2). ISP est l’impulsion spécifique (exprimée en secondes).
  • mi est la masse au début (i pour initial)
  • mf est la masse à la fin de la phase de propulsion (f pour final).
  • Dm = mf - mi, variation de masse (quantité d’ergols utilisée).
  • ln est la fonction logarithme népérien (je l'ai gardé pour la fin mais il ne perd rien pour attendre...)

L'impulsion spécifique caractérise l’efficacité des propergols. Homogène à un temps, elle s'exprime en secondes. Ce n’est pas intuitif : l’ISP indique la durée pendant laquelle un kilogramme de propergol produit une poussée équivalente à une masse d'un kilogramme (soit une force d'environ 9,81 N) dans le champ gravitationnel terrestre : à poussée égale, plus l'impulsion spécifique d'un propulseur est grande, moins il consomme d'ergols.

Cela explique l’intérêt actuel pour la propulsion électrique qui fournit des poussées relativement faibles mais des impulsions spécifiques élevées (1500 à 2000 secondes à comparer à environ 320 secondes pour un moteur d’apogée classique).

A titre d’exemple, le propulseur à plasma stationnaire PPS®1350-G de Snecma à une impulsion spécifique de 1660 secondes et délivre une poussée de 90 mN (milli-newtons).

 

En savoir plus :

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 01:39

Voici le fond d’écran du calendrier de février 2015 du blog Un autre regard sur la Terre.

 

Calendirer spatial et astronomique - Février 2015

Le calendrier spatial et astronomique du blog Un autre regard sur la Terre.
Illustration Gédéon à partir de l’image ISS040-E88891 de la NASA.

 

L’image a été prise par l’équipage de l’expédition 40. Elle date du 5 août 2014 et montre des nuages d’orage au–dessus de la partie sud de Borméo. L’éclairage de fin de journée et les ombres portées mettent bien en évidence l’extension verticale des nuages. Pour cette prise de vue, les astronautes ont utilisé un Nikon D3S avec un objectif grand angle de 28 mm de focale.

Pour le mois de février, j’ai choisi les trois dates suivantes :

  • 3 février 1966 : la sonde soviétique Luna 9 atterrit sur la Lune.
  • 20 février 1962 : à bord du vaisseau Mercury Friendship 7,lancé par la fusée Mercury-Atlas 6, John Glenn devient le premier américain à effectuer une orbite autour de la Terre. 36 ans plus tard, à l’âge de 77 ans, il fera partie de l’équipage de la mission STS-95.
  • 22 février 1986 : lancement de Spot 1, premier satellite français d’observation de la Terre, par une fusée Ariane 1. Quelques semaines plus tard, en avril 1986, Spot 1 sera témoin de l’accident de la centrale de Tchernobyl. Après 17 ans de bons et loyaux services, Spot 1 a été désorbité par le CNES en novembre 2003 : plusieurs manœuvres de freinage ont permis d’abaisser le périgée de son orbite, permettant ainsi au satellite de se désintégrer dans l’atmosphère en moins de 25 ans.

 

Newton en fait des tonnes

J’ai également décidé d’ajouter chaque mois un zoom sur une loi ou un principe utilisé dans les activités spatiales et plus particulièrement en observation de la Terre. Après les lois de Kepler en janvier, place à Isaac Newton et au principe fondamental de la dynamique. La deuxième loi de Newton dit que l’accélération d’un objet est proportionnelle à la force qu’il subit et inversement proportionnelle à sa masse.

 

Janvier 2015 : peu de lancements dans le monde…

Enfin, j’ai mis à jour le calendrier du mois de janvier avec la liste des lancements effectués en janvier 2015 et quelques autres dates anniversaires à retenir. Seulement trois lancements ont été effectués en janvier :

  • 10 janvier 2015, 9:47 UTC, Cap Canaveral : une fusée Falcon 9 emporte le Dragon CRS5 vers l’ISS. Echec de la tentative d’atterrissage en douceur du 1er étage.
  • 21 janvier 2015, 1:04 UTC, Cap Canaveral : lancement du satellite de communication de l’US Navy MUOS 3 par une fusée Atlas 5 (551).
  • 31 janvier 2015, 14:22 UTC, Vandenberg AFB : lancement du satellite SMAP (Soil Moisture Active Passive) par une fusée Boeing / ULA Delta 2. 4 autres cubesats à bord.

 

Calendirer spatial et astronomique - Janvier 2015 - 2

Le verso du calendrier de janvier 2015 : d’autres dates anniversaire de la conquête spatiale
et le calendrier des lancements en janvier 2015. Crédit image : Gédéon

 

En savoir plus :

 

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 08:25

 

Je suis Charlie - Charlie Hebdo - Liberté d'expression

 

On reste sous le choc et sans voix.

L'attentat contre la rédaction des Charlie Hebdo rappellent à tous les blogueurs, ceux qui tweetent ou publient leurs opinions et états d'âme sur Facebook que la liberté d'expression, qui peut apparaître comme une évidence, mérite d'être défendue sans cesse, même dans nos démocraties.

Deux policiers, Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet l'ont payé de leur vie : ils protégaient ce droit, y compris celui de caricaturer l'état et le gouvernement.

Il va falloir du temps pour admettre qu'on ne verra plus de nouveaux dessins de Cabu, Charb, Wolinski, Tignous et Honoré ou qu'on ne lira plus de livres ou de chroniques de Bernard Maris.

Les autres victimes de la tuerie sont Mustapha Ourrad, Elsa Cayat, Frédéric Boisseau et Michel Renaud,fondateur d’un festival du carnet de voyage à Clermont-Ferrand.

 

Impossible de ne pas avoir les larmes aux yeux... Quand allons-nous retrouver Charlie ?

 

 

 

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 00:01

 

2015 - Bonne année - Meilleurs Voeux - Best wishes - Année spatiale - Calendrier spatial

La carte de voeux 2015 du blog Un autre regard sur la Terre : Salar de Uyuni, la plus
grande surface salée du monde sur l’Altiplano de Bolivie : presque 11000 km2.
Une photographie prise par les astronautes de la Station Spatiale Internationale.
L’éclairage rasant met en évidence le relief aux alentours. Crédit image : NASA.

 

C’est parti pour une nouvelle année !

Je vous adresse tous mes vœux pour qu’elle soit la plus réussie possible. Pour les enseignants, pour les élèves et les étudiants qui vont passer des examens ou des concours. Bonne année à tout le monde...

Que ceux qui cherchent du travail trouvent rapidement une opportunité qui leur convienne. Que ceux qui en ont vivent une nouvelle année enrichissante avec leurs collègues.

En ce qui me concerne, je vais essayer de continuer à alimenter le plus régulièrement possible le blog Un autre regard sur la Terre en articles sur le thème de l’observation de la Terre et du spatial en général. J’espère que vous continuerez à trouver ces images et ces articles à la fois intéressants et abordables. Un grand merci par avance aux lecteurs du blog Un autre regard sur la Terre.

En attendant les prochains articles, pour changer de la traditionnelle carte de voeux, j’ai décidé de vous proposer un calendrier 2015.

 

En 2015, Astérix, le premier satellite français, célèbre ses 50 ans

C’est la perspective de célébrer le 50ème anniversaire du lancement du premier satellite français A1, alias Astérix, qui m’a donné cette idée : un calendrier de l’année en cours, rappelant également quelques premières de la conquête spatiale. Trois dates par mois : des évènements incontournables, comme le vol de Gagarine ou les premiers pas sur la Lune, des dates concernant l’aventure spatiale française et européenne, souvent en lien avec l’observation de la Terre (lancement du satellite Spot 1  ou Pleiades-1A) et même quelques drames qui nous rappellent qu’aller dans l’espace n’est jamais une formalité.

Le calendrier est illustré avec une série de photographies prises par les équipages de la Station Spatiale Internationale. Un choix totalement subjectif : des images qui m’ont plu et qui illustrent les différentes dimensions de l’observation de la Terre ou de l’environnement de notre planète.

Les amateurs d’astronomie trouveront des calendriers beaucoup plus détaillés ailleurs (par exemple sur le site de Ciel et Espace) : j’ai juste indiqué les principales phases de la Lune pour ceux qui veulent observer le ciel nocturne ou les cratères de notre satellite naturel.

Super Lune

Voici donc la page du mois de janvier. Vous pouvez normalement l’utiliser en fond d’écran.

 

2015 - Calendrier spatial et astronomique - Janvier 2015 - Année spatiale - Astérix - Space calendarLe calendrier 2015 du blog Un autre regard sur la Terre : le mois de janvier 2015

 

La photographie qui illustre la page du mois de janvier a été prise par le cosmonaute Oleg Artemyev à bord de la Station Spatiale Internationale le 10 août 2014 au moment où la Lune est au périgée : La Lune est alors 50000 km plus proche de la Terre qu’au moment de l’apogée, quand elle est la plus éloignée. Son diamètre apparent est plus grand et elle apparaît alors 30% plus lumineuse. On parle alors de Superlune. Ce n'est pas un phénomène exceptionnel : il y en a eu cinq en 2014, dont 3 visibles pendant l’été.

 

Bonnes résolutions

Je publierai une nouvelle page du calendrier sur le blog Un autre regard sur la Terre chaque fin de mois. Je mettrai aussi prochainement en ligne des versions avec différentes résolutions d’écran ainsi que le calendrier complet au format pdf pour ceux qui ne veulent pas attendre. Je n’ai pas aujourd’hui les bons outils sous la main à l’endroit ou je passe le réveillon et le nouvel an et on m’appelle pour préparer le foie gras...

Je ferai également vivre ce calendrier en ajoutant les évènements spatiaux de l’année. Et, peut-être, une petite formule, juste une seule, pour passer en revue les grandes lois de la physique utiles quand on s’intéresse au spatial et à l’observation de la Terre.

 

Bonne fin de réveillon et très bonne année 2015 !

Depuis le début de l'hiver, les jours commencent à rallonger... Dans moins de trois mois, le 20 mars 2015 à 22h45 UTC (date de l'équinoxe), le printemps sera déjà là. 

 

 


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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 22:39

L’hiver est là, même si la neige n’est pas au rendez-vous sur les pistes pour les vacances de noël : le solstice d’hiver, c’était dans la nuit de dimanche à lundi, le 22 décembre 2014 à 23h03m01s UTC soit pratiquement minuit en France. Pour les puristes, le site de l’IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides) précise que la déclinaison du soleil atteignait son minimum deux minutes plus tôt. Si un copain amateur d'astronomie peut m'expliquer cette subtilité, je suis preneur d'un commentaire...

Pour être complet, dans l’hémisphère sud, c’est l’été… D’autres articles du blog Un autre Regard sur la Terre expliquent le phénomène des saisons avec des images provenant de satellites géostationnaires.

Aujourd’hui, j’ai choisi un autre angle d’approche…

 

Terra - MODIS - Automne - USA - Canada - Grands lacs - Couleurs d'automne - Fall colorsQuelques jours après le début de l’automne, la région des grands lacs vu par l’instrument MODIS
du satellite Terra le 26/09/2014. C’est aux latitudes élevées que la baisse de la température et
la durée plus courte du jour manifestent leurs premiers effets sur la couleur du feuillage.
Crédit image : NASA / GSFC

 

« La forêt met sa robe rousse » (Samivel)

En attendant la neige, si la météo atypique de cette fin d’année ne vous a pas permis de photographier les jolies couleurs de l’automne, c’est le moment d’un petit retour en arrière avec les images des satellites d’observation.

J’ai fait une sélection d’images prises entre septembre et décembre 2014. Le critère : presque uniquement des images en couleurs naturelles, similaires à ce que l’œil d’un humain pourrait voir depuis l’orbite de la Terre. Couleurs de l’automne ou couleurs plus vives, ce sont des images qui évoquent le rythme des saisons, la manière dont l’homme s’en affranchit ou des situations plus insolites.

C’est également l’occasion de faire connaissance avec de nouveaux satellites d’observation…

 

Sois le bienvenu, rouge Automne, accours dans ton riche appareil (Théodore de Banville)

On commence évidemment par le rouge.

Voici une image étonnante prise par un des satellites Dove de la société Planet Labs. Planet Labs a lancé à ce jour 71 satellites (des cubesats 3U soit 30 cm x 10 cm x 10 cm) dont seulement une partie est encore en orbite. L’échec récent de la fusée Antarès qui embarquait la mission Cygnus CRS-3 et 26 satellites Dove de la constellation Flock 1d La résolution au sol (Ground Sampling Distance ou GSD) est d’environ 4,4 mètres.

Revenons à nos feuilles mortes qui tombent aussi… L’image a été prise quelques jours avant l’automne le 17 septembre 2014.

Ici, le rouge n’est pas une représentation de la chlorophylle dans le canal proche infra-rouge. Il s’agit bien d’une image en couleurs naturelles : nous sommes encore aux Etats-Unis dans le sud de l’Idaho, au milieu des collines de Pleasantview. Ces sont des érables rouges qui ont pris leur couleur d’automne qui contraste avec celle des arbustes et des forêts de conifères.

 

Planet Labs - USA - Idaho - Couleurs d'automne - Fall colors - érable rouge - red mapleLa couleur rouge des érables de Pleasant View dans l’Idaho. Image prise par un satellite Dove de
Planet Labsle 17 septembre 2014. Crédit image : Planet Labs.

 

Pourquoi les feuilles changent-elles de couleur en automne ?

A partir de la fin de l'été, avec la baisse de la lumière solaire, les végétaux produisent moins de chlorophylle. La diminution de ce pigment vert rend davantage visibles d'autres composés chimiques, en particulier les caroténoïdes, les anthocyanes et les flavonoïdes, présents dans les feuilles. En fonction de la répartition de ces pigments, les feuilles prennent alors des couleurs avec des nuances de jaune, orange, rouge et brun. La météo influence l’évolution et l’intensité des couleurs. Par exemple, des températures clémentes, au-dessus de 0°C, et un temps sec favorisent la formation des anthocyanes.

 

Un rouge plus vif autour des joyaux de la Couronne ?

Sur l’image suivante, il ne s’agit pas de feuilles mortes. Du sang dans les douves ? Une scène en avant-première de la cinquième saison de la série « Games of Thrones »

Non, ce sont des coquelicots plantés autour de la Tour de Londres. Le premier a été planté en juillet 2014.

 

WorldView-3 - London Tower - Poppies - coquelicots - Blood Swept Lands and Seas of Red - Tom Piper - Paul Cummings - In Flanders fields the poppies blow
« Blood Swept Lands and Seas of Red » : les coquelicots de la Tour de Londres. Image acquise
par le satellite WorldView-3 le 16 octobre 2014. Crédit image : Digital Globe.

 

Des coquelicots en automne ?

Ce ne sont pas de vrais coquelicots : les fleurs rouge vermillon sont en céramique. Au total, 888246 coquelicots ont été plantés jusqu’au 11 novembre 2014 : autant que de soldats britanniques tués au combat pendant la première guerre mondiale, en référence à un poème que tous les enfants britanniques apprennent à l’école.

 

In Flanders fields the poppies blow between the crosses row on row (John McCrae)

Comme le bleuet pour les français, le coquelicot est associé dans les pays du Commonwealth au souvenir des anciens combattants, plus particulièrement les soldats tués pendant la Première Guerre mondiale.

 

Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone (Verlaine)

Vers l’Aisne ? Au Royaume-Uni, ce n’est pas la bataille de Verdun mais les victimes des tranchées de la Somme et des Frandres qui sont commémorées chaque année. La distribution des coquelicots est une tradition qui date de novembre 1921.

En n’honorant que la mémoire des soldats britanniques, l’œuvre d’art éphémère de Tom Piper et Paul Cummings a déclenché une controverse.

En prime, les amoureux des grands mammifères pourront également admirer sur l'image de WoldView-3 un hippopotame géant (21 mètres de longueur) dans le bassin à côté de la London Tower. Que fait là le frère du rubber Duck ?

 

SkySat-1 - London Tower - Poppies - coquelicots - Blood Swept Lands and Seas of Red - Tom Piper - Paul Cummings - In Flanders fields the poppies blowTower of London Poppies : une autre image des coquelicots de la tour de Londres prise par le
satellite SkySat-1 le 10 novembre 2014. Crédit image : Skybox.

 

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi (Prévert)

Verlaine ou Prévert : on passe au vert…

Même si l’USGS appelle cette composition colorée « natural colors » (les explications ici), les deux images suivantes ne sont pas vraiment en couleurs naturelles : il s’agit d’images du satellite Landsat 8 combinant les bandes spectrales 6 (bande infra-rouge SWIR entre 1,57 et 1,65 µm), 5 (bande proche infra-rouge entre 0,85 et 0.88 µm) et 4 (bande rouge entre 0,64 et 0,67 µm). Ici, la végétation est bien verte mais à cause de la chlorophylle qui réfléchit fortement le canal proche infra-rouge, représenté ici en vert.

J’ai choisi ces deux images parce qu’elles illustrent parfaitement l’activité agricole : en haut l’image Landsat 8 date du 8 septembre 2014. On voit l’impressionnante mosaïque de cultures irriguées (irrigation par pivot). En bas, la même région, six semaines plus tard le 26 octobre 2014.

 

Landsat 8 - Nebraska - Plate River - Kearney - Agriculture irriguée - Soja et blé d'hiverLandsat 8 - Nebraska - Plate River - Kearney - Agriculture irriguée après récolte - Soja et blé d'hiverCulture irriguées dans le Nebraska, le long de la Platte River près de Kearney. Deux images prises
par le satellite Landsat 8 le 8 septembre et le 26 octobre 2014. Crédit image : USGS.

 

Dans cette partie du Nebraska, les fermes produisent maïs, soja, blé, haricots, pommes de terre, sorgho. La Platte River sert de colonne vertébrale à un corridor d’agriculture irriguée. Au moment où la seconde image est acquise, la récolte du soja est presque terminée : la couleur brune indique des sols nus.

A droite, l’inversion des couleurs entre les deux images indique un cycle de culture différent : il s’agit majoritairement de blé d’hiver. Il peut y avoir également des parcelles de pommes de Terre plantées au printemps, en été et en automne.

Vous trouverez d’autres images d’agriculture irriguée en couleurs naturelles mais elles sont prises en été, comme ces deux images publiées par Planet Labs à Walla-Walla près de la Snake River (28 juillet 2014) ou en Arizona dans le comté de Pinal, au sud-est de Phoenix (16 août 2014).

 

Croissant fertile

Voilà quand même une image en couleurs naturelles : nous sommes ici au sud-est de la Turquie dans la province de Şanlıurfa. La frontière avec la Syrie est à environ 50 kilomètres au sud. C’est l’eau du Tigre et de l’Euphrate qui a permis le développement de l’agriculture dans cette région.

 

Planet Labs - Turquie - Anatolie - Şanlıurfa - Croissant fertile - Fertile crescent - Tigre et EuphrateAgriculture irriguée dans la province de Şanlıurfa en Turquie. Image de champs circulaires prise
par le satellite SkySat-1 le 5 octobre 2014. Crédit image : Skybox

 

« Adieu, ciel bleu ! Beau ciel qu'un souffle tiède effleure ! » (Victor Hugo)

A part des images de mines comme celles illustrant le quiz de décembre ou celui de mai 2014, pour la couleur bleue, il faut se tourner vers l’eau.

La première image montre une petite partie du désert de Badain Jaran. Couvrant près de 50000 kilomètres carrés au sud de la Mongolie, il possède des dunes parmi les plus hautes du monde et des dizaines de lacs.

 

Landsat 8 - Chine - Badain Jaran - Dunes et lacsEn chine, dunes et lacs dans la région de Badain Jaran, le désert des "lacs mystérieux". Extrait
d’une image prise par le satellite Landsat 8 le 5 octobre 2014. Crédit image : USGS

 

Gonzalo, le nouveau marchand de sable dans le triangle des Bermudes

Les deux images suivantes illustrent une conséquence spectaculaire du passage de l’ouragan Gonzalo dans l’archipel des Bermudes le 17 octobre 2014 : la tempête a agité les sédiments des lagons et des baies peu profondes, changeant de manière importante la couleur de l’eau vue par les satellites, comme le montrent les deux images suivantes, prises par le satellite Landsat 8 avant et après le passage de l’ouragan.

 

Landsat 8 - Bermudes - Ouragan Gonzalo - Hurricane - Avant passage - Couleur de l'eauLandsat 8 - Bermudes - Ouragan Gonzalo - Hurricane - Après passage - Couleur de l'eauDeux images de l’archipel des Bermudes prises avant et après le passage de l’ouragan Gonzalo par
le satellite Landsat 8. En haut, image du 2 image 2014. En bas, image du 18 octobre 2014.
Crédit image : USGS

 

La deuxième image montre bien le déplacement des sédiments, un mélange de sable et de carbonate de calcium produits par les coraux, à près de 30 km de l’île.

 

Du blanc au noir : des nuances de gris

C'était ma compil d'images en couleurs naturelles de l'automne 2014.

A côté des couleurs primaires (rouge, vert et bleu) présentées ici, il y a aussi des images satellites qui montrent d'étonnants dégradés de gris entre le blanc de la neige et le noir des cendres.

Le roman d’E. L. James évoque cinquante nuances. Il y a en a beaucoup plus sur une image satellite : 256 niveaux de gris si elle est codée sur 8 bits, 65536 sur 16 bits.

Je vous présenterai quelques exemples spectaculaires d’images de l’année 2014 dans un prochain article. Et puis, il y aura certainement de la neige, pour skier ou randonner en raquettes et pour la regarder à travers l'oeil des satellites.

 

En savoir plus :

 

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 22:17

Le Royaume restera uni : c'est le non qui l'emporte avec avec avance de onze points une victoire plus nette que ce qui était annoncé... 55,42% contre 44,58% pour le camp du oui, après le dépouillement de 31 des 32 circonscriptions.

Consolation pour les indépendantistes : Glasgow, la plus grande ville d'Ecosse, a voté oui. Partout, la participation a été très élevée, à 80% environ.

 

Bière ou whisky pour fêter sa victoire ou faire passer sa déception
Exceptionnellement, les pubs sont restés ouverts toute la nuit...
Jeudi 18 septembre : c'était le grand jour en Ecosse. Les bureaux de vote avaient ouvert leurs portes à 7 heures du matin et les écossais pouvaient exprimer leur vote jusqu'à 22 heures (soit 23 heures à Paris). Des horaires étonnants ? Comme pour les élections européennes, on vote traditionnellement le jeudi et c'est une journée de travail normale...

« L'Écosse doit-elle être un pays indépendant ? »
Près de 4,3 millions d’électeurs résidant en Ecosse votaient donc par référendum répondre à la question suivante : "Should Scotland be an independent country?"

 

Terra - Modis - UK - Ireland - 26-03-2012 - 500mUne image prise par l'instrument MODIS du satellite américain Terra le 26 mars 2012.
Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 
Se compter dans ces comtés
Le résultat du scrutin et la victoire du non n'ont été connus que tard dans la nuit de jeudi à vendredi, à partir de 3 heures pour des estimations sérieuses et même vers 7 heures du matin pour des résultats plus définitifs : dans les plus gros des 32 comtés, comme Glasgow, Edimbourg ou Dundee, il faudra encore un peu temps pour dépouiller tous les bulletins.

Les indécis font la différence
Le résultat s'annonçaient très indécis : les derniers sondages publiés mardi donnaient 4 points d'avance au "non" (52% contre 48% pour le "oui") mais avec une marge d’erreur de 3%.
Une victoire du oui aurait signifié pour l'Ecosse la fin d'une aventure commune de 307 ans au sein du Royaume-Uni.
Même si le non l'emporte de manière un peu plus nette que ne l'annonçaient les sondages, l'Ecosse bénéficiera de toute façon d'une autonomie accrue au sein du Royaume Uni : les partis britanniques (conservateurs, travaillistes ou libéraux-démocrates) s'y sont engagés.
Je profite de l'intérêt suscité par ce référendum pour présenter quelques images satellites qui permettent de redécouvrir la géographie de l'Ecosse et préciser une terminologie qui fait parfois hésiter : Angleterre, Grande-Bretagne, Royaume-Uni...
Pas si facile de trouver une image satellite sans nuage couvrant l'ensemble du Royaume-Uni et de l'Irlande. Pendant l'été 2014, c'était même pratiquement mission impossible. C'est finalement une image MODIS que j'ai retenue pour démarrer cet article. J'ai trouvé également une belle image MERIS du satellite Envisat mais elle a quand même une couverture nuageuse nuageuse.

 

Great Britain and IrelandUne image prise par l'instrument MERIS du satellite européen Envisat.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)


Royaume-Uni, Grande-Bretagne et Angleterre : des poupées russes
Le Royaume-Uni ou United Kingdom ou UK regroupe actuellement la Grande-Bretagne et la partie nord de l'île d'Irlande, partagée avec la République d'Irlande.
Séparée de la France par la Manche et de l'Iralnde par la mer d'Irlande, la Grande-Bretagne, ou Great Britain, est la plus grande partie du territoire du Royaume-Uni. Elle regroupe, au moins jusqu'au résultat du référendum sur l'indépendance l'Angleterre, le Pays de Galles et l'Écosse.


Quatre nations : les deux tiers d'un tournoi
Quatre nations constituent donc le Royaume-Uni actuel :  

  • L’Angleterre, ou England, au sud, avec 130000 km2 environ et 53 millions d'habitants. La capitale est Londres.
  • Le Pays de Galles, ou Wales, à l'ouest, avec 21000 km2 et 3 millions d'habitants. La capitale est Cardiff.
  • L'Iralnde du Nord, ou Northern Ireland, au nord-ouest, avec 13800 km2 et 1,8 millions d'habitants. La capitale est Belfast.
  • L'Ecosse, ou Scotland, au nord, avec 79000 km2 et 5,3 millions d'habitants Edimbourg est la capitale mais la plus grande ville est Glasgow.

Une autre paire de Manche

Je vous passe les subtilités sur des cas particuliers comme l'île de Man, entre Irlande et Grande-Bretagne, ou les îles anglo-normandes (Jersey et Guernesey) qui ne font partie ni du Royaume-Uni ni de l’Union européenne mais dépendent de la Couronne britannique...

United Kingdom

Les quatre nations du Royaume-Uni.
Crédit image : Matt Lewis (CC-BY-SA)

Une aspirine dans votre whisky ?

 

Tartan ou Tweed

Sur l’image du satellite Envisat, on peut localiser la frontière entre l’Ecosse et l’Angleterre. C’est une ligne oblique d’environ 150 kilomètres de longueur qui passe au niveau des villes de Gretna à l’ouest, Coldstream, au nord du Northumberland National Park et Berwick-upon-Tweed à l’est. On reconnaît facilement le point de départ, avec l’échancrure bien marquée du golfe de Solway (Solway Firth) qui débouche sur l’île de Man

 

Le cœur et la raison…

Les arguments économiques ont beaucoup pesé au cours des dernières semaines de la campagne et la presse a recensé les risques et les opportunités économiques d’une éventuelle indépendance de l’Ecosse. Tous les secteurs ont été passés en revue : pétrole de la mer du nord, industrie et construction navale (Glasgow), banque et services financiers (Edimbourg est un grande place financière en Europe). La croissance et la création d’emploi sont là et font rêver d’autres pays : 2,5% de croissance prévue pour 2014, un taux de chômage qui passe de 8,5% en 2012 à mois de 7% en 2014…

Pour les amoureux du kilt en Tartan, la raison et les incertitudes économiques liées à un retrait du Royaume-Uni ont certainement fortement contrebalancé les arguments du cœur.

 

Petits pois (écossais)

Pour terminer ce petit voyage à la découverte de la géographie de l’Ecosse au sein du Royaume-Uni, je vais plutôt m’intéresser à une denrée alimentaire qui contribue à la notoriété internationale de l’Ecosse.

Il ne s’agit pas des petits pois, très connus par la pub « Ecossais, les petits pois ! ». J’aime bien leur couleur verte mais j’ai quand même une nette préférence pour une boisson de couleur ambrée : le whisky.

L’image suivante provient du satellite Landsat 8. Acquise le 23 juillet 2014, elle couvre la partie ouest des Lowlands. On identifie facilement la tâche sombre de Glasgow, troisième ville du Royaume-Uni, le long de la rivière Clyde. A l’ouest le Firth of Clyde puis des nombreuses îles : Arran, Colonsay, Gigha, Islay, Jura, Mull.

 

Landsat 8 - Scotland - écosse - Islay - Jura - Glasgow - 2Glasgow, l’ouest des Lowlands et l’archipel des Hébrides intérieures (Skye, Mull, Islay, Jura) vus
par le satellite Landsat 8. Image acquise le 23 juillet 2014. Crédit image : USGS

 

Ile de malt : 45% ou 46%

Le whisky que j’ai bu hier soir en solidarité avec les écossais qui votaient un jour de travail était un Ardbeg de l’île d’Islay. Comme le score du « oui » au référendum, il dépassait 45%. J’ai un faible pour les whiskies « subtilement tourbés ou fumés » qu’on distille sur Islay : Bunnahabhain, Caol illa, Bruichladdich et donc Ardbeg.

 

Plus de 16 ans : pas pour les moins de 18 ans

Même si vous n’aimez pas le whisky, un bon moyen d’approfondir la géographie de l’île d’Islay en particulier et de l’Ecosse en général consiste à localiser les distilleries. Vous trouverez sur Internet des sites proposant des fichiers kml à utiliser avec Google Earth pour vous aider dans cette ballade. Attention à l’abus d’alcool…

 

Ecosse - Scotland - Whiskies - Google Earth - KMLLes distilleries de whisky en Ecosse. Copies d’écran obtenues à partir de Google Earth et de
fichiers kml spécialisés.

 

En vous promenant un peu sur Google Earth, vous verrez qu’il est difficile de trouver une lettre de l’alphabet qui n’ait pas son nom de whisky. Je n’en ai trouvé que 7 : Q, U, V, W, X, Y, Z. Et pas de Glenn John en Ecosse…

Pour le reste, vous avez l’embarras du choix dans le Speyside, les Highlands, l’île de Skye, etc. : Aberlour, Balvenie, Cragganmore, Cardhu, Dalmore, Dalwhinnie, Glenfarclas, Glenfiddich, Glenkinchie, Glenlivet, Glenmorangie, Highland Park, Jura, Macallan, Oban, Scapa, Tamnavulin, etc.

Vous pouvez choisir en toute indépendance !

Bien entendu, la visite des distilleries est incontournable mais ne suffit pas à donner une bonne idée de l’Ecosse, de ses paysages et de ses villes. Un voyage sur place s’impose. Pour les amoureux de nature, par exemple sur l’île de Jura, pour le brame du cerf ou la migration des oies.

Si vous êtes plutôt fan de villes et d’architecture urbaine, voici une dernière image pour finir notre petit voyage en Ecosse : la ville d’Edimbourg vue par le satellite Spot 6.

 

Spot 6 - Edimbourg - Ecosse - 06-07-2013La ville d’Edimbourg vue par le satellite Spot 6. Image prise le 6 juillet 2013.

Crédit image : Airbus Defence and Space

 

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 11:03

    Brasil 2014 - FIFA World Cup - HBS -IBC - Master control roQu'est que c'est ? Un supermarché de téléviseurs ? Pas vraiment, nous sommes à Rio de Janeiro
dans la « master control room » de l'International Broadcast Centre d'HBS. C'est le centre
névralgique pour la diffusion des matchs du mondial 2014 : presque toutes les images de tous
les stades transitent par cet aiguillage géant et temporaire.
Crédit image : Jean-Baptiste Minesi

 

Allez les (petits hommes) verts !

Deux devinettes pour commencer : quelle différence entre le rover martien Curiosity et un stade du mondial au Brésil ? Réponse : 17. Curiosity est équipé de 17 caméras vidéo. Il y en a 34 installées autour des stades où se sont joués les matchs de la coupe du monde. 34, ce sont uniquement les caméras pour la production officielle, sans compter les caméras de reportage.

La seconde devinette : quel point commun entre le mondial 2014 et MSL Curiosity ? Réponse : la quantité d'informations à transmettre sur une très longue distance. Encore plus loin que la distance des buts allemands ou néerlandais qui paraissaient inaccessibles aux brésiliens pendant leurs deux derniers matchs.

 

Loin du but

J'ai déjà présenté comment les mesures effectuées par Curiosity étaient retransmises vers la Terre soit directement soit en passant par des satellites relais, comme MRO en orbite autour de Mars.

13 juillet : jour de la finale qui voit s'affronter l'Allemagne et l'Argentine au stade Maracanã de Rio de Janeiro, il est temps de s'intéresser à la production et à la diffusion des images que regardent des millions de téléspectateurs dans le monde.

Après la série sur les stades du mondial, vous n'allez pas voir d'images de satellites d'observation de la Terre... On va davantage parler de satellites de télécommunication et... de fibres optiques.

Avant la finale, j'ai eu la chance de pouvoir m'entretenir avec le responsable des moyens techniques mis en place par de TF1 au Brésil pendant la durée du mondial. Je remercie vivement Jean-Baptiste Minesi, ainsi qu'Yves Bouillon et toute l'équipe de TF1 au Brésil, pour leur gentillesse et la clarté de leurs explications. Ce sont eux qui m’ont autorisé à publier les photographies des moyens techniques au Brésil

 

Ballon rond : des images qui voyagent tout autour de la Terre

La diffusion des images d'un grand évènement sportif comme les JO ou une coupe du monde comporte en fait trois volets :

  • La production des images sur le site de l'évènement. C'est le travail du "Host Broadcaster", en l'occurrence pour le mondial 2014 la société HBS, choisie par la FIFA, l'organisateur de l'événement.
  • La transmission des images aux chaînes qui ont acquis les droits de diffusion (comme TF1 ou Bien Sports pour la France). C'est ici que se fait ce que j'appelle l'habillage des images, par exemple l'ajout des images des commentateurs de TF1 assistant au match sur place ou les interviews du sélectionneur ou des joueurs de l'équipe de France, ou d'Allemagne après sa victoire en finale, juste après le coup de sifflet final.
  • Enfin, la diffusion des images vers les téléspectateurs par la chaîne qui a acquis les droits de retransmission. Chaîne payante ou gratuite, pas de différence entre un match du mondial et n'importe quelle autre émission de TV. Les possibilités pour afficher les buts allemands sur votre écran plat(1) restent les mêmes : TNT, ADSL, câble ou fibre, satellite...

(1) Je suis passé très récemment à l’écran plat. Cela change la vie : le chat ne peut plus dormir dessus et, si vous êtes geek, impossible de réchauffer une pizza. En plus, de la publicité mensongère : sur le mien, il était indiqué 4K alors qu'il pesait au moins 13 kg. Et... que fait-on d'un lecteur de DVD plat mais horizontal avec un écran plat mais vertical ?

 

Brasil 2014 - Stade Maracana - PublicLes spectateurs dans le stade Maracanã à Rio Janeiro. Très nombreux pour encourager leurs
équipes mais pas aussi nombreux que les téléspectateurs qui suivent le match à la TV dans
tous les pays du monde. Crédit image : Yves Bouillon.

 

L’évènement le plus médiatisé de la planète…

La production et l'habillage des images des grandes manifestations sportives ont déjà été traités sur le blog Un autre regard sur la Terre à l'occasion de la Coupe du monde de Rugby en Nouvelle-Zélande en 2011.

Même si les grands principes sont les mêmes au Brésil, on passe dans une toute autre dimension avec le Mondial 2014 :

  • 32 équipes de 32 pays.
  • Le deuxième événement planétaire le plus télédiffusé, derrière les Jeux olympiques et devant le Tour de France.
  • 17,9 millions de téléspectateurs ont regardé sur TF1 le match de quart de finale France – Allemagne.
  • En 2010, une audience cumulée de près de 30 milliards de téléspectateurs, dont 700 millions pour la finale.
  • Et 34 caméras autour de chaque stad pour produire les images de chaque match du Mondial 2014 !

Caméras pas cachées : la réalisation des images des matchs

La réalisation des matchs a été confiée par la FIFA à la société HBS. C’est une très grosse organisation : 2000 personnes !

Il y a 34 caméras par match plus les caméras privatives demandées par chaque chaine, par exemple la caméra qui filme les commentateurs. Tout est tourné en format HD. HBS proposait trois Matchs en 4K au stade de Rio de Janeiro avec une dizaine de caméras. Le problème est le coût d’acheminement du signal, plus volumineux, vers les chaines. La chaîne japonaise NHK fait même une démonstration en… 8K : la NHK veut mettre ce standard en production pour les prochains Jeux Olympiques au Japon.

TF1 a également demandé à HBS deux caméras supplémentaires pour les matchs de l’équipe de France pour des directs assurés par les journalistes de TF1. Ces caméras peuvent être placées dans différents endroits du stade : plateforme, bord terrain, zone d’interview, etc.

 

FIFA - Brasil 2014 - Caméras stadeEn plus des caméras filmant le match pour la production officielle, il y a toutes celles des
reporters accrédités. Crédit image : Yves Bouillon

 

HBS assure la réalisation dans chaque stade et fournit simultanément plusieurs styles de réalisation par match (classique, tactical, Team A, émotion, etc.) ainsi que des images de caméras isolées (Beauty, aerial, etc.)

Il y a donc au moins 15 signaux différents par match avec lesquels le réalisateur de TF1 fournit le signal « habillé » pour la France, en ajoutant son propre signal audio et les signaux privatifs éventuels.

 

Des 12 stades brésiliens à l’International Broadcast Centre : le royaume de la fibre…

Tous les signaux sont rapatriés par fibre optique à l’International Broadcast Centre (IBC) à Rio de Janeiro et redistribués aux chaînes qui ont acheté les droits de diffusion, présentes sur place. Les chaînes renvoient ces signaux vers leur pays d’origine, en général par fibre optique.

 

Brasil 2014 - FIFA World Cup - HBS - International Broadcast CentreUne autre vue de la master control room » de l'International Broadcast Centre d'HBS à
Rio de Janeiro. Crédit image : Jean-Baptiste Minesi

 

L’International Broadcast Centre et les stades sont donc plutôt le royaume de la fibre optique, mais le satellite y a aussi sa place en liaison de secours pour les communications stades - IBC ainsi que pour certaines chaines qui préfèrent renvoyer les signaux chez elles par satellite.

 

Brasil 2014 - FIFA World Cup - HBS - IBC - TF1La salle de contrôle « Trafic TF1 » dans l’IBC à Rio de Janeiro et l’équipe technique au travail.
Crédit image : Yves Bouillon

 

Pourquoi la fibre est-elle privilégiée pour la production des images ?

C’est d’abord le débit d'images très élevé qui est le critère de choix : souvent plus de 30 signaux HD différents par match, qu’il faut remonter à l’IBC, et jusqu'à quatre matchs par jour pendant la première phase de qualification. La fibre est également considérée comme moins sensible aux conditions météorologiques difficile et offrant une latence plus réduite.

Pour des évènements de longue durée aussi importants qu’une coupe du monde ou des jeux olympiques, les organisateurs ont tout le temps d’installer une infrastructure terrestre. Le satellite devient plus intéressant pour les évènements de courte durée ou quand la mobilité des moyens vidéo est déterminante (Dakar, Tour de France, etc.)

TF1 utilise aussi un car SNG (Satellite News Gathering) pour la couverture du camp de base de l’équipe de France à Riberao Preto et louait un canal transatlantique sur le satellite IS 805 (Intelsat) pour une retransmission transmission direct jusqu’à Paris.

D’autre chaines, comme Bein Sport, qui ont également des cars SNG au Brésil, utilisent un satellite local puis font la transmission (downlink) vers l’IBC avant de transmettre le signal par fibre vers l’Europe. Le satellite est incontournable pour les petites productions ou celles demandant de la mobilité.

 

Word Cup - Brasil 2014 - SNG - stadeExemple de car SNG (Satellite News Gathering) utilisé pour assurer une liaison directe par satellite
entre un stade et le quartier général d’une chaîne de télévision. Si vous assistez à une étape du tour
de France, vous en verrez un certain nombre… Crédit image : Jean-Baptiste Minesi.

 

Un seul but : ne pas rater un but ! Tout est redondé : fibres, liaisons satellites…

La hantise des responsables de la vidéo : une coupure à l’écran au moment où un but est marqué. Même pour Allemagne- Brésil, il eut été dommage qu’une panne empêche de voir un des 8 buts marqués au cours du match. La fiabilité des moyens techniques est donc un critère de choix primordial.

Par exemple, il y a toujours deux « routes » différentes par fibre pour assurer la redondance. Entre les stades et l’IBC et entre l’IBC et les pays diffusant les matchs. Ainsi, TF1 a 11 liaisons par fibre (140MB/S par fibre) entre l’IBC et les locaux parisiens de TF1. Les 11 liaisons fibre passent par deux routes différentes, au nord et au sud, pour garantir une redondance totale. Le prestataire choisi par TF1 est Globecast et les signaux sont encodés en JPEG 2000 (très faible latence).

 

Brasil 2014 - IBC - HBS - Satellite FarmBrasil 2014 - IBC - HBS - Satellite Farm - 2Beaucoup de fibre optique mais également beaucoup de liaisons par satellite :

la ferme des satellites de l’International Broadcast Centre à Rio de Janeiro.
Et on prépare déjà le Mondial 2022 au Qatar... Crédit image : Jean-Baptiste Minesi.

 

Fil conducteur

Les communications par fibre sont complétées par des « backups » par satellite. Les liaisons satellites sont elles-mêmes redondées avec des canaux sur des satellites différents.

HBS, la société qui produit tous les matchs, fournit aussi un signal crypté sur trois satellites (un pour l’Europe, un pour l’Asie et un pour Amériques) : il sert de secours pour les chaines qui diffusent les matchs en direct. C’est l’UER qui est en charge de distribuer ce signal (EBIF). Pour l’Europe, c’est assuré par le satellite Eutelsat 7A.

 

TV World Cup 2014 - HBS - IBC - Fibres et cablesSoyez branchés : utilisez des liaisons sans fil… Dans l’IBC, il reste quelques câbles ! Bon courage
aux équipes qui vont démonter ce centre de télécommunication impressionnant mais temporaire.
Crédit image : Jean-Baptiste Minesi.

 

61, rue des archives : la fibre pour le direct…

Appartenant au groupe Orange, Globecast est un des principaux fournisseurs mondiaux de services de numérisation, d’agrégation, de transmission et de reformatage de contenus audiovisuels. Globecast opère 92000 km de réseaux de fibre optique (plus de deux fois le tour de la Terre) et 96 transpondeurs sur 27 satellites.

A Paris est situé un des nœuds de raccordement les plus importants pour la radio et la TV, dans le centre technique de Globecast de la rue des archives. Les plus anciens le connaissent encore certainement sous le nom de SERTE : Le Service d'Exploitation Radio Télévision Extérieur a été créé en 1947 sous le nom de Centre des Liaisons Radioélectriques (CLR). D’autres télévisions font également appel à des opérateurs concurrents comme BT Global Media Network (GMN).

 

Un détail pour les fans de technique : le format de compression des images TV

Pour la compression des images pendant la production et pour leur transfert vers les chaînes avant diffusion, c’est le format JPEG 2000, avec sa version Motion JPEG 2000, qui est à la mode chez les professionnels et remplace le format MPEG. L’absence d’estimation de mouvement entre les images facilite le montage des séquences vidéo.

Surtout, le format JPEG 2000 n’a pas besoin de plusieurs images consécutives pour fonctionner : il permet donc un traitement à très faible latence, sans retarder les images autant que le MPEG.

Seul défaut : le JPEG 2000 est relativement moins efficace que la MPEG en termes de facteur de compression…

 

Sport collectif et entraînement avant match

Au Brésil, l’équipe de TF1 compte plus de journalistes que de techniciens. Pendant l’installation de l’IBC et du SNG au camp de base, il y a eu une quinzaine de techniciens mobilisés. Toute la configuration avait été montée et testée au préalable à Paris. L’équipe de TF1 est arrivée au Brésil le 1er juin. Le 8 juin, tout était opérationnel.

A partir de là, TF1 n’avait plus que 5 personnes à l’IBC ainsi que deux chefs de production pour les matchs que diffuse TF1, avec un renfort d’un Ingénieur du son sur certain matchs, la logisticienne de TF1, Isabelle Labonde, et le directeur des opérations (Martin Tzara).

Pour les journalistes, il y a eu jusqu’à 7 équipes de 3 personnes se déplaçant entre les douze villes et les deux équipes commentateurs des matchs : impossible d’assurer tous les matchs sur des sites aussi distants avec une seule équipe.

Une fois les moyens techniques en place et testés, ce sont surtout des problèmes de logistique auxquels font face les équipes des chaînes : Isabelle Labonde travaille souvent très tard pour trouver des vols, des hôtels, des voitures pour les journalistes et commentateurs dans les différentes villes. L’expérience et les bonnes relations avec les autres chaînes comptent beaucoup pour cette fonction importante.

 

La diffusion des images aux téléspectateurs

La diffusion directe de la TV par satellite, même si les technologies ont beaucoup évolué, reste l’application la plus importante des satellites de télécommunication : depuis l'orbite géostationnaire, ils couvrent facilement une région ou un continent. Au sol, une petite parabole permet de recevoir les émissions de télévision, même dans les endroits où les liaisons hertziennes passent mal à cause du relief ou quand l’ADSL n'a pas un débit suffisant

Selon la société de conseil Euroconsult, il y a 37 opérateurs de services fixes par satellites (FSS). Les 3 premiers, l’américain Intelsat, le luxembourgeois SES et le français Eutelsat se partagent 60% du marché. Plus de 3 milliards de téléspectateurs…

Un rapport de l’IDATE paru en août 2013 précise que la télévision par satellite représente 78% des revenus totaux des services satellitaires. Par exemple, dans la plaquette « Faits et chiffres 2014 », l’opérateur Eutelsat indique que son activité au 30 juin 2013 se répartissait de la manière suivante :

  • 68,5% pour les applications vidéo (diffusion des chaînes de télévision, distribution des chaînes aux réseaux terrestres, liaisons de contribution). 5200 chaînes de télévision, dont 500 en HD, sont diffusées par la flotte de 37 satellites exploités par Eutelsat et répartis entre 116,8° Ouest et 172° Est sur l’orbite géostationnaire. Le nombre de chaînes diffusé a été multiplié par 10 en 10 ans.
  • 20% pour les services de données et à valeur ajoutée (par exemple connexion à la dorsale Internet pour les fournisseurs d’accès ou accès internet à haut débit par satellite). Avec le nouveau satellite multifaisceaux de grande capacité KA-SAT, un accès au haut débit comparable à celui de l’ADSL est disponible partout en Europe et sur de larges zones du Bassin méditerranéen.
  • 11,5% pour les applications multi usages (surtout pour les gouvernements et les institutions).

 

Eutelsat - Satellites de Télécommunication - Flotte de satellites - Satellites fleetSES - Satellites de Télécommunication - Flotte et couvertDeux illustrations montrant la flotte de satellites de télécommunications des opérateurs

européens Eutelsat et SES. Sur l’orbite géostationnaire, ils sont positions sur des « slots »
correspondant aux régions où les services sont commercialisés.

 

Deux constructeurs européens de satellites, Airbus Defence and Space et Thales Alenia Space, avec des sites importants installés à Toulouse, s’en tirent plutôt bien dans la concurrence féroce qui les oppose aux américains SS/Loral, Boeing, Orbital Sciences ou Lockheed Martin. Après un record de 30 satellites commandés en 2009, la tendance semble s’orienter vers un palier à 22 commandes par an. Il va être intéressant de voir comment Google et Facebook concrétisent les projets de réseau Internet dans l'espace qu'ils ont annoncés récemment et quelle sera la réponse des autres opérateurs. 

L’entretien de la flotte et le renouvellement régulier des satellites est le signe d’une activité opérationnelle et prospère : Eutelsat et SES viennent d’annoncer l’entrée en service commercial de deux nouveaux satellites.

Lancé le 25 mai 2014 par une fusée Zenit-3SL depuis la plateforme Sea Lauch, Eutelsat 3B est entré en service commercial le 6 juillet sur la position à 3° Est. Fabriqué par Airbus Defence and Space, Eutelsat 3B est le premier satellite commercial à réunir des charges utiles en bandes Ku, C et Ka sur la même plate-forme (51 répéteurs au total). Il prend le relais des satellites Eutelsat 3D, redéployé sur une autre position (7°E) et Eutelsat 3A qui prendra prochainement le chemin du « cimetière », la fameuse orbite « graveyard » à quelques centaines de kilomètres au-dessus de l’orbite géostationnaire.

C’est depuis la France, à partir du téléport de Rambouillet, que les équipes d’Eutelsat opèrent les satellites ou conduisent les manœuvres éventuelles en orbite (mise à poste, maintien à poste, déplacements).

De son côté, début juin, l’opérateur luxembourgeois SES a mis en service le satellite Astra 5B sur la position 31,5° Est pour renforcer ses capacité sur le centre et l’est de l’Europe, la Russie et la Communauté des Etats Indépendants. Astra 5B avait été lancé par une fusée Ariane 5 le 22 mars 2014 depuis la Guyane française.

 

SES - Astra 5B - Essais Vide thermique - Airbus Defence and Space - Astrium SatellitesLe satellite Astra 5B pendant les essais en vide thermique chez Intespace à Toulouse.

Crédit image : SES

 

Astra 5B a également été construit par Airbus Defence and Space et intégré dans les salles blanches à Toulouse. Il embarque 40 transpondeurs en bande Ku (36 MHz de bande passante) et 6 transpondeurs en bande Ka. Plus un passager auxiliaire pour le compte de la Commission Européenne… Rien à voir avec les télécommunications : il s’agit d’une charge utile EGNOS, destinée à améliorer la précision et la fiabilité des signaux de positionnement par satellite sur l’Europe.

Astra 5B va remplacer Astra 1G et augmenter la capacité sur cette position orbitale. Sur son site Internet, SES annonce qu’au total, 1536 transpondeurs sont exploitées sur ses 55 satellites en opération sur 37 positions orbitales.

 

FIFA Word Cup - Brasil 2014 - NASA - Curiosity - CamerasCuriosity ou la coupe du monde : la guerre des caméras… Dessin extrait d’une présentation
faite par Sylvestre Maurice, chercheur à l’IRAP, pour la conférence du 27 juin 2014 à la Cité
de l’espace à Toulouse à l’occasion du premier anniversaire martien de la mission MSL

 

Quelques sigles pour impressionner vos amis au moment du thé…

  • PoP : Point of Presence, point d’accès à Internet.
  • DTH : Direct To Home. Diffusion direct de la télévision à partir de satellites.
  • DBS : Direct Broadcast Satellite
  • FSS : Fixed Satellite Services

 

En savoir plus :

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 14:03

Dimanche, on votait… Pas en France : pour les élections municipales, il faut attendre encore une semaine avant le premier tour du 23 mars 2014.

Dimanche 16 mars, c’était le référendum sur l’avenir de la Crimée qui a retenait l’attention de toute la communauté internationale : les occidentaux jugent ce scrutin illégal, après les tensions des dernières semaines en Ukraine. 

Les électeurs devaient prendre position sur deux questions: « Êtes-vous pour l'intégration de la République autonome de Crimée à la Fédération de Russie ? Êtes-vous pour le rétablissement de la Constitution de la Crimée de 1992 et le maintien de la Crimée comme partie intégrante de l'Ukraine ? »

Selon les premiers sondages réalisées à la sortie des bureaux de vote, les habitants de Crimée ont, sans surprise, très largement plébiscité le rattachement à la Russie.

 

Envisat - MERIS - Crimée - Mer d'Azov - 19-03-201-copie-1Entre la mer noire et la mer d’Azov, la péninsule de Crimée vue par le satellite Envisat. Image
prise le 19 mars 2012 à 8h13 UTC. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

C’est l’Printemps qui revient ! Lentement...

Après la répression violente de la révolution du Maïdan et le départ précipité du président Viktor Ianoukovitch début mars, les députés prorusses du Parlement de la Crimée ont voté le 11 mars la déclaration d'indépendance de la Crimée. C’est en fait le rattachement de la presqu'île à la Russie qui se joue : le jour du printemps, les députés russes de la Douma pourraient voter une loi qui autorisera la Russie à rattacher un territoire étranger en cas de « défaillance » de l'Etat dont il dépend.

La Crimée porte un nom prédestiné : en tatar de Crimée, il signifie « ma colline » mais, une racine grecque évoque le mot « frontière ». Du point en vue géographique ou historique, la question des frontières et du territoire d’appartenance de la Crimée est centrale et complexe…

 

La géographie de la Crimée avec les satellites d’observation de la Terre

On commence par la géographie, plus facile à illustrer avec des images satellites…

Il y a longtemps que je n’ai pas illustré d’article avec une image du satellite européen Envisat : il a cessé de fonctionner en avril 2012 mais l’ESA donne toujours accès à l’impressionnante archive d’images des instruments ASAR (le radar) et MERIS (instrument optique multispectral).

La première image de cet article a été prise par MERIS le 19 mars 2012. En voici un autre extrait plus large qui montre la position de la péninsule de Crimée.

 

Envisat---MERIS---Crimee---19-03-2012---08h13---FR.jpgLa péninsule de Crimée vue par le satellite Envisat. Un autre extrait d’une image prise le
19 mars 2012 à 8h13 UTC. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

Située au nord de la Mer noire, au sud de l’Ukraine et au sud-ouest de la Russie, la péninsule de Crimée a une superficie de d’environ 27000 km2. Elle est reliée à L’Ukraine au nord par l'isthme de Perekop. Un isthme, ce n'est guère épais, comme disait Tolstoï...

À l'est, le détroit de Kertch (13 kilomètres dans la partie la plus large), entre la péninsule de Kertch et la péninsule de Taman en territoire russe, relie la mer Noire à la mer d'Azov. Le mont Roman-Koch, le point culminant, atteint 1545 mètres d’altitude.

L’image d’Envisat date de 2012 mais la situation de mars 2014 est assez comparable, en particulier en ce qui concerne la partie ouest de la mer d’Azov avec sa surface encore partiellement gelée : une image du satellite Aqua le confirme…

 

Aqua - MODIS - Crimée - Azov - 13-03-2014Péninsule de Crimée et mer d’Azov. Extrait d’une image acquise par l’instrument MODIS du satellite
Aqua le 13 mars 2014. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

D’autres images prises par le satellite Envisat à d’autres périodes de l’année permettent de voir que la Crimée et l’Ukraine restent des régions agricoles, avec des vergers et des vignobles.

L’image suivante acquise en août 2011 montre également des zones d’agriculture irriguées, dont les parcelles apparaissent en vert clair.

 

Envisat - MERIS - Crimée - 27-08-2011  

La péninsule de Crimée vue par le satellite Envisat. Extrait d’une image prise le 27 août 2011
à 8h26 UTC. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

Si vous voulez voir l'agriculture d'un peu plus près, voici deux extraits d'une image prise par l'instrument OLI du satellite américain Landsat 8 le 17 août 2013. La résolution plus fine (30 mètres) permet de mieux repérer les parcelles agricoles et, en particulier, les cercles verts parfaits des systèmes d'irrigation à pivot. Notez également les couleurs étonnantes du Syvach, aliias la mer Putride, une zone de marais et de lagunes peu profondes près de l'isthme de à l'ouest et séparée de la mer d'Azov par le détroit de Henitchesk.

La profondeur maximale est de 3 mètres, avec une moyenne variant entre 50 centimètres et un mètre. Au mois d'août, au moment où cette image a été prise, la température de l'eau est élevée, avec développement d'algues et de microorganismes divers. Avec la salinité élevée, c'est ce qui explique les couleurs spectaculaires. Je ne vous parle pas de l'odeur...

 

Landsat 8 - Crimée - Agriculture irriguée - 17-08-2013 -Landsat 8 - Crimée - irrigation - 17-08-2013 - 08h34Deux extraits d'une image prise par le satellite Landsat 8 le 17 août 2013 à 8h35 UTC. Composition
colorée en couleurs naturelles des bandes spectrales 4, 3 et 2 mettant en évidence les surfaces
agricoles irriguées et la couleur de l'eau de la mer putride. En bas, la zone observée est
au nord de Simféropol. Crédit image : USGS

 

Les villes de Crimée

Simféropol est la plus grande ville et la capitale de la Crimée. Parmi les plus grandes villes, on peut également citer Krasnoperekopsk, Eupatoria, Feodossia, Djankoï ou Yalta, la station balnéaire du sud de la péninsule, où ont été signés en février 1945 les accords historiques entre Staline, Roosevelt et Churchill.

Ironie de l’histoire : les accords de Yalta prévoient, entre autres, des élections libres dans les États européens libérés, avec un engagement de l’URSS, des Etats-Unis et du Royaume-Uni à « constituer des autorités gouvernementales provisoires largement représentatives de tous les éléments démocratiques des populations et qui s'engageront à établir, dès que possible, par des élections libres, des gouvernements qui soient l'expression de la volonté des peuples »

 

Et Sébastopol ? une « ville-héros »

La ville la plus peuplée de Crimée (l’écart s’accroit avec Sinféropol) a été rattachée à l’Ukraine au moment de l’éclatement de l’Union Soviétique. Par contre, un accord conclu en 1994 et renouvelé en 2010, permet à la Russie de louer la base navale de Sébastopol jusqu’en 2042.

Fondée en 1783 par l’impératrice Catherine II, Sébastopol est une ville bâtie autour de la structure de la côte et de ses bases navales. Presque rayée de la carte en 1942, elle a été rebâtie selon le plan d’origine, contre la volonté d eStaline.

Les trois illustrations suivantes sont des extraits d’une image acquise par le satellite Pléiades le 3 mars 2014 alors qu’il survolait la ville de Sébastopol.

 

Pleiades - Crimée - Sébastopol - Vue d'ensemble - 03-03-2Pleiades - Crimée - Sébastopol - Extrait - 03-03-2014Pleiades - Crimée - Sébastopol - Marine russe - 03-03-201Trois extraits d’une image satellite de la ville Sébastopol en Crimée.
Image prise par le satellite Pléiades le 3 mars 2014. En haut, vue d’ensemble avec une résolution
réduite par rapport à l’image d’origine. En bas, zooms sur deux parties de la ville,
avec en particulier les terrainsmilitaires de la marine russe.
Copyright: CNES 2014 - Distribution Airbus Defence and Space / Spot Image.

 

En regardant de près les images en plazine résolution, les spécialistes en photointerprétation peuvent se faire une bonne idée des positions et des mouvement des forces en présence. Les images des satellites Pléiades sont régulièrement utilisées par les analystes d'IHS (Jane's Information Group) qui publie notamment le Jane's Fighting Ships.

 

Pleiades---Sevastopol---Ukrain-and-russian-war-ships---03-0.jpgExtrait de l'image Pleiades du 3 mars 2014. A gauche, certainement des navires ukrainiens
(frégate, remorqueur et bâtiment de commandement) bloqués à quai par des remorqueurs russes.
A droite, deux grands destroyers lanceurs de missiles russes, le Smetlivy (146 mètres de longueur)
de la classe Kashin et Le Kerch de la classe Kara (173 mètres de longueur)
.
Copyright: CNES 2014 - Distribution Airbus Defence and Space / Spot Image.

 

Le même jour, le satellite TerraSAR-X a également survolé la ville.

 

TerraSAR-X - Crimée - Sébastopol - 03-03-2014 - StripmapExtrait d’une image du port de Sébastopol prise par le satellite Radar TerrSAR-X le 3 mars 2014.
Copyright : 2014 DLR - Distribution Airbus DS / Infoterra GmbH

 

Avec un peu d’attention, les deux satellites Pléaides et TerraSAR-X permettent de repérer les navires militaires dans le port.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est quand même pas la grande Armada, celle de la grande époque soviétique, quand Sébastopol jouait le rôle d’arsenal et de rempart face à la Turquie et à l’Alliance atlantique.

Un analyse du cabinet Cassini et de Kevin Limonier publiée récemment sur le site Diploweb le confirme : en terme de nombre de navires, la Russie n’occupe plus que la cinquième place des forces navales présentes en mer noire, loin derrière l’OTAN, la Roumanie, la Turquie et l’Ukraine.

Alors que la ville de Sébastopol et l’accès de la flotte russe à la mer noire font les titres de l’actualité depuis quelques jours, on peut donc avoir des doutes sur les motivations réelles de la Russie et de Vladimir Poutine à intervenir en Crimée : la puissance de la flotte russe en mer noire n’est plus qu’un lointain souvenir.

Quelles sont donc les vraies raisons de l’importance attachée à la Crimée par les russes ? Les satellites, même avec leur radar qui pénètre les nuages, ne permettent pas de répondre à cette question.

 

Crimée châtiment ?

Il n’est pas facile de comprendre les tenants et les aboutissants de la situation en Ukraine et en Crimée ou les intentions réelles de la Russie. Ce n’est pas sur les chaînes d’information en continu qu’on peut trouver des analyses approfondies. Il faut passer un peu de temps à consulter des livres ou des sites spécialisés en géopolitique ou écouter les chercheurs et les experts invités à s’exprimer plus que quelques minutes sur des TV ou des radios comme ARTE et France Culture….

 

Une histoire complexe : mieux vaut tatar que jamais…

Sotchi n’est pas loin, seulement 500 kilomètres à vol d’oiseau, mais la cérémonie d’ouverture est bien oubliée… On parle aujourd’hui davantage du risque de partition de l’Ukraine.

 

Ambiance tauride

Les quelques dates qui suivent donnent quelques repères :

  • Antiquité : le blé ukrainien alimente déjà la Méditerranée. La Crimée est connue sous le nom de « Tauride ». Grecs, Goths, Huns, etc. s’y succèdent…

 

Le dessert des Tatars

  • 1441 : fondation du Khanat de Crimée par les Tatars, d’origine mongole mais sous influence ottomane. En 1475, il devient un protectorat ottoman.
  • 1571 : incendie de Moscou après un raid des Tatars en Russie.

 

Emprunt russe

  • 1783 : après la guerre russo-turque, la Crimée est annexée à l'empire russe. C’est le début du développement de Sébastopol et de la flotte de la mer Noire, que Léon Tolstoï relate dans ses « Récits de Sébastopol ».

 

Faire le zouave sur l’Alma

  • 1854 : la guerre de Crimée. L'Angleterre et la France s'allient en 1854 à l'Empire ottoman pour attaquer la Russie. Le siège de Sébastopol devient le symbole de la résistance russe. La guerre de Crimée s’achève avec la défaite russe et le traité de Paris en 1856. 750000 hommes ont perdu la vie pendant ce conflit. L’économie de la Crimée est en lambeaux.

Siege-de-Sebastopol---Gallica---BNF.jpgLe siège de Sébastopol en 1854. Gravure de l'imprimerie Pellerin.
Source : Gallica / Bibliothèque Nationale de France

 

La nouvelle tsar

  • 1917 : la révolution bolchévique. C’est par le sud du pays et la Crimée que les forces fidèles au tsar quittent la Russie. En 1918, a Russie devient la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) puis quatre ans plus tard, c’est la création de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).
  • 1921 : La Crimée, symbole de la victoire soviétique, devient République socialiste soviétique de Crimée.
  • 1942 : Siège de Sébastopol par l’armée allemande. La ville est rasée à 95%. C’est une des batailles les plus terribles de la Seconde Guerre mondiale.


Sébastopol - Photographie aérienne - 04-08-1943La ville de Sébastopol un an après le siège de l'été 1942. Photographie aérienne prise en août 1943.
Source : site WWII aerial photos and maps 

  • 1944 : accusés de collaboration avec les nazis, les Tatars de Crimée sont déportés par Staline en Sibérie ou en Ouzbékistan.
  • 1945 : accords de Yalta.
  • 1948 : Sébastopol est directement rattachée à l’URSS.

 

Cadeaux empoisonnés ?

  • 1954 : pour célébrer le 300ème anniversaire de la réunification de l'Ukraine et de l'empire russe, le 19 février, Khrouchtchev offre la Crimée à l’Ukraine, alors République socialiste soviétique d'Ukraine.
  • 1991 : les mouvements nationalistes entrâinent la dislocation de l'URSS. En décembre, création de la Communauté des États indépendants (C.E.I). Quelques jours plus tard, Mikhaïl Gorbatchev, à l’initiative des politiques de réfome Glasnost et Perestroïka qui ont précipité cet éclatement, démissionne. Boris Eltsine reconnaît l'indépendance de l’Ukraine, Crimée incluse.
  • 1992 : le 5 mai, la Crimée proclame sa première Constitution.
  • 1994 : Leonid Koutchma devient le 1er président d'Ukraine.
  • 1995 : nouveau bras de fer entre pro-russes et pro-ukrainiens. Le 17 mars 1995, le parlement ukrainien abolit la constitution de Crimée votée en 1992.
  • 1997 : le rattachement de la Crimée à l'Ukraine (comme République autonome) est officiellement reconnue par la Russie. La République autonome de Crimée a un statut spécifique avec son gouvernement, son parlement, son budget. Signature de l’accord de location des installations portuaires et militaires de Crimée à la Russie. En 2010, l'accord est renouvelé pour vingt-cinq ans.
  • 1999 : la seconde constitution de la Crimée entre en vigueur.

 

Les feux de la révolution passent à l’orange

  • 2004 : en novembre, élections présidentielles en Ukraine. Les fraudes massives, constatées par les observateurs indépendants, et les manifestations sur la place de l'Indépendance à Kiev amènent à refaire le second tour : « au troisième tour » Viktor Ianoukovitch perd devant Viktor Iouchtchenko, pro-occidental. La carte des résultats montre un net clivage entre le sud-est et le nord-ouest, qui correspond assez bien aux langues dominantes, le russe et l’ukrainien.
  • 2005 : Viktor Iouchtchenko nomme Ioulia Tymochenko premier ministre le 24 janvier. Limogée en septembre de la même année, elle est à nouveau Premier ministre en décembre 2007.
  • 2010 : Candidate à l'élection présidentielle, Ioulia Tymochenko perd devant Viktor Ianoukovytch. En 2011, Ioulia Tymochenko est condamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir dans le cadre de contrats gaziers signés entre l'Ukraine et la Russie en 2009.
  • 2013 : dans un contexte de crise budgétaire, discussions entre l'Union européenne et l’Ukraine pour un accord d'association. Le Parlement ukrainien, poussé par les russes, refuse l'accord. La population de Kiev réagit et, en novembre, c’est le début des manifestations de Maïdan, sur la place de l'Indépendance.
  • 2014 : répression policière violente et radicalisation du mouvement. Le 22 février 2014, c’est la prise du palais présidentiel et la destitution de Viktor Ianoukovytch. En Crimée, majoritairement russophones, les actions des mouvements séparatistes aboutissent au référendum contesté du 16 mars 2014.


Skybox---Kiev---Ukraine---Maidan---18-02-2014---11h10.jpgLe centre ville de Kiev en Ukraine pendant la répression des manifestations. Image prise par
le satellite Skysat-1 le 18 février 2014 à 11:10 UTC. Crédit image : Skybox Imaging

 

Ces quelques dates ne suffisent pas à comprendre la complexité de la situation en Ukraine et en Crimée. J’espère qu’elles vous donneront envie, comme à moi, d’approfondir le sujet par vous-même.

Plusieurs historiens ou spécialistes de la Russie insistent sur le fait que ce sont moins les intérêts stratégiques objectifs, comme par exemple l’importance réelle de la flotte de la mer noire, que la dimension symbolique de la Crimée qui explique la position russe et l’attitude de Vladimir Poutine. Sa popularité en Russie repose en partie par la nostalgie de la puissance de l’URSS ou de l’empire russe.

 

Tsar war: la guerre des étoiles

Dans l’espace, la Russie continue à être un acteur de tout premier plan : ce sont des vaisseaux russes qui assurent, depuis l’arrêt des vols du Space Shuttle, la desserte de la Station Spatiale Internationale pour les équipages. La flamme olympique y a même fait un cour séjour. Plus près de la surface terrestre, la Russie cherche à rejouer un rôle de premier plan. Les jeux olympiques de Sotchi font partie de cette stratégie.

Il serait naïf de penser que les Etats-Unis, au contraire, ne cherchent pas à cantonner la Russie à un rôle de puissance régionale. En Ukraine, l’erreur de l’Union Européenne a certainement été de penser pouvoir discuter un accord bilatéral, en sous-estimant le rôle incontournable de la Russie. Les enjeux économiques pèsent lourd, les symboles aussi.

 

En savoir plus :

 

 

 

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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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