Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 11:46

 

Irma - dégâts - damages - Saint-Barthélemy - Ouragan - Hurricane - satellite - high résolution - haute résolution - Pleiades - Pléiades - CNES - Airbus Defence and Space - Macron - visite président

Les dégâts de l’ouragan Irma à Saint-Barthélemy. Image acquise par le satellite Pléiades-1B
le 10 septembre 2017. Version en résolution réduite. Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

Après les ouragans Irma et Jose, la pluie et le vent, le beau temps…

Comme la pluie qui accompagnait François hollande à chaque inauguration, il n’y a pas de lien a priori avec la venue du Président Emmanuel Macron attendu aujourd’hui à Saint-Martin et Saint-Barthélémy…
Après un point de situation en Guadeloupe, Emmanuel Macron décollera pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Cette visite s’inscrit dans un contexte de critiques sur la gestion par les autorités de l'ouragan Irma. L’exaspération de la population touchée par l’ouragan et le sentiment d’avoir été abandonnée ont rapidement donné lieu à des récupérations politiques. Le même jour, le roi des Pays-Bas, Willem-Alexander, est arrivé à Sint Maarten, la partie néerlandaise de l'île Saint-Martin.

 

Salle Jupiter

Quelques jours après le passage d’Irma,  le ciel se dégage donc enfin dans les Antilles. Ciel bleu au-dessus de la mer mais il reste encore quelques nuages, accrochés au relief, comme souvent dans les îles tropicales.

Les satellites d’observation optiques à très hautes résolution, qui tentaient depuis plusieurs jours d’obtenir des images pour cartographier des dégâts (les premières images Pléiades ont été exploitées dès le 8 septembre), commencent à fournir des résultats intéressants.

Airbus Defence and Space vient de publier quelques images acquises par le satellite Pleiades-1B le dimanche 10 septembre.

Les images présentées ici couvrent les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Elles ont été acquises dans le cadre du service de cartographie d’urgence de Copernicus (Copernicus Emergency Mapping Service) et de la charte internationale espace et catastrophes majeures). Ces deux outils ont été activés à plusieurs reprises après le passage de l’ouragan Irma.

 

 

Saint-Barthélemy : un massacre ? Les dégâts vus par le satellite Pleiades-1B

À Saint-Barthélemy, les dégâts sont comparativement inférieurs aux dommages causés par Irma à Saint-Martin.

Néanmoins, et cela m’a fait penser à l’explosion de l’AZF à Toulouse en 2001, la plupart des écoles ont subis des dégâts rendant les salles de classes inutilisables, et les hôpitaux endommagés. Le réseau de distribution d’eau est fortement endommagé.

Pour la petite histoire, la villa de Johnny Hallyday, que le  chanteur proposait de mettre à disposition des habitants sans toit, est également inhabitable.

Voici une version en résolution réduite et quelques extraits en pleine résolution de l’image de l’île de Saint-Barthélemy.

 

Irma - dégâts - damages - Saint-Barthélemy - Ouragan - Hurricane - satellite - high résolution - haute résolution - Pleiades - Pléiades - CNES - Airbus Defence and Space - Macron - visite président
Irma - dégâts - damages - Saint-Barthélemy - Ouragan - Hurricane - satellite - high résolution - haute résolution - Pleiades - Pléiades - CNES - Airbus Defence and Space - Macron - visite président

Les dégâts de l’ouragan Irma à Saint-Barthélemy. Deux extraits en pleine résolution de l’image
acquise par le satellite Pléiades-1B le 10 septembre 2017. Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

 

Un paysage de ruines : les dégâts à Saint-Martin et Sint-Marteen vus par le satellite Pleiades-1B

Selon la Croix-rouge néerlandaise, près d'un tiers des bâtiments construits sur la partie néerlandaise de l'île de Saint-Martin ont été détruits et plus de 90% d'entre eux ont été endommagés. 

Un couvre-feu interdisant toute circulation entre 19 heures et 7 heures est en vigueur à Saint-Martin jusqu’au mercredi 13 septembre.

 

Irma - dégâts - damages - Saint-Martin - Ouragan - Hurricane - satellite - high résolution - haute résolution - Pleiades - Pléiades - CNES - Airbus Defence and Space - Macron - visite président

Les dégâts de l’ouragan Irma à Saint-Martin. Image acquise par le satellite Pléiades-1B
le 10 septembre 2017. Version en résolution réduite. Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

Irma - dégâts - damages - Saint-Martin - Sint-Marteen - Ouragan - Hurricane - satellite - high résolution - haute résolution - Pleiades - Pléiades - CNES - Airbus Defence and Space - Macron - visite président
Irma - dégâts - damages - Saint-Martin - Sint-Marteen - Ouragan - Hurricane - satellite - high résolution - haute résolution - Pleiades - Pléiades - CNES - Airbus Defence and Space - Macron - visite président

Les dégâts de l’ouragan Irma à Saint-Martin. Extraits en pleine résolution de l’image acquise
par le satellite Pléiades-1B le 10 septembre 2017. Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

Le coût de la construction aux normes anticycloniques et les moyens de la population expliquent aussi les différences de dommages subis entre Saint-Martin et Saint-Barthélemy : seulement 4% de chômage à Saint-Barthélemy, contre 30% de chômeurs à Saint-Martin qui souffre notamment d’une économie presque exclusivement tournée vers le tourisme. Un habitant sur cinq touche le RSA.

Dans les deux cas, le chantier de la reconstruction va être colossal.

 

On s’active…

Ces images du satellite Pléiades 1B font partie de celles utilisées par les services de cartographie d’urgence. Au moins trois satellites (Pleiades-1B, Sentinel-1A et Cosmo-Skymed) ont été programmés par acquérir ces images en urgence, sans compter les images d’archive utilisées pour produire les carte de référence (Kompsat-3 et Worldview-2).

Le satellite Pleiades-1B a acquis des images le 7, le 8 et le 10 septembre 2017, avec une couverture nuageuse qui s'améliorait. Les acquisitions multiples ont permis finalement de couvrir l'intégralité de la zone d'intérêt en limitant l'impact des nuages. 

Une visite du catalogue Geostore d'Airbus Defence and Space permet de voir toutes les tentatives effectuées dès le lendemain du passage de l’ouragan Irma pour acquérir des images à haute résolution des différentes zones touches, à Saint-Barthélemy et Saint-Martin mais aussi sur les différentes îles que se trouvaient malheureusement sur le passage de l’ouragan.

 

Irma - ouragan - dégâts - dégats - Saint-Barthélemy - Saint-Martin - satellite - Pléiades - VHR - EO - haute résolution - Airbus Defence and Space - CNES - Geostore
Irma - ouragan - dégâts - dégats - Saint-Barthélemy - Saint-Martin - satellite - Pléiades - VHR - EO - haute résolution - Airbus Defence and Space - CNES - Geostore

Deux copies d’écran du catalogue Geostore d’Airbus Defence and Space montrant la liste
des images Pleiades et SPOT acquises depuis le passage de l’ouragan Irma

 

Pour information, Simon Gascoin, un chercheur du CESBIO (Centre d'Etude Spatiale de la Biosphère à Toulouse) a comparé deux images de Saint Barthélemy acquises par les satellites jumeaux Sentinel-2A et Sentinel-2B respectivement le 12 septembre, soit 6 jours après le passage de l'ouragan Irma, et le 4 septembre.

Il a utilisé une representation colorée mixant les bandes visibles et infrarouges et faisant ressortir l'impact sur la végétation (method dite EnhancedNaturalColors du blog de Pierre Markuse) : le contraste entre ces deux images est saisissant.

 

Mobilisation générale pour l'aide aux secours

La société Digital Globe a également publié des images dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 septembre 2017. La petite taille des vignettes montre que s’affranchir de la couverture nuageuse a été un défi pour tous les opérateurs.

Alors que les satellites radar sont un outil très efficace dans le cas des inondations, ces images confirment également que l’imagerie optique à très haute résolution est indispensable pour la cartographie des dégâts subis par les bâtiments et les habitations après un cyclone ou un tremblement de Terre. Plus généralement pour l'analyse fine du bâti dans les zones urbanisées.

Des équipes spécialisées comme le SERTIT en France (Université de Strasbourg) ou le DLR-ZKI en Allemagne (agence spatiale allemande) assurent le traitement et l’interprétation des images.

Dans le cas d’Irma, vous constaterez que, même avec des satellites à très haute résolution, l’inventaire des dégâts n’est pas un travail évident… Dans le cas des incendies, il est parfois possible de s’affranchir de l’image de référence (celle présentant la situation avant la catastrophe). Essayez de le faire ici... C’est très difficile ! A nouveau, c’est vrai à chaque fois qu’une catastrophe, qu’il s’agisse d’une tempête ou d’un tremblement de terre, touche une zone urbanisée.

 

Saint-Matin - Sint-Marteen - Irma - dégâts - Impact - Damage - dommages - Copernicus - Rapid mapping - Emergency mapping - Septembre 2017

Un exemple de carte d’impact produite par le service Copernicus de cartographie d’urgence
après le passage d’Irma (activation EMSR232). L’image du satellite Pleiades-1B utilisée ici a été acquise le 8 septembre 2017. Copyright 2015 European Union

 

Retour d'expérience

Concernant les services de cartographie d’urgence, il y aura certainement un retour d’expérience sur les mécanismes d’activation dans le cas de catastrophes de grandes ampleur affectant plusieurs pays : le principe de déclenchement par des « utilisateurs autorisés », en général des autorités nationales ou organisations internationales (comme UNITAR/UNOSAT), fait qu’il y a eu au total deux activations distinctes du service Copernicus de cartographie d’urgence (EMS pour emergency Mapping Service) et une de la charte internationale espace et catastrophes majeures pour l’île de Saint-Martin :

  • L’activation EMSR232 du service Copernicus EMS, le 5 septembre 2017 à 10h08 UTC, à la demande du Centre Opérationnel de Gestion Interministériel de Crises (COGIC) français.
  • L’activation EMSR234 du service Copernicus EMS, le 7 septembre 2017 à 12h40, à la demande du ministère néerlandais de la sécurité nationale, pour Sint-Marteen.
  • L’activation 548 de la charte internationale, le 5 septembre 2017 à 12h02, à la demande d’Unitar/Unosat pour Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Anguilla.

Au total, Irma a entraîné tout au long de son parcours destructeur 9 activations, 5 de Copernicus et 4 de la charte internationale

Une partie des moyens utilisés, notamment pour la cartographie rapide proprement dite, sont communs.

 

Irma - Hurricane - Wind strom - Ouragan - Activation - Copernicus - Emergency Mapping Service - European Union - operations

La liste des 5 activations du service Copernicus de cartographie d’urgence après le passage
de l’ouragan Irma et les deux zones d’intérêt pour Saint-Martin and Sint-Marteen.
Source : Copernicus EMS

 

Dégâts : une des catastrophes naturelles les plus coûteuses en France

Irma serait un des ouragans les plus puissants jamais répertorié sur l’Atlantique.

Selon un communiqué de la Caisse centrale de réassurance, le réassureur public français spécialisé dans les catastrophes naturelles, le coût des dommages provoqués par l'ouragan Irma sur les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy s'élève au moins à 1,2 milliard d'euros.

Sur le plan humain, Irma a fait au moins 19 morts dans les Caraïbes dont 10 dans les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

En Floride, Irma a donné lieu à l’évacuation la plus large jamais ordonnée aux Etats-Unis : 6,3 millions de personnes, sur un total de 20 millions d’habitants.

En France, selon des chiffres de la Fédération française de l'assurance (FFA), l'évènement naturel le plus coûteux en termes de dommages assurés, avec 6,8 milliards d'euros d'indemnisations, reste l’épisode des tempêtes Lothar et Martin (décembre 1999).

Suivent les tempêtes Klaus et Quinten de 2009 (1,9 milliard d'euros) puis les inondations de mai et en Île-de-France et dans le Centre (1,4 milliard d'euros) et la sécheresse de 2003.

Les professionnels de l’assurance estiment que l'impact financier des catastrophes naturelles va continuer à augmenter à l’avenir, pas seulement à cause de de la fréquence ou de l'intensité des catastrophes, mais surtout à cause de la vulnérabilité (exposition de la population et des biens assurés).

 

En savoir plus :

Repost 0
11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 23:10

 

Les premières cartes des dégâts réalisées par le service de cartographie d’urgence de Copernicus le confirment : pas facile d’acquérir des images sans nuages quand les ouragans se succèdent au-dessus des Antilles, de Cuba et du golfe du Mexique…

 

Open data : des images à l’œil

En attendant que le ciel se dégage, voici quelques images étonnantes de l’œil du cyclone vu par les satellites d’observation.

 

Jose - Hurricane - Ouragan - Sentinel-2A - Copernicus - Eye - Oeil - satellite - couleurs naturelles
Jose - Hurricane - Ouragan - Sentinel-2A - Copernicus - Eye - Oeil - satellite - couleurs naturelles

L’œil du cyclone Jose vu par le satellite européen Sentinel-2A. Extrait en couleurs naturelles
d’une image acquise le 9 septembre 2019 à 14h47 UTC. En bas, extrait centré sur l’œil.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Fauchée ? Pas de problème, c'est à l'œil

La fauchée de Sentinel-2, la largeur de terrain balayée par l’instrument du satellite le long de son orbite, est de 290 km : elle ne permet pas d’avoir une vue complète du cyclone Jose en une seule image.

Difficile d'ailleurs de parler de diamètre d'un ouragan. On peut estimer la taille de la zone "où il y a des nuages" mais les spécialistes parlent plus volontiers du disque à l'intérieur duquel les vents atteignent la force cyclonique.

L'oeil d'un cyclone ou d'un ouragan est plus facile à mesurer : l’œil de Jose a un diamètre d’environ 30 km.

La mécanique orbitale fait parfois bien les choses : le satellite Sentinel-2 est passé pratiquement au-dessus de l’œil de Jose le 9 septembre. Jose était alors à environ 80 km au nord-est de l’île de Barbuda.

L’image présentée ici combine les canaux 4 (rouge), 3 (vert) et 2 (bleu) pour obtenir une représentation en couleurs naturelles

J’ai essayé d’autres combinaisons de canaux pour voir si elles mettaient mieux en évidence, au moins visuellement, la structure de l’œil.

Voici un exemple de représentation combinant les canaux 12, 11 et 8A, 3 bandes centrées respectivement sur les longueurs d’onde 2,190µm, 1,610 µm et 0,865 µm, dans le proche infrarouge et l’infrarouge court (SWIR).

 

Jose - Hurricane - Ouragan - Sentinel-2A - Copernicus - Eye - Oeil - satellite - composition des canaux 12 11 et 8A - NIR - SWIR

L’œil du cyclone Jose vu par le satellite européen Sentinel-2A. Composition colorée des canaux
12, 11 et 8A représentés respectivement en rouge, vert et bleu. Extrait d’une image acquise
le 9 septembre 2019 à 14h47 UTC. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Un radar qui voit des nuages

Le satellite TerraSAR-X a également acquise une image de l’œil de l’ouragan Irma :

 

Irma - Hurricane - Ouragan - Terrasar-X - SAR - radar - eye -oeil - satellite - Airbus DS - DLR

L’ouragan Irma vu par le satellite radar TerraSAR-X le 10 septembre 2017.
Crédit image : Airbus Defence and Space / DLR

 

Pour fixer les idées et données une référence, voici une image du satellite météorologique américain GOES-16 qui montre les deux ouragans Irma et Jose. Elle a été prise le 9 septembre 2017 à 14h45 UTC, pratiquement au moment au Sentinel-2A survole l’œil de Jose. Evidemment, n’essayez pas de trouver le satellite Sentinel-2 sur cette image…

 

Irma - Jose - Hurricane - GOES-16 - meteo - satellite - ouragan - september 2017

Les ouragans Irma (à l’ouest) et Jose (à l’est) vu par le satellite météorologique GOES-16
le 9 septembre 2017 à 14h45 UTC. Crédit image : NOAA

 

Repost 0
8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 14:35

 

Ouragan - Irma - Jose - Katia - 8 septembre 2017 - GOES - satellite - Hurricane

Les ouragans Irma, Jose et Katia vus par le satellite météorologique GOES le 8 septembre 2017
à 16h00 UTC. Image composite combinant des données de GOES sur
un fond d’image en couleurs. Crédit image : NOAA - Source CIRA

 

...IRMA MOVING THROUGH THE SOUTHEASTERN BAHAMAS AS AN EXTREMELY DANGEROUS CATEGORY 4 HURRICANE... MAXIMUM SUSTAINED WINDS...155 MPH...250 KM/H

...JOSE REMAINS A POWERFUL HURRICANE OVER THE CENTRAL ATLANTIC. MAXIMUM SUSTAINED WINDS...150 MPH...240 KM/H

...KATIA NOW WITH 105-MPH WINDS...165 KM/H. PREPARATIONS TO PROTECT LIFE AND PROPERTY SHOULD BE RUSHED TO COMPLETION...

 

L'oeil tenu à l'oeil

C’est surtout l’ouragan Irma qui fait la une de l’actualité. A juste titre, parce qu’après avoir touché les Antilles françaises, il poursuit sa route vers Haïti et la Floride.

Même rétrogradé en catégorie 4, l’ouragan Irma reste extrêmement dangereux. En Floride, où la tempête est attendue dans la nuit de samedi à dimanche, les habitants se préparent à affronter Irma et des évacuations massives ont commencé.

 

Double lame

Les services météorologiques et le NHC (National Hurricane Centre) suivent également de près deux cousins d’Irma : Jose, en catégorie 3, suit malheureusement une trajectoire proche de celle d’Irma et devrait compliquer les opérations de secours à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. 

Katia, en catégorie 1, actuellement dans le Golfe du Mexique, actuellement  à  220 km de Veracruz, sur dirige vers le sud-ouest et la côte mexicaine.

"A little stronger" : les derniers messages d’alerte du NHC concernant Jose et Katia mentionnent un léger renforcement avec des vents plus forts. 

 

Like three (other) hurricanes

You are like a hurricane
There's calm in your eye.

Neil Young

 

La première image de cet article vous fait penser à quelque chose ? Vous avez raison !

Voici une autre image satellite qui lui ressemble beaucoup. Elle n’a pas été acquise quelque jours avant mais 7 ans plus tôt, en septembre 2010. Je l’avais utilisée à l’époque pour illustrer un article sur les ouragans Igor, Julia et Karl.

 

Ouragans - Igor - Julia - Karl - Septebre 2016 - GOES - satellite - Hurricanes - Irma - Jose - Katia

I… J… K… Igor, Julia et Karl, trois ouragans vus par les satellites météorologiques
en septembre 2010. Crédit image : NOAA

 

Une histoire qui se répète ?

On a parfois l’impression que l’histoire se répète :

  • I, J, K : les premières lettres des prénoms sont les mêmes.
  • A quelques jours près, les dates sont voisines : l’image d’Igor, Julia et Karl date du 16 septembre 2010.
  • Irma et Igor, Julia et Jose, Katia et Karl : 3 couples dans le vent et une parité parfaite.

Ne soyez pas superstitieux : il n’y a pas de magie.

C’est simplement le constat qu’il existe bien une saison des cyclones dans l’Atlantique tropical et le golfe du Mexique…

Le choix des noms de baptême des tempêtes tropicales se transformant en cyclone ou en ouragan est aussi une convention de l’Organisation Météorologique Mondiale. Les tempêtes tropicales 11L, 12L et 13L sont donc devenues Irma, Jose et Katia.

L'utilisation des prénoms féminins date de la seconde guerre mondiale : les météorologistes de l’armée américaine baptisaient les tempêtes tropicales du nom de leurs femmes ou de leurs petites amies.

 

Uniquement des filles ?
Les mouvements féministes ont protesté et obtenu gain de cause : à la fin des années soixante-dix, l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) et le Service Météorologique Américain (National Weather Service ou NWS) ont décidé d’alterner les prénoms masculins et féminins.

 

Prénoms féminins et masculins mais peu d’histoires de QU
On utilise actuellement six listes de prénoms alternativement masculins et féminins qui tournent sur un cycle de six ans.
En 2017, on utilise la même liste qu’en 2011.
Les lettres de A (comme Anika, Anthony ou Alfred) à W (comme Walter, Wilma ou Willy) sont utilisées. Comme peu de prénoms commencent par Q ou U, ces deux lettres sont rarement utilisées. Si nécessaire, comme en 2005, une année record pour les cyclones, on utilise aussi l’alphabet grec.

 

Liste des prénoms - cyclones  et ouragans - zone Atlantique - Atlantic ocean - 2013 - 2018 - Météo France

Liste des prénoms utilisés pour les cyclones sur la zone Atlantique pour
les années 2013 à 2018. Crédit image : Météo France

 

En savoir plus :

 

 

 

Repost 0
6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 13:20

 

IRMA - Antilles - Saint-Barthélémy - Hurricane - Ouragan - satellite - catégorie 5 - Saffir-Simpson - Météo France - Guadeloupe

L’ouragan Irma à l’approche des Antilles françaises. Image acquise par l’instrument VIIRS
du satellite Suomi NPP. Crédit image : NASA

 

Et parmi ces filles-là, y'a mon Irma, Ma môme...
Elle est loin mais je crois qu'elle pense toujours à moi
Et qu'elle trouve le temps long au bout du Pont, Ma môme.

Irma La douce (Colette Renard)

 

Irma la douce ?

Après Harvey, voilà Irma, pas vraiment la douce… Au moins, pour les tempêtes tropicales, les cyclones et les ouragans, il n’y a pas de problème de parité : les prénoms féminins et masculins se succèdent une fois sur deux.

Et, côté muscles, l’ouragan Irma n’a rien à envier à Harvey : le cyclone, passé en catégorie 5 (le niveau maximum de l’échelle de Saffir-Simpson, s’est renforcée dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 août avec des rafales atteignant les 360 km/h, selon un bulletin publié par Météo France.

 

Changement de climat

La température de l'océan, particulièrement élevée, explique en partie ce renforcement inhabituel. La carte suivante, produite par Mercator-Océan pour Copernicus, illustre cette situation.

Les plus sceptiques expliqueront certainement que cela n'a rien à voir avec le réchauffement climatique. Mais on peut quand même légitimement se dire que cette longue série d'année chaudes n'est pas le fruit du hasard. Voici probablement un exemple typique des conséquences du changement climatique : l'intensification des phénomènes climatiques extrêmes. On verra ici plus souvent des tempêtes tropicales en catégorie 3, 4 voire 6 que des catégories 1 ou 2. Les spécialistes du climat ont peu de doutes sur ce scénario.

Cela fait quand même beaucoup de tempêtes du siècle sur une période de moins de quinze ans !

 

Ouragan Irma - Antilles - Température de surface - Mercator Océan - Catégorie 5

Prévision de température de surface de l'océan pour le 6 septembre 2017.
Carte produite par Mercator-Océan pour le service marine du programme européen Copernicus.

 

Irma a traversé la partie nord des petites Antilles à une vitesse d’environ 25 km/h (la vitesse de déplacement de l’œil, pas celle des vents).

Irma est plus forte que Luis (1995) ou Hugo (1989). Il n’y a pas eu de cyclone d’intensité comparable depuis 1988 avec Gilbert. Les anémomètres, comme beaucoup d'autres choses, sont bons pour la casse…

 

IRMA - ourangan - Antilles - NHC - prévision
IRMA - Ouragan - Antilles - NHC - Prévision

Ouragan IRMA. Prévision de trajectoire et d'arrivée des vents violents.
Crédit image: National Hurricane Center (NHC)

 

Alerte violette

Vous connaissiez l’alerte rouge, voici l’alerte violette…

Elle concerne les îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, que l’œil du cyclone devrait traverser mercredi dans la matinée (en heure locale). La Guadeloupe est en vigilance rouge.

L’alerte violette est le plus haut niveau de vigilance, avec obligation (et non recommandation) de rester confiné chez soi.

Irma a d'abord frappé l’île de Barbuda puis Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Les premiers témoignages ont fait état de dégâts très  importants : inondations, tôles arrachées, vitres éclatées, bateaux et habitations détruits… Il faudra attendre un peu pour un bilan précis : les communications sont difficiles, même si de nombreuses images et témoignages commencent à nous parvenir par les réseaux sociaux.

A Saint-Barth, l’électricité a été coupée. Les sapeurs-pompiers ont dû se réfugier à l’étage de leur caserne, inondée sous un mètre d’eau. Les engins de secours sont hors service. Le toit de la préfecture de Saint-Martin (dans la partie française) s’est envolé. Plus d'électricité, plus de station d'épuration en état de marche : ça va être compliqué...

L'île française de Saint-Martin est "détruite à 95%", a indiqué le président du conseil territorial. "C'est une catastrophe énorme. 95% de l'île est détruite. Je suis sous le choc. C'est affolant".

Selon le préfet de Guadeloupe Eric Maire, au moins quatre personnes sont décédées sur l'île française de Saint-Martin. "Le bilan n'est pas définitif. Nous risquons malheureusement de faire d'autres découvertes".

Irma devrait ensuite toucher les îles Vierges britanniques, Porto Rico, la République Dominicaine, Haïti puis les Bahamas et la Floride. Après Houston, la NASA reste aux premières loges au Kennedy Space Centre: SpaceX s'est dépêché de lancer la fusée Falcon 9 emportant la mission OTV et l'avion spatial X-37B...

 

Madame Irma : une bonne prévision météo

Dans le cas des tempêtes tropicales, des cyclones et des ouragans, ce sont d'abord les satellites météorologiques qui jouent un rôle déterminant pour prévoir la trajectoire et l'évolution des vents. Les données satellites sont souvent complétées par des mesures "in situ" effectuées par des avions spécialisés, par exemple pour mesurer finement la vitesse des vents.

Courageux les pilotes qui volent à proximité d'un ouragan !

 

Ouragan - IRMA - Antilles - Meteosat - Alerte violette - satellite - Eumetsat
Ouragan - IRMA - Antilles - Meteosat - Alerte violette - satellite - Eumetsat
Ouragan - IRMA - Antilles - Meteosat - Alerte violette - satellite - Eumetsat

Extraits d'images acquises par le satellite européen Meteosat.
Crédit image: Eumetsat

 

Cartographie rapide : savoir anticiper... Avec les bonnes informations...

Après la prévision, l'analyse des dégâts. En parallèles des informations recueillies sur place ou communiquées par la population (les réseaux sociaux ont du bon quand les moyens de communication sont en état de marche), c'est au tour des satellites d'observation de la Terre d'entrer en action... Ici on cherche un peu la quadrature du cercle : la haute résolution et des images très rapidement disponibles.

La charte internationale espace et catastrophes majeures et le service de cartographie d’urgence de Copernicus (Emergency Mapping Service) ont été activés dès le 5 septembre par anticipation.

En pratique, il y a plusieurs activations en cours selon les zones d'intérêts et les autorités en charge de la gestion de crise (les fameux "utilisateurs autorisés").

Le service Copernicus EMS a été activé deux fois :

  • L'activation EMSR232 pour les Antilles françaises, déclenchée par le Centre Opérationnel de Gestion Interministériel de Crises (COGIC).
  • L'activation EMSR233 pour Haïti et la République Dominicaine (la zone d'intérêt est la côte nord de l'île Hispaniola), à la demande des services de la Commission européenne (DG ECHO en charge de l'aide humanitaire).

La charte internationale espace et catastrophes majeures a été activée trois fois :

  • L'activation 627 à la demande de l'Unitar/UNOSAT pour le compte des Nations Unies sur la zone des Caraïbes (Poro Rico et îles vierges britanniques).
  • L'activation 628 à la demande de la Comisión Nacional de Emergencias (République Dominicaine).
  • L'activation 629 pour la zone des Bahamas, demandées par l'USGS (US Geological Survey) pour le compte de l'agence fédérale de gestion des urgences (FEMA).

L'avantage de ces activations anticipées est de pouvoir disposer très rapidement de cartes de référence et d'une cartographie des dégâts : dans le cas d'IRMA, des images radar (Cosmo-Skymed et Sentinel-1A)ont été acquises dès le 6 septembre, le jour même du passage de l'ouragan.

Les premières cartes produites (delineation maps) montrent les limites de l'approche : si l'imagerie radar est bien adaptée à la détection des zones inondées, il ne permet pas de déterminer les dommages subis par le bâti. Les premières cartes produites ne les recensent pas.

Il faudra attendre les premières images optiques à haute résolution, sans nuages, pour en savoir plus.

Cela ne va pas être simple : en temps normal, il n'est pas évident d'avoir une image sans couverture nuageuse (jetez par exemple un coup d'oeil aux cartes de références produites par Copernicus).

Après le passage d'Irma et avant l'arrivée de Jose (qui ne va pas simplifier les opérations de secours), la couverture nuageuse reste dense. Les tentatives d'acquisitions d'images du 6 et du 7 septembre le confirment : les images consultables dans le catalogue Geostore sont en partie couvertes par des nuages. Des extraits peuvent quand même servir aux équipes de cartographie rapide.

 

Dégâts de l'ouragan Irma vus par satellite - Pleiades - SPOT - Catalogue Geostore - 6 et 7 septembre - Couverture nuageuse
Dégâts Irma - satellite pleiades - Charte internationale espace et catastrophes majeures - Copernicus Emergency mapping EMS - Geostore - Catastrophe

La couverture nuageuse complique les tentatives d'acquisition d'images à haute résolution par les
satellites Pleiades et SPOT pour les journées du 6 et du 7 septembre.
Extrait du catalogue Geostore d'Airbus Defence and Space

 

En savoir plus :

 

Repost 1
1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 14:25

 

Harvey - Texas - Floods - Houston - inondations - Sentinel - Sentinel-2B - Copernicus - ESA - Commision européenne - EU - EC - rapid mapping - Emergency mapping service

Les inondations au Texas vues par le satellite européen Sentinel-2B.
Extrait d’une image acquise le 30 août 2017 à 16h59 UTC.
Crédit Image : ESA / Copernicus / EU

 

Développé sous maîtrise d’œuvre de l’Agence Spatiale Européenne pour le compte de l’Union Européenne, Sentinel-2B est le jumeau du satellite Sentinel-1A.

Mis en orbite le 7 mars 2017, il n’est pas encore entré officiellement en exploitation opérationnelle mais c’est tout comme : ses images sont acquises quotidiennement et mises à disposition sur le portail du service européen Copernicus (open access hub)

Comme d’autres satellites d’observation embarquant des instruments radar ou optique, il survolait la région de Houston dans la journée du 30 août.

A 16h59 UTC, il a pu profiter d’une amélioration de la météo avec moins de nuages et acquérir une image très intéressante : elle couvre à la fois une surface assez grande et offre un niveau de détail très satisfaisant, qui me semble suffisant pour cartographier l’étendue des surfaces inondées.

Voici trois vignettes en pleine résolution particulièrement représentatives que j’ai extraites de l’image complète.

 

Harvey - Texas - Floods - Houston - inondations - Sentinel - Sentinel-2B - Copernicus - ESA - Commision européenne - EU - EC - rapid mapping - Emergency mapping service
Harvey - Texas - Floods - Houston - inondations - Sentinel - Sentinel-2B - Copernicus - ESA - Commision européenne - EU - EC - rapid mapping - Emergency mapping service
Harvey - Texas - Floods - Houston - inondations - Sentinel - Sentinel-2B - Copernicus - ESA - Commision européenne - EU - EC - rapid mapping - Emergency mapping service

Les inondations au Texas vues par le satellite européen Sentinel-2B.
Trois extraits d’une image acquise le 30 août 2017 à 16h59 UTC.
Crédit Image : ESA / Copernicus / EU

 

L’image est représentée en couleurs naturelles. J’ai appliqué un très léger rehaussement de contraste, un peu exagéré sur la première illustration de cet article, mais l’image Sentinel-2B est globalement assez sombre : c’est « clair », ce n’est pas un jour de grand soleil…

J’ai choisi de publier des images au format 4K (3840x2160). Si vous possédez un téléviseur UHD ou un bon écran HD, c’est le meilleur moyen de les analyser.

 

Bilan provisoire

A l’heure où j’écris cet article, la tempête Harvey, en route vers la Louisiane, continue à s’affaiblir : Le NHC (National Hurricane Center) a levé toutes ses alertes mais la tempête est toujours accompagnée de pluies assez fortes.

Le bilan provisoire s’alourdit : au moins 38 personnes décédées au Texas, au moins 100000 foyers touchés et toujours un risque de pollution chimique après un incendie accidentel dans l’usine d’Arkema au Texas, avec un panache de fumée irritante.

 

En savoir plus :

Repost 0
31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 23:00

 

Harvey - Inondations - Floods - Texas - Digital Globe - satellite - Digital Globe - Brookshire - Houston - Before-After - Avant-Après
Harvey - Inondations - Floods - Texas - Digital Globe - satellite - Digital Globe - Brookshire - Houston - Before-After - Avant-Après

Les inondations au Texas après le passage de l’ouragan Harvey.
En haut, la zone de Brookshire vue par le satellite WorldView-2 le 30 août 2017.

En bas, le même endroit vu le 20 novembre 2016 par le satellite GeoEye-1.
La pelouse du River Ridge Golf Club ne va pas manquer d'eau...
Cliquer sur les images pour les voir en grand format et basculer de l'une à l'autre
Crédit image : DigitalGlobe

 

Avant-Après :

Après le passage de l’ouragan Harvey et les premières images fournies par les satellites radar, les images de satellites optiques à haute résolution commencent à arriver.

La société américaine Digital Globe vient de publier une série d’images « avant/après » couvrant les principales zones inondées.

L’amélioration de la situation météo (avec moins de nuages) a rendu possible cette acquisition d’image.

En pratique, c’est le satellite WorldView-2 qui a pu acquérir au moins quelques images « après » le 30 août 2017. Les images complètes doivent être encore être partiellement nuageuses : il n’y a aucun exemple sur Houston. Digital Globe a pu extraire une série de vignettes exploitables sur des villes périphériques.

Un petit coup d'oeil sur des images à moyenne résolution acquises par l'instrument MODIS des satellites Aqua et Terra le confirme : le 30 août, la couverture nuageuse reste très importante au-dessus de Houston. La situation s'améliore jeudi 31 et j'espère qu'on verra d'autres images plus complètes dans les jours qui viennent.Les satellites Pleiades doivent être à l'affût.

Malgré leur résolution moyenne, les images MODIS permettent de localiser les principales zones inondées par la couleur des eaux boueuses. Evidemment, elles ne permettent pas de faire des cartes avec la même précision que les images à très haute résolution.

 

Inondations Texas - Houston - MODIS - eaux boueuses - 31 août 2017 - Terra - satellite
Inondations Texas - Houston - MODIS - eaux boueuses - 31 août 2017 - Terra - satellite

Deux images de la région de Houston acquises par l'instrument MODIS du satellite Terra
le mercredi 30 et le jeudi 31. Le 30 août, la couverture nuageuse reste importante.
Notez également les eaux boueuses qui se déversent dans la baie de Galveston.
Crédit image : NASA / MODIS Rapid Response

 

Les images d’archive « avant » proviennent des satellites GeoEye-1 (GE-1), WorldView-2 (WV-2) et WolrdView-3 (WV-3). Elles ont été acquises entre le 9 octobre 2016 et le 3 avril 2017.

 

L’eau vue d’en haut…

Comme souvent, les images à très haute résolution prises pendant les inondations sont très impressionnantes et c’est encore plus impressionnant quand on peut comparer visuellement avec une image de la situation normale.

Les images d’origine fournies par Digital Globe sont assez volumineuses. Pour illustrer cet article, j’ai un peu réduit la résolution et créé des versions jpeg davantage compressées. La dégradation de la qualité image n’est pas trop sensible et cela suffit pour avoir une vue d’ensemble de la situation. Essayez l'affichage sur un téléviseur UHD (4K), c'est assez spectaculaire !

 

Voici d’autres exemples...

On poursuit la visite à proximité de Simonton, à 60 km à l’est de Downtown Houston. L’image d’archive acquise par GeoEye-1 date de novembre 2016.

 

Harvey - Inondations - Floods - Texas - Digital Globe - satellite - Digital Globe - Simonton - Houston - Before-After - Avant-Après
Harvey - Inondations - Floods - Texas - Digital Globe - satellite - Digital Globe - Simonton - Houston - Before-After - Avant-Après

Les inondations au Texas après le passage de l’ouragan Harvey.
En haut, la zone de Simonton vue par le satellite WorldView-2 le 30 août 2017.

En bas, le même endroit vu le 20 novembre 2016 par le satellite GeoEye-1.
Crédit image : DigitalGlobe

 

Plus près de Houston, à environ 50 km au sud-ouest, voici Rosenberg, dans le comté de Fort Bend. L'image du 30 août reste partiellement nuageuse.

 

Harvey - Inondations - Floods - Texas - Digital Globe - satellite - Digital Globe - Rosenberg - Houston - Before-After - Avant-Après
Harvey - Inondations - Floods - Texas - Digital Globe - satellite - Digital Globe - Rosenberg - Houston - Before-After - Avant-Après

Les inondations au Texas après le passage de l’ouragan Harvey.
En haut, la zone de Rosenberg vue par le satellite WorldView-2 le 30 août 2017.

En bas, le même endroit vu le 3 avril 2017 par le même satellite.
Crédit image : DigitalGlobe

 

Au sud, tout près d'Angleton, dans le comté de Brazoria, voici la situation catastrophique à Holiday lakes, avec la zone résidentielle envahie par des eaux boueuses.

 

Harvey - Inondations - Floods - Texas - Digital Globe - satellite - Digital Globe - Holiday Lakes - Houston - Before-After - Avant-Après
Harvey - Inondations - Floods - Texas - Digital Globe - satellite - Digital Globe - Holiday Lakes - Houston - Before-After - Avant-Après

Les inondations au Texas après le passage de l’ouragan Harvey.
En haut, la zone de Holiday Lakes vue par le satellite WorldView-2 le 30 août 2017.

En bas, le même endroit vu le 3 avril 2017 par le même satellite.
Crédit image : DigitalGlobe

 

Les deux dernières images nous emmènent à Wharton, une petite ville située à environ 100 km à vol d’oiseau au sud-ouest de Houston.

 

Harvey - Inondations - Floods - Texas - Digital Globe - satellite - Digital Globe - Wharton - Houston - Before-After - Avant-Après
Harvey - Inondations - Floods - Texas - Digital Globe - satellite - Digital Globe - Wharton - Houston - Before-After - Avant-Après

Les inondations au Texas après le passage de l’ouragan Harvey.
En haut, la zone de Wharton vue par le satellite WorldView-2 le 30 août 2017.

En bas, le même endroit vu le 9 octobre 2016 par le même satellite.
Crédit image : DigitalGlobe

 


 

En savoir plus :

Repost 0
30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 10:17


"Houston, we've had a problem"

En avril 1970, moins d'un après les premiers pas de l'homme sur la Lune, c'est avec ces quelques, prononcés par une voix très calme, que l'équipage d'Apollo 13 annonçait l'explosion du réservoir d'oxygène au centre de contrôle à Houston...
47 ans plus tard, c'est à Houston que la situation est hors de contrôle : après le passage de l'ouragan Harvey, les pluies diluviennes ont entraîné des inondations catastrophiques.

 

Houston - floods - inondations - Harvey - sentinel-1 - satellite - radar - ESA - Copernicus - Airbus
Houston - floods - inondations - Harvey - sentinel-1 - satellite - radar - ESA - Copernicus - Airbus

Les inondations à Houston vu par le satellite Sentinel-1A du programme Copernicus.
Image radar SAR acquise le 29 août 2017
. En haut, zoom sur Houston.
En bas, vue d'ensemble en résolution réduite. Crédit image : ESA / European Commission

 

A Houston ou Dallas, Harvey, un prénom qui porte la poisse…

Trois tempêtes du siècle en douze ans, ça fait beaucoup ! Après Katrina en 2005 en Sandy en 2011, les conséquences de l’ouragan Harvey vont rester en mémoire.

Dès le début de la crise, le NHC (National Hurricane Center) mentionnait les risques majeurs d’inondations dans ses messages d’alerte : au cours de son lent passage au-dessus du Texas, pratiquement du surplace, Harvey a déversé des quantités d’eau incroyables.

Les toutes premières images postées sur les réseaux sociaux ou les sites de photo-journalisme (je recommande par exemple la série publié sur le site Big Picture du Boston Globe) montrent une situation cauchemardesque.

Méfiez-vous quand même : twitter ou facebook sont également inondés de « fakes », des photomontages montrant par exemple des requins dans les rue de Houston ou les avions sous l’eau…

 

Premier bilan

L'ouragan Harvey aurait déjà causé directement ou indirectement la mort de 33 personnes au Texas et premières estimations chiffrent les dégâts à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Ce bilan est encore très provisoire et la crise n’est pas terminée : jeudi 31 août, à Crosby, au nord-est de Houston, des explosions et de la fumée noire étaient  signalées dans une usine du groupe chimique français Arkema. L’usine et les habitations voisines avaient été évacuées mardi 29 : les inondations ont endommagé les sources d’énergie de l’usine et la réfrigération de certains produits dangereux n’est plus assurée...

 

Ronde de nuit pour les sentinelles de la Terre

Le satellite radar Sentinel-1A, un des éléments essentiels du programme européen Copernicus, en a été le témoin direct le mardi 29 août alors qu'il survolait le sud du Texas, depuis son orbite à 693 km d’altitude.

Je n'ai pas eu le temps de faire de traitement sophistiqué de l'image accessible sur le "open data hub" de Copernicus. J'ai simplement fait un peu d'amélioration du contraste avec SNAP, le logiciel de l'ESA, et GIMP, un logiciel de retouche photo. Les deux sont gratuits...

Les images des satellites radar sont très utiles pour la cartographie des zones inondées, pour au moins trois raisons :

  • D'abord le signal radar traverse les nuages. Et il est vrai qu'il y a souvent des nuages, quand il pleut...
  • Ensuite, les surfaces d'eau sont bien visibles sur les images radar. Contrairement aux capteurs optiques, le signal radar est réfléchi selon les propriétés de la surface des matériaux. La surface d'un lac calme va agir comme un miroir : une réflexion totale, avec peu d'énergie renvoyée dans la direction du capteur. L'eau apparaît noire...
  • L'instrument radar peut fonctionner également la nuit, ce qui peut augmenter les possibilités d'acquérir une image rapidement si le satellite passe au-dessus de la zone d'intérêt à ce moment-là.

L’instrument de Sentinel-1A est un radar en bande C, avec une fréquence centrale à 5,405 GHz. Sans rentrer dans les détails techniques, l’image présentée ici a été acquise en mode IW (Interferometric Wide-swath  mode), le mode d’acquisition par défaut pour les terres émergées, couvrant une bande de terrain de 250 km, avec une résolution de 5 x 20 mètres. C’est un bon compromis entre la surface couverte et la finesse des détails.

Le qualificatif « interferometric » indique que le signal radar est « daté » pour permettre des comparaisons fines d’image à image, par exemple après un tremblement de Terre pour mesurer les déplacements du terrain.

 

Cartographie d'urgence

Une image comme celle illustrant cet article, comparée à une autre image, radar ou optique, acquise avant les inondations, permet aux spécialistes de cartographie rapide (il faut un peu d’entraînement) de délimiter les contours des zones inondées et d’évaluer l’ampleur des dégats. Selon les cas, l’interprétation des images est manuelle ou semi-automatique (l’opérateur est aidé par des algorithmes d’analyse d’images). A ma connaissance, les méthodes entièrement automatiques n’ont pas encore la qualité requise mais de nombreuses sociétés et start-ups s’y intéressent, en s’appuyant notamment sur le « machine-learning » ou le « deep-learning ».

 

Coopération internationale pour assister les équipes de secours

La charte internationale espace et catastrophes majeures, qui a été activée par l’USGS à la demande du gouverneur du Texas, publie sur son site un exemple de carte produite par le DLR à partir d’une autre image acquise par le satellite TerraSAR-X. X signifie que son instrument radar fonctionne en bande X (fréquence centrale de 9,6 Ghz) et permet des acquisitions à plus haute résolution (moins d'un mètre selon les modes utilisés).

Airbus Defence and Space a ainsi programmé le satellite TerraSAR-X pour fournir des images des zones inondées. L’exemple présenté ici est extrait d’une image WideScanSar acquise le 28 août 2017 à 7h25 (en heure locale) couvrant environ 67000 km2 du littoral en Corpus Christi et Houston.

 

TSX au TeXaS

L’image TerraSAR-X WideScanSar (d’une superficie de près de 67 000 km²) couvre la zone côtière qui va de Houston à Corpus Christi. La deuxième carte d'inondation extraite sur la base de l’image TerraSAR-X acquise le 28 août à 07h25 heure locale, montre l’étendue des dégâts causés par l'ouragan.

 

Extraction des zones inondées à partir d'une image acquise par le satellite TerraSAR-X et
comparaison avec une carte de référence des "zones en eau normales". Données de référence : Global Surface Water. Crédit image: DLR / Airbus DS

 

Le curseur permet de comparer la situation avant et après l’inondation.

Avant l’inondation, les surfaces colorées en bleu correspondent aux zones naturellement en eau (lacs, rivières, étangs, etc.) extraites de la base de données Global Surface Water produite par le Centre Commun de Recherche de la Commission européenne. Après l’inondation, les nouvelles zones bleues sont les zones inondées détectées sur l’image radar.

 

Harvey - Houston - Floods - Inondations - International Charter Space and Major Disasters - USGS - TerraSAR-X - DLR/ZKI - Rapid mapping - Emergency response

Situation des inondations au Texas après le passage de l’ouragan Harvey. Exemple de carte
produite par le DLR après l’activation de la charte internationale espace et catastrophes majeures.
L’image radar utilisée a été acquise le 30 août 2017 par le satellite allemand TerraSAR-X.
Crédit image : DLR / ZKI

 

 

CopernicUS

Le service de cartographie d’urgence (EMS pour Emergency Mapping Service) de Copernicus a également été activé après le passage d’Harvey. C’était la 229ème activation depuis sa mise en service en février 2015.

Même si ce n’est pas exceptionnel, il est quand même assez rare que Copernicus intervienne pour un évènement aux Etats-Unis : quatre fois seulement depuis la création du service de cartographie d'urgence.

Dans le cas de l’ouragan Harvey, la zone d’intérêt couvre Houston, mais aussi San-Antonio, Austin et Victoria.

L’illustration suivante montre une carte produite le 28 août 2017.

 

Copernicus - EMS - Harvey - Houston
Harvey - Houston - Copernicus - EMS - floods - inondations - rapid mapping - radar

Exemple de carte produite le lundi 28 août 2017 par les équipes de cartographie d’urgence de
Copernicus (Copernicus EMS).En bas, zoom sur la ville de Houston.
Crédit image : EU / Copernicus

 

Un autre acteur du X

C’est également un satellite radar qui a permis de délimiter les zones inondées (en bleu sur la carte) : il s’agit d’un des satellites italiens Cosmo-Skymed. Comme TerraSAR-X, son instrument fonctionne en bande X (fréquence de 9,6 GHz) et il permet de voir des détails plus fins. L’image a été acquise le jour même, le 28 août 2017 à 11h35 UTC.

La légende indique aussi que l’image de référence (montrant la situation avant les inondations) est une image optique qui provient de la base de données World Imagery d’ESRI : elle a été acquise le 21/09/2016 par un satellite appartenant à la société Digital Globe.

 

Radar dare… Les jumeaux et les jumelles

Les critères de choix des satellites sont nombreux mais deux éléments sont déterminants :

  • Les caractéristiques de l’instrument selon la catastrophe à gérer : dans le cas des inondations en zone urbaine, il faut de la haute résolution et du radar pour percer les nuages. Pour la cartographie des zones brûlées, l’idéal une image optique sans nuage avec une bande dans le proche infrarouge.
  • L’orbite du satellite par rapport à la zone de la catastrophe : pour disposer rapidement d’une image de la région touchée, il faut choisir un satellite pouvant la survoler dans le délai le plus court possible. D’où l’importance de la fameuse période de revisite que j’évoque régulièrement sur ce blog

Pour Copernicus, l’Europe a fait le choix d’avoir simultanément en orbite deux satellites radar Sentinel-1 (les jumeaux 1A et 1B) et deux satellites optiques Sentinel-2 (2A et 2B) pour couvrir un large spectre d’utilisations et réduire cette période de revisite.

 

Le rôle des satellites dans le cas de catastrophes est un de mes thèmes favoris. Je vous renvoie aux autres articles du blog Un autre regard sur la Terre pour en savoir plus…

 

En savoir plus :

 

Repost 0
25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 22:17

 

Harvey - Ouragan - Catégorie 3 - Hurricane - Landing - Texas - Vents violents - inondations - NHC - NOAA - MODIS - Terra - Satellite

L’ouragan Harvey vu par l'instrument MODIS du satellite Terra dans la journée du 25 août,
au moment où les vents violents commencent à toucher le littoral du Texas. Il est alors classé
en catégorie 3 par le NHC. J'ai ajouté le trait de côte en surimpression pour faciliter la lecture.
Crédit image : NASA / MODIS Rapid Response

 

Dans plusieurs villes du Texas, l’évacuation a commencé vendredi avec son cortège de bouchons et de magasins dévalisés.

Les choses deviennent sérieuses : vendredi 25 dans la journée, le centre national des ouragans (National Hurricane Center ou NHC) a indiqué que l’ouragan Harvey avait gagné en intensité : il est passé de la catégorie 2 à la catégorie 3 (sur une échelle de 5).

A Corpus Christi (325000 habitants), l’évacuation n’est pas obligatoire mais le maire a quand même conseillé aux habitants de quitter la ville.

A 23h00 UTC, le bulletin du NHC annonce qu'Harvey devient un ouragan de catégorie 4 :

 

Hurricane Harvey Tropical Cyclone Update
NWS National Hurricane Center Miami FL       AL092017
600 PM CDT Fri Aug 25 2017

...6 PM CDT POSITION AND INTENSITY UPDATE...
...HARVEY BECOMES A CATEGORY FOUR HURRICANE...
...SUSTAINED HURRICANE-FORCE WINDS SPREADING ONTO THE MIDDLE TEXAS COAST...

Air Force Reserve Reconnaissance aircraft data indicate that Harvey
has become a category 4 hurricane with maximum sustained winds of
130 mph (215 km/h).
A station at Aransas Pass run by the Texas Coastal Observing
Network recently reported a sustained wind of 74 mph (119 km/h) with
a gust to 96 mph (154 km/h).

SUMMARY OF 600 PM CDT...2300 UTC...INFORMATION
----------------------------------------------
LOCATION...27.7N 96.7W
ABOUT 45 MI...70 KM E OF CORPUS CHRISTI TEXAS
ABOUT 50 MI...85 KM SSW OF PORT OCONNOR TEXAS
MAXIMUM SUSTAINED WINDS...130 MPH...215 KM/H
PRESENT MOVEMENT...NW OR 325 DEGREES AT 8 MPH...13 KM/H
MINIMUM CENTRAL PRESSURE...941 MB...27.79 INCHES

Extrait du bulletin d'alerte publié le 25 août 2017 à 23:00 UTC : le NHC annonce
que l'ouragan Harvey passe en catégorie 4 sur l'échelle de Saffir-Simpson

 

A la demande du gouverneur du Texas, Donald Trump a déclaré l'état de catastrophe naturelle.

 

Harvey - Hurricane - Ouragan - Catégorie 2 - Tropical storm - cyclone - Suomi NPP - NASA - NOAA - NHC - renforcement

Au centre du golfe du Mexique, l’ouragan Harvey vu par le satellite Suomi NPP
dans la journée du 24 août. Il est encore classé en catégorie 2.
Crédit image : NASA / MODIS Rapid Response

 

Ouragan majeur

En catégorie 4, avec des rafales de vent atteignant 215 km/h, Harvey est devenu dans la nuit de vendredi à samedi un des plus puissants ouragans à toucher le continent américain depuis douze ans et les ouragans Katrina et Wilma. A l’époque, en 2006, Katrina avait causé la mort de 1 800 personnes.

« L’atterrissage », le landing,  sur le continent américain a eu lieu au sud du Texas, à l’est de la ville de Corpus Christi, entre Port Aransas et Port O’Connor, vendredi 25 août 2017 vers 22 heures (soit samedi 26 à 5 heures du matin en France).

 

Harvey - Hurricane force wind speed probability - NHC - NOAA - prévision - forecast - évolution de la vitesse des vents et trajectoire - storm - warning

Ouragan Harvey : les prévisions de vitesse de vent "de force ouragan" entre le vendredi 25 août 2017
et le mercredi 30 août 2017. Informations publiées par le NHC. Crédit image : NOAA / NHC

 

L’équivalent d’une année de précipitation en quelques jours…

Une alerte ouragan a été émise pour les états du Texas et de Louisiane. A côté des fortes pluies, cinq cents  kilomètres de littoral sont menacés de submersion, avec une surcote du niveau de la mer entre 1,80 mètre et 3,70 mètres selon les endroits.

 

Harvey - Hurricane - ISS - International Space Station - Ouragan - Catégorie 3 - Texas - Louisiane - Golfe du mexique - NASA

L’ouragan Harvey vu depuis la Station Spatiale Internationale dans la journée du 24 août 2017.
Deux extraits d’une vidéo réalisée par les astronautes de l’ISS (vidéo complète ici).
Crédit image : NASA

 

En savoir plus :

 

 

Repost 0
21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 22:30

 

Total solar eclipse - August 2017 - éclipse totale de soleil - satellite - GOES 16 - USA - états-unis - espace - astronomie - 21 août 2017

L’ombre de la Lune projetée sur la Terre visible depuis l’espace. Image acquise par le satellite météorologique GOES 16 le 21 août 2017 à 18:27 UTC, pratiquement au moment du maximum de totalité.
Crédit image : NASA / NOAA
. Rehaussement de contraste : Gédéon

 

Une éclipse totale de quelques heures. La mienne a duré 4 mois...

21 août 2017 : la date d’un évènement exceptionnel aux états-Unis. La première éclipse totale de soleil depuis quatre-vingt-dix-neuf ans.

C’est aussi la date du retour du blog Un autre regard sur la Terre qui s’est éclipsé quelques mois… Je sors d’hibernation, après une période où j’ai dû mettre en sommeil mes activités de blogueur. Et ce n’était pas uniquement pour des vacances…

Ceux qui ont pu se rendre aux USA pour l’occasion ont peut-être eu la chance de choisir une région épargnée par les nuages et voir la « totalité » de l'éclipse pendant une ou deux minutes : elle était visible d’ouest en est sur une bande large d’environ 115 km traversant quatorze états.

Pour ma part, je suis resté en France mais j’ai quand même pu suivre l’éclipse en direct par l’intermédiaire des images transmises par le satellite météorologique GOES 16.

 

Ici l'ombre... L'appel du 21 août

Placé sur une orbite géostationnaire, il occupe une position apparemment fixe au-dessus des états-Unis. Ce poste d’observation privilégié et son champ large lui permettent de voir la totalité de la partie continentale des USA (CONUS pour Continental US dans le jargon de la NOAA). Il sert normalement à suivre l’évolution de la couverture nuageuse mais, dans le spectre visible, il peut également voir les variations de lumière du soleil, qu’il s’agisse de phénomènes de routine comme la transition jour/nuit (j’ai publié plusieurs articles utilisant ce type d’images à l’occasion des changements de saison) ou de situations plus exceptionnelles comme l’éclipse totale qui nous intéresse.

Lancé le 19 novembre 2016, le satellite GOES 16 n’est pas encore déclaré opérationnel par la NOAA pour la prévision météorologique. Il termine sa période de recette en vol mais les images qu’il produit sont déjà mises en ligne. L’avantage de GOES 16 est la fréquence d’acquisition des images : une nouvelle image toutes les cinq minutes.

Ce sont ces images qui m’ont permis de suivre l’éclipse en temps réel en restant dans mon fauteuil.

J’ai profité de l’occasion pour créer une petite séquence vidéo à partir d’une série d’images acquises par le satellite GOES 16 :

 

Vidéo de l’éclipse totale de soleil du lundi 21 août 2017 créée à partir d’une série d’images du satellite météorologique GOES 16. 3 heures de spectacle résumées en une minute et vingt secondes.
Crédit images : NOAA / NASA. Montage : Gédéon

 

Comment survoler 14 états et parcourir 4000 km en une minute ?

J’ai utilisé 40 images acquises entre 16:32 UTC et 19:42 UTC soit trois heures et dix minutes encadrant le passage de l’éclipse entre l’Oregon à l’ouest (à 10:17 PDT soit 17:17 UTC) et la Caroline du Sud, à l'est comme son nom l'indique (à 14:45 EDT soit 18:45 UTC).

Chaque image, acquise toutes les cinq minutes, apparaît 2 secondes à l’écran et le petit clip vidéo a ainsi une durée totale d’environ une minute et 20 secondes. J'ai essayé un intervalle d'une seconde mais j'ai trouvé que c'était vraiment trop rapide. Il vous faudra patienter toute une minute...

 

Elle défile vite !

En réalité, l'ombre de la Lune projetée au sol se déplace à environ 900 km/h. Pas facile de changer de position pour se glisser entre deux zones nuageuses.

J’ai donc pu voir l’éclipse de bout en bout, sans problème de nuages : ils sont en dessous de l’ombre qui traverse les Etats-Unis d’est en ouest. C’est magique !

 

Noeud descendant de l'orbite

A plus basse altitude, les satellites défilants, qui tournent en permanence autour de la Terre en observant uniquement une bande de terrain plus ou moins large (la fameuse largeur de fauchée ou swath en anglais), ne survolent pas forcément l'ombre créée par l'éclipse au bon moment.

Mais on peut avoir de la chance ! C'était le cas aujourd'hui pour le satellite Terra qui traverse l'équateur du nord vers le sud (le noeud descendant de l'orbite ou descending node) à 10:30 en heure locale. Son instrument MODIS a été témoin du passage de l'éclipse entre le Wyoming et le Nebraska. Voici l'image correspondante :

 

Total solar eclipse - 21 August 2017 - United States - Wyoming - Nebraska - satellite - Terra - MODIS - From space

L’éclipse totale de soleil du lundi 21 août 2017 vue par l'instrument MODIS du satellite Terra.
Crédit image : NASA / Lance / Rapid Response / Worldview

 

Six veinards ont également eu la chance de voir l'éclipse en direct sans être gênés par les nuages. Ce sont les six membres de l'équipage de l'expédition 52 de la station spatiale internationale : Randy Bresnik, Jack Fischer, Peggy Whitson (NASA), Paolo Nespoli (ESA) Fyodor Yurchikhin et Sergey Ryazanskiy (ROSCOSMOS). La NASA a publié quelques photos prises à bord de l'ISS.

Au total, depuis son orbite inclinée à 51°, l’ISS a survolé trois fois le continent nord américain au moment du passage de l’ombre de la Lune.

 

NASA - Total solar eclipse - seen from ISS - International Space Station - Expedition 52 - iss052e056222 - éclipse solaire vue depuis la station spatiale internationale
International Space Station - Transit - Eclipse solaire - Total solar eclipse - 21-08-2017 - NASA - Joel Kowsky

L'éclipse totale de soleil du 21 août 2017 photographiée depuis la station spatiale internationale par
un des membres de l'équipage de l'expédition 52. En bas, photo du transit de l'ISS devant le soleil
pendant l'éclipse. Elle a été prise depuis le sol par Joel Kowsky. Les autres pixels sombres ne
sont pas des vaisseaux extra-terrestres : ce sont des tâches solaires. Crédit image : NASA

 

 

Les spectacles de la nature et le goût des sciences...

Sur le web et les réseaux sociaux, vous trouverez bien sûr beaucoup de très belles photos prises au sol par des astronomes amateurs. Ils sont parfois très éclairés même pendant la totalité ! Les images que je préfère sont celles où le photographe a pris soin de mettre en scène le spectacle de l'éclipse avec un premier plan.

Beaucoup de sites pédagogiques et de blog proposent également des explications très claires sur le phénomène des éclipses.

Si vous êtes enseignant, n'oubliez-pas : comme en 2015, n'hésitez pas à ouvrir les rideaux et à sortir de la classe avec vos élèves pour les faire profiter de ce spectacle de la nature. Avec des précautions simples (comme les fameux lunettes spéciales éclipse ou les filtres adaptés), il n'y a aucun danger et c'est un excellent moyen d'éveiller leur curiosité et de leur donner goût aux sciences : quelques unes de journaux publiés aux Etats-Unis avant le 21 août prouvent qu'il y a encore du travail à faire dans ce domaine.

 

Total solar eclipse - éclipse totale de soleil - 21 août 2017 - Heure H - Jour J - C'est l"heure

C'est l'heure de s'éclipser. Je reviens bientôt... Crédit image : Gédéon

 

En savoir plus :

 

 

    

Repost 0
24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 20:49

 

Meteosat-7 - Eumetsat - Dernière image - Last image - IODC - 31 mars 2017

La dernière image du satellite européen Meteosat-7, acquise le 31 mars 2017.
Image dans le canal visible.
Crédit image : Eumetsat

La télécommande a été envoyée à 9h00 UTC : c’est le 4 avril qu’Eumetsat a démarré les opérations de retrait du satellite Meteosat, le dernier exemplaire de la première génération de satellite météorologique géostationnaire européen.

La dernière image, qui illustre cet article a été acquise le 31 mars 2017, à 12h00 UTC, déjà la fin de journée en Inde. Meteosat-7 a donc vu l’équinoxe de printemps 2017 (le 20 mars à 10h28 UTC) mais ne sera pas témoin du prochain solstice d’été (le 21 juin à 4h23 UTC).

 

Meteosat-7 : retour sur une belle carrière

La première génération de satellites Meteosat a été lancée par l’ESA en 1977.

Meteosat-7 a été lancé par une fusée Ariane 44LP le 2 septembre 1997, vingt ans après le premier satellite Meteosat. Il partageait la coiffe avec le satellite de télécommunication Hotbird 3.

Il a été développé dans le cadre du programme Meteosat de transition (MTP) destiné à éviter toute interruption entre le Programme opérationnel Meteosat (avec les satellites Meteosat 4 à 6) et le premier satellite de seconde génération Meteosat-8 (lancé le 28 août 2002).

 

Meteosat-7 - Eumetsat - Lancement - Ariane 44LP V99 - Hotbird 3 - Kourou - 2 septembre 1997

2 septembre 1997 à Kourou : lancement du satellite Meteosat-7 par une fusée
Ariane 44 LP (vol 99). Crédit image : ESA – CNES – Arianespace / Optique vidéo du CSG


Un record : 20 ans de bons et loyaux services

Meteosat-7 a fourni le premier service de balayage du disque terrestre complet à 0° de longitude, du 3 juin 1998 au 16 mai 2006, date de son remplacement par Meteosat-8.

Le 11 juillet 2006, EUMETSAT a transféré Meteosat-7 au-dessus de l’océan Indien. Depuis cette position à 57,5° Est, il a fourni le service dit de "couverture en données de l’océan Indien" (IODC) qu’il a assuré du 5 décembre 2006 au 31 mars 2017 pour combler un important déficit d’observations sur cette région.

 

Eumetsat - Meteosat-7 - IODC - tempête tropicale Laila - 19 mai 2010

Image de la tempête tropicale Laila vue par le satellite Meteosat-7 le 19 mai 2010 à
l’approche de la côte est de l’Inde. Crédit image : Eumetsat

 

Meteosat-7 a été remplacé par Meteosat-8, le premier satellite Meteosat de seconde génération qui, positionné à 41,5 °, pratiquement au-dessus de Nairobi au Kenya, est désormais la contribution européenne à un système d’observation de l’océan Indien assuré par plusieurs partenaires et impliquant aussi des satellites géostationnaires d’Inde, de Russie et de Chine. La première image de Meteosat-8 sur cette nouvelle position a été acquise le 1er février 2017.

Fin d'un programme fondateur et place à une nouvelle génération
La série de sept satellites de première génération qui se sont succédé au cours des quatre dernières décennies a jeté les bases des produits et services qu’EUMETSAT délivre aujourd’hui depuis l’orbite géostationnaire.

Ces informations jouent un rôle irremplaçable pour la prévision météorologique, y compris l’alerte immédiate dans le cas de phénomènes à fort impact comme les cyclones ou les tempêtes. Avec au total plus de 36 années d’observations archivées, c’est également un atout inestimable pour la surveillance des changements climatiques.

 

A la Réunion, l’évolution du cyclone Bejisa vu par le satellite Meteosat-7.
Séquence vidéo réalisée à partir d’une série d’images acquise entre le 29 décembre 2013 et le 3 janvier 2014. Montage : Gédéon. Crédit image : Eumetsat


La mission Meteosat a également contribué à des programmes internationaux de recherche à grande échelle, comme la campagne de mesures au-dessus de l’océan Indien (Expérience INDOEX) pour l’étude des impacts des aérosols naturels et anthropiques sur le climat régional et mondial.
Au cours des dix dernières années, Meteosat-7 a fourni des observations de l’océan Indien depuis son orbite géostationnaire, une mission héritée de celle assurée par les satellites Meteosat de première génération depuis 1998. Après le tsunami qui a frappé le littoral de l’Océan indien en décembre 2004, Meteosat-7 est devenu un élément essentiel du système d’alerte aux tsunamis, relayant les données d’alertes aux tsunamis transmises par les bouées déployées peu de temps après le tsunami.

Pour Alain Ratier, Directeur général d’EUMETSAT, «cette ultime manœuvre met fin en toute sécurité à un programme fondateur d’EUMETSAT. Le programme de Meteosat première génération a non seulement donné naissance à EUMETSAT en 1986 et en a fait un véritable opérateur de satellites en 1995, mais il a aussi façonné la météorologie satellitaire en Europe, en permettant de tester des concepts tels que le balayage rapide d’orages et l’extraction de produits caractérisant les vents en suivant à travers une succession d’images les structures du champ de vapeur d’eau.»

 

Meteosat-7 - Eumetsat - Eunice et Diamondra - 28 janvier 2015

Du 28 janvier au 1er février 2015, évolution des tempêtes tropicales Diamondra et Eunice dans la
région des îles Mascareignes (Réunion, Maurice, Rodrigues). Séquence d’images infrarouge acquise
par le satellite Meteosat-7. Cliquer sur l'image pour voir la vidéo. Crédit image : Eumetsat


EUMETSAT : Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques

EUMETSAT est une organisation intergouvernementale dont le siège est installé à Darmstadt (Allemagne). Elle compte en 2017 trente États membres (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse et Turquie) et un État coopérant (Serbie).
Sur l’orbite géostationnaire, EUMETSAT exploite actuellement les satellites Meteosat-9, Meteosat-10 et Meteosat-11 sur l’Europe et l’Afrique et Meteosat-8 sur l’océan Indien.
EUMETSAT exploite également deux satellites Metop en orbite polaire (orbite basse) dans le cadre du Système polaire initial commun (IJPS) partagé avec l’Administration américaine pour l’océan et l’atmosphère (NOAA). Le premier satellite Metop-A a été lancé par une fusée Soyouz le 17 octobre 2006. Metop-B, son frère jumeau, l’a rejoint en orbite le 17 septembre 2012, toujours par une fusée Soyouz.
EUMETSAT est également partenaire des missions Jason d’altimétrie océanique opérationnelle, auxquelles participent l’Europe et les États-Unis (Jason-2, Jason-3 et Jason-CS/Sentinelle-6).
L’Union européenne a chargé EUMETSAT d’exploiter pour son compte quatre missions Sentinel du programme Copernicus dédiées à la surveillance de l’atmosphère, des océans et du climat.
Les données, produits et services des satellites opérationnels d’EUMETSAT jouent un rôle important dans la prévision du temps, la surveillance de l’environnement et du changement climatique.
EUMETSAT coopère avec des opérateurs de satellites d’observation de la Terre d’Europe, Chine, États-Unis, Inde, Japon et Russie.

 

La tête dans les étoiles

Pour finir voici deux images insolites prises par le satellite Meteosat-7. La première acquise le 22 février 2017 montre la planète Vénus passant dans le champ du radiomètre de Météosat 7. La seconde est une séquence d’images prise le 1er septembre 2016 au moment d’une éclipse de soleil.

 

Meteosat-7 - Venus - planète vue depuis l'orbite géostationnaire - EumetsatMeteosat-7 - Eclipse de soleil - Eumetsat

Deux images insolites de Meteosat-7. En haut, la planète Venus dans le champ du radiomètre de
Meteosat-7 le 22 février 2017. En bas, l’éclipse de soleil du 1er septembre 2016 vue par Meteosat-7
depuis l’orbite géostationnaire. Crédit image : Eumetsat

 

En savoir plus :

 

Repost 0

Présentation

  • : Un autre regard sur la Terre
  • Un autre regard sur la Terre
  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
  • Contact

A Propos De L'auteur

  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

Rechercher

En Savoir Plus Sur Ce Blog...