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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 20:49

 

Meteosat-7 - Eumetsat - Dernière image - Last image - IODC - 31 mars 2017

La dernière image du satellite européen Meteosat-7, acquise le 31 mars 2017.
Image dans le canal visible.
Crédit image : Eumetsat

La télécommande a été envoyée à 9h00 UTC : c’est le 4 avril qu’Eumetsat a démarré les opérations de retrait du satellite Meteosat, le dernier exemplaire de la première génération de satellite météorologique géostationnaire européen.

La dernière image, qui illustre cet article a été acquise le 31 mars 2017, à 12h00 UTC, déjà la fin de journée en Inde. Meteosat-7 a donc vu l’équinoxe de printemps 2017 (le 20 mars à 10h28 UTC) mais ne sera pas témoin du prochain solstice d’été (le 21 juin à 4h23 UTC).

 

Meteosat-7 : retour sur une belle carrière

La première génération de satellites Meteosat a été lancée par l’ESA en 1977.

Meteosat-7 a été lancé par une fusée Ariane 44LP le 2 septembre 1997, vingt ans après le premier satellite Meteosat. Il partageait la coiffe avec le satellite de télécommunication Hotbird 3.

Il a été développé dans le cadre du programme Meteosat de transition (MTP) destiné à éviter toute interruption entre le Programme opérationnel Meteosat (avec les satellites Meteosat 4 à 6) et le premier satellite de seconde génération Meteosat-8 (lancé le 28 août 2002).

 

Meteosat-7 - Eumetsat - Lancement - Ariane 44LP V99 - Hotbird 3 - Kourou - 2 septembre 1997

2 septembre 1997 à Kourou : lancement du satellite Meteosat-7 par une fusée
Ariane 44 LP (vol 99). Crédit image : ESA – CNES – Arianespace / Optique vidéo du CSG


Un record : 20 ans de bons et loyaux services

Meteosat-7 a fourni le premier service de balayage du disque terrestre complet à 0° de longitude, du 3 juin 1998 au 16 mai 2006, date de son remplacement par Meteosat-8.

Le 11 juillet 2006, EUMETSAT a transféré Meteosat-7 au-dessus de l’océan Indien. Depuis cette position à 57,5° Est, il a fourni le service dit de "couverture en données de l’océan Indien" (IODC) qu’il a assuré du 5 décembre 2006 au 31 mars 2017 pour combler un important déficit d’observations sur cette région.

 

Eumetsat - Meteosat-7 - IODC - tempête tropicale Laila - 19 mai 2010

Image de la tempête tropicale Laila vue par le satellite Meteosat-7 le 19 mai 2010 à
l’approche de la côte est de l’Inde. Crédit image : Eumetsat

 

Meteosat-7 a été remplacé par Meteosat-8, le premier satellite Meteosat de seconde génération qui, positionné à 41,5 °, pratiquement au-dessus de Nairobi au Kenya, est désormais la contribution européenne à un système d’observation de l’océan Indien assuré par plusieurs partenaires et impliquant aussi des satellites géostationnaires d’Inde, de Russie et de Chine. La première image de Meteosat-8 sur cette nouvelle position a été acquise le 1er février 2017.

Fin d'un programme fondateur et place à une nouvelle génération
La série de sept satellites de première génération qui se sont succédé au cours des quatre dernières décennies a jeté les bases des produits et services qu’EUMETSAT délivre aujourd’hui depuis l’orbite géostationnaire.

Ces informations jouent un rôle irremplaçable pour la prévision météorologique, y compris l’alerte immédiate dans le cas de phénomènes à fort impact comme les cyclones ou les tempêtes. Avec au total plus de 36 années d’observations archivées, c’est également un atout inestimable pour la surveillance des changements climatiques.

 

A la Réunion, l’évolution du cyclone Bejisa vu par le satellite Meteosat-7.
Séquence vidéo réalisée à partir d’une série d’images acquise entre le 29 décembre 2013 et le 3 janvier 2014. Montage : Gédéon. Crédit image : Eumetsat


La mission Meteosat a également contribué à des programmes internationaux de recherche à grande échelle, comme la campagne de mesures au-dessus de l’océan Indien (Expérience INDOEX) pour l’étude des impacts des aérosols naturels et anthropiques sur le climat régional et mondial.
Au cours des dix dernières années, Meteosat-7 a fourni des observations de l’océan Indien depuis son orbite géostationnaire, une mission héritée de celle assurée par les satellites Meteosat de première génération depuis 1998. Après le tsunami qui a frappé le littoral de l’Océan indien en décembre 2004, Meteosat-7 est devenu un élément essentiel du système d’alerte aux tsunamis, relayant les données d’alertes aux tsunamis transmises par les bouées déployées peu de temps après le tsunami.

Pour Alain Ratier, Directeur général d’EUMETSAT, «cette ultime manœuvre met fin en toute sécurité à un programme fondateur d’EUMETSAT. Le programme de Meteosat première génération a non seulement donné naissance à EUMETSAT en 1986 et en a fait un véritable opérateur de satellites en 1995, mais il a aussi façonné la météorologie satellitaire en Europe, en permettant de tester des concepts tels que le balayage rapide d’orages et l’extraction de produits caractérisant les vents en suivant à travers une succession d’images les structures du champ de vapeur d’eau.»

 

Meteosat-7 - Eumetsat - Eunice et Diamondra - 28 janvier 2015

Du 28 janvier au 1er février 2015, évolution des tempêtes tropicales Diamondra et Eunice dans la
région des îles Mascareignes (Réunion, Maurice, Rodrigues). Séquence d’images infrarouge acquise
par le satellite Meteosat-7. Cliquer sur l'image pour voir la vidéo. Crédit image : Eumetsat


EUMETSAT : Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques

EUMETSAT est une organisation intergouvernementale dont le siège est installé à Darmstadt (Allemagne). Elle compte en 2017 trente États membres (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse et Turquie) et un État coopérant (Serbie).
Sur l’orbite géostationnaire, EUMETSAT exploite actuellement les satellites Meteosat-9, Meteosat-10 et Meteosat-11 sur l’Europe et l’Afrique et Meteosat-8 sur l’océan Indien.
EUMETSAT exploite également deux satellites Metop en orbite polaire (orbite basse) dans le cadre du Système polaire initial commun (IJPS) partagé avec l’Administration américaine pour l’océan et l’atmosphère (NOAA). Le premier satellite Metop-A a été lancé par une fusée Soyouz le 17 octobre 2006. Metop-B, son frère jumeau, l’a rejoint en orbite le 17 septembre 2012, toujours par une fusée Soyouz.
EUMETSAT est également partenaire des missions Jason d’altimétrie océanique opérationnelle, auxquelles participent l’Europe et les États-Unis (Jason-2, Jason-3 et Jason-CS/Sentinelle-6).
L’Union européenne a chargé EUMETSAT d’exploiter pour son compte quatre missions Sentinel du programme Copernicus dédiées à la surveillance de l’atmosphère, des océans et du climat.
Les données, produits et services des satellites opérationnels d’EUMETSAT jouent un rôle important dans la prévision du temps, la surveillance de l’environnement et du changement climatique.
EUMETSAT coopère avec des opérateurs de satellites d’observation de la Terre d’Europe, Chine, États-Unis, Inde, Japon et Russie.

 

La tête dans les étoiles

Pour finir voici deux images insolites prises par le satellite Meteosat-7. La première acquise le 22 février 2017 montre la planète Vénus passant dans le champ du radiomètre de Météosat 7. La seconde est une séquence d’images prise le 1er septembre 2016 au moment d’une éclipse de soleil.

 

Meteosat-7 - Venus - planète vue depuis l'orbite géostationnaire - EumetsatMeteosat-7 - Eclipse de soleil - Eumetsat

Deux images insolites de Meteosat-7. En haut, la planète Venus dans le champ du radiomètre de
Meteosat-7 le 22 février 2017. En bas, l’éclipse de soleil du 1er septembre 2016 vue par Meteosat-7
depuis l’orbite géostationnaire. Crédit image : Eumetsat

 

En savoir plus :

 

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 23:56

 

Pyrénées - Neige et nuages - Sommets au soleil - Hiver 2016 - Landsat 8 - Pic du Midi - Ossau - Bigorre - Vignemale - Gavarnie - Vall d'Azun - Tarbes - Pau - Lourdes - Satellite

Les Pyrénées entre Pau et Saint-Gaudens vues par le satellite Landsat 8.
Extrait d’une image panchromatique acquise le 19 janvier 2017 à 10h42 UTC.
Ossau, Balaïtous, Pic du midi, Vignemale, Gavarnie : les amateurs reconnaîtront
les principaux sommets et les vallées (ici un extrait en pleine résolution).
Ce jour-là, il valait mieux prendre de la hauteur. Crédit image : USGS

 

Il fait froid : c’est l’hiver…

Le début de semaine reste… hivernal, avec des températures minimales très négatives dans le nord, avec par exemple -14°C à Luxeuil (7ème jour consécutif avec une minimale inférieure à -12°C selon les relevés de Météo France) ou -5°C pour Rennes (la ville, pas l’animal...)

Les conditions anticycloniques expliquent aussi le retour des pics de pollution.

Depuis mardi 17 janvier, la France connaît une mini vague de froid avec un pic mercredi et jeudi. Rien à voir avec la quinzaine glaciale de février 2012 avec des températures inférieures de 5 à 8°C en dessous des normales pour la saison. Le vent a accentué la sensation de froid (température ressentie).

Météo France indique que le refroidissement est lié à un flux d'est à nord-est entre un anticyclone centré sur le nord de l'Allemagne et une dépression en Méditerranée, ramenant une masse d'air très froide en provenance de l'Europe de l'Est jusqu'au sud de la France. Les basses couches de l'atmosphère resteront froides jusqu'au 26 janvier.

Malgré l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires en maintenance, la fourniture d’électricité devrait être assurée mais l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a néanmoins autorisé EDF à reporter l’arrêt d’un réacteur. Le plan grand froid a été déclenché par le gouvernement mais le nombre de places d’hébergement d’urgence pour les sans-abris reste insuffisant.

 

Météo France - Vague de froid - Modèle arome - Température minimale - écart - Janvier 2017 - gelée - thermomètre

Températures minimales observées le 17 janvier 2017 au matin et prévision de température
(modèle Arome) à 6h UTC. Crédit image : Météo France

 

John Snow : les couleurs de la neige vues de l’espace

La neige n’apparaît pas en jaune mais plutôt en bleu (cyan) ou en blanc…

Si vous lisez régulièrement le blog Un autre regard sur la Terre, vous savez que j’aime utiliser des images de paysages partiellement enneigés pour montrer l’intérêt des images multispectrales et des bandes infrarouges : en comparant une image représentée en couleurs naturelles avec sa représentation avec une combinaison de canaux utilisant une bande infrarouge, on constate immédiatement que cette seconde représentation permet de distinguer beaucoup plus facilement facilement la neige (en cyan) des nuages (en blanc).

 

Suomi NPP - Vague de froid - France - Europe - Neige et glace - Snow and ice - NASA - satelliteEurope - France - Vague de froid - Neige - Janvier 2017 - Suomi NPP - NASA

La France vue par le satellite Suomi NPP le 17 janvier 2017. En haut, représentation
en couleurs naturelles. En bas, combinaison colorée utilisée une bande infrarouge.
Cliquer sur les images pour les agrandir. Crédit image : NASA /EOSDIS / MODIS

 

Quand j’interviens en classe pour parler d’observation et que je dois aborder les bandes spectrales, je commence souvent pour un exemple de paysage enneigé très parlant pour les jeunes. En général, j’aborde ensuite l’intérêt du proche infrarouge pour la végétation (synthèse chlorophylienne) et il m’arrive parfois de pousser jusqu’au « red edge ».

 

Série temporelle : ça comme à 2…

Si vous voulez également faire une comparaison dans le temps, voici deux représentations d’une autre image acquise le 6 janvier 2017, avant les fortes chutes de neige et alors que le ciel est assez dégagé au-dessus de la France : l’image en couleurs naturelles et la composition colorée avec le canal infrarouge. C’était un bon jour pour aller se promener dans les Pyrénées ou les Alpes…

 

Neige : ça se corse

A cause de la couverture nuageuse, l’image du 17 janvier ne permet pas de voir l’ampleur des chutes de neige en Corse : la vigilance orange neige-verglas a été levée mercredi à 6 heures, mais la majorité des établissements scolaires restaient fermés. La neige est également tombée en Tunisie, avec des images étonnantes que vous pourrez trouver sur les réseaux sociaux.

 

C’est beau une ville, sous la neige…

Comme les vacances scolaires sont encore loin, je ne vais pas vous rendre impatient avec d’autres images de montagnes sous la neige.

J’ai plutôt choisi de vous montrer quelques villes d’Europe et au-delà sous la neige. Dans l’hémisphère nord, en hiver, l’ensoleillement n’est pas au top mais les surfaces enneigées et les ombres portées des constructions donnent des images que je trouve très photogéniques.

Quand il y a en plus un fleuve ou un lac, on peut avoir la chance de voir de la glace se former ou flotter dans le courant.

Toutes les illustrations qui suivent sont des extraits d’images acquises par le satellite européen Sentinel-2A.

 

Jarus et le ski : Gdansk avec les loups

On commence au nord de l’Europe et au bord de la mer avec la ville portuaire de Gdansk en Pologne. L’image suivante a été acquise par le satellite européen Sentinel-2A le 11 janvier 2017.

Contrairement aux apparences, l’image est en couleurs : malgré la lumière hivernale, l’absence de nuages, les parcelles agricoles enneigées rendent l’image assez photogénique.

 

Pologne - Gdansk - Ville sous la neige - Sentinel-2 - Copernicus - ESA - European Commission - SatellitePologne - Gdansk - Neige - Sentinel-2A - Janvier 2017 - Copernicus

En Pologne, la ville de Gdansk vue par le satellite Sentinel-2A. Extrait d’une image acquise
le 11 janvier 2017 à 10h04 UTC. En bas, un autre extrait avec un traitement mettant l’accent
sur les parcelles enneigées. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Notez la présence de glace sur la Vistule…

 

Mon beau Danube blanc

On descend plein sud, à environ 770 km, le long du Danube. Avec toujours de la neige (un peu moins) et de la glace sur le Danube. Nous sommes à Budapest, capitale de la Hongrie. L’image a également été prise par le satellite Sentinel-2.

 

Hongrie - Danube - Budapest - Neige - Glace - Ice - Snow - Sentinel-2 - Copernicus - ESA - Commission européenne - satelliteDanube - Hongrie - Budapest - Neige - Glace - Snow - Ice - Water - Sentinel-2 - Copernicus - ESA - European Commission - satellite

En Hongrie, à Budapest, de la glace sur la Danube. Extrait d’une image acquise par le
satellite Sentinel-2A le 8 janvier 2017. En bas, un autre extrait de l’image en pleine
résolution avec une représentation utilisant le canal proche infrarouge.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Istanbul de neige et champ de bosses (fort !)

Un peu plus au sud mais surtout à l’est, à presque 1100 km de Budapest, à la limite de l’Europe, voici Istanbul en Turquie et le détroit du Bosphore entre la mer noire et la mer de Marmara. Mer noir mais paysages blancs...

Il y a eu de fortes chutes de neige dans plusieurs régions turques. Cette image du satellite Sentinel-2A, en donne un tout petit aperçu. Je l’ai choisie parce qu’elle est assez spectaculaires mais je vous invite à aller consulter d’autre images sur le portail Copernicus (Sentinel Data Hub).

 

Turquie - Istanbul - Bosphore - Sentinel-2 - satellite - Janvier 2017 - ESA - European Commission - Copernicus - GMESIstanbul - Turquie - Sentinel-2 - Copernicus - satellite - ESA - European Commission - satellite - neige

En Turquie, Istanbul sous la neige. Extrait d’une image multispectrale prise par le satellite
Sentinel-2A le 13 janvier 2017 à 9h08 UTC. En bas, représentation colorée utilisant
le canal proche infrarouge. Notez l’importance du trafic maritime…
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Plus loin : le lac Baïkal

Si vous aimez la glace, je termine avec une dernière image. Loin de l’Europe… A 5800 km au nord-est d’Istanbul. C’est le lac Baïkal, vu le même jour, toujours par le satellite Sentinel-2A, à l’occasion d’un passage plus tôt dans la journée, avec d’étonnants motifs liés à la formation de glace.

 

Lake Baikal - Ice - Snow - Glace - Neige - Sentinel-2 - satellite - ESA - European Commission - Copernicus - GMES - RussieLac Baikal - Sentinel-2 - Satellite - neige et glace - snow - ice - ESA - Copernicus - European CommissionLac Baikal - Satellite - Sentinel-2 - Glace - Lac gelé - ESA - Copernicus - European CommissionLac Baikal - satellite - Glace - Lac gelé - Frozen - Neige - Sentinel-2 - satellite - ESA - Copernicus - European Commission

En Russie, neige et glace sur le lac Baïkal. Extraits d’une image acquise
le 13 janvier 2017 à 4h01 UTC par le satellite européen Sentinel-2A.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Pour donner une vision d’ensemble, voici une autre image prise le même jour par le satellite Suomi NPP.

 

Lac Baikal - Neige - Glace - Snow - ice - lac gelé - Sentinel-2 - Copernicus - ESA - European Commission - satellite - russie Lac baikal - satellite - hiver - lac gelé - neige et glace - ice - snow - Sentinel-2 - Janvier 2017 - ESA - European Commission - Copernicus

Neige et glace sur le lac Baïkal. Deux représentations d’une image acquise le 13 janvier 2017
par le satellite américain Suomi NPP. Crédit image : NASA / EOSIS

 

En savoir plus :

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 11:54

 

C'est l'été - Solstice d'été - 2016 - 21 juin - Météosat - Enfin l'été - Saison - été arrosé - Eumetsat

C’est l’été : deux images de la Terre vue par le satellite Meteosat-10 le 21 juin 2016 à 6h00 UTC et
18h00 UTC à partir de son orbite géostationnaire. Crédit image : Eumetsat. Illustration : Gédéon

 

Vous avez vu ? Depuis le 21 juin, c’est l’été. Il est même possible que cela dure plusieurs journées. Encore que... Depuis le 21 ou c'était le 21?

Très exactement, l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides (IMCCE) précise que le solstice d’été s’est produit le 21 juin à 00h34m11s en heure légale française. Soit le 20 juin à 22h34 en temps universel. Un peu plus de 2 minutes 30 secondes après la déclinaison maximale du soleil.

Pour Météo France, l’été météorologique a commencé le 1er juin. L’évènement a été bien arrosé !

Voilà deux images acquises par le satellite Meteosat le mardi 21 juin à 6h00 UTC et à 18h00. Il s’agit de représentations en couleurs à partir de bandes visibles : la limite jour-nuit ou ombre-lumière, inclinée par rapport à l’équateur, est bien mise en valeur.

Plusieurs amis enseignants utilisent ces images de satellites météorologiques pour expliquer concrètement à leurs élèves le phénomène des saisons, l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport au plan de l’écliptique et rappeler accessoirement que la Terre n’est pas plate.

Je vous renvoie à d’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre pour en savoir plus sur les solstices ou les équinoxes.

Ou sur l’impact de ces phénomènes saisonniers sur le fonctionnement des satellites géostationnaires. Pourquoi ont-ils des batteries musclées ? A quel moment, leurs panneaux solaires ne sont pas sont éclairés par la lumière solaire ?

 

Où est le soleil ?

A propos du soleil, j’imagine que vous vous êtes demandés comme moi où il était passé depuis le début du mois de juin et l’épisode de crue qui a frappé le centre et la région parisienne.

Sur les réseaux sociaux, les messages relayant la question posée par Paul Mc Cartney se sont multipliés pour retrouver la trace du soleil ou proposer des solutions pour le remplacer. L'activité économique s'en ressent... Planète Sciences Midi-Pyrénées a même mis en vente ses lunettes de soleil.

 

Où est le soleil - Alerte enlèvement - Lunette de soleil - éclipse totale de soleil - Porté disparu - Réseaux sociaux

Où est passé le soleil en juin : quelques extraits d’illustrations publiées sur les réseaux sociaux

 

Eclipse totale de soleil

Il est vrai que le mois de juin ne nous a pas offert de beaux ciels bleus et de journées ensoleillées. L’illustration suivante, créée à partir d’images des satellites américains Aqua, Terre et Suomi NPP donne une idée de la couverture nuageuse au-dessus de la France entre le 1er et le 22 juin.

Les images ne sont pas toutes acquises à la même heure (cela dépend du satellite) mais cela donne un bon aperçu. Il y a bien eu une petite opportunité le 8 et le 9 juin mais c’était au milieu de la semaine : le week-end suivant a été nettement moins sympa.

Comme dirait un homme politique célèbre, depuis le solstice d’été du 21 juin, « ça va mieux… »

 

Juin 2016 - France - Couverture nuageuse - Pluies - Inondation - temps maussade - Bilan du mois de juin - Aqua - Terra - Suomi NPP - été pourri - Où est le soleil - ça va mieux

La couverture nuageuse en France du 1er au 22 juin 2016 : série d’images acquises par les satellites Aqua, Terra et Suomi NPP du 1er au 22 juin 2016. Crédit image : NASA / EOSDIS / MODIS Rapid Response. Illustration : Gédéon

 

Après un début de semaine contrasté entre Nord et Sud, c’est le 22 et 23 juin qu’on a retrouvé une France avec un ciel dégagé, des températures plus élevées (35°C dans le sud-ouest, 37°C au Cap-Ferret) et, quand même, des orages : vingt départements, notamment en Normandie, étaient placés en vigilance orange, pour des risques d'orages localement violents et de la grêle.

 

Couverture nuageuse - France 23 juin - Nuages - Orages - Brexit - Angleterre - Europe

La couverture nuageuse du 23 juin 2016 vue par l’instrument VIIRS du satellite Suomi NPP.
Crédit image : NASA / EOSDI
S

 

À Gonneville, dans le Cotentin, il est tombé presque l'équivalent d'un mois de précipitations en 11 heures seulement, dans l'après-midi du 22 juin et le début de la nuit de mercredi à jeudi.

A propos d’orages, l’image Meteosat du 21 juin à 18h00 UTC montre également quelques nuages spectaculaires en Afrique au sud de l’Algérie et au nord du Mali. Cela rappellera à certains le crash du vol d'Air Algérie AH 5017 le 24 juillet 2014, causant la mort des 116 personnes à bord, en partie lié à de mauvaises conditions météo.

 

Meteosat - jour de l'été - 21 juin 2016 - Nuages - Algérie - Mali - Sahara - Meteosat - Eumetsat

Formation nuageuse entre le sud de l’Algérie et le Mali : extrait de l’image acquise par le satellite
européen Meteosat le 21 juin 2016 à 18h00 UTC. Crédit image : Eumetsat

 

Que d’eau…

Le mois de juin 2016 est-il exceptionnel ?

Météo France n’a pas encore publié de bilan complet mais indique que « les deux premières décades de l'été météorologique (1er au 20 juin) se sont révélées globalement maussades. Nuages, pluie et orages ont souvent été au rendez-vous sur l'Hexagone. »

Il tombe en moyenne sur l'Hexagone environ 190 mm de précipitations par été. Depuis 1959, l'été 1963 a été le plus pluvieux avec plus de 304 mm, soit une anomalie de près de 60 % par rapport à la normale. L'été le plus sec a été celui de 1962 avec moins de 94 mm (-51 % environ par rapport à la normale).

Le 30 mai, à Trappes (Yvelines) et Orléans, il est tombé l'équivalent d'un mois de précipitations (environ 65 mm).

Sur la période du 28 mai au 1er juin 2016, les départements les plus affectés par les fortes pluies ont été le Loiret, le Loir-et-Cher, le Cher, l'Essonne et l'Yonne : la quantité d'eau tombée en trois jours est sans équivalent sur la période 1960 à nos jours. De tels cumuls sont atteints en moyenne tous les 10 à 50 ans, localement tous les 100 ans. Dans le département du Loiret, on a relevé 115 mm* et 158 mm à Melleroy (plus fort cumul relevé lors de ces 5 jours).

 

Printemps de chiotte

À l'échelle de la région Île-de France, la pluviométrie de mai est proche du record absolu de décembre 1999.

Plus globalement, le bilan du printemps météorologique 2016 (mars – avril – mai) selon Météo France ne fait pas rêver… En résumé « Climat : Un printemps très arrosé, plutôt frais et peu ensoleillé »

La fin du mois d'avril et le début du mois de mai ont notamment connu un net rafraîchissement avec de nombreuses gelées tardives. Les températures moyennes ont été inférieures aux normales sur la quasi-totalité du pays, à l'exception de la Côte d'Azur et de la Corse. Moyennée sur la saison et sur le pays, la température a été inférieure de 0.3 °C à la normale*.

Les précipitations ont été plus fréquentes que la normale sur une grande partie de l'Hexagone, à l’exception de la Bretagne, de la Provence et de la Corse). En moyenne sur la France et sur la saison, la pluviométrie a été excédentaire de plus de 25 %, plaçant ce printemps 2016 parmi les plus arrosés des cinquante dernières années. En Île-de-France et dans le Centre, avec un excédent supérieur à 70 %, il se classe même au premier rang des printemps les plus pluvieux.
L'ensoleillement a été inférieur à la normale sur la majeure partie de la France à l'exception des côtes de la Manche, de la Côte d'Azur et du nord de la Corse. Le déficit a dépassé 10 % du sud-ouest au nord-est de l'Hexagone, atteignant localement 20 %.

 

Météo France - températures et précipitations - 1959 - 2016 - Printemps - mars - avril - mai

Température et précipitations au printemps de 1959 à 2016. Crédit image : Météo France

 

Un été sans été…

Météo France rappelle également dans une actu récente « l'année sans été » : c'était il y a 200 ans, en 1816, une année marquée par de très mauvaises conditions climatiques, conséquence de l’éruption du volcan indonésien Tambora en avril 1815.

On a relevé par exemple à Paris en 1816 :

  • 25 jours de ciel couvert ou très nuageux et 5 jours de beau temps en juin,
  • 10 jours de pluie, 18 jours de ciel couvert ou très nuageux et 3 jours de beau temps en juillet ,
  • 6 jours de pluie, 20 jours ciel couvert ou très nuageux et seulement 5 jours de beau temps en août.

 

Vendanges tardives

La situation était similaire ailleurs en France, avec, par exemple en Bourgogne, des vendanges qui ne démarrèrent que le 26 octobre. Un record, juste derrière l’année 1481.

 

Le marchand de sable est passé…

Dans d’autres régions du monde, ce n’est pas la pluie qui pose problème en juin. Voici, par exemple quelques images acquises entre le 15 et le 19 juin qui montrent les nuages de sable au-dessus de la mer rouge. C’est assez spectaculaire.

 

Suomi NPP - Tempête de sable - Nuages de sable - Mer rouge - Sand - Egypte - NASA - Marchand de sable

Tempête et nuages de sable dans la région de la mer rouge. Images acquises entre le
15 et le 19 juin 2016 par les satellites Aqua, Terra et Sumi NPP.
Crédit image : NASA / EOSDIS / MODIS Rapid Response. Illustration : Gédéon

 

En savoir plus :

Le site de l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides (IMCCE).

Sur le site du CNRS, les dates de vendanges : un indicateur du climat du passé.

Sur le site de l’observatoire des saisons, une analyse des dates des vendanges en Bourgogne depuis 1370.

Sur le site de Météo France, des explications sur « 1816, l’année sans été », le bilan complet du printemps 2016 et un retour sur les fortes pluies de mai et juin 2016.

 

 

 

 

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 00:27

 

Allée de tourbillons de Bénard - Von Karman - Satellite - Canaries - Kármán vortex street

Nuages, des formes étonnantes… Extrait d’une image acquise le 15 mai 2016 par l’instrument
VIIRS du satellite Suomi NPP. Crédit image : NASA / GSFC / ESDI
S

 

En promenade, est-ce que vous vous amusez à photographier des nuages de forme étonnante ? Altocumulus lenticulaires, Altocumulus mamma, Cirrocumulus lenticulaires… Il y a vraiment des formes incroyables, qui épousent parfois le relief des montagnes.

La première image présentée ici n’est pas « truquée » : elle montre une autre forme de nuage très originale, vue cette fois depuis l’espace par le satellite Suomi NPP. Des yeux et un nez ? Autre chose ? Laissez libre cours à votre imagination...

Les habitués du blog Un autre regard sur la Terre savent qu’il s’agit d’une allée de tourbillon de Karman ou allée de Bénard-Von Karman.

 

Soufflerie géante

C’est un phénomène classique de mécanique des fluides qu’on rencontre habituellement en aéronautique mais il peut également se produire à l’échelle de l’atmosphère, dans des conditions particulières de relief et de vent.

L’image suivante montre que ces tourbillons de Bénard-Von Karman sont créés ici par un vent du nord perturbé par le relief de l'archipel des Canaries : les tourbillons de l'autre côté des îles, qui s'enroulent dans le sens des aiguilles d'une montre ou dans le sens inverse, se forment lorsque l’air glisse autour d’un objet. La présence de cet obstacle entraîne une séparation des flux et la création de tourbillons dans le sillage du relief perturbateur.

C’est l’écoulement instable autour de formes peu profilées qui crée la répétition périodique des tourbillons.

 

Allée de tourbillons de Bénard - Von Karman - Satellite - Canaries - Kármán vortex street

Une allée de tourbillons de Karman au sud des îles Canaries.
Extrait d’une image acquise le 15 mai 2016 par l’instrument VIIRS du satellite Suomi NPP.
Crédit image : NASA / GSFC / ESD
IS

 

Plancton dans la Marine

Dans cette image, vous remarquerez également le motif de couleur bleue au large de la côte africaine : il s’agit d’une floraison de phytoplancton, très certainement déclenchée par un phénomène de remontée d’eau du fond vers la surface (upwelling) également causé par le vent.

Ces remontées d'eau, plus froide que l'eau en surface, apportent les minéraux indispensables à la production biologique. C’est bientôt le moment d’aller pêcher…

 

Pêche (point à la ligne)

Les pêcheurs industriels, ceux qui exploitent les flottes de thoniers dans l'océan atlantique ou dans l'océan indien, utilisent depuis lontemps les cartes de température de surface pour détecter les fronts thermiques. Plus récemment, avec l'arrivée des capteurs de couleur de l'eau, ils ont aussi la possibilité de détecter les contours des zones riches en phytoplancton.

 

Théodore von Karman et Henri Bénard

Ces tourbillons tirent leur nom de deux scientifiques. Théodore von Karman, né en 1881 et mort en 1963, était un ingénieur et physicien hongrois et américain spécialisé en aéronautique. Il a été le premier directeur du Jet Propulsion Laboratory de 1938 à 1944 et est à l'origine de plusieurs découvertes importantes en aérodynamique, notamment dans les domaines supersonique et hypersonique.

Henri Bénard (1874-1939) est un physicien français connu pour ses recherches sur la convection dans les liquides.

Les images satellites présentées ici peuvent surprendre mais elles ne sont pas exceptionnelles : les tourbillons de Karman apparaissent régulièrement au sud des Canaries et j’ai déjà publié d’autres exemples d’images. Il y a même une galerie d'images avec mon "Best of Von Karman".

Il peut s’en produire à proximité d’autres îles, comme ici, en mars 2016, au sud de l’île Guadalupe, une île mexicaine volcanique.

 

Allée de tourbillons de Bénard - Von Karman - Satellite - Guadalupe - Baja Calafornia - Mexico - Mexique - Kármán vortex street

Une allée de tourbillons de Karman au sud de Guadalupe Island et à l’ouest de la péninsule de
Basse Californie. Extrait d’une image acquise le 16 mars 2016 par l’instrument MODIS du satellite Aqua.
Crédit image : NASA / GSFC / ESD
IS

 

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 15:07

 

Printemps  météorologique début mars, équinoxe de printemps (c’était le 20 mars à 4h30 UTC), passage à l’heure d’été (le dimanche 27 mars) et températures presque estivales sur la côte basque pendant le week-end de pâques : le printemps est bien là…

Pendant les 7 prochains mois, nous abandonnons l’heure CET (UTC + 1), l’heure normale d’Europe Centrale, pour vivre à l’heure d’été (UTC + 2).

En attendant que la météo permette partout en France de ressortir le bac à glaçons pour des soirées conviviales sur les balcons, les terrasses et dans les jardins, iI est temps de briser la glace…

Je vous propose un nouveau quiz pour vous y aider.

 

Sentinel 2A - Quiz image - Glace - dégel - débacle - Copernicus - ESA - Mars 2016 - Image mystère - Un autre regard sur la Terre

Brisons la glace avec le quiz du mois de mars 2016.
Extrait d'une image acquise par le satellite Sentinel-2A le 1er février 2016.
La résolution est réduite par rapport à l'image initiale.
Crédit image : ESA / Commission européenne / Copernicus.

 

Brise-glace

Non, ce ne sont pas des verres de lunette cassés... 

Voilà un premier indice pour vous aider à identifier l’endroit du monde visible sur cette nouvelle image mystère du blog Un autre regard sur la Terre : elle a été acquise par le satellite européen Sentinel-2A  au tout début du printemps météorologique, le 3 mars 2016 à 6h58 UTC.

Cette image m’a impressionné : visiblement, le satellite Sentinel-2A est passé au bon moment, juste après la fin de l’hiver météorologique,  exactement quand la surface intégralement glacée se disloque.

Un autre indice : c’est une région du monde dont nous avons déjà parlé et les images de la Saint-Valentin ne sont pas loin… Vous avez trouvé ? Proposez votre réponse en postant un commentaire à la fin de cet article ou en m’envoyant un message.

 

Sentinel 2A - Quiz image - Glace - dégel - débacle - Copernicus - ESA - Mars 2016 - Image mystère - Un autre regard sur la Terre

Extrait d'une image acquise par le satellite Sentinel-2A le 3 mars 2016.
Cliquer sur l'image pour la voir en grand format : a résolution est ici de 20 mètres par pixels.
lCrédit image : ESA / Commission européenne / Copernicus.

 

Des glaçons et des filles

A propos de Saint-Valentin, voici la réponse du quiz du mois de février 2016.

Située en mer de Chine méridionale (15,17°N et 117,78°O), l’île en forme de cœur est le récif de Scarborough, alias Huángyán Dǎo en chinois ou Panatag en langue philippine. Le nom anglais provient du nom d’un navire qui s'était échoué sur le récif à la fin du 18ème siècle.

Avec son lagon, l’île a une superficie totale d'environ 150 km2 mais les quelques hectares de terre émergée à marée basse ne culminent qu’à 3 mètres d’altitude sur le rocher sud. Le réchauffement climatique va faire mal au cœur…

 

Sentinel - Copernicus - Coeur vu du ciel - Saint-Valentin

Le récif de Scarborough, alias Huángyán Dǎo ou Panatag : une composition colorée des canaux 8
(proche infrarouge), 4 (rouge) et 3 (vert) de l’image qui faisait l’objet du quiz de la Saint-Valentin.
Image acquise par le satellite européen Sentinel-2A le 1er février 2016 à 2h43 UTC.
Crédit image : ESA/ Commission européenne / Copernicus

 

Chaude ambiance : ça jette un froid

Malgré sa forme de cœur et sa petite taille, l’île n’est pas synonyme de grand amour : la Chine, Taïwan et les Philippines en revendique la possession. Cette rivalité s’inscrit plus largement dans le conflit territorial en mer de Chine méridionale, comme d’autres îles inhabitées, parfois occupées militairement : les îles Spratleys, Paracels, Pratas et le banc Macclesfield.

La République populaire de Chine, la République de Chine, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei s’opposent à propos de positions dites stratégiques, de zones de pêches mais, dans le cas des îles Spratleys, ce sont surtout les gisements de pétrole et de gaz en mer qui expliquent cet intérêt. Si vous avez la curiosité de jeter un œil sur Google Earth, les photographies Panoramio et les légendes illustrent bien la réalité de ce conflit territorial.

Les Philippines ne sont pas loin : Manille est à environ 355 km au sud-est. A 240 km plein est, on trouve les villes d’Iba et Botolan, au nord de la rivière Bacao (Bucao River).

Voici deux extraits de la même image Sentinel-2A de cette zone, un en couleurs naturelles et un autre sous forme de composition colorée de canaux 8, 4 et 3.

 

Sentinel-2A - Philippines - Botolan - Bucao River - ESA - Copernicus - Couleurs naturelles - 432 Sentinel-2A - Philippines - Botolan - Bucao River - ESA - Copernicus - Compostion colorée - Proche infrarouge

Aux Philippines, deux extraits de l’image acquise par le satellite Sentinel-2A le 1er février 2016 au
niveau de la rivère Bacao et des villes d’Iba et Botolan. En haut, version en couleurs naturelles
(bandes spectrales 4, 3 et 2). En bas, composition colorée mettant en évidence la végétation avec
le canal proche-infrarouge (bandes spectrales 8, 4 et 3 représentées en rouge, vert et bleu).
Traitement : Gédéon. Crédit image : ESA / Commission européenne / Copernicus.

 

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 00:18

 

Snowzilla - Tempête de neige - New York - Washington - Côte est - Aqua - MODIS - NASA

Les chutes de neiges sur la côte est des Etats-Unis vues par l’instrument MODIS du satellite Aqua
dans la journée du 24 janvier 2016. Crédit image : NASA / GSFC / ESDIS / MODIS Rapid Response

 

19 morts dont 13 dans des accidents de la route  selon un bilan provisoire, de multiples coupures de courant, 11 états (New Jersey, Virginie, Pennsylvanie, Caroline du Nord, etc.) et le district fédéral de Washington placés en état d’urgence, des centaines de milliers de tonnes de sel pour saler les routes… L’arrivée de la tempête Jonas, alias #Snowzilla sur Twitter, était attendue. Elle a malheureusement tenu toutes ses promesses…

 

Blizzard, vous avez dit blizzard ?

La neige est tombée sans discontinuer pendant des heures.

Les images fournies par les satellites météorologiques qui ont survolé la région dans la journée du 24 janvier aident à se faire une idée des chutes de neige. La première image illustrant cet article est en couleurs naturelles. L’image suivante est une composition colorée qui permet de mieux distinguer la neige et les nuages.

 

Tempête de neige - Jonas - Snowzilla - New York - Washington - côte est - Janvier 2016 - Aqua - MODIS - NASATempête de neige - Jonas - Snowzilla - New York - Washington - côte est - Janvier 2016 - Aqua - MODIS - NASA

Les chutes de neiges sur la côte est des Etats-Unis vues par l’instrument MODIS du satellite Aqua
dans la journée du 24 janvier 2016. Composition colorée des bandes spectrales 7, 2 et 1 permettant
de distinguer neige et nuages. En bas, l’image en couleurs naturelles pour faciliter la comparaison.
Crédit image : NASA / GSFC / EOSDIS / MODIS Rapid Response

 

"Very likely one of the worst snowstorms in our history”

Les cumuls de neige, presque 80 cm dans certains états, ont dépassé les prévisions des météorologistes. Les vents violents, à plus de 90 km/h et le verglas n’ont rien arrangé.

A Dulles Airport, l’aéroport de Washington, on a relevé 60 cm de neige. Plus de 40 cm au zoo de Washington… Par endroits, la hauteur de neige a atteint 1 mètre (à Glengary).

Avec l’intensité de Jonas revue à la hausse, New York et Washington ont été paralysés : lignes de métros et de bus interrompues, aéroports fermés, circulation routière interdite à l’exception des véhicules d’urgence…

Selon Bill de Blasio, le nouveau maire de New York, cette tempête de neige est « une des pires tempêtes de neige de l’histoire de la ville », peut-être la seconde plus importante en termes de quantité de neige tombée.

 

“Leave your car where it is”

Malgré les consignes du maire et de la police, l’interdiction de circuler n’a pas été totalement respectée, entrainant des difficultés supplémentaires. Les écoles devraient néanmoins ouvrir normalement lundi 25 janvier.

Sur la côte, la tempête Jonas, en période de fortes marées, a entraîné des inondations, notamment dans le New Jersey et le Delaware.

 

A Washington, Maison blanche et maisons blanches, comme le reste...

 

Landsat 8 - OLI - Washington - Chutes de neige - Snowzilla - Jonas - 24 janvier 2016 - Multispectral - USGS Landsat 8 - OLI - Washington - Chutes de neige - Snowzilla - Jonas - 24 janvier 2016 - Panchromatique - USGS

Une image Landsat 8 de la région de Washington après les chutes de neige. L'image à été
prise par l'instrument OLI le 24 janvier 2016. En haut, vue d'ensemble en composition colorée
en couleurs naturelles. En bas, extrait cadré sur le centre ville de Washington dans
le canal panchromatique. Crédit image : US Geological Survey. Adaptation de dynamique : Gédéon

 

Dans la journée du 23, la couverture nuageuse ne permettait pas de voir le sol mais donnait une idée de l’importance de la tempête.

L’image suivante provient de l’instrument VIIRS (Visible Infrared Imaging Radiometer Suite) du satellite Suomi NPP. Elle utilise la bande « Day-Night » qui permet de détecter les lumières de villes. Ici, le sommet des nuages est également éclairé par la pleine Lune et la lumière des villes les plus peuplées perce à travers les nuages.

 

Snowzilla - Tempête Jonas - Neige - New York - Washington - Côte est - Suomi NPP - VIIRS - 23 janvier 2016 - NASA

La tempête Jonas vue par l’instrument VIIRS du satellite NPP Suomi. Image acquise le 23 janvier 2016.
Crédit image : NASA / LANCE / EOSDIS Rapid Response

 

Le même jour, à bord de la Station Spatiale Internationale, l’astronaute Scott Kelly a également pris une série de photographies très impressionnantes, montrant l'arrivée et le passage de la tempête Jonas.

 

Tempête Jonas - Snowzilla - Nuages - Scott Kelly - ISS - 23 janvier 2016 - NASA Tempête Jonas - Snowzilla - Nuages - Scott Kelly - ISS - 23 janvier 2016 - NASA Tempête Jonas - Snowzilla - Nuages - Scott Kelly - ISS - 23 janvier 2016 - NASA

La tempête Jonas vue depuis la Station Spatiale Internationale. Série de photographies prises
par l’astronaute Scott Kelly le 23 janvier 2016. Crédit image : NASA / LANCE / EOSDIS Rapid Response

 

En savoir plus :

  • Les autres articles du blog Un autre regard sur la Terre dans la catégorie météorologie.
  • Les autres articles du blog Un autre regard sur la Terre dans la catégorie ouragans et tempêtes.

 

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 21:09

 

Landsat 8 - Alpes - Neige - 10-02-2015 - 10h22 - 432Les Alpes vues par le satellite Landsat 8. Extrait d’une image prise le 10 février 2015 à 10h22 UTC
et présentée en couleurs naturelles. Crédit image : USGS. Traitement : Gédéon

 

Je ne me lasse pas de voir de belles images satellites des sommets enneigés au soleil. La deuxième semaine de février a offert de beaux exemples.

Sur les images satellites, neige et soleil, avec les ombres portées, mettent particulièrement en évidence le relief et le profil des sommets.

Sur un plan plus pédagogique, les images montrant des sommets enneigés au soleil et des vallées dans les nuages sont des très bons supports pour comprendre le rôle des différentes bandes spectrales des instruments des satellites d’observation.

En voici un premier exemple avec MODIS qui montre que l’utilisation des canaux infrarouge permet de bien distinguer la neige des nuages, ce qui n’est pas toujours évident sur les images en couleurs naturelles.

 

 

Terra - MODIS - France - Neige - Ski - 11-02-2015
Terra - MODIS - France - Neige - Ski - 11-02-2015 - 721 Terra - MODIS - France - Neige - Ski - 11-02-2015 - 367

Le sud de la France vu par l’instrument MODIS du satellite Terre. Extrait d’une image acquise le 11
février 2015. En haut, représentation en couleurs naturelles. En bas, à gauche, composition
colorée des canaux 7, 2 et 1 permettant de distinguer la neige et les nuages. En bas, à droite,
composition des canaux 3, 6 et 7. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

Je vous renvoie à d’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre pour des explications plus détaillées sur les représentations des images en couleurs.

 

Neige et soleil

Pour les vacances de février, les skieurs de la zone A (Caen, Grenoble ou Toulouse) ont fait un bon choix en partant la première semaine : une très belle semaine avec de la neige et du soleil. Après la douceur de la première quinzaine de janvier, le début du mois de février a confirmé l’arrivée de l’hiver et de chutes de neige abondantes, même en plaine. La neige a parfois perturbé la circulation, comme à Toulouse le 3 février, et le risque d’avalanche a aussi retardé l’ouverture des stations. Celles-ci ont finalement pu ouvrir tout leur domaine skiable.

La sous-couche neigeuse instable a causé beaucoup d’avalanches, avec des départs de plaques au passage des skieurs hors-piste. Il y a eu beaucoup de victimes, y compris parmi les skieurs chevronnés, avec par exemple 3 moniteurs emportés à La Plagne le 7 février (un mort) ou 8 skieurs décédés dans les Alpes suisses le 31 janvier.

Début février, les cumuls de neige fraîche étaient impressionnants, par exemple, dans les Pyrénées, 2m50 sur Aspe-Ossau et la Haute-Bigorre. Le premier week-end, il y a même eu des skieurs bloqués dans les stations à cause des routes bloquées et du risque d’avalanche. C’était par exemple le cas dans les Pyrénées pour les stations de Gourette ou de la Mongie bloquées par la neige le 2 février.

 

Tout Schulz...

Jusqu’au 12 janvier, des conditions anticycloniques ont maintenu un temps stable : beaucoup de nuages sur les plaines de la moitié nord de la France mais beaucoup de soleil et des températures plus élevées sur les sommets. Un phénomène classique de couche d’inversion : au-dessus de la couche d'air humide et froid au fond des vallées, l'air reste plus sec et se réchauffe au soleil.

François Schulz, un des animateurs m’a envoyé quelques photographies prises sur les pistes de Méribel. Cela donne envie…

 

Mont Blanc - vu de Méribel - 08-02-2015Panorama Mont Blanc - vu de Méribel - 09-02-2015Neige, soleil et Mont Blanc vus des pistes de Méribel les trois vallées. En haut, un bel
exemple de couche d'inversion. Crédit image : François Schulz

 

Autour du Mont Blanc : une image de Miage

Au début de cet article, j’ai mentionné les ombres portées des sommets ensoleillés. En voici un très bel exemple avec un extrait en pleine résolution de l’image Landsat 8 du 10 février 2015.

 

Landsat 8 - Alpes - Neige - Mont Blanc et Grandes JorassesExtrait de l’image Landsat 8 avec le Mont Blanc, la dent du Géant et les Grandes Jorasses.
Les ombres des sommets sont très spectaculaires et aident à les repérer.
Crédit image : USGS. Traitement image : Gédéon

 

J’aurais presque pu en faire un nouveau quiz... Même si le point de vue est inhabituel, je suppose que les amoureux de la montagne ont déjà localisé le Mont Blanc, la dent du Géant et les Grandes Jorasses, ou au moins les ombres portées. Pour les autres, voici quelques points de repères.

 

Landsat 8 - Carte Mont Blanc - 10-02-2015Extrait de l’image Landsat 8 avec quelques points de repères : Mont Blanc, dent du Géant,
Grandes Jorasses, Mer de glace et glacier Miage. Crédit image : USGS. Traitement image : Gédéon

 

Cela ne saute pas aux yeux mais il s’agit bien d’une image en couleurs naturelles, comme on peut le voir sur cet autre extrait de la même image Landsat 8 où figurent le lac d’Annecy, le lac du Bourget, Aix-Les-Bains, Albertville, Moûtiers et le domaine de Méribel les trois Vallées, d’où François Schulz a pris les photographies présentées plus haut.

 

Landsat 8 - Alpes - Neige - Annecy - Bourget - 10-02-2015 -Un autre extrait de l’image Landsat 8 acquise le 10 février : le lac d’Annecy, le lac du Bourget et,
à la limite du Parc National de la Vanoise, le domaine de Méribel les trois vallées.
Crédit image : USGS. Traitement image : Gédéon

 

Un peu de traitement d’image…

C’est l’occasion de parler un peu technique en abordant la représentation des images multispectrales.

L’instrument OLI (Operational Land Imager) de Landsat 8 fournit 8 bandes spectrales, couvrant le spectre visible, proche infra-rouge et infrarouge à coute longueur d’onde (SWIR) entre 0,433 µm et 2,300 µm, ainsi qu’une bande dite panchromatique entre 0,500 µm et 0,680 µm.

Avec Landsat 8, on obtient facilement une image en couleurs naturelles, en combinant les bandes 4 (rouge), 3 (vert) et 2 (bleu). Comme ces bandes ont une résolution de 30 mètres, l’image obtenue en combinant simplement les bandes 4, 3, 2 a des pixels de 30 mètres.

On peut faire un peu mieux en exploitant la bande panchromatique à 15 mètres de résolution et produire ce qu’on appelle une image « pan-sharpened » en bon français…

En fait, cela consiste à remplacer l’information de luminance de l’image multispectrale à 30 mètres par la bande panchromatique qui fournit des détails plus fins : on combine alors les avantages de la plus haute résolution de la bande panchromatique avec ceux de la couleur de l’image multispectrale.

Voici ma recette de cuisine pour y parvenir. Je vous invite à essayer : c’est très satisfaisant de voir apparaître sur l’écran une belle image en couleurs qu'on a construit soi-même à partir des bandes spectrales brutes et c’est un très bon exercice pour découvrir les notions de teinte, saturation et luminance :

  • Allez sur le site USGS Earth Explorer et charger une image Landsat 8 de votre choix. Les images en en accès libre mais il faut créer un compte à votre nom pour pouvoir charger les fichiers en pleine résolution. Vous récupérez ainsi un fichier d’archive compressé assez volumineux (environ 1 GO) qui contient l’ensemble des bandes spectrales ainsi qu’un fichier décrivant les données (méta-données).
  • Avec votre logiciel de retouche photo préféré, chargez les fichiers correspondant aux bandes 4, 3 et 2 et utilisez la fonction « combiner les canaux » pour créer une image multispectrale. Enregistrez le résultat.
  • Transformez l’image en passant du mode RVB au mode TSL (Teinte, Saturation, Luminance).
  • Ré-échantillonnez l’image en doublant la largeur et la hauteur. Vous avez maintenant une image multispectrale qui a les mêmes dimensions que le canal panchromatique.
  • Chargez le canal panchromatique (bande 8 pour Landsat 8) et copiez-le dans le presse-papier.
  • Sélectionnez le calque « Luminance » de la première image et remplacez-le par le canal 8.
  • Ajustez le contraste et la luminosité ou, mieux, modifiez la courbe de représentation des couleurs. Pour cette image, j’ai également un peu poussé la saturation pour renforcer les couleurs.
  • C’est fini : vous avez maintenant une image composite qui contient l’information de couleur des canaux 4, 3 et 2 et l’information de luminance du canal 8. Vous pouvez comparer avec l’image intermédiaire que vous avez enregistrée : les détails sont beaucoup plus fins.

 

Ça suffit la RAM ?

Pour effectuer les opérations précédentes, vous pouvez utiliser un logiciel gratuit comme Gimp-2. Dans l’idéal, il faut un outil qui manipule des images codées sur 16 bits : les données brutes de Landsat 8 sont codées sur 2 octets. Les logiciels gratuits qui le permettent sont assez rares… J’ai utilisé ici un logiciel professionnel (Corel PaintShop Pro X5) qui a l’avantage de conserver l’information codée sur 16 bits du début jusqu’à la fin du traitement.

Dans tous les cas, il vous faut un PC ou un Mac musclé, avec beaucoup de RAM : on manipule ici des images de grande taille voici quelques ordres de grandeur pour fixer les idées :

  • Une image Landsat 8 en mode panchromatique contient 15621 lignes de 15421 pixels. C’est l’équivalent d’un appareil photo de 241 millions de pixels. L’image codée sur 16 bits pèse 459 MO.
  • Après avoir redimensionné l’image multispectrale (nombre de pixels multiplié par 4), vous obtenez un fichier non compressé de 1378 MO. Il faut que votre machine ait assez de mémoire pour faire la conversion RVB / TSL.

Si vous ne voulez pas traiter l’image complète, vous pouvez au préalable extraire la zone qui vous intéresse pour manipuler des fichiers plus petits. Par contre, il est très délicat de bien sélectionner les vignettes multispectrales et panchromatiques qui n’ont pas les mêmes dimensions.

 

Neige et nuages

La fin de la semaine et la Saint-Valentin marquent la fin des conditions anticycloniques avec l’arrivée d’une zone dépressionnaire et un temps perturbé : la météo devrait se dégrader au cours du week-end, avec de nouvelles chutes de neige mais aussi de la pluie.

Pour la seconde semaine et le démarrage des vacances de la zone C (Paris, Bordeaux, Créteil, Versailles), l'enneigement restera très satisfaisant sur l'ensemble des massifs mais la météo devrait donc être un peu moins sympathique. Les températures seront conformes aux moyennes de saison.

Les trois images suivantes montrent l’évolution de la situation météo entre le 9 et le 14 février 2015.

 

Terra - MODIS - France - Météo des vacances - 09-02-2015 Terra - MODIS - France - Météo des vacances - 11-02-2015 Terra - MODIS - France - Météo des vacances - 14-02-2015

Evolution de la situation météo entre la première et la deuxième semaine de vacances de février 2015.

Série d’images MODIS prises par le satellite Terra e 9, le 11 et le 14 février 2015. Composition colorée
des canaux 7, 2 et 1. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response.

 

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 20:12

Avion - Alpes - Nuages et sommets - 03-12-2014Joli spectacle vu à travers le hublot d’un Embraer 195. A bord du vol Lufthansa LH 1944 opéré
par Air Dolomiti entre Munich et Gênes. Crédit image : Gédéon

 

Il est difficile de voir un paysage du même point de vue qu’un satellite d’observation. Parfois, cela arrive…

Mercredi 3 décembre, j’ai eu la chance de voir les Alpes d’une manière assez inhabituelle à l’occasion d’un vol entre Munich en Allemagne et Gênes en Italie. Vu d’avion, par beau temps, le spectacle des Alpes enneigées au début de l’hiver est toujours magnifique, à condition de prendre le temps de regarder à travers les hublots.

Mercredi, plusieurs éléments se combinaient pour accentuer encore la beauté du paysage : le ciel bleu, le soleil, les sommets partiellement enneigés et des nuages bas.

Voici deux autres photographies prises depuis l’avant de l’avion sur la gauche et sur la droite. Les photographies prises à travers les hublots ne sont pas de très bonne qualité mais c’est quand même un assez joli spectacle. Je n’ai pas localisé précisément l’endroit mais cela ne doit pas être très loin d'Innsbruck, Davos ou Saint-Moritz. Cerise sur le gâteau, la Lune est aussi au rendez-vous.

 

Avion - Alpes - Nuages et sommets 2 - 03-12-2014Avion - Alpes - Nuages et sommets 3 - 03-12-2014Sommets enneigés, neige et nuages bas au-dessus des alpes. A bord du vol Lufthansa LH 1944
opéré par Air Dolomiti entre Munich et Gênes. Crédit image : Gédéon

 

A Gênes, il y a du plaisir…

La descente sur Gênes est également très spectaculaire avec la mer, le port, les collines et la lumière du soleil de fin d’après-midi qui éclaire les façades de ville.

Evidemment, J’ai eu la curiosité de regarder si je pouvais trouver des images de satellites d’observation qui aient immortalisé la même scène.

Inutile de penser à Pléiades ou à Spot 6 et Spot 7 : elles ne sont pas en accès libre et la galerie d’images n’en compte que quelques dizaines.

Par contre, je suis toujours à peu près certain de trouver au moins une image à résolution moyenne prise par l’instrument MODIS de satellites américains Aqua et Terra : sa très large fauchée (2330 km) permet une revisite quotidienne. Et la résolution moyenne (250 ou 500 mètres au NADIR selon les bandes spectrales) donne des résultats intéressants quand on s’intéresse à une région dans son ensemble.

Voici un extrait d’une image prise le 3 décembre par le satellite Aqua. Elle est présentée en couleurs naturelles.

 

Aqua - MODIS - Alpes - Neige - Nuages bas - 03-12-2014Les Alpes vues par l’instrument MODIS du satellite Aqua le 3 décembre 2014. Représentation en
couleurs naturelles. Crédit image : NASA / GSFC – MODIS Rapid Response

 

Si vous lisez régulièrement le blog Un autre regard sur la Terre, vous savez que je trouve que les paysages partiellement enneigés et nuageux illustrent de manière très pédagogique l’apport des bandes spectrales situées en dehors du spectre visible. C’est également le cas avec la végétation dans les zones touchées par un incendie.

Voici donc la même image présentée ici en combinant les bandes spectrales 7, 2 et 1 affichées respectivement en rouge, vert et bleu sur votre écran. On distingue bien mieux la neige et les nuages bas : la neige apparaît en bleu ciel, les nuages en blanc. Pourquoi ? Je vous renvoie à d’autres articles pour des explications plus détaillées sur l’intérêt et le comportement de chaque bande spectrale.

 

Aqua - MODIS - Alpes - Neige - Nuages bas - 03-12-2014 - 72Les Alpes vues par l’instrument MODIS du satellite Aqua le 3 décembre 2014. Représentation
dite « 721 ». Crédit image : NASA / GSFC – MODIS Rapid Response

 

La veille, il y avait également des motifs intéressants liés au relief et à la couverture nuageuse :

 

Aqua - MODIS - Alpes - Neige - Nuages bas - 02-12-2014Aqua - MODIS - Alpes - Neige - Nuages bas - 02-12-2014-2Deux extraits d’une image des Alpes et du nord de l’Italie prise par l’instrument MODIS du
satellite Aqua le 2 décembre 2014. Représentation en couleurs naturelles.
Crédit image : NASA / GSFC – MODIS Rapid Response

 

J’avais quand même envie de vérifier si je pouvais trouver des images à plus haute résolution pour mieux voir les détails du relief et la limite de la mer de nuages.

En attendant le lancement du satellite européen Sentinel 2 et 2015, la principale source de données à relativement haute résolution distribuées librement, c’est Landsat 8. A une altitude de 705 kilomètres, son instrument OLI (Operational Land Imaging) offre une fauchée de 185 km et une résolution de 15 ou 30 mètres au nadir. Par contre, avec un seul satellite opérationnel en orbite, la revisite n’est que de 16 jours : selon, la latitude, il faut attendre jusqu’à deux semaines pour que Landsat 8 repasse au-dessus d’une même région. Cette limitation est d’ailleurs un des soucis de la NASA et de l’USGS qui n’ont pas actuellement le budget nécessaire pour assurer la suite de la mission Landsat.

 

Comparaison satellites Landsat 8 - Sentinel 2Comparaison des caractéristiques des satellites Landsat 8 (NASA / USGS) et Sentinel 2 (ESA).
Crédit image : illustration Gédéon à partir d'images ESA et NASA

 

Jusqu’à la panne de Landsat 7, il y avait toujours eu deux satellites simultanément en opération, ce qui permettait d’avoir une revisite d’environ 8 jours. Inutile de dire que l’arrivée programmée des deux premiers satellites européens Sentinel 2 avec un instrument optique qui a des caractéristiques voisines, intéresse beaucoup les américains. La seule différence majeure est l’absence d’instrument infrarouge thermique sur Sentinel 2. Sentinel 1, le satellite Radar du programme Copernicus, a été lancé en mars 2014 et fonctionne parfaitement.

C’est donc actuellement un peu aléatoire d’espérer trouver une image d’une région précise prise un jour précis par Landsat 8.

 

Bingo !

Et pourtant… Voici deux extraits d’une image prise par le satellite Landsat 8 le 3 décembre 2014, quelques heures avant le passage de mon avion en route vers Gênes.

 

Landsat 8 - Alpes - Neige et nuages - 03-12-2014

Landsat 8 - Neige et nuages - 03-12-2014Les Alpes entres Munich et Gênes : deux extraits d’une composition colorée dite « natural colors »
d’une image acquise le 3 décembre 2013 à 10h05 UTC par le satellite Landsat 8. L’extrait du bas
est affiché dans la meilleure résolution possible pour les bandes spectrales utilisées.
Crédit image : U.S. Geological Survey (USGS)

 

Il s’agit ici d’une composition standard appelée « natural colors » par l’USGS et combinant les bandes spectrales suivantes :

  • Bande 6 (bande infra-rouge SWIR entre 1,57 et 1,65 µm), représentée en rouge sur l’écran,
  • Bande 5 (bande proche infra-rouge entre 0,85 et 0.88 µm), représentée en vert,
  • et bande 4 (bande rouge entre 0,64 et 0,67 µm) représentée en bleu.

C’est donc assez loin des couleurs naturelles que notre œil est habitué à voir. L’avantage est de pouvoir mieux distinguer la neige ou la glace des nuages bas. La végétation reste verte : le canal proche-infrarouge, représentée en vert, est sensible à l’activité chlorophyllienne.

La résolution des images précédentes est de 30 mètres au sol. Le satellite Landsat 8 possède également une bande panchromatique large (la bande 8 entre 0,52 et 0,90 µm) mieux résolue à 15 mètres de résolution. Voici un extrait de la même image en pleine résolution dans la bande panchromatique. Cela fait de belles images en noir et blanc :

 

Landsat 8 - Alpes - 03-12-2014 - 10h05 - ExtraitLes Alpes entre Munich et Gênes : un extrait en pleine résolution (15 mètres) de l’image acquise
le 3 décembre 2014 à 10h05 UTC par le satellite Landsat 8. Seule la bande panchromatique
est utilisée ici. Crédit image : U.S. Geological Survey (USGS)

 

Pour la petite histoire, je suis allé à Gênes pour une conférence sur la sécurité des transports (Transport Safety Research Conference) organisée dans le cadre de la présidence italienne de l’Union Européenne. Au retour, cela fait donc une drôle d’impression de voir depuis l’avion l’épave du Costa Concordia qui attend son démantèlement dans le port. Les articles sur le naufrage du Costa Concordia et son renflouage sont parmi les plus lus du blog Un autre regard sur la Terre.

 

Gênes - Port - Costa Concordia - Décembre 2014L’épave du Costa Concordia dans le port de Gênes. Crédit image : Gédéon.

 

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 13:51

 

Metop-A - Typhon Neoguri - Japon - 08-07-2014 - 01h00Le super typhon Neoguri vu par le satellite Metop-A le 8 juillet 2014 à 1h00 UTC.
Crédit image : Eumetsat

 

Sur les images des satellites météorologiques, comme ici avec le satellite européen Metop-A, les cyclones et les typhons sont toujours spectaculaires… Neoguri est ici au-dessus de l’île dOkinawa, l’extrémité sud du Japon à l’est de Taïwan.

 

Neoguri : premier super typhon de la saison 2014

Neoguri est partciulièrement impressionnant : c’est un super typhon, la premier de la saison 2014 dans le Pacifique nord-ouest. Dans cette région, entre mai et novembre , 16 des 25 tempêtes tropicales se transforment en typhon et quelques-uns deviennent des super typhons dévastateurs. On se souvent par exemple des dégâts causés dans les Philippines par le super typhon Haiyan en novembre 2013.

Le super typhon Neoguri est classé en catégorie 4 sur l'échelle de Saffir-Simpson qui compte 5 niveaux.

 

MTSAT-2 - Typhon Neoguri - 07-07-2014 - 09h00Le super typhon Neoguri vu par le satellite MTSAT-2 (alias Himawari-7) le 7 juillet 2014 à 9h00 UTC.
Crédit image : Japan Meteorological Agency (JMA)

 

Le Japon est donc en alerte maximale avant l'arrivée de Neoguri qui se déplace à 30 km/h vers le nord-ouest et a donc atteint le sud du Japon et l'île d'Okinawa mardi 8 juillet. Dans un bulletin mis à jour par l’agence météorologique japonaise à 8h50 UTC, le centre du typhon est actuellement à 26,8°N et 125,6°E. La pression au centre est de 945 hPa et les rafales atteignent 85 nœuds (60m/s ou 216 km/h)

Selon ces prévisions, Neoguri pourrait encore se renforcer en passant au-dessus d’eaux chaudes. Le super typhon devrait atteindre l’île de Kyushu mercredi, entraînant des pluies torrentielles et très certainement des inondations.

Voici une des dernières images du satellite MTSAT-2 disponible dans le canal visible (fin d'après-midi au Japon) au moment de la publication de cet article.

 

MTSAT - 08-07-2014 - 7h30 - visImage du satellite géostationnaire japonais MTSAT-2 - 8 juillet 2014 à 7h30 UTC. Canal visible.
Crédit image : Japan Meteorological Agency (JMA)

 

L’avantage des satellites géostationnaires est de fournir des images très régulièrement (30 minutes pour l’hémisphère nord dans le cas de MTSAT-2) et en temps réel pour alimenter les modèles de prévision météo, en visible et en infrarouge permettant ainsi le suivi des mouvements de l’atmosphère et des nuages tout au long de la journée et de la nuit. Ces modèles permettent ainsi de prévoir la trajectoire et la force du typhon sur plusieurs jours.

 

JMA - Typhoon Neoguri - position forecast - 08-07-2014 - 3Prévision de position et trajectoire sur 3 jours du super typhon Neoguri, établi le 8 juillet 2014
à 8h00 UTC. Crédit image : Japan Meteorological Agency (JMA)

 

Orbites polaires et tempêtes tropicales

Les satellites météorologiques en orbite polaire à basse altitude (817 km pour Metop-A lancé en octobre 2006 et Metop-B lancé en septembre 2012, Metop-C doit être lancé en 2017) complètent les informations des satellites géostationnaires avec des mesures d’humidité, de vitesse et de direction des vents et de mesure de profils de l’ozone atmosphérique. Par exemple, l’instrument IASI, fourni par le CNES, a beaucoup changé la manière de mesurer les concentrations et la circulation de gaz comme le dioxyde de carbone. On reparlera de l’instrument IASI et de la nouvelle version IASI NG dans un autre article…

 

Revenons en Asie…

L‘illustration suivante provient de l’instrument ASCAT du satellite Metop-B, superposée à un fond d’image provenant de l’instrument AVHRR. Elle illustre la force des vents de Neoguri.

 

Metop-B - Typhon Neoguri - ASCAT - 06-07-2014 - 1h20L’intensité des vents du typhon Neoguri. Carte provenant de données acquises par le satellite
Metop-B. Directions et vitesses de vent mesurées par l’instrument ASCAT. Données du 6 juillet 2014
à 1h20 UTC. A ce moment, Neoguri est au nord-est des Philippines. Les vents mesurés les plus forts atteignent alors 144 km/h. Crédit image : Eumetsat

 

Le scattéromètre ASCAT est un radar en bande C opérant à 5,255 GHz. Les échos du signal émis par le satellite et réfléchis par la surface de la mer, dont l’état de surface est modifié en fonction de la direction et de la vitesse des vents. Les deux ensembles de trois antennes de la charge utile ASCAT, fabriquée par Airbus Defence and Space en Allemagne, mesurent les caractéristiques du vent sur deux bandes de 500 km de largeur de part et d’autre de la trace du satellite.

AVHRR (pour Advanced Very High Resolution Radiometer) est un instrument imageur destiné à l’observation continue de la couverture nuageuse, de la glace et de la neige, de la température de surface de la mer et de la végétation. Il fournit des images deux fois par jour à une résolution de 1 km, dans les bandes visibles (3 bandes) et infrarouge thermique (3 bandes). AVHRR est un instrument de Metop fourni par la NASA.

 

Froid dessus, chaud devant…

L’image suivante provient également de Metop-A. Il s’agit ici d’une image prise dans le canal infra-rouge qui permet de mesure la température, et donc l’altitude, du sommet des nuages du typhon : en dessous de -70°C !

 

Metop-A - Typhon Neoguri - Japon - IR - 08-07-2014 - 01h00Le super typhon Neoguri vu par le satellite Metop-A le 8 juillet 2014 à 1h00 UTC. Canal infrarouge
pour la mesure de la température du sommet des nuages. Crédit image : Eumetsat

 

Pour finir, voici deux images de Neoguri provenant de satellites américains.

La première a été prise par l’instrument VIIRS (Visible Infrared Imaging Radiometer Suite) du satellite Suomi-NPP. La seconde provient de l’instrument MODIS du satellite Aqua. Elle data du 8 juillet 2014. Contrairement à Terra, le satellite Aqua prend les images au cours des passages du sud vers le nord (passage au nœud ascendant à 13h30 pour Aqua, passage au nœud descendant à 10h30).

 

SUOMI-NPP - VIIRS - Neoguri - Typhoon - 07-07-2014 - 4h55Le super typhon Neoguri vu le 7 juillet 2014 à 4h55 UTC par l’instrument VIIRS du

satellite NPP-Suomi. Crédit image : NASA

 

Aqua - MODIS - Typhoon Neoguri - Japan - 08-07-2014Le super typhon Neoguri vu le 8 juillet 2014 l’instrument MODIS du satellite Aqua.

Crédit image : NASA

 

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 14:00

Meteosat 10 - Printemps 2014 - Giboulées de marsC’est le printemps : voilà les giboulées de Mars ! Série de trois images du satellite Meteosat 10
prises les 20, 21 et 22 mars 2014 à 12h00 UTC. Crédit image : Eumetsat

Y a d'la joie, bonjour, bonjour les hirondelles
Y a d'la joie dans le ciel, par-dessus le toit
Y a d'la joie et du soleil dans les ruelles
Y a d'la joie, partout y a d'la joie

Charles Trenet

Alice, V’la le printemps !

Avec l’arrivée du printemps c’est le retour des nuages et de la pluie en France…

En 2014, le printemps, c’était le 20 mars. Très précisément, l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides (IMCCE) précise que l’équinoxe de printemps 2014 a lieu exactement à 16h56m51s UTC soit 17h56m51s en heure légale.

En termes plus poétiques, l’IMCCE précise qu’au moment de l’équinoxe de printemps, le soleil à une déclinaison nulle et croissante et une ascension droite égale à 0h0m. Je vous invite à consulter le site de l’IMCCE si vous voulez en savoir plus sur cette définition du printemps ou à regarder comment l’équinoxe de printemps sur manifeste sur les images des satellites météorologiques en orbite géostationnaire. Au printemps, on a la confirmation que la Terre est sphérique. En été et en hiver, on se rend compte que son axe de rotation est incliné par rapport au plan de l'orbite de la Terre autour du soleil, le plan de l'écliptique.

 

Meteosat 10 - Equinoxe de printemps - 20 mars 2014 - 06h00 Meteosat 10 - Equinoxe de printemps - 20 mars 2014 - 17h00

Images de la Terre vue par le satellite Meteosat 10 le jour de l’équinoxe de printemps 2014.

A gauche, image prise le 20 mars 2014 à 8h00 UTC. A droite, image prise le même jour à 17h00 UTC, pratiquement à l’heure exacte de l’équinoxe. Crédit image : Eumetsat

 

D’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre vous permettent de comparer la configuration au moment des équinoxes avec celles du solstice d’hiver ou du solstice d’été.

 

A la bonne heure…

L’IMCCE explique également que les dates que la directive européenne 2000/84/CE fixe le passage à l’heure d’été au dernier dimanche de mars à 1h UTC. Le passage à l’heure d’hiver se fait le dernier dimanche d’octobre à 1h UTC.

Le passage à l’heure d’été se déroulera dimanche 30 mars 2014 à 2 heures du matin. Il faudra ajouter 60 minutes à l’heure légale. Il sera alors 3 heures.

Le changement d’heure a été instauré en France à la suite du choc pétrolier de 1973-1974. Depuis 1998, les dates de changement d’heure ont été harmonisées au sein de l’Union européenne.

Le décalage entre le temps légal et le Temps universel Coordonné (UTC) pour l'année 2014 est donc de +1 heure depuis le début de l'année jusqu'au dimanche 30 mars 2014 à 1h UTC. Il sera de +2 heure du dimanche 30 mars 2014 à 1h UTC jusqu'au dimanche 26 octobre 2014 à 1h UTC.

 

Printemps en avance

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas…

Après l’hiver pluvieux, les inondations en Bretagne et les tempêtes à répétition de l’hiver 2013-2014, le début du mois de mars nous a offert des conditions printanières précoces : une longue période anticyclonique a démarré à la fin de la première semaine, avec des pressions atmosphériques dépassaient 1020 hPa sur une grande partie de la France, se rapprochant même de 1030 hPa au Nord de la Seine.

Le contraste avec 2013 est saisissant : alors que le soleil et la douceur étaient au rendez-vous pendant la première quinzaine de mars 2014, la moitié nord du pays subissait un épisode de neige intense, des plaques de verglas et des températures très froides à la même époque en 2013.

L’anticyclone protège la France des perturbations. L’image suivante prise l’instrument VIIRS du satellite SUOMI NPP montre une France pratiquement sans nuages, même si le trait de côte au nord-ouest est bien « grignoté » par les nuages au-dessus de l’atlantique et de la mer du nord. La neige est encore bien abondante dans les Pyrénées et les Alpes et c’était la bonne période pour le ski.

 

SUOMI - NPP - VIIRS - France Pollution - 14-03-2014L'anticyclone et l'épisode de pollution aux particules fines en France en mars 2014. Image prise par l'instrument VIIRS du satellite SUOMI NPP le 14 mars 2014. Crédit image : NASA

Selon un bilan de Météo France, les températures maximales ont souvent atteint des températures de plus de 20° au-dessus de celles de 2013 à la même période. On a ainsi relevé 21,6°C dimanche 9 mars à Paris, 20,7°C le lundi 10 mars, soit 9 à 10 degrés au-dessus des normales. Même écart au Mans avec 21,8°C le 9 et 21,3°C le 10 mars 2014.

 

Pollution aux particules fines

Revers de la médaille, l’anticyclone ne nous met pas à l’abri de nos propres activités polluantes. Il aggrave même la situation. Les grandes agglomérations françaises ont subi des niveaux record de pollution atmosphérique qui ne se dispersent pas en l'absence de vent, en particulier sur le nord, l’est et le sud-est du pays.

C’est un nouvel épisode de pollution aux particules fines qui a touché la France et cette pollution a atteint un niveau record. La pollution et la brume sont visibles sur l’image : c’est le voile gris clair qui réduit le contraste sur la partie nord de l’image.

Paris a ainsi connu son plus grave épisode de pollution de l'air depuis des années : on a beaucoup parlé des PM2.5, ces particules fines dont le diamètre équivalent est inférieur à 2,5 micromètres. En région parisienne, leur concentration moyenne a atteint 75 à 80 µg/m³ entre le 11 et le 13 mars. Ponctuellement, les concentrations ont atteint des niveaux bien plus élevés. Pour fixer les idées, l'Organisation mondiale de la santé (WHO) a fixé le seuil d’alerte pour les particules PM2.5 à 25.

 

Pic plat… Un pic qui dure, est-ce un pic ?

Pendant les périodes de conditions anticycloniques, l’ensoleillement de la journée crée une augmentation de la température de l’air en altitude, alors qu’il est généralement plus froid que l’air au sol. Cette inversion de température transforme la couche d’air chaud en couvercle : les polluants et les particules fines sont piégés à proximité du sol sans que le vent ne puisse les disperser efficacement. J’ai déjà évoqué ce phénomène dans un article récent.

 

Immatriculation conception : impair et passe

Après 5 jours de pic de pollution, le gouvernement français a pris la décision de mettre en œuvre la mesure de trafic alterné : seules les voitures avec un numéro d’immatriculation impair ont pu circuler le 17 mars 2014 à Paris et en proche banlieue. Même si l’interdiction a été décidée tardivement et n’a duré qu’une journée, une telle mesure n’avait pas été prise depuis 1997.

Les autres régions françaises n’ont pas été épargnées. Voici par exemple un extrait du communiqué publié par l’ORAMIP pour le 16 mars 2014 en région Midi-Pyrénées

 

ORAMIP - Pollution particules - Midi-Pyrénées - 16-03-201Cartes extraites du communiqué de l’ORAMIP pour la journée du 16 mars 2014.

 

Saisons météorologiques ou astronomiques : le choix dans la date

La météo du début du mois de mars 2014 nous rappelle que le printemps des météorologues commence bien avant l’équinoxe de printemps.

Si les saisons astronomiques ou calendaires débutent avec les équinoxes (printemps et automne) et les solstices (été et hiver), en météorologie, elles débutent en effet plus tôt et correspondent à des périodes de trois mois pleins.

Pourquoi un tel décalage ? L'été, par exemple, correspond dans l’hémisphère nord à la période de l'année la plus chaude. La durée d'ensoleillement maximale se situe autour du solstice d'été (20 ou 21 juin). A cause de l'inertie thermique de l'atmosphère, ce n'est qu'environ trois semaines plus tard, mi-juillet, que la température moyenne atteint généralement à son maximum. Les météorologues considèrent que cette période correspond au milieu de l'été : l'été météo commence ainsi début juin et s'achève fin août. Le même raisonnement s’applique en hiver avec un pic mi-janvier (plutôt un creux en l’occurrence si on regarde le thermomètre).

 

Aqua - MODIS - France - Printemps - 20-04-2014Le printemps 2014 en France. Image prise par l’instrument MODIS du satellite Aqua le 20 mars 2014.
Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

23 mars : Journée mondiale de la météo

Lancée à l’initiative de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), la Journée mondiale de la météo a lieu le 23 mars. En 2014, elle a pour thème "Temps et Climat, mobilisons les jeunes".

Selon Michel Jarraud, Secrétaire général de l'OMM, «La température de l'atmosphère et des océans continue d'augmenter, les calottes glaciaires et les glaciers reculent inexorablement, le niveau de la mer s'élève et l'on assiste à une augmentation de la fréquence et/ou de l'intensité d'un certain nombre de phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes.

Notre dépendance actuelle à l'égard des combustibles fossiles entraînera un réchauffement marqué de la planète, qui pourrait atteindre 4°C d'ici la fin du siècle par rapport à l'ère préindustrielle. Nous pouvons encore limiter le réchauffement à moins de 2°C, mais pour cela une réduction considérable et rapide des émissions de gaz à effet de serre s’impose. »

   

Journée météorologique Mondiale 2014 - Temps et climatL’affiche de la Journée
mondiale de la météo 2014

Tous les glaçons et les filles de mon âge…

Michel Jarraud ajoute : « L’action pour le climat ne consiste pas uniquement à réduire les émissions de CO2 : elle concerne chacun d’entre nous et nous appelle à nous interroger sur ce que nous sommes prêts à faire pour mettre en pratique les valeurs que nous partageons. Les jeunes foisonnent d'idées novatrices et originales quant à la manière de considérer les problèmes et de les résoudre, et les solutions qu'ils préconisent sont souvent justes et équitables. »

Météo-France participe à cette journée et donne la parole aux jeunes, engagés pour la météo et le climat, autour d'une question : « comment se mobilisent-ils personnellement et concrètement sur les questions climatiques ? »

Des interviews seront publiées le jour-même sur le site Météo France. Côté réseaux sociaux, Météo-France organise également via son compte Twitter une opération #askMF pour répondre aux questions des internautes sur les évolutions du climat. De 15h à 17h, David Salas y Mélia et Samuel Somot, deux chercheurs de Météo-France, répondront à toutes les questions sur le changement climatique. On peut envoyer ses questions dès maintenant par courrier électronique à l'adresse askmeteofrance@meteo.fr, (préciser son pseudo Twitter).

 

A Toulouse, les dixièmes Rencontres Météo Jeunes

Deux mois plus tard, le 22 mai, c’est à Toulouse que les jeunes passionnés ont rendez-vous avec la météo.

Les Rencontres Régionales Météo Jeunes (RRMJ), manifestation organisée par Météo France et Planète Sciences Midi-Pyrénées, en partenariat avec l’Association des Anciens de la Météo, la Société Météorologique de France et Infoclimat, permettent de valoriser des projets en météorologie par les jeunes de la région Midi-Pyrénées menés dans le cadre scolaire.

Cette journée est également l’occasion de proposer des rencontres conviviales entre les jeunes et sont pour eux l’occasion de rencontrer des météorologues et des médiateurs scientifiques et de découvrir les métiers de la météorologie.

Chaque club est invité à présenter son projet à un jury composé de scientifiques et des représentants des partenaires.

 

Rencontre-Meteo-Jeune---lacher-Ballon-stratospherique--.JPGUn lâcher de ballon stratosphérique de l'opération "Un ballon pour l'école" pendant les rencontres
Météo-Jeunes à Toulouse. Crédit image : Planète Sciences Midi-Pyrénées

 

10 ans, 10 ateliers

Les jeunes participent également à divers ateliers météo, autour de thèmes comme la carte de vigilance, les satellites météo, les précipitations et tempêtes, la lecture de cartes météo, etc.

Moment important : le lâcher d’un ballon sonde… Les mesures de l’atmosphère sont effectuées pendant l’ascension du ballon jusqu’à 30 km d’altitude et retransmises en direct.

Et aussi le quiz météo, des projections de films. La journée se termine par la remise des prix et la photo-souvenir.

Rendez-vous le 22 mai 2014 sur le site de Météo France à Toulouse...

 

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