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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 23:38

 

Aqua - MODIS - Cyclone Bejisa - La Réunion - 02-01-2014Le cyclone Bejisa vu par l’instrument MODIS du satellite Aqua le 2 janvier 2013.
Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

Un an presque jour pour jour après le cyclone Dumile en janvier 2013, l’île de la Réunion débute l’année 2014 avec une alerte rouge météo.

 

Un passage en coup de vent

Jeudi soir, le cyclone Bejisa commençait à s’éloigner du département français du sud de l’Océan Indien après être passé au large de la côte ouest de l’île. Le passage du cyclone s’est accompagné de vents très violents et de précipitations intenses : selon Météo France, les rafales ont atteint 151 km/h à Petite France. Ce sont surtout les quantités de précipitations qui sont impressionnantes : 600 litres/m2 à Cilaos, 800 litres au niveau du Piton de la Fournaise. Pas loi d'un m3 par m2 !

Les dégâts causés à la végétation et aux cultures sont très importants. De nombreuses habitations, en particulier celles avec des toits de tôles, ont subi des dommages.

Bejisa a notamment endommagé le réseau électrique : en début de soirée, environ 170000 foyers étaient privés d’électricité. L'alimentation en eau a été également souvent coupée. Les routes sont rendues impraticables à cause des chutes d'arbres ou branches ou de la submersion côtière. Le relief particulier de l'île a accentué le ruissellement de l'eau et les débordements des ravines, à proximité de la côte.

Il y a au moins un décès. Quinze personnes ont été blessées, dont deux grièvement.

 

L'oeil du cyclone tenu à l'oeil par les satellites météo

Depuis son poste d’observation en orbite géostationnaire, la satellite Meteosat 7 est en position idéale pour suivre la trajectoire du cyclone Bejisa et son évolution : lancé depuis Kourou le 2 septembre 1997, Meteosat 7 occupe la position "IODC" depuis le 1er novembre 2006. IODC signifie "Indian Ocean Data Coverage". Sur l'orbite géostationnaire, Meteosat 7 occupe une position à la longitude 57°E. Il est donc particulièrement bien placé pour observer les mouvement de l'atmosphère autour de l'île de la Réunion (21°09'S et 55°30'E).

Son instrument sensible à l’infra-rouge thermique permet de mesurer la température des nuages de jour comme de nuit.

J’ai assemblé une série d’images pour créer une petite séquence vidéo qui montre la trajectoire de Bejisa entre le 29 décembre 2013 et le 3 janvier 2014.

J’utilise ici le canal centré sur la longueur d’onde à 11,5 µm. Eumetsat publie ces données pratiquement en temps réel. Elles sont mises à jour toutes les heures sur son site Internet.

 

Rafales de vent et images en rafales

La séquence vidéo que j’ai montée est très accélérée : chaque image est affichée environ 0,25 seconde, alors qu’il s’écoule normalement une heure entre deux images consécutives.

 

Séquence vidéo montrant la trajectoire et l’évolution du cyclone Bejisa réalisée à partir d’une
séquence d’images du satellite géostationnaire Meteosat 7 entre le 29 décembre 2013 et
le 3 janvier 2014. Crédit image : Eumetsat.

 

A titre de comparaison, voici la prévision de trajectoire publiée par Météo France le 2 janvier 2013 au moment du passage en alerte rouge :

 

Meteo-France---Trajectoire-Bejisa---02-01-2014.pngMeteo-France---Trajectoire-Bejisa---Legende.pngPrévision de trajectoire du cyclone Bejisa publiée le 2 janvier 2014 par Météo France.
Crédit image : Météo France

 

En savoir plus :

 

 


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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 17:14

Meteosat 10 - Solstice hiver - 20-12-2013 - 6h00Image prise par Meteosat 10 le 21 décembre 2013 à 6h00 UTC. C’est l’hiver ! Le contour des pays
et des continents est un traitement effectué au sol. Crédit image : Eumetsat

 

Le jour le plus court de l‘année

Le solstice d’hiver, c’est aujourd’hui, le 21 décembre 2013, comme l’année dernière et l’année prochaine. Très exactement à 17h11 UTC soit 18h11 en heure française.

C’est la période de l’année où le soleil est le plus bas au-dessus de l’horizon à midi, au moment du passage au méridien.

C´est également le jour où le Soleil se lève le plus au sud-est et se couche le plus au sud-ouest.

Au moment du solstice d’hiver, le soleil atteint sa déclinaison minimale dans l'hémisphère nord, -23°26’, correspondant à l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport au plan de l’orbite de la Terre autour du soleil.

 

Parallèle mais presque

Je vous renvoie à d’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre ou sur le site de l’Institut des Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides (IMCCE) pour d’autres explications sur les saisons.

Pour ceux qui aiment la géométrie dans l’espace, le plan équatorial terrestre n´étant pas parallèle au plan de l´écliptique, il le coupe suivant une droite : on l’appelle la ligne des équinoxes. Lorsque la direction du soleil est parallèle à celle ligne, la Terre se trouve aux équinoxes, en printemps et en automne.

La ligne perpendiculaire à la ligne des équinoxes est… la ligne des solstices.

Le 21 décembre 2013, au moment du solstice d’hiver, la direction du soleil se trouve dans cette direction, à 90° de la ligne des équinoxes.

A propos de degrés, quelles sont les températures les plus basses enregistrées sur Terre en hiver ? On oublie le rapporteur, place au thermomètre...

 

Records de température en France

Même s’il faisait plutôt frisquet ce matin à Toulouse, on est loin des records de températures enregistrés en décembre en France. Le 18 décembre 1933, on a enregistré -25,8°C à Clermont-Ferrand.

Mais ce n’est pas en décembre qu’on enregistre les températures les plus basses. Il faut attendre que l’hiver soit vraiment là...

 

Moumoute à Mouthe : en hiver, abstiens-toi d'aller dans le Doubs !

En France, la température la plus froide a été enregistrée à Mouthe dans le Doubs à 937 m d'altitude le 17 janvier 1985 avec -41°C et le 13 janvier 1967 avec -36,70°C.

Et ailleurs sur Terre ? Quelle est le record de température la plus basse ? A quel endroit ?

 

ISS---Himalaya---12-2013---ISS037-E-01791.jpgLa chaîne de l'Himalaya vue par l'équipe de l'expédition 37 à bord de la station spatiale
internationale (ISS). Image ISS037-E-17916 prise le 23 octobre 2013 à 8h06 UTC avec un Nikon D3S
et un téléobjectif de 180 mm de focale. Les amateurs de montagne reconnaîtront (sans peine ?) le K2,
le Broad Peak et les Gasherbrum I et II, 4 sommets à plus de 8000 mètres d'altitude.
Crédit image : NASA

 

Ce n’est pas au sommet de l’Everest ou dans la chaîne de l’himalaya : en janvier, le mois le plus froid, la température au sommet est en moyenne de -36°C et peut atteindre -60°C.

Même si en juillet, le mois le plus chaud, la température moyenne reste autour de -19 °C et qu’il gèle en permanence, le sommet de l’Everest n’est pas l’endroit le plus froid de la Terre.

Etonnamment c’est en août qu’on a enregistré la température la plus basse. En plein été ?

En août, mais dans l’hémisphère sud, en plein hiver austral et au cœur de l’antarctique.

 

La température la plus basse jamais mesurée sur Terre: - 93,2°C

La NASA vient de publier un article qui explique que des observations par satellites permettent de dire ce record a été établi en 2010 sur un plateau à l'est de l'Antarctique. Le précédent minimum était de -89,2°C en le 21 juillet 1983 dans la station russe Vostok, dans la même région de l’est de l’Antarctique.

 

Antarctique - Station Vostok - Vue aérienne - 12-2013Photographie aérienne de la station Vostok en Antarctique. Image prise le 27 novembre 2013 à
partir d'un avion Orion P3 de la NASA.  Crédit image : NASA

 

C'est la station Vostok, une des stations de recherche les plus isolées du monde, créée par l'ex-Union soviétique en 1957. La station est Vostok située à environ 1300 km du pôle Sud géographique. En dessous, environ 3700 mètres d'épaisseur de glace.Dans le cadre du programme "Icebridge", l'avion effectuait une opération de suivi de l'épaisseur de la glace en Antarctique. En 2016, la NASA doit lancer le satellite ICESat-2.

 

Thermomètre à 705 kilomètres d’altitude.

705 kilomètres, c'est l'altitude de l'orbite du satellite Landsat 8.

Ce sont des mesures du satellite Landsat 8 qui confirment que la valeur minimale pour 2013 a été établie le 31 juillet avec -93°C, soit seulement 0,2°C au-dessus du record absolu de 2010.

 

Record de température - Température la plus basse - FroidLes records de température en Antarctique et l'usage des satellites d'observation de la Terre.
Crédit image : NASA

 

Retour en France avec un premier bilan climatique de l’année 2013 : une année arrosée et peu ensoleillée

Météo France vient de publier sur son site un bilan provisoire pour l’année 2013.

Proche de la normale en Bretagne, sur la façade atlantique et le littoral méditerranéen, la température moyenne est en revanche généralement inférieure sur le nord et la moitié est du pays. La plupart des mois ont été frais. Seuls les mois de juillet à octobre ont été plus chauds que la normale.

 

Précipitations :

En 2013, la pluviométrie est excédentaire du Sud-Ouest au Nord-Est ainsi que sur la Corse, avec un excédent supérieur à 30 % dans le sud de la Champagne et de la Corse ainsi que sur les Pyrénées centrales. L'année a été particulièrement pluvieuse dans le Sud-Ouest, où les cumuls ont atteint des valeurs records.

En revanche, les précipitations sont déficitaires sur les régions du Nord-Ouest et les côtes du Languedoc-Roussillon. Cumulée sur l'ensemble du pays, la quantité d'eau recueillie devrait toutefois être supérieure à la valeur moyenne de près de 10 %.

 

Ensoleillement :

La durée d'ensoleillement annuelle devrait être légèrement déficitaire sur la majeure partie du pays. Ce déficit devrait être toutefois un peu plus marqué de l'Auvergne au Nord-Est, tandis que les valeurs relevées sur l'Ouest et le pourtour méditerranéen devraient être conformes à la normale.

 

Pour Météo France, les évènements marquants de l’année 2013 :

  • De la neige abondante sur tous les massifs, proche des records sur les Pyrénées pour l'hiver 2012-2013.
  • Un épisode hivernal tardif - du 11 au 15 mars - remarquable par les quantités de neige tombées dans le Nord-Ouest.
  • Un mois de mai très pluvieux, froid et peu ensoleillé.
  • Un épisode de fortes pluies et des inondations historiques, du 17 au 19 juin dans le Sud-Ouest.
  • Une vague de chaleur sur la France, entre le 15 et le 27 juillet.
  • La tempête Christian, les 27 et 28 octobre. La voiture de Maud s'en souvient...

 

En attendant le printemps, Jhoyteduxc vNbo¨pel ! (excusez-moi, j'écris cet article avec des moufles...)

 

Pour finir, une image prise par l'instrument MODIS du satellite Terra : de la neige au Moyen-Orient. C'est assez rare : mi-décembre, la ville de Jérusalem a été bloquée par la neige. Israël n'a pas connu de telles chutes de neige depuis 1879, avec au moins 50 cm de neige.

 

Terra - Modis - Neige Israel - 12-2013La neige à Jérusalem et au Moyent-Orient. Image prise par l'instrument MODIS du satellite Terra
le 15 décembre 2013. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response.

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 23:11

Terra---MODIS---Typhon-Pabuk---25-09-2013.jpgLe typhon Pabuk au large du Japon vu par le satellite Terra. Image prise par l’instrument MODIS
le 25 septembre 2013. Crédit image : NASA /GSFC / MODIS Rapid Response.

 

Super petit lapin ou speedy rabbit ?

Depuis quelques jours, c'est l'automne. En Asie, c'est surtout la pleine saison cyclonique.

Le 21 septembre 2013, le typhon Usagi, le 19ème de la saison, le premier supertyphon après Bopha en décembre 2012. Avec des rafales à plus de 300 km/h et des vagues de 9 à 10 mètres, il a fait au moins 25 morts dans le sud de la Chine, et paralysé le trafic aérien sur l'aéroport de Hong Kong.

Lundi 23 septembre, c’est le typhon Man-yi a traversé lundi le Japon du sud au nord, avec des pluies exceptionnelles. Dans la région de Fukushima, des mesures de précaution ont été prises pour protéger les équipements de refroidissement de la centrale nucléaire accidentée par le tsunami du 11 mars 2011.

Désormais, les services de météorologie surveillent Pabuk qui s’est formé en plein océan pacifique et s’est beaucoup renforcé depuis 24 heures : dans un bulletin publié le 25 septembre à 21h40 UTC, la Japan Meteorological Agency indique une pression au centre de 965 hPa, des vents soutenus à plus de 110 km/h avec des rafales à 160 km/h.

Heureusement, les prévisions de trajectoire indiquent que Pabuk devrait rester au large des côtes orientales du Japon.

 

MTSAT---Japon---Typhone-Pabuk---IT-25-09-2013---21h30.png Le typhon Pabuk observé dans l’infra-rouge thermique par le satellite géostationnaire japonais MTSAT.
Crédit image : Japan Meteorological Agency (JMA)

 

Même au large, le passage Pabuk devrait néanmoins engendrer de fortes intempéries, une hauteur de houle inhabituelle avec un risque de phénomène de surcote.

 

Le saviez-vous ? Equinoxes et satellites météorologiques

Pour les satellites météorologiques en orbite géostationnaire, la période de l’équinoxe, au début de l’automne ou du printemps, oblige les opérateurs de ces satellites à effectuer des opérations particulières :

  • Pendant la période d’équinoxe, le soleil se retrouve aligné avec un satellite et sa station au sol une fois par jour. Dans cette configuration, le rayonnement du soleil peut perturber ou empêcher les communications entre le satellite et sa station au sol. En général, les observations sont annulées pendant cette période.
  • De même, le soleil, la terre peuvent se trouver approximativement alignés avec un satellite pendant la période d'équinoxe. Dans ce cas, la lumière du soleil, si elle entre directement dans le capteur de l’instrument, peut degrader la qualité des données d'image.

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 10:40

Hautes Pyrénées - Inondations juin 2013 - Eau et neige

22 juin 2013, au-dessus du lac d’Estaing dans les Hautes-Pyrénées, en montant vers le lac noir :
grand soleil et ciel bleu mais beaucoup de neige et beaucoup d’eau pour un début d’été.
Crédit image : Gédéon

 

5h du mat, j'ai des frissons...

Vendredi 21 juin, 5h04 UTC : c’était le moment précis du solstice d’été. Juste après 7 heures du matin en heure locale à Paris ou Toulouse…

Difficile de croire que c’est l’été quand on a à peine vu le printemps... Et seulement quelques jours après les dramatiques inondations qui ont dévasté les Hautes-Pyrénées, les Landes et les Pyrénées atlantiques le 18 et le 19 juin. En particulier, la crue du gave de Pau a causé des dégâts importants à Lourdes, Cauterets, Barèges et Luz-Saint-Sauveur, au niveau de la descente du Tourmalet. Situations similaires autour de Nay et Pau, autour d’Orthez et à Saint-Béat en Haute-Garonne. Il faudra des semaines ou des mois pour remettre en état les routes coupées. Les cartes produites à partir d’images satellites par le service Copernicus de cartographie d’urgence donnent une idée de nombre de zones affectées dans le sud-ouest.

 

Copernicus - Emergency Mapping - EMSR048 - Lacq - Inondation

Un exemple de carte produite par le service européen Copernicus, activé par la protection
civile française (COGIC) après les inondations de juin 2013 dans le sud-ouest. Ici une carte
de la région d’Orthez et de Lacq. Crédit image : Copernicus

  

Deux fois en 8 mois…

Ces inondations ont fait trois victimes dans le sud-ouest. Les agriculteurs a également subi de lourds dégâts : Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a annoncé des mesures d'urgence pour leur venir en aide. Même s’il est encore trop tôt pour un bilan chiffré complet, il suffit de voir l’état des terrains à proximité du Gave de Pau pour se rendre compte qu’il ne s’agit pas seulement de la perte des cultures. A certains endroits, la terre a purement et simplement disparu, emportée par l’eau… Ce sont parfois plusieurs années d’efforts pour transformer un terrain de montagne qui sont réduits à néant. Décourageant…

Un exemple étonnant illustre que le printemps 2013 a été très particulier : pour évacuer Barèges, il a fallu déneiger le col du Tourmalet, pour redescendre vers Bagnères-de-Bigorre par la Mongie. Deux jours avant l’été ! Bon courage pour le Tour de France…

A cours d’une randonnée effectuée le 22 juin au-dessus du lac d’Estaing, j’ai pu moi aussi constater de visu qu’il restait une quantité de neige inhabituelle en altitude. Les torrents sont également très impressionnants et on trouve des petits lacs là ou habituellement on cherche à apercevoir les jeunes marmottes.

C’est également très visible sur les images satellites, comme le montre cette série d’images de la chaîne des Pyrénées vue en juin par le capteur MODIS des satellites Aqua et Terra. La première illustration est une représentation en couleurs naturelles d’une image prise le 22 juin 2013 par le satellite Terra. La présence de quelques nuages n’aide pas à bien délimiter le périmètre des zones enneigées.

 

Terra - MODIS - Pyrénées - Neige - 22-06-2013 - CN

Image en couleurs naturelles de la chaîne des Pyrénées prise par le satellite Terra le 22 juin 2013.
Crédit image : NASA / GSFC / Modis Rapid Response

  

La comparaison avec 2010, 2011 et 2012 montre que la couverture neigeuse à la mi-juin 2013 est assez exceptionnelle. J’utilise ici une représentation des couleurs particulière (appelée « 721 ») bien connue des lecteurs du blog Un autre regard sur la Terre quand il s’agit de distinguer neige et nuage ou d’identifier la végétation brûlée.

 

Terra - MODIS - Pyrénées - Neige - 22-06-2010

Terra - MODIS - Pyrénées - Neige - 20-06-2011

Terra - MODIS - Pyrénées - Neige - 16-06-2012

Terra - MODIS - Pyrénées - Neige - 16-06-2013

Série de quatre images acquises par le capteur MODIS des satellites Aqua et Terra. De haut en bas,
images du 22 juin 2010, du 20 juin 2011, du 16 juin 2012 et du 16 juin 2013. La représentation
utilisée combine les canaux 7, 2 et 1 qui a l’avantage d’aider à distinguer les nuages de la neige.
Crédit image : NASA / GSFC / Modis Rapid Response

  

Les petits ruisseaux font les grandes rivières

C’est la fonte tardive de cette neige, combinée à un épisode de pluie sur des sols déjà gorgés d’eau après un printemps pourri qui a déclenché les crues des gaves. En altitude, on constate surtout des dégâts sur les rives et les parcelles voisines. Au fond des vallées ou à la jonction entre plusieurs vallées, avec un relief parfois en “entonnoir”, tous les ingrédients sont réunis pour des crues et des débordements importants.

Il reste de la neige… Espérons que de nouveaux épisodes orageux n’entraînent pas de nouvelles inondations. Deux fois en huit mois, cela suffit !

 

Hautes Pyrénées - Inondations juin 2013 - Torrents Hautes Pyrénées - Inondations juin 2013 - Impact ruissellement 

Deux photographies prises le 22 juin dans les Hautes-Pyrénées : à gauche, les torrents spectaculaires
en montagne. A droite, l’effet du ruissellement sur un sol nu. Crédit image : Gédéon.

  

Froid en juin : même le lait va cailler

Sur le site de Météo France, vous trouverez les premières informations sur les températures et les précipitations de la fin du printemps et du mois de l’été.

Les températures des trois premières semaines de juin sont un tout petit peu plus basses en moyenne que la normale du mois du juin. C’est surtout vrai pour la température la plus haute de la journée (par exemple 17,8°C le 21 juin à Toulouse alors que la normale est à 25,2°C et 20,6°C au lieu de 22,7 à Paris).

Par contre, les différences sont plus marquées quand on s’intéresse aux précipitations ou à l’ensoleillement. La figure suivante, produite à partir des données publiées sur le site de Météo France, illustre la météo du mois de juin 2013 à Toulouse et Tarbes-Ossun et la compare avec l’année 2012 et avec les normales mensuelles. L’impact de l’épisode de pluies des 17, 18 et 19 juin 2013 est très visible.

 

Météo sud-ouest - Juin 2013

La météo du mois de juin 2013 à Toulouse et Tarbes-Ossun. Comparaison avec l’année 2012 et
avec les normales du mois de juin. Illustration produite par Planète Sciences Midi-Pyrénées
à partir des données de Météo France.

  

Il n’y a plus de saison !

 Si, un peu quand même... Pour rassurer ceux qui ne croient plus à l’arrivée de l’été, voici pour conclure deux images provenant du satellite européen Météosat 10, prises à 6h00 UTC et 18h00 UTC le 21 juin 2013. Sur son orbite géostationnaire à 35800 km d’altitude, il occupe une position à 0°, au-dessus du méridien de Greenwich.

C’est presqu’exactement la longitude de Luz Saint-Sauveur ou Barèges. Meteosat 10, avec sa résolution de l’ordre du kilomètre, ne voit pas les dégâts des inondations.

Par contre, il confirme que l’été est bien là, avec l’inclinaison caractéristique de la limite jour – nuit au moment du solstice d’été et un hémisphère nord davantage éclairé que le sud. Bonne fête à Jean !

 

 Meteosat 10 - Solstice été - 21 juin 2013 - 6h00 et 18h00

Le solstice d’été 2013 vu par le satellite européen Meteosat 10, à 6h00 UTC et 18h00 UTC.
Crédit image : Eumetsat

 

En savoir plus :

 

 

 

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 18:45

L’année 2012 avait montré que les lecteurs du blog Un autre regard sur la Terre étaient amateurs de paysages sous la neige vus par les satellites d’observation. Les Pyrénées vues par le satellite Envisat, Toulouse en très haute résolution avec Pléiades ou encore le nord de l’Europe.

Le début de l’année 2013 avec une couverture nuageuse tenace sur la France en janvier n’a pas été très propice à acquérir de belles images.

Après l’image du sud-ouest publiée début janvier, voici pourtant une petite sélection d’images satellites de différentes régions du monde sous la neige, avec parfois des formations nuageuses étonnantes…

 

ALI - USA - Arkansas - 15-01-2013Dans l’Oklahoma, chute de neige très localisée après le passage d’une tempête. Image acquise par le satellite EO-1 le 14 janvier 2013. L’image a été pivotée : le nord est à gauche. Crédit image : NASA

 

Tempête de neige très locale

La première image nous emmène loin de l’Europe, dans l’Oklahoma aux Etats-Unis, avec le capteur ALI (Advanced Land Imager) du satellite de la NASA Earth Observing-1 (EO-1). L’image acquise le 15 janvier 2013 montre une couverture neigeuse assez étonnante, très étroite (environ 8 kilomètres) par comparaison à ce qu’on voit habituellement. C’est la conséquence du passage d’une tempête de neige, le 12 janvier, ici au niveau de la rivière Arkansas à proximité de la ville de Newkirk. L’étroite trace au sol peut faire penser aux dégâts observés après le passage d’une tornade. Prise 3 jours après les chutes de neige, l’image met en évidence les zones où la couche de neige était la plus importante.

On reste aux USA avec une image plus classique des chutes de neige à proximité de la côte Est, dans une zone à cheval entre le Kentucky, le Tennessee, la Caroline du Nord et la Virginie prise par le capteur MODIS du satellite Aqua le 18 janvier. Sur la droite de l’image, on voit les contours de la Chesapeake Bay et la ville de Washington. Les traits noirs sont des lignes rajoutées sur l’image pour matérialiser les limites des états.

 

Aqua - MODIS - USA - Neige - 18-01-2013L’Est des Etats-Unis sous la neige. Image acquise par le satellite américain Aqua le 18 janvier 2013.
Crédit image : NASA/GSFC – MODIS Rapid Response

 

Retour en Europe

On traverse l’atlantique pour rejoindre la Norvège et la Suède avec cette belle image provenant du toujours du capteur MODIS, cette fois-ci sur le satellite Terra. Elle met bien en évidence la variation de l’épaisseur de la neige entre la partie ouest et la partie est. Le contraste avec les zones sans neige rehausse les contours de fjords, le réseau hydrographique et les fonds de vallée. La limite bien nette des nuages au sud est renforcée par l’ombre portée.

 

Terra - MODIS - Norvège et Suède - 13-01-2013Le sud de la Norvège vu par le satellite Terra le 13 janvier 2013.

Crédit image : NASA/GSFC – MODIS Rapid Response

 

Poursuite du voyage un petit plus au sud avec les Pays-Bas, la Belgique et le nord de la France et deux extraits d’images acquises le 16 et le 23 janvier 2013 toujours par le satellite Terra. Les images présentées plus haut étaient en couleurs naturelles. Ici, on voit l’intérêt d’avoir une autre représentation des couleurs qui facilite la lecture des images, en particulier pour distinguer les nuages des sols enneigés.

 

Terra - MODIS - Lille - Neige - 16-01-2013 - 500m Terra - MODIS - Lille - Neige - 16-01-2013 - 721 - 500m
Terra - Modis France Nord - Extrait - 23-01-2013 - 500m Terra - Modis France Nord - Extrait - 23-01-2013 - 721 - 50

Deux extraits d’images acquise le 16 et le 23 janvier 2013 par le satellite Terra.
A gauche, représentation en couleurs naturelles, à droite représentation dite « 721 ».
Crédit image : NASA/GSFC – MODIS Rapid Response

 

Fausses couleurs : une vraie opportunité pédagogique...

Sur le plan pédagogique, les images montrant des sols enneigés à côté de sols nus sont particulièrement intéressantes pour expliquer la signification des différentes bandes spectrales et l’intérêt des compositions colorées.

J’ai déjà publié plusieurs exemples sur ce thème. Je rappelle ici l’explication technique qui peut donner lieu à des ateliers pédagogiques en classe en utilisant des filtres colorés :

La combinaison « 721 », comme son nom l’indique (à condition de bien connaître MODIS) utilise les bandes spectrales 7 (infrarouge thermique, centrée sur la longueur d’onde 2,155 µm), 2 (proche infrarouge à 0,876 µm) et 1 (rouge, centrée sur la longueur d’onde 0,670µm). Ces trois bandes sont respectivement associées aux canaux rouge, vert et bleu de l’écran de visualisation.

Dans la représentation 721, la végétation active, en raison de la synthèse chlorophyllienne, apparaît en vert intense (forte réponse dans le proche infra-rouge). L’eau apparaît en noir et en bleu foncé s’il y a des sédiments en suspension. La neige et les nuages de glace en altitude, plus froids et rayonnant moins dans l’infrarouge thermique, absorbent également le proche infrarouge : ils apparaissent bleutés. Les autres nuages sont blancs, les petites gouttes d’eau diffusant de manière équivalente les bandes visibles et proche infrarouge. Cette combinaison est également utilisée pour mettre en évidence les zones brûlées après un incendie (pas d’activité chlorophyllienne de la végétation brûlée) : elles apparaissent en rouge sombre.

Les deux images présentées ici montrent bien comment la composition de couleurs « 721 » aide à distinguer les nuages des zones recouvertes par la neige. Sur l’image du 23 janvier, on peut également noter la transparence de certains nuages sous lesquels la teinte bleutée de la neige reste visible.

La situation est identique avec les deux représentations d’un extrait d’une image du sud-est de la France acquise le 22 janvier 2013. La comparaison entre la version en couleurs naturelles et la version « 721 » met en évidence les nuages bas dans les fonds de vallées des Alpes : ils restent en blanc dans les deux représentations.

 

Terra - MODIS - France Sud-Est - 22-01-2013 - 500m Terra - MODIS - France Sud-Est - 22-01-2013 - 721 - 500m

Deux représentations d’une image acquise le 22 janvier 2013 par le satellite Terra.
A gauche, représentation en couleurs naturelles, à droite représentation dite « 721 ».
Crédit image : NASA/GSFC – MODIS Rapid Response

 

Tourbillons de Karman en mer de Chine et rue de nuages au Japon

On termine en repartant loin de la France avec une image vue par le capteur GOCI du satellite COMS.

 

COMS - GOCI - Corée - Japon - Tourbillons de Karman -18-01Extrait d’une image acquise le 18 janvier 2013 par le capteur GOCI du satellite COMS.
Crédit image : KOSC / KARI

 

Dans ce cas, ce sont moins les surfaces enneigées sur la péninsule de Corée et en Chine que la forme des structures nuageuses qui attire l’attention :

  • D’une part, au Japon, avec les rues de nuages (cloud streets) qui s’étirent au nord et au sud à partir du trait de côte : des nuages disposés en files sensiblement parallèles à la direction du vent. Ces motifs se forment lorsque la couche basse de l'atmosphère est instable et surmontée par une inversion de température alors qu’un vent soutenu est présent en altitude.
  • D’autre part, avec les spectaculaires tourbillons de Karman (ou plus exactement de Benard-Von Karman) qui ont déjà fait l’objet d’une présentation détaillée sur le blog Un autre regard sur la Terre. Ici, ce sont des vents persistants qui soufflent de part et d’autre de l’île montagneuse de Cheju Do (le mont Halla enneigé culmine à 1950 mètres). Comme un avion dans une soufflerie, la présence de l’île crée des turbulences, matérialisées sur l’image par une série de nuages en forme de tourbillons. On remarque que deux tourbillons consécutifs tournent en sens contraire, un dans le sens des aiguilles d’une montre, l’autre en sens inverse.

L’originalité du capteur GOCI est d’être installée sur un satellite géostationnaire. Contrairement aux satellites défilants en orbite héliosynchrone, il observe en permanence une même région du monde : le KOSC (Korea Ocean Satellite Center) qui distribue les images de GOCI a publié une série d’images montrant l’évolution des tourbillons de Karman sur plusieurs jours. La résolution de GOCI est de quelques centaines de mètres (comme MODIS). La vision permanente fait rêver beaucoup de monde : les ingénieurs ont conçu des projets visant à atteindre la haute résolution depuis l’orbite géostationnaire. C’est le cas d’HRGEO imaginé par Astrium pour atteindre une résolution de quelques mètres, avec un atout inédit : la vision permanente d’une région du globe.

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 20:44

L’anticyclone met la pression

Ceux qui ont eu la chance de passer la dernière semaine des vacances de noël en montagne ont fait un bon choix. Les conditions anticycloniques qui règnent encore en France ont maintenu un temps splendide, avec soleil, ciel dégagé et atmosphère limpide, sur les chaînes montagneuses. Une météo idéale pour les amateurs de ski, de randonnées ou de photographie. Ce n’était malheureusement pas le cas sur le reste du pays avec une grisaille tenace et des nuages bas sur une grande partie du pays.

 

Terra - MODIS - Soleil - Grisaille - Anticyclone - 06-01-20

Le sud-ouest de la France vu par le satellite Terra dans la journée du dimanche 6 janvier. Crédit image :
NASA/GSFC - MODIS Rapid Response.

 

Dimanche en fin d’après-midi, le contraste était saisissant pour ceux qui quittaient les massifs montagneux pour regagner leur région d’origine. C’était mon cas dans les Hautes-Pyrénées : la descente du Val d’Azun vers Lourdes puis Tarbes donnait vraiment l’impression de plonger dans une mer de brume très dense avec une limite très nette entre les hauteurs ensoleillées et la plaine sous la grisaille. Egalement très étonnant : sur le plateau de Lannemezan, il faisait à nouveau un temps splendide, alors qu’en général, c’est plutôt ici que les choses se gâtent avec pluie ou neige…

Pour faire rêver un peu ceux qui n’ont pas eu la chance de passer un beau week-end de début janvier, voici par exemple une photographie prise le 5 janvier : elle montre la brèche de Roland, la Taillon et la station de ski de Gavarnie vue depuis le plateau de Sauguet.

 

Hautes-Pyrénées - Gavarnie - Plateau Sauguet - 05-01-2013

La brèche de Roland, le Taillon et la station de ski de Gavarnie photographiée à partie du plateau de Sauguet.
Crédit image : Gédéon.

 

Par curiosité, j’ai voulu savoir si cette situation météo contrastée et spectaculaire était visible sur les images satellites. L’image présentée ici provient du capteur MODIS du satellite Terra et le confirme directement. C’est encore plus explicite en l’affichant sur Google Earth avec le réseau routier et les principales villes : vous constaterez par exemple très facilement qu’il y avait bien une barrière de brume et à la sortie de Lourdes le long de la route jusqu’à Tarbes, que Lannemezan bénéficiait d’un large soleil et que, par contre, le reste du trajet jusqu’à Toulouse se faisait également sous un ciel très gris.

 

Pyrénées - Beau temps - Brume - Google earth - 06-01-2012

Pyrénées - Beau temps - Brume - Massif central - Google e

Deux extraits de l’image MODIS du 6 janvier affichée sous Google Earth. En haut, la chaîne des
Pyrénées entre Lourdes et Foix. En bas, en Auvergne, la chaîne des Puys au sud de
Clermont-Ferrand. Crédit image : NASA/GSFC - MODIS Rapid Response.

 

La corrélation entre le relief et la couverture nuageuse est très nette. La situation est similaire dans le massif central. L’extrait d’image ci-dessus, centré sur Puy mary, montre un trou dans la couverture nuageuse et les motifs étonnant des nuages bas épousant les contours des cours d’eau.

C’était également le cas en Dordogne quelques jours plus tôt, le 2 janvier avec des nappes de nuages dans les fonds de vallées comme le montre cette autre image acquise par le capteur MODIS du satellite Terra.

 

Terra - MODIS - Soleil - Grisaille - Anticyclone - 02-01-20

La région du foie gras vue par le satellite Terra le lendemain du repas du nouvel an 2013.
Crédit image : NASA/GSFC - MODIS Rapid Response

 

Comme pour l’anticyclone, avec les nouvelles taxes, la pression augmente dans les bars…

Les conditions anticycloniques ont déjà été illustrées à plusieurs reprises sur le blog Un autre regard sur la Terre, surtout au printemps. C’est plus rare mais elles peuvent également se produire en hiver, comme c’est le cas depuis fin décembre.

Si vous regardez votre baromètre, cela ne vous a pas échappé : depuis le début de l’année, l'aiguille indiquait le "Beau fixe" (pression atmosphérique entre 1030 et 1040 hPa). Pourtant, sauf si vous étiez dans les régions montagneuses ou une partie du sud-est de la France, le soleil étiez totalement absent avec une grisaille persistante et même quelques pluies...

Comme expliquer cela ? Il s’agit des conséquences des conditions anticycloniques : la maintien d’un temps particulièrement stable. Au printemps ou en été, c’est souvent signe de beau temps durable.

En hiver, l'humidité est piégée au sol, sous forme de nuages bas (stratus). Le soleil est trop bas sur l'horizon pour dissiper la grisaille : ses rayons plus rasants qu’en été n’ont pas assez d'énergie. Le ciel reste désespérément couvert…

En montagne, la grisaille laisse la place à un temps ensoleillé avec même un ciel bleu du matin au soir et une luminosité exceptionnelle en altitude. L’arrivée d'air très doux en provenance des zones subtropicales contribue également à entretenir des températures anormalement douces : on pouvait pique-niquer en tee-shirt début janvier dans les Pyrénées.

Au moment où j’écris cet article, la situation se prolonge… L’évolution à plus longue échéance varie selon les modèles de prévision météorologiques, prédisant ou non un déplacement vers le nord de la zone de hautes pressions. A suivre dans les jours qui viennent, avec des scénarios très différents pour l’évolution des températures, plus ou moins glaciales sur l’Europe continentale…

Un tel phénomène est rare mais pas exceptionnel : en décembre et janvier 1988 ou en décembre 89, les conditions anticycloniques s'étaient maintenues tout au long de l’hiver : un puissant anticyclone s'était développé des Açores vers notre pays, également accompagné de soleil et d'air très doux en altitude et, au contraire, un ciel gris et bas en plaine.

 

Anticyclone : aiguille du baromètre et aiguilles de la montre

On parle d’anticyclone quand des « régions » de l'atmosphère maintiennent durablement, à chacun de leurs niveaux d'altitude, une pression atmosphérique plus élevée que dans les zones voisines. Au niveau de la mer , les pressions dans un anticyclone sont donc sensiblement plus élevées que la pression atmosphérique normale, proche de 1 015 hPa.

Autour d'un anticyclone, les vents tournent dans le sens des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère Nord, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère Sud. Les grands anticyclones stables ou semi-stables contribuent beaucoup à réguler la circulation générale de la basse atmosphère. C’est le cas du célèbre anticyclone des Açores. Moins connus du grand public, il y a également l'anticyclone thermique de Sibérie dans l'hémisphère Nord et l'anticyclone de Sainte-Hélène dans l'hémisphère Sud.

Le mouvement des vents autour d’une zone de haute pression entraîne un réchauffement et une tendance à l' évaporation : à l’échelle globale, le profil de température vertical contribue à une grande stabilité de l'air.

Pour terminer et jeter un coup d’œil sur les Alpes, une dernière image acquise le 4 janvier 2013, toujours par le satellite Terra, avec deux représentations différentes de la même image. Je vous invite à lire cet autre article du blog Un autre regard sur la Terre qui explique pourquoi il est plus facile de distinguer les nuages des zones enneigées dans l’image de droite.

 

Terra - MODIS - Soleil - Grisaille - Alpes - Antic-copie-1 Terra - MODIS - Soleil - Grisaille - Alpes - Anticyclone - 

Les Alpes, le sud-est de la France et le nord de l’Italie vue par le capteur MODIS du satellite américain Terra le 4 janvier 2013. A droite, représentation en couleurs naturelles, à gauche représentation dite « 721 ». Crédit image : NASA/GSFC - MODIS Rapid Response.

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 12:12

Jusqu’ici, tout va bien…

Très précisément, il y a une minute que nous avons dépassé le solstice d’hiver. C’était à 11h11 UTC.

Pas d’astéroïde, pas de tsunami et beaucoup de journalistes et de gendarmes qui s’ennuient à Bugarach.

Les satellites semblent toujours bien fonctionner... Voici par exemple deux images du satellite Meteosat 9 prise à 6h00 et 11h00 UTC ce matin. A 11h00, le soleil éclaire pratiquement la totalité d’un hémisphère. A 6h00 UTC, la seule chose particulière était la limite jour / nuit bien visible sur les images des satellites géostationnaires.

Particulière ? Elle se produit tous les jours et matérialise le lever du soleil. Le plus intéressant au moment du solstice d’hiver ? La direction de la frontière entre ombre et lumière (le terminateur terrestre, une ligne fictive similaire à celle qui matérialiste les phases de la lune) met bien en évidence l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre, environ 23°26’ par rapport au plan de l’écliptique, le plan de l’orbite de la Terre autour du soleil.

 

Meteodat 9 - Solstice d'hiver - Fin du monde - 21--copie-2Meteodat 9 - Solstice d'hiver - Fin du monde - 21-12-2012 -Deux images prises par Meteosat 9 le vendredi 21 décembre à 06h00 UTC en (haut) et
à 11h00 UTC (en bas). Composition colorée en couleurs naturelles. Crédit image : Eumetsat

 

C’est pour cette raison que les régions nordiques ont des journées très courtes pendant cette période (par contre, le retour de l’été est un moment de fête) et que vous ne verrez pas d’images satellites du nord de la Suède, de la Norvège ou de la Finlande pendant cette période.

 

Le soleil à nouveau invaincu…

Le blog Un autre regard sur la Terre a déjà présenté plusieurs images des solstices et des équinoxes en insistant sur l’intérêt pédagogique de ces images. On trouve également des explications complètes sur le site de l’IMCCE , l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides.

Pour les romains, le 25 décembre, le jour de noël, était la date de la fête du « sol invictus », le soleil invaincu, juste après le solstice d’hiver.

Je vous souhaite de bonnes fêtes de noël et un bon début d’année 2013. 13 ? Quand on a l’esprit scientifique, cela porte bonheur…

 

Meteosat---Fin-du-monde---Solstice-d-hiver---21-12-2012---1.jpgDeux images prises par Meteosat 9 le vendredi 21 décembre à 18h00 UTC.
Composition colorée en couleurs naturelles. Crédit image : Eumetsat

 

La journée semble se terminer comme un solstice d'hiver normal...

 

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 10:27

 

Meteosat-9---Automne-2012---Equinoxe---22-09-2012---15h00.jpg

  La terre au moment de l'équinoxe d'automne de septembre 2012 vue par le satellite Météosat 9.
Image prise le 22 septembre 2012 à 15h00 UTC. Crédit image : Eumetsat

 

Deux premiers quartiers dans mon quartier

Le samedi 22 septembre 2012, l’équinoxe d’automne était précisément à 14h49 UTC soit 16h49 en heure légale pour la France. L’heure exacte du premier quartier de Lune était à 21h41 UTC.

L’image prise par le satellite Météosat 9 à 15h00 UTC montre donc presque exactement le moment de l’équinoxe d’automne, quand la limite entre les zones éclairées et les zones sombres est perpendiculaire à l'équateur terrestre (voir ici la différence avec la configuration du solstice d'hiver et du solstice d'été). 

A ce moment précis, dans son mouvement apparent autour de la Terre, le Soleil passe de l'hémisphère céleste nord à l'hémisphère céleste sud. Pour les astronomes, l'instant de l'équinoxe d'automne dans l'hémisphère nord correspond au moment où "la longitude géocentrique apparente du centre du Soleil est égale à 180 degrés". La direction du centre du Soleil est alors très proche de la direction opposée au point vernal (souvent noté γ), à l'intersection de l'écliptique et de l'équateur céleste.

Comme au printemps, le jour de l'équinoxe, si on fait abstraction de la réfraction atmosphérique, la durée de la nuit est égale à la durée du jour. C'est également le jour où le Soleil se lève plein est et se couche plein ouest.

L'équinoxe d'automne peut tomber le 21, 22, 23 ou 24 septembre. Il tombe en général le 22 ou le 23 septembre. Il tombera le 21 septembre en 2092 et ce sera la première fois depuis la création du calendrier grégorien, créé en 1582.

 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 00:15

Dans le Pacifique, à 1000 kilomètres au sud de la péninsule de basse Californie, Emilia a pris rapidement de l’ampleur : le 9 juillet, c’est encore un ouragan classé en catégorie 2 avec des vitesses de vent maximales de 175 km/h. 12 heures plus tard, le National Hurricane Center de Miami le classait désormais en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson avec des rafales à 220 km/h. La pression au centre de la dépression est de 950 millibars.

 

GOES E-W - Emilia - 10-07-2012 - 17h30 GOES 15 - Daniel - Emilia - 10-07-2010Image composite obtenue par combinaison de données des satellites GOES West (GOES-15) et
GOES East (GOES-13) et montrant les positions respectives de Daniel (à l’ouest), d’Emilia et
du système 98E. Les images ont été acquises le 10 juillet 2012. En bas, représentation extrait
d'une image de GOES-15. Crédit image : NOAA / Naval Research Laboratory

 

Une perturbation chasse l’autre

Emilia fait suite à la tempête tropicale Daniel qui s’est affaibli. Selon le NHC, à l’est, le système 98E va se renforcer avec une probabilité de 40% dans les jours à venir.

Après Aletta, Bud et Carlotta, Daniel et Emilia, avec des prénoms choisis avec des initiales croissantes conformément à la règle de l’Organisation Mondiale de la Météorologie, sont les quatrièmes et cinquièmes systèmes cycloniques baptisés de la saison 2012 dans le pacifique.

 

Pacifique mais presque…

Heureusement, Emilia ne représente pas de menace : sa trajectoire est orientée vers le large dans la direction ouest – nord-ouest à une vitesse de 17 km/h. La prévision du NHC indique qu’Emilia devrait commencer à faiblir dans la soirée du 10 juillet. Il n’y a donc pas de bulletin d’alerte pour les zones côtières de Californie.

C’est une bonne occasion de voir ou revoir comment les différents satellites météorologiques sont utilisés pour le suivi des tempêtes tropicales et des ouragans.

La première image de cet article est une combinaison d’images provenant de satellites météorologiques géostationnaires (GOES-13 et GOES-15). La séquence d’images suivante a été prise par le capteur MODIS du satellite américain Terra, en orbite basse. Elle montre l’évolution rapide de l’ouragan Emilia entre le 7 et le 9 juillet 2012.

Un autre capteur, le sondeur atmosphérique AIRS, mesure la température du sommet des nuages : selon ces mesures publiées par la NASA, les nuages d’orages autour de l’œil d’Emilia ont des températures de l’ordre de 70°C : cela correspond à des altitudes très élevées dans la troposphère, caractérisant un système cyclonique très puissant.

 

Terra - MODIS - Emilia hurricane - 07-2012 Terra - MODIS - Hurricane Emilia - 09-07-2012- 1km

Séquence d’images acquises par le satellite Terra entre le 7 et le 9 juillet 2012. Emilia nous fait un
clin d’œil de plus en plus appuyé. Crédit image : NASA MODIS Rapid Response Team.

 

Un troisième type d’images permet de se faire une idée des précipitations crées par ces tempêtes tropicales. Il s’ait de la mission TRMM (Tropical Rainfall Measuring Mission) qui a survolé Emilia le 8 juillet 2012 et Daniel le 9 juillet 2012. Il s’agit ici d’une superposition des données de l’instrument TMI (TRMM Microwave Imager) superposées sur une image de fond provenant du capteur VIRS (Visible and InfraRed Scanner). Les couleurs représentent l’intensité des pluies en millimètres par heure. Pour Daniel, les mesures du NASA's Goddard Space Flight Center montrent des précipitations comprises entre 20 et 40 mm par heure. Dans le cas d’Emilia, la couleur rouge met en évidence par endroit des niveaux supérieurs, de l’ordre de 50 mm/h.

TRMM - Daniel - 09-07-2012 TRMM - Emilia - 08-07-2012

Images produites à partir de données provenant du satellite TRMM. A gauche, Daniel le 9 juillet 2012.
A droite, Emilia le 8 juillet 2012. Crédit image : NASA's Goddard Space Flight Center / SSAI

 

La structure principale de Daniel est à basse altitude. Les nuages les plus élevés atteignent une altitude de 11 kilomètres environ.

 

TRMM - PR - Daniel - 3D - 09-07-2012Représentation 3D de la tempête tropicale Daniel à partir de données du radar de précipitation (PR) du satellite TRMM. Crédit image : SSAI/NASA, Hal Pierce

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 00:08

Le jour le plus long :

Pour tous les lycéens qui passaient l'épreuve d'histoire-géographie du baccalauréat 2012, le jour le plus long, c'était le mardi 19 juin. Pas le 6 juin et le débarquement car les épreuves portaient plutôt sur la période suivant la fin de la seconde guerre mondiale (guerre froide, décolonisation).

Pour les astronomes, le jour le plus long c'est le solstice d'été.

D'après les éphémérides de l'IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides), la date et l'heure exacte du solstice d'été 2012, c'est le 20 juin à 23h08 UTC. Avec l'heure d'été, décalée de deux heures par rapport à l'heure UTC (Temps Universel Coordonné), cela donne bien le 21 juin 2012 à 1h08 en heure locale : le jour le plus ensoleillé commence en pleine nuit !

C'est donc bien le début l'été dans l'hémisphère nord et... le début de l'hiver dans l'hémisphère sud.

Avec un peu de chance, il va s'arrêter de pleuvoir et nous aurons une météo plus clémente, en évitant tout de même, comme le mercredi 20 juin à Toulouse, le passage brutal d'une météo automnale aux températures caniculaires.

 

Les raisons des saisons...

A propos de météorologie, les satellites météo, depuis leur orbite géostationnaire à près de 36000 km d'altitude, nous rappellent que c'est l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre qui est à l'origine des saisons. Contrairement à une idée fausse, ce n'est pas la variation de la distance entre la Terre et le soleil qui nous fait parcourir les quartiers de notre pizza quatre saisons géante.

Voici une image provenant du satellite Meteosat-9 d'Eumetsat qui permet de voir l'inclinaison de la limite ombre lumière le jour du solstice d'été. Elle correspond à l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre par rapport au plan de l'écliptique.

 

Meteosat 9 - Solstice été 2012 - 20-06-2012 - 18h00Image acquise par le satellite Météosat 9 le 20 juin 2012 à 18h00 UTC. Il s'agit d'une composition
colorée dite "couleurs naturelles" utilisant deux canaux visibles et un canal infra-rouge.
Crédit image : Eumetsat

 

Chercher midi à quatorze heures

Le jour du solstice d´été, pour l´hémisphère nord, la durée de la nuit est minimale et la durée du jour maximale. C´est également le jour où le Soleil se lève le plus au nord-est, passe au méridien avec une hauteur maximale et se couche le plus au nord-ouest. A 1h03, la déclinaison de Soleil était à son maximum soit +23°26,2'.

La Terre tourne sur elle-même, autour de l´axe des pôles, Cet axe de rotation n´est pas normal au plan de l´orbite de la Terre autour du Soleil (plan de l´écliptique). C'est cette inclinaison, de 23° 26', qui est à l´origine des variations de la durée des jours et des nuits ainsi que des saisons.

Un observateur terrestre (un touriste en Norvège qui veut voir le soleil de minuit ou un technicien en route vers les stations de réception d'images satellite de Kiruna en Suède) installé à la latitude 66,56° nord (sur le cercle arctique) voit le centre du Soleil juste sur l'horizon à minuit lors du solstice de juin. Même chose dans l'hémisphère sud au moment du solstice de décembre pour les points du cercle polaire antarctique.

 

Le tropique ne s'use que quand on s'en sert

Le même observateur qui aurait préféré de passer ses vacances fin juin sur le tropique du Cancer à 23°26 de latitude nord (par exemple en haut du mont Tahat dans le massif du Hoggar, au pied des temples d'Abou Simbel ou encore à Canton ou à la Havane) verrait le soleil exactement au zénith à midi (UTC) soit 14 heures à Paris.


levercoucherSur le site de l'IMCCE, une illustration de la course du soleil au fil des saisons.
Crédit image : IMCCE

 

Pour les amateurs de musique et les fans de Jack Lang, le 21 juin, c'est aussi la fête de la musique avec, en 2012, la 31ème édition : elle a eu lieu pour la première fois le 21 juin 1982. Dans ce cas, c'est la nuit la plus longue de l'année et parfois la plus arrosée, mais pas à cause de la météo.

 

En savoir plus :

Suggestions d'utilisations pédagogiques en classe :

  • Travail sur les quatre saisons, en utilisant en particulier les images des satellites météorologiques publiées sur le blog Un autre regard sur la Terre.

Inclinaison axe rotation terre et orbite geostationnaireIllustration publiée sur le blog Un autre regard sur la Terre à l'occasion de l'équinoxe d'automne
2011
. crédit image : Gédéon

  • Un petit jeu avec Excel, le "pervers repère" : tracer un abaque montrant la trajectoire du soleil au dessus de l'horizon mois par mois pour une position donnée sur la terre (latitude). Pour commencer par une version simple, on peut se limiter à la composition de deux mouvements : la rotation de la Terre autour du soleil dans le plan de l'écliptique et la rotation de la terre sur elle-même autour de l'axe des pôles. Assez amusant (quand on aime jouer avec les changements de repères...)

 

 

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  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
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