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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 00:22

 

C'est la rentrée - ISS - Soyouz MS-04 - Kazakhstan - Peggy Whitson - Fyodor Yurchikhin - Jack Fischer - NASA - Bill Ingalls - Landing - Retour sur Terre

Le retour sur Terre de l’expédition 52 : la rentrée dans l’atmosphère terrestre se produit à
une vitessed’environ 8 kilomètres par seconde. La résistance de l’air freine  la capsule à 2,2 km/s.
 L’équipage subit alors une décélération d’environ 4,5 fois la force de gravité terrestre (4,5 G).
Lorsque la vitesse est suffisamment basse, le parachute principal ralentit la capsule à un
niveau « raisonnable » de 6,5 m/s. Crédit image : NASA
/ Bill Ingalls

 

Fin des vacances… C’est la rentrée !

12 420 900 élèves ont commencé à faire leur rentrée lundi 4 septembre dans 62 600 établissements scolaires. 884 300 enseignants les avaient précédés dès le premier septembre.

Comme pour l’équipage de l’expédition 52 qui a retrouvé le plancher des vaches dimanche matin, je souhaite que tout se passe en douceur, dans une bonne atmosphère.

Et même au sol, sans trop de pesanteurs...

 

C'est la rentrée - ISS - Soyouz MS-04 - Kazakhstan - Peggy Whitson - Fyodor Yurchikhin - Jack Fischer - Roscosmos - Landing - Retour sur Terre
Soyuz - MS-04 - retour sur terre - c'est la rentrée - rentrée scolaire - bonne atmosphère - parachute - Peggy Whitson - NASA - Bill Ingalls

Presque tout en douceur... Si on oublie la marque montrant qu'il y a eu un petit rebondissment ! 
Crédit image : NASA
/ Bill Ingalls


Innovation et vieilles recettes

Au rayon des nouveautés, le dédoublement de 2500 classes de cours préparatoire avec 12 élèves par classe dans le réseau d’enseignement prioritaire fait débat. Dans les collèges sont mis en oeuvre la règle « devoirs faits » et du soutien scolaire assuré par des enseignants volontaires et des bénévoles.

 

J’y retrouve mon latin

Egalement quelques retours en arrière : un tiers des écoles primaires reviennent à la semaine de quatre jours. Certains collèges voient revenir les classes bi-langues, les cours de latin et de grec…

Faire et défaire : la Pénélope d’Ulysse met du cœur à l’ouvrage.

 

L’odyssée de l’espace à l’école

Pour ma part, après une longue absence, la rentrée du blog Un autre regard sur la Terre, c’était le 21 août à l’occasion de l’éclipse totale.

Revenir pour une éclipse : c’est presque aussi banal qu’une grève le jour de la rentrée…

Quelques commentaires de lecteurs ou de professionnels du domaine m’encouragent à remettre ça et à continuer à écrire des articles sur le thème de l’observation de la Terre et de l’espace, avec parfois quelques digressions vers d’autres domaines.

 

Copernicus - Un autre regard sur la Terre - best - blog - EO - observation de la terre - emergency mapping

Un message qui fait plaisir de la part de l’équipe du service de cartographie d’urgence de
Copernicus (Emergency Mapping Service). Premier cours d’anglais : je vous laisse traduire…

 

Je suis toujours autant convaincu que l’espace, qu’il s’agisse de lancements, de vols habités, d’exploration du système solaire et de l’univers ou d’observation de la Terre, reste un support très motivant pour intéresser les jeunes aux sciences et techniques.

 

Des stars dans les étoiles

En France, la popularité de Thomas Pesquet et l’intérêt suscité par les photos et les messages publiés sur Facebook et twitter confirment l’attractivité du spatial, presque 60 ans après le lancement de Spoutnik. Un engouement similaire s’est manifesté au Royaume-Uni avec Timothy Peake ou en Italie avec Samantha Cristoforetti ou Paolo Nespoli, actuellement à bord de la Station Spatiale Internationale. Idem en Allemagne. C'est un  vrai atout !

J’espère que les articles de ce blog seront des sources d’inspiration pour les enseignants en mathématiques, sciences physiques et sciences de la vie mais aussi en histoire et géographie voire en français ou en langues vivantes.

Vous pouvez aussi faire appel aux associations spécialisées dans le domaine de la culture scientifique et technique. Pour ma part, j’ai un petit faible pour Planète Sciences mais il y en a beaucoup d’autres…

J’espère aussi que vous me ferez à l’occasion quelques retours sur l’utilisation du contenu de ces articles et vos suggestions ou nouvelles idées.

 

Bonne rentrée à tous !

 

 

C'est la rentrée - ISS - Soyouz MS-04 - Kazakhstan - Peggy Whitson - Fyodor Yurchikhin - Jack Fischer - Roscosmos - Landing - Retour sur Terre

C’est la rentrée : juste après l'atterrissage du vaisseau Soyouz MS-04 dimanche 3 septembre 2017
à 1h21 UTC, au petit matin au Kazakhstan. Peggy Whitson, Fyodor Yurchikhin et Jack Fischer
retrouvent le plancher des vaches. Après 289 jours passés à bord de la Station Spatiale Internationale,
Peggy Whitson détient désormais le record américain de temps cumulé dans l’espace avec
665 jours 22 heures et 23 minutes, devançant de 131 jours tous les astronautes de la NASA.
Elle occupe la 8ème place en temps cumulé dans l’espace, derrière sept cosmonautes russes.

Crédit image: Roscosmos

 

En savoir plus :

 

 

 

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 17:25

 

Jean-Louis Etienne - Polar Pod - Antarctique - Cité de l'espace - Conférence

Rencontre avec l’explorateur Jean-Louis Etienne : l’expédition Polarpod.
L’affiche de la conférence organisée le 23 novembre 2016 à la cité de l’espace

 

Polard Pod, c’est le nom de la dernière expédition organisée par Jean-Louis Etienne. Il ne croisera pas les skippers du Vendée globe mais il naviguera dans  les mers les plus au sud de la planète Terre.

L’objectif de la mission Polar Pod, dont le départ est prévu en 2017, est de faire dériver un véritable laboratoire scientifique dans l’océan austral autour du continent Antarctique.

 

Circulez, y a tout à voir !

A la différence des autres océans du monde, la circulation océanique dans cette région du monde est très particulière, avec le Courant Circumpolaire Antarctique qui circule d'ouest en est autour de l'Antarctique.

Sur une longueur de 24000 km et une largeur de 1000 km, c'est le plus puissant courant de la planète. C’est aussi un élément important de la circulation océanique qui relie l’océan atlantique, l’océan indien et l’océan  pacifique.

Avec  les fameux vents « cinquantièmes hurlants », rien n'arrête sa grande houle autour de l'Antarctique. L'activité biologique est intense, c'est un immense refuge d'oiseaux de mer et de mammifères marins.

Il joue également un rôle majeur dans la régulation du climat : ses eaux froides absorbent une part importante du CO2 émis par les activités humaines et contribue à isoler le froid du continent Antarctique des flux de chaleur des moyennes latitudes.


Mission scientifique et projet pédagogique

Polar Pod permettra l’acquisition de données et d’observations qui seront transmises notamment aux chercheurs, océanographes et climatologues impliqués dans le projet.

Le partage en "temps réel" de l'expédition par l'image, le son et les voix, alimenteront un grand projet pédagogique international sur les Sciences de la Vie et de la Terre.

 

Médecin, explorateur et défenseur de la planète

Jean-Louis Etienne, médecin spécialiste de nutrition et de biologie du sport, a mené de nombreuses expéditions de 1980 à 2010. Il, a été médecin des expéditions Tabarly. En 1986, il est le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire, tirant lui-même son traîneau pendant 63 jours.

Ses expéditions ont toujours une dimension scientifique et pédagogique pour faire connaître les régions polaires et comprendre le rôle qu’elles jouent sur la vie et le climat de la terre. En 1991, il est parti à bord du voilier polaire Antartica pour la Patagonie, la Géorgie du Sud et la péninsule Antarctique.

Au printemps 2002, il a réalisé la Mission Banquise, une dérive de trois mois sur la banquise du pôle Nord, à bord du Polar Observer pour un programme de recherche et d’informations sur le réchauffement climatique. Pendant cette mission, il a lâché un ballon stratosphérique dont la nacelle avait été construite par Planète Sciences Midi-Pyrénées

En avril 2010, il réussit la première traversée de l’océan Arctique en ballon Rozière.

 

Jean-Louis Etienne - Pôle nord - Polar explorer - Mission Banquise - Planète Sciences Midi-Pyrénées - Polar Pod - Exploration

En 2002, pendant la mission banquise : Jean-Louis Etienne lâche un ballon stratosphérique dont la
nacelle a été conçue par Planète Sciences Midi-Pyrénées. En arrière-plan, le Polar Observer.
Crédit image : Jean-Louis Etienne.

 

Pour être au courant ? Une conférence à la Cité de l’espace

Une conférence de  Jean-Louis Etienne est organisée le mercredi 23 novembre à 20h à la Cité de l’espace à Toulouse. Une occasion de rencontrer Jean-Louis Etienne et d’échanger directement avec lui…

La conférence est organisée en partenariat avec l'association Les Supélec et CentraleSupélec.

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

 

En savoir plus :

 

 

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 08:18

 

US elections - 2016 - Nouveau président - Résultats des villes - Résultats des champs - Hillary Clinton - Donald Trump - Population - Grands électeurs - satellite - vu la nuit depuis l'espace - Suomi NPP

Les Etats-Unis vus depuis l’espace la nuit. Image composite obtenue à partir de données de l’instrument VIIRS du satellite Suomi NPP. Crédit image : NASA Earth Observatory/NOAA NGDC

 

J’aime bien les images de la Terre vue de nuit depuis l’espace : on y voit paradoxalement beaucoup de choses... J’en utilise une comme fond d’écran sur mon PC. L’extrait publié ici provient de données acquises par le satellite Suomi NPP, depuis son orbite à 824 kilomètres d’altitude, en avril et octobre 2012. Les points lumineux correspondent évidemment aux zones urbaines où la population se concentre.

Comme en 2012, c’est l’occasion de s’intéresser à nouveau à la géographie des résultats, absolument inattendus, de l’élection du nouveau président américain.

 

Dernière ligne droite et fin des coups tordus… Avant le scoop de la nuit !

Mardi soir, en France, la plupart des observateurs sur les réseaux sociaux et les chaînes d'information anticipaient une victoire d'Hillary Clinton. Peu de suspense en perspective…

Mercredi matin : douche froide et gueule de bois. Après un moment de flottement, Hillary Clinton reconnaît sa défaite : le 45ème président américain s'appellera bien Donald Trump. Les termes utilisés par les commentateurs confirment la surprise générale : réveil douloureux, stupéfaction, séisme, impensable, nouvelle donne, le monde sous le choc...

Il semblerait que le phénomène de foire ait masqué le fait de société.

 

élections américaines - Trump élu - Trump président - Défaite Hillary Clinton - Résultats par état - Partiel - Politico - US elections - Tout le monde s'est trumpé

Même partiels, les résultats du vote confirment une large victoire de Donald Trump.
Carte des résultats du scrutin pour l'élection du president américain.

Version publiée le 9 novembre 2011 sur le site Politico.

 

Donald Pictou

Les résultats détaillés, dans chaque état et dans chaque comté, sont publiés, par exemple, sur le site Politico. Ils sont encore partiels dans quelques états mais il n'y a plus de doute sur le nom du nouveau Président.

Journalistes, instituts de sondage : les premiers commentaires effarés confirment que tout le monde s'est "trumpé"...

 

Swing states : ça a swingué beaucoup plus que d"habitude

Tous les médias vont maintenant publier de savantes analyses pour expliquer ce scoop avec des cartes détaillées montrant la répartition des votes démocrates et républicains en fonction des états.

La comparaison avec les cartes déjà publiées pendant les primaires et la campagne présidentielle va être intéressante. Surtout pour les swing states, ceux où le vote était indécis et pouvait changer de camp, d'un scrutin à l'autre, voire effectivement faire basculer le résultat du vote final.

En 2016, il y avait apparemment plus de swing states que dans le passé, au moins entre dix et quinze : la Floride (un des plus importants, qui avait voté deux fois pour Obama et qui vient de choisir Trump), l'Ohio, le New Hampshire, la Caroline du Nord, la Pennsylvanie, le Nevada, l'Arizona, le Wisconsin, la Virginie, le Colorado, l'Iowa, le Michigan, le Nevada.

Le vote latino n'a pas suffit... S'il n'a pas fait le grand chelem, Donald Trump a raflé une bonne partie des swing states.

 

Hillary beaucoup : Trump fête sa victoire

Comme moi, vous aviez certainement vu des cartes des derniers sondages où les états sont colorés en bleus pour les démocrates, en rouge pour les républicains, avec des nuances selon que le résultat est « très probable », « probable » ou une couleur violette dans le cas des états qui peuvent basculer.

Les dernières cartes publiées avant le mardi des élections montrent que les dernières prévisions étaient éloignées de la réalité. 218-276 au lieu de 275-215 : le score réel est pratiquement l'inverse des projections.

 

US elections - Prédident américain - Hillary Clinton - Donald Trump - Derniers sondages avant les résultats - Swing states - Grands électeurs - Washington Post

Une carte publiée le 7 novembre 2016 par le Washington Post et montrant les prévisions de vote
et, donc, l'ampleur de l'erreur concernant les résultats respectifs de Donald Trump et d'Hillary Clinton.
Sur le site du Washington Post, la carte cliquable donne des détails dans chaque état.
Source : Washington Post / AP

 

Le dessous des cartes et le fonctionnement de l’élection américaine

En réalité, ces cartes colorées par état donnent une idée fausse de la réalité du vote final. Pour s’en rendre compte, il faut avoir en tête le principe de l’élection américaine…

Nous sommes habitués en France à l’élection du président au suffrage universel. Aux Etats-Unis, le scrutin est indirect : le mardi qui suit le premier lundi de novembre, les votants élisent des grands électeurs qui choisissent ensuite le président américain et le vice-président.

Chacun des cinquante États élit un nombre de « grands électeurs » égal au nombre de ses représentants et sénateurs. Il y a au total 538 grands électeurs (100 pour le Sénat, 435 pour la Chambre des représentants et… 3 pour le District fédéral de Columbia).

Le nombre de grands électeurs dépend de la population de chaque état. Par exemple, il y en a 55 en Californie, l’état le plus peuplé, et seulement 3 pour les 8 états avec la population la plus faible. Cette formule introduit un biais délibéré pour augmenter un peu le poids des états les moins peuplés.

Les votes des électeurs sont ainsi exprimés pour un grand électeur soutenant tel ou tel candidat ou plus simplement en mentionnent le nom des candidats.

 

Winner takes all, presque partout...

Selon le principe du vote, dans presque tous les états (sauf le Maine et le Nebraska), toutes les voix des grands électeurs de l’État vont au candidat arrivé le premier, accentuant l'écart entre le vainqueur et le perdant. On comprend aussi pourquoi les autres "petits" candidats n'existent pas vraiment.

Le comptage des grands électeurs se fait au mois de janvier qui suit le scrutin. C'est à ce moment que le président élu devient effectivement president des Etats-Unis.

D'autres pays, comme la France avec les règles de son scrutin majoritaire, ont mis en place des dispositifs destinés à permettre au vainqueur d'avoir réellement le pouvoir de gouverner.  

 

Carte d’électeurs : ne vous trumpez pas...

Revenons à notre image satellite nocturne illustrant les différences de densité de population selon les régions : elle aide à comprendre le dessous des cartes…

Manhattan compte plus d’un million et demi d’habitants mais ne représente qu’un tout petit point sur la carte. A l’opposé, il y a moins d’un million de personnes vivant dans le Montana, un des états dont la superficie est la plus importante au nord des Etats-Unis.

Mark Newman, un physicien anglais travaillant sur les systèmes complexes à l’Université du Michigan, a développé un logiciel qui « déforme » les cartes pour tenir compte de différents paramètres.

 

Warping

Il m’a autorisé à publier ici quelques exemples de « cartes tordues », dans lesquelles la surface des états ou des comtés est modifiée pour tenir compte de la population et non de la superficie. Ces cartes ont été réalisées à l’occasion des élections 2012, opposant Barack Obama à Mick Romney, et de celles de 2016.

C’est assez instructif, qu'il s'aggise des cartes pondérées par la population ou de la comparaison entre les elections 2012 et 2016.

J’espère que cela plaira aux amateurs de géographie.

 

Résultats élections américaines - états - population - grands électeurs - dessous des cartes - cartogramme - Mark Newman - 2012

élection présidentielle - US - états-Unis - résultats 2016 par état - carte - pondération grands électeurs et population - Trump - Clinton

Une carte et deux cartogrammes proposant des représentations différentes des résultats
de l’élection présidentielle américaine en 2012 et en 2016. Crédit image : Mark Newman

 

Cette première série de cartes, colorées en rouge (pour le vote républicain) et en bleu (pour le vote démocrate) compare :

  • Une carte des résultats dans chaque état, à gauche de la figure.
  • Une deuxième carte, en haut à droite, tenant compte de la population de chaque état. Par exemple, l’état de Rhodes Island, le plus petit des USA (avec seulement 4000 km2 dont un tiers d'eau), 60 fois plus petit que le Wyoming (près de 254000 km2) mais deux fois plus peuplé (2,2 habitants au km2), apparaît deux fois plus gros que le Wyoming. 
  • Une troisième carte, en bas à droite, où le nombre de grands électeurs est également pris en compte. Au premier coup d’œil, elle peut vous paraître identique à la seconde carte. Ce n’est pas le cas : le Wyoming, par exemple, a doublé de taille, illustrant le biais volontaire lié au nombre de grands électeurs qui n’est pas exactement proportionnel à la population. C'est à confirmer mais ce biais en faveur des zones rurales a probablement profité à Donald Trump pour le scrutin 2016.

 

Démocrates de villes et républicains des champs…

La première carte, avec beaucoup de bleu, donne l’impression visuelle que les républicains ont remporté l’élection en 2012. L’apparence trompeuse vient du fait que les états à dominante républicaine sont moins peuplés que les états votant majoritairement démocrate.

Même si la forme des Etats-Unis en prend un sacré coup, les deux autres cartes ou cartogrammes corrigent cette impression, avec désormais une dominante bleue assez marquée en 2012. C'est l'inverse en 2016.

 

Comptez les voix, comptez les comtés…

Toujours à partir des résultats des elections 2012 et 2016, Mark Newman a construit d’autres cartes à l’échelle de chaque comté où la différence entre la carte « standard » et le carte « modifiée » est encore plus frappante.

 

élections du président américain - répartition des votes à l'échelle des comtés - population - grand électeurs - swing states - Résultats - 2012 - Mark Newman

élection président américain - Trump - Clinton - Résultats par comté - Démocrates- Républicain - Pondération population

La répartition réelle des résultats du vote à l’échelle des comtés en 2012 et en 2016.
A gauche, la carte des comtés. A droite un cartogramme tenant compte de la population.

Crédit image : Mark Newman

 

Des trous dans le comté : on ne va pas en faire tout un fromage…

Bon, il faut reconnaître que colorer chaque comté intégralement en bleu ou en rouge, comme si tous les électeurs, en chœur, avaient voté démocrate ou républicain, fausse quand même un peu la représentation des résultats.

 

Les goûts et les couleurs : Deep Purple, entre Blue Oyster Cult et les Red Hot Chili Peppers  

Une solution pour représenter le score relatif de chacun des deux candidats est d’utiliser des nuances de bleu et de rouge, tenant compte des votes.

 

élections du président des états-unis - US elections - répartition des votes républicains et démocrates dans chaque comté - résultats - 2012 - Mark Newman

Election président américain - Trump - Clinton - Vote populaire par comté - Démocrates - Républicains - Pondération population

Une carte des résultats (votes reels) à l’échelle des comtés et un cartogramme tenant compte
de la population de chaque comté. Deux représentations différentes des résultats des élections
du président américain en 2012 et en 2016. Crédit image : Mark Newman

 

Dans cette dernière série de cartes, les nuances de couleurs (à défaut de cinquante nuances de Grey) mettent en évidence les résultats de manière plus subtile : il y a des comtés franchement démocrates et d’autres franchement républicains mais on constate également qu’il y a beaucoup de comtés où le score est plus indécis.

Le pourpre profond, c'est là où ça swingue le plus...

 

Purple rain : quand le pourpre redevient rouge...

Cela montre aussi l'effet de bras de levier, déjà mentionné, que joue la règle du "winner takes all" : je n'aimerais pas être à la place d'un grand électeur, avec des convictions democrates, dont le bulletin va finalement être comptabilisé en faveur de Donald Trump parce qu'une majorité, parfois réduite, de grands électeurs a voté républicain.

 

Trump - Clinton - Swing states - The winners takes all - When purple becomes red hot

"The winner takes all" : l'impact du mode de scrutin dans les swing states pour le scrutin 2016.
Pas de nuances : malgré des scores serrés, la couleur pourpre devient rouge vif...

Source des résultats : Politico

 

Un petit dessin vaut mieux qu'un long discours ?

Les apparences sont parfois trompeuses... Des explications détaillées aident à aller au delà des apparences. Evidemment, cela signifie lire, un peu plus que 140 caractères, et de se faire sa propre opinion. 

J’espère que ce petit voyage avec des cartes déformées vous incitera à garder un regard critique sur les images et les graphiques qu’on vous présente. Jetez un œil sur les légendes, les échelles et les axes. C’est toujours utile…

Si vous enseignez la géographie, j'espère aussi que cela vous inspirera pour quelques activités inhabituelles avec vos élèves.

D’autres cartographes ont également proposé des représentations tridimensionnelles des résultats de l’élection présidentielle. En voici un exemple...

 

Clinton - Trump - Géographie de l'électorat américain - Démocrates - Républicains - Carte 3D - Villes et campagnes - Résultats 2012

Exemple de carte 3D tentant de représenter la géographie du vote à la présidentielle américaine.
Crédit image: Robert J. Vanderbei
/ université de Princeton

 

Une petite dernière pour la route, proposée par Ken Field de la société ESRI : il représente chaque groupe de 1000 votants par un point lumineux.

Je trouve que la correlation avec l'image satellite illustrant le début de cet article est assez étonnante... D'un autre côté, cela veut juste dire que la majorité des électeurs habite en ville. Ce n'est pas un gros scoop ! Pour ceux qui aiment les défis, il y aurait peut-être un travail amusant pour voir si on peut extraire des informations sur le taux d'abstention en comparant les deux images. cela tombe bien : elles datent toutes les deux de 2012...

 

En 2016, la campagne gagne la champagne...

Dernière question à 1 dollar : est-ce que les citadins sont plutôt des democrates ? Et quelles sont les grandes villes républicaines ? 

Les cartes définitives des résultats 2016 détaillés à l'échelle des comtés pourraient montrer que les électeurs des régions plutôt rurales ont joué un rôle clé dans l'élection d'un candidat populiste.

Elire un candidat populiste ? Bien sûr, il est certain qu'un tel scénario ne pourrait pas se réaliser en France... Certain ? 

 

US elections - correlation - votes - city lights at night - democrats vs republicans - POTUS - ESRI

Carte des résultats de l'élection du président des Etats-Unis en 2012.
Crédit image : Ken Field (ESRI)

 

En savoir plus :

 

 

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 07:52

Les vacances, c’est fini…

Jeudi 1er septembre, place à la rentrée des classes pour 12 millions d’élèves. 860 000 enseignants démarrent leur année scolaire 2016-2017 la veille, le mercredi 31 août.

Pour vous aider à reprendre le rythme en douceur, le quiz image de la rentrée propose une image d’une belle plage de sable, pour rester jusqu’au bout dans l’ambiance du mois d’août.

C’est inhabituel : vous avez une image avant d’avoir récolté les bons points…

 

Rentrée scolaire - Rentrée 2016 - Quiz image - satellite - bonnes résolutions - image mystère - école - éducation

Le quiz image de la rentrée : une plage pour profiter des vacances jusqu’au bout

 

Les sorties de la rentrée

Il y a beaucoup de nouveautés pour cette rentrée. Elles ont été présentées fin août par Najat Vallaud-Belkacem et sont toujours contestées par plusieurs syndicats d’enseignants :

  • La réforme du collège, avec une semaine plafonnée à 26 heures, pour favoriser travail en petits groupes, l'accompagnement personnalisé et les Enseignements pratiques interdisciplinaires.
  • Un nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture, organisé en cinq grands domaines : langages, méthodes et outils (incluant les outils numériques), formation de la personne et du citoyen, les systèmes naturels et les systèmes techniques (culture scientifique et technique) et les représentations du monde et de l'activité humaine (géographie et histoire).
  • De nouveaux programmes du CP à la 3ème, organisés par cycles de trois ans pour permettre une continuité des apprentissages.
  • Des bilans de compétences en fin de CE2, 6ème et 3ème.
  • Un nouveau livret scolaire unique numérique (LSUN). Le livret sur support papier reste en place.
  • Le nouveau Diplôme national du brevet, portant sur le socle commun de connaissances, de compétences et de culture.
  • Un plan pour le numérique, avec le développement de l’utilisation des ordinateurs portables et des tablettes. Mais Pokémon Go n’est pas le bienvenu dans la classe ou même la cours de récréation…

 

L’accent mis sur la sécurité

On aurait bien aimé se passer de cette dernière nouveauté...

Adieu l’école sanctuaire ! En 2016, l’école n’échappe pas au risque terroriste. Partout en France, le niveau de vigilance reste élevé. Mise en place de cellules de crise et de référents sécurité par académie… Drôle d’ambiance.

Il y a également une volonté de développer une culture de la sécurité, avec des exercices de simulation (dont un scénario d’attentat-intrusion), un apprentissage des gestes de secours, pouvant aller jusqu’au certificat de compétences de citoyen de sécurité civile.

 

Bonne rentrée !

J’espère vivement que tout cela restera une simple série de précautions.

Je souhaite à tous les enseignants une très bonne rentrée et une excellente année scolaire avec tous leurs élèves. J’espère que les articles de ce blog continueront à susciter quelques idées d’utilisation pédagogique en classe ou en dehors du temps scolaire.

En attendant, saurez-vous identifier où la plage de notre quiz image se situe ? Pas de cocotiers mais une occupation des sols très particulière qui pourrait vous donner des idées. En guise de premier indice, voici une autre représentation de la même image utilisant le canal proche infrarouge et mettant bien en évidence la végétation active.

 

Rentrée scolaire - Rentrée 2016 - Quiz image - satellite - bonnes résolutions - image mystère - école - éducation

Une autre représentation de l’image satellite du quiz de la rentrée.
Du multispectral pour favoriser une approche interdisciplinaire ?

 

Vous avez trouvé ? Proposez votre réponse en ajoutant un commentaire à la fin de cet article.

A bientôt, avec un nouvel indice pour vous aider à localiser ce quiz image.

 

Bonne rentrée, sans grains de sable !

 

En savoir plus :

 

 

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 14:42

Millionnaire à six ans…

Rassurez-vous ! Ce n’est pas la récompense pour le gagnant du dernier quiz image… Celle-ci reste très symbolique.

Le blog Un autre regard sur la Terre vient simplement de dépasser le seuil du million de pages vues.

 

Millionnaire à six ans - Un autre regardsur la Terre - Anniversaire - Plus d'un million de pages vues

12 avril 2016 : bientôt six ans et plus d’un million de pages vues pour le blog
Un autre regardsur la Terre. Statistiques provenant de la plateforme Over-blog

 

C’est une belle coïncidence : le millionième visiteur a consulté le blog Un autre regard sur la Terre dans la journée du 12 avril 2016, le jour de l’anniversaire du vol historique de Youri Gagarine.

 

Des cendres qui font monter…

C’est aussi pratiquement la date anniversaire du blog qui va fêter ces six ans. Même si le blog a formellement été créé en janvier 2010, le premier vrai article, qui entraîne un pic de fréquentation et me décide définitivement à consacrer un peu d’énergie à cette nouvelle expérience de diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle, est celui sur l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll illustré par une image du panache de fumée acquise par le satellite européen Envisat. L’éruption volcanique a débuté le 20 mars 2010 mais c’est à partir du 15 avril que le nuage de cendres volcaniques va perturber le trafic aérien en Europe.

 

Assez d’essais…

Je suis alors assez bluffé par le nombre de visites en une seule journée : 1062 pages vues le 17 avril 2010. Au point de relativiser la déception de l’annulation d’un voyage familial en Sicile causée par les problèmes de trafic aérien au moment de l’éruption.

 

Un autre regard sur la Terre - Décollage - Avril 2010 - Eruption du volcan islandais - Eyjafjöll - Envisat - ESA - satellite

Il y a six ans, en avril 2010 : le blog Un autre regard sur la Terre.
Un évènement fondateur : le succès de l’article sur l’éruption du volcan Eyjafjöll
Statistiques provenant de la plateforme Over-blog

 

L’idée d’utiliser des images satellites spectaculaires ou insolites pour évoquer des questions scientifiques et techniques fait son chemin. Plus récemment, j’ai également régulièrement abordé l’actualité spatiale ou les grandes dates anniversaires de la conquête spatiale.

 

Décoller en atterrissant…

Depuis 2010, plusieurs articles ont fait des très gros scores journaliers, les deux plus importants étant liés à l’atterrissage de deux engins spatiaux : la mission MSL Curiosity sur la planète Mars en août 2012 (2001 pages vues le 7 août et 1145 le 8 août) et les aventures du petit atterrisseur Philae sur la comète 67P / Churyumov-Gerasimenko en novembre 2014 (1714 pages vues le 12 novembre et 2358 le 13 novembre).

On peut aussi citer la page sur le vol historique de Gagarine qui est vue 1598 fois le 28 décembre 2015 (j’ignore pourquoi) ou celle sur le cyclone Yasi (1555 pages vues le 2 février 2011).

Dernièrement, l’article du premier avril a fait un assez joli score. La fait qu’il ait été relayé avec quelques jours de retard sur certains réseaux sociaux comme Linkedin ont amené plusieurs internautes à le prendre un peu trop au sérieux malgré les discrets indices (il est vrai en langue française) qui pouvaient mettre la puce à l’oreille.

 

Ain't No Fun (Waiting 'Round to be a Millionaire)

A propos de langue, j’ai fait le choix délibéré d’un blog francophone même si je cite régulièrement des extraits de textes rédigés en anglais et des termes techniques anglo-saxons.

Le blog Un autre regard sur la Terre reçoit donc tout surtout des visiteurs francophones. La France arrive bien évidemment en tête avec 77% des pages vues, suivie du Canada et de la Belgique mais les Etats-Unis occupent la quatrième place, devant la Suisse, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, L’allemagne et l’Espagne.

 

Un autre regard sur la Terre - Provenance des visiteurs - Blog francophone - sixième anniversaire

Origine géographique et répartition des visiteurs du blog Un autre regard sur la Terre.
En bleu, les pays où résident les visiteurs du blog. Source : Google analytics

 

Même si le nombre de visites est beaucoup plus réduit, je suis satisfait de voir qu’il y a au moins quelques fidèles du blog Un autre regard sur la Terre dans de nombreux pays du monde. Petite déception : aucune visite depuis la Corée du Nord, le Malawi, la Sierre Leone, la Papouasie Nouvelle-Guinée ou le Bhoutan.

 

It's a Long Way to the Top

Sur la durée, les cinq articles les plus lus sont les suivants (par ordre décroissant de nombre cumulé de pages vues depuis la création du blog) :

 

Union européenne - European Union - 28 Mmeber states - 28 capitales - vues de l'espace - seen from space - UE - Bruxelles - Brexit - UK - France - Europe - At night

Une image illustrant un des articles les plus vus du blog Un autre regard sur la Terre :
un quiz image avec les 28 capitales européennes vues, de nuit,depuis l’espace

 

Touch too Much

Ce classement est basé sur les statistiques obtenues avec Google Analytics mais je n’ai installé cet outil qu’à partir de juin 2010. Les premiers mois ne sont pas couverts mais cela ne doit pas changer le podium.

Il faut également savoir que les images et les documents annexes du blog un autre regard sur la Terre sont désormais hébergées en dehors de la plateforme Overblog sur un site dédié (www.un-autre-regard-sur-la-terre.org hébergé par Online et où il y a aussi quelques outils expérimentaux. En toute rigueur, il faudrait comptabiliser ces accès et je crois que, dans ce cas, le million de pages vues est largement dépassé.

 

Have a drink on me

C’est Google et en particulier le moteur de recherche d’images qui reste la source la plus importante de visite.

Il y a également une bonne proportion d’accès directs (9,4%) ce qui prouve que des visiteurs fidèles ont enregistré l’adresse du blog dans leurs liens favoris. Quelques sites référencent certains articles du blog Un autre regard sur la Terre.

L’accès via les réseaux sociaux reste beaucoup plus marginal (1,3%), surtout par Linkedin et Twitter, un peu moins avec Facebook. Les « amis » ou les  « followers » cliquent encore peu sur les liens.

Il est très satisfaisant de voir que de nombreux internautes sont capables de lire plus de 140 caractères sans faire une pause. Les articles du blog Un autre regard sur la Terre, en général plutôt longs, sont néanmoins appréciés.

Il est plus difficile de connaître le profil des visiteurs. Je sais qu’il y a beaucoup d’enseignants, ce qui correspond au public ciblé initialement, mais aussi des professionnels et le grand public.

 

Boogie man

Je remercie tous ceux qui prennent le temps de poster un commentaire, souvent pour signaler qu’ils apprécient un article ou parfois pour rectifier ou compléter un texte ou une faute d’orthographe (il en reste).  Certains commentent aussi les quelques jeux de mots (il n’y a pas de « best of » ou de «worst of ») ou les sous-titres parfois décalés.

Si vous appréciez le blog Un autre regard sur la Terre, continuez à me faire part de vos avis et faites le connaître à vos amis sur les réseaux sociaux.

Pour terminer, je n’ai pas six petites bougies sous la main pour célébrer l’évènement. En voici une seule grosse…

 

Volcan islandais - Mars et avril 2010 - 15 mars 2010 - nuage de cendres - Envisat - MERIS - ESA

La « première image » du blog Un autre regard sur la Terre : le panache de cendres du volcan vu
le 15 avril 2010 par l’instrument MERIS du satellite européen Envisat. Crédit image : ESA.

 

En savoir plus :

 

 

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 22:39

 

Astérix - A1 - Diamant - Armées n°1 - Toulouse - 26 novembre - Anniversaire - 26-11-1965 - Hammaguir - SEREB - CNES - DMA - Planète Sciences Midi-Pyrénées - IPSA

Décollage d’une réplique à échelle réduite de la premère fusée Diamant, celle qui a mis en orbite
le premier satellite français, A1 alias Astérix, le 26 novembre 1965. Crédit image : Gédéon

 

26 novembre 2015, Toulouse, Cité de l’espace : au pied d’Ariane 5, la fusée Diamant décolle.  Atmosphère humide et sol détrempé : ce n’est pas exactement comme à Hammaguir 50 ans plus tôt.

Mais cela n’a pas découragé Planète Sciences Midi-Pyrénées et les étudiants de l’IPSA : à 15h47 précise, ils procèdent à la mise à feu d’une réplique de la fusée Diamant.

 

Le tour de la Terre d’Astérix

Un geste symbolique pour célébrer dignement le 50ème anniversaire du lancement du premier satellite français. Le 26 novembre 1965, la France est devenue la troisième puissance spatiale, derrière l’URSS et les Etats-Unis.

 

Retour vers le futur…

Pour marquer ce jalon important de l’histoire spatiale française, la Cité de l’espace organisait une journée d’animation : présentation d’une superbe maquette à l’échelle 1 du satellite Astérix, animations dans le hall de l’Astralia, table ronde sur l’accès à l’espace et construction de micro-fusées pour les jeunes visiteurs.

Une dizaine de jours plus tard, l’association des Amis de la Cité de l’espace remettait son grand prix à Pierre Quétard, le responsable des activités spatiales de Matra à l’époque du développement d’Astérix. Pierre Quétard a également été le président de l'ANSTJ, aujourd'hui Planète Sciences.

 

Prix des amis de la cité de l'espace - 2015 - Pierre quétard - Matra- ANSTJ - Planète Sciences - Astérix Prix des amis de la cité de l'espace - 2015 - Pierre quétard - Matra- ANSTJ - Planète Sciences - Astérix

A la Cité de l’espace, Michel Bouffard et George Estibal remettent à Pierre Quétard le grand prix des
Amis de la Cité de l’espace. A l'écran, un montage réalisé en 2005 pour les 40 ans d'Astérix cite quelques
noms de participants à l'aventure Astérix : Joseph Delaunay, Marcel Mas, Jean Dilly, Adrien Blasutta,
Bernard Guesquière, Robert Etienne, Robert Masson, Bernard Montevecchi, Armand Reissian,
Raymond Legrand, René Kats, Calude Chassery. Crédit image : Gédéon

 

Ces deux rendez-vous furent surtout l’occasion de rencontrer ceux qui ont été les acteurs de cet exploit : ils ont permis de construire l’Europe des lanceurs. Avec les déboires et l’abandon de la fusée Europa (10 lancements et 6 échecs), le succès de la fusée Ariane leur doit beaucoup. La photographie du décollage de la réplique de Diamant avec la fusée Ariane 5 en arrière-plan en est un beau symbole.

 

Astérix - Diamant - France - Troisième puissance spatiale - George Estibal - Matra - SEREB - Cité de l'espace - 26 novembre 2015 - 50 ans A1 Astérix - A1 - Diamant-A - Intégration - Anniversaire - George Estibal - Matra

Georges Estibal et d’autres anciens de l’aventure Diamant / Astérix découvrent la maquette présentée
à la Cité de l’espace. En bas, George Estibal et Astérix en 1965 et en 2015. Ils n’ont presque pas
changé : un peu moins de cheveux pour l’un, un peu moins d’antennes pour l’autre.
Crédit image : Gédéon

 

Noces d'or pour Diamant

A l’origine, le cinquantième anniversaire du premier satellite français  devait également être célébré au CNES Paris. L’opération parisienne a été annulée après les attentats du 13 novembre.

La belle aventure de Diamant et du satellite gaulois a effectivement démarré en région parisienne, à la SEREB à Courbevoie ou dans les locaux de la société Matra pour la mise au point d’Astérix, rue de l’université à Paris où s’est installé le tout jeune CNES ou au centre d’essais en vol de Brétigny pour le suivi du lancement. La préparation du satellite sur l’étage supérieur du lanceur avait eu lieu à Saint-Médard en Jalles près de Bordeaux. Le Centre d'essais d'engins spéciaux est créé le 24 avril 1947 à Colomb-Béchar en Algérie française.

 

Avant l’heure, ce n’est pas l’Eure

Le nom des fusées-sondes Véronique (VERNon électrONIQUE), à propergols liquides, rappelle également que c’est à Vernon, dans l’Eure, qu’avait été créé le LRBA à la fin de la seconde guerre mondiale. Développée à partir de 1948, la première Véronique N (pour « Normale ») est lancée en 1952 à Hammaguir.

 

De Brétigny à Toulouse, d’Hammaguir à Kourou et de A1 à OneWeb…

C’est pourtant Toulouse qui deviendra la capitale européenne du spatial et de la fabrication de satellites. Le succès d’Astérix en porte les germes : très rapidement après, la politique de décentralisation amène le CNES à rechercher une ville d’accueil pour son développement. Toulouse et Pierre Baudis semblent croire davantage à l’avenir du spatial français que Bordeaux et Chaban-Delmas : les premiers bâtiments du CST voient le jour en 1968. Matra suit juste après, d’abord en mars 1975 avec 34 personnes à la DIST (Département d’Intégration Spatiale Toulouse) au bord de la piste de Montaudran. Le site actuel du Palays ouvre ses portes en septembre 1980. L’installation sur un terrain de 21 ha alors que 2 ou 3 ha suffisaient largement à l’époque montrent que la future société Astrium devenue aujourd’hui Airbus Defence and Space avait des ambitions.

Même si, autre héritage de Diamant,  toutes les cases à équipement Ariane 1 à 4 ont été produites à Toulouse, c’est surtout dans la fabrication des satellites que la future capitale du spatial européen s’affirme. Dans tous les domaines : télécommunications, météorologie, observation de la Terre, science…

Le dernier exemple est la participation à la réalisation de la constellation de 640 satellites Oneweb. Les satellites sont conçus à Toulouse, avec un énorme défi de réduction massive des coûts unitaires.

Les succès actuels de l’industrie spatiale française et toulousaine, dans une compétition internationale féroce, doivent beaucoup à la vision stratégique, aux investissements consentis au début des années 60 et à la politique industrielle des premiers dirigeants du CNES.

A l’occasion de l’anniversaire, Il n’est pas inutile de replonger un peu dans le contexte de l’époque.

 

C’est Astérix et périls…

On ne peut pas parler de l’histoire du spatial français sans évoquer le lien étroit, au moins pour l’accès à l’espace, avec le développement de la bombe atomique française. Le Commissariat à l’Energie Atomique est créé en 1945.

En 1956, c’est la crise du canal de Suez. Malgré la défaite de l’Egypte, la France  et le Royaume Uni font marche arrière : en novembre, l’URSS menace d’utiliser l’arme nucléaire. Un peu plus de 10 ans après Hiroshima et Nagasaki, le rôle de la dissuasion nucléaire apparaît de manière évidente.

 

Programme spatial français et force de frappe nucléaire : deux histoires parallèles à 31° de latitude…

Arrivé au pouvoir en mai 1958, le président Charles de Gaulle est de plus en plus convaincu de l'importance stratégique de l'arme nucléaire : la France doit développer de manière autonome un missile balistique porteur de l'arme atomique.

En 1959, la SEREB (Société pour l'étude et la réalisation d'engins balistiques), société de droit privé, est créée : elle doit assurer la maîtrise d'œuvre et la réalisation de ce missile. Il y a beaucoup de synergies avec le lancement et la  mise en orbite de satellites, même si les missions civiles et militaires se distinguent par le choix des propergols (liquide ou solide) : un missile balistique doit pouvoir être mise en œuvre avec un préavis court.

 

Gerboise bleue : les champignons de Paris en Algérie

La première bombe atomique française explose le 13 février 1960, au sud de Reggane. C’est un essai atmosphérique. La France du général de Gaulle rejoint alors le club des puissances nucléaires militaires.

A la même époque, en pleine guerre froide, les américains et les russes se sont lancés dans la course à l’espace et à la Lune.

La France veut en être : le Comité de Recherche Spatiales (CRS) est créé en janvier 1959. Présidé par le physicien Pierre Auger (un bâtiment portant son nom vient d’être inauguré au CNES Toulouse), sa mission est d’étudier quel rôle la France pourrait jouer dans la conquête spatiale. Les premières expériences dans la haute atmosphère sur des fusées Véronique AGI (pour Année Géophysique Internationale) sont proposées en 1959. En 1961, les premiers essais en vol de la fusée Agate, première de la série des « Pierres Précieuses », sont effectués à Colomb-Béchar avec 8 tirs, tous réussis.

Du côté de la Défense, Pierre Messmer est chargé en 1961 de réorganiser complétement les armées : un décret du 5 avril 1961 crée la Délégation Ministérielle pour l’Armement qui assurera la tutelle de la SEREB.

En décembre 1961, la loi créant le Centre national d’études spatiales (CNES) est  votée. Les activités du CNES démarrent en mars 1962 sous la présidence de Pierre Auger. Le Général Aubinière en prend la direction et recrute sa première équipe : Jacques Blamont, Jean-Pierre Causse, Michel Bignier, Pierre Morel, Bernard Golonka, Pierre Chiquet, Louise Blosset, Michel-Yves Bernard, Michel Lefebvre, etc.

 

Une idée de cadeau avant noël : un diamant à faible coût

C’est dans ce contexte que la SEREB propose un avant-projet de lance-satellites à faible coût. Le feu vert est donné par le général de Gaulle le 2 août 1961 : le programme Diamant est décidé.

DMA ou CNES, Missile balistique ou lanceur de satellites. A un moment où le tout jeune CNES étend ses compétences sur l’ensemble des activités spatiales, le partage des responsabilités entre les militaires et les civils devient une question cruciale.

L’arbitrage politique se traduit par un protocole d’accord conclu le 9 mai 1962 entre la DMA et le CNES. Ce protocole confirme que les quatre premiers lancements de Diamant seront des lancements de qualification, destinés à mettre en orbite quatre satellites technologiques.

 

Astérix - A1 - Diamant - Réplique - Microfusée - Toulouse - 26 novembre 2015 - Anniversaire - 26-11-1965 - Hammaguir - SEREB - CNES - DMA - Dédicace Philippe Perrin et George Estibal - Planète Sciences Midi-Pyrénées - IPSA Rocket

Sortez vos drapeaux français… La cocarde rouge, peinte sur le lanceur Diamant, signale qu’il s’agit
d’un engin militaire. Ici la réplique dédicacée aux étudiants de l’IPSA par George Estibal
et Philippe Perrin. Si vous observez attentivement, vous verrez que la taille des ailerons a été
augmentée pour assurer une bonne stabilité de la microfusée. Crédit image : Gédéon

 

Des antennes qui décoiffent et vice-versa

La SEREB, sous la tutelle de la défense française (DMA ou Délégation Ministérielle pour l’Armement), obtient la responsabilité de la construction du lanceur et du premier satellite technologique, A1 pour Armée n°1.

Le CNES obtient une concession : en cas de réussite de deux vols de qualification, le CNES pourra utiliser les tirs restant pour ses propres satellites.

Au final, le CNES bénéficiera de trois vols Diamant-A à Hammaguir, après Astérix… On comprend mieux pourquoi Astérix a longtemps été présenté dans les ouvrages traitant de l’histoire du CNES comme une « simple capsule technologique ».

Le satellite, alimenté par des batteries, ne contient effectivement qu’un émetteur de télémesure et un répondeur radar. Mais, pour les ingénieurs de Matra, les parties les plus complexes et les plus nobles sont la case à équipement et le système de basculement (tuyères à gaz froid) destiné à donner une orientation très précise à l’étage supérieur, non piloté, avant sa mise à feu. La précision de cette orientation (0,2 degré) détermine les paramètres orbitaux. Cette première expérience spatiale a été fondatrice : guidage et contrôle d’attitude et d’orbite des satellites, cases à équipement des lanceurs, tenue aux contraintes d’environnement et respect de calendriers serrés…

 

Astérix - A1 - Diamant - Réplique - Maquette - Satellite - Cité de l'espace - Astralia - Toulouse - 26 novembre

La réplique d’A1 présentée à la Cité de l’espace le 26 novembre 2015 pour célébrer
le cinquantième anniversaire du lancement d’Astérix. Crédit image : Gédéon.

 

Ça ? Des Zener…

Le 26 novembre 1965, à 14h47m41s UTC, après quelques péripéties pendant les préparatifs de lancement, notamment sur des composants de protection des circuits électroniques, la fusée Diamant-A décolle donc d’Hammaguir.

Les antennes du satellite sont endommagées par une séparation incomplète de la coiffe et le bip-bip français n’est pas reçu au sol. Heureusement, les radars de suivi permettront de confirmer que la satellisation s'est bien effectuée.

 

Diamant et pierres précieuses : ténacité et sang-froid…

Cela n’a pas été un long fleuve tranquille !

Pour parvenir à ce succès, entre 1961 et 1965, plusieurs modèles de fusées sondes sont mis au point pour tester les étages de  Diamant. C’est la série des pierres précieuses :

  • Le premier étage de Diamant est testé avec les fusées Emeraude (VE 121). 5 lancements (dont 3 échecs, les 3 premiers) servent à vérifier les tuyères orientables et le système de guidage. La propulsion repose sur un moteur Vexin à ergols liquides (acide nitrique et essence de térébenthine) délivrant 28 tonnes de poussée développé par le LBRA.
  • Le second étage à propergol solides est dérivé de la fusée Topaze. Pour les militaires, Topaze sert aussi à valider le profil du corps de rentrée du missile. 14 tirs sont effectués et un seul échoue.
  • Le troisième étage, également à propergols solides, provient de la fusée Rubis, conçue pour expérimenter le largage de la coiffe, la séparation et la mise en rotation de l’étage. 2 des 6 tirs échouent.
  • La case équipement et la tête de mesure ont été validés avec la fusée Agate.

Au total, la fusée Diamant, premier lanceur spatial français, à une hauteur de 19 mètres pour une masse au décollage de 18,5 tonnes.

 

Fusées française - Série des pierres précieuses - Agate - émeraude - Rubis - Topaze - Diamant - DMA - SEREB - CNES Diamant - Astérix - 50 ans - Conférence Philippe Couillard - Jacques Villain - Cité de l'espace - Toulouse - 26 novembre 2015

La série des pierres précieuses. Un développement par étapes : Emeraude, Topaze, Rubis et
enfin Diamant.
Crédit image : CNES. En bas, présentation de la fusée Diamant par Philippe
Couillard à l’occasion du 50ème anniversaire d’Astérix. A droite, la lettre de la SEREB, datée du
18 mai 1960, et présentant un "avant-projet sommaire d'un engin porte-satellites".
Crédit image : Gédéon

 

Ré-élection : de brillantes urnes

Dernier élément de contexte : les élections présidentielles du 5 et du 19 décembre 1965. Les premières au suffrage universel direct. Charles de Gaulle, qui achève son premier mandat, est opposé à François Mitterrand, Jean Lecanuet et trois autres candidats. Le général de Gaulle pense que sa réélection sera facile, dès le premier tour : il ne déclare sa candidature que le 4 novembre. Viser la date du 26 novembre pour le lancement d’Astérix avait une dimension politique et électorale pour le Général de Gaulle. Cela n’a pas suffi pour assurer sa réélection au premier tour : finalement mis en ballottage, il l’emporte au second tour. La participation ferait beaucoup d’envieux en 2015 : plus de 84% des électeurs se sont rendus aux urnes.

 

Evian ou rhum

Moins de deux mois après A1, le 17 février 1966, une seconde fusée Diamant-A met en orbite avec succès D1-A (Diapason). Un an plus tard, les 8 et 15 février 1967, les satellites Diadème 1 et 2 (D-1 C et D-1D) sont mis en orbite par les deux dernières fusées Diamant-A lancées à partir d’Hammaguir. Conformément aux accords d’Evian, le centre de tir d’Hammaguir sera fermé le 1er juillet 1967. Les lancements suivants seront effectués en Guyane : c’est une fusée Véronique qui inaugure le centre spatial guyanais le 9 avril 1968.

 

Le film "Variations sur un diamant" (1973) : un mélanges d'images de décollages de Diamant à Kourou
et du site du CSG. Crédit images : CNES 

 

Indépendance, autonomie et coopération

C’est le 6 décembre 1965, le lendemain du premier tour de la présidentielle que le premier satellite scientifique français, FR-1, est lancé par une fusée américaine Scout depuis la base de Vandenberg en Californie. Destiné à l’étude de l’ionosphère et de la magnétosphère, FR-1 est construit avec du matériel américain par des ingénieurs français : la volonté d’autonomie et d’indépendance, en particulier pour l’accès à l’espace, n’exclut pas les coopérations bilatérales et internationale. Même si elle n’a jamais prétendu occuper une place analogue à celle des deux grands, la France a mis en œuvre une politique spatiale, favorisant l’excellence de ses industriels et de ses scientifiques et lui permettant de devenir un acteur plus que crédible et d’occuper la meilleure place possible dans les programmes de coopération.

 

Mars en Mars

A la Cité de l’espace, la conférence qui a suivi la remise des prix des Amis de la Cité de l’espace en était une belle illustration : Philippe Laudet, chef de projet SEIS au CNES, et Philippe Lognonné de l’Institut de Physique du Globe de Paris, ont fait une captivante présentation de la mission martiene Insight et de sa charge utile, le sismomètre SEIS (Seismic Experiment for Interior Structures).

Il est exceptionnel que la charge utile principale d’une mission de la NASA ne soit pas américaine. SEIS est un instrument européen, majoritairement français. On n’obtient pas ce résultat par hasard et cela mérite d’être souligné. La mission Insight devrait être lancée vers la planète rouge en Mars 2016.

 

Prix des Amis de la Cité de l'espace - Prix jeunes 2015 - -- Conférence1 S

Les lauréats du prix des jeunes des Amis de la Cité de l’espace et la conférence sur la mission
Insight et l’instrument SEIS. Crédit image : Gédéon

 

D’A1 à Astérix : un baptême de l’espace

Diamant ? Après la série des pierres précieuses, le nom indique peut-être qu’un certain nombre de personnes ne croyaient pas que l’objectif « faible coût » serait atteint.

 

« Nous pensons réaliser, pour la fin 1965 ou le début de 1966,
une fusée à trois étages capable de placer sur orbite
un satellite Diamant, ainsi appelé à cause de son prix ».

Pierre Messmer, au cours du premier conseil des ministres de l’année 1963.  

 

Avec le recul, on peut pourtant constater que la France est devenue la troisième puissance spatiale avec des budgets beaucoup plus faibles que ceux mobilisés par les deux grandes puissances.

Saviez-vous que le nom de baptême d’Astérix est lui-même toute une aventure…  Et saviez-vous que le premier satellite français a failli s’appeler Zébulon ?

Michel Taillade, un ancien du CNES qui a créé le site « Nos premières années dans l’espace » a eu la gentillesse de me donner quelques explications.

En réalité, le nom Zébulon a été évoqué pour les deux premiers lancements de Diamant-A. Le premier tir ayant été réalisé dans un cadre militaire avec le fameux « Confidentiel Défense », il y avait très peu de journalistes sur place à Hammaguir. Sauf contact personnel direct,  il est difficile de savoir exactement qui a dit quoi et qui a proposé les noms, en dehors des témoignages des participants directs, formalisés longtemps après avec parfois quelques souvenirs estompés.  

 

De A1 à Z : Zébulon a du ressort

Avant le 26 novembre 1965, le premier satellite s’appelait A1, pour Armées N°1. Sur le champ de tir, à la faveur des temps morts, des repas au mess de la Base Vie d’Hammaguir, des membres de l’équipe de tir qui travaillaient sur la fusée auraient proposé à leur hiérarchie (DMA et SEREB) le nom de Zébulon.

A1 n’a pas de ressort d’éjection. Ce n’est donc pas la similitude avec le ressort du personnage du manège enchanté qui a donné l’idée de Zébulon. Faut-il chercher une explication phonétique et une volonté du terrain de provoquer un peu la hiérarchie et les chefs parisiens ? Je vous laisse consulter le dictionnaire d’argot des zouaves...

Le nom Zébulon n’a évidemment pas été retenu et a été remplacé par Astérix, proposé par cette même équipe. A part les participants au lancement sur le champ de tir, aucun journaliste et donc probablement personne n’a été informé de ces détails. A1 n’a été publiquement connu que sous le nom d’Astérix.

 

Irréductible gaulois

Alors que le CNES vient de terminer les opérations de désorbitation de SPOT-5, Astérix, A-1 ou encore 1965-096A est toujours en orbite, pour un bon moment. Pendant la journée du 26 novembre, des étudiants de Supaéro (ISAE) montraient l’orbite actuelle du satellite Astérix : il fait le tour de la Terre en environ 107 minutes à une altitude comprise entre 530 et 1653 kilomètres. Le manège enchanté va continuer encore un petit moment...

 

Astérix - A1 - Diamant - Orbite - Apogée - Périgée - Période - TLE - Kerbal Space - ISAE - Supaéro Astérix - A1 - Diamant - Orbite - Apogée - Périgée - Période - TLE - ISAE - Supaéro

Le stand des étudiants de Supaéro (ISAE), l’orbite d’Astérix en 2015 et la simulation de
lancement de Diamant sur Kerbal Space Program. Crédit image : Gédéon

 

Système D1

Zébulon a tenté de s’imposer une seconde fois un an plus tard au moment du lancement de D1-A. A Hammaguir, les mêmes équipes de lancement étaient présentes et les mêmes plaisanteries ont circulé : le nom de Zébulon a été repris et proposé lors d’un repas au Mess par Marius Lefèvre qui était représentant du CNES au moment du lancement du satellite  A1 (voir le livre «L’espace du rêve à la réalité » p 99).

Comme il s’agissait désormais d’un satellite du CNES, de nombreuses personnes, dont des journalistes, étaient présentes sur le champ de tir : le nom Zébulon s’est vite propagé, par l’intermédiaire des médias, jusqu’en France et a été largement reproduit dans les journaux. Evidemment la direction du CNES a encore moins apprécié ce nom que la hiérarchie DMA-SEREB et l’a remplacé, mais un peu tard, par « Diapason ». 

 

D1-A - Diapason - Zébulon - Manège Enchanté - CNES - Hammaguir - Revue de presse

D1-A, Diapason ou Zébulon : un extrait de la revue de presse du lancement du 17 février 1966

 

En savoir plus :

 

Sources utilisées et suggestions de lecture :

  • « Les satellites : pour quoi faire, où en est la France ? ». Actualité Documents. Premier ministre.
  • « Les débuts de la recherche spatiale française. Au temps des fusées-sondes ». Institut Français d’Histoire de l’Espace (IFHE).
  • « Ariane, une épopée européenne », William Huon.
  • « Michel Lefebvre, marin de l’espace », Yves Garric. Editions Loubatières Sciences.
  • « Naissance de l’industrie spatiale française au début des années 60 », 2ème rencontre de l’IFHE sur l’essor des recherches spatiales en France, 23-24 octobre 2001.
  • « Matra, la volonté d’entreprendre. De Matra à EADS ». Editions du Chêne.
  • « Atlas de Géographie de l’espace », sous la direction de Fernand Verger.
  • « 1962-1972 : les dix ans du CNES ». La Recherche Spatiale. N°1, volume XI, janvier-février 1972. Editions Dunod.
  • « Le général Aubinière, propos d’un des pères de la conquête spatiale française », Robert Aubinière et André Lebeau, Collection Réflexions Stratégiques, Fondation pour la Recherche Stratégique, éditions L’Harmattan.
  • « Les trente premières années du CNES, l'agence française de l'espace, 1962-1992 », Claude Carlier et Marcel Gilli, La documentation Française.
  • « La France dans l'espace, 1959 - 1979, contribution à l'effort spatial européen », Hervé Moulin, Agence Spatiale Europénne, HSR-37, Juin 2006.
  • Nos premières années dans l’espace, site Internet créé par Michel Taillade.

 

Une courte vidéo du lancement de la réplique de la fusée Diamant à la Cité de l’espace
le 26 novembre 2015. Crédit image : Gédéon

 

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 23:11
 
Spectre - James Bond - 007 - EON Productions - Daniel Craig - Affiche film
« Spectre », la dernière aventure de James Bond, avec Daniel Craig
dans le rôle de 007. Crédit image : MGM 
 
 
« What kind of work do you do anyway? Oh I travel… »
Réplique extraite du film « Opération Tonnerre »
 
 
Cela faisait longtemps que je voulais faire un article sur la géographie selon James Bond. J’ai hésité à utiliser cette illustration mais le film est bien sorti avant le drame du vendredi 13 novembre à Paris. La sortie du film “Made in France” de Nicolas Boukhrief, dont l’affiche superpose une kalachnikov et la Tour Eiffel, a été repoussée par son distributeur Pretty Pictures. Même décision de Mars distribution pour « Jane got a gun », le dernier film de Gavin O’Connor.
 
Timbuktu sur Seine : tristesse et colère
Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous encourage vivement à voir Timbuktu, le film d’Abderrahmane Sissako sorti en 2014. L’affiche est plus « paisible » mais ce que dénonce le film est effrayant. Boire une bière, écouter de la musique ou jouer au foot : trois activités interdites par le groupe islamiste qui fait régner la terreur dans la ville malienne. Vendredi 13 novembre, à la terrasse des bars du 10ème arrondissement, au Bataclan ou autour du Stade de France, ce sont exactement les mêmes activités qui ont déclenché des crimes horribles commis par des jeunes barbares quiavaient entre 20 et 30 ans…
Même si les associations d’éducation populaire comme Planète Sciences doivent rester modestes et lucides sur leur rôle et leur impact, ces évènements dramatiques nous rappellent aussi l’importante de l’éducation, de l’éveil de l’esprit critique et de la diffusion des valeurs de tolérance, de laïcité et du vivre ensemble dans la diversité.
 
« Spectre »
C’est donc le titre du dernier James Bond qui est sorti le 11 novembre sur les écrans français. « Spectre » est aussi le nom de l’organisation criminelle à laquelle est confronté 007 à de multiples reprises.
De « 007 contre Dr No » (1962) à « Spectre » (2015), la série compte à ce jour vingt-six épisodes (vingt-quatre si on se limite à la saga officielle d’EON Productions), adaptés plus ou moins librement des romans des romans de Brocoli.
 
On arrête les Connery : 7 acteurs britanniques pour 007
David Niven Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosman et Daniel Craig : sep acteurs ont incarné le plus célèbre espion de sa gracieuse majesté, chacun lui donnant un style particulier. 
Quelques James Bond girls, alliées ou ennemies de 007 (ça peut changer au cours du film…) ont aussi crevé l’écran, avant l’arrivée de la 3D : Ursula Andress (« 007 contre Dr No »), Tanya Roberts, Lana Wood, Halle Berry, Kim Basinger ou les françaises Carole Bouquet, Sophie Marceau et Léa Seydoux. 
Les noms des James bond girls dans les films sont parfois assez explicites (Pussy Galore, Kissy Suzuki, Holly Goodhead, Jenny Flex, Xenia Onatopp, Mary Goodnight ou Plenty O’Toole), en particulier dans les versions françaises. Je vous laisse vérifier la traduction dans le dictionnaire…
La bande originale, la chanson-titre et son interprète font aussi partie du décorum : Madonna, Tina Turner, Adele, Sheryl Crow, Nancy Sinatra, Rita Coolidge, The California Girls, Shirley Bassey, Bono, The Pretenders…
Même si 007 est grand amateur de champagne (Taittinger, Bollinger ou Dom Pérignon en fonction du placement de produits), Jacques Higelin n’a jamais participé aux musiques des films.
 
Un tour du Bond en images satellites : les clichés de 007 en 070
Chaque épisode de James Bond donne lieu à un mini tour du monde avec des étapes incontournables. Les illustrations de cet article sont des images satellites des villes et de lieux qui reviennent les plus souvent. Quand c’est possible, j’ai choisi le satellite Pléiades mais ce n’est pas toujours le cas.
Voici un premier exemple avec Venise… Le grand canal donne lieu à une spectaculaire course de bateaux et 007 y cause quelques menus dégâts au musée Venini et en « coulant » un immeuble au bord du grand canal. Sean Connery a dû y prendre goût : dans le troisième opus d’une autre série de film, « Indiana Jones et la dernière croisade», c’est à Venise que commence l’aventure avec la disparition d’Henri Jones, personnage joué par Sean Connery.
 
Pleiades - Venise - Satellite - Grand canal - Piazza San Marco - Rialto - Pont des soupirs
La ville de Venise vue par le satellite Pleiades le 4 juin 2014. James Bond y séjourne au moins
trois fois dans « Bons baisers de Russie » (1963), « Moonraker » (1979) et « Casino Royale ».
Copyright CNES – Distribution : Airbus Defence and Space
 
1979-1981 : la fiction dépasse la réalité…
Il n’est pas étonnant qu’une saga démarrée en 1962 soit fortement influencée par la guerre froide et par la conquête spatiale. L’espace y joue véritablement un rôle important.
On peut passer rapidement sur le peu inoubliable Moonraker (1979), qui surfe sur le succès de Star Wars et aurait dû sortir l’année du premier lancement du Space Shuttle, si le calendrier de la NASA n’avait pas connu quelques aléas.
 
Un grand Bond en avant pour l’humanité
Par contre, dans plusieurs films de la série des James bond, des satellites sont au cœur de l’intrigue, sous le contrôle de Spectre ou d’autres mégalomanes mal intentionnés. Ces engins spatiaux menaceraient l’humanité ou l’occident si l’agent 007 ne parvenait pas à chaque fois, in extremis, à mettre un terme aux plans des méchants. 
 
Bombe à Bikini et bombe en bikini
Dès 1962, le Dr No tente de saboter le programme spatial américain et permet à James de faire la connaissance de la charmante Ursula Andress. On peut aussi citer « Les diamants sont éternels » (1971) avec le satellite Diamant et Willard Whyte, une référence explicite à Howard Hugues à Las Vegas, « On  ne vit que deux fois » (1967) et les satellites américains ou russes « kidnappés » par le méchant qui cherche à déclencher un conflit entre les deux grandes puissances..
 
My name is Paulo, Apollo…
Ou encore dans « Les diamants sont éternels » (1971) : James bond s’échappe du centre spatial à bord d’un véhicule lunaire. Les missions Apollo ne sont pas loin…
En 1981, le réalisateur de « Rien que pour vos yeux » est un certain John Glen, avec un seul « n ». Il s’agit d’un presque-homonyme mais c’est amusant. John Glen réalisera 5 films de 1981 à 1989 (3 avec Roger Moore et 2 avec Timothy Dalton).
 
Spectre et longueur bond
URSS, Corée du Nord, menace nucléaire et troisième guerre mondiale : même dans le contexte de la guerre froide, les vrais ennemis de Bond sont souvent des individus mégalomanes ou des organisations criminelles qui, en jouant le rôle de mercenaires ou en s’emparant des moyens militaires ou spatiaux des états, servent d’abord des intérêts privés. Spectre est une des organisations tentaculaires qu’on retrouve régulièrement, depuis « 007 contre Dr No » jusqu’à… « Spectre ». L’organisation criminelle SPECTRE (SPecial Executive for Counterintelligence, Terrorism, Revenge and Extortion ou Service pour l'espionnage, le contre-espionnage, le terrorisme, la rétorsion et l'extorsion en version française) est incarnée par différents « méchants » : au cours de ses missions, James Bond doit se débarrasser de son fondateur  Ernst Stavro Blofeld (personnage joué en 2015 par Christoph Waltz) ou de ses acolytes (Jacques Bouvar ou le Dr. Julius No par exemple). 
En tout cas, ces riches mégalomanes ont des moyens illimités, qui leur permettent de rivaliser avec les grandes puissances, y compris dans le domaine du spatial.
 
Fait GAFA Spectre ! La menace fantôme…
Faut-il faire un parallèle avec ce qu’on voit actuellement dans le « New Space », où des acteurs privés, qui ont fait fortune dans l’Internet, investissement massivement dans des projets spatiaux : fusées de Space X, avions suborbitaux de Virgin Galactics, satellites d’observation de Skybox (Google) ou constellation pour l’accès universel à Internet de Oneweb…
La comparaison entre les plans de Spectre et les projets de GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) est très abusive mais revoir quelques vieux James Bond peut stimuler la réflexion sur les conséquences du New Space : évolution du rôle des états et de leurs missions régaliennes, émergence de super-acteurs privés, « information dominance » et contrôle ou commercialisation des informations privées des individus…
 
Bond spectral et étalement de Spectre : Q est dans la bande
Rassurez-vous, au cinéma, après quelques péripéties et cascades, tout fini bien : Bond gagne et sauve le monde, grâce aux gadgets étonnants de Q (j’aime bien la scie circulaire dans la montre !) et à l’aide des James Bond girls et de quelques amis dont l’espérance de vie est toutefois assez limitée.
 
Savez-vous où habite James Bond ?
Non ? Moi non plus… Les lecteurs des livres de Ian Fleming se rappellent peut-être que le héros habite à Londres, dans le quartier de Chelsea.
Dans les films, seulement quelques scènes montrent le logement de James Bond, un style anglais, probablement londonien… 
En fait, on pourrait croire qu’il habite le monde : chacun des films de 007 est un tour du monde et un voyage dans des lieux extraordinaires et touristiques. Pas exactement le style du guide du routard… Pas de compagnies low cost ou d’hôtels pour petit budget.
C’est plutôt le grand luxe, l’entrée réservée aux VIP, l’exotisme cinq étoiles, la dolce vita et les soirées dans les casinos. James Bond est un voyageur qui ne subit aucun des inconvénients habituels des voyages : aucun problème de logistique, pas de tracasseries avec les douaniers ou la police des frontières… 
Même dans les endroits les plus chauds et en dehors de sa chambre climatisée, l’agent 007, toujours tiré à quatre épingles (sauf-peut-être à sa sortie de prison en Corée du Nord dans « Meurs un autre jour ») et souvent vêtu d’un smoking, n’est pas affecté par le climat local. Plus généralement, James Bond reste extérieur et insensible au monde qu’il parcourt.
Et, quelle que soit les kilomètres parcourus, 007 ne semble éprouver aucune fatigue liée au décalage horaire : les distances ne comptent pas et les trajets s’effacent. 
Seuls les lieux ont de l’importance mais, à chaque fois, ils semblent familiers à James Bond. Une forme de mondialisation avant l’heure ? C’est vrai pour tous les continents, sauf peut-être l’Australie absente et l’Afrique noire sous-représentée (avec un rattrapage avec l’Ouganda et Madagascar dans « Casino Royale »).
Clichés à l’écran et lieux communs
A travers le regard d’Hollywood ou plutôt des Pinewood Studios près de Londres, les films de James Bond proposent au spectateur une représentation stéréo-typique voire caricaturale des hauts lieux de notre planète (capitales, monuments, grands sites touristiques, etc.) et parfois des sites de haute technologie (Cap Kennedy dans « James Bond 007 contre Dr No », radiotélescope d’Arecibo dans « GoldenEye », etc.) 
 
Radio télescope - Arecibo - Porto Rico - National Astronomy and Ionosphere Center - NAIC - GeoEye-1 - Digital Globe - satellite - GoldenEye - James Bond
A Porto Rico, le radio-télescope d’Arecibo vu par le satellite Ikonos. 
Crédit image : Digital globe
 
Vus et reconnus par des millions de spectateurs, ces clichés et ces stéréotypes, renforcés par la musique des films, véhiculent une vision occidentale des nombreux pays parcourus par James Bond. 007 sauve le monde, mais il diffuse aussi ce point de vue occidental, jusqu’au placement de produits.
 
Les bonds de Bond
Le passage d’un endroit à l’autre se fait la plupart du temps par un simple changement de plan, avec le choix d’une représentation visuelle du nouveau lieu immédiatement reconnaissable par n’importe que spectateur.
Cela facilite le montage…
25 films et 50 pays… James Bond a donc parcouru le monde dans toutes ses dimensions, en longitude (de Hawaï à Tokyo), en latitude (souvent sous les tropiques mais aussi en Afrique du Sud dans « Les diamants sont éternels), à Arkhangelsk en Russie (dans « GoldenEye ») ou encore en Islande dans « Meurs un autre jour ») et en altitude, depuis le fond des mers (« L’espion qui m’aimait ») et les entrailles de la Terre (« Opération Tonnerre ») jusqu’en haute montagne (le restaurant Piz Gloria au sommet du Schilthorn en Suisse dans « Au service secret de Sa Majesté ») et même en orbite autour de la Terre (« Moonraker »). Il est vrai que ce dernier exemple n’était pas le plus réussi : les autres moyens que 007 a su trouver pour s’envoyer en l’air sont plus convaincants. 
Au final, on peut recenser trois types de lieux géographiques qui servent de support à l’action des films de James Bond…
 
Ici Londres…
La premier paraît évident mais j’ai faille l’oublier : c’est Londres, avec les Pinewood studios dans la vie réelle. A l’écran, Londres, c’est d’abord le siège des services secrets britanniques, la Tamise et le Palais de Westminster. Après l’incontournable scène d’ouverture, c’est souvent à Londres que James Bond prend connaissance de sa nouvelle mission, au cours d’un entretien plus ou moins houleux avec M et, avant ou après, une petite conversation entre amoureux avec Miss Moneypenny. 
 
Pleiades - London - Londres - Tamise - Westminster - Big Ben - MI6 - James Bond - 007 - services secrets - Sa Majesté
La cœur de la ville de Londres, avec Big Ben, Westminter, the London Eye et la Tamise vus par
le satellite Pléiades. Copyright CNES. Distribution Airbus Defence and Space
 
Des lois de Maxwell à Lois Maxwell
C’est également là que Mister Q lui présentent  les derniers gadgets qui complètent les valeurs sûres : l’Aston Martin avec des options hors catalogue, même si James Bond lui a fait quelques infidélités (BMV ou Deux Chevaux), le Walther PPK ou les montres-bracelets Rolex, Seiko ou Omega…
 
Lois Maxwell - Moneypenny - James Bond - équations de Maxwell - 007
Des lois de Maxwell à Lois Maxwell… Idéal pour le coup de foudre. L’actrice canadienne a interprété
14 fois Miss Moneypenny, de 1962 à 1985
 
Jusqu’aux derniers films de la série, Londres restait un refuge et un « havre de paix ». L’action et la confrontation avec les méchants se passaient ailleurs… Cela a changé récemment : Il y avait déjà eu une impressionnante course poursuite en Q-boat sur la Tamise dans « Le monde ne suffit pas » (1999) mais c’est dans « Skyfall » que des terroristes provoquent l'explosion du siège du MI6 à Londres. Est-ce que cela reflète l’évolution des menaces dans le monde réel, avec les attentats dans le métro de Londres en juillet 2005 ou les attaques coordonnées menées par Daesh le 13 novembre en plein Paris ?
Bond n’est jamais très loin de l’actualité : en 1962, la traque de Dr No pour empêcher une guerre nucléaire se passe à la Jamaïque. Au même moment et tout près de là, dans la vraie vie, c’est la crise des missiles de Cuba. Pour cette raison, la sortie du film sera retardée aux USA (1963).Cela vous rappelle le début de cet article et le film "Made in France" ?
 
Vodka-Martini « au shaker, pas à la cuillère »
L’extension immédiate de Londres, pour notre espion « so british », est le Commonwealth, avec une grande nostalgie de l’ex-empire colonial britannique et une préférence marquée pour le grand luxe et l’aristocratie : Côte d’Azur, Riviera, stations de ski huppées en Suisse ou en Autriche, îles des Caraïbes…
 
Guerre froide et ciel gris
Les lieux d’affrontement entre les deux grandes puissances (URSS et USA) sont la deuxième catégorie de pays. Les pays satellites (Cuba, RDA, anciens pays d’Europe de l’est) ou la Corée du Nord sont finalement plus souvent visités que l’URSS.
La grisaille et la météo pluvieuse renforce parfois les clichés sur les pays de l’est.
 
Russie - Moscou - Kremlin - Place rouge - Cathédrale St Basil - GUM - Vladimir Poutine - Pleiades - Pléiades - satellite
Russie - Saint-Pétersbourg - Neva - sous la neige - Pleiades - Pléiades - satellite
Moscou et Saint-Pétersbourg vus par le satellite Pléiades. Copyright CNES.
Distribution Airbus Defence and Space.
 
 
Les villes de James Bond : les clichés de 007 en 070
Stéréotype oblige : on retrouve aussi les villes que les romans et films d’espionnage ont popularisées comme haut-lieux de l’espionnage, avec les honorables correspondants et des agents américains dans les stations de la CIA « plus vrais que nature » : à Istambul, dans « Skyfall », la poursuite sur les toits du grand bazar d'Istanbul offre une  vue imprenable sur l’église Sainte-Sophie. L’Asie n’est pas en reste : Shanghai, Hong-Kong, Saïgon ou Macao, etc.
 
Spot 6 - Istambul - Mosquée bleue - église sainte-Sophie - Bosphore -  palais de Topkapı - satellite
La ville d’Istambul vue par le satellite SPOT 6 : dans cette partie de la ville, l'église Sainte-Sophie,
la Mosquée Bleue et le grand bazar. 
Crédit image : Airbus Defence and Space
 
Agent de voyages 
Enfin, troisième catégorie de lieux, par forcément indépendante des deux premières : les grands sites touristiques de la planète. Ils sont nombreux…
L’Italie est bien servie : Rome, Sienne dans « Quantum of Solace » (2008) pendant, comme par hasard, le Palio de Sienne, Venise, mentionné plus haut, Cortina d’Ampezzo, etc. 
La France aussi avec Paris, Chantilly, Antibes et Villefranche-sur-Mer.
Les autres pays les plus souvent visites par l’agent 007 sont l’Allemagne (Berlin et Hambourg), l’Autriche, l’Egypte et ses pyramides, le Japon, la Suisse et la Turquie déjà citée.
 
Le Sphinx justifie les moyens
Parmi ces sites touristiques, les îles tropicales, avec chemises à fleur, voitures décapotables et plages paradisiaques bordées de palmiers occupent une place privilégiée. Les méchants ne sont jamais très loin : leur repère y est parfois installé. Néanmoins, ces îles sont plus souvent le théâtre du repos du guerrier, avec un soleil couchant et une James Bond girl (celle qui a survécu…)
 
Egypte - Le Caire - Pyramides - Pléiades - Pleiades - satellite - Géographie de James Bond
Les pyramides égyptiennes de Gizeh près du Caire vues par le satellite Pléiades :
Khéops, Khéphren et Mykérinos. 
Copyright CNES. Distribution : Airbus Defence and Space
 
 
En savoir plus et sources utilisées :

 

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 21:01

Seul sur Mars - Ridley Scott - Matt Damon - Jessica Chastain - Avant-première - Cité de l'espace - 3D - Imax - Toulouse

A la Cité de l’espace, le 8 octobre, « Seul sur Mars » en avant –première dans la salle Imax.
Crédit image : Gédéon

 

« The Martian » : Ripley en replay avec Ridley

21 octobre : « Seul sur Mars »  le nouveau film de Ridley Scott sort sur les écrans français. Après Alien et Prometheus, il est donc à nouveau question d’espace et d’exploration dans son nouveau film adapté du roman écrit par Andy Weir.

Matt Damon doit aimer cela : moins d’un an après la sortie d’Interstellar, film dans lequel il était le Dr Mann, il reprend du service pour rejouer le rôle de Mark Watneyw, un astronaute perdu dans l'espace.

 

Mission sur mars : échec... Et Matt ?

L’idée de départ : Sur Mars, une violente tempête se lève et force une mission spatiale de la NASA à évacuer la surface de la planète. Frappé par un réflecteur d’antenne emporté par le vent, la scaphandre de Watney est percé… Il est laissé pour mort par ses camarades qui quittent la planète.

 

Même seul, Mark Watney a la patate…

Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre.

 

Sur la planète rouge, ce n’est pas la vie en rose

Malgré les multiples mésaventures, Mark Watney reste résolument optimiste. Un optimisme inhabituel dans les films de Ridley Scott. Botaniste, il apparaît surtout comme un anti-anti-héros quelque part entre MacGyver, Robinson Crusöe et les Castors Juniors.

 

La bande annonce de "Seul sur Mars" (VOST)

 

I will survive

C’est en prenant conscience qu’il est dans la m… (au sens propre) qu’il trouve la première idée pour prolonger son séjour sur la planète rouge.

Sur Terre La NASA et des scientifiques du monde entier travaillent pour mettre sur pied une mission pour le sauver. Ses coéquipiers tentent d’organiser une mission pour le récupérer au péril de leurs vies : visiblement, Jessica Chastain, qui joue la commandante Melissa Lewis, s’en veut un peu de l’avoir laissé tomber…

Il y a plusieurs clins d’œil à d’autres film comme « 2001, odyssée de l’espace » ou « Apollo XIII » et à mes missions réelles comme le rover Pathfinder qui s’était posé sur Mars en juillet 1997. Pour ma part, j’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Rich Purnell (joué par Donald Glover) et l’allusion indirecte à John Houbolt et à son idée de rendez-vous lunaire pour les missions Apollo.

Bien sûr, il y a des incohérences et des invraisemblances : la très faible pression atmosphérique sur Mars par exemple ne permet pas une tempête aussi violente que celle à laquelle on assiste au début du film. De même, pour la couleur des couchers de soleil (les extérieurs ont été tournés en Jordanie), certainement choisie pour ne pas dépayser les terriens. Et enfin pour un budget de 110 M$, c’est difficile de réaliser dans la vraie vie tout ce qu’on voit dans le film…

Par contre, il y a des éléments directement inspirés des projets martiens de la NASA comme la base-vie pressurisée, la préparation des missions habitées avec des équipements installés à l’avance ou le MAV (Mars Ascent Vehicle) pour quitter le sol et rejoindre un vaisseau principal en orbite.

Je vous recommande donc ce film très divertissant : on passe globalement un très bon moment et on découvre des solutions originales pour créer du « Delta V » (mieux que l’extincteur de Sandra Bullock  dans « Gravity ») ou pour assaisonner les pommes de terre…

 

Avant–première à la Cité de l’espace

J’ai eu la chance come quelques centaines de passionnés privilégiés d’assister à une projection en avant–première organisée par la Cité de l’espace à Toulouse dès le 8 octobre.

Pas de pommes de terre martiennes mais une cerise sur le gâteau avec une projection en 3D dans la salle Imax.

 

Mars en octobre : pas seul dans l’Imax

Il y avait surtout après la projection un débat et un échanges de questions réponses avec des spécialistes du spatial, scientifiques ou astronautes.

Cela a commencé avec une intervention de Thomas Pesquet, en duplex de Houston via Skype, qui s’entraîne actuellement pour sa prochaine mission de six mois à bord de la Station Spatiale Internationale en 2016.

 

Thomas Pesquet - ISS - Entrainement - Seul sur Mars - Contact avec le sol - Cité de l'espace - Toulouse

Thomas Pesquet bientôt sur Mars ? En attendant, depuis le Johnson Space Center à Houston,
il répond aux questions du public de la Cité de l’espace. Crédit image : Gédéon

 

Etaient également présents à Toulouse :

  • L’astronaute Léopold Eyharts, qui a participé à la mission Pegase en 1998 à bord de la station MIR (Soyous TM-27) puis a rejoint l’ISS en 2008  à bord de la navette Atlantis (STS-122) pour mettre en place le laboratoire Columbus.
  • Sylvestre Maurice  (IRAP), le « PI » de l’instrument Chemcam sur le rover Curiosity qui explore actuellement la surface de Mars. L'Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP) est une Unité Mixte de Recherche (UMR 5277) du CNRS et de l'Université de Toulouse III Paul Sabatier.
  • Romain Charles, qui a participé au programme expérimental Mars 500 de l’Agence Spatiale Européenne.

Tous semblent avoir apprécié le film, en signalant quelques aspects particuliers : Romain Charles était surpris de constater que Marc Watney ne semble pas ressentir la solitude malgré un séjour de plusieurs centaines de sols. Sylvestre Maurice, qui connaît probablement le mieux la surface de Mars à travers l’oeil de Chemcam, a été surpris par les paysages martiens du film et semblait jaloux de la vitesse de déplacement du buggy de Mark Watney…

 

Seul sur mars - Avant-première Cité de l'espace - Sylvestre Maurice - Léopold Eyharts - Romain Charles - Philippe Droneau

A la Cité de l’espace de Toulouse, après la projection de « Seul sur Mars », ambiance détendu
 avec Sylvestre Maurice, Léopold Eyharts et Romain Charles. Débat animé par Philippe Droneau.
Crédit image : Gédéon

 

Léopold Eyharts a repris à son compte le principe « faire une chose après l’autre » comme bonne méthode pour aller un jour sur Mars et pour garder son sang-froid en cas de difficulté au cours d’une mission

Même si la durée de sa mission à bord de l’ISS est similaire à celle d’un voyage vers Mars, Thomas Pesquet a souligné l’énorme différence que représente l’absence de contact permanent avec le sol pendant un séjour martien. Il a aussi mentionné la difficulté et la durée des entraînements, en regrettant ne pas avoir un scaphandre aussi facile à enfiler que ceux du film.

 

Cité de l'espace - Romain Charles - Mars 500 - Seul sur Mars

Connaissez-vous Romain Charles ? Il n’était pas seul mais il a passé 520 jours dans 3 modules
d’un volume total de 550 m3 (en gros un appartement de 200 m2) pour simuler un séjour martien. Ses colocataires étaient 
Diego Urbina, Soukhrob Kamolov, Alexeï Sitev, Alexandre Smoleyevski et Wang Yue.
Crédit image : Gédéon

 

En savoir plus :

 

 

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 00:33

 

Bac 2015 - Baccalauréat - Mathématiques - Série S - Rosetta - Trajectoire - Orbites - Comète

Rosetta, une mission exceptionnelle de l’Agence Spatiale Européenne et…
peut-être une source d’inspiration pour l’épreuve de mathématiques du baccalauréat 2015.

 

Lundi 22 mars : deuxième semaine pour les épreuves du baccalauréat. C’est la nouveauté 2015 : un week-end entre deux séries d’épreuves, pour les dernières révisions ou faire un break et participer à la fête de la musique…

Pour les séries S, la deuxième semaine commence avec l’épreuve  de mathématiques. Un gros coefficient… Malgré la pause du week-end, vous êtes peut-être au bout du rouleau et vous ne pouvez plus voir les maths en peinture…

Voici quelques trucs pour être brillant en maths.

 

Le sujet de mathématiques du bac 2015…

Pas de faux espoir : je ne le connais pas. Par contre, je ne pense pas dévoiler de secret en affirmant que la mission Rosetta  et les trajectoires des planètes et des sondes d’exploration devraient inspirer au moins un des exercices : depuis juillet 2014 et l’arrivée de la sonde Rosetta à proximité de la comète Churyumov-Gerasimenko 67P puis l’atterrissage mouvement de Philae, beaucoup d’articles consacrés aux sujets du bac possibles en maths anticipent que la médiatisation de la mission Rosetta et les aventures de Philae inspirera les enseignants en charge de la rédaction du sujet.

 

Trajectoires de planètes et des sondes spatiales : l’art de tourner en rond…

Lancée en mars 2014, la sonde Rosetta a mis un peu plus de 10 ans pour rejoindre la comète Churyumov-Gerasimenko 67P. Avec plusieurs manœuvres utilisant l’assistance gravitationnelle et le survol des astéroïdes Lutetia et Steins puis le largage de l’atterrisseur Philae, c’est un excellent exemple de mission d’exploration permettant d’aborder les orbites, les trajectoires et les manœuvres de changement d’orbite, les communications à grande distance, la puissance des panneaux solaires loi de notre étoile et enfin une chute libre avec force gravitationnelle faible.

Bref, l’idéal pour donner envie aux élèves de s’intéresser à des notions de mathématiques ou physique souvent jugées abstraites et rébarbatives :

  • Coniques, orbites et lois de Kepler.
  • Géométrie dans l’espace, périmètres et surfaces.
  • Etude des fonctions et représentation graphique.
  • Repères, changements de repères et système de coordonnées (rectangulaires polaires).
  • Dérivation et intégration.
  • Principe fondamental de la dynamique, action et réaction, conservation de la quantité de mouvement.

Vous n’êtes pas convaincu ? On commence... sans Rosetta, avec deux illustrations montrant les orbites de  la Terre, de Mars, de Jupiter et de la comète 67P. Les distances sont exprimées ici en unités astronomiques. Les deux figures représentent la trajectoire des planètes et de la comète. La seule différence : à gauche, les mouvements sont représentés dans un repère inertiel centré sur le soleil. A droite, c’est la planète Terre qui a été choisie comme origine du repère.

 

Mouvement des planètes et des comètes - Repère soleil et repère Terre - Mars - Jupiter - C-G/67P

Mouvement des planètes et de la comète Churyumov-Gerasimenko.
A gauche, dans un repère centré sur le soleil.
A droite, dans un repère centré sur la Terre. Crédit image : Gédeon

 

Les jolies boucles à droite signifient qu'observé depuis la Terre le mouvement relatif des planète peut s'inverser et devenir rétrograde.

Les plus agés qui aimaient le jeu Spirographe peuvent constater qu'un tableur comme Excel procure un plaisir similaire ! On comprend également qu'il est plus simple de construire des lois physiques en renonçant à penser que la Terre est le centre de l'univers. C'est penser le contraire qui est rétrograde...

 

Pas de plans sur la comète : passe ton bac d’abord !

Ce long voyage à partir de la Terre jusqu’à la surface du noyau d’une comète a démarré le 2 mars 2004 avec le lancement par une fusée Ariane 5G, directement sur une trajectoire interplanétaire.

Néanmoins, la puissance de la fusée Ariane 5 ne permettait pas de « rattraper la comète » : Afin de pouvoir atteindre une vitesse suffisante pour rejoindre sa cible, Rosetta a eu recours à quatre assistances gravitationnelles (Terre, Mars, Terre, Terre) permettant de modifier sa trajectoire initiale sans dépenser trop d’ergols. La première manœuvre d’assistance gravitationnelle (« swing-by » en anglais) a eu lieu un an après le lancement, le 4 mars 2005.

Cette stratégie imposait une durée de croisière longue (10 ans) qui a été mise à profit pour survoler deux astéroïdes (Lutetia et Steins).

En s’éloignant du soleil, Rosetta s’éloignait aussi de sa source d’énergie. A partir d’une certaine distance (environ 4,5 unités astronomiques), la puissance fournie par les panneaux solaire est devenue trop faible pour assurer l’alimentation de tous les équipements : Rosetta a été mise en hibernation. Cette technique avait déjà été utilisée avec succès pour GIOTTO C’est aussi un moyen de réduire les coûts d’opération.

Une autre représentation permet de bien comprendre à quel moment les assistances gravitationnelles sont effectuées et quand Rosetta rendre en hibernation.

On se place dans un repère centré sur la sonde Rosetta et on trace l’évolution des distances du soleil, des planètes et de la comète au cours du temps.

Et voilà une autre série de jolies courbes :

 

Rosetta - Distance - Soleil - Terre - Mars - Comète 67P - Puissance à bord - Hibernation - Swing-by - Assistance gravitationnelle

Evolution des distances entre la sonde Rosetta et le soleil, la Terre, Mars et
la comète 67P au cours du temps.

 

Rosetta et Philae : des réveils tardifs et des rebondissements

Après le réveil et la sortie d’hibernation, la phase d’approche et d'observation de la comète, d'une durée d’environ 18 mois, a débuté pendant l’été 2014. Les instruments scientifiques de Rosetta sont utilisés simultanément ou séquentiellement. L'atterrisseur Philae a été largué le 12 novembre et vient de donner signe de vie.

L’Agence Spatiale Européenne a publié de nombreuses illustrations et des vidéos montrant les différentes phases de la mission de Rosetta.

En voici quelques exemples…

 

 

 

Les jolies courbes de Rosetta

Revenons à nos mathématiques : voici maintenant quelques courbes illustrant la trajectoire du Rosetta tout au long de sa mission.

J’ai utilisé plusieurs sources d’informations :

  • Les documents et illustrations publiés par l’ESA, le CNES ou le DLR
  • Le générateur d’éphémérides de l’IMCCE
  • Le simulateur SPICE de la NASA
  • Des informations qui m’ont été aimablement communiquées par Vincent Guillaud, ingénieur chez Airbus Defence and Space, et Philippe Gaudon, chef de projet Rosetta au CNES.

 

Rosetta - Première assistance gravitionnelle - Swing-by - Mars 2005 - Terre

Mission Rosetta - Rendez-vous - Fly-by - Swing-by - Assistance gravitationnelle - Survols astéroïdes

Rosetta - Réveil, Approche comète et atterrissage Philae

Exemples de courbes et de graphiques montrant la trajectoire de Rosetta pendant les différentes
phases de la mission.

 

Rosetta - Approche comète et séparation Philae - Chute libre Philae - Manoeuvre - ESA

La trajectoire de Rosetta et le largage de l'atterrisseur Philae. Crédit image: ESA

 

Avoir 20 en maths ou en physique ? Bien choisir le zéro…

Quelques conseils pour terminer. Rien de très original mais c’est toujours utile de rappeler des règles simples pour les maths et la physiques :

  • Attention au choix du repère et des références.
  • Les unités… Surtout vrai en physique : toujours travailler dans le système international ou dans des unités homogène. Dans les courbes illustrant cet article, j’ai beaucoup l’unité astronomique (UA ou AU en anglais) : elle correspond à la distance terre –soleil, soit environ 150 millions de kilomètres.
  • Vérifier les ordres de grandeur de résultats obtenus.
  • Un petit dessin aide souvent à comprendre un problème ou vérifier que la solution tient la route…

Et surtout : restez détendu, prenez le temps de bien lire l’énoncé de tous les exercices avant de commencer.  Ne stressez pas si l’énoncé d’un exercice ne vous inspire pas : un petit dessin au brouillon peut aider à comprendre la question. Ne cherchez pas à tout prix à trouver un lien avec l’exercice précédent : ils peuvent être indépendants…

 

Rosetta - Mission initiale vers la comète Wirtanen - Profil de mission - Reconfiguration mission - ESA

Une curiosité : le profil de la mission initiale, avant l'accident Ariane 5. Destination : la comète Wirtanen. Les principales étapes sont comparables. Crédit image : ESA

 

En savoir plus :

  • Les autres articles du blog Un autre regard sur la Terre sur la mission Rosetta.
  • D’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre pour faire un peu de maths et de physique avec les fusées, les satellites et les sondes spatiales.
  • Les articles sur le calendrier 2015 pour découvrir quelques lois physiques très utilisées dans le spatiale, en particulier en observation de la Terre.

 

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 02:48

 

Espace dans ma ville - Toulouse 2014 - Compte-à-reboursCompte-à-rebours final à Kourou pour la fusée Ariane 5 ? Non, nous sommes dans le quartier des
Izards à Toulouse pour la très belle conclusion de l’opération « L’espace dans ma ville » organisée par
la ville de Toulouse, le CNES et Planète Sciences. Crédit image : Planète Sciences Midi-Pyrénées

 

Il y a des petits bonheurs qu’il faut savoir reconnaître et apprécier. Ils ne règlent pas tous les problèmes mais ils aident à rester optimiste.

 

Espace dans ma ville, espace dans mon quartier

C’était le cas jeudi 30 octobre dans le quartier des Izards à Toulouse : une centaine d’enfants, en provenance de sept centres de loisirs de Toulouse qui venaient de participer à l’opération « Espace dans ma ville » présentaient le résultat d’une semaine de travail intensif sur le thème de l’espace et des satellites.

Pendant quelques heures, rue Audibert, la salle Ernest Renan n’avait rien à envier à la salle Jupiter du Centre Spatial Guyanais à Kourou : tous les participants ont repris en chœur le compte-à-rebours final avant le lancement de la fusée. La Guyane est pourtant bien loin : Au nord de Toulouse, nous sommes ici entre les stations de météo « La Vache » et « Les trois Cocus », tout près des jardins du Muséum à proximité de l’étang de la Maourine. Après le compte–à-rebours, le silence et la concentration dans la salle étaient impressionnants…

 

Espace dans ma ville - Toulouse 2014 - Décollage - Salle J3… 2… 1… Décollage ! Tout se passe bien… A Toulouse, les équipes du centre de contrôle de la salle
Ernest Renan dans le quartier des Izards surveillent tous les paramètres de vol.
Crédit image : Planète Sciences Midi-Pyrénées

 

La simulation d’un lancement de la fusée Ariane 5 était surtout un prétexte permettant aux jeunes participants de présenter la très belle maquette de satellite qu’ils ont construite collectivement pendant les vacances de la Toussaint. Sept centres de loisirs ont relevé le défi…

 

Espace dans ma ville - Toulouse 2014 - Les ChamoisPrésentation de la maquette de satellite par les jeunes du centre de loisirs Les Chamois à Toulouse.
Crédit image : Planète Sciences Midi-Pyrénées

 

Travail d’équipe pour l’intégration

Plateforme, panneaux soleil, instruments et charge utiles, antennes de communication, calculateur de bord : chacune des équipe a pris en charge un des sous-systèmes du satellite. Une première partie du travail dans chacun des centres loisirs suivie de la mise en commun pour l’intégration du satellite complet… Encadré par les animateurs de Planète Sciences Midi-Pyrénées et des centres de loisirs, les jeunes ont réalisé un remarquable travail d’équipe.

 

Espace dans ma ville - Toulouse 2014 - Ernest Renan - Les IDevant la salle Ernest Renan à Toulouse : sept groupes de jeunes des ADL de Toulouse qui ont
participé à l’opération Espace dans ma ville. Crédit image : Planète Sciences Midi-Pyrénées

 

Un coucou aux trois cocus…

Après la Novela et Scientilivre, ce moment de valorisation du travail mené par les centres de loisirs a visiblement beaucoup impressionné les élus du conseil municipal, Djillali Lahiani (adjoint au Maire en charge notamment de la Jeunesse, des activités socioculturelles et des MJC) et Françoise Roncato (Adjoint et Maire de quartier de Trois Cocus, Borderouge, Croix-Daurade, Paleficat, Grand Selve,secteur Toulouse Nord) qui assistaient à l’événement, les responsables du service de l’animation socioculturelle de la ville de Toulouse les équipes d’animation des centres loisirs, les équipes de la cité de l’espace ainsi que les ingénieurs et les scientifiques qui avaient accepté de parrainer une des équipes de jeunes. Tout le monde à été bluffé par le résultat obtenu : un très beau satellite qui mériterait d’être présenté à un public encore plus large.

 

Espace dans ma ville - Toulouse 2014 - Djillali Lahiani etDjillali Lahiani, adjoint au Maire représentant la ville de Toulouse, et Claire Edery-Guirado, pour le
Centre National d’Etudes Spatiales, félicitent les jeunes pour la qualité de leur travail d’équipe.
Crédit image : Planète Sciences Midi-Pyrénées

 

Chamois, Izards : un bel élan. Pas de coup dur, que des Koudous…

Pour le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) et Planète Sciences qui sont à l’initiative de l’opération « Espace dans ma ville », c’est surtout une belle démonstration de l’intérêt de ce concept qui a convaincu les responsables de l’animation socio-culturelle de la ville de Toulouse : sensibiliser les jeunes des quartiers populaires à la culture scientifique et technique par le biais d’activités ludiques sur le thème de l’espace (constructions et lancement de fusées, construction d’une maquette de satellite , rallye GPS, planétarium, rencontres avec des scientifiques et des industriels, activités artistiques, etc.)

L’originalité de l’opération est d’intervenir directement dans les quartiers, à l’extérieur des lieux habituels de diffusion de la culture scientifique et technique, pour toucher le plus large public possible, en particulier les jeunes qui n’ont pas directement accès à la science et à la technologie.

Pendant les vacances de printemps, d'été et d'automne, le CNES et Planète Sciences, en étroite collaboration avec les structures locales d’animation socio-culturelle mettent en place une semaine d'animations et d'ateliers dédiés à la science et à l’espace au cœur des villes sélectionnées.

En 2014, onze villes ont choisi d’accueillir cette opération : Ajaccio, Bastia, Douai, Lens, Les Mureaux, Marseille, Montereau-Fault-Yonne, Roubaix, Salon de Provence, Toulouse et Vénissieux. L’expérience semble très positive : la plupart des villes renouvelaient l’opération. Seule la ville de Marseille participait pour la première fois à l’opération.

Photo-souvenir devant la maquette de satellite. Crédit image : Planète Sciences Midi-Pyrénées


A Planète Sciences Midi-Pyrénées, on aime innover, même pour un concept bien rodé…

Créée en 2005, l’opération « Espace dans ma ville » paraît bien rodée avec un programme d’animations très riche proposée à chaque ville d’accueil.

Néanmoins, Planète Sciences Midi-Pyrénées, qui aime bien sortir des sentiers battus, a proposé en 2014 une innovation pour la semaine d’animations à Toulouse : plutôt qu’un nouveau rallye GPS, les animateurs de Planète Sciences Midi-Pyrénées ont proposé de faire construire un satellite par plusieurs centres de loisirs en faisant intervenir les industriels et les chercheurs qui travaillent sur les satellites et leurs applications à Toulouse à Toulouse.

Cette idée originale a séduit les responsables de l’animation socioculturelle et sept centres de loisirs (plus précisément le dispositif ADL pour Accueil de Loisirs) ont participé à la construction d'un satellite :

  • ADL Les Chamois
  • ADL Borderouge
  • ADL Mazades
  • ADL Bonnefoy
  • ADL Bagatelle
  • ADL La Reynerie
  • ADL Pech David

C’est la forte implication des équipes d’animation de ces centres de loisirs qui ont conçu un véritable projet pédagogique qui a permis de donner au projet sa véritable dimension. Au final, ce sont pratiquement deux semaines d’animation sur le thème de l’espace qui ont été proposées aux enfants, intégrant par exemple des activités artistiques avec une très belle activité de peinture à la bombe des planètes du système solaire.

 

Toulouse - Espace dans ma ville - Goutelettes célestes - LEspace dans ma ville - Toulouse 2014 - Spray PaintingDevant la salle Ernest Renan, démonstration de Spray Painting : en quelques minutes, planètes,
étoiles, constellations créées avec bombes de peinture et des gobelets en guise de pochoirs.
Le résultat est surprenant. Crédit image : Planète Sciences Midi-Pyrénées

 

Des parrains et un Perrin

A côté des équipes d’animations et des organisateurs de Planète Sciences Midi-Pyrénées et du CNES, cinq scientifiques et ingénieurs ont consacré un peu de leur temps à présenter leur métier et leur activité aux équipes de jeunes.

  • Airbus Defence and Space : Gil Denis
  • CNES : Nicolas Verdier
  • IRAP : Philippe Peille
  • Meteo France : Guylaine Canut
  • Thales Services : François Schulz
  • Philippe Perrin, astronaute et pilote d’essais chez Airbus, a également accepté de parrainer l’opération.

Après Espace dans ma ville, une rencontre des onze villes

Une rencontre nationale est prévue les 5 et 6 décembre 2014 afin de valoriser le travail des onze villes participant à l’opération « Espace dans ma ville » : Deux jeunes de chaque ville représenteront à cette occasion leur quartier, leur ville et leur projet spécifique. Il est certain que le « satellite pour occuper Toulouse » retiendra l’attention !

 

Espace dans ma ville - Toulouse 2014 - Photo souvenirEspace dans ma ville - Toulouse 2014 - Planète SciencesPhotos souvenirs devant la maquette de satellite : une aventure qui restera longtemps dans
les mémoires. Crédit image : Planète Sciences Midi-Pyrénées

 

En savoir plus :

 

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  • : Un autre regard sur la Terre
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  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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