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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 11:27

 

Deux lecteurs du blog Un autre regard sur la Terre, Romain et Olivier, ont déjà identifié l’image mystère du quiz du mois de mai. Régionaux de l’étape, on va dire qu’ils sont « hors compétition ».

Pour les autres, une (avant-)dernière chance de proposer une réponse avec un indice : une image en champ plus large de la même région.

 

Un autre regard sur la Terre - Satellite et environnement - Observation de la Terre - Earth Observation - Sentinel-2 - ESA - Quiz image - Un indice

Un indice pour le quiz image du mois de mai 2016

 

Cela devrait vous aider. Réponse dans quelques jours, après un dernier indice…

 

En savoir plus :

 

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 15:06

Trois semaines après la journée de la mer, le 1er avril, le 22 avril est la journée de la Terre, consacrée en 2016 aux arbres.

Voici donc un nouveau quiz image spécial pour le jour de la Terre.

 

Jour de la Terre - Journée de la Terre - 22 avril 2016 - Arbre - Environnement - Quiz - image satellite - satellite d'observation - Sentinel - Copernicus - ESA

L’image mystère d’avril 2016 : un quiz spécial pour le jour de la Terre consacré aux arbres
 

Vous voyez une silhouette d’arbre ou de branche sur cette image satellite ?

Il n’y a pas encore de feuille mais c’est bien le printemps dans l’hémisphère nord, là où cette image satellite été prise.

Même si ça y ressemble, ce n’est pas un arbre…

Savez-vous identifier de quelle région du monde il s’agit ? Merci de donner votre réponse en ajoutant un commentaire à la fin de cet article ou en m’envoyant un petit message…

Ce quiz devrait vous normalement vous donner un peu de fil à retordre.

Voilà donc un premier indice pour vous aide : l’image vient du satellite européen Sentinel-2A qui l’a prise en avril 2016. Si vous suivez le calendrier spatial que je publie chaque mois, vous commencez à connaître les très belles images de ce satellite. Voici une autre version de la même image, une composition colorée

 

Jour de la Terre - Journée de la Terre - 22 avril 2016 - Arbre - Environnement - Quiz - image satellite - satellite d'observation - Sentinel - Copernicus - ESA

L’image mystère du mois d’avril : une composition colorée avec la bande proche infrarouge
(canaux 8, 4 et 3 respectivement représentés en rouge, vert et bleu)

 

Je vous donnerai dans les jours qui viennent d’autres indices en publiant d’autres extraits de la même image couvrant un champ de plus en plus large. Cela va devenir de plus en plus facile…

 

Un mouvement de masse pour la Terre (vous êtes au courant ?)

C’est également aux Etats-Unis qu’est née l’idée du jour de la Terre, proposée en 1970 par le Gaylord Nelson, afin de sensibiliser la population et le gouvernement fédéral aux questions environnementales. Cette initiative a entraîné en particulier la création de l'Agence de protection de l'environnement (EPA).

Pour tromper l’ennemi, il y a également une journée internationale de la Terre, le 20 ou le 21 mars au moment de l’équinoxe de printemps.

 

COP 21 : signature le 22…

Après la COP 21 en décembre 2015, le 22 mars 2016 est surtout la date choisie pour la signature de l'Accord de Paris sur les changements climatiques.

Cela se passe à New York, au siège de l’ONU. 22 ? Voilà les COPS. Il y aura donc aussi un certain nombre dans Manhattan pour assurer la sécurité des signataires.

 

Décembre 2015 : Fin de la 21ème conférence sur les Changements Climatiques 
et adoption de l'accord après de longues tractations. Yapuka...
Crédit image : UNFCCC (
United Nations Framework Convention on Climate Change)

 

Très exactement, ce rendez-vous du 22 avril correspond à l’ouverture à la signature de l'accord. Les pays auront ensuite un an pour signer l’accord. La plupart des pays ont besoin d’une autorisation parlementaire pour ratifier l’Accord de Paris.

 

Signer et ratifier : de l’intention à l’action, de la politique au juridique...

Si, comme moi, vous vous posez la question de la différence entre signature et ratification ou adhésion, voici quelques explications…

La signature d’un accord est une approbation préliminaire. Elle marque l’intention d’un État d’examiner le traité au niveau national et d’envisager de le ratifier.

La ratification ou l’adhésion signifient qu’un État accepte d’être juridiquement lié par les dispositions de l'accord. La ratification suit la signature. La procédure d’adhésion s’effectue en une seule fois.

Les procédures précises dépendent des règles de chaque état et des institutions compétentes (le Parlement, le Sénat, la Couronne, le chef d’État ou de gouvernement). L’objectif est de vérifier la compatibilité avec la législation nationale et d’identifier les mesures à prendre pour la mise en œuvre.

En France, le site diplomatie.gouv.fr précise : « Dans la pratique internationale, les termes accord, charte, convention, pacte, protocole et traité sont employés de façon indifférente. En droit international, "accord" s'entend de tout engagement international. Dans la pratique constitutionnelle française, il s'agit d'un engagement international soumis à l'approbation du gouvernement ».

Le site www.quelleestladifference.fr résume : « un pays qui signe un traité sans le ratifier a seulement une obligation morale de ne pas aller à l'encontre de celui-ci. La ratification est nécessaire pour que le traité devienne effectif sur le plan juridique ».

 

Usine à gaz pour une usine sans gaz

Les îles Fidji, Palau et Marshall ont déjà soumis leur instrument de ratification.

En France, le projet de loi de ratification est inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale le 17 mai prochain. L’objectif est de ratifier l’Accord de Paris d’ici l’été. 

L’Union européenne, qui est partie prenante, ne pourra ratifier l’accord que lorsque les 28 états-membres l’auront fait. Aux États-Unis, Barack Obama propose de recourir à un acte administratif sans soumettre le texte au Sénat.

L’Accord de Paris entrera en vigueur 30 jours après la ratification par au moins 55 pays représentant au total 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES ou GHG en anglais pour Green-House Gases).

 

Jour de la Terre : pas un bon jour pour quitter la Terre…

Autre évènement : c’était également le 22 avril que devrait être lancé depuis la Guyane le satellite Sentinel-1B, le petit cousin de Sentinel-2A au sein de la grande famille Copernicus. Lancée par les équipes du CNES et d’Arianespace, c'est une fusée Soyouz (mission VS 14) qui devait emporter Sentinel-1B et deux compagnons de voyage, le satellite Microscope et la mission Fly Your Satellite! (3 cubesats construits par des étudiants).

Les données fournies par Sentinel-1 serviront à des applications variées, d'abord pour les océans et les glaces, mais aussi en cas de catastrophe (par exemple pour les produits d'interferométrie après un tremblement de terre) et pour la cartographie des forêts, en particulier des forêts tropicales et équatoriales grâce à la capacité de son radar à percer la couverture nuageuse. Les forêts tropicales jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat.

Fly Your Satellite! est un programme éducatif de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) mené en collaboration avec des universités européennes.

La charge utile de Sentinel-1B, le jumeau de Sentinel-1A lancé il y a deux ans, le 3 avril 2014, est un instrument Radar en bande C.

Bref, comme disait ce cher Constantin Tsiolkovski : « La Terre est le berceau de l'humanité, mais on ne passe pas sa vie entière dans un berceau ».

 

Une coupe de champagne avec votre croissant ?

Le décollage était prévu à 18:02 en heure locale, soit 21:02 en temps universel ou 23:02 ou à Paris et Toulouse. Comme souvent avec Soyouz et son étage supérieur Frégat, c’est une mission longue : 4 heures jusqu’à la séparation des satellites, avec 4 phases balistiques et 5 allumage successifs du moteur de l’étage Fregat.

 

Profil de mission - Décollage - Soyouz  - VS 14 - Arianespace - Sentinel-1B - Microscope - Fly Your Satellite - ESA - CNES - Centre Spatial Guyanais Profil de mission - Première phase Fregat - Boost - Croisière - Soyouz  - VS 14 - Arianespace - Sentinel-1B - Microscope - Fly Your Satellite - ESA - CNES - Centre Spatial Guyanais Profil de mission - Deuxième phase Fregat - Boost - Croisière - Soyouz  - VS 14 - Arianespace - Sentinel-1B - Microscope - Fly Your Satellite - ESA - CNES - Centre Spatial Guyanais

Le profil de la mission Soyouz VS 14. Illustrations extraites du dossier de presse
publié par Arianespace

 

ASAP pas vraiment ASAP

Un satellite radar pour percer les nuages ? Pas assez... Ce sont les nuages et la situation météorologique défavorable en Guyane française qui ont entraîné deux reports de lancement, dans la soirée du vendredi 22 et du samedi 23.

Dimanche 24 au soir, alors que la météo s'était améliorée, c'est un "rouge" lanceur qui a causé un nouveau report de lancement. Dans son communiqué de presse,  Arianespace mentionne une panne de centrale intertielle : "les opérations de remplacement de la centrale inertielle du lanceur Soyouz VS 14 affectée par une panne sont en cours". Contrairement à Ariane 5, il n'y a pas de redondance de la centre inertielle sur la fusée Soyouz.

Une nouvelle tentative de lancement devrait avoir lieu lundi 25 avril à la même heure (23h02 heure de Paris). L'heure de lancement fixe est imposée par l'orbite visée, héliosynchrone. Une revue sera organisée à H0 - 5 heures pour faire le bilan et confirmer la suite des opérations. 

Sentinel-1 sera injecté en premier, 23 minutes et 35 secondes après le décollage, puis Fly Your Satellite! à H0 + 2h48 mais il faudra veiller tard pour savoir que le dernier satellite, Microscope, s’est bien séparé. 

La séparation de l’ASAP-S (Arianespace System for Auxiliary Payloads - Soyouz), l’adaptateur protégeant le satellite Microscope sera effectué juste après l’injection de Fly Your Satellite!

 

En savoir plus :

 

 

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 17:20

 

30 ans de SPOT - Toulouse - Ville rose - Capitale européenne du spatial - évolution - Spot 5 - Juin 2002 - Après AZF - CNES - Airbus DS

La ville de Toulouse. Extrait d’une image acquise par le satellite SPOT 5 en juin 2002, moins d'un an
après l'explosion de l'usine AZF. Copyright CNES 2002 - Distribution Airbus DS

 

30 ans de SPOT ! Je joue un peu les prolongations pour l’anniversaire d’un évènement qui a vraiment été structurant pour le spatial en France et à Toulouse. J’avais écrit un premier article sur le développement de la ville rose à travers le regard des satellites SPOT et Pléiades à l’occasion des 25 ans du lancement de SPOT 1. Voici une mise à jour avec quelques nouvelles images et des chiffres plus récents sur l’évolution de la ville et sa population...

 

Toulouse, capitale européenne de l'espace et berceau des satellites d’observation de la Terre

On ne passe pas sa vie entière dans un berceau, comme disait Konstantin Tsiolkovski… Par contre, il est intéressant de voir comment évolue le lieu où on est né…

Tous les satellites SPOT et Pléiades ont vu le jour à Toulouse. Depuis 30 ans, ils scrutent l’évolution de la capitale européenne du spatial. Les images qu’ils fournissent apportent des informations très utiles sur l’évolution de la ville et de ses environs.

 

SPOT ou encore ? Suivre les évolutions dans la durée, un atout des satellites d’observation

Un des avantages des satellites d’observation est de repasser régulièrement au-dessus de chaque région du monde, indépendamment des frontières ou des contraintes politiques. Seuls les nuages leur compliquent un peu la vie…

En 2016, l’archive d’images satellites soigneusement conservée dans la ville rose retrace 30 ans d’histoire du développement de notre planète : développement urbain, occupation des sols, déforestation, évolution du littoral ou des calottes glaciaires, réchauffement climatique

Changement local ou global : les satellites sont irremplaçables pour surveiller notre environnement.

Dans le cas de Toulouse, entre l’image SPOT de 1986 et celle acquise par Pléiades en 2014, d’autres images prises par les satellites SPOT témoignent du dynamisme de Toulouse et de ses environs.

L’image SPOT 5 présentée au début de cet article a été prise neuf mois après l’explosion de l’usine AZF : la cicatrice est visible depuis l’espace. Ailleurs, c’est le développement des surfaces construites qui est le plus spectaculaire, comme dans l’ancien bois de Limayrac, autour de la zone verte de la Ramée ou dans les communes autour de Toulouse. En comparant les images de 1986 à 2014, on est frappé par la diminution des surfaces agricoles au fil du temps.

Un observateur attentif notera également les grands travaux qui ont accompagné le développement de la ville :

  • La boucle complète du périphérique achevée en 1995, l’extension de la zone de l’aéroport, la rocade arc-en-ciel mise en service en 1997, la Cité de l'espace qui ouvre ses portes en 1997 ou le zénith de Toulouse inauguré en 1999.
  • La ligne A du métro est mise en service en 1993 après cinq ans de travaux. Son extension vers Balma-Gramont ouvre en 2003 et la seconde ligne est inaugurée en 2007.
  • Au cœur de la ville, le centre de congrès Pierre-Baudis, le Théâtre National de Toulouse, les Abattoirs et la médiathèque José-Cabanis.
  • Et, plus de 50 ans après, le retour du tramway à Toulouse : après des travaux démarrés pendant l'été 2007, la ligne reliant Beauzelle et Blagnac à Toulouse a été mise en service en décembre 2010.

 

30 ans de SPOT - Toulouse - Ville rose - Capitale européenne du spatial - évolution - Spot 1 - Mai 1986 - CNES - Airbus DS

Extrait d’une image de la ville de Toulouse vue par le satellite Spot 1 le 22 mai 1986.
La rocade est n'est pas encore en service. L’image présentée ici est de taille réduite.
La résolution de l’image d’origine est de 20 mètres.
Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

De 1986 à 2012 : les satellites témoins de plus de 25 ans d’évolution de la ville de Toulouse

 

  Toulouse._Tramways_sur_le_Capitole._16_juin_1899_-1899-_-_5.jpg Avant les satellites... Le tramway place du Capitole à Toulouse. Phographie du fonds
Eugène Trutat. Source : Wikimedia commons, mis à disposition
par les archives municipales de Toulouse.

 

De 1986 à 2016 : les satellites témoins de plus de 30 ans d’évolution de la ville de Toulouse

Sur un période de 30 ans, la ville de Toulouse s’est profondément transformée, avec le développement de la ville et de sa périphérie, en particulier depuis le début des années 90, pendant la période dont ont été témoins les satellites d’observation de la Terre.

Pour illustrer une toute petite partie de ces changements, les images suivantes mettent l’accent sur 3 lieux emblématiques des évolutions de la ville :

  • Le Zénith de Toulouse, le quartier des Ponts-Jumeaux, au confluent du canal du Midi, du canal de Brienne et du canal Latéral.
  • L’aménagement de l’ancien bois de Limayrac, la Cité de l’espace et la zone d’activités de la Plaine.
  • La zone de l’aéroport de Blagnac, Aéroconstellation, les usines Airbus et le réseau routier des environs.

Dans les trois cas, l’article écrit pour les 25 ans de SPOT illustraient ces évolutions avec des vignettes extraites d’une image Pléiades de janvier 2012 et d’images acquises par Spot 5 le 17 juin 2002, le 1er mars 2005 et avril 2011. Deux autres images étaient utilisées : une acquise par Spot 3 le 28 juillet 1995 et une par le satellite Spot 4 le 21 novembre 1998. Je complète avec des images publiées par le CNES et Airbus Defence and Space à l’occasion de l’exposition sur les 30 ans de SPOT.

Pour ce travail sur l'évolution d'un site particulier, c’est le fait de disposer d’une longue série temporelle qui est le principal atout de l’image satellite. L’image de Spot 1 de mai 1986 sert de référence, même si sa résolution est très inférieure à celles de Spot 5 et Pléiades : elle ne permet pas de bien identifier les détails au cœur de la ville mais reste très utile, par exemple pour le réseau routier, la disparition des zones vertes ou cultivées progressivement remplacées par les habitations ou la zone de l’aéroport de Blagnac. 

D’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre ont déjà traité de deux autres exemples, avec l’évolution de la zone verte de la Ramée, la construction de la rocade Arc-en-Ciel et le développement de la zone de Basso-Cambo et la reconstruction du site de l’usine AZF et la construction du Cancéropole à l’occasion du dixième anniversaire de l’explosion de l’usine AZF.

 

Un satellite au zénith, au-dessus du Zénith de Toulouse, du canal du Midi et du quartier des Ponts-Jumeaux

 

Spot 5 - Toulouse - 2002 - Extrait Garonne Ponts Jumeaux Ze Spot 5 - Toulouse - 2005 - Extrait Garonne Ponts Jumeaux Ze
Spot 5 - Toulouse - 2011 - Extrait Garonne Ponts Jumeaux Ze Pleiades - Toulouse - 2012 - Extrait Garonne Ponts Jumeaux

Du Zénith à la basilique Saint-Sernin et passant par les Ponts-Jumeaux. 3 extraits d’images
acquises par le satellite Spot 5 en 2002, 2005 et 2011 et un extrait de l’image Pléiades
de janvier 2012. Copyright CNES - Distribution Airbus DS

 

Construit de 1997 à 1998, le Zénith de Toulouse a été inauguré en avril 1999. Ses plus grandes dimensions sont de 135 mètres sur 110, pour une hauteur de 26 mètres. Il avait été gravement endommagé par l’explosion de l’usine AZF en septembre 2001.

On peut également voir le musée des abattoirs : les travaux pour la création de l’ « espace d’art moderne et contemporain de Toulouse Midi-Pyrénées » ont débuté en 1997 et Les Abattoirs ouvrent officiellement en 2000.

Parmi les évolutions d’envergure les plus récentes, les toulousains reconnaîtront facilement la ZAC des Ponts-Jumeaux, où 1500 logements ont récemment remplacé 8 hectares de frîches industrielles entre le Boulevard de l'Embouchure, les rues Kruger et Daydé et le Boulevard de Suisse.

 

Toulouse - Pont-Jumeaux - Jean Gueguiner - Juillet 1976 Le quartier des Ponts-Jumeaux en juillet 1976. Photographie prise d'hélicoptère par
Jean Guéguiner (fonds photographiques du Conseil général de Haute-Garonne).
Un oeil exercé peut identifier les subtiles différences avec le même quartier en 2012...

 

Nous n’irons (presque) plus au bois : le quartier de Limayrac, la zone d’activités de la pleine et la Cité de l’espace

 

Spot 5 - Toulouse - 2002 - Extrait Limayrac - Terre Cabade Spot 5 - Toulouse - 2005 - Extrait Limayrac - Terre Cabade
Spot 5 - Toulouse - 2011 - Extrait Limayrac - Terre Cabade Pleiades - Toulouse - 2012 - Extrait Limayrac - Terre Cabad

Le cimetière de Terre Cabade, le quartier de Limayrac, la Cité de l’espace et l’aérodrome de Lasbordes. Extraits d'images acquises par le satellite Spot 5 en 2002, 2005 et 2001 et par
le satellite Pléiades en janvier 2012. Copyright CNES - Distribution Airbus DS

 

Vue de l'espace, la structure du cimetière, à proximité de l’observation de Jolimont contraste avec le reste de la ville.

Les premières habitations du quartier de Limayrac datent de l'an 2000. Sur l’image de 2002, la zone est encore en travaux. Le contraste est impressionnant avec l’ancien bois de Limayrac, visible sur les images satellites acquises jusqu’en 1998. Le contraste est saisissant quand on observe la surface occupée par le bois de Limayrac prise par SPOT 1 en 1986.

Egalement invisible sur l’image de 1986, la Cité de l’espace a ouvert en juillet 1997. Un an plus tard, la station MIR est installée dans le parc. Le nouveau bâtiment Astralia, avec le planétarium et la salle Imax, est inauguré en avril 2005. Pour la petite histoire, deux autres articles du blog Un autre regard sur la Terre vous permettront de découvrir la Cité de l'espace vue par le satellite radar TerraSAR-X et la Cité de l'espace photographiée par un ballon dirigeable dans le cadre d'un atelier proposé par le CNES et Planète Sciences Midi-Pyrénées.

A proximité de la zone verte de l’Hers et dans le prolongement des hangars de Lasbordes, c’est le magasin Leroy-Merlin qui a finalement ouvert en 2004, après une saga juridique de plus de dix ans : terrain acheté en 1991, travaux démarrés en 1993 et stoppés en juin 1994.

 

L’aéroport de Toulouse-Blagnac, Aéroconstellation et l’usine Jean-Luc Lagardère

La série d'images suivante montre l'évolution de la zone de l'aéroport de Toulouse-Blagnac et des environs immédiats.

Les satellites n’ont pas été témoins de toute l’histoire de l’aéroport de Toulouse Blagnac et des usines Airbus. En 1947, la longueur de la piste sud est portée à 1700 m. Entre 1964 et 1968, les pistes sont portées à 3000 puis 3500 mètres pour accueillir tous les types d’avions commerciaux. C’est de là que le Concorde, en mars 1969, et l’Airbus A380, en avril 2005, décolleront pour leurs premiers vols. Les aérogares Blagnac 1 et Blagnac 2 sont respectivement inaugurés en 1953 et 1978.

Jean-Pierre Defoy, qui anime le site japy-collection, m'a aimablement communiqué cette carte postale qui montre l'aérogare de Toulouse-Blagnac. Ici aussi, un oeil exercé pourra jouer au jeu des 7 erreurs entre cette photographie aérienne et la situation actuelle de l'aéroport de Blagnac en 2016.

 

Toulouse---Aeroport-Blagnac---Japy---Editions-Cely---Marce.jpg

Toulouse-Blagnac. Carte postale montrant une vue aérienne de l'aérogare.
Ne cherchez pas les parkings. Photo-reportage YAN.
Editions Cely - Marcel Pendaries - Toulouse. Crédit image : Japy collection

 

Sans remonter aussi loin, les travaux suivants sont visibles sur la série d’images SPOT : une nouvelle extension de l’aérogare et une nouvelle tour de contrôle sont mis en service en 1993. Le parking couvert P3 est inauguré en 2002 et la construction du nouveau hall D a commencé en 2005. Le développement du trafic nécessite l’extension des parkings voyageurs autour de l’aérogare. Cette évolution est très visible sur les images satellite.

Spot 5 - Toulouse - 1986 - Extrait aéroport blagnac Spot 5 - Toulouse - 1995 - Extrait aéroport blagnac - RR2
Spot 5 - Toulouse - 1998 - Extrait aéroport blagnac Spot 5 - Toulouse - 2002 - Extrait aéroport blagnac - RR2
Spot 5 - Toulouse - 2005 - Extrait aéroport blagnac - RR2 Spot 5 - Toulouse - 2011 - Extrait aéroport blagnac - RR2

  Les environs de l’aéroport Toulouse Blagnac. Extraits d’images SPOT acquises en 1986, 1995, 1998,
2002, 2005 et 2011. Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

Le développement des usines Airbus au sud et au nord des pistes est également très spectaculaire.

Conçue pour la construction des avions A380, l’usine Jean-Luc Lagardère, un bâtiment de 500 mètres de longueur sur 250 mètres de largeur et 45 mètres de hauteur pouvant accueillir jusqu’à huit modules d’assemblage de l’A380, est inaugurée en mai 2004 et la zone industrielle Aéroconstellation en octobre 2004. C’est ici qu’ont été transférés les ateliers du site historique de Montaudran, où Air France effectuait des opérations d’entretiens de moyens-porteurs. Avec le développement de la ville, la piste historique s’est retrouvée enclavée au coeur de l’agglomération.

Le quartier de Montaudran fait lui-même désormais l’objet d’un projet d’aménagement important : la ZAC Montaudran et l'Aerospace Campus, avec l’ambition d’installer la plus grande concentration européenne en recherche aéronautique et spatiale.

 

Spot 5 - Toulouse - 1995 - Travaux rocade Arc-en-cielLes travaux de la rocade Arc-en-Ciel sont très visibles sur cet extrait de l'image du satellite
SPOT 3 acquise en 1995. Copyright CNES - Distribution Airbus DS

 

La croissance démographique, moteur du développement de la ville…

Selon l’INSEE, Toulouse Métropole, la communauté urbaine du Grand Toulouse, a vu sa population augmenter de près de 50% entre 1982 et 2013. Les 37 communes comptent aujourd’hui près de 735000 habitants.

 

Aire-Urbaine-Toulouse---Evolution-1990-1999.jpgAire-Urbaine-Toulouse---Evolution-1999-2007.jpgEvolution de la population de l'Aire Urbaine de Tououse. En haut, entre 1990 et 1999.
En bas, entre 1999 et 2007. Notez l'évolution entre la progression centrale et la progression
périphérique. Source : INSEE.

 

En janvier 2009, dans une note intitulée « Toulouse, moteur de la forte poussée démographique en Midi-Pyrénées », l’INSEE indiquait que « Toulouse se place au premier rang des grandes villes françaises en matière d’accroissement démographique, tant pour la ville-centre que pour l’agglomération ».

Pour l’ensemble de la région Midi-Pyrénées, ce sont surtout les nouveaux arrivants qui contribuent au dynamisme de la démographie: en Midi-Pyrénées, les naissances n’ont compté que pour moins de 10% du total des 32000 personnes supplémentaires par an entre 1999 et 2006. Par contraste, pour la commune de Toulouse, le fort excédent naturel explique 42 % de la croissance de la ville.

 

Des écoles à construire ?

Pour ses statistiques, l’INSEE s’intéresse d’abord à la continuité du bâti et utilise plusieurs définitions normalisées : Ville-Centre, l’Unité Urbaine et l’Aire Urbaine). En langage courant, cela correspond respectivement à la ville intra-muros, à la ville et sa banlieue immédiate (agglomération) et à la ville avec sa couronne périurbaine.

De manière générale, je vous recommande de consulter le site de l’INSEE pour comprendre la terminologie et les nouvelles règles liées au changement de méthode de recensement appliquée depuis 2008 (en particulier la notion de population légale millésimée) L’aire urbaine de Toulouse, c’est 342 communes : Toulouse, 71 communes de la banlieue, et 270 dans la couronne périurbaine.

Au 1er janvier 2007, elle compte 1 118 472 habitants, en cinquième position derrière Paris, Lyon, Marseille et Lille mais avec la plus forte croissance annuelle (1,9 %). Sans être un expert des statistiques, la circulation sur la rocade ou les prix de l’immobilier permettent de se faire une bonne idée de cette évolution. La croissance démographique de la couronne périurbaine accélère depuis 1999 (+ 3,1 % par an).

Contrairement à celui de la ville-centre, le dynamisme périurbain est surtout lié à l’afflux de nouvelles populations : l’excédent migratoire y représente 85 % de la croissance. D’après l’INSEE, la commune Toulouse compte 447 000 habitants (population légale en vigueur au 1er janvier 2012).

Quatrième ville de France, elle a vu sa population progresser à un taux annuel moyen supérieur de 1,7 % depuis 1999, soit 56 000 habitants supplémentaires. La banlieue représente un peu moins de la moitié de la population de l’agglomération dans ses limites définies en 1999. Bien qu’encore très soutenue, la croissance de la banlieue ralentit depuis les années 60-70 où elle atteignait des niveaux exceptionnels (+ 8 % par an). La moyenne depuis 1999 est de 1,6 % par an.

Par exemple, la population de L’Union, en croissance de plus de 20 % par an au début des années 60, celles de Ramonville et de Saint-Orens, en hausse de plus de 20 % par an au début des années 70, se stabilisent… Après avoir augmenté à un rythme constant depuis 1975, la croissance démographique de la couronne périurbaine accélère depuis 1999 (+ 3,1 % par an).

Assez naturellement, les communes périurbaines les plus dynamiques se situent souvent près des axes autoroutiers (+ 7,2 % pour Castelnau-d’Estretefonds, + 6,3 % pour Saint-Sulpice, + 4,7 % pour Baziège). Contrairement à celui de la ville-centre, le dynamisme périurbain est surtout lié à l’afflux de nouvelles populations : l’excédent migratoire y représente 85 % de la croissance.

 

Travail à l'école sur les images satellites

Les images publiées par le CNES et Airbus Defence and Space sont d'abord destinées à illustrer des panneaux de l'exposition réalisée pour les 30 ans de SPOT : elles ne sont pas superposables.

Pour permettre un travail pédagogique en calsse sur les séries temporelles et l'évolution des quartiers de Toulouse, je me suis amusé à tenter de les rendre parfaitement superposables.

Ce n'est pas évident à partir de fichiers au format jpeg sans référence cartographique mais, avec un peu de sueur, on y arrive... Il n'est pas non plus conseillé d'enregistrer en jpeg des images jpeg après traitement : ce n'est pas très bon car les effets du codage se cumulent et cela dégrade rapidement les images. Si vous faites des traitements successifs sur des images, sauvegardez toujours votre travail intermédiaire dans un format "sans perte" (TIFF, Raw, etc.)

Mais bon, sans avoir accès aux images au format d'origine, ce bricolage donne une assez bonne idée des changements... Cela permet de comparer plus facilement les différentes images et de localiser ces changements au fil du temps.

Si vous êtes intéressé, contactez-moi, je pourrai vous passer ce "sandwich d'images" au format Gimp-2 ou Paintshop Pro.

 

En savoir plus :

 

Vue générale de Toulouse - Taylor - NeurdeinVue générale de Toulouse. Dessin de Taylor, d'après une photographie de M. Neurdein

 

 

 

 

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 20:36

 

Landsat 8 - Australie - Lake Mackay - 22-04-2014 - 01h25Le lac Mackay en Australie. Image prise par l’instrument OLI du satellite Landsat 8 le 22 avril 2014
à 1h25 UTC. Crédit image : USGS.

 

Journée de la Terre

Aujourd’hui, si vous avez fait une recherche sur Google, le doodle, la petite image au-dessus de la zone de recherche, vous a appris, comme moi, que le 22 avril, un mois après le printemps, était la « journée de la Terre », créée en 1990 pour célébrer la naissance du mouvement environnemental en 1970 aux Etats-Unis.

 

Sentinelles de la Terre : autour de la Terre toute la journée

Dans un article récent, j’ai présenté la mission Sentinel-1A, lancée le 3 avril et qui vient de fournir ses premières images. Je reviendrai en détail sur les 6 satellites Sentinel du programme européen Copernicus en cours de développement.

Pour la première fois, Copernicus va amener une infrastructure opérationnelle au niveau européen. Par contre, l’étude et la surveillance de l’environnement au niveau global n’ont pas attendu GMES ou Copernicus et s’appuient également sur de nombreux satellites d’observation développés au niveau national (par exemple les filières spot et Pléiades en France) ou en coopération bilatérale (par exemple la filière altimétrie spatiale, également très importante à Toulouse, qui est à l’origine une coopération franco-américaine sur Topex-Poséidon puis Jason).

Bien avant les images des satellites Sentinel, ce sont ces satellites, appelés « GMES Contributing Missions » dans le jargon de l’Agence Spatiale Européenne et de la Commission Européenne, qui ont permis de mettre en place les premiers services de GMES puis de Copernicus. Certains de ses services, comme la fourniture d’images en urgence après une catastrophe naturelle (Copernicus Emergency Mapping Service), continueront d’ailleurs à utiliser principalement les données des missions nationales : dans le cas des crises et des catastrophes, elles permettent, par leur nombre et leurs caractéristiques, d’offrir à la fois la fréquence de revisite et la résolution que recherchent les professionnels de la protection civile.

 

24 heures autour de la Terre avec les satellites d’observation

Pour célébrer à sa manière la journée de la Terre, le blog Un autre regard sur la Terre propose une série d’images provenant de satellites d’observations. Les images présentées ici ont toutes été acquises dans la journée du 22 avril 2014. Comment les trouver : en consultant les « catalogues d’images » des principaux fournisseurs et opérateurs de satellites d’observation

L’image ci-dessous montre par exemple la consultation du catalogue Geostore d’Airbus Defence and Space, en choisissant comme zone d’intérêt une région étendue autour du Danemark et de la ville de Copenhague. Pour la petite histoire, Copenhague, c’est le siège de l’Agence Européenne de l’Environnement (EEA pour European Environment Agency) où on s’intéresse à l’environnement plus souvent que tous les 22 avril….

 

Airbus Defence and Space - Catalogue Geostore - 22-04-2014Extrait du catalogue Geostore d’Airbus Defence and Space pour la journée du 22 avril 2014.


La copie d’écran montre l’emprise des images acquises par Spot 5, Spot 6, Pleiades-1A, Pleiades 1B, quatre satellites optiques, et TerraSAR-X, l’un des deux satellites radar. Tous ces satellites sont opérés par la division Geoinformation d’Airbus Defence and Space. Par exemple, la vignette est un apercu (quicklook) d’une image acquise par Pleiades 1B le 22 avril 2014 à 10h38 UTC. Elle montre des parcelles agricoles dans la région du Jutland à l’ouest de la ville d’Holstebro. Comme dans d’autres régions agricoles, le contraste avec la zone forestière de Kloster Hede est frappant. Sur ces vignettes, la résolution est très dégradée par rapport à la qualité de l’image d’origine.

Sur son site, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) publie une image de la Ville de Copenhague acquise par Spot 5 le 21 avril 2011 pour rappelle que le thème de la Journée de la Terre est « les villes vertes » (Green Cities)

 

24 heures chrono… A 27000 km/h

En route donc, pour 24 heures en orbite autour de la Terre. Mettez-vos lunettes de soleil car on va garder le soleil dans les yeux toute la journée.

La première image présentée en haut de cet article provient du satellite Landsat 8. Elle a été acquise le 22 avril 2014 à 1h25 UTC au moment où il survole l’Australie. Il est alors 10h55 en heure locale. L’image montre le lac Mackay, à la limite entre le Territoire du nord (Northern Territory) et l’Australie Occidentale. C’est le deuxième lac salé d’Australie après le lac Eyre : il mesure environ 100 kilomètres sur 100.

A 705 kilomètres d’altitude, un tout petit peu plus haut que les satellites Spot 6 et Pleiades, Landsat 8 boucle une orbite en 99 minutes : à 2h47, il survole la baie de Bohai, l’embouchure du fleuve Hai He et le port de Tianjinn, le plus grand port du nord de la Chine, à environ 120 kilomètres de Pékin.

 

Landsat 8 - Chine - Tianjin 22-04-2014 - 02h47En Chine, le port de Tianjinn et la baie de bohai vue par le satellite Landsat 8 le 22 avril 2014
à 2h47 UTC. Crédit image : USGS

 

A l’heure où Landsat 8 prend cette image, il est 10h47 en heure locale… Deux heures plus tard environ, le satellite survole le Delta du Gange entre l’Inde et le Bangla Desh. Il est 4h31 UTC soit 10h00 en heure locale.

 

Landsat 8 - Bangla Desh - Delta Gange - 22-04-2014 - 04h31Le delta du Gange vu par le satellite Landsat 8. Image acquise le 22 avril 2014 à 4h31 UTC.
Crédit image : USGS.

 

Zoom sur le zoo

On continue notre voyage en suivant la course du Soleil.

5h17 UTC soit 6h17 en heure locale à Berlin. Le soleil vient de se lever : dans le großer Tiergarten, les oiseaux chantent mais il est encore trop tôt pour les satellites optiques. C’est le radar du satellite TerraSAR-X qui nous fournit cette image où on reconnaît facilement la géométrie des avenues qui convergent vers la colonne de la Victoire (Siegessäule) au milieu du Tier Garten traversé d’est en ouest par la rue du 17 juin (Straße des 17 Juni), dans le prolongement de Unter den Linden. A cette heure-là, s’il pouvait prendre une image, un satellite d’observation optique montrerait une ombre très allongée de la colonne de la victoire dans l’axe de la rue du 17 juin, dans la direction opposée à la porte de Brandebourg.

 

Terrasar-X - Berlin - 22-04-2014 - 05h17La partie ouest Berlin, le Tier Garten, le Neuer See et le fleuve Spree vus par le satellite radar
TerraSAR-X. Image acquise le 22 avril 2014 à 5h17 UTC. Vignette extraite du catalogue Geostore
d’Airbus Defence and Space. La résolution est très réduite par rapport à celle de l’image
en plein format. Copyright DLR – Airbus Defence and Space / Infoterra GmbH.

 

C’est coton : la plus importante catastrophe environnemental du XXème siècle

Une petite marche arrière vers l’est et l’Asie centrale pour survoler la mer d’Aral, qui a une grande valeur symbolique pour les questions d’environnement et d’action irréversible de l’homme sur la planète. Il est 7h05 UTC soit 12h05 en heure locale quand le satellite Terra survole l’Ouzbékistan et le Kazakhstan. La mer d’Aral n’a de mer que le nom et je vous invite à voir son évolution à travers 50 d’ans d’images satellites. Si vous possédez un vieil Atlas ou une planisphère ancienne, vérifiez comment était représentée la mer d'Aral sur les cartes à l'époque... 

 

Terra - MODIS - Mer d'Aral - 22-04-2014 - 7h05La mer d’Aral vue par l’instrument MODIS du satellite Terra. Image acquise le 22 avril 2014
à 7h05 UTC. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

35784 km : on prend de la hauteur

Toutes les images qui précèdent proviennent de satellites qui opèrent sur des orbites entre 514 km (TerraSAR-X) et 710 km d’altitude (Terra).

Pour avoir une vue d’ensemble de la Terre, il faut s’éloigner et rejoindre l’orbite géostationnaire, là où opèrent les satellites météo comme Meteosat 10. Evidemment, en s’éloignant, on réduit le niveau de détail : alors que l’instrument Pléiades mesure des détails de 70 cm, la résolution au sol de l'instrument SEVIRI de Météosat est de 1000 mètres.

Voici comment Meteosat 10, à la verticale du méridien de Greenwich (0° de longitude) voyait la terre le matin du 22 avril 2014 à 8h00 UTC, soit 10h00 en heure locale pendant la période de l’heure d’été. A ce moment précis, à Toulouse, le soleil est levé depuis environ 3 heures (lever à 7h02 selon les éphémérides de l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides).

 

Meteosat 10 - Jour de la Terre - 22-04-2014 - 8h00La Terre, le matin du jour de la Terre. Image du satellite Meteosat 10 acquise le 22 avril 2014
à 10h00 UTC. Crédit image : Eumetsat

 

C’est quand même rassurant de constater que la terre est ronde (même si tout ne tourne pas rond) et même sphérique que le montre la forme de la limite entre la partie éclairée par le soleil et la partie dans l’obscurité.

En restant à la même altitude, on traverse rapidement l’Atlantique en faisant un quart de tour de la Terre pour rejoindre deux satellites météo américains, GOES East (sur la longitude 75°W) et GOES West (sur la longitude 135°W).

Les deux images suivantes ont été acquises respectivement à 17h45 et 18h45 UTC. La première image est une image dans le spectre visible. La seconde image est une image infrarouge dans le canal centré sur 10,7 µm.

 

GOES-East---Earth-Day---22-04-2014---17h45.JPGGOES-Composite---Earth-Day---22-04-2014---18h45-IR-CH-4.JPGDeux images des satellites météo GOES. En haut, image du satellite GOES East dans le spectre
visible acquise le 22 avril 2014 à 17h45 UTC. En bas, image dans le canal infrarouge
centré sur 10,7 µm. Les couleurs « rainbow » permettent de mieux mettre
en évidence les différences de températures.
Crédit image : NOAA / National Environmental Satellite Data, and Information Service

 

En redescendant à un peu moins de 700 kilomètres d’altitude, on retrouve Spot 6 et Pléiades qui ont également fini par traverser l’Atlantique, en tournant sur leur orbite quasi-polaire. Voici par exemple un « quicklook » (un aperçu d’image visible sur le catalogue Geostore présenté plus haut) d’une image acquise par Pléiades 1B à l’extrémité est de l’île de la Jamaïque. L’image a été prise à 15h45 UTC soit 10h45 en heure locale. Un peu au nord, on trouve le massif des Blue Mountains où on cultive le célèbre café. Je vous conseille d’en reprendre une tasse pour tenir jusqu’au bout de nos 24 heures : les images ne sont pas disponibles immédiatement après leur acquisition, il faut attendre qu'elles soient reçues par une station sol, rapatriées dans le système d'archivage et mises au catalogue. Il faut veiller tard pour les images de 23h59 UTC...

 

Vignette-Pleiades-1B---Jamaique---Port-morant---Blue-mounta.jpgL’est de l’île de la Jamaïque et la ville de Port Morant, à l’est de Kingston. Aperçu d’une image
acquise par le satellite Pléiades 1B le 22 avril 2014 à 15h45 UTC. Copie d’écran du catalogue
Geostore d’Airbus Defence and Space

 

A peu près au même moment, le satellite Terra survolait la Floride et Cuba et la couleur de l’eau vue par son instrument MODIS donnait envie d’aller se baigner dans les Caraïbes en milieu de matinée : il est alors 10h30 en heure locale soit 15h30 UTC.

 

Terra - MODIS - Floride - Cuba - Bahamas - 22-04-2014 - 15hEarth Day : la Floride, Cuba et les Bahamas vus par l’instrument MODIS du satellite Terra le 22 avril
2014 à 15h30 UTC. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

3 heures plus tard… L’orbite de Pléiades s’est déplacée vers l’ouest à travers les Etats-Unis. Il est 18h12 UTC soit 12h12 en heure locale quand Pléiades 1A, avec une incidence élévée (30°) prend cette image de Los Mochis dans la province de Sinaloa, sur la côte sud-est du Golfe de Californie.

 

Quicklook Pleiades-1A - Mexique - Los Mochis - 22-04-2014 -Sur la côte est du Mexique et du golfe de Californie, la ville de Los Mochis, très claire en haut
à droite, entourée de parcelles agricoles irriguées. Quicklook d’une image prise par
le satellite Pleiades-1A le 22 avril 2014 à 18h12 UTC.
Copyright CNES 2014 - Distribution Airbus Defence and Space / Spot Image

 

Une petite dernière pour rêver des îles du Pacifique. On boucle presque notre tour de la Terre en retrouvant Landsat 8. Il est 19h31 UTC, 9h31 en heure locale. Nous sommes assez loin de tout, à 141° de longitude ouest et 14° de latitude sud, dans l’archipel de Tuamotu en Polynésie française. L’extrait de l’image montre les îles Napuka, à l’est, et Tepoto Nord. La couleur des eaux de l’Atoll de Napuka, 11 km sur 5 environ, fait rêver mais cela s’appelle quand même les îles du désappointement et Napuka est l’île de la désolation… Tahiti est à 1000 km environ.

 

Landsat 8 - Napuka - Tepoto nord - 22-04-2014 - 19h31Dans l’archipel de Tuamotu, les îles Tepoto nord et Napuka vues par le satellite Landsat 8
le 22 avril 2014 à 19h31 UTC. Crédit image : USGS

 

Un enjeu : la continuité des observations

Cet article ne montre donc que des images acquises le 22 avril, pratiquement dans une fourchette d’heures locales assez étroite pour les instruments optiques. J’espère que cela vous donne à nouveau une idée de la diversité des applications des satellites d’observation dans le domaine de l’environnement.

Par contre, comme pour la météorologie, il est très important que les satellites ne remplissent une mission opérationnelle, au service de l’environnement, de l’étude de l’évolution du climat, de la déforestation ou de l’élévation de la hauteur de la mer que s’ils sont capables de fournir de longues séries temporelles.

Une image du 22 avril, si elle est seule, ne sert à rien.

Une fois en orbite, les satellites deviennent invisibles. Même s’ils ont des durées de vie de plus en plus impressionnantes, il n’est donc pas inutile de rappeler le jour de la journée de la Terre qu’il faut penser à les renouveler de temps en temps…

 

Happy Earth day

C’est le 22 avril 1970 que Gaylord Nelson, sénateur du Wisconsin, mobilise les citoyens et les étudiants et les incite à lancer des projets de sensibilisation à l'environnement dans leurs communautés : c’est la première manifestation environnementale d'envergure sur le territoire américain qui contribue à intégrer les questions environnementales dans l’agenda politique.

 

A l’école, des projets scientifiques pour découvrir l’environnement…

En France, Planète Sciences fait partie des nombreuses associations, regroupées par exemple dans le réseau GRAINE (Groupement régional d'animation et d'information sur la nature et l'environnement), qui incitent les jeunes et les enseignants à se lancer dans des actions d’initiation et d’éducation à l’environnement.

L’originalité de l’approche de Planète Sciences est de proposer de développer des projets d’étude de l’environnement, permettant de vivre une démarche scientifique expérimentale et un véritable projet en équipe.

 

En savoir plus :

 

 

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 20:50

Beaucoup de particules fines…

Ce n'est pas un jeu de mot ou une contrepèterie... C’est au contraire un problème sérieux qui n’est pas suffisamment pris au sérieux en France, malgré les avertissements des associations, des agences de surveillance de la qualité de l’air ou de la Commission Européenne. Qu’il s’agisse d’ozone ou de particules fines, les fameuses PM10, les grandes villes connaissent désormais des alertes fréquentes, de l’ordre de quarante jours par an, avec des conséquences directes sur la santé.

Vendredi 13 décembre : l’Ile-de-France et la région Rhône-Alpes connaissent aujourd’hui leur cinquième journée consécutive d’alerte aux particules fines, selon l'agence de surveillance de la qualité de l'air Airparif.

Dans la semaine, d’autres villes ou régions étaient également touchées par ces pics de pollution : Alsace, Bordeaux, Bouches-du-Rhône, Grenoble, Haute-Normandie, Lourdes, Lyon, Oise, Vaucluse.

Eviter de prendre la voiture ? La grève SNCF de mercredi soir à vendredi matin n’a pas aidé à réduire la circulation automobile autour des grandes villes. A Toulouse, la qualité de l’air s’est améliorée avec l’arrivée d’un léger vent d’autan mais il y avait également des alertes à Castres ou Albi.

La cause principale est la pollution, accentuée cette semaine par des conditions anticycloniques hivernales, qui entraînent une augmentation de la concentration des polluants au niveau du sol.

 

Conditions anticycloniques hivernales

L’image suivante illustre bien le phénomène rencontré cette semaine. Elle a été prise mardi 10 décembre 2013 par le satellite Landsat 8. Les brumes au-dessus des méandres de la Seine sont un effet des conditions anticycloniques : l’air froid et humide est piégé par l’anticyclone et a du mal à s’élever.

 

Landsat 8 - Seine - Anticyclone 10-12-2013 - 10h42 Landsat 8 - Région parisienne - Anticyclone 10-12-2013 - 1
Image de la région île de France prise par le satellite Landsat 8 le 10 décembre 2013 à 10h42 UTC.

En haut, extrait montrant les brumes à basse altitude dans la vallée de la Seine. En bas, une image
plus large qui montre un ciel presque totalement dégagé au-dessus de la région parisienne.
Crédit image : USGS

 

On parle de conditions anticycloniques lorsqu’une région se trouve protégée du flux perturbé par un anticyclone. En France, c’est souvent l'anticyclone des Açores qui peut décider de voyager au-dessus de notre pays et le protège alors en tenant à l’écart les perturbations plus au Nord vers les Iles Britanniques.

 

Accélérateur de particules

Les conditions anticycloniques sont synonymes d'un temps calme et généralement sec, avec une zone de haute pression en altitude associée à de l'air relativement chaud.

En été, c’est l’assurance d’avoir du beau temps. Si les conditions anticycloniques se prolongent, les régions en plaine peuvent connaître des fortes chaleurs ou même un épisode caniculaire. Sur le relief, des orages peuvent se produire en fin de journée.

En automne ou en hiver, le temps peut être beaucoup moins agréable à cause des grisailles, brouillard et nuages bas persistants.

Les images des satellites météo illustrent cette situation : ciel dégagé avec des sommets enneigés bien visibles et, en observant attentivement, les brumes de la vallée de la Seine également présentes. Notez qu’une pression de 1040 hPa au centre d’un anticyclone en décembre n’est pas si fréquente.

 

Meteosat 10 - France - 10-12-2013 - 12h00Aqua - MODIS - Anticyclone France - 10-12-2013Deux images témoignant des conditions anticycloniques sur la France. En haut, une image du satellite Meteosat 10 acquise le 10 décembre 2012 à 12h00. Crédit image : Eumetsat. En bas, une image de l’instrument MODIS du satellite américain Terra acquise également le 10 décembre 2013.
Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response.

 

Le monde à l’envers avec la couche d’inversion.

En hiver, au niveau du sol et à basse altitude, l’air froid et humide est bloqué. L'anticyclone agit comme un couvercle : il fait plus froid en surface qu’en altitude. C’est le phénomène appelé "couche d'inversion".

On en voit également des effets évidents en montagne : les sommets connaissent un temps doux, ensoleillé et une très bonne visibilité. Au contraire, dans le fond des vallées, cachées par une mer de nuages, avec un air froid et dense qui s’écoule depuis les hauteurs, c’est temps gris et froid à volonté !

 

Bleu, blanc, rouge : la neige

Le blog Un autre regard sur la Terre a souvent donné des exemples d’images illustrant l’intérêt des différents types de compositions colorées. Voici une nouvelle occasion de s’en convaincre. Je vous renvoie à d’autres articles pour les explications détaillées sur les combinaisons de bandes spectrales.

 

Terra - MODIS - Anticyclone - Neige - 08-12-2013Terra - MODIS - Anticyclone - Neige - 08-12-2013 - 721Terra - MODIS - Anticyclone - Neige - 08-12-2013 - 3673 représentations colorées de la même image prise par l’instrument MODIS du satellite Terra le 8
décembre 2013. De haut en bas, image en couleurs naturelles, composition des canaux 7, 2 et 1
et composition des canaux 3, 6 et 7. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response.

 

On se souvient des impressionnantes chutes de neige autour de Clermont-Ferrand en novembre 2013. A l’époque, la couverture nuageuse ne m’avait pas permis de vous montrer une belle image du massif central. En voilà enfin une, avec en prime les Pyrénées et les Alpes. On dit merci à l’anticyclone !

 

Ça caille !

En conditions anticycloniques, lorsque l'air est bien sec, avec une influence continentale et un ciel qui reste dégagé la nuit, le sol se refroidit pendant la nuit : il faut gratter vigoureusement les parebrises le matin, de préférence avec des gants et une bonne doudoune… Le thermomètre affiche des valeurs très basses.

Par exemple, Météo France a relevé des températures 4 à 7 degrés au-dessous des normales saisonnières avec les minima suivants pour la journée du 12 décembre 2013 (à l’aube) : - 8,9 °C à Fontainebleau (Seine et Marne), - 7,6 °C à Troyes (Aube), - 6,5 °C à Vichy (Allier), - 5,6 °C à Grenoble (Isère) ou encore - 5,0 °C à Orly (Val de Marne).

Et pour les amoureux du bol d’air bien frais, on relevait -14°C le vendredi 13 décembre au matin sur le plateau du Jura.

 

Landsat 8 - Pyrénées sous la neige - 10-12-2013 - 10h44Landsat 8 - Autriche - Alpes - Anticyclone - 09-12-2013 - 9Deux extraits de belles images des Alpes (Tyrol autrichien près de Salzburg) et des Pyrénées
également prises par le satellite Landsat 8 respectivement le 9 décembre 2013 à 9h59 UTC et le
10 décembre 2013 à 10h44 UTC. Le choix de la représentation colorée met bien en évidence les
sommets enneigés dégagés. Dans les Pyrénées au moins, apparemment pas trop de brume
au fond des vallées... Crédit image : USGS.

 

La neige met en évidence le relief : si vous aimez les Pyrénées, amusez-vous à repérer les principales vallées. Par exemple, savez-vous localiser le Val d'Azun ?

Pour Météo France, depuis le début du mois de décembre, la situation anticyclonique a entraîné un ensoleillement excédentaire en journée sur de nombreuses régions, à l’exception du Val de Saône, du nord de l'Alsace, de la Bretagne et d’une partie de la région méditerranéenne.

 

Et la pollution ? Le lent mouvement des particules

Beaucoup plus gênant que la couleur du ciel ou les températures basses, les conditions anticycloniques accroit le risque de pollution par les particules fines.

Selon la taille des particules (en réalité, un diamètre équivalent pour une densité normalisée), les spécialistes parlent de PM10, PM2,5 ou de PM1. Le chiffre correspond à la dimension en micromètres (µm).

La catégorie PM10 englobe donc toutes les particules en suspension dans l'air, d'un diamètre équivalent inférieur à 10 micromètres.

Les particules les plus grosses sont bloquées par les voies respiratoires supérieures (nez et bouche). Par contre, les plus petites sont plus dangereuses : elles peuvent pénétrer dans les bronches, les alvéoles pulmonaires ou même franchir la barrière alvéolo-capillaire et pénétrer dans le sang. Conséquences : pas bon pour la santé ! Depuis les irritations des voies respiratoires jusqu’à des maladies beaucoup plus graves comme la bronchite chronique, l’asthme, le cancer du poumon, l’accident vasculaire cérébral ou infarctus du myocarde.

 

CITEPA - Origine des particules fines - Qualité de l'air - Pollution - PM10Principaux type de particules selon leur taille. Source : CITEPA

 

Un prix pour les particules élémentaires

En octobre 2013, le Centre International de Recherche sur le Cancer, une agence de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a classé les particules les plus fines (PM2,5) comme "cancérogènes certains".

L’alerte est déclenchée à partir d’un seuil : en région parisiennes, une concentration de 80 microgrammes par mètre-cube d’air de PM10. Le seuil dit « d'information » correspond à un niveau supérieur à 50 µg/m3 : c’est le niveau de concentration au-dessous duquel l’OMS considère que l’air est de bonne qualité.

La France dépasse chaque année les normes européennes en matière de pollution atmosphérique.

Sans vouloir relativiser l’importance du problème, mais pour donner un élément de comparaison, un article récent de Futura Sciences, daté du 23 octobre 2013, rapportait que les concentrations de PM2,5 et PM10 ont respectivement atteint 760 µg/m3 et 869 µg/m3 pendant l’épisode de smog au-dessus de la ville d’Harbin dans le nord de la Chine. Eclipse de soleil totale !

Conformément aux plans prévus pour faire face à ces épisodes de pic de pollution, les préfecture ou la préfecture de police à Paris publient des bulletins d'information ou d’alerte avec des recommandations correspondant à chaque niveau d’alerte.

Par exemple, en Ile-de-France, mercredi 11 décembre, ces mesures préconisaient une baisse de 20 km/h sur toutes les routes où les vitesses maximales sont supérieures ou égales à 80 km/h une limitation de l'usage des véhicules diesel non équipés de filtres à particules ». La grève SNCF qui démarrait le même jour dans la soirée tombait assez mal…

 

Au fait, d’où viennent les particules fines ?

Elles sont naturellement présentes dans notre environnement (l’action du vent entraîne une érosion des matériaux), mais les activités humaines augmentent leur concentration.

En France, le Centre Interprofessionnel Technique d'Etudes de la Pollution Atmosphérique (CITEPA), une association loi de 1901, est chargé de collecter, produire et diffuser les données et les projections sur la pollution atmosphérique et les gaz à effet de serre en France et à l'international.

 

CITEPA - Origine des particules fines - PM 10 - Qualité de l'airEvolution des émissions de PM10 entre 1990 et 2012. Graphique provenant du site du CITEPA

 

Selon le CITEPA, en 2011, le niveau d'émission de particules de diamètre inférieur à 10 microns (PM10) en France métropolitaine représente 260 kt (milliers de tonnes). Les principales sources anthropiques de PM10 en 2011 (la dernière année pour laquelle les données sont publiées) étaient :

  • L’industrie manufacturière (31%), avec surtout le secteur du BTP.
  • Le secteur résidentiel et tertiaire (30%) avec la combustion du bois de chauffage, surtout dans les cheminées à foyer ouvert ou dans les chaudières à fioul mal réglées.
  • L’agriculture et la sylviculture (20%) avec notamment l'utilisation des engrais.
  • Les transports routiers (15%) et en particulier l’utilisation du diesel très populaire en France, avec ou sans filtre à particules (la majorité du parc automobile).
  • La transformation d'énergie (2%),
  • Les autres transports (hors transport routier) (2%).

En 1990, c'était le secteur du résidentiel/tertiaire qui était prédominant avec 40% des émissions. Les émissions nationales sont en baisse de 51% entre 1990 et 2011, à relativiser par le niveau exceptionnellement haut de la consommation de bois dans le secteur résidentiel/tertiaire en 1991 et, à l’opposé, le climat très doux de l'année 2011.

 

ORAMIP - Pollution de l'air - Toulouse - 09-13-2013Exemple de bulletin d’information sur la pollution de l’air à Toulouse publié
le 9 décembre 2013 par l’ORAMIP.

 

En savoir plus :

 

 

 


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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 13:02

Pléiades - Mont Saint-Michel - 03-05-2012La baie du Mont-Saint-Michel vue par le satellite Pléiades. Une magnifique image prise avec une
inclinaison importante qui met en valeur le relief.
Copyright 2012 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Une manche dans la Manche

Etonnant : selon le site du Tour de France, c’est la première destination touristique de France après la tour Eiffel, avec plus de trois millions de visiteurs chaque année.

Après Saint-Malo, mercredi 10 juillet, le Tour de France rend hommage au Mont-Saint-Michel avec la onzième étape, une étape contre la montre de 33 kilomètres entre Avranches et le Mont-Saint-Michel.

Les cent quatre-vingt-dix chaînes de télévision qui retransmettent les images du Tour vont contribuer à encore mieux faire connaître un des monuments les plus curieux de France : un îlot rocheux granitique d'environ un kilomètre de circonférence. Un mont moins haut que les montagnes corses, les cols des Pyrénées ou ceux des Alpes : il ne s'élève à quatre-vingts mètres de hauteur.

 

Pas d’omelette sans casser des œufs

Entre la Bretagne et la péninsule normande du Cotentin, le Mont-Saint-Michel et la baie qui l’entoure ont été les premiers sites français inscrits en 1979 au patrimoine mondial de l'UNESCO. L’ensemble du site est remarquable : l’abbaye, un chef-d'œuvre de l’architecture médiéval (la construction de la première église a débuté en 708), les remparts et la rue principale de la Cité où Annette et Victor Poulard ouvrent leur célèbre auberge en 1888.

 

Grève sur la Grève

Seulement 25 personnes dont 14 religieux y habitent toute l’année mais plus de 600 personnes travaillent au Mont-Saint-Michel en haute saison. Un mouvement de grève des salariés a commencé en juin. Les grévistes, à ne pas confondre avec les grévins, viennent justement de durcir leur mouvement lié aux difficultés d’utilisation des navettes pour accéder au site.

 

Le Mont-Saint-Michel vu par les satellites d’observation de la Terre

A défaut de navettes, voyons comment les satellites d’observation de la Terre peuvent nous aider à visiter le Mont-Saint-Michel sous un angle inhabituel.

Un court voyage depuis l’espace dans une baie magnifique avec ses marées spectaculaires, entre terre et mer, entre prés-salés et polders…

On commence avec un satellite un peu particulier, la Station Spatiale Internationale avec une image prise à 346 km d’altitude par les astronautes de l’expédition 27 en mars 2011, juste avant le printemps.

 

ISS - Mont-Saint-Michel - ISS027-E-5973 - ExtraitImage de la baie du Mont-Saint-Michel prise par les astronautes de l’expédition 27 de l’ISS le
19 mars 2011 à 13h31 UTC. Appareil Nikon D2X avec un objectif de 80 mm de focale.
Crédit image : NASA

 

La qualité est loin de celle des images prises par satellite, mais cette photographie permet de voir l’intégralité de la baie avec, en particulier, les îles Chausey, un autre site très particulier. On peut également localiser les villes de départ et d’arrivée des deux étapes du Tour de France 2013 à proximité du Mont-Saint-Michel : Saint-Malo, à l’embouchure de la Rance, ville d’arrivée de la dixième étape le mardi 9 juillet et Avranches, d’où est donné le départ de la onzième étape. Les habitués localiseront facilement Cancale et Granville

Retrouvons nos satellites d’observation habituels avec une image prise par le satellite Spot 5 en décembre 2003...

 

Spot 5 - Mont Saint-Michel - 12-2003Image de la baie du Mont-Saint-Michel prise par le satellite Spot 5 en décembre 2003.
Copyright 2012 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Le dernier satellite de la famille Spot, Spot 6, a lui aussi immortalisé le Mont-Saint-Michel. L’image présentée ici permet de se faire une idée de l’intérêt de Spot 6 pour tout ce qui touche à l’agriculture.

 

Spot 6 - Mont Saint-MichelImage de la baie du Mont-Saint-Michel prise par le satellite Spot 6. Une bonne illustration de
l'apport des satellites en agriculture. Crédit image Astrium Services / Spot Image

 

Spot 6 nous montre les prés-salés, cette zone caractéristique de la baie du Mont-Saint-Michel, régulièrement recouverte par la mer. Les moutons apprécient la végétation qui y pousse. Les polders constituent un autre paysage caractéristique de la baie : ces terres, prises à la mer par grâce à des digues de protection, sont très fertiles. En périphérie, on retrouve les paysages agricoles plus classiques de Normandie et de Bretagne.

Manches courtes dans la Manche

Menacé par la montée des sables qui peu à peu l'envahissent, le Mont-Saint-Michel fait l'objet d'un Grand Projet écologique national. Lancé en 1995, il se poursuivra jusqu’en 2015.

L’objectif est de rétablir le caractère maritime du Mont-Saint-Michel et de restaurer un paysage de grèves et de mer. L’idée est de préserver le spectacle du flux des marées : c’est dans la baie du Mont Saint-Michel qu’ont lieu les plus grandes marées d'Europe continentale, avec jusqu'à 15 mètres de différence entre basse et haute mer.

Le programme comporte trois grandes actions :

  • Relancer les chasses du Couesnon pour éliminer les sédiments. C’est la fonction d'un barrage équipé de vannes bidirectionnelles laissant entrer et ressortir les flots des marées.
  • Remplacer la digue-route du 19ème siècle par un pont-passerelle afin de rétablir la circulation de l’eau autour du Mont-Saint-Michel et accélérer le processus de désensablement.
  • Déplacer les parkings aménagés dans la baie autour du Mont-Saint-Michel vers le continent. Ils sont remplacés par un système de navettes acheminant les visiteurs.

Terminons ce petit tour en orbite avec une autre image prise par le satellite Pléiades, cette fois-ci avec un angle de vue beaucoup plus vertical, qui met bien en évidence la silhouette de l’abbaye, ou plutôt son ombre.

 

Pléiades - Mont Saint-MichelLa baie du Mont-Saint-Michel vue par le satellite Pléiades.
Copyright 2012 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

 

Un tour du littoral à l’occasion du Tour de France

Une partie des images présentées dans cet article provient de l’exposition « Mon littoral par satellite » réalisée par le CNES, le Conservatoire du littoral et Astrium Services. Dix sites du littoral métropolitain ont ainsi été photographiés par le satellite français Pléiades et sont exposés depuis le 5 juin 2013 à l’Aquarium de Paris dans le cadre de l’exposition « J’aime ma mer » et dans les maisons de site du Conservatoire du littoral durant tout l’été.

Les 10 sites du littoral français sélectionnés sont :

  • La baie de Somme à la Maison du parc ornithologique du Marquenterre (Somme).
  • Les îles Chausey à la gare maritime de Granville (Manche).
  • La baie du Mont-Saint-Michel à l’Ecomusée de la Baie du Mont-Saint-Michel à Vains
  • (Manche).
  • L’île d’Ouessant au phare du Stiff (Finistère).
  • L’île de Ré à la Maison du Fiers d’Ars (Charente-Maritime).
  • La corniche basque à la Maison "Larretxea" au Domaine d’Abbadia (Pyrénées-
  • Atlantiques).
  • La côte Vermeille à la maison de site à Paulilles (Pyrénées-Orientales).
  • La Camargue à la Maison du parc au Mas du pont de Rousty (Bouches-du-Rhône)
  • La corniche des Maures au Domaine du Rayol (Var).
  • L’Agriate à la Maison de l’Agriate (Haute-Corse).

Plusieurs de ces sites ont déjà fait l'objet d'articles sur le blog "La tête en l'air" du CNES.

Cette exposition est l’occasion de découvrir la beauté du littoral français sous un point de vue inhabituel mais aussi de prendre davantage conscience des enjeux environnementaux et des menaces, par exemple concernant la sauvegarde des espaces naturels, le maintien de la biodiversité, les conflits d’usage pour l’aménagement du territoire, l’adaptation au changement climatique en zone côtières (érosion de la côte, risque de submersion) ou encore la préservation du patrimoine culturel.

Depuis 38 ans, c’est la mission que mène le Conservatoire du littoral pour protéger et ouvrir au public les plus beaux rivages de notre territoire.

 

Pour terminer, juste avant le 13 juillet, ce n’est pas la Saint-Michel mais bon anniversaire, Michel !

 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 22:58

NASA---Apollo-8---Earth-rise---Lever-de-Terre---24-11-1968.jpg Lever de Terre sur la Lune. Photographie prise le 24 décembre 1968 à 16h40 UTC par Bill Anders,
membre de l’équipage d'Apollo 8, le premier vaisseau habité à avoir été
satellisé autour de la Lune. Crédit image : NASA

 

23h58... Il était temps !

22 avril : c’est le jour de la terre, Earth day, célébré depuis 1970, lorsque le sénateur américain Gaylord Nelson avait proposé aux étudiants de lancer des actions de sensibilisation à l'environnement. Si vous avez lancé une recherche Google, vous avez certainement remarqué le petit clin d’oeil avec le doodle du jour.

C’est également pratiquement le troisième anniversaire du blog Un autre regard sur la Terre créé au début de l’année 2010. C’est le succès inattendu de l’article sur l’éruption du Volcan islandais Eyjafjöll vu par le satellite Envisat qui avait incité Planète Sciences Midi-Pyrénées à prolonger une expérience ponctuelle. L’idée était d’intéresser un large public au rôle des satellites d’observation de la Terre en matière d’environnement. C’était aussi l’occasion de parler sciences et techniques en s’appuyant sur des images étonnantes ou spectaculaires.

Trois ans plus tard, Un autre regard sur la Terre semble avoir trouvé sa place, avec des centaines de visiteurs qui lisent quotidiennement nos articles et une fréquentation en augmentation régulière. C’est l’occasion de faire un petit bilan.

Mais d’abord, quelques images pour le jour de la Terre vue de l’espace par les astronautes et les satellites d’observation…

 

Le jour de la Terre : lever de Terre sur la Lune et coucher de soleil sur la Terre

24 décembre 1968, un beau cadeau pour la veille de noël… La première image a été prise un an et demi avant le premier jour de la Terre. La photo « Lever de Terre » a été prise par l’astronaute William Anders, un des membres de l’équipage d’Apollo 8, le premier vaisseau spatial habité à être satellisé autour de la Lune. L’article qui est consacré à cette photo sur Wikipédia cite le photographe américain Galen Rowell : « la photographie environnementale la plus influente jamais prise ».

En 2003, le magazine Life l'a mise dans sa liste des « 100 photographies qui ont changé le monde ». Al Gore l’a remise à l’honneur dans son film sur le changement climatique : « Une vérité qui dérange ».

 

Retour au bercail pour la mission Apollo 11

7 mois après cette photographie, c’est un moment historique avec les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune et l’occasion d’une nouvelle photo de la Terre vue de l’espace. Au moment où Michael Collins, le 3ème homme resté à bord du module de commande, appuie sur le déclencheur de l’appareil photo, il est à environ 350000 kilomètres de la Terre.

Au total, pour leur aller-retour de la Terre à la Lune, un voyage extraordinaire, les 3 astronautes d’Apollo 11 ont parcouru environ 1.800.000 kilomètres entre le 16 et le 24 juillet 1969.

 

NASA---Apollo-11---Lune---Terre---Lunar-module--AS11-44-664.jpg

La Terre vue du module de commande d'Apollo 11 avant le docking avec le module lunaire revenant
de la Lune. Crédit image : NASA

 

Loin des yeux, près du cœur…

L’équipage d’Apollo 11 a-t-il fait un long voyage ? . Très court en fait, si on compare à celui de la sonde Voyager 1 et la photographie « pale blue dot », un portrait de famille où apparaissent Carl Sagan et l’ensemble de l’humanité… Pas facile de se voir sur la photo : elle a été prise à 6 milliards de kilomètre de la Terre.

En voici deux autres prises d’un peu plus près. A gauche, notre planète vue par la sonde Rosetta, une mission de l’Agence Spatiale Européenne qui doit se poser en 2014 sur la comète 67P / Churyumov-Gerasimenko après dix ans de voyage. L’image présentée ici a été prise en novembre 2009. La sonde survole alors la Terre pour son quatrième rebond gravitationnel, à 600.000 kilomètres de distance.

A droite, la caméra HiRISE de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter a pris cette image en octobre 2007 à 142 millions de kilomètres de la Terre. Le contraste de l’image est corrigé pour adapter la luminosité relative de la Lune et de la Terre.

Rosetta MRO

A gauche, la Terre vue par Rosetta en novembre 2009. Crédit image : ESA.
A droite, la Terre et son satellite naturel vus par la sonde MRO en route vers Mars.
Crédit image : NASA / JPL / Caltech / University of Arizona

 

Satellite météo : mais t’es haut ! Ce soir : le coucher de soleil sur la Terre

On revient un peu plus près… Au moment où j’écris cet article, le soleil est déjà couché depuis un bon moment. Un texte sur le jour de la Terre écrit la nuit ?

Comme tous les jours, sous le contrôle des équipes d’Eumetsat, le satellite géostationnaire Meteosat, sur son orbite à près de 36000 kilomètres d’altitude, a immortalisé le coucher de soleil du 22 avril 2013. Un mois après le printemps et deux mois avant l’été… En voici une version en couleurs naturelles, du même type que celles que j’utilise régulièrement pour les articles sur les saisons et les mouvements de la Terre autour du soleil.

 

Meteosat-10---Couleurs-Naturelles---22-04-13--17h00.jpgImage de la Terre vue par le satellite européen Meteosat 10 le 22 avril 2013 à 17h00 UTC.
Crédit image : Eumetsat.

 

Tout près de nous, des images en orbite basse

A bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) ou un peu plus haut avec les satellites comme Spot, Pléiades ou Terra, c’est la toute proche banlieue. Moins de 400 kilomètres d’altitude pour l’ISS, 700 ou 800 pour la plupart des satellites d’observation. Pratiquement la distance de Toulouse à Lille (presqu'exactement pour Pléiades) mais avec une dépense en énergie bien supérieure pour atteindre la vitesse de satellisation, environ 27000 km/h.

 

La nuit de la Terre

Voici deux images prises depuis cette banlieue terrestre. La première vient de l’ISS et montre le delta et la vallée du Nil et le proche orient. Des images similaires ont déjà servi à un quiz particulièrement tordu sur ce blog. La seconde image couvre la même région de jour. Elle a été acquise aujourd’hui même.

 

ISS---Nil---Egypte---Israel---Nuit---ISS025-E-09858_lrg.jpgAqua---MODIS---Egypte---Nil---Mer-rouge---22-04-2013.jpg

L’Egypte, du Nil et de la mer rouge et le Moyen-Orient. En haut, image prise de nuit par l’équipage
de l’expédition 25 de l’ISS le 28 octobre 2010. Crédit image : NASA. En bas, image acquise par
le capteur MODIS du satellite Terra le 22 avril 2013. Crédit image : NASA / GSFC

 

De jour ou de nuit, je trouve que les images de cette région illustrent particulièrement bien la fragilité de notre environnement (avec la fine épaisseur d'atmosphère ou le mince ruban du Nil au milieu de zones désertiques), les traces de la présence humaine sur la Terre mais aussi des conflits avec Israël, la Palestine, le Liban et la Syrie, la population de ce dernier pays vivant actuellement une situation dramatique sous les yeux d’une communauté internationale qui paraît impuissante.

 

Le jour de la Terre sur la mer : Terra sur l'eau

On termine avec une dernière image prise hier par le satellite américain Terra et son instrument MODIS. On voit le sud-ouest de la France et la chaîne des Pyrénées mais surtout une très belle floraison de phytoplancton dans l’atlantique (le printemps est bien là… Lisez cet article pour des explications plus complètes) et quelques défauts de fonctionnement de l’instrument MODIS.

 

Aqua---MODIS---Phytoplancton---Atlantique---Gironde---21-04.jpg

Le sud-ouest de la France et une belle floraison de phytoplancton vus par satellite Terra le 21
avril 2013. Crédit image : NASA / GSFC

 

Happy Earth Day : un petit bilan du blog Un autre regard sur la Terre

Voici pour conclure quelques chiffres sur le blog Un autre regard sur la Terre en guise de bilan à l’occasion de son troisième anniversaire :

  • 397 articles publiés (au 22 avril 2013).
  • Près de 200000 visiteurs uniques.
  • Visiteurs provenant de 175 pays. 75% des visiteurs sont français, dans 647 villes. Evidemment beaucoup de pays francophones (Canada, Belgique, etc.) mais pas seulement : Japon, Etats-Unis, Amérique du Sud, Afrique lisent régulièrement nos articles.
  • Journée record : le 7 août 2012 avec les articles sur l’arrivée de Curisoity sur Mars.
  • deux mois "record" pour le nombre de visites : en janvier 2013 et février 2012, avec par exemple les articles sur la neige et le froid, la série d'articles sur les images Pléiades.

Les articles les plus consultés sont liés à l’actualité, avec les catastrophes (naufrage du Costa Concordia, éruption du volcan Merapi en Indonésie) ou les grandes premières spatiales (arrivée du rover Curiosity sur Mars, premières images des satellites Pléiades et Spot 6), des thèmes abordés à l’école (la mer d’Aral, 25 ans de développement de la ville de Toulouse) ou des articles sur des questions scientifiques et techniques (laser et arc-en-ciel pendant la Novela à Toulouse). Des sujets comme l'agriculture de précision avec Farmstar ou la sécheresse en France vue par SMOS sont également dans le haut du classement.

Le blog Un autre regard sur la Terre est dans les 100 premiers blogs du classement « sciences » établi par ebuzzing labs.

La conférence de la Fédération Astronautique Internationale (IAF) à Naples en septembre 2012 a permis de présenter dans la session « New Worlds - Innovative Space Education and Outreach » une première évaluation des retombées pédagogiques confirmant l’intérêt croissant des enseignants pour le blog Un autre regard sur la Terre.

Un point sur lequel nous portons actuellement nos efforts : améliorer la visibilité sur les réseaux sociaux pour toucher plus directement les jeunes. Visiblement, les enseignants utilisent d’abord les moteurs de recherche et ne sont pas fans de Facebook ou de Twitter : ces deux réseaux sociaux ne représentent encore que 3% en moyenne du trafic sur le blog Un autre regard sur la Terre.

Par contre, le temps moyen consacré à la lecture de nos articles montre l'intérêt des lecteurs.

Si vous voulez nous aider, faites connaître ce blog par email ou sur vos réseaux sociaux en mentionnant nos articles. Si vous avez une page perso ou un site éducatif, mentionnez l'adresse de ce blog et envoyez nous votre propre adresse.

Notre compte twitter, c'est @RegardSurTerre. Sur Facebook, c'est RegardSurTerre.

A suivre…

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 15:32

Spot-6---Mer-Morte---Fevrier-2013---RR2.jpgLa partie sud de la mer Morte vue par le satellite Spot 6 en février 2013.

Copyright 2013 Astrium GEO-Information Services.

 

C’est le point le plus bas du monde sur la terre ferme : actuellement, 423 mètres sous le niveau de la mer. La mer Morte est un lac salé partagé entre Israël et la Jordanie. L’image présentée ici a été publiée par Astrium GEO-Information dans la galerie d’images de Spot 6. Elle montre surtout la partie sud de la mer Morte, celle qui est équipée de digues délimitant des bassins d’évaporation pour l’exploitation des sels contenus dans l’eau. Au nord, une langue de terre sépare les parties septentrionales et méridionales de la Mer Morte. C’est la péninsule de Lisan, partiellement masquée par les nuages. L’image en couleurs naturelles permet également de localiser les parcelles d’agriculture irriguée, à l’est de la mer Morte. Notez les ombres portées des petits nuages : un petit jeu en vue en classe pour les fans de cadrans solaires ?

Au total, la mer Morte a une longueur de 67 kilomètres sur 18 kilomètres de largeur. La surface est d’environ 810 km2.

Du point de vue géologique, la mer Morte est située dans la vallée du rift jordanien, à la limite entre deux plaques tectoniques, la plaque arabique à l’est et la plaque africaine à l’ouest, qui s’écartent et entraînent un affaissement du terrain. Le phénomène existe depuis des millénaires.

Tout le monde connaît la salinité exceptionnelle de la mer Morte : avec plus de 27 grammes par litre d’eau (10 fois la salinité moyenne de l’eau de mer), apprendre à nager ne présente aucune difficulté… La salinité de la mer Morte lui vaut son nom : Aucun poisson ne peut vivre dans cet environnement (qui convient néanmoins à des organismes microscopiques et des bactéries).

 

Longue agonie

L’évolution du niveau et de la surface de la mer Morte est moins connue. L’alimentation en eau douce par le Jourdain ne suffit pas à maintenir le niveau d’eau de la mer morte : la profondeur moyenne est encore de 118 mètres mais le niveau de la surface descend d’environ un mètre par an.

Les deux raisons essentielles sont :

  • L’exploitation croissante des eaux du Jourdain, la source principale d’alimentation en eau douce de la mer Morte, pour l’irrigation des parcelles agricoles. Certaines sont bien visibles sur l’image Spot 6.
  • La production industrielle de sels et de minéraux dans la partie sud de la mer Morte, à l’origine de l’évaporation de volumes d’eau importants et de risques de pollution : pas seulement le sel pour l’alimentation (chlorure de sodium, NaCl) mais aussi magnésium, potasse, soude caustique, etc. Le quadrillage des digues qui délimitent les bassins d’évaporation est bien visible sur l’image Spot 6.


Spot-6---Mer-Morte---Fevrier-2013---Extrait.jpgExtrait de l’image prise par Spot 6 en février 2013.Notez les nuances de

couleurs dans les différents bassins. Copyright 2013 Astrium GEO-Information Services.

 

Comme la mer d’Aral et le lac Tchad, la mer Morte a perdu, ces cinquante dernières années, le tiers de sa superficie : selon un rapport de la Banque Mondiale, elle est passée de 950 km2 à 637 km2. Le phénomène est tel que la Mer Morte est désormais séparée en deux parties distinctes.

D’autres chiffres illustrent l’importance du phénomène : la mer Morte ne reçoit plus aujourd’hui que 260 millions de m3 d’eau par an, contre 1250 millions en 1950. Son niveau est descendu d’environ 30 mètres : il était encore à 394 mètres sous le niveau de la mer dans les années soixante.

 

40 ans d’évolution de la mer Morte vue par les satellites d’observation de la Terre

Sans remonter jusqu’au début des années soixante, les archives d’images prises par les satellites d’observation témoignent de 4 décennies d’évolution de la mer Morte. J’ai sélectionné ici trois images acquises par les satellites américains Landsat :

  • Une image prise par le scanner MSS (Multispectral Scanner System) de Landsat 1 le 15 septembre 1972.
  • Une image prise par l’instrument Thematic Mapper (TM) de Landsat 4 le 27 août 1989.
  • Une image prise par Landsat 7 et son capteur de nouvelle génération ETM+ (Enhanced Thematic Mapper Plus) le 11 octobre 2011.


Landsat - MSS - Mer Morte - 15-09-1972
Landsat - TM4 - Mer Morte - 27-08-1989 Landsat - ETM - Mer Morte - 11-10-2011 

Trois images montrant l’évolution de la mer Morte sur 4 décennies. Elles ont été acquises par les
satellites de la famille Landsat en 1972, 1989 et 2011 vers la fin de l’été. Crédit image : NASA /USGS

 

Contrairement à l'image de Spot 6, ces trois images ne sont pas en couleurs naturelles : elles sont présentées ici sous forme de compositions colorées combinant les données acquises dans les bandes spectrales proche infra-rouge (affiché en rouge à l’écran), rouge (affiché en vert) et vert (affiché en bleu). On retrouve le principe de translation (décalage vers les longueurs d’onde plus courtes) utilisé avec d’autres instruments comme MODIS ou le capteur multispectral de Spot.

Les lecteurs du blog Un autre regard sur la Terre doivent commencer à connaitre ce procédé, encore récemment illustré avec les images MODIS de la France sous la neige ou les nuages.

Même si les instruments des trois satellites Landsat sont différents, il est possible de comparer les images de 1972 à 2011, à condition de choisir les mêmes bandes spectrales ou des bandes spectrales proches.

Pour l’instrument MSS de Landsat 1, les bandes 4, 2 et 1 ont été utilisées. Pour les instruments TM ou ETM+, ce sont les bandes 4, 3 et 2. Je reviendrai dans un prochain article sur les bandes spectrales des instruments multispectraux des principaux satellites.

Avec ce choix de bandes spectrales, les eaux profondes apparaissent en bleu marine, les bleus plus clairs correspondent aux eaux moins profondes de la partie sud de la mer Morte. La végétation, en particulier les larges surfaces de cultures irriguées, est reconnaissable à sa couleur rouge vive : si un pixel est rouge vif, cela signifie qu’un surface au moins égale à quelques centaines de mètres carrés (correspondant à la résolution du satellite Landsat) est couverte de végétation active. Les teintes rose ou ocre correspondent aux zones désertiques.

 

Une addition salée pour faire vivre la mer Morte

En apparence, c’est l’application d’un principe très simple : les vases communicants. Mais à très grande échelle : prendre l’eau de la mer Rouge pour l’emmener dans la mer morte !

Comment ? En creusant un canal sur une longueur de 180 kilomètres. L’image suivante permet de se rendre compte de l’ampleur du projet. L’idée n’est pas nouvelle mais le projet vient d’être réactualisé dans un rapport récent de la banque mondiale, publié à l’issue d’une étude démarrée en 2005. Les objectifs : réalimenter la mer Morte, construire une usine de désalinisation et produire de l’énergie avec des turbines hydrauliques. Jusqu’à 2 milliards de m3 d’eau pourraient transiter chaque année dans ce canal.

Le coût du projet ? Dix milliards de dollars…

 

Envisat---MERIS---Mer-rouge---Mer-morte---24-12-2006---07h4.jpgLa mer Rouge et la mer Morte vue par le capteur MERIS du satellite européen Envisat. Extrait d’une
image acquise le 24 décembre 2012 à 7h45 UTC. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

Un projet pharaonique qui soulève de nombreuses réserves

Des organisations non gouvernementales et des associations écologistes dénoncent les risques environnementaux (développement d’algues rouges, infiltrations d’eau de mer dans les nappes phréatiques, etc.) sous-estimés par les promoteurs du projet.

Au-delà de l’intérêt pour les entreprises associées à la construction du canal et de l’usine de désalinisation, les opposants affirment également que la population ne bénéficierait pas des ressources en eau supplémentaires, qui seraient vendues à un prix inabordable pour elles.

 

Investissement dans les infrastructures spatiales et continuité des observations

L’exemple de l’évolution de la mer Morte illustre l’intérêt de la continuité des observations par satellites, comme dans d’autres domaines comme le suivi de la déforestation ou le développement urbain.

L’image la plus ancienne présentée ici date de septembre 1972. 1972, c’est également l’année du lancement d’un des tout premiers satellites d’observation de la Terre. Landsat 1 a fonctionné jusqu’en 1978. Landsat 4 a été lancé en 1982 et a fonctionné 11 ans jusqu’en 1993. Landsat 7 a été lancé en 1999.

C’est avec les satellites Landsat que la télédétection a pris son essor, dans de nombreux domaines d’application : agriculture, forêts, catastrophes naturelles, zones côtières, etc.

Pour contribuer à assurer cette continuité, la NASA vient de lancer un nouveau satellite : LDCM (Landsat Data Continuity Mission). A la fin de la recette en vol, il sera rebaptisé Landsat 8.

En Europe, quelques missions d’observation de la Terre sont financées par la puissance publique dans le cadre du programme européen GMES : ce sont les satellites Sentinel développés par l’Agence Spatiale Européenne. Ils seront lancés à partir de 2014. La panne d’Envisat au printemps 2012 illustre cependant la difficulté à assurer la continuité des missions en observation de la Terre.

En Europe, pour la plus haute résolution (par exemple l’image du satellite Spot 6 de la mer Morte), le contexte est assez différent : Spot 6, lancé en septembre 2012, a été intégralement financé et fabriqué par Astrium. Bientôt suivi par Spot 7, il assure la continuité de la famille Spot, initialement financé par la France et d’autres pays européens.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • Travail sur le développement de l’agriculture autour de la mer Morte.
  • Travail sur les représentations colorées et le choix des bandes spectrales.
  • Amusez-vous à comparer l’image Landsat la plus récente (2011) avec celle prise par Spot 6 début 2013. Comment expliquez-vous les différences ?

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 08:28

 

EO-1 - ALI - Dunhuang - Solar Plant - 13-10-2012

La centrale photovoltaïque de Dunhuang en Chine. Image acquise le 13 octobre 2012 par le
capteur ALI du satellite américain EO-1. Crédit image : NASA

 

Comme à Gujarat en Inde, cette image de la région de Dunhuang en Chine montre l’installation progressive d’une centrale solaire entre 2006 et 2012.

Le contraste entre le sol nu du désert et les panneaux solaires rend facilement visibles les milliers de mètres carrés de cellules solaires installés dans le désert de Gobi sur ces images satellites acquises par le satellite américain EO-1.

Nous sommes ici dans la partie occidentale de la Chine, dans la province de Gansu. Entre le désert de Takla Makan, le plus grand désert de Chine, et le désert de Gobi, Dunhuang est historiquement une ancienne oasis et un poste de contrôle sur la route de la soie. La ville est également connue pour les grottes de Mogao, à 25 kms au sud-est, un ensemble de 492 temples bouddhistes classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Avec ALI, on reste baba

Deux autres images acquises en 2011 et en 2006 permettent de mesurer l’extension de la surface des panneaux solaires : en 2006, c’est encore totalement désert, en dehors des exploitations agricoles sur la droite de l’image. La société CGN Solar Energy Development Co démarre la construction en août 2009. La production commence mi 2010. En 2011, la surface de cellules solaires est déjà bien visible. En 2012, elle a plus que quadruplée par rapport à 2011.

 

EO-1 - ALI - Dunhuang - Solar Plant - 06-10-2011 EO-1 - ALI - Dunhuang - Solar Plant - 17-10-2006

L’évolution de la surface de panneaux photovoltaïques sur le site de Dunhuang en Chine.
A gauche, image prise le 6 octobre 2011 par le capteur ALI du satellite américain EO-1.
A droite, image prise le 17 octobre 2006. Crédit image : NASA


La puissance totale installée est de 10 Mégawatts. La production annuelle est de 18000 MWh. L’objectif à terme et de porter la capacité à 1 Gigawatts, soit un million de Kilowatts, en 2020 : Avec 3500 km2 de sols inoccupés à proximité, pas de problème de place dans cette région désertique où l’ensoleillement annuel est exceptionnel (3250 heures par an).

La difficulté principale est l’élimination du sable et de la poussière qui s’accumulent à la surface des panneaux et dégradent le rendement des cellules solaires. Pas évident de les passer au jet dans une région où l’eau manque…

 

L’empire du milieu passe devant…

La Chine était déjà le premier producteur mondial de panneaux solaires photovoltaïques. Elle devient elle-même un débouché important pour les équipements qu’elle fabrique, devant l’Europe : au dernier trimestre 2012, un tiers des panneaux solaires vendus dans le monde ont été installés en Chine. Les deux années précédentes, la proportion ne dépassait pas 10 % du marché mondial.

En 2011, la capacité installée représente au total 3,3 GW, quatre fois plus que la puissance disponible en 2010. En décembre 2012, Meng Xiangan, vice-président de la Société des Energies renouvelables de Chine (SERC) a annoncé que la Chine pourrait doubler sa capacité installée en termes d'énergie solaire à 40 gigawatts (GW) d'ici 2015 contre l'objectif initial de 21 GW.

Des chiffres impressionnants mais à relativiser quand on les compare à la production totale d’énergie dans le monde et la part de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables. Les figures suivantes montrent des chiffres provenant du rapport pulié par l’Agence Internationale de l’énergie en 2012. Ils donnent :

  • La part de l’électricité dans la consommation totale d’énergie dans le monde en 1973 et en 2010.
  • Le type d’énergie primaire utilisée pour produire cette électricité. C’est en forte augmentation mais la catégorie « other » (qui inclut le solaire) ne représente encore que 3,7% du total des 21431 TWh produits en 2010.
  • La répartition géographique de la consommation d'électricité. La progression de la Chine, qui passe de 2,8% en 1973 à près de 20% en 2010, est impressionnante.


Consommation énergie totale - EIA statistics 2012 - 1973-2

Part de l'électricité et des nouvelles énergies dans la consommation mondiale d'énergie,
en 1973 et en 2012.
Source : EIA (Agence Internationale de l'Energie)

Production électrique - EIA statistics 2012 - 1973-2010Répartion des sources d'énergie primaire pour la production électrique mondiale
et distribution géographique.
Source : EIA (Agence Internationale de l'Energie)


Enquête antidumping : la Chine mise à pied ?

La Chine représente environ 65% de la production mondiale des panneaux solaires. L'Union Européenne est de loin son premier marché avec, selon la Commission Européenne, 80% des exportations chinoises. En 2011, la Chine a exporté vers l'UE pour 21 milliards d'euros de panneaux solaires et de composants. La forte présence chinoise sur le marché a déclenché une bataille commerciale avec l’Europe : en novembre 2012, la Commission Européenne ouvrant une enquête antisubventions (antidumping) visant les importations de cellules photovoltaïques, à la suite d'une plainte du groupement d'entreprises européennes EU Pro Sun.

Le 5 février 2013, une nouvelle plainte anti-dumping a été déposée auprès de la Commission européenne, visant les verres solaires exportés par la Chine, par l’EU ProSun Glass, qui regroupe les industriels du secteur. Le verre solaire est l'une des matières premières utilisées pour la fabrication de panneaux solaires. "Pratiquement 90% du verre solaire importé en Europe provient déjà de la Chine et touche durement les emplois et les usines en Europe en raison du dumping destructeur pratiqué", affirme EU ProSun dans un communiqué.

 

De l’énergie pour une grande puissance

Quand on regarde les chiffres, il est important de bien faire la différence entre puissance et énergie. Il est fréquent que la confusion soit faite dans les médias, y compris par des journalistes scientifiques.

  • L’énergie : en physique, l'énergie est la capacité à modifier un état, à produire un travail entraînant un mouvement, un rayonnement électromagnétique ou de la chaleur.
  • La puissance d’une machine est l’énergie qu’elle fournit pendant une unité de temps. Pour les installations électriques décrites ci-dessus, cela correspond à la capacité installée.

 

Les unités de puissance et d’énergie : le watt, c’est coton…

Dans le système international, on mesure l’énergie ou le travail en joules (J) : le joule est défini comme étant le travail d’une force d’un Newton dont le point d’application se déplace d’un mètre dans la direction de la force. Un watt, unité du système international, est la puissance d’une machine qui fournit un joule toutes les secondes. A l’inverse un Wh est l’énergie fournie en une heure par une machine ayant une puissance de 1 watt.

Dans la vie courante, le joule représente une petite quantité d’énergie. On utilise les multiples en milliers : kilo joule (1 kJ soit 103 J), méga joule (1 MJ = 106 J), giga joule (1 GJ = 109 J).

En pratique, d’autres unités sont fréquemment employées selon les types d’utilisation :

  • En thermique, la calorie (cal) : la quantité de chaleur nécessaire pour élever d’un degré Celsius la température d’un gramme d’eau. La définition complète précise qu’il s’agit de la quantité de chaleur nécessaire pour élever un gramme d’eau dégazée de 14,5°C à 15,5°C sous un bar de pression atmosphérique. 1 cal = 4,1855 J.
  • En électricité, le Kilowatt-heure (kW.h ou kWh) : est l’énergie consommée par un appareil de 1000 watts pendant une durée d’une heure. On parle également de mégawatt-heure (MWh) et le gigawatt-heure (GWh). 1 kWh = 3,6.106 J.
  • La tonne de TNT : c’est l’énergie libérée lors de l’explosion d’une tonne d’un explosif appelé TNT. Remarque : même si la valeur varie avec les conditions d’environnement de l’explosion, son usage reste très répandu dans le monde militaire. 1 tonne de TNT = 4,184.109 J.
  • Pour les économistes, la tonne d’équivalent pétrole (tep ou toe en anglais) : l’énergie d’une tonne de pétrole « moyen avec ces multiples : ktep (103 tep), Mtep (106 tep). 1 tep = 4,186.1010 J ou l’équivalent de 7,33 barils de pétrole. Les chiffres des camemberts publiés plus haut sont exprimées en Mtoe, de millions de « tonnes of oil equivalent ».
  • La tonne d’équivalent charbon (tec) utilisées pour les autres produits énergétiques : essence, fuel lourd, coque de pétrole, gaz, lignite… 1 tec = 2,930.1010 J.
  • A l’autre extrémité, pour les petites énergies, les scientifiques utilisent l'électron volt (eV) : c’est énergie cinétique gagnée par un électron accéléré par une différence de potentiel d’un volt. 1 eV = 1,602.10-19 J.

Rendement et efficacité : ne pas tomber dans le panneau

Une dernière notion importante : le rendement ou l’efficacité d’une cellule solaire. Le C’est le rapport entre l’énergie électrique produite par cette cellule ou module et l’énergie lumineuse reçue sur la surface correspondante. L’énergie solaire reçue dépend de la région et varie au cours de la journée et au fil des saisons.

Par exemple, les cellules utilisées actuellement par les voitures solaires qui participent aux défis solaires organisés à Toulouse sont en majorité des cellules Everbright de 80 mm sur 150 mm. Chaque cellule peut délivrer une puissance maximale de 1,75 W (soit une tension de 0,5 V et un courant de 3,5 A). 1 panneau d’un mètre carré fournit donc une puissance maximale d’un peu moins de 150W.

En juin 2012, une calculatrice solaire comme celle proposée sur le site de l’académie de Nantes donne un flux solaire d’environ 900W/m2 à 14h00 au moment du départ de la course. Le rendement des cellules poly-cristallines étant proche de 16%, on obtient une puissance maximale d’environ 145 W/m2 proche du maximum théorique (si un des participants à la course a effectué des mesures de flux solaire sur sa voiture et de puissance électrique fournie par les cellules solaires, merci de poster un commentaire à la fin de cet article).

 

Défis solaires - Planète sciences Midi-Pyrénées - CitéLes défis solaires en juin 2012 : les voitures solaires et les concurrents juste avant le départ
de la course d’endurance. Crédit image : Gédéon

 

Le rendement des cellules photovoltaïques dépend de leur technologie. Pour les cellules utilisées dans les installations domestiques (cellule monocristalline, poly-cristallines ou amorphe), les rendements peuvent varier entre 8 à 20%.

Rien à voir avec les rendements obtenus en laboratoire par les nombreuses équipes de recherche qui cherchent à améliorer l’efficacité des cellules photovoltaïques. On flirte avec les 44%. Le tableau ci-dessous, publiée par le National Renewable Energy Laboratory (NREL) montre les tendances par famille de technologies, des plus anciennes aux solutions émergentes.

Attention : ce qu’on obtient en laboratoire ne débouche pas nécessairement sur une application pratique. Il faut encore maîtriser le processus de fabrication en série, à un coût acceptable. Pas toujours évident…

 

Cellules solaires - efficacité - rendement - top recherche

Tableau montrant l’évolution de l’efficacité des cellules photovoltaïques par type de technologies.
Crédit image : NREL.

 

Dans l’espace aussi…

Aujourd’hui, l’énergie solaire est également la principale source d’énergie pour les satellites en orbite autour de la Terre.

Au sommet de l’atmosphère, le flux solaire moyen est de 1368 W/m2 (on le calcule avec la loi de Stefan-Boltzmann). C’est ce qu’on appelle la constante solaire, caractéristique de chaque planète. Elle est environ deux fois plus grande sur Vénus, plus proche du soleil, et deux fois plus petite sur Mars. A proximité de Jupiter et Saturne, elle n’est respectivement que de 50W/m2 et 10 W/m2.

A cette distance du soleil, même avec l’efficacité très élevée des cellules à triple-jonction utilisées dans le spatial, cela devient compliqué de s’alimenter avec des panneaux solaires. C’est la raison pour laquelle plusieurs sondes emportent plutôt un générateur thermoélectrique à radio-isotopes (RTG en anglais, pour Radioisotope Thermoelectric Generator ) .

Sur Mars, le rover Curiosity de la mission MSL, fonctionne grâce à un RTG. Il doit en effet faire face aux mêmes problèmes que la centrale solaire de Dunhuang : le vent et l’accumulation de poussière sur les panneaux qui réduisent considérablement leur efficacité.

Pour les missions proches du soleil, comme la sonde Bepi Colombo de l’ESA, les problèmes sont différents : c’est d’abord l’environnement thermique qui est contraignant, pour l’efficacité des cellules ou simplement leur résistance mécanique.

Pour revenir aux satellites d’observation, le blog Un autre regard sur la Terre proposera prochainement un article détaillé sur le fonctionnement du système électrique du satellite Pléiades. Il complètera la série commencée avec le système de contrôle d'attitude de Pléiades. On comparera également les solutions utilisées en orbite héliosynchrone et en orbite géostationnaire.

 

En savoir plus :


Suggestion d’utilisations pédagogiques en classe :

  • Travail sur les notions de puissance et d'énergie avec des manips expérimentales en physique, thermodynamique et électricité. Un  défi par exemple : mesure la constante solaire en faisant chauffer de l'eau.
  • Participer à l'édition 2013 des défis solaires.


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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:42

52867 : c’est le nombre d’orbites parcourues par le satellite européen Envisat depuis son lancement en mars 2002 jusqu’au 8 avril 2012.

 

Aujourd’hui, Envisat ne répond plus…

Rien à voir avec le vendredi 13 : le problème est survenu le 8 avril 2012, quand le contact a été perdu au-dessus de la station de réception de Kiruna (Suède) alors que le satellite aurait du transmettre les images acquises au cours de l’orbite précédente.

 

Envisat - MERIS - Egypte - Nil - Mer rouge - Mer morte - 07

La vallée et le delta du Nil en Egypte, le nord de la mer rouge, la mer morte et le lac du barrage
d’Assouan. Extrait d’une image prise par le capteur MERIS du satellite Envisat le 7 avril 2012 à
8h16 UTC. Sauf bonne surprise, c’était la dernière journée complète de bon fonctionnement en
orbite… Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)
 

 

Même s’il a largement dépassé sa durée de vie prévue initialement (5 ans), la fin de vie d’Envisat, si elle est confirmée, sera un moment émouvant pour les professionnels de l’observation de la Terre et pour tous ceux qui s’intéressent à l’environnement vu depuis l’espace. C’est particulièrement vrai pour le blog un autre Regard sur la Terre qui s’est beaucoup appuyé depuis sa naissance en 2010 sur les images fournies par Envisat.

Le centre de contrôle de mission de l’ESA (Agence Spatiale Européenne), aidé par une équipe de « secours » comprenant des experts de l’industrie spatiale, tente toujours de rétablir le contact avec un des vétérans de l’observation de la Terre en Europe. Jusqu’à présent, ses efforts ont été vains.

L’espoir semble mince si on se réfère au dernier communiqué publié le 12 mars par l’ESA : « After 10 years of service, Envisat has stopped sending data to Earth ».

 

Hommage en images…

Construit sous la maîtrise d’œuvre d’Astrium satellites, Envisat est un des satellites d’observation les plus sophistiqués jamais construits en Europe : il embarque 10 instruments complémentaires qui ont collecté une quantité d’information extraordinaire sur l’environnement terrestre, les océans, les glaces et les pôles et notre atmosphère. Sur ce blog, j’ai surtout publié des images des capteurs MERIS (couleur de l’eau) et ASAR (radar à ouverture synthétique) mais la page suivante vous donnera quelques informations sur les 8 autres charges utiles.

Dans la continuité des missions européenne ERS lancées en 1991 et en complément d’autres missions d’observation de la Terre, Envisat a beaucoup contribué à la compréhension scientifique de notre environnement (en particulier pour les questions de changement climatique), à la surveillance continue de son évolution et, dans certains cas, à aider les opérations de secours en cas de catastrophes naturelles (tremblement de terre, volcans, inondations, incendies, etc.) ou industrielles (pollutions marines comme les marée noires du Prestige ou plus récemment la catastrophe de la plateforme Deepwater Horizon). Les images suivantes sont des extraits des dernières scènes acquises par Envisat pendant la journée du 8 avril 2012.

La relève d’Envisat devrait maintenant être assurée par les missions Sentinel dont les lancements sont prévus à partir de 2013. On peut cependant regretter que, malgré les efforts des agences spatiales, dans de domaine de l’environnement, la continuité des missions opérationnelles ne soit pas encore une priorité absolue au niveau politique, comme c’est par exemple le cas en météorologie avec la flotte de satellites opérée par Eumetsat.

 

Envisat - MERIS - Japon - Hokkaido - Sakhaline - 08-04-2012 L’île d’Hokkaïdo, le détroit de La Péruse et le sud de l’île de Sakhaline vus par le capteur MERIS du
satellite Envisat. Image acquise le 8 avril 2012 à 01h01 UTC.
Crédit image : ESA (Agence Spatiale Européenne).

 

Envisat - ASAR - Vietnam - Baie Ha Long - Haiphong - 08-04-

Au nord du Vietnam, la baie de Ha Long et la ville d’Haïphong vus par le radar ASAR du satellite
Envisat. Les points brillants sont des navires très bien visibles sur les images radar. Image prise
le 8 avril 2012 à 02h46 UTC. Crédit image : ESA (Agence Spatiale Européenne).

 

Envisat---ASAR---Sri-Lanka---08-04-2012---04h30----copie-1.jpg

Le Sri Lanka vue par le radar ASAR du satellite Envisat. Image prise le 8 avril 2012 à 02h46 UTC.
Crédit image : ESA (Agence Spatiale Européenne).

 

Envisat - MERIS - France - Espagne - 08-04-2012 - 11h07 UTC

Un des dernières images acquise au moment du passage au-dessus de la France et de l’Espagne le
8 avril 2012 à 11h07 UTC. Crédit image : ESA (Agence Spatiale Européenne).

 

En savoir plus :

 

 

 

 

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  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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