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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 00:27

 

Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Irrigation - Phoenix - Arizona - CNES - CESBIO

Cultures irriguées à proximité de Phoenix (Arizona, Etats-Unis).
 Une des premières images acquises par le satellite Venµs le 17 août 2017. Copyright CNES 2017

 

L’année de Venµs*

Le 2 août  dernier, à 1h58 UTC, Arianespace réussissait son 8ème lancement de l’année 2017 pour sa dixième mission, la septième en observation de la Terre, la fusée Vega VV10 mettait en orbite les satellites OPTSAT-3000 et Venµs.

Vous ne verrez pas beaucoup d’image d’OPTSAT-3000 exploité par les militaires israëliens. Par contre, 15 jours après sa mise en orbite, le satellite Venµs, réalisée dans le cadre d’une coopération franco-israélienne, vient de livrer ses premières images.

Elles sont été acquises par le CNES entre le 17 et le 19 août 2017, enregistrées à bord et réceptionnées par la station de Kiruna, en Suède, avant d’être traitées au Centre Spatial de Toulouse (CST).

 

* Il n’y a pas de contrepèterie

 

Red edge pour les espaces verts

Avec ses douze bandes spectrales du bleu au proche infrarouge, la caméra multispectrale embarquée à bord de Venµs, fournie par le CNES, est bien adaptée à l’étude de la végétation, de son état de santé et de son évolution. C’est la raison pour laquelle c’est une image de cultures irriguées, acquise dès le 17 août que j’ai choisie pour démarrer cet article.

Le même jour, Venµs a également survolé la région de Jérusalem et acquis l’image suivante.

 

Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Jerusalem - Israel - Israël - CNES - CESBIO
Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Jerusalem - espanade des mosquées - vieille ville - CNES - CESBIO

Jérusalem et ses environs. Image acquise par le satellite Venµs le 17 août 2017.
En bas, extrait centrée sur la ville. Copyright CNES 2017

 

Voici d’autres exemples d’images acquises entre le 18 et le 19 août 2017. On commence par Marseille et ses environs.

 

Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Marseille - Vieux port - OM - Earth observation - Télédétection - CNES
Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Marseille - Vieux port - OM - Earth observation - Télédétection - CNES

La région de Marseille observée par le satellite Venµs le 18 août 2017.
En bas, extrait sur la partie est. Copyright CNES 2017

 

L’image suivante montre la région du Vésuve en Italie. Les zones brûlées par l’incendie du mois de juillet sont facilement identifiables : les surfaces sombre autour de la caldeira ne sont pas des coulées de là mais bien les surfaces où la végétation a été parcourue par les flammes. L’activité chlorophyllienne a disparu : dans une bande proche-infrarouge, on mesure des niveaux de réflectance très faibles alors qu'ils sont au contraires élevés dans le cas d'une végétation active.

 

Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Vesuve - Naples - Pompéi - Volcan - Italie - CNES
Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Observation de la Terre - Vesuve - Naples - Pompéi - Volcan - Italie - CNES

Le Vésuve, Naples et Pompei vus par le satellite Venµs.
Image acquise le 19 août 2017. Copyright CNES 2017

 

Et Millau ?

J’aurais bien aimé comparer une image du satellite Venµs avec celle prise par le Pléiades. Malheureusement, l’aveyron ne figure pas dans la liste des sites retenus pour les premières images et je n’ai pas pu voir la Venµs de Millau…

Ces premières images donnent un bon aperçu des données qui seront acquises durant les prochaines années par le satellite Venµs. Il va désormais observer et suivre l’évolution de plus de cent sites intéressant les scientifiques avec une résolution d"environ 5 mètres.

Les sites sélectionnés représentent les principaux écosystèmes terrestres, naturels et cultivés. Ils seront observés pendant deux ans et demi, tous les deux jours.

 

Pourquoi sont-ils Venµs ? Les objectifs de la mission

Venμs avec un µ est un acronyme : Vegetation and Environment monitoring on a New [Micro] Satellite. Si vous voulez travailler dans le spatial ou les projets internationaux, il va falloir vous habituer à en voir des bizarres…

La mission Venµs a deux objectifs différents :

  • Un objectif scientifique : étudier les possibilités d’observation à haute résolution spatiale et haute fréquence temporelle de sites scientifiques pour l’étude de la végétation. Il s’agit de mettre au point de nouvelles méthodes d’exploitation et de traitement des données.
  • Un objectif technologique avec la qualification en vol d’un moteur à propulsion électrique (IHET), embarquant 14 kg de Xénon.

 

Satellite - Venµs - Venus - Propulsion électrique - Electric propulsion - HET - IHET - Israel - CNES - ISA - IAI - Elbit

Maquette du système de propulsion du satellite Venµs (IHET) présentée
pendant l’International Astronautical Congress (IAC) à Jérusalem en octobre 2015.
La capacité des réservoirs de Xénon est de 16 kg (14 kg pour la mission Venµs)
Crédit image : Gédéon

 

Deux phases d’exploitation en orbite

Pour atteindre ces deux objectifs, l’exploitation opérationnelle en orbite est découpée en deux phases :

  • Une première période de 2,5 ans consacrée à l’objectif scientifique avec une orbite à 720 km d’altitude.
  • Une seconde période d’un an pour la validation technologique du propulseur électrique avec une orbite à 410 km d’altitude. A cette altitude, inhabituellement basse pour un satellite, le frottement atmosphérique résiduel rend impératif l’utilisation fréquente d’un système pour maintenir l’orbite. Les amateurs de satellites espions comprendront facilement l’intérêt de faire voler un télescope assez bas ou de pouvoir baisser son altitude à la demande.

Entre les deux périodes, il y aura une phase transitoire pour le changement d’orbite.

La durée totale de la mission est donc relativement courte (3,5 ans).

 

280 kg de coopération franco-israélienne

La mission Venµs est réalisée dans le cadre d’une coopération entre la France et Israël. La plate-forme est fournie par Israël et sa charge utile scientifique est fournie par le CNES :

  • Une plate-forme microsatellite IMPS (Improved Multi Purpose Satellite) fournie par l'IAI (Israeli Aircraft Industries)
  • Une charge utile avec deux composantes :
    • Une composante technologique : le propulseur IHET (Israeli Hall Effect Thruster)
    • Une composante scientifique : la caméra multispectrale VSSC (VENµS Superspectral Camera).

La masse du satellite est de 280 kg. Sa puissance totale est de 800 Watts.

 

Venus plusieurs fois mais pas encore partis…

La réalisation du projet n’a pas été un long fleuve tranquille : plus de douze ans se sont écoulés entre la signature de l’accord de coopération entre le CNES et l'ISA (Israel Space Agency) en avril 2005 et le lancement en août 2017.

Le lancement était initialement prévu en 2008 sur un lanceur Vega et le satellite devait servir de démonstrateur pour le programme européen GMES (aujourd’hui Copernicus).

Les retards sont dus notamment aux difficultés d’obtention de la licence d’exportation des filtres, des composants américains, équipant l’instrument optique. Un bon exemple illustrant l’importance de la maîtrise des composants critiques pour rester indépendant dans la mise en œuvre d’une politique spatiale.

Plusieurs opportunités de lancement sur Dnepr (Ukraine), PSLV (Inde), Start (Russie), Falcon 1E (lanceur abandonné par SpaceX), en passager auxiliaire du satellite Pleiades-1B sur Soyouz et Falcon-9 ont ainsi été ratées.

Finalement un contrat de lancement sur Vega a été signé avec Arianespace en décembre 2013.

Tout est bien qui finit bien… Les détecteurs équipés de leurs filtres ont été reçus en janvier 2012 et la caméra multi-spectrale a finalement été livrée par le CNES en novembre 2014. Les essais en environnement du satellite ont démarré au printemps 2016.

 

Orbite de Venµs et capacité d’acquisition

Pour remplir ses objectifs scientifiques, Venµs doit acquérir fréquemment et à relativement haute résolution, des images multi-spectrales, 110 sites sélectionnés dans le monde entier (dont cinq en France métropolitaine).

 


Carte des sites scientifiques sélectionnés pour la mission Venµs.
Crédit image : CESBIO

 

A la fin de la recette en vol, le satellite sera sur une orbite polaire quasi héliosynchrone avec une revisite à deux jours, à une altitude de 720 km.

La fauchée (largeur de trace) est de 27 km. La résolution des images est de 5,3 mètres au nadir. 12 bandes spectrales étroites couvrent le spectre de 415 nm à 910 nm.

Le satellite passe à la verticale de l'équateur à environ 10:30. Le satellite peut observer n'importe quel site sous un angle de vue constant mais, en contrepartie, toute la planète ne peut être observée. L'ensemble du système peut être dépointé jusqu'à 30 degrés le long et perpendiculairement à la trace.

 

Venµs - bandes spectrales - spectral bands - visible et proche infrarouge - Sentinel-2 - Landsat-8 - Spot - Rapid Eye

Les bandes spectrales de l’instrument du satellite Venµs comparées à celles
de Sentinel-2 et de Landsat 8. Crédit image :  Gédéon

 

Une bande de jaune à moi tout seul ? Non, il y en a deux...

Quelque chose vous étonne ? Oui, les bandes B5 et B6 sont les mêmes.

Ce n’est pas une erreur dans mon tableau : cette duplication est volontaire. Comme les capteurs correspondants ne sont pas exactement au même endroit dans le plan focal de l’instrument, les pixels sont acquis à partir de deux positions très légèrement décalées sur l’orbite.

On obtient ainsi un léger effet stéréoscopique qui sera utilisé pour détecter les nuages à partir d’une information sur leur altitude. Pas idiot ! J'ai hâte de voir un exemple...

 

Feu vert pour le proche infrarouge

Un autre article du blog Un autre regard sur la Terre donne quelques explications sur l'importante de la bande spectrale proche infrarouge pour l'étude de la végétation. Je reprends ici une illustration qui explique pourquoi l'instrument Venµs a autant de bande spectrale entre le rouge et le proche infrarouge.

 

Venµs - Bandes spectrales - Proche infrarouge - Red edge - near infrared - spectrale bands - remote sensing - vegetation index - photosynthesis

Synthèse chlorophyllienne et stress hydrique : variation de la réflectance de la végétation en
fonction de la longueur d’onde (visible, proche infrarouge et SWIR). Crédit image : Gédéon
(d'après une illustration originale de Mark R. Elowitz sur l'imagerie hyperspectrale)

 

Venµs - Venus - Premières images - first images - satellite - Earth observation - Observation de la Terre - Pérou - Peru - Tropical forest - Forêt tropicale - déforestation - Climat - CNES

La forêt tropicale au Pérou (région d’Ucayali) observée par le satellite Venµs
le 19 août 2017. Copyright CNES 2017

 

En savoir plus :

 

 

 

 

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 22:30

 

Total solar eclipse - August 2017 - éclipse totale de soleil - satellite - GOES 16 - USA - états-unis - espace - astronomie - 21 août 2017

L’ombre de la Lune projetée sur la Terre visible depuis l’espace. Image acquise par le satellite météorologique GOES 16 le 21 août 2017 à 18:27 UTC, pratiquement au moment du maximum de totalité.
Crédit image : NASA / NOAA
. Rehaussement de contraste : Gédéon

 

Une éclipse totale de quelques heures. La mienne a duré 4 mois...

21 août 2017 : la date d’un évènement exceptionnel aux états-Unis. La première éclipse totale de soleil depuis quatre-vingt-dix-neuf ans.

C’est aussi la date du retour du blog Un autre regard sur la Terre qui s’est éclipsé quelques mois… Je sors d’hibernation, après une période où j’ai dû mettre en sommeil mes activités de blogueur. Et ce n’était pas uniquement pour des vacances…

Ceux qui ont pu se rendre aux USA pour l’occasion ont peut-être eu la chance de choisir une région épargnée par les nuages et voir la « totalité » de l'éclipse pendant une ou deux minutes : elle était visible d’ouest en est sur une bande large d’environ 115 km traversant quatorze états.

Pour ma part, je suis resté en France mais j’ai quand même pu suivre l’éclipse en direct par l’intermédiaire des images transmises par le satellite météorologique GOES 16.

 

Ici l'ombre... L'appel du 21 août

Placé sur une orbite géostationnaire, il occupe une position apparemment fixe au-dessus des états-Unis. Ce poste d’observation privilégié et son champ large lui permettent de voir la totalité de la partie continentale des USA (CONUS pour Continental US dans le jargon de la NOAA). Il sert normalement à suivre l’évolution de la couverture nuageuse mais, dans le spectre visible, il peut également voir les variations de lumière du soleil, qu’il s’agisse de phénomènes de routine comme la transition jour/nuit (j’ai publié plusieurs articles utilisant ce type d’images à l’occasion des changements de saison) ou de situations plus exceptionnelles comme l’éclipse totale qui nous intéresse.

Lancé le 19 novembre 2016, le satellite GOES 16 n’est pas encore déclaré opérationnel par la NOAA pour la prévision météorologique. Il termine sa période de recette en vol mais les images qu’il produit sont déjà mises en ligne. L’avantage de GOES 16 est la fréquence d’acquisition des images : une nouvelle image toutes les cinq minutes.

Ce sont ces images qui m’ont permis de suivre l’éclipse en temps réel en restant dans mon fauteuil.

J’ai profité de l’occasion pour créer une petite séquence vidéo à partir d’une série d’images acquises par le satellite GOES 16 :

 

Vidéo de l’éclipse totale de soleil du lundi 21 août 2017 créée à partir d’une série d’images du satellite météorologique GOES 16. 3 heures de spectacle résumées en une minute et vingt secondes.
Crédit images : NOAA / NASA. Montage : Gédéon

 

Comment survoler 14 états et parcourir 4000 km en une minute ?

J’ai utilisé 40 images acquises entre 16:32 UTC et 19:42 UTC soit trois heures et dix minutes encadrant le passage de l’éclipse entre l’Oregon à l’ouest (à 10:17 PDT soit 17:17 UTC) et la Caroline du Sud, à l'est comme son nom l'indique (à 14:45 EDT soit 18:45 UTC).

Chaque image, acquise toutes les cinq minutes, apparaît 2 secondes à l’écran et le petit clip vidéo a ainsi une durée totale d’environ une minute et 20 secondes. J'ai essayé un intervalle d'une seconde mais j'ai trouvé que c'était vraiment trop rapide. Il vous faudra patienter toute une minute...

 

Elle défile vite !

En réalité, l'ombre de la Lune projetée au sol se déplace à environ 900 km/h. Pas facile de changer de position pour se glisser entre deux zones nuageuses.

J’ai donc pu voir l’éclipse de bout en bout, sans problème de nuages : ils sont en dessous de l’ombre qui traverse les Etats-Unis d’est en ouest. C’est magique !

 

Noeud descendant de l'orbite

A plus basse altitude, les satellites défilants, qui tournent en permanence autour de la Terre en observant uniquement une bande de terrain plus ou moins large (la fameuse largeur de fauchée ou swath en anglais), ne survolent pas forcément l'ombre créée par l'éclipse au bon moment.

Mais on peut avoir de la chance ! C'était le cas aujourd'hui pour le satellite Terra qui traverse l'équateur du nord vers le sud (le noeud descendant de l'orbite ou descending node) à 10:30 en heure locale. Son instrument MODIS a été témoin du passage de l'éclipse entre le Wyoming et le Nebraska. Voici l'image correspondante :

 

Total solar eclipse - 21 August 2017 - United States - Wyoming - Nebraska - satellite - Terra - MODIS - From space

L’éclipse totale de soleil du lundi 21 août 2017 vue par l'instrument MODIS du satellite Terra.
Crédit image : NASA / Lance / Rapid Response / Worldview

 

Six veinards ont également eu la chance de voir l'éclipse en direct sans être gênés par les nuages. Ce sont les six membres de l'équipage de l'expédition 52 de la station spatiale internationale : Randy Bresnik, Jack Fischer, Peggy Whitson (NASA), Paolo Nespoli (ESA) Fyodor Yurchikhin et Sergey Ryazanskiy (ROSCOSMOS). La NASA a publié quelques photos prises à bord de l'ISS.

Au total, depuis son orbite inclinée à 51°, l’ISS a survolé trois fois le continent nord américain au moment du passage de l’ombre de la Lune.

 

NASA - Total solar eclipse - seen from ISS - International Space Station - Expedition 52 - iss052e056222 - éclipse solaire vue depuis la station spatiale internationale
International Space Station - Transit - Eclipse solaire - Total solar eclipse - 21-08-2017 - NASA - Joel Kowsky

L'éclipse totale de soleil du 21 août 2017 photographiée depuis la station spatiale internationale par
un des membres de l'équipage de l'expédition 52. En bas, photo du transit de l'ISS devant le soleil
pendant l'éclipse. Elle a été prise depuis le sol par Joel Kowsky. Les autres pixels sombres ne
sont pas des vaisseaux extra-terrestres : ce sont des tâches solaires. Crédit image : NASA

 

 

Les spectacles de la nature et le goût des sciences...

Sur le web et les réseaux sociaux, vous trouverez bien sûr beaucoup de très belles photos prises au sol par des astronomes amateurs. Ils sont parfois très éclairés même pendant la totalité ! Les images que je préfère sont celles où le photographe a pris soin de mettre en scène le spectacle de l'éclipse avec un premier plan.

Beaucoup de sites pédagogiques et de blog proposent également des explications très claires sur le phénomène des éclipses.

Si vous êtes enseignant, n'oubliez-pas : comme en 2015, n'hésitez pas à ouvrir les rideaux et à sortir de la classe avec vos élèves pour les faire profiter de ce spectacle de la nature. Avec des précautions simples (comme les fameux lunettes spéciales éclipse ou les filtres adaptés), il n'y a aucun danger et c'est un excellent moyen d'éveiller leur curiosité et de leur donner goût aux sciences : quelques unes de journaux publiés aux Etats-Unis avant le 21 août prouvent qu'il y a encore du travail à faire dans ce domaine.

 

Total solar eclipse - éclipse totale de soleil - 21 août 2017 - Heure H - Jour J - C'est l"heure

C'est l'heure de s'éclipser. Je reviens bientôt... Crédit image : Gédéon

 

En savoir plus :

 

 

    

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 16:39

 

WorldView-4 - Lancement vu depuis l'espace - vu par un satellite - Atlas V - Vandenberge - Lancement de fusée vu par un satellite - DigitalGlobe

Le décollage de la fusée Atlas V emportant le satellite WorldView-4
vu depuis l’espace par WorldView-2. Crédit image : DigitalGlobe

 

Photo-souvenir et album de famille

Il ne s’agit pas d’une photographie aérienne ou prise à partir d’un hélicoptère : cette image étonnante provient d’un satellite d’observation en orbite autour de la Terre à environ 770 km d’altitude.

L’image a été prise il y a presque trois mois mais elle vient d’être publiée par la société Digital Globe.

Le 11 novembre 2016, une fusée Atlas V décollait de la base Vandenberg AFB en Californie et mettait en orbite le satellite WorldView-4.

Quelques semaines plus tard, la société Digital Globe publiait les premières images de son tout nouveau satellite à très haute résolution (30 cm).

Le jour du lancement, le satellite WorldView-2 avait été programmé pour acquérir une image et immortaliser le décollage de la fusée.

 

Parallèle mais presque

Au moment où le satellite capture cette image impressionnante, il n’est pas exactement à la verticale du site de lancement mais son orbite passe à environ 640 km au nord-est de la base de Vandenberg : la visée est donc très oblique, environ 38° par rapport au nadir selon les informations communiquées par Digital Globe.

La résolution (au maximum 46 cm en mode panchromatique et 185 cm en multispectral) est donc dégradée mais ce point de vue offre une perspective intéressante en mettant bien en évidence le relief de la scène.

Notez les halos colorés autour de la flamme sortant des moteurs de la fusée, caractéristique de l’acquisition d’images d’objets en mouvement par un instrument équipe d’une barrette de détecteurs.

Digital Globe aime utiliser des images de lancement pour montrer l’agilité et la capacité de visée oblique de ses satellites.

En août 2014, la société avait déjà publié une série d’images (un gif animé) du lancement de WoldView-3, depuis la base de Vandenberg, prise par le satellite WorlView-1.

 

Lancement de WorldView-3 vu par WorldView-1 - lancement de fusée vu par un satellite - Rocket launch seen from space - DigitalGlobe

Une séquence d’images du lancement du satellite WorldView-3 prises depuis l’espace par le satellite WorldView-1. Crédit image : DigitalGlobe

 

Cette image du lancement de WorldView-4 complète mon album de famille des lancements de fusées vus depuis l'espace.

En 2010, j’avais publié sur le blog Un autre regard sur la Terre un article illustré par une image du satellite WorldView-1 témoin du lancement d’une fusée Unha-2 depuis le site de Musudan-Ri (province de Hamgyong Pukdo) sur la côte nord-est de la Corée du Nord.

 

Démarrage de l’exploitation commerciale de WorldView-4 : un premier client servi en réception directe

La publication de cette image du lancement de WorldView-4 coïncide avec le démarrage de son exploitation commerciale : Digital Globe a annoncé avoir terminé la phase de recette en vol et la calibration précise de l’instrument fabriqué par la société Harris. Celui-ci offre une résolution de 30 cm en mode panchromatique et 124 cm en mode multispectral.

Sur son orbite à 617 km, à la même altitude que WorldView-3 mais 150 km plus bas que WorldView-2, le satellite construit par Lockheed Martin a une capacité d’acquisition d’environ 680000 km2 par jour. WorldView-4 va ainsi doubler la capacité d’acquisition d’images à 30 cm de résolution.

 

30 cm, c’est le pied…

Le 3 février 2017, Digital Globe a annoncé que les images de WorldView-4 étaient désormais livrées en mode réception directe (« direct access »), au moment où le satellite survole une zone géographique donnée, à son premier client. Le nom du client n’a pas été dévoilé mais il s’agit vraisemblablement d’un gouvernement. La commercialisation plus standard ne devrait pas démarrer avant le second semestre.

En septembre 2016, à l’occasion de la conférence Euroconsult, Airbus Defence and Space, le principal concurrent de Digital Globe, a confirmé travailler sur une constellation de quatre satellites optiques à très haute résolution.

 

Sao Paulo - Brasil - Brésil - satellite WorldView-4 - Earth observation - DigitalGlobe - 30cm image - Very high resolution

Au Brésil, la ville de Sao Paulo vue par le satellite WorldView-4. Exemple d’image
à 30 cm de résolution acquise le 11 janvier 2017. La résolution est dégradée. Ici une version
de l’image en plus haute résolution. Crédit image : Digital Globe

 

En savoir plus :

 

 

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 09:17

 

WorldView-4 - Satellite - First image - Première image - Tokyo - Yoyogi National Gymnasium - 30 cm resolution - Digital Globe

La première image du satellite WorldView-4 : A Tokyo, le Yoyogi National Gymnasium, dans le
parc Yoyogi. Image acquise le 26 novembre 2016. Crédit image : DigitalGlobe 2016

 

Première image rendue publique

Une nouvelle image pour ma collection des premières images de satellites d'observation : Digital Globe a publié le 2 décembre la première image du tout nouveau satellite WorldView-4, lancé par une fusée Atlas 5 le 11 novembre 2016.

Acquise le 26 novembre (une bonne date !), l’image montre le Yoyogi National Gymnasium à Tokyo. Construit pour les jeux olympiques d’été de 1964, son toit suspendu a une forme remarquable. Pour la petit histoire, c’est dans cette salle de près de 14000 places que le groupe Queen a donné son dernier concert au Japon en 1986. Aujourd’hui, le palais des sports de Yoyogi est surtout utilisé pour les compétitions de hockey sur glace et de basket-ball.

En 2010, il accueillait les championnats du monde de Judo remportés par Teddy Riner dans la catégorie poids lourds. Rendez-vous en 2020 pour de nouveaux Jeux Olympiques...

 

Y a eu le feu, y a plus le feu…

Digital Globe n’a pas cherché à battre le record de vitesse pour acquérir la première image de son dernier satellite : presque trois semaines se sont écoulées depuis le lancement. Il est vrai qu’il a fallu mettre le satellite sur son orbite définitive et les travaux de calibration à mener sont complexes.

Le lancement lui-même, initialement prévu mi-septembre avait été reporté à plusieurs reprises, notamment après l’incendie Canyon qui avait menacé le site de lancement de la base Vandenberg de l’US Air Force (VAFB). Coïncidence ou conséquence de l’incendie, des photos étonnantes montrent des ratons laveurs qui avaient trouvé refuge dans la tour de lancement ! Aux premières loges pour assister au lancement...

 

Lancement - satellite WorldView-4 - Atlas 5 - Ratons laveurs - Racoons - ULA - VAFB - DigitalGlobe

Aux premières loges : des visiteurs inhabituels dans la tour de lancement de la fusée Vandenberg,
juste avant le décollage de la fusée Atlas 5 emportant le satellite WorldView-4.
J'espère qu'ils vont bien : ils ont vu un beau spectacle ! Crédit image : Digital Globe

 

Frère jumeau ? Non, plutôt un cousin…

WorldView-4 rejoint les quatre autres satellites de la constellation opérée par la société Digital Globe, certains très récents, d'autres en fin de vie : GeoEye-1, WorldView-1, WorldView-2 et WorldView-3.

En fournissant des images de 31 cm de résolution au sol depuis son orbite à 617 km d’altitude, WorldView-4 va plus que doubler la capacité d’acquisition dans cette gamme de résolution, alimentée jusqu'à présent par WorldView-3.

Contrairement à ce que le nom de baptême pourrait laisser penser, WorldView-4 n’est pas le frère jumeau de WorldView-3 : il s’appelle à l’origine GeoEye-2. L’article du blog Un autre regard sur la Terre sur le lancement de WorldView-4 explique comment la famille s’est agrandie après la fusion entre les sociétés Geoeye et DigitalGlobe.

 

Constellation satellites - Digital Globe - EO - WorldView-4 - GeoEye - Très haute résolution - Caractéristiques

La constellation de satellites à très haute résolution de la société Digital Globe
et leurs principales caractéristiques. Crédit image : DigitalGlobe

 

30 cm, c’est le pied…

L’instrument de WorldView-4 est une caméra SpaceView 110TM développée par la société Harris Corporation. A 617 km d’altitude, il fournit des images à 31 cm de résolution en mode panchromatique et 1,24 mètre de résolution en mode multispectral.

Les caractéristiques des bandes multispectrales, représentées dans la figure suivante, montrent bien que les satellites WordView-3 et WorldView-4 sont issus de deux familles différentes. A titre de comparaison, j’ai mis également les bandes spectrales des satellites Pléiades 1A et 1B et celles de SPOT-6 et SPOT-7.

 

WorldView-4 - Spectral bands - Bandes spectrales - Comparaison WorldView-3 - Pleiades - SPOT - Digital Globe - Airbus

Caractéristiques des bandes spectrales des satellites WorldView-3 et WorldView-4.
Les satellites Pléiades et SPOT 6/7 sont donnés à titre de comparaison. Crédit image : Gédéon

 

Le choix de la première l’image

Comment choisit-on la première image d’un satellite d’observation ? C’est tout sauf le hasard…

Les opérateurs des satellites d’observation cherchent à illustrer les performances de leur nouveau bébé, la résolution, la fauchée ou la richesse spectrale par exemple.

Dans le cas de WorldView-4, le choix du Yoyogi National Gymnasium, avec son toit aérien, les marquages au sol des terrains de sport, les parkings, les ombres portées des personnes qu’on peut compter individuellement permet de montrer la très haute résolution des images. Les couleurs de la végétation, en cette fin d’automne, valorisent les bandes spectrales du nouveau satellite de Digital Globe.

 

WorldView-4 - First image - Première image - Tokyo - Digital Globe

Extrait de la première image du satellite WorldView-4 acquise le 26 novembre 2016.
Crédit image : DigitalGlobe 2016.

 

L'évolution de marché de l'observation de la Terre à très haute résolution

Personnellement, si j’avais été responsable du choix, j’aurais probablement préféré un site dans l’hémisphère sud, mieux éclairé en cette fin de printemps austral. Si Digital Globe a retenu Tokyo, ce n’est certainement pas parce qu’il n’y a avait pas de meilleure image : il y a probablement des enjeux commerciaux avec des clients commerciaux ou gouvernementaux au Japon.

A l’époque du lancement du premier satellite Pléiades en décembre 2011, le CNES avait choisi de publier une image du centre de Paris, avec des conditions d’éclairage qui n’étaient pas exceptionnelles fin décembre. C’était également justifié par la dimension symbolique : la première image du satellite dual français montrait des sites du gouvernement français.

En septembre 2016, le société Airbus Defence and Space dont la branche géo-intelligence est le principal concurrent de Digital Globe a annoncé le développement d'une constellation de 4 satellites à très haute résolution, destinée à remplacer à partir de 2020 les deux satellites Pléiades. Sans dévoiler les détails techniques, Airbus Defence and Space parle de performances au moins équivalente à celles des concurrents.

Il va être très intéressant de suivre l'évolution du marché de l'observation de la Terre dans les années qui viennent et aux positions respectives des acteurs présents sur ce marché, non seulement les "usual suspects" mais aussi les "space invaders", les startups du New Space, des sociétés principalement américaines, qui se lancent dans le domaine de l'observation de la Terre avec des approches disruptives. C'est par exemple le cas de Terrabella, ex Skybox, désormais filiale de Google, qui a lancé récemment quatre nouveaux satellites Skysat.

Si vous vous intéressez à ce sujet, je vous recommande un papier présenté à Guadalajara pendant la conférence IAC 2016 qui propose un tour d'horizon des nouveaux développements et des impacts possibles sur le marché. J'y reviendrai de manière plus détaillée dans un prochain article...

 

En savoir plus :

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 11:18

 

Perùsat - PeruSAT-1 - First image - Première image - satellite péruvien - Mine cuivre - Copper mine - Cuajone - CONIDA

Une des premières images acquises par le satellite PerúSAT-1 en septembre 2016 :
la mine de cuivre à ciel ouvert de Cuajone dans le sud du Pérou
Crédit image : CONIDA

 

T'as bonne mine !

Lancé le 16 septembre 2016 par une fusée Vega (VV07) depuis le centre spatial guyanais, le satellite PerúSAT-1 a fourni ses premières images.

Elles ont été publiées par la CONIDA (National Commission for Aerospace Research and Development) et montrent que le premier satellite d’observation péruvien est en pleine forme.

Les premières images ont été reçues le 20 septembre. Depuis cette date, une centaine d’images ont été acquises, principalement au-dessus du Pérou mais aussi dans d’autres régions du monde (Emirats Arabes Unis, Maroc, Corée du Sud).

La première image qui illustre cet article montre la mine de cuivre de Cuajone, dans la région de Moquegua. Notez la forme qui ressemble à un cœur et qui pourrait devenir un bon candidat pour la prochaine Saint-Valentin !

 

Les géoglyphes de Nazca vus de l’espace

Parmi les images publiées aujourd’hui, on trouve les géoglyphes de Nazca (ou Nasca lines), de grandes figures tracées sur le sol, dans le désert de Nazca, également au sud du Pérou (région d’Ica). Découvertes en 1927, les lignes de Nazca sont inscrites, sous la désignation « Lignes et Géoglyphes au Nasca et Palpa », sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994. Ces marques étonnantes ont été créées par la civilisation Nazca, une culture pré-incaïque, pour la plupart entre les années 400 et 650 de notre ère.

Le sol sur lequel se dessinent ces géoglyphes est couvert de cailloux que l'oxyde de fer a colorés en rouge. En les enlevant, les Nazcas ont fait apparaître un sol gypseux grisâtre, découpant les contours de leurs figures.

 

Perùsat - Premières images - First images - Nasca lines - géoglyphes de Nazca Perùsat - PeruSAT-1 - First image - satellite péruvien - CONIDAPerùsat-1 - NASCA lines - Perùsat - PeruSAT-1 - First image - Première image - satellite péruvien - CONIDA

Au sud du Pérou, les géoglyphes de Nazca vu par le tout nouveau satellite PerúSAT-1.
Crédit image : CONIDA

 

Misti en couleurs : ça change du Misti gris…

D’autres images montrent le volcan Misti dans la région d’Arequipa ou la ville d’Ayacucho.

A 16°17 de latitude sud, à 1300 kilomètres au sud de Lima, le volcan Misti culmine à 5825 mètres d’altitude, au-dessus de l’Altiplano. Considéré comme le volcan le plus dangereux du Pérou, c’est un des volcans actifs les plus hauts du monde : en janvier 2016, son réveil a "inquiété" la population de la ville d’Arequipa.

 

Perùsat - Première image - First image - Volcan Misti - Pérou - Perù - satellite - CONIDA

Au Pérou, Le volcan Misti vu par le satellite PerúSAT-1 dans les jours qui ont suivi son lancement.
Crédit image : CONIDA

 

Ayacucho est la capitale de la province de Huamanga, à près de 2800 mètres d'altitude dans la cordillère des Andes occidentales, bordée par les rivières Mantaro, Pampas et Apurímac. Cette dernière image, même si la résolution est dégradée par rapport à l'image d'origine, permet d’apprécier la finesse des détails de l’image.

 

La ville d’Ayacucho : une des premières images acquises par le satellite PerúSAT-1.
Crédit image : CONIDA

 

Recette en vol

Construit en un temps record (moins de 24 mois) par Airbus Defence and Space à Toulouse, PerúSAT-1 est le satellite le plus sophistiqué d’Amérique latine : en orbite à 695 km d’altitude, il est équipé d’un instrument en carbure de silicium (SiC) qui fournit des images à très haute résolution (70 cm).

Opéré par la CONIDA, PerúSAT-1 sera utilisé pour des missions très variées, dans les domaines de l’agriculture, la planification urbaine, la surveillance des frontières, la lutte contre le trafic de drogue, le soutien aux opérations de secours humanitaire et la réponse d’urgence après les catastrophes naturelles (en particulier déclenchés par les épisodes El Niño ou les tremblements de terre). En phase opérationnelles, il pourra fournir environ 300 images par jour.

Dans les deux mois qui viennent, PerúSAT-1  sera soumis à une série d’essais destinés à prononcer la recette en orbite et consistant à vérifier le bon fonctionnement de tous les sous-systèmes. Ces essais sont réalisés  par le centre opérationnel CNOIS (Centro Nacional de Operaciones de Imágenes Satelitales) à Pucusana, au sud de Lima.

Après cette phase de qualification, l’ensemble du système PerúSAT-1, satellite et moyens sols, sera mis en service opérationnel et remis aux ingénieurs et techniciens du CONIDA.

 

Terra Bella aussi...

La société Terra Bella, anciennement Skybox Imaging avant son rachat par Google a également publié les premières images des quatre nouveaux satellites Skysat 4 à 7, lancés en même temps que PerùSAT-1. En voici un exemple, au hasard le siège de Google à Mountain View en Californie. Notez le halo coloré très bien visible autour des véhicules en mouvement. C'est un phénomène normal sur les satellites défilants, accentué ici par la structure du plan focal des satellites Skysat (push-frame).

D'autres images (Amsterdam, Vatican, Algesiras) sont visibles ici.

 

Terra Bella - Skysat 4-7 - First images - Premières images - Google - Mountain View - California - Silicon Valley - Googleplex - satellite d'observation - Skybox - MTV

Une des premières images prises par les satellites Skysat 4-7 : le siège de Google à Mountain View
en Californie. Image acquise le 23/09/2016. Crédit image: Terra Bella

 

En savoir plus :

 

 

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 13:59

Airbus Defence and Space - Constellation - Très haute résolution - 4 satellite - après Pléiades - post pleiades - THR - VHR - Earth observation - agile - capacity - OneAtlas

Après Pléiades, continuité et amélioration des performances : Airbus Defence and Space annonce
sa future constellation de satellites à Très haute résolution. Note : l'illustration utilise une vue d'artiste
des satellites Pléiades actuels. Infographie : Gédeon

 

Dans le domaine de l’observation de la Terre commerciale, la continuité de la fourniture d’images et l’amélioration des performances sont deux éléments majeurs pour assurer la satisfaction et la fidélité des clients, première condition pour en séduire de nouveaux.

A l’occasion de la conférence « World Satellite Business Week » organisée en septembre 2016 par Euroconsult à Paris, Airbus Defence and Space a annoncé un plan d’investissement dans l’imagerie satellite à très haute résolution à l’horizon 2020.

 

Le plein de pixels

Nicolas Chamussy, le patron de la division Space Systems, et Bernhard Brenner, le responsable de l’activité intelligence et géo-information, ont dévoilé les premiers détails du projet d’Airbus Defence and Space :

  • Une constellation de quatre satellites identiques à très haute résolution (ou VHR pour Very High Resolution en anglais) et très agiles (capables de s'orienter rapidement et précisément pour viser une région d'intérêt), lancés en 2020 et 2021, afin d’assurer la continuité des missions Pléiades, dont les images sont commercialisées par Airbus Defence and Space. Les deux Pléiades sont en pleine forme mais il faut préparer la relève...
  • Un système très réactif qui fournira des services haut de gamme à tous les utilisateurs de l’imagerie à très haute résolution pour la décennie à venir.
  • Les caractéristiques opérationnelles du système Pléiades actuel seront améliorées pour correspondre à l’évolution attendue du marché de l’observation de la Terre et de l’offre de la concurrence.

 

Innovation dans l’espace, innovation au sol

L’annonce met l’accent sur l’importance des performances du segment sol, avec une capacité multi-missions, du traitement d’image à grande échelle et un accès facile aux images et aux informations des services associés.

Parmi les technologies mentionnées, il est question de big data, cloud computing et de data analytics (je garde la terminologie anglaise). Airbus Defence and Space cherche ainsi à améliorer son offre de services pour ses marchés et applications actuels mais aussi à percer dans de nouveaux services, utilisant les satellites d’observation de la Terre.

 

Réactivité et capacité d'acquisition

La très haute résolution n'est pas tout... Le nouveau système permettra de couvrir n’importe quelle région de la Terre plus d’une fois par jour (“intraday revisit”). La capacité d’acquisition annoncée est de plusieurs millions de km2 par jour.

Comme SPOT 6 et SPOT 7, ce nouveau système (le nom n’a pas encore été divulgué) est entièrement financé par un investissement privé. Le développement et le lancement seront réalisés dans le cadre de la loi spatiale française et des réglementations associées.

 

Airbus annonce une constellation de satellites à très haute résolution - VHR - THR - siège d'Airbus - Pléiades - Euroconsult - Suite - Earth observation - agile - financement privé - continuité et amélioration des performances

Le nouveau siège d'Airbus à Toulouse vu par le satellite Pleiades.
Copyright CNES - Distribution Airbus Defence and Space

 

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 11:02

 

FAST - radiotélescope - satellite radar - SAR imagerie - visée latérale - TerraSAR-X - Chine - 500 mètres - trés haute résolution - DLR - Airbus Defence and Space - Mode Staring Spotlight - Slant range geometry  –  BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

En chine, le radiotélescope géant FAST vu par le satellite TerraSAR-X. Extrait d’une image acquise
le 12-06-2016 à 10:52 UTC. Mode « Staring Spotlight ». Géométrie « Slant range ».
Crédit image : DLR – Distribution Airbus DS. BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

 

Wok in progress

Dans un article récent, j’ai publié une image du tout nouveau radio télescope chinois vu par le satellite optique Pléiades.

La taille de l’instrument, 500 mètres de diamètre, a beaucoup impressionné les lecteurs du blog Un autre regard sur la Terre, même ceux qui ont cru reconnaître davantage un wok géant plutôt qu’un télescope.

Voici une nouvelle image qui m’a été communiquée par les équipes allemandes de la branche Geo-Intelligence d’Airbus Defence and Space.

 

FAST : de l’astronomie, pas de gastronomie

Cette image est une image SAR (Synthetic Aperture Radar) acquise par le satellite allemand TerraSAR-X. La visée oblique donne un point de vue très complémentaire de l’image optique du satellite Pléiades. L’imagerie radar à très haute résolution met particulièrement bien en évidence le relief de la scène et les détails des superstructures du radiotélescope géant.

L’image SAR confirme qu’il s’agit donc bien d’une installation scientifique et non d’un instrument culinaire géant.

 

FAST - radiotélescope - satellite radar - SAR imagerie - visée latérale - TerraSAR-X - Chine - 500 mètres - trés haute résolution - DLR - Airbus Defence and Space - Mode Staring Spotlight - Slant range geometry  –  BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

Le radiotélescope géant FAST vu par le satellite TerraSAR-X. un second extrait
en champ plus large de image TerraSAR-X. Crédit image : DLR – Distribution Airbus DS.
BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

 

TerraSAR-X et TanDEM-X : les jumeaux de la bande X

TerraSAR-X et TanDEM-X sont deux satellites allemands d’observation de la Terre radar (SAR pour Synthetic Aperture Radar) lancés respectivement en juin 2007 et juin 2010. Prévue pour une durée de vie nominale de 5 ans, ils sont en pleine forme, avec des instruments fonctionnant parfaitement et des batteries dans un état exceptionnel malgré le cycle orbital court qui les soumet à rude épreuve. La durée de mission a donc été prolongée au moins jusqu’en 2018.

A une altitude de 514 km, les deux satellites parcourent leur orbite en « vol en formation », séparés par une distance qui peut descendre à quelques centaines de mètres.

 

TerraSAR-X - satellite - SAR - radar - vue d'artiste - TanDEM-X - DLR - Airbus DS - Airbus Defence and Space

Vue d'artiste du satellite allemand TerraSAR-X. Crédit image : Airbus Defence and Space

 

Ce fonctionnement permet en particulier l’acquisition de données d’interférométrie. C’est ainsi qu’à été construit WorldDEMTM, le modèle numérique d’élévation de très haute précision à l’échelle mondiale.

Dans ma liste des « choses à faire », j’ai toujours l’idée d’écrire un article pédagogique sur l’imagerie satellite radar. Ce ne sera pas pour aujourd’hui...

Je vais me contenter ici de tenter d’expliquer deux termes mentionnés dans la légende de l’image SAR du radiotélescope FAST :

  • La géométrie « Slant range »
  • Le mode « Staring Spotlight »

Même avec le Brexit, l'anglais va rester la langue la plus pratiquée en Europe, notamment dans le domaine de l'observation de la Terre. Un peu de terminologie spatiale, ça vous tente ?

 

La géométrie des images radar : visée oblique et distorsions des distances au sol

« Slant range », la portée inclinée… Le premier terme n’est pas une caractéristique du satellite TerraSAR-X mais s’applique à tous les satellites radar.

Contrairement aux instruments optiques, la visée latérale est une condition impérative de l’imagerie radar : l’antenne d’émission oriente le faisceau d’hyperfréquences dans une direction décalée par rapport à la trace au sol du satellite (nadir).

L'angle d'incidence est l'angle entre la direction du faisceau du radar et la normale à la surface du sol.

La distance en portée est mesurée perpendiculairement à la direction de l’orbite alors que la distance en azimut correspond à un axe parallèle à la direction de l’orbite.

Le radar mesurant un temps de parcours, les distances mesurées en portée varient selon l’angle d’incidence : pour chaque incidence, l'antenne du radar mesure la distance radiale entre le radar et chaque point au sol. C'est la distance oblique ou distance-temps.

L’illustration suivante montre ainsi que la parcelle P2, plus éloignée de la verticale que P1, mais de surface identique, est vue par le radar comme étant plus petite que P1. Tout se passe comme si l’échelle de l’image variait avec l’angle d’incidence

Les traitements effectués au sol sur les données brutes permettent de corriger cet effet de distorsion (slant-range scale distortion en anglais) et de reconstituer une géométrie permettant de superposer l’image à une carte.

Ce n’est pas toujours le cas, comme avec cette image du radiotélescope FAST qui donne ainsi une impression de perspective. Techniquement, ce produit « presque brut », qui permet aussi d’éviter certains artefacts liés au traitement de géocodage et de correction géométrique, est souvent utilisés par les photo-interprètes militaires.

 

Satellite - Radar - SAR - Synthetic Aperture radar - Visée oblique - Slant range - Géométrie - Portée - Azimut - Distorsion - distance oblique - distance au sol

Un des principes de base de l’image radar aéroportée ou spatiale : la visée latérale oblique et la
distorsion des distances au sol. Illustration : Gédéon. L’image utilisée est un extrait de la première
image du satellite TerraSAR-X. Crédit image : DLR / Airbus Defence and Space

 

Il y a beaucoup d’autres effets amusants de l’imagerie radar, notamment en présence de relief. Ces effets ne sont pas toujours intuitifs pour quelqu’un habitué à la vision humaine et méritent un article plus complet…

 

Le mode image “Staring SpotLight” : une grand antenne pour voir une grande antenne

En français, il faut traduire « faisceau concentré / yeux fixes ».

Le balayage électronique de l’antenne SAR est configuré pour maintenir le faisceau orienté en azimuth vers une cible précise. L’augmentation de la durée d’illumination revient à créer une antenne synthétique de grande longueur. Comme pour le radiotélescope FAST, l’augmentation de la taille de l’antenne radar améliore la résolution angulaire et donc la finesse des détails visibles.

Le mode d’acquisition Staring SpotLight de TerraSAR-X est destiné à l’origine au renseignement : il permet la détection et la reconnaissance d’objets pour les militaires et les applications de renseignement d’origine image (ROIM) et géographique (GEOINT) à une toute nouvelle échelle : la résolution au sol peut atteindre 25 centimètres avec une excellente qualité radiométrique.

Utilisé pour des applications civiles, le mode Staring Spotlight est destiné aux professionnels ayant besoin d’informations extrêmement détaillées et fiables pour leur processus décisionnel, quelles que soient les conditions météorologiques.

Bien entendu, cela se traduit par une réduction du champ couvert : la taille de la scène est réduite et dépend de l’angle d’incidence, par exemple environ 4 km de largeur et 3,7 km de longueur pour une incidence de 60° ou 7,5 km sur 2,5 km pour un angle d’incidence de 20°.

 

TerraSAR-X - Image acquisition modes - satellite - Radar - SAR - modes d'acquistion - Staring Spotlight - Très haute résolution - ROIM - ScanSAR - StripMap - visée latérale - slant range

Les différents modes d’acquisition du satellite TerraSAR-X.
Crédit image : Airbus Defence and Space

 

 

BAFA ? Spécialisation allemand...

Les lecteurs attentifs ont également noté la référence BAFA en dessous du crédit image. C’est la première fois qu’elle est mentionnée dans un article du blog Un autre regard sur la Terre.

BAFA ? Rien à voir avec le diplôme des animateurs des centres de vacances de Planète Sciences Midi-Pyrénées.

Il s’agit de l’abréviation du nom de l’Office Fédéral Allemand des affaires économiques et du contrôle des exportations, une entité qui dépend du Ministère Fédéral de l’Economie et de l’Energie (BMWi alias Bundesministerium für Wirtschaft und Energie).

En allemand, le sigle BAFA signifie « Bundesamt für Wirtschaft und Ausfuhrkontrolle ». Installé à Eschborn, le BAFA remplit des fonctions administratives fédérales majeures dans les domaines du commerce extérieur, de la promotion économique et de l'énergie.

L'une de ses missions est, dans le domaine du commerce extérieur, le contrôle des exportations et, en particulier, l’exportation de données issues des satellites d’observation de la Terre à très haute résolution.

Comme d’autres puissances spatiales, l’Allemagne cherche à s’assurer que la distribution des données spatiales ne porte pas atteinte à ses intérêts fondamentaux. En effet, les satellites d’observation de la Terre commerciaux ont désormais des performances proches de celles des satellites militaires.

La loi sur la sécurité des données satellites (Satellitendatensicherheitsgesetz ou SatDSiG), devenue effective en décembre 2007, fournit le cadre légal aux activités commerciales dans le domaine de l’observation de la Terre. La référence BAFA indique donc que l’image TerraSAR-X présentée ici peut être publiée sans restriction.

 

En savoir plus :

 

 

 

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 01:02

 

Paris - Crue - Inondations - Mai et juin 2016 - Sentinel-1A - Copernicus - ESA - satellite radar

La ville de Paris vue par le radar du satellite Sentinel-1A le 31 mai à 17h40 UTC. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne.

 

Des images en noir et blanc ? Déçu. Moi aussi, je préfère les belles images en couleurs sans nuages des satellites optiques. Mais c’est le problème quand il pleut plusieurs jours : la couverture nuageuse ne permet pas d’acquérir des images optiques.

 

MODIS pluie… Aqua ça sert ? ça a le MERIS d’exister

L’image suivante a été acquise le 1er juin 2016 par l’instrument MODIS du satellite Aqua (c’est vraiment son nom !). Le 31 mai, c’était pire… Aucune chance de produire une bonne image optique.

 

France - Pluies exceptionnelles - épisode pluvieux - Mai 2016 - satellite - Aqua - MODIS - Nuages

La France vue par l’instrument MODIS du satellite Aqua le 1er juin 2016.
Les nuages tirent la couverture. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Respons
e

 

C’est dans ces conditions que les satellites radar (SAR pour Synthetic Aperture Radar ou Radar à Synthèse d’Ouverture) montrent toutes leur utilité et, en particulier, leur capacité à percer les nuages.

Toutes les extraits d‘images radar illustrant cet article proviennent d’une image acquise le 31 mai 2016 à 17h40 UTC par le satellite européen Sentinel-1A. Avec son frère jumeau Sentinel-1B, il fait partie du programme européen Copernicus. Je n’ai pas souvent montré des images satellites radar. Cette situation d’inondations est une bonne occasion… L’image complète couvre une large zone.

 

France - Inondations - Crues - Juin 2016 - Satellite - Sentinel-1A - floods - Copernicus - ESA

L'image SAR acquise par le satellite Sentinel-1A le 31 mai 2016, presque complète
et très fortement sous-échantillonnée. Elle donne un idée de la zone géographique couverte
pr le satellite : Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Des crues exceptionnelles

L’épisode pluvieux du début de semaine a causé des cumuls de précipitations très importants sur la partie nord du pays, sur des sols déjà très humides. Les cours d'eau du bassin parisien et de la région Centre sont en crue, avec une crue d'ampleur exceptionnelle sur le Loing et une crue importante est en cours sur la Seine moyenne et sur la Seine à Paris.

La Sauldre connaît également une crue exceptionnelle, d'ampleur supérieure à celle de mars 2001. Des crues importantes touchent le Cher, l’Indre et leurs affluents.

Même si le Loiret est repassé en alerte orange, les inondations qui touchent l’Ile de France et le Centre n’ont pas encore atteint leur pic. Jeudi, à 16 heures, le département de Seine-et-Marne était toujours en alerte rouge et douze autres départements en vigilance orange.

 

Carte de vigilance - Crues - Inondations - France - Juin 2016 - Météo France -Vigicrues

Carte de vigilance - Crues - Inondations - France - Juin 2016 - Météo France -Vigicrues

Carte de vigilance météorologique du jeudi 2 juin 2016 à 16h00. En bas, illustration extraite du bulletin national d’information Vigicrues. Source : Météo France – Vigicrues

 

Le prochain conseil des ministres devrait reconnaître l’état de catastrophe naturelles pour les communes les plus touchées. Les dégâts sont importants et des quartiers entiers, comme à Nemours, Montargis ou Viry-Châtillon, ont été évacués en urgence.

 

Nemours - Montargis - Inondations - Juin 2016 - Sentinel-1A - Satellite - ESA - Copernicus

Seine - Orly - Viry-Chatillon - Ris-Orangis - Grigny - Corbeil-Essonne - Inondations - Juin 2016 - Sentinel-1A - Satellite - ESA - Copernicus

Paris - Crues - Inondations - Seine - Berges - Zouave - Alma - Satellite - Sentinel-1A - SAR - Copernicus - ESA

Quelques extraits de l’image acquise par le satellite SAR Sentinel-1A le mardi 31 mai 2016.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne.

 

A Paris, le niveau de la Seine est loin des 8,40 mètres atteints au moment de la crue catastrophique de 1910. Mais il a dépassé jeudi après-midi les 5 mètres et pourrait encore monter dans la journée du vendredi 3 juin. Les voies sur berge sont partiellement fermées, la circulation du RER C est interrompue et le musée du Louvre sera fermé pour mettre à l’abris les collections stockées en sous-sol.

 

Inondations - France - Juin 2016 - Paris - Seine - Zouave - Statue de la liberté - Crue - Palais de Tokyo - Pont de Bir Hakeim

La crue de la Seine à Paris : quelques images inhabituelles... Le zouave ne fait pas le mariole
Crédit photo : Catherine Le Cochennec

 

Copernicus ? Pour faire quoi ?

Comment sont utilisées les images satellites produites par le programme Copernicus ? Pour produire des informations concernant notre environnement et notre sécurité. En temps normal ou en situation de crise. Dans ce deuxième cas, il y a par exemple le service Copernicus de cartographie d’urgence (Emergency Mapping Service ou EMS dans le jargon Copernicus). En Europe, son rôle est d’aider les équipes de la protection civile (les « first responders ») dans le cadre des opérations de secours après un évènement grave ou une catastrophe naturelle, comme les inondations en cours

Le service Copernicus EMS a été activé par le gouvernement français.

Voici quelques exemples de cartes produites en urgence sur la zone de Montargis. Les images utilisées par cartographier rapidement les zones inondées et suivre l’évolution des crues proviennent de plusieurs satellites Radar. Sentinel-1A a été utilisé, comme d’autres satellites à plus haute résolution (Radarsat, Cosmo Skymed ou TerraSAR-X).

 

Copernicus - EMS - Emergency - EMSR165 - France - floods - Inondations - Juin 2016

Copernicus - EMS - Emergency - EMSR165 - France - floods - Inondations - Juin 2016

Exemples de produits de cartographie rapide réalisés par
le service « Emergency Mapping » de Copernicus après les crues en France
.

 

La France n’est pas le seul pays européen touché par des inondations causées par un épisode remarquable de pluies diluviennes : il y a au moins 9 morts et plusieurs personnes portées disparues en Allemagne. Le village de Simbach am Inn, proche de l’Autriche est le plus gravement atteint.

 

En savoir plus :

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 07:00

 

Sentinel-1B - First image - Première image - Radar - Svalbard - Norvège - Norway - ESA - Copernicus - Commission européenne

Sentinel-1B - First image - Première image - Glacier Ausfonna - Svalbard - Norvège - Norway - ESA - Copernicus

Deux extraits d’une des premières images acquises par le satellite Sentinel-1B :
en Norvège,dans l’archipel de Svalbard, l’île de Nordauslandet.
Crédit image : ESA / Commission européenne / Copernicus

 

Le satellite Sentinel-1B est en bonne santé ! Quelques après son lancement, l’Agence Spatiale Européenne vient de publier les premières images acquises par l’instrument SAR (pour Synthetic Aperture Radar ou Radar à Synthèse d’ouverture).

Après trois reports de lancement, à cause des conditions météorologiques en Guyane et d’une avarie de la centrale inertielle de la fusée Soyouz, Le satellite Sentinel-1B a été lancé le 25 avril 2016 par la mission Soyouz VS14. Passager principal de ce vol, il était accompagné dans son périple par le satellite Microscope du CNES et par trois cubesats réalisés par des étudiants dans le cadre du programme FlyYour Satellite de l’ESA.

 

Arianespace - décollage Soyouz - lancment VS14 - Sentinel-1B - Licroscope - FlyYourSatellite - CSG - Guyane - CNES - ESA

Au Centre Spatial Guyanais, décollage de la fusée Soyouz VS14 emportant
les satellites Sentinel-1B et microscope et les trois nano-satellites FlyMySatellite.
Crédit image : Arianespace / ESA / Centre Spatial Guyanais

 

Jumeaux en orbite : C ma bande

Sentinel-1B est le quatrième satellite du programme européen Copernicus mis en orbite, le troisième en moins d’un an après Sentinel-2A et Sentinel-3A. Sentinel-1A a été le premier satellite de la famille Copernicus à rejoindre l’orbite terrestre. Comme pour A1 alias Astérix, les gens du spatial manquent parfois d’imagination pour baptiser leurs satellites…

Après la recette de vol qui va durer quelques mois, ce sera aussi la première fois que deux exemplaires d’un même type de mission Sentinel seront en exploitation simultanément.

Comme pour Sentinel-2A, le satellite optique dont les images illustrent le calendrier 2016, ces opération en tandem permettent d’abord de réduire la période de revisite, le laps de temps entre deux survol d’une même région de la Terre.

Lorsque Sentinel-1B sera déclaré bon pour le service, il sera sur la même orbite que Sentinel-1A, décalé de 180°. Les deux jumeaux survoleront ainsi chaque région de la Terre tous les six jours.

Dans le cas d’un instrument radar comme celui des satellites Sentinel-1, cette configuration est également un moyen de réaliser des produits interférométriques permettant par exemple d’étudier les déplacements de la surface terrestre après un tremblement de Terre ou une éruption volcanique ou les effets de subsidence (dans le cas de grands chantiers de travaux publics : train, métro, etc.)

Il y a beaucoup d’autres utilisations des satellites radar : la cartographie des forêts, la détection des nappes d’hydrocarbure, la gestion de l’eau et de sols, l’agriculture…

 

Record de vitesse pour un radar

Le premier bilan de santé de Sentinel-1B est très satisfaisant : il a acquis ses premières images seulement deux heures après la mise sous tension de l’instrument SAR, deux jours après le lancement, le 28 avril 2016 à 5:37 UTC.

Entre l’injection en orbite et l’acquisition des premières images, une longue série de contrôle et d’opérations initiales en orbite (LEOP) a été effectuée au cours des premières orbites, supervisées et pilotées par les équipes de l’ESOC, le centre de contrôle de l’ESA à Darmstadt en Allemagne : alimentation électrique, contrôle thermique, système de contrôle d’attitude… Parmi le plus critiques, le déploiement des deux panneaux solaires de 10 mètres de longueur et l’ouverture de l’antenne SAR de 12 mètres.

 

Pole position et grand angle

24,30° : Une région tropicale ? Presque, sauf que c’est la longitude est. La latitude est 79,45°N, bien au-delà du cercle polaire…

L’ESA a choisi une première image d’une région proche du pôle nord : l’occasion de rappeler qu’une des applications principales des instruments radar embarqués à bord de satellite est de surveiller les glaces, aussi bien pour l’étude des conséquences du changement climatiques que pour la sécurité maritime et la surveillance des icebergs. 

Sur une largeur de 250 kilomètres, la première image montre l’archipel norvégien de Svalbard. Le glacier Astfonna et l’île Edgeøya (Edge Island) sont bien visibles.

 

Le glacier de l’est

L'Austfonna est une calotte glaciaire Nordaustlandet, une île norvégienne de l’archipel Svalbard. L'Austfonna est la plus grande calotte glaciaire d'Europe avant le Vatnajökull en Islande et la septième du monde. Les plus grands icebergs du Svalbard naissent ici.

 

Sentinel-1B - Première image - First image - Auslanded - Svalbard - ESA - Copernicus

Un autre extrait de l’image acquise par le satellite Sentinel-1B :
le glacier Ausfonna dans l’archipel de Svalbard
Crédit image : ESA / Commission européenne / Copernicus

 

Ours  et étoiles du berger

D’une surface de 5074 km2, L’île Edgeøya est située à l’est du Spitzberg et au sud de l’île de Barents. Elle est inhabitée, mais on y trouve des ours polaires et des rennes.

Cette image du Svalbard permet aussi de rappeler l’importance des zones polaires pour les systèmes d’observation de la Terre. C’est bien d’avoir un satellite, c’est encore mieux de bien exploiter les données qu’il transmet.

Les satellites d’observation occupent souvent des orbites polaires ou quasi-polaires. Ils survolent ainsi plusieurs fois par jour les deux régions polaires. Ces régions sont donc des endroits idéaux pour installer des stations de contrôle et de réception des satellites d’observation. Il y en a justement une à Svalbard, à Platåberget, près de Longyearbyen. Créée en 1997, elle est opérée par la société KSAT (Kongsberg Satellite Services). L’ESA, Eumetsat, la NASA ou la NOAA y ont également leurs propres installations.   

Si vous voulez être définitivement convaincu de l’intérêt des satellites radar, essayez de trouver une image optique sans nuage…

 

Sentinel-1B - Première image - First image - Edge island - Edgoya - ESA - Copernicus - SAR - Bande C

Un autre extrait de l’image acquise par le satellite Sentinel-1B :
l’île Edge Island ou
Edgeøya dans l’archipel de Svalbard
Crédit image : ESA / Commission européenne / Copernicus

 

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 17:20

 

30 ans de SPOT - Toulouse - Ville rose - Capitale européenne du spatial - évolution - Spot 5 - Juin 2002 - Après AZF - CNES - Airbus DS

La ville de Toulouse. Extrait d’une image acquise par le satellite SPOT 5 en juin 2002, moins d'un an
après l'explosion de l'usine AZF. Copyright CNES 2002 - Distribution Airbus DS

 

30 ans de SPOT ! Je joue un peu les prolongations pour l’anniversaire d’un évènement qui a vraiment été structurant pour le spatial en France et à Toulouse. J’avais écrit un premier article sur le développement de la ville rose à travers le regard des satellites SPOT et Pléiades à l’occasion des 25 ans du lancement de SPOT 1. Voici une mise à jour avec quelques nouvelles images et des chiffres plus récents sur l’évolution de la ville et sa population...

 

Toulouse, capitale européenne de l'espace et berceau des satellites d’observation de la Terre

On ne passe pas sa vie entière dans un berceau, comme disait Konstantin Tsiolkovski… Par contre, il est intéressant de voir comment évolue le lieu où on est né…

Tous les satellites SPOT et Pléiades ont vu le jour à Toulouse. Depuis 30 ans, ils scrutent l’évolution de la capitale européenne du spatial. Les images qu’ils fournissent apportent des informations très utiles sur l’évolution de la ville et de ses environs.

 

SPOT ou encore ? Suivre les évolutions dans la durée, un atout des satellites d’observation

Un des avantages des satellites d’observation est de repasser régulièrement au-dessus de chaque région du monde, indépendamment des frontières ou des contraintes politiques. Seuls les nuages leur compliquent un peu la vie…

En 2016, l’archive d’images satellites soigneusement conservée dans la ville rose retrace 30 ans d’histoire du développement de notre planète : développement urbain, occupation des sols, déforestation, évolution du littoral ou des calottes glaciaires, réchauffement climatique

Changement local ou global : les satellites sont irremplaçables pour surveiller notre environnement.

Dans le cas de Toulouse, entre l’image SPOT de 1986 et celle acquise par Pléiades en 2014, d’autres images prises par les satellites SPOT témoignent du dynamisme de Toulouse et de ses environs.

L’image SPOT 5 présentée au début de cet article a été prise neuf mois après l’explosion de l’usine AZF : la cicatrice est visible depuis l’espace. Ailleurs, c’est le développement des surfaces construites qui est le plus spectaculaire, comme dans l’ancien bois de Limayrac, autour de la zone verte de la Ramée ou dans les communes autour de Toulouse. En comparant les images de 1986 à 2014, on est frappé par la diminution des surfaces agricoles au fil du temps.

Un observateur attentif notera également les grands travaux qui ont accompagné le développement de la ville :

  • La boucle complète du périphérique achevée en 1995, l’extension de la zone de l’aéroport, la rocade arc-en-ciel mise en service en 1997, la Cité de l'espace qui ouvre ses portes en 1997 ou le zénith de Toulouse inauguré en 1999.
  • La ligne A du métro est mise en service en 1993 après cinq ans de travaux. Son extension vers Balma-Gramont ouvre en 2003 et la seconde ligne est inaugurée en 2007.
  • Au cœur de la ville, le centre de congrès Pierre-Baudis, le Théâtre National de Toulouse, les Abattoirs et la médiathèque José-Cabanis.
  • Et, plus de 50 ans après, le retour du tramway à Toulouse : après des travaux démarrés pendant l'été 2007, la ligne reliant Beauzelle et Blagnac à Toulouse a été mise en service en décembre 2010.

 

30 ans de SPOT - Toulouse - Ville rose - Capitale européenne du spatial - évolution - Spot 1 - Mai 1986 - CNES - Airbus DS

Extrait d’une image de la ville de Toulouse vue par le satellite Spot 1 le 22 mai 1986.
La rocade est n'est pas encore en service. L’image présentée ici est de taille réduite.
La résolution de l’image d’origine est de 20 mètres.
Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

De 1986 à 2012 : les satellites témoins de plus de 25 ans d’évolution de la ville de Toulouse

 

  Toulouse._Tramways_sur_le_Capitole._16_juin_1899_-1899-_-_5.jpg Avant les satellites... Le tramway place du Capitole à Toulouse. Phographie du fonds
Eugène Trutat. Source : Wikimedia commons, mis à disposition
par les archives municipales de Toulouse.

 

De 1986 à 2016 : les satellites témoins de plus de 30 ans d’évolution de la ville de Toulouse

Sur un période de 30 ans, la ville de Toulouse s’est profondément transformée, avec le développement de la ville et de sa périphérie, en particulier depuis le début des années 90, pendant la période dont ont été témoins les satellites d’observation de la Terre.

Pour illustrer une toute petite partie de ces changements, les images suivantes mettent l’accent sur 3 lieux emblématiques des évolutions de la ville :

  • Le Zénith de Toulouse, le quartier des Ponts-Jumeaux, au confluent du canal du Midi, du canal de Brienne et du canal Latéral.
  • L’aménagement de l’ancien bois de Limayrac, la Cité de l’espace et la zone d’activités de la Plaine.
  • La zone de l’aéroport de Blagnac, Aéroconstellation, les usines Airbus et le réseau routier des environs.

Dans les trois cas, l’article écrit pour les 25 ans de SPOT illustraient ces évolutions avec des vignettes extraites d’une image Pléiades de janvier 2012 et d’images acquises par Spot 5 le 17 juin 2002, le 1er mars 2005 et avril 2011. Deux autres images étaient utilisées : une acquise par Spot 3 le 28 juillet 1995 et une par le satellite Spot 4 le 21 novembre 1998. Je complète avec des images publiées par le CNES et Airbus Defence and Space à l’occasion de l’exposition sur les 30 ans de SPOT.

Pour ce travail sur l'évolution d'un site particulier, c’est le fait de disposer d’une longue série temporelle qui est le principal atout de l’image satellite. L’image de Spot 1 de mai 1986 sert de référence, même si sa résolution est très inférieure à celles de Spot 5 et Pléiades : elle ne permet pas de bien identifier les détails au cœur de la ville mais reste très utile, par exemple pour le réseau routier, la disparition des zones vertes ou cultivées progressivement remplacées par les habitations ou la zone de l’aéroport de Blagnac. 

D’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre ont déjà traité de deux autres exemples, avec l’évolution de la zone verte de la Ramée, la construction de la rocade Arc-en-Ciel et le développement de la zone de Basso-Cambo et la reconstruction du site de l’usine AZF et la construction du Cancéropole à l’occasion du dixième anniversaire de l’explosion de l’usine AZF.

 

Un satellite au zénith, au-dessus du Zénith de Toulouse, du canal du Midi et du quartier des Ponts-Jumeaux

 

Spot 5 - Toulouse - 2002 - Extrait Garonne Ponts Jumeaux Ze Spot 5 - Toulouse - 2005 - Extrait Garonne Ponts Jumeaux Ze
Spot 5 - Toulouse - 2011 - Extrait Garonne Ponts Jumeaux Ze Pleiades - Toulouse - 2012 - Extrait Garonne Ponts Jumeaux

Du Zénith à la basilique Saint-Sernin et passant par les Ponts-Jumeaux. 3 extraits d’images
acquises par le satellite Spot 5 en 2002, 2005 et 2011 et un extrait de l’image Pléiades
de janvier 2012. Copyright CNES - Distribution Airbus DS

 

Construit de 1997 à 1998, le Zénith de Toulouse a été inauguré en avril 1999. Ses plus grandes dimensions sont de 135 mètres sur 110, pour une hauteur de 26 mètres. Il avait été gravement endommagé par l’explosion de l’usine AZF en septembre 2001.

On peut également voir le musée des abattoirs : les travaux pour la création de l’ « espace d’art moderne et contemporain de Toulouse Midi-Pyrénées » ont débuté en 1997 et Les Abattoirs ouvrent officiellement en 2000.

Parmi les évolutions d’envergure les plus récentes, les toulousains reconnaîtront facilement la ZAC des Ponts-Jumeaux, où 1500 logements ont récemment remplacé 8 hectares de frîches industrielles entre le Boulevard de l'Embouchure, les rues Kruger et Daydé et le Boulevard de Suisse.

 

Toulouse - Pont-Jumeaux - Jean Gueguiner - Juillet 1976 Le quartier des Ponts-Jumeaux en juillet 1976. Photographie prise d'hélicoptère par
Jean Guéguiner (fonds photographiques du Conseil général de Haute-Garonne).
Un oeil exercé peut identifier les subtiles différences avec le même quartier en 2012...

 

Nous n’irons (presque) plus au bois : le quartier de Limayrac, la zone d’activités de la pleine et la Cité de l’espace

 

Spot 5 - Toulouse - 2002 - Extrait Limayrac - Terre Cabade Spot 5 - Toulouse - 2005 - Extrait Limayrac - Terre Cabade
Spot 5 - Toulouse - 2011 - Extrait Limayrac - Terre Cabade Pleiades - Toulouse - 2012 - Extrait Limayrac - Terre Cabad

Le cimetière de Terre Cabade, le quartier de Limayrac, la Cité de l’espace et l’aérodrome de Lasbordes. Extraits d'images acquises par le satellite Spot 5 en 2002, 2005 et 2001 et par
le satellite Pléiades en janvier 2012. Copyright CNES - Distribution Airbus DS

 

Vue de l'espace, la structure du cimetière, à proximité de l’observation de Jolimont contraste avec le reste de la ville.

Les premières habitations du quartier de Limayrac datent de l'an 2000. Sur l’image de 2002, la zone est encore en travaux. Le contraste est impressionnant avec l’ancien bois de Limayrac, visible sur les images satellites acquises jusqu’en 1998. Le contraste est saisissant quand on observe la surface occupée par le bois de Limayrac prise par SPOT 1 en 1986.

Egalement invisible sur l’image de 1986, la Cité de l’espace a ouvert en juillet 1997. Un an plus tard, la station MIR est installée dans le parc. Le nouveau bâtiment Astralia, avec le planétarium et la salle Imax, est inauguré en avril 2005. Pour la petite histoire, deux autres articles du blog Un autre regard sur la Terre vous permettront de découvrir la Cité de l'espace vue par le satellite radar TerraSAR-X et la Cité de l'espace photographiée par un ballon dirigeable dans le cadre d'un atelier proposé par le CNES et Planète Sciences Midi-Pyrénées.

A proximité de la zone verte de l’Hers et dans le prolongement des hangars de Lasbordes, c’est le magasin Leroy-Merlin qui a finalement ouvert en 2004, après une saga juridique de plus de dix ans : terrain acheté en 1991, travaux démarrés en 1993 et stoppés en juin 1994.

 

L’aéroport de Toulouse-Blagnac, Aéroconstellation et l’usine Jean-Luc Lagardère

La série d'images suivante montre l'évolution de la zone de l'aéroport de Toulouse-Blagnac et des environs immédiats.

Les satellites n’ont pas été témoins de toute l’histoire de l’aéroport de Toulouse Blagnac et des usines Airbus. En 1947, la longueur de la piste sud est portée à 1700 m. Entre 1964 et 1968, les pistes sont portées à 3000 puis 3500 mètres pour accueillir tous les types d’avions commerciaux. C’est de là que le Concorde, en mars 1969, et l’Airbus A380, en avril 2005, décolleront pour leurs premiers vols. Les aérogares Blagnac 1 et Blagnac 2 sont respectivement inaugurés en 1953 et 1978.

Jean-Pierre Defoy, qui anime le site japy-collection, m'a aimablement communiqué cette carte postale qui montre l'aérogare de Toulouse-Blagnac. Ici aussi, un oeil exercé pourra jouer au jeu des 7 erreurs entre cette photographie aérienne et la situation actuelle de l'aéroport de Blagnac en 2016.

 

Toulouse---Aeroport-Blagnac---Japy---Editions-Cely---Marce.jpg

Toulouse-Blagnac. Carte postale montrant une vue aérienne de l'aérogare.
Ne cherchez pas les parkings. Photo-reportage YAN.
Editions Cely - Marcel Pendaries - Toulouse. Crédit image : Japy collection

 

Sans remonter aussi loin, les travaux suivants sont visibles sur la série d’images SPOT : une nouvelle extension de l’aérogare et une nouvelle tour de contrôle sont mis en service en 1993. Le parking couvert P3 est inauguré en 2002 et la construction du nouveau hall D a commencé en 2005. Le développement du trafic nécessite l’extension des parkings voyageurs autour de l’aérogare. Cette évolution est très visible sur les images satellite.

Spot 5 - Toulouse - 1986 - Extrait aéroport blagnac Spot 5 - Toulouse - 1995 - Extrait aéroport blagnac - RR2
Spot 5 - Toulouse - 1998 - Extrait aéroport blagnac Spot 5 - Toulouse - 2002 - Extrait aéroport blagnac - RR2
Spot 5 - Toulouse - 2005 - Extrait aéroport blagnac - RR2 Spot 5 - Toulouse - 2011 - Extrait aéroport blagnac - RR2

  Les environs de l’aéroport Toulouse Blagnac. Extraits d’images SPOT acquises en 1986, 1995, 1998,
2002, 2005 et 2011. Copyright CNES – Distribution Airbus DS

 

Le développement des usines Airbus au sud et au nord des pistes est également très spectaculaire.

Conçue pour la construction des avions A380, l’usine Jean-Luc Lagardère, un bâtiment de 500 mètres de longueur sur 250 mètres de largeur et 45 mètres de hauteur pouvant accueillir jusqu’à huit modules d’assemblage de l’A380, est inaugurée en mai 2004 et la zone industrielle Aéroconstellation en octobre 2004. C’est ici qu’ont été transférés les ateliers du site historique de Montaudran, où Air France effectuait des opérations d’entretiens de moyens-porteurs. Avec le développement de la ville, la piste historique s’est retrouvée enclavée au coeur de l’agglomération.

Le quartier de Montaudran fait lui-même désormais l’objet d’un projet d’aménagement important : la ZAC Montaudran et l'Aerospace Campus, avec l’ambition d’installer la plus grande concentration européenne en recherche aéronautique et spatiale.

 

Spot 5 - Toulouse - 1995 - Travaux rocade Arc-en-cielLes travaux de la rocade Arc-en-Ciel sont très visibles sur cet extrait de l'image du satellite
SPOT 3 acquise en 1995. Copyright CNES - Distribution Airbus DS

 

La croissance démographique, moteur du développement de la ville…

Selon l’INSEE, Toulouse Métropole, la communauté urbaine du Grand Toulouse, a vu sa population augmenter de près de 50% entre 1982 et 2013. Les 37 communes comptent aujourd’hui près de 735000 habitants.

 

Aire-Urbaine-Toulouse---Evolution-1990-1999.jpgAire-Urbaine-Toulouse---Evolution-1999-2007.jpgEvolution de la population de l'Aire Urbaine de Tououse. En haut, entre 1990 et 1999.
En bas, entre 1999 et 2007. Notez l'évolution entre la progression centrale et la progression
périphérique. Source : INSEE.

 

En janvier 2009, dans une note intitulée « Toulouse, moteur de la forte poussée démographique en Midi-Pyrénées », l’INSEE indiquait que « Toulouse se place au premier rang des grandes villes françaises en matière d’accroissement démographique, tant pour la ville-centre que pour l’agglomération ».

Pour l’ensemble de la région Midi-Pyrénées, ce sont surtout les nouveaux arrivants qui contribuent au dynamisme de la démographie: en Midi-Pyrénées, les naissances n’ont compté que pour moins de 10% du total des 32000 personnes supplémentaires par an entre 1999 et 2006. Par contraste, pour la commune de Toulouse, le fort excédent naturel explique 42 % de la croissance de la ville.

 

Des écoles à construire ?

Pour ses statistiques, l’INSEE s’intéresse d’abord à la continuité du bâti et utilise plusieurs définitions normalisées : Ville-Centre, l’Unité Urbaine et l’Aire Urbaine). En langage courant, cela correspond respectivement à la ville intra-muros, à la ville et sa banlieue immédiate (agglomération) et à la ville avec sa couronne périurbaine.

De manière générale, je vous recommande de consulter le site de l’INSEE pour comprendre la terminologie et les nouvelles règles liées au changement de méthode de recensement appliquée depuis 2008 (en particulier la notion de population légale millésimée) L’aire urbaine de Toulouse, c’est 342 communes : Toulouse, 71 communes de la banlieue, et 270 dans la couronne périurbaine.

Au 1er janvier 2007, elle compte 1 118 472 habitants, en cinquième position derrière Paris, Lyon, Marseille et Lille mais avec la plus forte croissance annuelle (1,9 %). Sans être un expert des statistiques, la circulation sur la rocade ou les prix de l’immobilier permettent de se faire une bonne idée de cette évolution. La croissance démographique de la couronne périurbaine accélère depuis 1999 (+ 3,1 % par an).

Contrairement à celui de la ville-centre, le dynamisme périurbain est surtout lié à l’afflux de nouvelles populations : l’excédent migratoire y représente 85 % de la croissance. D’après l’INSEE, la commune Toulouse compte 447 000 habitants (population légale en vigueur au 1er janvier 2012).

Quatrième ville de France, elle a vu sa population progresser à un taux annuel moyen supérieur de 1,7 % depuis 1999, soit 56 000 habitants supplémentaires. La banlieue représente un peu moins de la moitié de la population de l’agglomération dans ses limites définies en 1999. Bien qu’encore très soutenue, la croissance de la banlieue ralentit depuis les années 60-70 où elle atteignait des niveaux exceptionnels (+ 8 % par an). La moyenne depuis 1999 est de 1,6 % par an.

Par exemple, la population de L’Union, en croissance de plus de 20 % par an au début des années 60, celles de Ramonville et de Saint-Orens, en hausse de plus de 20 % par an au début des années 70, se stabilisent… Après avoir augmenté à un rythme constant depuis 1975, la croissance démographique de la couronne périurbaine accélère depuis 1999 (+ 3,1 % par an).

Assez naturellement, les communes périurbaines les plus dynamiques se situent souvent près des axes autoroutiers (+ 7,2 % pour Castelnau-d’Estretefonds, + 6,3 % pour Saint-Sulpice, + 4,7 % pour Baziège). Contrairement à celui de la ville-centre, le dynamisme périurbain est surtout lié à l’afflux de nouvelles populations : l’excédent migratoire y représente 85 % de la croissance.

 

Travail à l'école sur les images satellites

Les images publiées par le CNES et Airbus Defence and Space sont d'abord destinées à illustrer des panneaux de l'exposition réalisée pour les 30 ans de SPOT : elles ne sont pas superposables.

Pour permettre un travail pédagogique en calsse sur les séries temporelles et l'évolution des quartiers de Toulouse, je me suis amusé à tenter de les rendre parfaitement superposables.

Ce n'est pas évident à partir de fichiers au format jpeg sans référence cartographique mais, avec un peu de sueur, on y arrive... Il n'est pas non plus conseillé d'enregistrer en jpeg des images jpeg après traitement : ce n'est pas très bon car les effets du codage se cumulent et cela dégrade rapidement les images. Si vous faites des traitements successifs sur des images, sauvegardez toujours votre travail intermédiaire dans un format "sans perte" (TIFF, Raw, etc.)

Mais bon, sans avoir accès aux images au format d'origine, ce bricolage donne une assez bonne idée des changements... Cela permet de comparer plus facilement les différentes images et de localiser ces changements au fil du temps.

Si vous êtes intéressé, contactez-moi, je pourrai vous passer ce "sandwich d'images" au format Gimp-2 ou Paintshop Pro.

 

En savoir plus :

 

Vue générale de Toulouse - Taylor - NeurdeinVue générale de Toulouse. Dessin de Taylor, d'après une photographie de M. Neurdein

 

 

 

 

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  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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A Propos De L'auteur

  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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