Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 16:39

 

WorldView-4 - Lancement vu depuis l'espace - vu par un satellite - Atlas V - Vandenberge - Lancement de fusée vu par un satellite - DigitalGlobe

Le décollage de la fusée Atlas V emportant le satellite WorldView-4
vu depuis l’espace par WorldView-2. Crédit image : DigitalGlobe

 

Photo-souvenir et album de famille

Il ne s’agit pas d’une photographie aérienne ou prise à partir d’un hélicoptère : cette image étonnante provient d’un satellite d’observation en orbite autour de la Terre à environ 770 km d’altitude.

L’image a été prise il y a presque trois mois mais elle vient d’être publiée par la société Digital Globe.

Le 11 novembre 2016, une fusée Atlas V décollait de la base Vandenberg AFB en Californie et mettait en orbite le satellite WorldView-4.

Quelques semaines plus tard, la société Digital Globe publiait les premières images de son tout nouveau satellite à très haute résolution (30 cm).

Le jour du lancement, le satellite WorldView-2 avait été programmé pour acquérir une image et immortaliser le décollage de la fusée.

 

Parallèle mais presque

Au moment où le satellite capture cette image impressionnante, il n’est pas exactement à la verticale du site de lancement mais son orbite passe à environ 640 km au nord-est de la base de Vandenberg : la visée est donc très oblique, environ 38° par rapport au nadir selon les informations communiquées par Digital Globe.

La résolution (au maximum 46 cm en mode panchromatique et 185 cm en multispectral) est donc dégradée mais ce point de vue offre une perspective intéressante en mettant bien en évidence le relief de la scène.

Notez les halos colorés autour de la flamme sortant des moteurs de la fusée, caractéristique de l’acquisition d’images d’objets en mouvement par un instrument équipe d’une barrette de détecteurs.

Digital Globe aime utiliser des images de lancement pour montrer l’agilité et la capacité de visée oblique de ses satellites.

En août 2014, la société avait déjà publié une série d’images (un gif animé) du lancement de WoldView-3, depuis la base de Vandenberg, prise par le satellite WorlView-1.

 

Lancement de WorldView-3 vu par WorldView-1 - lancement de fusée vu par un satellite - Rocket launch seen from space - DigitalGlobe

Une séquence d’images du lancement du satellite WorldView-3 prises depuis l’espace par le satellite WorldView-1. Crédit image : DigitalGlobe

 

Cette image du lancement de WorldView-4 complète mon album de famille des lancements de fusées vus depuis l'espace.

En 2010, j’avais publié sur le blog Un autre regard sur la Terre un article illustré par une image du satellite WorldView-1 témoin du lancement d’une fusée Unha-2 depuis le site de Musudan-Ri (province de Hamgyong Pukdo) sur la côte nord-est de la Corée du Nord.

 

Démarrage de l’exploitation commerciale de WorldView-4 : un premier client servi en réception directe

La publication de cette image du lancement de WorldView-4 coïncide avec le démarrage de son exploitation commerciale : Digital Globe a annoncé avoir terminé la phase de recette en vol et la calibration précise de l’instrument fabriqué par la société Harris. Celui-ci offre une résolution de 30 cm en mode panchromatique et 124 cm en mode multispectral.

Sur son orbite à 617 km, à la même altitude que WorldView-3 mais 150 km plus bas que WorldView-2, le satellite construit par Lockheed Martin a une capacité d’acquisition d’environ 680000 km2 par jour. WorldView-4 va ainsi doubler la capacité d’acquisition d’images à 30 cm de résolution.

 

30 cm, c’est le pied…

Le 3 février 2017, Digital Globe a annoncé que les images de WorldView-4 étaient désormais livrées en mode réception directe (« direct access »), au moment où le satellite survole une zone géographique donnée, à son premier client. Le nom du client n’a pas été dévoilé mais il s’agit vraisemblablement d’un gouvernement. La commercialisation plus standard ne devrait pas démarrer avant le second semestre.

En septembre 2016, à l’occasion de la conférence Euroconsult, Airbus Defence and Space, le principal concurrent de Digital Globe, a confirmé travailler sur une constellation de quatre satellites optiques à très haute résolution.

 

Sao Paulo - Brasil - Brésil - satellite WorldView-4 - Earth observation - DigitalGlobe - 30cm image - Very high resolution

Au Brésil, la ville de Sao Paulo vue par le satellite WorldView-4. Exemple d’image
à 30 cm de résolution acquise le 11 janvier 2017. La résolution est dégradée. Ici une version
de l’image en plus haute résolution. Crédit image : Digital Globe

 

En savoir plus :

 

 

Repost 0
9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 09:58

  

2016 - Bilan des lancements - Launch report - Fusées et satellites - calendrier spatial

L’année spatiale 2016 en quelques chiffres : fusées lancées, satellites mis en orbite
et masse satellisée, puissances spatiales, principales applications.
Infographie : Gédéon. Crédit image de fond : ULA

 

Voici mon bilan des lancements pour l’année 2016…

 

L'année spatiale 2016 en résumé...

Il y a eu 82 lancements réussis et 3 échecs ou échecs partiels en 2016. La dernière explosion de la fusée Falcon 9 et la destruction du satellite AMOS-6, qui a eu lieu formellement pendant un essai précédent la phase de lancement, n’est pas inclus dans ce décompte (le retour en vol de Falcon 9 est désormais programmé le 14 janvier). 
C’est un peu moins qu’en 2015 (83 lancements réussis), mais avec également moins d’échecs (3 au lieu de 5).
8 pays ou groupes de pays ont effectué des lancements et mis en orbite des satellites en 2016. 
Au total, 164 satellites ont été lancés avec succès, pour une masse totale satellisée proche de 345 tonnes. L’observation de la Terre à partir de l’orbite basse arrive en tête des applications (44 satellites), suivie par les télécommunications (29 satellites) et la navigation (24 satellites).

 

Les puissances spatiales en 2016
Malgré la suspension des lancements de Space X à partir de septembre, les Etats-Unis occupent la première place du podium avec 22 lancements, tous réussis. 
La chine a également réalisé 22 lancements mais a connu deux échecs. La Russie occupe la troisième place du podium avec 17 lancements dont un échec.
L’Europe a effectué 11 lancements, tous réussis. Sept fusées Ariane, deux Vega et deux fusées Soyouz ont été utilisées pour ces onze lancements. Notez que certains sites qui établissent leurs statistiques avec le critère de « nationalité » du lanceur comptabilisent ces deux Soyouz comme des lancements russes.
Suivent l’Inde (7 lancements tous réussis) et le Japon (4 lancements). Israël et la Corée du Nord ont également réalisé chacun un lancement avec mise en orbite d’un satellite.

 

2016 - bilan des lancements - par pays - nations spatiales - spacefaring nations - accès à l'espace - USA - Chine - Russie - Europe - Inde - Japon - Israel - Corée du nord

Les huit puissances spatiales en 2016 : Etats-Unis, Chine, Russie, Europe, Inde, Japon, Israël et Corée du Nord. infographie : Gédéon

 

Les fusées : ça fuse…
Sauf erreur, j’ai identifié 45 types de lanceurs différents utilisés en 2016, qui se répartissent en 18 « familles ».
Ce classement en famille est à prendre avec précaution : autant les 5 variantes de fusées Atlas V (8 lancements en 2016) sont des déclinaisons d’un même lanceur, autant les 13 modèles de lanceurs Chang Zheng - Longue marche (22 lancements en 2016) correspondent à des produits très différents.

 

Année spatiale - 2016 - bilan - types de lanceurs - famille de fusées - Launchers - Rocket - Record

Les types de fusées lancées en 2016. Infographie : Gédéon. Crédit image de fond : ULA

 

La fusée la plus utilisée est la Falcon 9 v1.2 (7 lancements entre janvier et septembre 2016), suivie du lanceur lourd européen Ariane 5 dans sa version ECA (6 lancements). La fusée Chang Zheng 2D a été lancée 6 fois et a connu un échec. Il y a également eu 5 fusées PSLV dans la version XL (et un autre PSLV) avec un taux de succès de 100%.
Quinze sites de lancements différents ont été utilisés dont quatre en Chine, trois aux Etats-Unis et trois en Russie. Le site le plus utilisé est Cape Canaveral (18 lancements en 2016), suivis par le Centre Spatial Guyanais et Baikonour (11 lancements chacun).
On peut également noter les vols inauguraux dans les centres de Vostochny (Russie) et de Wenchang (Chine).

 

Longue marche ? Parfois ça ne marche pas tout court...
Les trois échecs de lancements, un russe et deux chinois, sont :

  • 31/08/16 : échec de la mise en orbite du satellite d’observation de la Terre Gaofen 10 par une fusée Chang Zheng 4C. Aucune communication n’a été faite par les autorités chinoises.
  • 1/12/2016 : échec de la mise en orbite du vaisseau cargo Progress MS-04 par une fusée Soyouz-U. La télémesure a été perdue pendant la phase propulsée du troisième étage à 180 km d’altitude et la charge utile s’est détruite dans l’atmosphère avec des débris au sol. L’équipage de l’ISS a dû attendre le lancement du cargo japonais HTV-6 pour connaître précisément le menu du réveillon de noël …
  • 28/12/2016 : échec de la mise en orbite de deux satellites d’observation à très haute résolution (50 cm) Gaojin 1 et Gaojin 2 par une fusée Chang Zheng 2D. Etait également à bord le nanosatellite radioamateur BY70-1. La vitesse d’injection était trop basse et les satellites ont été placés sur une orbite elliptique avec un périgée très bas (212 x 520 km) au lieu d’une orbite circulaire. Il semble que les orbites aient pu être circularisées avec le système de propulsion au prix d’une consommation importante d’ergols qui va réduire significativement la durée de vie des satellites. Dommage, c’était le dernier lancement de l’année : le champagne servira en 2017…

Et, le 1er septembre, l’explosion de la fusée Falcon 9 avec son satellite AMOS-6 pendant un essai avant le lancement proprement dit.

J’ai publié plusieurs articles avec des bilans intermédiaires à l’occasion de chaque nouvelle page du calendrier, le dernier avec le bilan du mois de novembre.
Finalement, c’est décembre qui est le mois record avec 12 tentatives de lancement mais seulement dix succès, à égalité avec les mois de mars et juin. Novembre arrive juste derrière avec 9 lancements, tous réussis.

La masse totale satellite atteint 342,5 tonnes. Le mois record est le mois de mars, avec 51,7 tonnes satellisées avec succès, suivi par décembre avec 47,2 tonnes et juin avec 44,5 tonnes. La masse moyenne d’un satellite lancé avec succès est de 2088 kg. Le record de masse est de 15 tonnes : c’est la masse du cargo japonais HTV6 (alias Kounotori" or "White Stork ») lancé par une fusée H-IIB le 9 décembre 2016. Suivent la mission Dragon CRS-8 avec 10400 kg en avril 2016 et la mission Dragon CRS-9 avec 9500 kg en juillet 2016. Ces trois charges utiles ravitaillaient la Station Spatiale Internationale. Si on s’intéresse à l’orbite géostationnaire, le record 2016 revient à Ariane 5 avec deux satellites pour une masse totale de 9853 kg en août 2016.

Sauf erreur (la masse exacte est à confirmer), le satellite géostationnaire le plus gros est américain avec une masse d’environ 6800 kg. Il s’agit d’un satellite de télécommunication militaire « data relay » (NROL 61). IL a été mis en orbite en juillet 2016 par une fusée Atlas V 541. Arrivent juste derrière un autre satellite américain pour les télécommunications militaires (MUOS 5 avec 6740 kg) et le satellite commercial Echostar 19 (6637 kg).

 

Année 2016 - Bilan - Lancements - Fusées et satellites - Masse satellisée - Launch report - success - failure

Le bilan des lancements mois par mois : fusées lancées, satellites mis en orbite et masse satellisée. Infographie : Gédéon

 

L’illustration suivante donne le détail pour le mois de décembre 2016 ainsi que la répartition des missions et des orbites au fil de l’année. Hors lancements vers l’ISS (11 missions), les lancements vers l’orbite LEO et GEO/GTO sont à égalité (33 lancements). Il y a eu également 6 lancements vers l’orbite MEO pour des missions de navigations et deux lancements vers des orbites « extra-terrestres » pour des missions scientifiques : Exomars TGO (en mars 2016 comme son nom l’indique) et OSIRIS-Rex (en septembre 2016).

 

Calendrier spatial - Décembre 2016 - lancements - Launch record - satellites et fusées - 10 succès - 2 échecs

Le bilan des lancements orbitaux en décembre 2016 : fusées lancées, satellites mis en orbite et masse satellisée. Infographie : Gédéon


Satellites : ça décoiffe !
Au total, cela correspond à 164 satellites lancés avec succès par une fusée. Je ne comptabilise pas ici les satellites « lâchés » depuis l’ISS. Le mois record est juin avec 36 satellites. 20 satellites, dont un nombre important de nanosats ont été mis en orbite le 22 juin par une seule fusée PSLV-XL. Une autre fusée PSLV a mis en orbite 8 satellites le 26 septembre. L’Inde vise un nouveau record en 2017 avec 100 satellites mis en orbite par un seul lanceur. Suit une fusée Atlas avec également 8 satellites à l’occasion du lancement de WorldView-4 le 11 novembre 2016. A égalité, le lanceur aéroporté Pegasus XL a également mis en orbite les 8 satellites identiques CYGNSS le 15 décembre 2016.

Pour être complet, si j’ai bien compté, il y a eu également 57 nano-satellites « lâchés » depuis l’ISS ou un des cargos ravitailleurs qui les y a amenés. Entre autres, 32 Flock-2e de Planet (Observation de la Terre) et 8 Lemur-2 de la société Spire (météorologie et AIS).

Je ne compte pas les satellites qui ont été montés à bord des différents cargos (au total 48 en 2016 dont 20 Flock-2e et 8 Lemur-2) mais pas encore « lâchés ». D’autres statistiques utilisent des règles un peu différentes. La comptabilité des nano-satellites en orbite est un peu compliquée…

Au total, je compte donc au total 221 satellites mis en orbite autonome au cours de l’année 2016.

 

Du côté des principaux opérateurs…
Trois opérateurs commerciaux se partagent près de la moitié de la masse satellisée (47%) avec plus d’un tiers des vols (30 lancements) et des satellites mis en orbite avec succès (55 satellites).

 

2016 - Année spatiale - bilan des lancements - Launch record - Arianespace - ULA - SpaceX - fusées et satellites

Le bilan des lancements en 2016 pour les trois principaux opérateurs : Arianespace, 
United Launch Alliance (ULA) et SpaceX. Infographie : Gédéon

 

C’est Arianespace qui occupe la première place du podium avec 61,2 tonnes mises en orbite, suivi de près par ULA (59,5 tonnes en orbite). Space X qui a connu une année raccourcie (pas de vols depuis l’accident du mois de septembre) a mis quand même près de 39 tonnes en orbite.
Les profils des missions lancées par chacun des trois opérateurs sont très différents.
On peut également mentionner le vol inaugural réussi du nouveau lanceur lourd chinois (Chang Zheng 5 / YZ2). Jetez un œil sur les photographies qui ont été publiées : c’est assez impressionnant. Un concurrent sérieux en perspective…

 

Vols habités : 5 sur 5
Il y a eu 5 vols habités (lancements avec un équipage) en 2016, tous réussis (heureusement). Quatre, réalisés par des fusées Soyouz étaient à destination de l’ISS. Le cinquième, le vaisseau Shenzhou 11, lancé le 16 octobre, était une mission chinoise à destination de la nouvelle station orbitale Tiangong-2. Les deux membres d’équipage, Jing Haipeng et Chen Dong, ont réalisé la plus longue des six missions habitées chinois, avec 32 jours en orbite.
A bord de l’ISS, on peut saluer notre européen national, Thomas Pesquet, qui participe actuellement à la mission Proxima, envoie régulièrement de superbes photos de la Terre et consacre un partie de son temps à donner envie aux jeunes de s’intéresser aux sciences et techniques. 

 

2016 - Vols habités - Manned space flights - ISS - Tiangong-2 - Astronautes - Cosmonautes - Historique - Record - Launch

Le nombre de vols habités par année depuis le vol historique de Youri Gagarine en 1961. 
Infographie : Gédéon


Sur l’ensemble de la période, l’édition 2016 est une année moyenne, loin des 11 vols habités réalisés en 1985. L’illustration permet de voir qu’on est assez loin de l’âge d’or des années 90.
A côté des cinq vols habités, 6 lancements ont emporté du ravitaillement à l’ISS.

 

En savoir plus :


 

Repost 0
4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 09:17

 

WorldView-4 - Satellite - First image - Première image - Tokyo - Yoyogi National Gymnasium - 30 cm resolution - Digital Globe

La première image du satellite WorldView-4 : A Tokyo, le Yoyogi National Gymnasium, dans le
parc Yoyogi. Image acquise le 26 novembre 2016. Crédit image : DigitalGlobe 2016

 

Première image rendue publique

Une nouvelle image pour ma collection des premières images de satellites d'observation : Digital Globe a publié le 2 décembre la première image du tout nouveau satellite WorldView-4, lancé par une fusée Atlas 5 le 11 novembre 2016.

Acquise le 26 novembre (une bonne date !), l’image montre le Yoyogi National Gymnasium à Tokyo. Construit pour les jeux olympiques d’été de 1964, son toit suspendu a une forme remarquable. Pour la petit histoire, c’est dans cette salle de près de 14000 places que le groupe Queen a donné son dernier concert au Japon en 1986. Aujourd’hui, le palais des sports de Yoyogi est surtout utilisé pour les compétitions de hockey sur glace et de basket-ball.

En 2010, il accueillait les championnats du monde de Judo remportés par Teddy Riner dans la catégorie poids lourds. Rendez-vous en 2020 pour de nouveaux Jeux Olympiques...

 

Y a eu le feu, y a plus le feu…

Digital Globe n’a pas cherché à battre le record de vitesse pour acquérir la première image de son dernier satellite : presque trois semaines se sont écoulées depuis le lancement. Il est vrai qu’il a fallu mettre le satellite sur son orbite définitive et les travaux de calibration à mener sont complexes.

Le lancement lui-même, initialement prévu mi-septembre avait été reporté à plusieurs reprises, notamment après l’incendie Canyon qui avait menacé le site de lancement de la base Vandenberg de l’US Air Force (VAFB). Coïncidence ou conséquence de l’incendie, des photos étonnantes montrent des ratons laveurs qui avaient trouvé refuge dans la tour de lancement ! Aux premières loges pour assister au lancement...

 

Lancement - satellite WorldView-4 - Atlas 5 - Ratons laveurs - Racoons - ULA - VAFB - DigitalGlobe

Aux premières loges : des visiteurs inhabituels dans la tour de lancement de la fusée Vandenberg,
juste avant le décollage de la fusée Atlas 5 emportant le satellite WorldView-4.
J'espère qu'ils vont bien : ils ont vu un beau spectacle ! Crédit image : Digital Globe

 

Frère jumeau ? Non, plutôt un cousin…

WorldView-4 rejoint les quatre autres satellites de la constellation opérée par la société Digital Globe, certains très récents, d'autres en fin de vie : GeoEye-1, WorldView-1, WorldView-2 et WorldView-3.

En fournissant des images de 31 cm de résolution au sol depuis son orbite à 617 km d’altitude, WorldView-4 va plus que doubler la capacité d’acquisition dans cette gamme de résolution, alimentée jusqu'à présent par WorldView-3.

Contrairement à ce que le nom de baptême pourrait laisser penser, WorldView-4 n’est pas le frère jumeau de WorldView-3 : il s’appelle à l’origine GeoEye-2. L’article du blog Un autre regard sur la Terre sur le lancement de WorldView-4 explique comment la famille s’est agrandie après la fusion entre les sociétés Geoeye et DigitalGlobe.

 

Constellation satellites - Digital Globe - EO - WorldView-4 - GeoEye - Très haute résolution - Caractéristiques

La constellation de satellites à très haute résolution de la société Digital Globe
et leurs principales caractéristiques. Crédit image : DigitalGlobe

 

30 cm, c’est le pied…

L’instrument de WorldView-4 est une caméra SpaceView 110TM développée par la société Harris Corporation. A 617 km d’altitude, il fournit des images à 31 cm de résolution en mode panchromatique et 1,24 mètre de résolution en mode multispectral.

Les caractéristiques des bandes multispectrales, représentées dans la figure suivante, montrent bien que les satellites WordView-3 et WorldView-4 sont issus de deux familles différentes. A titre de comparaison, j’ai mis également les bandes spectrales des satellites Pléiades 1A et 1B et celles de SPOT-6 et SPOT-7.

 

WorldView-4 - Spectral bands - Bandes spectrales - Comparaison WorldView-3 - Pleiades - SPOT - Digital Globe - Airbus

Caractéristiques des bandes spectrales des satellites WorldView-3 et WorldView-4.
Les satellites Pléiades et SPOT 6/7 sont donnés à titre de comparaison. Crédit image : Gédéon

 

Le choix de la première l’image

Comment choisit-on la première image d’un satellite d’observation ? C’est tout sauf le hasard…

Les opérateurs des satellites d’observation cherchent à illustrer les performances de leur nouveau bébé, la résolution, la fauchée ou la richesse spectrale par exemple.

Dans le cas de WorldView-4, le choix du Yoyogi National Gymnasium, avec son toit aérien, les marquages au sol des terrains de sport, les parkings, les ombres portées des personnes qu’on peut compter individuellement permet de montrer la très haute résolution des images. Les couleurs de la végétation, en cette fin d’automne, valorisent les bandes spectrales du nouveau satellite de Digital Globe.

 

WorldView-4 - First image - Première image - Tokyo - Digital Globe

Extrait de la première image du satellite WorldView-4 acquise le 26 novembre 2016.
Crédit image : DigitalGlobe 2016.

 

L'évolution de marché de l'observation de la Terre à très haute résolution

Personnellement, si j’avais été responsable du choix, j’aurais probablement préféré un site dans l’hémisphère sud, mieux éclairé en cette fin de printemps austral. Si Digital Globe a retenu Tokyo, ce n’est certainement pas parce qu’il n’y a avait pas de meilleure image : il y a probablement des enjeux commerciaux avec des clients commerciaux ou gouvernementaux au Japon.

A l’époque du lancement du premier satellite Pléiades en décembre 2011, le CNES avait choisi de publier une image du centre de Paris, avec des conditions d’éclairage qui n’étaient pas exceptionnelles fin décembre. C’était également justifié par la dimension symbolique : la première image du satellite dual français montrait des sites du gouvernement français.

En septembre 2016, le société Airbus Defence and Space dont la branche géo-intelligence est le principal concurrent de Digital Globe a annoncé le développement d'une constellation de 4 satellites à très haute résolution, destinée à remplacer à partir de 2020 les deux satellites Pléiades. Sans dévoiler les détails techniques, Airbus Defence and Space parle de performances au moins équivalente à celles des concurrents.

Il va être très intéressant de suivre l'évolution du marché de l'observation de la Terre dans les années qui viennent et aux positions respectives des acteurs présents sur ce marché, non seulement les "usual suspects" mais aussi les "space invaders", les startups du New Space, des sociétés principalement américaines, qui se lancent dans le domaine de l'observation de la Terre avec des approches disruptives. C'est par exemple le cas de Terrabella, ex Skybox, désormais filiale de Google, qui a lancé récemment quatre nouveaux satellites Skysat.

Si vous vous intéressez à ce sujet, je vous recommande un papier présenté à Guadalajara pendant la conférence IAC 2016 qui propose un tour d'horizon des nouveaux développements et des impacts possibles sur le marché. J'y reviendrai de manière plus détaillée dans un prochain article...

 

En savoir plus :

Repost 0
17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 16:41

 

Dernière ligne (presque) droite avant de tourner autour de la Terre

Baïkonour, jeudi 17 novembre. Final countdown ! Le grand jour est arrivé pour Thomas Pesquet, Oleg Novitsky, Peggy Whitson. Une fusée Soyouz a mis en orbite le vaisseau Soyouz MS-03 qui les transporte actuellement vers la Station Spatiale Internationale. Ils devraient la rejoindre samedi 19 novembre vers 23 heures (heure française).

 

Thomas Pesquet - Proxima - Soyouz - Décollage - Baikonour - ISS - 17-11-2016

Poxima, c'est parti ! Décollage de la fusée Soyouz emportant Thomas Pesquet vers l'ISS.
Crédit image : NASA

 

Gagarin’s start : n°1 pour le n°10

C’est le pas de tir n°1 qui a été utilisé. Un endroit chargé d’histoire et d’émotion… N°1 ? Comme son nom l’indique, c’est également ici qu’ont décollé le satellite Spoutnik en octobre 1957 et Youri Gagarine, le premier homme à aller dans l’espace, en avril 1957.

Comme d’habitude, le lanceur Soyouz a rejoint le pas tir en train, en position allongée, moteurs à l’avant avant d’être dressé sur le pas de tir. "Comme d'habitude" est-on tenté de dire pour la fusée Soyouz, le décollage s'est parfaitement déroulé. La fusée a quitté le sol à 2h20 (heure locale) soit 21h20 à Paris (20h20 UTC). 

 

Dernière autoroute avant la station

La mission s’appelle Proxima, en référence à Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche du Soleil.

L’équipage part un peu moins loin, à moins de 400 kilomètres d’altitude. Leur destination est l’ISS, la Station Spatiale Internationale. Les trois derniers voyageurs de l’espace rejoignent l’astronaute américain Shane Kimbrough et les cosmonautes russes Sergueï Ryjikov et Andreï Borissenko, arrivés le 19 octobre, et y séjourneront 6 mois, de novembre 2016 à mai 2017.

 

<Mission Proxima - ISS - équipage - expédition 50/51 - Thomas Pesquet - Oleg Novitsky - Peggy Whitson

Derniers échanges avec les proches et les médias et dernière sensations de la pesanteur terrestre.
Crédit image : NASA

 

Coutumes pas très orthodoxes…

Les traditions et les symboles sont respectés : avant le décollage, Thomas Pesquet et ses compagnons de voyage ont effectué les mêmes gestes que leurs prédécesseurs... Planter un arbre, regarder le film soviétique Le Soleil blanc du désert (1970), écrire son nom sur la porte de sa chambre à « l’hôtel des cosmonautes ». Et, comme Gagarine, uriner sur les roues du bus qui les transportera au pied de la fusée Soyouz. Le diable est dans les détails : par précaution, un pope a béni la fusée et le vaisseau Soyouz.

 

Le der de dix : européen ou français ?

Astronaute, Cosmonautes ou Spationaute ? Comme on veut… Né en février 1978, Thomas Pesquet est français, donc spationaute, mais il est rattaché corps européen des astronautes (EAC) qui fait partie de l’ESA (Agence Spatiale Européenne) qui organise cette mission. Cosmonaute, enfin, parce que c’est une fusée Soyouz qui l’emmène dans l’espace...

Combien y a-t-il eu d’astronautes français ? Dix depuis le 17 novembre… Les neuf précédents ont volé à l’occasion de 17 missions spatiales à bord des stations Saliout et MIR, de la navette spatiale américaine ou de la station spatiale internationale (ISS).

 

Thomas Pesquet - Proxima - Dixième français dans l'espace - Jean-Loup Chrétien - Pionnier - Baikour - Soyouz - ISS

Thomas Pesquet avec Jean-Loup Chrétien. Le 10ème et le premier français à partir dans l’espace.
La nouvelle génération et le pionnier. Photographie prise à la Cité de l’espace en juin 2012
pendant le Toulouse Space Show. Crédit image : Gédéon

 

Le premier vol est celui de Jean-Loup Chrétien, nommé PVH pour « Premier vol Habité », en juin 1982. Ce qui confirme que les ingénieurs manquent parfois d’imagination pour baptiser les « premières ». Souvenez-vous du premier satellite français lancé le 26 novembre 1965. D’abord baptisé A1 (facile à retenir !), on l’a rapidement renommé Astérix. Proxima, c’est mieux !

Voici la liste de 10 veinards qui ont traversé la ligne de Karman, la frontière entre la Terre et l’espace :

  • Jean-Loup Chrétien, le premier à voler… Mission PVH  en juin 1982, mission Aragatz en novembre 1988, mission Atlantis STS-86 en septembre 1997 : il a séjourné à bord de trois vaisseaux spatiaux (Saliout, MIR et le space shuttle), pour un total de 43 jours en orbite.
  • Patrick Baudry : il effectue un séjour de 7 jours en orbite pendant la mission Discovery STS-51-G  en juin 1985.
  • Michel Tognini a passé 18 jours dans l’espace : à bord de la station MIR pour la mission Antares en juillet 1992 et à bord de la navette Columbia STS-93 en juillet 1999.
  • Jean-Pierre Haigneré détient, jusqu'à présent, la record de durée de séjour cumulé français dans l’espace : 209 jours pendant les missions Altaïr en juillet 93 et la mission Perseus en mai 1998, deux fois à bord de la station MIR.
  • Jean-François Clervoy est le plus jeune à avoir volé : il avait 35 ans au moment de sa première mission à bord de la navette Atlantis STS-66 en novembre 1994. Avec la mission Atlantis STS-84 en mai 1997 et la mission Discovery STS-103 en décembre 1999, il a passé au total 28 jours : avec la navette, les séjours sont courts...
  • Jean-Jacques Favier effectue une mission de 16 jours à bord de la navette Columbia (mission STS-78) en juin 1996.
  • Claudie Haigneré : première femme française à aller dans l’espace. Elle a effectué deux missions : Cassiopée à bord de la station MIR en août 1996 et Andromède à bord de l’ISS en octobre 2001.
  • Léopold Eyharts effectue deux missions, à dix ans d’intervalle, à bord de MIR (Pégase en janvier 1998) et de l’ISS (mission Atlantis en février 2008) pour une durée cumulée de 68 jours.
  • Philippe Perrin a passé 13 jours à bord de la navette américaine Endeavour (mission STS-111 en juin 2002).
  • Thomas Pesquet : ingénieur de l’ISAE à Toulouse, à 38 ans, c’est le plus jeune membre du corps des astronautes européens (EAC). Et certainement le plus branché (@Thom_astro sur twitter). Sélectionné en mai 2009 par l’Agence Spatiale Européenne, il s’est entraîné depuis cette date à l’EAC à Cologne et sur les sites américains et russes en attendant son billet pour la banlieue terrestre. La participation de Thomas à la mission Proxima en tant qu’ingénieur de vol de l’expédition 50/51 a été décidée en 2014.

 

Cosmonautes sur leur 31

Je n’ai pas de photos où figurent les dix spationautes français. J’en ai une avec sept d’entre eux, prise le 15 octobre 2013 à la Cité de l'espace, à l’occasion de la journée célébrant le vingtième anniversaire du CADMOS. Même en passant tous les jours par la rue des cosmonautes, c’est rare d’en voir autant au même endroit…

Le CADMOS, c’est le Centre d’Aide au Développement des activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales (CADMOS)Créé à Toulouse en 1993, il n’existait donc pas pour les premiers vols habités français.

 

Thomas Pesquet - Proxima - Un français dans l'espace - 10ème spationaute - ISS - ESA - CNES - CADMOS - Cité de l'espace - Lancement réussi

7 spationautes à la Cité de l’espace pour les vingt ans du CADMOS le 15 octobre 2013.
Par ordre d’apparition en orbite : Michel Tognini, Jean-Pierre Haigneré, Jean-Jacques Favier,
Claudie Haigneré, Léopold Eyharts, Philippe Perrin et, le petit dernier, Thomas Pesquet.
Crédit image : Gédéon / Planète Sciences Midi-Pyrénées

 

Il y a quatre « intrus » sur la photo-souvenir des vingt ans du CADMOS : de gauche à droite, Philippe Droneau (directeur des publics de la Cité de l’espace), Taissa Tabakova (chef de projet vols habités à RKK Energia), Lionel Suchet (à l’époque, directeur adjoint du Centre Spatial de Toulouse et aujourd’hui directeur de l’innovation et des applications) et Sébastien Barde (responsable du CADMOS).


Baïkonour, la porte des étoiles...

Pour Jacques Villain, historien de la conquête spatiale décédé le 15 septembre 2016 , Baïkonour, au Kazakhstan, c’est la  « porte des étoiles ».

Moins poétique, Thomas Pesquet, frappé par l’ambiance, parle d’un décor de “Far West total” : au milieu d’une steppe désertique, le cosmodrome, traversé par des voies de chemins de fer, abrite des bâtiments et des pas de tirs opérationnels ou désaffectés. Une mémoire géographique de l'histoire de la conquête spatiale soviétique et russe, depuis Spoutnik et Gagarine.

 

Cosmodrome de Baikonour - Vu par le satellite Pleiades - CNES - Airbus DS - Thomas Pesquet - ProximaCosmodrome de Baikonour - Vu par le satellite Pleiades - CNES - Airbus DS - Thomas Pesquet - Proxima

Le cosmodrome de Baïkonour vu par le satellite Pléiades en 2013.
En bas, extrait centré sur le pas de tir n°31/6 d’où décollent également certains vols habités.
Copyright CNES – Distribution Airbus DS.

 

One small step for a man, mais une steppe géante pour Thomas Pesquet

L’image Pléiades présentée ici a une résolution réduite par rapport à l’image originale mais on peut quand meme distinguer la voie ferrée rectiligne sur laquelle la fusée Soyouz a été amenée à l’aire de lancement lundi 14 novembre 2016.

La fosse en béton au une taille impressionnante : elle sert à évacuer flammes et gaz brûlés au moment de la mise à feu.

Les ombres des mâts parafoudres sont également bien visibles sur l'image du satellite Pléiades. Notez que les ombres portées facilitent l'interprétation des images et donnent une idée du relief.

 

 

Thomas Pesquet - Proxima - Décollage Soyouz - Proxima - Novembre 2016 - MS-03 - Soyouz

Décollage de la fusée Soyouz MS-03 emportant
Thomas Pesquet, Oleg Novitsky et Peggy Whitson.
Crédit image NASA

 

 

 

Les satellites ont beaucoup photographié Baïkonour, pas seulement pour inspirer les blogueurs. Au début de la conquête spatiale, en pleine guerre froide, les premiers satellites espions, qui commencent à remplacer les avions U2, équipés de pellicules argentiques récupérées par des avions-épuisettes, « mitraillent » Baikonour pour savoir où en sont les russes.

La photographie suivante a été prise par un satellite Corona dans la dernière ligne droite avant les premiers pas sur la Lune. Sur le pas de tir, une fusée géante N1. A-t-elle inspiré Elon Musk pour son projet Interplanetary Transport System ? La taille, le nombre de moteurs et leur disposition peut y faire penser…

 

Baikonour - Cosmodrome - Fusée N1 - Satellite-espion - KH-4B - Course à la Lune - USA - URSSFusée lunaire N1 - satellite-espion - KH-4B - NRO - USA - URSS - photointerprétation

Image d’une fusée lunaire N1 sur le cosmodrome de Baïkonour prise par le satellite espion Corona
en septembre 1968. En bas, une tentative de photo-interprétation par Gédéon

 

Vous voulez une anecdote concernant l’ambiance de Baïkonour pendant la guerre froide et la course à la lune ? Le nom de la ville de Baïkonour, anciennement Leninsk, n’existe que depuis 1995. La vraie ville de Baïkonour est à plusieurs centaines de kilomètres au sud-est du cosmodrome. Pour tromper l’ennemi…

Si vous projetez d’y aller en voiture, voici les coordonnées à entrer dans votre GPS : 45°37’42’’N et 63°18’16’’E. A partir de Toulouse, le mien indique une distance d'environ 6000 km.

 

De -6°C à 51,6° : en route vers la bonne orbite

Pas de confusion : -6°C, c’est la température ambiante sur le site de lancement quelques heures avant le décollage de la fusée Soyouz. Elle va encore baisser d’ici dimanche. -15°C, -17°C. Je salue mes amis blogueurs présents sur place (les veinards !) pour ce lancement : pas facile de twitter avec des moufles !

51°6, c’est l’inclinaison de l’orbite de l’ISS.

 

51,6° sinon rien ?

C’est une longue histoire et le résultat d’un compromis entre les russes et les américains…

Les russes aiment bien les orbites inclinées qui offrent une visibilité sur le nord du pays. Ils auraient aimé mettre MIR sur une orbite inclinée à 65° mais la fusée ne le permettait pas. Ils ont donc choisi 51,6°, inclinaison optimale pour un lancement depuis Baïkonour. Au moment de la conception de MIR-2, le chiffre de 65° revient sur la table… l’ISS résulte de la fusion de MIR-2 avec le programme américain Freedom. Les USA avaient choisi une inclinaison de 28°, adaptée à Cape Canaveral en Floride. Mais cette orbite n’était pas accessible depuis Baïkonour. 65° ou 28° : les parties s’entendent pour un compromis… 51,6°. Ce compromis n’a pas été sans conséquence pour la charge utile maximale du Space Shuttle ou d’Ariane 5 (pour les lancements ATV).

Depuis la disparition de l’URSS, Baïkonour est sur le territoire du Kazakhstan. Après les échecs de Proton avec des retombées de débris et la renégociation du « bail de location » de Baïkonour, les russes cherchent à retrouver leur indépendance. Les activités militaires sont trasnférées à Plessetsk mais la réponse pour les lancements civils, c’est le cosmodrome de Vostochny, dans l'oblast d'Amour (Sibérie orientale), tout près de la ville de Tsiolkovski (le monde est petit !). La ville principale à proximité est Svobodny mais la région est pratiquement désertique.

Pour la petite histoire, après des travaux colossaux, les russes ont effectué le 28 avril 2016 le lancement inaugural d’une fusée Soyouz depuis la base de Vostochny. Alors combien de cosmonautes passeront encore par la porte des étoiles ?

 

De la porte des étoiles à l'ISS : en direct de la Cité de l’espace…

La Cité espace organisait jeudi une soirée en libre accès (expositions permanente et temporaire, animations dans les jardins) à l’occasion du décollage de Thomas Pesquet. Gros succès, avec 6000 participants.

Une autre soirée est programmée le 19 novembre au Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse pour suivre en direct l'amarrage du vaisseau Soyouz à la Station Spatiale Internationale (ISS) et l'entrée de l'astronaute français Thomas Pesquet et de ses coéquipiers à bord.
Au programme :

  • 22h00 : Accueil.
  • 22h30 : Suivi en direct des opérations d'amarrage.
  • 23h00 : Heure d'amarrage prévue du vaisseau Soyouz.
  • 00h45 : Première tentative d’ouverture des sas et entrée dans la Station Spatiale Internationale (ISS).
  • 02h15 : Deuxième tentative d’ouverture des sas et entrée dans la Station Spatiale Internationale (ISS), suivi des premières impressions des 6 astronautes à bord !


La soirée sera animée par Philippe Droneau, Directeur des Publics à la Cité de l’espace, avec notamment la présence de Marc Pircher, Directeur du CNES Toulouse, Sébastien Rouquette Chef de projet des vols paraboliques au CNES et Xavier Penot, médiateur scientifique à la Cité de l’espace. Elle est organisée par l'ESA, le CNES, le Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse et la Cité de l'espace.

L'entrée est libre mais, attention, le nombre de places est limité (200 places).

 

En savoir plus :

Repost 0
12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 01:07

 

WorldView-4 - Lancement - Launch - Satellite - ULA - Atlas V - 11-11-2016 - Vandenberg - Digital Globe

Lancement du satellite WorldView-4 par une fusée Atlas V depuis VAFB
le 11 novembre 2016. Crédit image : United Launch Alliance (ULA)

 

Vendredi 11 novembre 2016, à 18h30 UTC (soit 10:30 AM PST), une fusée Atlas V AV-062 a mis en orbite le satellite WorldView-4 de Digital Globe. Le lancement a été effectué à partir du site SLC-3 de la base Vandenberg (Vandenberg Air Force Base) en Californie. Un vol vers le sud, le long de la côte du Pacifique (azimuth : 185,6°)

Décollage, Mach 1 atteint en 79 secondes, Max-Q 13 secondes plus tard, séparation du premier étage à H0 + 4 min 3,1 sec…

Succès de la mission : Après 19 minutes et 16 secondes de vol, la séparation satellite du lanceur s’est effectuée nominalement et les premiers signaux transmis par le satellite WorldView-4 ont été reçus.

L’orbite temporaire après le lancement est inclinée à 97,96°, avec une altitude comprise entre 610,46 et 628,29 km. L’orbite opérationnelle sera circulaire à 617 km d’altitude.

Bientôt les premières images ?

 

Atlas et la voute céleste

Atlas ne se contente pas de soutenir la voute céleste : il y place aussi des satellites en orbite autour de la Terre : c’est un lanceur Atlas 5 dans sa configuration V401, la plus petite, avec une coiffe de 4 mètres de diamètre, qui a été utilisée pour cette mission.

Le lanceur est constitué en premier étage d’un booster (CCB ou Common Core Booster) équipé d’un moteur AMROSS RD-180 surmonté d’un étage supérieur Centaur propulsé par un moteur Aerojet Rocketdyne RL10C. Pour la petite histoire, cet exemplaire de la fusée Atlas V devait initialement servir au lancement vers Mars de la mission Insight, reporté en 2018.

Après le lancement réussi de la sonde OSIRIS-Rex à destination de l’astéroïde Bennu, c’était la 9ème mission réalisée par United Launch Alliance en 2016 et le 112ème lancement réussi depuis la création de la société ULA en décembre 2006. Il s’agit rarement de missions commerciales : c’est seulement la dixième. Six ont été effectué il y a plus de 10 ans : Atlas V est surtout utilisé pour des satellites du gouvernement américain. Après WorldView-3 en août 2014, WorldView-4 est le second satellite lance par ULA pour le compte de Digital Globe.

La fusée est partie à l’heure prévue. Le créneau de lancement étant très serré (comme souvent pour les lancements à destination de l’orbite Héliosynchrone), c’est un soulagement pour les équipes de Digital Globe qui attendaient la mise en orbite de WorldView-4 avec impatience : celui-ci était initialement prévu mi-septembre.

 

Y a pas le feu…

Si, justement, il y avait le feu !

Ce sont des incendies de végétation qui se sont aggravés autour de la base de Vandenberg qui avaient entraîné un report de la tentative de lancement du 16 septembre 2016.

Auparavant, un autre incident mineur avait déjà entraîné un report : une fuite d’hydrogène liquide (LH2) sur un équipement au sol avait formé une boule de glace sur un ombilical. Le remplacement d’une valve « fill and drain » défectueuse avait ensuite pris plus de temps que prévu.

Les pompiers ont eu beaucoup de mal à venir à bout de l’incendie et il a fallu ensuite vérifier que les installations de lancement et la fusée n’avaient pas subi de dommages ou les réparer.

Ces feux ont finalement retardé de deux mois du lancement de  WorldView-4.

En septembre, l’instrument SWIR de WorldView-3, en orbite depuis bientôt 3 ans, avait fourni des images dans les bandes infrarouges montrant l’ampleur de l’incendie et son évolution.

 

Vandenberg - VAFB - Canyon Fire - WorldView-3 - WordView-4 - report de lancement - Septembre 2016 - Digital Globe -SWIR - Wild fires - Incendie

L’incendie Canyon Fire à proximité de la base de Vandenberg en Californie.
Images acquises par l’instrument SWIR du satellite WorldView-3 en septembre 2016.
Crédit image : Digital Globe

 

Le prochain lancement d’ULA est prévu le 19 novembre 2016 depuis Cape Canaveral (SLC-41). La fusée doit mettre en orbite géostationnaire le satellite météorologique GOES-R pour le compte de la NASA.

 

WorldView-4 : un beau bébé…

WorldView-4 est un satellite d’observation à très haute résolution. Sur son orbite définitive, il produira des images à 31 cm de GSD (Ground Sampling Distance, appelée généralement « résolution ») en mode panchromatique (en gros, les images en noir et blanc). Notez que la résolution se dégrade, quand la direction de visée n'est plus verticale.

Comment souvent, les images multispectrales ont une résolution plus réduite, 1,24 m au nadir.

Pour atteindre cette performance depuis plus de 600 km, il faut un gros télescope avec un miroir de grand diamètre. Pour l’orienter rapidement vers n’importe quel point visible depuis sa position en orbite, le satellite doit être équipé d’une plateforme dite « agile ». Cela nécessite également des équipements performants.

Bref, pas de mystère, très haute résolution = gros miroir + satellite complexe et imposant…

Le satellite WorldView-4 pèse plus de deux tonnes (2087 kilogrammes), l’équivalent d’une grosse voiture.  Il est construit par Lockheed Martin à partir de sa plateforme LM-900. L’instrument est fourni par Harris Corporation.

 

WorldView-4 - Very high resolution - Satellite - 30cm - Digital Globe - 11/11/2016 - Launch - Atlas V

Vue d’artiste du satellite WorldView-4 en orbite. Crédit image : Digital Globe

 

Lorsqu’il est pointé à la verticale, l’instrument de WorldView-4 couvre un champ de 13,1 km.

Les images panchromatiques couvrent le spectre de 450 à 800 nanomètres. En mode multispectral, il y a quatre bandes : bleue (entre 450 et 510 nm), vert (entre 510 et 580 nm), rouge (entre 655 et 690 nm) et proche infrarouge (entre 780 et 920 nm)

La durée de vie nominale de WorldView-4 est de 7 ans mais Digital Globe espère pouvoir l’exploiter pendant 10 à 12 ans.

 

Big is beautiful ?

Très haute résolution = gros satellites ?

Digital Globe exploite cet argument jusqu’au bout en communiquant sur le thème « plus c’est gros, plus c’est performant », comme l’illustre l’infographie suivante…  

Tailles comparées - WorldView-4 - Pleiades - Terrabella - Planet - homme - Digital Globe - Small is beautiful

La taille du satellite WorldView-4 comparée à Pléiades et d’autres satellites d’observation.
Infographie publié par Digital Globe

 

Ce n’est pas faux mais des constructeurs concurrents font un autre choix.

Sans parler des cubesats ou des tous petits satellites, des acteurs du New space comme Terrabella, UrtheCast ou Blacksky Global ciblent le marché de la résolution de 1 mètre à 3 mètres, avec des télescopes plus compacts.

Sur le segment de la très haute résolution, il va être très intéressant de voir quels seront les choix des concurrents de Digital Globe : le prix du kilogramme mis en orbite restant un facteur de coût très important, celui qui réussira à concilier performance et compacité aura un avantage concurrentiel indéniable…

 

Faux jumeaux

Le nom de baptême WorldView-4 donne l’impression que le nouveau satellite est le frère jumeau de WorldView-3.

C’est loin d’être le cas : en réalité, il n’a pas les mêmes parents !

A l’origine WorldView-4 a été construit par la société GeoEye et baptisé initialement GEoEye-2. Le contrat de fabrication a été confié à Lookheed Martin en mars 2010, il y a plus de 6 ans.

3 ans plus tard, en janvier 2013, quatre mois avant la date de lancement prévue de GeoEye-2, Digital Globe a absorbé la société GeoEye. A cette époque, le lancement de WorldView-3 était programmé l’année suivante.

 

Famille recomposée

Il n’était pas utile d’avoir les deux satellites mis en orbite à des dates si rapprochées. Digital Globe a donc décidé de « stocker » GeoEye-2 et de le conserver en « spare » en attendant d’en avoir besoin en orbite.

Fin 2015, c’est la croissance du marché de la très haute résolution et la concurrence sur ce marché, notamment pour la défense et le renseignement, qui a amené Digital Globe à reprogrammer le lancement de GeoEye-2 alias WorldView-4 en septembre 2016.

A ce jour, avant la fin de la recette en vol de WorldView-4,  Digital Globe a quatre satellites exploités opérationnellement. Le plus ancien, WorldView-1, a été lancé par une fusée Delta II en septembre 2007 et a déjà excédé sa durée de vie. WorldView-2 a été lancé en octobre 2009, également par un lanceur Delta II. WorldView-3 a été lancé en août 2014.

Lancé en septembre 2008 par une fusée Delta II, le satellite GeoEye-1 faisait partie de la dot de la mariée. Il a également dépassé sa durée de vie nominale mais possède encore une quantité d’ergols importante.

 

Famille nombreuse

En plus de WorldView-4, la charge utile principale, sept cubesats expérimentaux, réalisés dans le cadre du programme « Enterprise » du NRO (National Reconnaissance Office) ont également été mis en orbite avec succès. Ces satellites ne sont pas classifiés :

  • AeroCube-8C et AeroCube-8D : deux satellites technologiques (expériences de propulsion électrique, cellules solaires et protection contre les rayonnements avec des nanocubes de carbone.
  • CELTEE, un satellite technologique (transpondeur) de 2,2 kg développé par l’Air Force Research Laboratory.
  • Opticube 4, construit par l’Université d’état polytechnique de Californie (Cal Poly), destiné  à la calibration de senseurs pour le détection des débris spatiaux.
  • Promotheus 2A et 2B : deux satellites expérimentaux, destinés à l’étude de liaisons bord-sol.
  • RAVAN (Radiometer Assessment Using Vertically Aligned Nanotubes), construit par Blue Canyon Technologies pour le laboratoire de physique appliqué de l’université John Hopkins.

 

En savoir plus :

 

 

Repost 1
5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 11:18

 

Perùsat - PeruSAT-1 - First image - Première image - satellite péruvien - Mine cuivre - Copper mine - Cuajone - CONIDA

Une des premières images acquises par le satellite PerúSAT-1 en septembre 2016 :
la mine de cuivre à ciel ouvert de Cuajone dans le sud du Pérou
Crédit image : CONIDA

 

T'as bonne mine !

Lancé le 16 septembre 2016 par une fusée Vega (VV07) depuis le centre spatial guyanais, le satellite PerúSAT-1 a fourni ses premières images.

Elles ont été publiées par la CONIDA (National Commission for Aerospace Research and Development) et montrent que le premier satellite d’observation péruvien est en pleine forme.

Les premières images ont été reçues le 20 septembre. Depuis cette date, une centaine d’images ont été acquises, principalement au-dessus du Pérou mais aussi dans d’autres régions du monde (Emirats Arabes Unis, Maroc, Corée du Sud).

La première image qui illustre cet article montre la mine de cuivre de Cuajone, dans la région de Moquegua. Notez la forme qui ressemble à un cœur et qui pourrait devenir un bon candidat pour la prochaine Saint-Valentin !

 

Les géoglyphes de Nazca vus de l’espace

Parmi les images publiées aujourd’hui, on trouve les géoglyphes de Nazca (ou Nasca lines), de grandes figures tracées sur le sol, dans le désert de Nazca, également au sud du Pérou (région d’Ica). Découvertes en 1927, les lignes de Nazca sont inscrites, sous la désignation « Lignes et Géoglyphes au Nasca et Palpa », sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994. Ces marques étonnantes ont été créées par la civilisation Nazca, une culture pré-incaïque, pour la plupart entre les années 400 et 650 de notre ère.

Le sol sur lequel se dessinent ces géoglyphes est couvert de cailloux que l'oxyde de fer a colorés en rouge. En les enlevant, les Nazcas ont fait apparaître un sol gypseux grisâtre, découpant les contours de leurs figures.

 

Perùsat - Premières images - First images - Nasca lines - géoglyphes de Nazca Perùsat - PeruSAT-1 - First image - satellite péruvien - CONIDAPerùsat-1 - NASCA lines - Perùsat - PeruSAT-1 - First image - Première image - satellite péruvien - CONIDA

Au sud du Pérou, les géoglyphes de Nazca vu par le tout nouveau satellite PerúSAT-1.
Crédit image : CONIDA

 

Misti en couleurs : ça change du Misti gris…

D’autres images montrent le volcan Misti dans la région d’Arequipa ou la ville d’Ayacucho.

A 16°17 de latitude sud, à 1300 kilomètres au sud de Lima, le volcan Misti culmine à 5825 mètres d’altitude, au-dessus de l’Altiplano. Considéré comme le volcan le plus dangereux du Pérou, c’est un des volcans actifs les plus hauts du monde : en janvier 2016, son réveil a "inquiété" la population de la ville d’Arequipa.

 

Perùsat - Première image - First image - Volcan Misti - Pérou - Perù - satellite - CONIDA

Au Pérou, Le volcan Misti vu par le satellite PerúSAT-1 dans les jours qui ont suivi son lancement.
Crédit image : CONIDA

 

Ayacucho est la capitale de la province de Huamanga, à près de 2800 mètres d'altitude dans la cordillère des Andes occidentales, bordée par les rivières Mantaro, Pampas et Apurímac. Cette dernière image, même si la résolution est dégradée par rapport à l'image d'origine, permet d’apprécier la finesse des détails de l’image.

 

La ville d’Ayacucho : une des premières images acquises par le satellite PerúSAT-1.
Crédit image : CONIDA

 

Recette en vol

Construit en un temps record (moins de 24 mois) par Airbus Defence and Space à Toulouse, PerúSAT-1 est le satellite le plus sophistiqué d’Amérique latine : en orbite à 695 km d’altitude, il est équipé d’un instrument en carbure de silicium (SiC) qui fournit des images à très haute résolution (70 cm).

Opéré par la CONIDA, PerúSAT-1 sera utilisé pour des missions très variées, dans les domaines de l’agriculture, la planification urbaine, la surveillance des frontières, la lutte contre le trafic de drogue, le soutien aux opérations de secours humanitaire et la réponse d’urgence après les catastrophes naturelles (en particulier déclenchés par les épisodes El Niño ou les tremblements de terre). En phase opérationnelles, il pourra fournir environ 300 images par jour.

Dans les deux mois qui viennent, PerúSAT-1  sera soumis à une série d’essais destinés à prononcer la recette en orbite et consistant à vérifier le bon fonctionnement de tous les sous-systèmes. Ces essais sont réalisés  par le centre opérationnel CNOIS (Centro Nacional de Operaciones de Imágenes Satelitales) à Pucusana, au sud de Lima.

Après cette phase de qualification, l’ensemble du système PerúSAT-1, satellite et moyens sols, sera mis en service opérationnel et remis aux ingénieurs et techniciens du CONIDA.

 

Terra Bella aussi...

La société Terra Bella, anciennement Skybox Imaging avant son rachat par Google a également publié les premières images des quatre nouveaux satellites Skysat 4 à 7, lancés en même temps que PerùSAT-1. En voici un exemple, au hasard le siège de Google à Mountain View en Californie. Notez le halo coloré très bien visible autour des véhicules en mouvement. C'est un phénomène normal sur les satellites défilants, accentué ici par la structure du plan focal des satellites Skysat (push-frame).

D'autres images (Amsterdam, Vatican, Algesiras) sont visibles ici.

 

Terra Bella - Skysat 4-7 - First images - Premières images - Google - Mountain View - California - Silicon Valley - Googleplex - satellite d'observation - Skybox - MTV

Une des premières images prises par les satellites Skysat 4-7 : le siège de Google à Mountain View
en Californie. Image acquise le 23/09/2016. Crédit image: Terra Bella

 

En savoir plus :

 

 

Repost 0
16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 11:41

 

Vega - VV07 - PeruSAT-1 - Skysat - Terra Bella - CONIDA - Airbus Defence and Space - Arianespace - CSG - Kourou - 16 septembre 2016 - Launch - décollage - lancement

16 septembre 2016, 1:43 UTC : la fusée Vega VV07 décolle avec 5 satellites d’observation sous sa coiffe.
Crédit image : ESA / Arianespace / Optique vidéo du CSG

 

Une coupe de champagne, plutôt matinale…

Encore une nuit un peu courte pour les amateurs de lancements et les passionnés d’observation de la Terre... C’est à 3h43 en heure française (soit 1h43 UTC ou 22h43 à Kourou) que la fusée Vega, pour sa mission VV07, a décollé, à l’heure prévue, depuis le Centre Spatial Guyanais.

 

7/7 et 5/5

On pourrait même ajouter 24/24 si on prend en compte la durée des nuits…

C’est assez rare d’avoir autant de satellites d’observation de la Terre mis en orbite au cours d’un même lancement. Avec ce septième lancement réussi pour Vega (7 sur 7), également le septième lancement de l’année pour Arianespace (7 lancements, 7 réussites), la “petite” fusée Vega (30 mètres de hauteur quand même) a confirmé sa flexibilité.

La coiffe de Vega était bien pleine pour cette nouvelle mission avec cinq satellites d’observation de la Terre (5 sur 5).

 

PerúSAT-1 : c'est le Pérou

PerúSAT-1 est le premier satellite péruvien d’observation de la Terre. Dans le cadre d’un accord de coopération intergouvernementale entre le Pérou et la France signé en 2014, ce lancement fait partie d’un contrat « clé en mains » réalisé par Airbus Defence and Space pour l’agence spatiale péruvienne CONIDA.

PerúSAT-1 est un satellite optique d’observation de la Terre à très haute résolution (précision de 0,7m). Le satellite utilise la plate-forme compacte AstroBus-Set un instrument optique en carbure de silicium de la gamme NAOMI.

La construction et les tests du satellite ont été réalisés en un temps record : moins de 24 mois : la fabrication a été réalisée dans « l’Usine à Projets© », une nouvelle approche destinée à réduire le temps de développement et de fabrication des satellites jusqu’à 500 kg.

 

PeruSAT-1 - satellite d'observation - Pérou - 70 cm GSD - CONIDA - Lancement - Airbus Defence and Space

Vue d’artiste du satellite PerúSAT-1 en orbite. Crédit image : Airbus Defence and Space

 

Le satellite a été injecté à 675 km d’altitude mais, après la phase de LEOP (Launch and Early Operation Phase), l’orbite opérationnelle sera héliosynchrone à 695 km d’altitude. La masse de PerúSAT-1 est de 430 kg.

 

Terra Bella : la famille s'agrandit

Les satellites SkySats-4, 5, 6 et 7 font partie de la  constellation de la société Terra Bella (anciennement Skybox Imaging), filiale de Google depuis juin 2014. Injectés sur une orbite héliosynchrone à 500 km de la Terre, ils produiront des images à très haute résolution (pas d’échantillonnage de l’ordre de 90 cm).

Chaque satellite a une masse d’environ 110 kg, soit une charge utile totale de 440 kg pour ce lancement.

 

Skysat C - Terra Bella - SSL - Space Systems Loral - Palo Alto - Mountain View - Google - Skybox Imaging - New Space - Silicon Valley

Un des satellites Skysat (modèle C) en intégration. Crédit image : Terra Bella

 

New Space : de Google Earth à Google Space

Les trois premiers satellites Skysat ont été mis en orbite par des fusée Dnepr (novembre 2013), Soyouz (juillet 2014) et  PSLV en juin 2016. Conçus par Terra Bella qui a également fabriqué les premiers prototypes, la version C des satellites est construite par SSL (Space Systems/Loral) dans son usine de Palo Alto (Californie, Silicon Valley).

Les améliorations de la version C sont un module de propulsion pour  le contrôle de l’orbite, des pixels plus fins et une meilleure agilité. Au total, Terra Bella prévoit une constellation de 24 satellites.

Avec le “dispenser” (la pièce permettant un lancement multiple), la masse totale de la charge utile lancée par la septième fusée Vega était de 1230 kg.

 

PeruSAT-1 - Skysat - CONIDA - Terra Bella - Airbus Defence and Space - Arianespace - CSG - Signature coiffre - Fairing - Préparation lancement - Vega VV07

Moment émouvant : la signature des équipes de lancement sur la coiffe de la fusée Vega.
Crédit image : Arianespace

 

Vega de la marine ? Pas de vagues… ça roule !

Vega ? Vettore Europeo di Generazione Avanzata ou vecteur européen de génération avancée…

Le lanceur Vega est un programme de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) financé par l’Italie, la France, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse et la Suède. Le maître d’oeuvre industriel est la société AVIO.

Vega est exploité commercialement par Arianespace avec Ariane 5 et Soyuz pour offrir une gamme de capacités complète. Au cours des sept missions réalisées depuis le 13 février 2012, la fusée Vega a montré sa flexibilité, qu’il s’agisse de types de satellites (observation, science, défense) ou d’orbites (vol suborbital avec IXV, orbite basse héliosynchrone, transfert vers le point de Lagrange L1 avec LISA Pathfinder).

L’Europe prépare dès maintenant une évolution de Vega, avec Vega C, dont le premier vol est prévu en 2019. L’objectif est d’améliorer les performances de manière significative (masse et volume de la charge utile). Le lanceur Vega actuel peut emporter des charges utiles de 300 à 2500 kg selon l’altitude et l’orbite visées.

 

Vega - mission VV07 - Profil de mission - Chronologie - séparation - PeruSAT-1 - Skysat - Arianespace

Le profil de la mission Vega VV07. Extrait du dossier de presse publié par Arianespace

 

Les yeux dans les cieux

Septembre, c’est la rentrée ? C’est surtout la sortie de nombreux satellites d’observation de la Terre.

Le 13 septembre, la rentrée s’est mal passée pour le satellite militaire israélien Ofeq-11 ; la fusée Shavit, lancée depuis le site de Palmachim, l’a mis correctement en orbite mais il semble qu’il y ait des problèmes de stabilisation du satellite. La situation s’améliorerait…

2 jours plus tard, 5 nouveaux satellites Flock 2e, « lâchés » depuis l’ISS, rejoignaient la constellation de la société Planet : ils pèsent chacun 5 kg.

 

Grande masse, petits pixels

Le même jour que le vol VV07 de Vega, mais à 18:30 UTC, c’est une fusée Atlas 5 AV-062 d’ULA (United Launch Alliance) qui doit être lancée depuis la base de Vandenberg en Californie et mettre en orbite le satellite WorldView-4 de la société Digital Globe. Un beau bébé : il devrait peser 2087 kg à la naissance.

WorldView-4, l’ancien Geoeye-2 (avant la fusion entre GeoEye et Digital Globe), fournira des images de 31 cm de résolution depuis son orbite à 617 kilomètres d’altitude. On en reparlera…

Je devrais pouvoir enrichir assez vite ma collection de premières images de satellites d'observation.

En attendant, un petit quiz improvisé : quelle endroit sera choisi pour la première image de PerúSAT-1 ? Postez un commentaire pour proposer votre réponse.

 

En savoir plus :

 

 

Repost 0
15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 13:59

Airbus Defence and Space - Constellation - Très haute résolution - 4 satellite - après Pléiades - post pleiades - THR - VHR - Earth observation - agile - capacity - OneAtlas

Après Pléiades, continuité et amélioration des performances : Airbus Defence and Space annonce
sa future constellation de satellites à Très haute résolution. Note : l'illustration utilise une vue d'artiste
des satellites Pléiades actuels. Infographie : Gédeon

 

Dans le domaine de l’observation de la Terre commerciale, la continuité de la fourniture d’images et l’amélioration des performances sont deux éléments majeurs pour assurer la satisfaction et la fidélité des clients, première condition pour en séduire de nouveaux.

A l’occasion de la conférence « World Satellite Business Week » organisée en septembre 2016 par Euroconsult à Paris, Airbus Defence and Space a annoncé un plan d’investissement dans l’imagerie satellite à très haute résolution à l’horizon 2020.

 

Le plein de pixels

Nicolas Chamussy, le patron de la division Space Systems, et Bernhard Brenner, le responsable de l’activité intelligence et géo-information, ont dévoilé les premiers détails du projet d’Airbus Defence and Space :

  • Une constellation de quatre satellites identiques à très haute résolution (ou VHR pour Very High Resolution en anglais) et très agiles (capables de s'orienter rapidement et précisément pour viser une région d'intérêt), lancés en 2020 et 2021, afin d’assurer la continuité des missions Pléiades, dont les images sont commercialisées par Airbus Defence and Space. Les deux Pléiades sont en pleine forme mais il faut préparer la relève...
  • Un système très réactif qui fournira des services haut de gamme à tous les utilisateurs de l’imagerie à très haute résolution pour la décennie à venir.
  • Les caractéristiques opérationnelles du système Pléiades actuel seront améliorées pour correspondre à l’évolution attendue du marché de l’observation de la Terre et de l’offre de la concurrence.

 

Innovation dans l’espace, innovation au sol

L’annonce met l’accent sur l’importance des performances du segment sol, avec une capacité multi-missions, du traitement d’image à grande échelle et un accès facile aux images et aux informations des services associés.

Parmi les technologies mentionnées, il est question de big data, cloud computing et de data analytics (je garde la terminologie anglaise). Airbus Defence and Space cherche ainsi à améliorer son offre de services pour ses marchés et applications actuels mais aussi à percer dans de nouveaux services, utilisant les satellites d’observation de la Terre.

 

Réactivité et capacité d'acquisition

La très haute résolution n'est pas tout... Le nouveau système permettra de couvrir n’importe quelle région de la Terre plus d’une fois par jour (“intraday revisit”). La capacité d’acquisition annoncée est de plusieurs millions de km2 par jour.

Comme SPOT 6 et SPOT 7, ce nouveau système (le nom n’a pas encore été divulgué) est entièrement financé par un investissement privé. Le développement et le lancement seront réalisés dans le cadre de la loi spatiale française et des réglementations associées.

 

Airbus annonce une constellation de satellites à très haute résolution - VHR - THR - siège d'Airbus - Pléiades - Euroconsult - Suite - Earth observation - agile - financement privé - continuité et amélioration des performances

Le nouveau siège d'Airbus à Toulouse vu par le satellite Pleiades.
Copyright CNES - Distribution Airbus Defence and Space

 

En savoir plus :

 

Repost 0
2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 00:34

 

Explosion - Falcon 9 - SpaceX - AMOS-6 - Accident - Cap Canaveral - septembre 2016 - static fire test - destruction lanceur -

Explosion de la fusée Falcon 9 et destruction du satellite AMOS-6 pendant un test statique précédent le lancement. Extraits d’une vidéo publiée sur Youtube. Crédit image : USLaunchReport.com. Montage : Gédéon

 

A Cape Canaveral, l’explosion d’une fusée Falcon 9 pendant un essai statique rappelle qu’une campagne de lancement n’est jamais une opération de routine.

Il y a quelques jours, après le nouveau succès d'Ariane 5, plusieurs curieux d'espace constataient avec regret que les lancements, "devenus sans suspense et routiniers", n'étaient pas très médiatisés. Cet accident confirme que les activités spatiales en général et l'accès à l'espace en particulier ne sont jamais une routine.

La société SpaceX, dirigée par Elon Musk, était en train de procéder à un test statique avant un lancement effectif programmée pour le samedi 3 septembre 2016. Cette procédure faire partie de la chronologie normale de préparation au lancement chez SpaceX.

L’explosion a eu lieu sur le Space Launch Complex 40 à 9:07 heures du matin en heure locale, soit 15:07 heures en France. Ce site de lancement de la Cape Canaveral Air Force Station est utilisé régulièrement par SpaceX. Personne n'a été blessé, le pas de tir étant évacué pendant ce test.

Les images permettent de voir que l'origine de l'accident est au niveau de l'étage supérieur du lanceur mais aucune information sur la "cause racine" n'a encore été communiquée par SpaceX. L'explosion s'est produite alors que les équipes de lancement procédaient au remplissage des ergols.

 

La vidéo montrant l’explosion de la fusée Falcon 9 de la société SpaceX le 1er septembre 2016.
Les premières flammes sont visible à partir du time code 1'10. La coiffe et la charge utile retombent
vers 1'20. Crédit image : USLaunchReport.com

 

La première déclaration officielle de SpaceX, publiée à 10:22 AM EDT et mise à jour à 1:28 PM EDT, est la suivante :

"SpaceX can confirm that in preparation for today’s static fire, there was an anomaly on the pad resulting in the loss of the vehicle and its payload. Per standard procedure, the pad was clear and there were no injuries.

Quelques heures après l’explosion, Elon Musk a twitté ce message laconique, mentionnant le voisinage du réservoir d'oxygène de l'étage supérieur :

 

Elon Musk - Tweet - Explosion Facon 9 - SpaceX - Cap Canaveral - Septembre 2016 - AMOS-6 - Assurance - static fire - @elonmusk

Copie d’écran du tweet posté par Elon Musk après la destruction de la
fusée Falcon 9 et du satellite AMOS-6

 

AMOS DOLOROSO : satellite perdu

La fusée Falcon 9 devait mettre en orbite le satellite de télécommunications AMOS-6, appartenant à de l'opérateur israélien Spacecom Ltd. AMOS-6, installé dans la coiffe du lanceur pour cet essai, a été complètement détruit. L’image de droite de la première illustration de ce texte montre la coiffe en flammes retomber au sol.

 

Les amis d’AMOS

Spacecom avait signé un contrat de fourniture de capacité pour de l’Internet à haut débit avec Facebook (dans le cadre du programme « Internet.org » lancé par Marc Zuckerberg) et avec Eutelsat.

La perte d'Amos-6 n'arrange pas les affaires de Spacecom : Amos-5 a été perdu en décembre 2015 (panne totale) et l'opérateur israélien devait être racheté pour 285 millions de dollars par la société chinoise Xinwei Technology Group. La vente était néanmoins conditionnée par le lancement réussi d'Amos-6.

C'est raté : Il n'y a pas eu de lancement mais AMOS-6 est détruit...

 

Manque d'assurance

Selon le journaliste Peter de Selding (Spacenews), la destruction du satellite AMOS-6 pourrait soulever un problème de prise en charge par l'assurance : la couverture "Launch + 1 year operation" est déclenchée par la mise à feu intentionnelle de la fusée. Ce n'était pas le cas pour cet essai statique. Pour les opérations avant le lancement, c'est une assurance "marine cargo" qui était souscrite pour AMOS-6. J'espère que le client était bien couvert.

 

Tweet - Peter de Selding - Spacenews - Falcon 9 - perte AMOS-6 - Spacecom - explosion - assurance - cargo

Série de messages twitter postés par Peter de Selding (Spacenews) au sujet du contrat d'assurance
du satellite AMOS-6 et des pertes pour Facebook et Eutelsat. 

 

Conséquences en série

Au delà de la destruction du satellite AMOS-6, une cascade de conséquences pourrait affecter d'autres opérateurs de satellites de communication qui avaient réservé des créneaux de lancements. Mais ce sont d'abord les opérations de SpaceX qui vont être affectées dans les semaines et les mois qui viennent.

L'enquête pour comprendre les causes de l'incident prendra du temps. Cela dépendra aussi des dégâts causés au pas de tir SLC 40. Les accidents au sol, impliquant le pas de tir, sont très rares.

SpaceX a normalement accès à deux autres pas de tir, le SLC 39 de Cape Canaveral (acheté par SpaceX en 2014) et la base Vandenberg en Californie. Cette dernière n'est pas adaptée aux lancements de satellites géostationnaires. Et le SLC39 ? Il est actuellement en travaux, justement pour accueillir les lanceurs Falcon 9 et Falcon 9 Heavy.

Le retour en vol dépendra aussi de l'origine de la cause racine de l'accident, au niveau du lanceur ou au niveau du pas de tir, et quelles modifications seront nécessaires.

Dans tous les cas, cela risque fort de mettre en cause la tenue du calendrier prévisonnel de lancement de SpaceX, calendrier déjà très tendu d'ici la fin de l'année : neuf lancements étaient programmés avant janvier 2017, dont six en Floride.

Les clients ne pourront même pas faire appel aux autres opérateurs de lancement : le manifeste d'Arianespace est également plein à craquer (pas de créneau avant 2018) et la fusée Proton a connu récemment des problèmes de performances qui retardent également son programme de lancements.

 

The Show Musk Go On

Le 28 juin 2015, au cours la mission CRS-7 destinée au ravitaillement de l’ISS, la destruction d’une autre fusée Falcon 9 (dans une précédente version) avait entraîné un arrêt des lancements pendant 6 mois et des modifications de design avaient été nécessaires.

Il va être intéressant de voir si la perte d’AMOS-6 entraîne aussi des modifications de la procédure de lancement et notamment de ce test statique avec le satellite installé en haut du lanceur.

 

Tesla, Paypal, SpaceX : l'entrepreneur qui va changer le monde

Si vous voulez en savoir plus sur la génèse de SpaceX, Tesla et Solarcity, je vous recommande vivement de lire la biographie d'Elon Musk écrite par le journaliste Ashlee Vance. Elle a été traduite en français.

C'est un gros pavé mais c'est passionnant : l'auteur brosse le portrait d'un entrepreneur qui veut changer le monde. Notamment, en réduisant la dépendance aux hydrocarbures. Ce n'est vraiment pas une hagiographie. La détermination et la ténacité, la vision à long terme du fondateur de SpaceX sont impressionnantes, tout comme sa capacité à s'entourer des meilleurs, même s'il s'en sépare parfois brutalement. Qui s'en étonnera ? Le personnage n'est pas toujours présenté comme très sympathique. On ne rêve pas forcément de travailler pour lui...

 

Premier étage de seconde main

Le livre a été écrit à une période où, malgré les aléas, tout ce qu'Elon Musk entreprend semble finir par réussir.

Malgré le confirmation de la décision de l'opérateur SES d'utiliser une fusée Falcon 9 équipée d'une première étage d'occasion (récupéré après un premier lancement), le printemps et l'été 2016 n'auront pas été très souriants à notre super-entrepreneur...

En dépit de la série de lancements réussis, avec la récupération en douceur du premier étage de la fusée (le dernier deux semaines avant l"accident du 1er septembre), la mort d'un conducteur de Tesla Model S mettant en cause la fonction Autopilot et l'incendie récent d'une autre Tesla Model S pendant un essai par un acheteur potentiel peuvent écorner l'image de Tesla.

C'est à relativiser quand on connaît les manipulations qu'on pu faire des constructeurs comme Volkswagen sans que leur image auprès des fidèles de la marque n'en souffre réellement.

 
Tesla unveils Model 3 - Elon Musk - Présentation Model 3 - Transition énergétique - Voiture électrique - Réchauffement climatique - Santé

"Tesla unveils Model 3" : avez-vous déjà vu un constructeur automobile présenter sa nouvelle voiture
de cette manière ? Greenwashing ou réelle vsion long terme ? Extrait de la vidéo de la
présentation du nouveau modèle de Tesla le 31 mars 2016. Crédit : Tesla

 

Cash test

Mais, en restant dans le domaine des fusées et de la combustion, c'est surtout la propension de Tesla et Solarcity à "brûler du cash" (3 milliards en deux ans) qui inquiètent les investisseurs et la bourse.

Avec les difficultés actuelles, le projet d'Elon Musk, aller sur Mars, va peut-être devoir attendre un peu... Par contre, on peut parier que sa détermination et sa capacité à rebondir restent intactes.

A suivre !

 

SpaceX - barge - Landing - First stage - Of course I still love you - Falcon 9 - Drone ship

"Of course I still love you". Are you sure? Crédit image : SpaceX
 

 

En savoir plus :

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 

 

 

 

Repost 0
3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 01:02

 

Paris - Crue - Inondations - Mai et juin 2016 - Sentinel-1A - Copernicus - ESA - satellite radar

La ville de Paris vue par le radar du satellite Sentinel-1A le 31 mai à 17h40 UTC. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne.

 

Des images en noir et blanc ? Déçu. Moi aussi, je préfère les belles images en couleurs sans nuages des satellites optiques. Mais c’est le problème quand il pleut plusieurs jours : la couverture nuageuse ne permet pas d’acquérir des images optiques.

 

MODIS pluie… Aqua ça sert ? ça a le MERIS d’exister

L’image suivante a été acquise le 1er juin 2016 par l’instrument MODIS du satellite Aqua (c’est vraiment son nom !). Le 31 mai, c’était pire… Aucune chance de produire une bonne image optique.

 

France - Pluies exceptionnelles - épisode pluvieux - Mai 2016 - satellite - Aqua - MODIS - Nuages

La France vue par l’instrument MODIS du satellite Aqua le 1er juin 2016.
Les nuages tirent la couverture. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Respons
e

 

C’est dans ces conditions que les satellites radar (SAR pour Synthetic Aperture Radar ou Radar à Synthèse d’Ouverture) montrent toutes leur utilité et, en particulier, leur capacité à percer les nuages.

Toutes les extraits d‘images radar illustrant cet article proviennent d’une image acquise le 31 mai 2016 à 17h40 UTC par le satellite européen Sentinel-1A. Avec son frère jumeau Sentinel-1B, il fait partie du programme européen Copernicus. Je n’ai pas souvent montré des images satellites radar. Cette situation d’inondations est une bonne occasion… L’image complète couvre une large zone.

 

France - Inondations - Crues - Juin 2016 - Satellite - Sentinel-1A - floods - Copernicus - ESA

L'image SAR acquise par le satellite Sentinel-1A le 31 mai 2016, presque complète
et très fortement sous-échantillonnée. Elle donne un idée de la zone géographique couverte
pr le satellite : Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Des crues exceptionnelles

L’épisode pluvieux du début de semaine a causé des cumuls de précipitations très importants sur la partie nord du pays, sur des sols déjà très humides. Les cours d'eau du bassin parisien et de la région Centre sont en crue, avec une crue d'ampleur exceptionnelle sur le Loing et une crue importante est en cours sur la Seine moyenne et sur la Seine à Paris.

La Sauldre connaît également une crue exceptionnelle, d'ampleur supérieure à celle de mars 2001. Des crues importantes touchent le Cher, l’Indre et leurs affluents.

Même si le Loiret est repassé en alerte orange, les inondations qui touchent l’Ile de France et le Centre n’ont pas encore atteint leur pic. Jeudi, à 16 heures, le département de Seine-et-Marne était toujours en alerte rouge et douze autres départements en vigilance orange.

 

Carte de vigilance - Crues - Inondations - France - Juin 2016 - Météo France -Vigicrues

Carte de vigilance - Crues - Inondations - France - Juin 2016 - Météo France -Vigicrues

Carte de vigilance météorologique du jeudi 2 juin 2016 à 16h00. En bas, illustration extraite du bulletin national d’information Vigicrues. Source : Météo France – Vigicrues

 

Le prochain conseil des ministres devrait reconnaître l’état de catastrophe naturelles pour les communes les plus touchées. Les dégâts sont importants et des quartiers entiers, comme à Nemours, Montargis ou Viry-Châtillon, ont été évacués en urgence.

 

Nemours - Montargis - Inondations - Juin 2016 - Sentinel-1A - Satellite - ESA - Copernicus

Seine - Orly - Viry-Chatillon - Ris-Orangis - Grigny - Corbeil-Essonne - Inondations - Juin 2016 - Sentinel-1A - Satellite - ESA - Copernicus

Paris - Crues - Inondations - Seine - Berges - Zouave - Alma - Satellite - Sentinel-1A - SAR - Copernicus - ESA

Quelques extraits de l’image acquise par le satellite SAR Sentinel-1A le mardi 31 mai 2016.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne.

 

A Paris, le niveau de la Seine est loin des 8,40 mètres atteints au moment de la crue catastrophique de 1910. Mais il a dépassé jeudi après-midi les 5 mètres et pourrait encore monter dans la journée du vendredi 3 juin. Les voies sur berge sont partiellement fermées, la circulation du RER C est interrompue et le musée du Louvre sera fermé pour mettre à l’abris les collections stockées en sous-sol.

 

Inondations - France - Juin 2016 - Paris - Seine - Zouave - Statue de la liberté - Crue - Palais de Tokyo - Pont de Bir Hakeim

La crue de la Seine à Paris : quelques images inhabituelles... Le zouave ne fait pas le mariole
Crédit photo : Catherine Le Cochennec

 

Copernicus ? Pour faire quoi ?

Comment sont utilisées les images satellites produites par le programme Copernicus ? Pour produire des informations concernant notre environnement et notre sécurité. En temps normal ou en situation de crise. Dans ce deuxième cas, il y a par exemple le service Copernicus de cartographie d’urgence (Emergency Mapping Service ou EMS dans le jargon Copernicus). En Europe, son rôle est d’aider les équipes de la protection civile (les « first responders ») dans le cadre des opérations de secours après un évènement grave ou une catastrophe naturelle, comme les inondations en cours

Le service Copernicus EMS a été activé par le gouvernement français.

Voici quelques exemples de cartes produites en urgence sur la zone de Montargis. Les images utilisées par cartographier rapidement les zones inondées et suivre l’évolution des crues proviennent de plusieurs satellites Radar. Sentinel-1A a été utilisé, comme d’autres satellites à plus haute résolution (Radarsat, Cosmo Skymed ou TerraSAR-X).

 

Copernicus - EMS - Emergency - EMSR165 - France - floods - Inondations - Juin 2016

Copernicus - EMS - Emergency - EMSR165 - France - floods - Inondations - Juin 2016

Exemples de produits de cartographie rapide réalisés par
le service « Emergency Mapping » de Copernicus après les crues en France
.

 

La France n’est pas le seul pays européen touché par des inondations causées par un épisode remarquable de pluies diluviennes : il y a au moins 9 morts et plusieurs personnes portées disparues en Allemagne. Le village de Simbach am Inn, proche de l’Autriche est le plus gravement atteint.

 

En savoir plus :

Repost 0

Présentation

  • : Un autre regard sur la Terre
  • Un autre regard sur la Terre
  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
  • Contact

A Propos De L'auteur

  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

Rechercher

En Savoir Plus Sur Ce Blog...