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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 20:49

 

Meteosat-7 - Eumetsat - Dernière image - Last image - IODC - 31 mars 2017

La dernière image du satellite européen Meteosat-7, acquise le 31 mars 2017.
Image dans le canal visible.
Crédit image : Eumetsat

La télécommande a été envoyée à 9h00 UTC : c’est le 4 avril qu’Eumetsat a démarré les opérations de retrait du satellite Meteosat, le dernier exemplaire de la première génération de satellite météorologique géostationnaire européen.

La dernière image, qui illustre cet article a été acquise le 31 mars 2017, à 12h00 UTC, déjà la fin de journée en Inde. Meteosat-7 a donc vu l’équinoxe de printemps 2017 (le 20 mars à 10h28 UTC) mais ne sera pas témoin du prochain solstice d’été (le 21 juin à 4h23 UTC).

 

Meteosat-7 : retour sur une belle carrière

La première génération de satellites Meteosat a été lancée par l’ESA en 1977.

Meteosat-7 a été lancé par une fusée Ariane 44LP le 2 septembre 1997, vingt ans après le premier satellite Meteosat. Il partageait la coiffe avec le satellite de télécommunication Hotbird 3.

Il a été développé dans le cadre du programme Meteosat de transition (MTP) destiné à éviter toute interruption entre le Programme opérationnel Meteosat (avec les satellites Meteosat 4 à 6) et le premier satellite de seconde génération Meteosat-8 (lancé le 28 août 2002).

 

Meteosat-7 - Eumetsat - Lancement - Ariane 44LP V99 - Hotbird 3 - Kourou - 2 septembre 1997

2 septembre 1997 à Kourou : lancement du satellite Meteosat-7 par une fusée
Ariane 44 LP (vol 99). Crédit image : ESA – CNES – Arianespace / Optique vidéo du CSG


Un record : 20 ans de bons et loyaux services

Meteosat-7 a fourni le premier service de balayage du disque terrestre complet à 0° de longitude, du 3 juin 1998 au 16 mai 2006, date de son remplacement par Meteosat-8.

Le 11 juillet 2006, EUMETSAT a transféré Meteosat-7 au-dessus de l’océan Indien. Depuis cette position à 57,5° Est, il a fourni le service dit de "couverture en données de l’océan Indien" (IODC) qu’il a assuré du 5 décembre 2006 au 31 mars 2017 pour combler un important déficit d’observations sur cette région.

 

Eumetsat - Meteosat-7 - IODC - tempête tropicale Laila - 19 mai 2010

Image de la tempête tropicale Laila vue par le satellite Meteosat-7 le 19 mai 2010 à
l’approche de la côte est de l’Inde. Crédit image : Eumetsat

 

Meteosat-7 a été remplacé par Meteosat-8, le premier satellite Meteosat de seconde génération qui, positionné à 41,5 °, pratiquement au-dessus de Nairobi au Kenya, est désormais la contribution européenne à un système d’observation de l’océan Indien assuré par plusieurs partenaires et impliquant aussi des satellites géostationnaires d’Inde, de Russie et de Chine. La première image de Meteosat-8 sur cette nouvelle position a été acquise le 1er février 2017.

Fin d'un programme fondateur et place à une nouvelle génération
La série de sept satellites de première génération qui se sont succédé au cours des quatre dernières décennies a jeté les bases des produits et services qu’EUMETSAT délivre aujourd’hui depuis l’orbite géostationnaire.

Ces informations jouent un rôle irremplaçable pour la prévision météorologique, y compris l’alerte immédiate dans le cas de phénomènes à fort impact comme les cyclones ou les tempêtes. Avec au total plus de 36 années d’observations archivées, c’est également un atout inestimable pour la surveillance des changements climatiques.

 

A la Réunion, l’évolution du cyclone Bejisa vu par le satellite Meteosat-7.
Séquence vidéo réalisée à partir d’une série d’images acquise entre le 29 décembre 2013 et le 3 janvier 2014. Montage : Gédéon. Crédit image : Eumetsat


La mission Meteosat a également contribué à des programmes internationaux de recherche à grande échelle, comme la campagne de mesures au-dessus de l’océan Indien (Expérience INDOEX) pour l’étude des impacts des aérosols naturels et anthropiques sur le climat régional et mondial.
Au cours des dix dernières années, Meteosat-7 a fourni des observations de l’océan Indien depuis son orbite géostationnaire, une mission héritée de celle assurée par les satellites Meteosat de première génération depuis 1998. Après le tsunami qui a frappé le littoral de l’Océan indien en décembre 2004, Meteosat-7 est devenu un élément essentiel du système d’alerte aux tsunamis, relayant les données d’alertes aux tsunamis transmises par les bouées déployées peu de temps après le tsunami.

Pour Alain Ratier, Directeur général d’EUMETSAT, «cette ultime manœuvre met fin en toute sécurité à un programme fondateur d’EUMETSAT. Le programme de Meteosat première génération a non seulement donné naissance à EUMETSAT en 1986 et en a fait un véritable opérateur de satellites en 1995, mais il a aussi façonné la météorologie satellitaire en Europe, en permettant de tester des concepts tels que le balayage rapide d’orages et l’extraction de produits caractérisant les vents en suivant à travers une succession d’images les structures du champ de vapeur d’eau.»

 

Meteosat-7 - Eumetsat - Eunice et Diamondra - 28 janvier 2015

Du 28 janvier au 1er février 2015, évolution des tempêtes tropicales Diamondra et Eunice dans la
région des îles Mascareignes (Réunion, Maurice, Rodrigues). Séquence d’images infrarouge acquise
par le satellite Meteosat-7. Cliquer sur l'image pour voir la vidéo. Crédit image : Eumetsat


EUMETSAT : Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques

EUMETSAT est une organisation intergouvernementale dont le siège est installé à Darmstadt (Allemagne). Elle compte en 2017 trente États membres (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse et Turquie) et un État coopérant (Serbie).
Sur l’orbite géostationnaire, EUMETSAT exploite actuellement les satellites Meteosat-9, Meteosat-10 et Meteosat-11 sur l’Europe et l’Afrique et Meteosat-8 sur l’océan Indien.
EUMETSAT exploite également deux satellites Metop en orbite polaire (orbite basse) dans le cadre du Système polaire initial commun (IJPS) partagé avec l’Administration américaine pour l’océan et l’atmosphère (NOAA). Le premier satellite Metop-A a été lancé par une fusée Soyouz le 17 octobre 2006. Metop-B, son frère jumeau, l’a rejoint en orbite le 17 septembre 2012, toujours par une fusée Soyouz.
EUMETSAT est également partenaire des missions Jason d’altimétrie océanique opérationnelle, auxquelles participent l’Europe et les États-Unis (Jason-2, Jason-3 et Jason-CS/Sentinelle-6).
L’Union européenne a chargé EUMETSAT d’exploiter pour son compte quatre missions Sentinel du programme Copernicus dédiées à la surveillance de l’atmosphère, des océans et du climat.
Les données, produits et services des satellites opérationnels d’EUMETSAT jouent un rôle important dans la prévision du temps, la surveillance de l’environnement et du changement climatique.
EUMETSAT coopère avec des opérateurs de satellites d’observation de la Terre d’Europe, Chine, États-Unis, Inde, Japon et Russie.

 

La tête dans les étoiles

Pour finir voici deux images insolites prises par le satellite Meteosat-7. La première acquise le 22 février 2017 montre la planète Vénus passant dans le champ du radiomètre de Météosat 7. La seconde est une séquence d’images prise le 1er septembre 2016 au moment d’une éclipse de soleil.

 

Meteosat-7 - Venus - planète vue depuis l'orbite géostationnaire - EumetsatMeteosat-7 - Eclipse de soleil - Eumetsat

Deux images insolites de Meteosat-7. En haut, la planète Venus dans le champ du radiomètre de
Meteosat-7 le 22 février 2017. En bas, l’éclipse de soleil du 1er septembre 2016 vue par Meteosat-7
depuis l’orbite géostationnaire. Crédit image : Eumetsat

 

En savoir plus :

 

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 16:39

 

WorldView-4 - Lancement vu depuis l'espace - vu par un satellite - Atlas V - Vandenberge - Lancement de fusée vu par un satellite - DigitalGlobe

Le décollage de la fusée Atlas V emportant le satellite WorldView-4
vu depuis l’espace par WorldView-2. Crédit image : DigitalGlobe

 

Photo-souvenir et album de famille

Il ne s’agit pas d’une photographie aérienne ou prise à partir d’un hélicoptère : cette image étonnante provient d’un satellite d’observation en orbite autour de la Terre à environ 770 km d’altitude.

L’image a été prise il y a presque trois mois mais elle vient d’être publiée par la société Digital Globe.

Le 11 novembre 2016, une fusée Atlas V décollait de la base Vandenberg AFB en Californie et mettait en orbite le satellite WorldView-4.

Quelques semaines plus tard, la société Digital Globe publiait les premières images de son tout nouveau satellite à très haute résolution (30 cm).

Le jour du lancement, le satellite WorldView-2 avait été programmé pour acquérir une image et immortaliser le décollage de la fusée.

 

Parallèle mais presque

Au moment où le satellite capture cette image impressionnante, il n’est pas exactement à la verticale du site de lancement mais son orbite passe à environ 640 km au nord-est de la base de Vandenberg : la visée est donc très oblique, environ 38° par rapport au nadir selon les informations communiquées par Digital Globe.

La résolution (au maximum 46 cm en mode panchromatique et 185 cm en multispectral) est donc dégradée mais ce point de vue offre une perspective intéressante en mettant bien en évidence le relief de la scène.

Notez les halos colorés autour de la flamme sortant des moteurs de la fusée, caractéristique de l’acquisition d’images d’objets en mouvement par un instrument équipe d’une barrette de détecteurs.

Digital Globe aime utiliser des images de lancement pour montrer l’agilité et la capacité de visée oblique de ses satellites.

En août 2014, la société avait déjà publié une série d’images (un gif animé) du lancement de WoldView-3, depuis la base de Vandenberg, prise par le satellite WorlView-1.

 

Lancement de WorldView-3 vu par WorldView-1 - lancement de fusée vu par un satellite - Rocket launch seen from space - DigitalGlobe

Une séquence d’images du lancement du satellite WorldView-3 prises depuis l’espace par le satellite WorldView-1. Crédit image : DigitalGlobe

 

Cette image du lancement de WorldView-4 complète mon album de famille des lancements de fusées vus depuis l'espace.

En 2010, j’avais publié sur le blog Un autre regard sur la Terre un article illustré par une image du satellite WorldView-1 témoin du lancement d’une fusée Unha-2 depuis le site de Musudan-Ri (province de Hamgyong Pukdo) sur la côte nord-est de la Corée du Nord.

 

Démarrage de l’exploitation commerciale de WorldView-4 : un premier client servi en réception directe

La publication de cette image du lancement de WorldView-4 coïncide avec le démarrage de son exploitation commerciale : Digital Globe a annoncé avoir terminé la phase de recette en vol et la calibration précise de l’instrument fabriqué par la société Harris. Celui-ci offre une résolution de 30 cm en mode panchromatique et 124 cm en mode multispectral.

Sur son orbite à 617 km, à la même altitude que WorldView-3 mais 150 km plus bas que WorldView-2, le satellite construit par Lockheed Martin a une capacité d’acquisition d’environ 680000 km2 par jour. WorldView-4 va ainsi doubler la capacité d’acquisition d’images à 30 cm de résolution.

 

30 cm, c’est le pied…

Le 3 février 2017, Digital Globe a annoncé que les images de WorldView-4 étaient désormais livrées en mode réception directe (« direct access »), au moment où le satellite survole une zone géographique donnée, à son premier client. Le nom du client n’a pas été dévoilé mais il s’agit vraisemblablement d’un gouvernement. La commercialisation plus standard ne devrait pas démarrer avant le second semestre.

En septembre 2016, à l’occasion de la conférence Euroconsult, Airbus Defence and Space, le principal concurrent de Digital Globe, a confirmé travailler sur une constellation de quatre satellites optiques à très haute résolution.

 

Sao Paulo - Brasil - Brésil - satellite WorldView-4 - Earth observation - DigitalGlobe - 30cm image - Very high resolution

Au Brésil, la ville de Sao Paulo vue par le satellite WorldView-4. Exemple d’image
à 30 cm de résolution acquise le 11 janvier 2017. La résolution est dégradée. Ici une version
de l’image en plus haute résolution. Crédit image : Digital Globe

 

En savoir plus :

 

 

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 11:02

 

FAST - radiotélescope - satellite radar - SAR imagerie - visée latérale - TerraSAR-X - Chine - 500 mètres - trés haute résolution - DLR - Airbus Defence and Space - Mode Staring Spotlight - Slant range geometry  –  BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

En chine, le radiotélescope géant FAST vu par le satellite TerraSAR-X. Extrait d’une image acquise
le 12-06-2016 à 10:52 UTC. Mode « Staring Spotlight ». Géométrie « Slant range ».
Crédit image : DLR – Distribution Airbus DS. BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

 

Wok in progress

Dans un article récent, j’ai publié une image du tout nouveau radio télescope chinois vu par le satellite optique Pléiades.

La taille de l’instrument, 500 mètres de diamètre, a beaucoup impressionné les lecteurs du blog Un autre regard sur la Terre, même ceux qui ont cru reconnaître davantage un wok géant plutôt qu’un télescope.

Voici une nouvelle image qui m’a été communiquée par les équipes allemandes de la branche Geo-Intelligence d’Airbus Defence and Space.

 

FAST : de l’astronomie, pas de gastronomie

Cette image est une image SAR (Synthetic Aperture Radar) acquise par le satellite allemand TerraSAR-X. La visée oblique donne un point de vue très complémentaire de l’image optique du satellite Pléiades. L’imagerie radar à très haute résolution met particulièrement bien en évidence le relief de la scène et les détails des superstructures du radiotélescope géant.

L’image SAR confirme qu’il s’agit donc bien d’une installation scientifique et non d’un instrument culinaire géant.

 

FAST - radiotélescope - satellite radar - SAR imagerie - visée latérale - TerraSAR-X - Chine - 500 mètres - trés haute résolution - DLR - Airbus Defence and Space - Mode Staring Spotlight - Slant range geometry  –  BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

Le radiotélescope géant FAST vu par le satellite TerraSAR-X. un second extrait
en champ plus large de image TerraSAR-X. Crédit image : DLR – Distribution Airbus DS.
BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

 

TerraSAR-X et TanDEM-X : les jumeaux de la bande X

TerraSAR-X et TanDEM-X sont deux satellites allemands d’observation de la Terre radar (SAR pour Synthetic Aperture Radar) lancés respectivement en juin 2007 et juin 2010. Prévue pour une durée de vie nominale de 5 ans, ils sont en pleine forme, avec des instruments fonctionnant parfaitement et des batteries dans un état exceptionnel malgré le cycle orbital court qui les soumet à rude épreuve. La durée de mission a donc été prolongée au moins jusqu’en 2018.

A une altitude de 514 km, les deux satellites parcourent leur orbite en « vol en formation », séparés par une distance qui peut descendre à quelques centaines de mètres.

 

TerraSAR-X - satellite - SAR - radar - vue d'artiste - TanDEM-X - DLR - Airbus DS - Airbus Defence and Space

Vue d'artiste du satellite allemand TerraSAR-X. Crédit image : Airbus Defence and Space

 

Ce fonctionnement permet en particulier l’acquisition de données d’interférométrie. C’est ainsi qu’à été construit WorldDEMTM, le modèle numérique d’élévation de très haute précision à l’échelle mondiale.

Dans ma liste des « choses à faire », j’ai toujours l’idée d’écrire un article pédagogique sur l’imagerie satellite radar. Ce ne sera pas pour aujourd’hui...

Je vais me contenter ici de tenter d’expliquer deux termes mentionnés dans la légende de l’image SAR du radiotélescope FAST :

  • La géométrie « Slant range »
  • Le mode « Staring Spotlight »

Même avec le Brexit, l'anglais va rester la langue la plus pratiquée en Europe, notamment dans le domaine de l'observation de la Terre. Un peu de terminologie spatiale, ça vous tente ?

 

La géométrie des images radar : visée oblique et distorsions des distances au sol

« Slant range », la portée inclinée… Le premier terme n’est pas une caractéristique du satellite TerraSAR-X mais s’applique à tous les satellites radar.

Contrairement aux instruments optiques, la visée latérale est une condition impérative de l’imagerie radar : l’antenne d’émission oriente le faisceau d’hyperfréquences dans une direction décalée par rapport à la trace au sol du satellite (nadir).

L'angle d'incidence est l'angle entre la direction du faisceau du radar et la normale à la surface du sol.

La distance en portée est mesurée perpendiculairement à la direction de l’orbite alors que la distance en azimut correspond à un axe parallèle à la direction de l’orbite.

Le radar mesurant un temps de parcours, les distances mesurées en portée varient selon l’angle d’incidence : pour chaque incidence, l'antenne du radar mesure la distance radiale entre le radar et chaque point au sol. C'est la distance oblique ou distance-temps.

L’illustration suivante montre ainsi que la parcelle P2, plus éloignée de la verticale que P1, mais de surface identique, est vue par le radar comme étant plus petite que P1. Tout se passe comme si l’échelle de l’image variait avec l’angle d’incidence

Les traitements effectués au sol sur les données brutes permettent de corriger cet effet de distorsion (slant-range scale distortion en anglais) et de reconstituer une géométrie permettant de superposer l’image à une carte.

Ce n’est pas toujours le cas, comme avec cette image du radiotélescope FAST qui donne ainsi une impression de perspective. Techniquement, ce produit « presque brut », qui permet aussi d’éviter certains artefacts liés au traitement de géocodage et de correction géométrique, est souvent utilisés par les photo-interprètes militaires.

 

Satellite - Radar - SAR - Synthetic Aperture radar - Visée oblique - Slant range - Géométrie - Portée - Azimut - Distorsion - distance oblique - distance au sol

Un des principes de base de l’image radar aéroportée ou spatiale : la visée latérale oblique et la
distorsion des distances au sol. Illustration : Gédéon. L’image utilisée est un extrait de la première
image du satellite TerraSAR-X. Crédit image : DLR / Airbus Defence and Space

 

Il y a beaucoup d’autres effets amusants de l’imagerie radar, notamment en présence de relief. Ces effets ne sont pas toujours intuitifs pour quelqu’un habitué à la vision humaine et méritent un article plus complet…

 

Le mode image “Staring SpotLight” : une grand antenne pour voir une grande antenne

En français, il faut traduire « faisceau concentré / yeux fixes ».

Le balayage électronique de l’antenne SAR est configuré pour maintenir le faisceau orienté en azimuth vers une cible précise. L’augmentation de la durée d’illumination revient à créer une antenne synthétique de grande longueur. Comme pour le radiotélescope FAST, l’augmentation de la taille de l’antenne radar améliore la résolution angulaire et donc la finesse des détails visibles.

Le mode d’acquisition Staring SpotLight de TerraSAR-X est destiné à l’origine au renseignement : il permet la détection et la reconnaissance d’objets pour les militaires et les applications de renseignement d’origine image (ROIM) et géographique (GEOINT) à une toute nouvelle échelle : la résolution au sol peut atteindre 25 centimètres avec une excellente qualité radiométrique.

Utilisé pour des applications civiles, le mode Staring Spotlight est destiné aux professionnels ayant besoin d’informations extrêmement détaillées et fiables pour leur processus décisionnel, quelles que soient les conditions météorologiques.

Bien entendu, cela se traduit par une réduction du champ couvert : la taille de la scène est réduite et dépend de l’angle d’incidence, par exemple environ 4 km de largeur et 3,7 km de longueur pour une incidence de 60° ou 7,5 km sur 2,5 km pour un angle d’incidence de 20°.

 

TerraSAR-X - Image acquisition modes - satellite - Radar - SAR - modes d'acquistion - Staring Spotlight - Très haute résolution - ROIM - ScanSAR - StripMap - visée latérale - slant range

Les différents modes d’acquisition du satellite TerraSAR-X.
Crédit image : Airbus Defence and Space

 

 

BAFA ? Spécialisation allemand...

Les lecteurs attentifs ont également noté la référence BAFA en dessous du crédit image. C’est la première fois qu’elle est mentionnée dans un article du blog Un autre regard sur la Terre.

BAFA ? Rien à voir avec le diplôme des animateurs des centres de vacances de Planète Sciences Midi-Pyrénées.

Il s’agit de l’abréviation du nom de l’Office Fédéral Allemand des affaires économiques et du contrôle des exportations, une entité qui dépend du Ministère Fédéral de l’Economie et de l’Energie (BMWi alias Bundesministerium für Wirtschaft und Energie).

En allemand, le sigle BAFA signifie « Bundesamt für Wirtschaft und Ausfuhrkontrolle ». Installé à Eschborn, le BAFA remplit des fonctions administratives fédérales majeures dans les domaines du commerce extérieur, de la promotion économique et de l'énergie.

L'une de ses missions est, dans le domaine du commerce extérieur, le contrôle des exportations et, en particulier, l’exportation de données issues des satellites d’observation de la Terre à très haute résolution.

Comme d’autres puissances spatiales, l’Allemagne cherche à s’assurer que la distribution des données spatiales ne porte pas atteinte à ses intérêts fondamentaux. En effet, les satellites d’observation de la Terre commerciaux ont désormais des performances proches de celles des satellites militaires.

La loi sur la sécurité des données satellites (Satellitendatensicherheitsgesetz ou SatDSiG), devenue effective en décembre 2007, fournit le cadre légal aux activités commerciales dans le domaine de l’observation de la Terre. La référence BAFA indique donc que l’image TerraSAR-X présentée ici peut être publiée sans restriction.

 

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 15:15

 

Pleiades - FAST - Radiotelescope - Chine - 500 m - Five hundred meters telescope - Airbus Defence and Space - Satellite - Univers - China - micro-ondes

En Chine, FAST, le Five-hundred-metre Aperture Spherical Radio Telescope vu par le satellite
Pléiades en Mars 2016. Copyright CNES 2016 – Distribution Airbus DS

 

500 mètres de diamètre : tout près du but

Il mesure 500 mètres de diamètre. Euro 2016 oblige, cela fait plus de 27 fois la surface d’un terrain de football FIFA, presque 20 hectares (200 000 m2).

Mais il est interdit de jouer au foot dessus…

Il s’agit du radio-télescope FAST (Five-hundred-metre Aperture Spherical) qui va bientôt être mis en exploitation. Airbus Defence and Space vient de publier sur son site une image acquise en mars 2016 par le satellite Pléiades.

 

Un Bond en avant

Situé dans les montagnes de la province du Guizhou, au sud de la Chine, c’est désormais le plus grand radiotélescope du monde, loin devant celui d’Arecibo à Puerto Rico, qui occupait jusqu’à présent la première place du podium avec ses 305 mètres de diamètre.

En surface, FAST est presque que trois fois (x 2,7 exactement) plus grand que l’Arecibo Observatory.

Après Golden Eye, une idée de décor pour le prochain James Bond ?

 

FAST is large and... fast

La surface active de FAST est constituée de 4450 panneaux triangulaires fixés sur une immense structure métallique.

Sur l’image Pléiades, le radiotélescope FAST occupe plus de 785000 pixels de 50 cm de côté ! L’image montre qu’il occupe une cuvette naturelle entourée de collines. Ses coordonnés géographique sont approximativement 25,65°N de latitude et 106.86°E de longitude.

Proposé en 1994, le projet fut approuvé en 2008. Après plus de 10 ans d’études, la construction a démarré en 2011 et le télescope devrait être inauguré avant la fin de l’année 2016. Plusieurs milliers de personnes habitant autour du site doivent être déplacées avant la mise en service.

Le coût du projet est estimé à 165 millions d’euros.

 

Pleiades - FAST - Radiotelescope - Chine - 500 m - Five hundred meters telescope - Airbus Defence and Space - Satellite - Univers - China - micro-ondes

Un extrait de l’image du radiotélescope FAST vu par le satellite Pléiades en Mars 2016.
Copyright CNES 2016 – Distribution Airbus DS

 

L’Univers dans les moindres détails

« Spot the detail », c'était un des slogans pour promouvoir les images Pléiades commercialisées par Airbus Defence and Space…

Comme sur l’instrument optique du satellite Pléiades dans le spectre visible et proche infrarouge mais dans une autre gamme de longueurs d’onde, augmenter le diamètre d’un instrument d’observation permet d’améliorer sa résolution angulaire, la capacité à séparer des sources très rapprochées. Pour une longueur d’onde donnée, cette résolution est inversement proportionnelle au diamètre.

FAST est prévu pour travailler dans une gamme de fréquences comprise entre 300 MHz et 30 GHz avec une précision de pointage de 4 secondes d'arc.

FAST devrait permettre de détecter les signaux provenant de l’espace avec une grande sensibilité, découvrir de nouvelles exoplanètes et étudier des étoiles encore inconnues.

 

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 00:27

 

Allée de tourbillons de Bénard - Von Karman - Satellite - Canaries - Kármán vortex street

Nuages, des formes étonnantes… Extrait d’une image acquise le 15 mai 2016 par l’instrument
VIIRS du satellite Suomi NPP. Crédit image : NASA / GSFC / ESDI
S

 

En promenade, est-ce que vous vous amusez à photographier des nuages de forme étonnante ? Altocumulus lenticulaires, Altocumulus mamma, Cirrocumulus lenticulaires… Il y a vraiment des formes incroyables, qui épousent parfois le relief des montagnes.

La première image présentée ici n’est pas « truquée » : elle montre une autre forme de nuage très originale, vue cette fois depuis l’espace par le satellite Suomi NPP. Des yeux et un nez ? Autre chose ? Laissez libre cours à votre imagination...

Les habitués du blog Un autre regard sur la Terre savent qu’il s’agit d’une allée de tourbillon de Karman ou allée de Bénard-Von Karman.

 

Soufflerie géante

C’est un phénomène classique de mécanique des fluides qu’on rencontre habituellement en aéronautique mais il peut également se produire à l’échelle de l’atmosphère, dans des conditions particulières de relief et de vent.

L’image suivante montre que ces tourbillons de Bénard-Von Karman sont créés ici par un vent du nord perturbé par le relief de l'archipel des Canaries : les tourbillons de l'autre côté des îles, qui s'enroulent dans le sens des aiguilles d'une montre ou dans le sens inverse, se forment lorsque l’air glisse autour d’un objet. La présence de cet obstacle entraîne une séparation des flux et la création de tourbillons dans le sillage du relief perturbateur.

C’est l’écoulement instable autour de formes peu profilées qui crée la répétition périodique des tourbillons.

 

Allée de tourbillons de Bénard - Von Karman - Satellite - Canaries - Kármán vortex street

Une allée de tourbillons de Karman au sud des îles Canaries.
Extrait d’une image acquise le 15 mai 2016 par l’instrument VIIRS du satellite Suomi NPP.
Crédit image : NASA / GSFC / ESD
IS

 

Plancton dans la Marine

Dans cette image, vous remarquerez également le motif de couleur bleue au large de la côte africaine : il s’agit d’une floraison de phytoplancton, très certainement déclenchée par un phénomène de remontée d’eau du fond vers la surface (upwelling) également causé par le vent.

Ces remontées d'eau, plus froide que l'eau en surface, apportent les minéraux indispensables à la production biologique. C’est bientôt le moment d’aller pêcher…

 

Pêche (point à la ligne)

Les pêcheurs industriels, ceux qui exploitent les flottes de thoniers dans l'océan atlantique ou dans l'océan indien, utilisent depuis lontemps les cartes de température de surface pour détecter les fronts thermiques. Plus récemment, avec l'arrivée des capteurs de couleur de l'eau, ils ont aussi la possibilité de détecter les contours des zones riches en phytoplancton.

 

Théodore von Karman et Henri Bénard

Ces tourbillons tirent leur nom de deux scientifiques. Théodore von Karman, né en 1881 et mort en 1963, était un ingénieur et physicien hongrois et américain spécialisé en aéronautique. Il a été le premier directeur du Jet Propulsion Laboratory de 1938 à 1944 et est à l'origine de plusieurs découvertes importantes en aérodynamique, notamment dans les domaines supersonique et hypersonique.

Henri Bénard (1874-1939) est un physicien français connu pour ses recherches sur la convection dans les liquides.

Les images satellites présentées ici peuvent surprendre mais elles ne sont pas exceptionnelles : les tourbillons de Karman apparaissent régulièrement au sud des Canaries et j’ai déjà publié d’autres exemples d’images. Il y a même une galerie d'images avec mon "Best of Von Karman".

Il peut s’en produire à proximité d’autres îles, comme ici, en mars 2016, au sud de l’île Guadalupe, une île mexicaine volcanique.

 

Allée de tourbillons de Bénard - Von Karman - Satellite - Guadalupe - Baja Calafornia - Mexico - Mexique - Kármán vortex street

Une allée de tourbillons de Karman au sud de Guadalupe Island et à l’ouest de la péninsule de
Basse Californie. Extrait d’une image acquise le 16 mars 2016 par l’instrument MODIS du satellite Aqua.
Crédit image : NASA / GSFC / ESD
IS

 

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 13:45

 

Premier avril - Poisson d'avril - April's fool - Satellite - île mystérieuse - Océan indien

L’image satellite qui a alerté les scientifiques américains. Une nouvelle île dans l’océan indien
partiellement visible en bas à gauche à travers les nuages sur cette image MODIS acquise par
le satellite Aqua le 01/04/2016. Crédit image : NASA / SOLE / PODAV / Aqua / RIOM

 

La nouvelle est arrivée dans le courant de la matinée : en examinant les images MODIS acquises par le satellite AQUA, des scientifiques de la NOAA ont eu la surprise de voir une nouvelle île qui n’était encore répertoriée sur aucune carte. 

Cela paraît incroyable mais la région de l’océan indien où l’île se situe, un peu au sud du tropique du Capricorne à environ 110° de longitude est, à l’ouest de l’Australie, est connue pour sa couverture nuageuse très dense qui empêche habituellement toute observation optique.

 

Synthetic Aperture Radar : les normes SAR DIN

Les satellites radar, qui pourraient percer ces épais nuages,  sont rarement utilisés dans cette partie de l’océan indien où le trafic maritime est pratiquement inexistant.

Après les premières vérifications, l’incrédulité initiale a fait place à l’enthousiasme et à la curiosité scientifique : les équipes de la NOAA de Saint-Jack (côte est des USA) ont immédiatement contacté les agences spatiales et les opérateurs de satellites d’observation pour tenter d’obtenir des images à plus haute résolution : les images MODIS permettent seulement de voir des détails de quelques centaines de mètres.

 

Friture sur la ligne

Coup de chance : l’orbite d’un des deux satellites Pléiades passait aujourd’hui au-dessus de la longitude  100°E.  Le CNES et Airbus Defence and Space ont pu programmer en urgence le satellite Pléiades-1B, grâce aux mécanismes utilisés habituellement pour la Charte Internationale Espace et Catastrophes Majeures ou le service Copernicus Emergency Mapping. L’agilité de Pléiades a été utilisée pour orienter son télescope vers la zone d’intérêt.

Ce vendredi, la chance a souri de nouveau à l’observation de la Terre : le ciel s’était encore dégagé en fin de matinée au moment du passage du satellite au-dessus de l’île mystérieuse.

 

L'eau bleue de l'atoll ondulait...

Enregistrée à bord du satellite puis transmise en bande X et reçue en fin de matinée par la station de réception située à Kiruna en suède, envoyée à Toulouse pour être traitée en urgence, l’image du satellite Pléiades, très spectaculaire, confirme la découverte de cette nouvelle île. Un grande première pour ce mois d’avril 2016.

 

Premier avril - Poisson d'avril - April's fool - île mystérieuse - île en forme de poisson - CNES - Un autre regard sur la Terre

La nouvelle île parfaitement visible sur cette image en couleurs naturelles, sans aucun nuage,
acquise par le satellite Pléiades-1B le premier avril 2016.
Crédit image : CNES / Albacora / Nathalie Bertrand

 

L’expérience acquise par les équipes du CNES et d’Airbus Defence and Space dans le cadre des services d’aids aux situations d’urgence a une nouvelle fois montré tout son intérêt pour l’acquisition d’images avec un préavis très court voire sans préavis.

 

Nos hameçons tordus

Compte tenu de sa forme étonnante et de la date de la découverte, les Etats-Unis ont proposé de la baptiser Fish Island (ou île du poisson en français). Les premières données MODIS (température de surface et couleur de l’eau) laissent également penser que les eaux autour de l’île, pourraient être très propices à la pêche. (point à la ligne)

Un jumelage est d’ores et déjà envisagé avec le royaume de Bahreïn qui possède cinq îles artificielles de forme similaire au sud du pays.

 

Premier avril - Poisson d'avril - îles en forme de poisson - Bahreïn - Durrat Al Bahrain

Durrat Al Bahrain, au sud de Bahreïn, les îles Petal et Atol. Image du satellite SPOT 5 acquise
en 2006. Copyright CNES 2006 – Distribution Airbus DS.

 

Anchois dans la date

L’annonce de cette découverte a enflammé les réseaux sociaux : le blog un autre regard sur la Terre connaît depuis le début d’après-midi une fréquentation élevée, y compris en provenance de visiteurs inhabituels. Même engouement sur Pêche-hook.

 

Premier avril - First April - Google Analytics - April's fool - Un autre regard sur la Terre

Statistiques de fréquentation du blog Un autre regard sur la Terre pour la journée du 1er avril.
Un bilan plus complet est attendu dans les jours qui viennent.

 

En savoir plus :

 

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 09:04

 

N’oubliez pas la Saint-Valentin !

En 2012 et en 2013, j’avais publié quelques images de régions en forme de cœur vues par satellite. Rien en 2014 et en 2015 : j’ai laissé passer la date de la Saint-Valentin. Ce n’est pas très malin, même si ce n’est pas facile de trouver un nouveau joli cœur : les plus intéressants sont déjà connus, les nouveaux un peu cabossés, fendus voire brisés…

Voici donc un petit pense-bête pour vous rappeler que dimanche 14 février, c’est la Saint-Valentin.

C’est aussi l’occasion de proposer un quiz spécial pour le mois de février : une nouvelle image mystère avec un cœur de la Saint-Valentin dans une région à identifier. 

 

Saint-Valentin - 14 février 2016 Coeur - vu par satellite - île en forme de coeur - quiz - coeur vu du ciel - Un autre regard sur la Terre

L’image mystère du mois de février et un quiz spécial Saint-Valentin

 

Ce quiz devrait vous donner un peu de fil à retordre, plus qu'en janvier… Proposez votre réponse en postant un commentaire à la fin de cet article ou en m’envoyant un petit message. N’hésitez pas non plus à me suggérer quelques images satellites avec des cœurs pour ma collection…

 

30 ans après, toujours amoureux…

Il y a un autre anniversaire à ne pas oublier, pratiquement une semaine après la Saint-Valentin. Le 22 février, on va célébrer le trentième anniversaire du lancement de SPOT 1, le premier satellite de la famille SPOT.

C’était à Kourou le 22 février 1986. Nul doute que le souvenir du « Satellite Pour Occuper Toulouse » sera dignement  fêté dans la ville rose, devenue  capitale européenne du spatial.  Le développement de la filière observation de la Terre y a beaucoup contribué.

En 1986, l’association Planète Sciences (à l'époque ANSTJ) avait déjà expérimenté l’utilisation pédagogique de l’imagerie aérienne depuis une dizaine d’années. A cette époque, je me suis lancé dans le développement du logiciel L’ARTIST (Logiciel d’Apprentissage Rapide de l’Imagerie Spatiale et de la Télédétection), un outil pédagogique pour travailler à l’école avec les images multispectrales de SPOT 1. Cela a été une belle aventure collective… et un défi technique sous MS-DOS avec quelques méga-octets de mémoire et les premières cartes VGA.

Cela n’est pas tout neuf mais je suis toujours étonné par la magie de ces images. Le côté esthétique bien sûr, mais aussi les questions qu'elles suscitent. Quand la curosité est éveillée, il n' y a plus qu'un petit pas pour commencer à parler de science et technique. C’est une des raisons qui m’ont poussé à lancer le blog Un autre Regard sur la Terre pour les faire découvrir plus largement et différemment.

SPOT 5 a été désorbité très récemment en fin d’année 2015. Mais la relève est assurée avec SPOT 6, SPOT 7 et les deux satellites à très hautes résolution Pléiades.

 

Pas d’idée de cadeau ? Offrez des pixels !

Pour la Saint-Valentin 2016, un peu en avance pour l’anniversaire du lancement de SPOT-1, il me paraissait donc indispensable de trouver une autre île en forme de cœur vue par les satellites SPOT.

La voici. C’est une toute petite île au nord des Fidji. Elle est extraite d’une des premières images publiées le 3 juillet 2014, quelques jours après le lancement de Spot 7. On peut s'en rendre compte en notant les petits écarts de calibration sur la bande gauche de l'image du cœur : les opérations de recette en vol viennent seulement de démarrer.

 

Sain-Valentin - île en forme de coeur - Spot 7 - Fidji - 14 février 2016 - Un autre regard sur la Terre Saint-Valentin - SPOT 7 amoureux : une île en forme cœur au nord des Fidji. Image acquise par le satellite Spot 7 - Airbus Defence and Space

SPOT 7 amoureux : une île en forme cœur au nord des Fidji. L'image en champ large est centrée sur
Vanua Balavu, la troisième plus grand île des Fidji. Image acquise par le satellite Spot 7 en juillet 2014.
Crédit image : Airbus Defence and Space

 

Reste en haut du cœur (pas terrible celui-là...)

Imprimé sur papier glacé et collé sur une feuille de carton, cela peut verre un très joli sous-verre ou un dessous de plat...

A défaut d'aller sur place pour un week-end en amoureux pour la Saint-Valentin, si vous voulez naviguer virtuellement dans ces îles, je vous invite à parcourir la galerie d'images satellites sur le site d'Airbus Defence and Space (activité géo-information). Vous verrez les versions en pleine résolution. Les images suivantes proviennent également de cette photothèque.

 

Un cœur qui a bonne mine

En allant un peu vers l’est (à peine 11 000 kilomètres), voici un autre coeur vu cette fois par le satellite Formosat-2 en 2006. Nous sommes au Chili au-dessus de la mine Los Pelambres. La résolution est d'environ deux mètres sur l'image d'origine.

Il s'agit d'une mine de cuivre à ciel ouvert, située à 200 km au nord de Santiago. Sur Google Earth (31°43 S et 70°30 O), vous verrez, qu’en 2016, la configuration de la mine a changé. Le cœur a disparu…

 

Saint-Valentin - 14 février 2016 - Un cœur qui a bonne mine - La mine de Los Pelambres au Chili vue par le satellite Formosat-2. La mine de Los Pelambres au Chili vue par le satellite Formosat-2

Un cœur qui a bonne mine. La mine de Los Pelambres au Chili vue par le satellite Formosat-2
en 2006. Crédit image : NSPO

 

Un petit dernier pour la route ? Un coeur froid...

Pour finir direction plein nord avec une île en forme de cœur au Canada. C’est dans la James Bay, au sud de la Baie d'Hudson et en cemoment il doit y faire un peu froid... C’est le satellite anglais DMC-2 qui a pris cette image en 2014. La résolution de l'image originale est de 22 mètres.

 

Saint-Valentin - île en forme de coeur - vu par satellite - vu du ciel - James Bay - DMC-2 - Un autre regard sur la Terre Saint-Valentin - île en forme de coeur - James Bay - Baie d'Hudson - DMC-2

Une île en forme de cœur dans la James Bay au Canada.
Image acquise en 2014 par le satellite anglais DMC-2.
Crédit image : UK DMC-2 / Airbus Defence and Space.

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 23:34

 

Une seule personne, Rex, a fourni la bonne réponse pour le dernier quiz image. Il fallait déterminer quelle région du monde était visible à travers un des hublots de la Cupola sur une photographie où on voyait l’astronaute Scott Kelly à bord de la station spatiale internationale.

Même avec la légère couverture nuageuse, la couleur turquoise de l’eau donnait un indice : au moment où la photo est prise, l’ISS survolait les Bahamas, au nord de la mer des Caraïbes à environ 500 km au sud-est du Kennedy Space Center. Les Bahamas comptent environ 700 îles et îlots. La photographie prise de l’ISS montre en particulier l’archipel D’Andros et Nassau, la plus grande ville, sur l’île de New Providence.

Je ne détaille pas plus la réponse. Je vous renvoie au quiz du mois d’octobre pour en savoir plus sur Scott Kelly et les jumeaux de l’espace.

Voici la nouvelle image mystère pour le nouveau quiz du mois :

 

Quiz - Quizz - Satellite et environnement - Earth observation - Image mystère - Observation de la Terre - Végétation

La nouvelle image mystère pour le quiz satellites et environnement

 

Des petits hommes verts vus de l’espace ? Pas du tout… Même si Scott Kelly a récemment twitté une photographie qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux, parce que des internautes ont cru voir, à tort, un OVNI, en haut à droite de l’image. Un OVNI à proximité de l’ISS ? Non, plutôt une antenne UHF du module Destiny…

 

OVNI - UFO - Phénomènes aérospatiaux non identifiés -  Scott Kelly - ISS - Décryptage - réseaux sociaux - GEIPAN - NASA

En haut, la photographie publiée par l’astronaute Scott Kelly sur son compte Twitter et
une version dans laquelle j’ai accentué les basses lumières. Traitement image : Gédéon

 

Un simple traitement de rehaussement des lumières basses avec Gimp ou Photoshop permet de confirmer qu’il s’agit en réalité d’un élément de l’ISS, plus lumineux que le reste de l’image.

 

Regard critique

Décevant ? Comme toujours avec une explication simple plutôt qu’un phénomène extraordinaire… A l'image du travail quotidien des équipes du GEIPAN (Groupe d'Etudes et d'Information sur les Phénomènes Aérospatiaux non Identifiés) au CNES qui analyse des centaines de témoignages : une trentaire de nouveaux cas ont été publiés en novembre, portant le total à 2303, souvent expliqués de manière très prosaïque : ballons, éclairage public, lanternes thaïlandaises, avions, nuages ou foudre, voire passages de satellites ou rentrées atmsophériques. Selon les statistiques publiées par le CNES, 22% des témoignages restent des phénomènes non identifiés après enquête.

Cela confirme également qu’il faut toujours savoir garder du recul et un regard critique face aux images et aux commentaires parfois étonnants publiés sur le web ou les réseaux sociaux. C’est particulièrement vrai avec l’actualité récente : il y a eu beaucoup d’intox et de "hoax" après l’attaque du 13 novembre à Paris…

Revenons à notre quiz : les silhouettes vertes ne sont pas des extra-terrestres : le nouveau quiz montre simplement des motifs de végétation très particuliers.

De quelle région du monde s’agit-il ? Quel satellite a pris cette image ? A vous de jouer… Proposez votre réponse en postant un commentaire à la fin de cet article.

 

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 23:11
 
Spectre - James Bond - 007 - EON Productions - Daniel Craig - Affiche film
« Spectre », la dernière aventure de James Bond, avec Daniel Craig
dans le rôle de 007. Crédit image : MGM 
 
 
« What kind of work do you do anyway? Oh I travel… »
Réplique extraite du film « Opération Tonnerre »
 
 
Cela faisait longtemps que je voulais faire un article sur la géographie selon James Bond. J’ai hésité à utiliser cette illustration mais le film est bien sorti avant le drame du vendredi 13 novembre à Paris. La sortie du film “Made in France” de Nicolas Boukhrief, dont l’affiche superpose une kalachnikov et la Tour Eiffel, a été repoussée par son distributeur Pretty Pictures. Même décision de Mars distribution pour « Jane got a gun », le dernier film de Gavin O’Connor.
 
Timbuktu sur Seine : tristesse et colère
Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous encourage vivement à voir Timbuktu, le film d’Abderrahmane Sissako sorti en 2014. L’affiche est plus « paisible » mais ce que dénonce le film est effrayant. Boire une bière, écouter de la musique ou jouer au foot : trois activités interdites par le groupe islamiste qui fait régner la terreur dans la ville malienne. Vendredi 13 novembre, à la terrasse des bars du 10ème arrondissement, au Bataclan ou autour du Stade de France, ce sont exactement les mêmes activités qui ont déclenché des crimes horribles commis par des jeunes barbares quiavaient entre 20 et 30 ans…
Même si les associations d’éducation populaire comme Planète Sciences doivent rester modestes et lucides sur leur rôle et leur impact, ces évènements dramatiques nous rappellent aussi l’importante de l’éducation, de l’éveil de l’esprit critique et de la diffusion des valeurs de tolérance, de laïcité et du vivre ensemble dans la diversité.
 
« Spectre »
C’est donc le titre du dernier James Bond qui est sorti le 11 novembre sur les écrans français. « Spectre » est aussi le nom de l’organisation criminelle à laquelle est confronté 007 à de multiples reprises.
De « 007 contre Dr No » (1962) à « Spectre » (2015), la série compte à ce jour vingt-six épisodes (vingt-quatre si on se limite à la saga officielle d’EON Productions), adaptés plus ou moins librement des romans des romans de Brocoli.
 
On arrête les Connery : 7 acteurs britanniques pour 007
David Niven Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosman et Daniel Craig : sep acteurs ont incarné le plus célèbre espion de sa gracieuse majesté, chacun lui donnant un style particulier. 
Quelques James Bond girls, alliées ou ennemies de 007 (ça peut changer au cours du film…) ont aussi crevé l’écran, avant l’arrivée de la 3D : Ursula Andress (« 007 contre Dr No »), Tanya Roberts, Lana Wood, Halle Berry, Kim Basinger ou les françaises Carole Bouquet, Sophie Marceau et Léa Seydoux. 
Les noms des James bond girls dans les films sont parfois assez explicites (Pussy Galore, Kissy Suzuki, Holly Goodhead, Jenny Flex, Xenia Onatopp, Mary Goodnight ou Plenty O’Toole), en particulier dans les versions françaises. Je vous laisse vérifier la traduction dans le dictionnaire…
La bande originale, la chanson-titre et son interprète font aussi partie du décorum : Madonna, Tina Turner, Adele, Sheryl Crow, Nancy Sinatra, Rita Coolidge, The California Girls, Shirley Bassey, Bono, The Pretenders…
Même si 007 est grand amateur de champagne (Taittinger, Bollinger ou Dom Pérignon en fonction du placement de produits), Jacques Higelin n’a jamais participé aux musiques des films.
 
Un tour du Bond en images satellites : les clichés de 007 en 070
Chaque épisode de James Bond donne lieu à un mini tour du monde avec des étapes incontournables. Les illustrations de cet article sont des images satellites des villes et de lieux qui reviennent les plus souvent. Quand c’est possible, j’ai choisi le satellite Pléiades mais ce n’est pas toujours le cas.
Voici un premier exemple avec Venise… Le grand canal donne lieu à une spectaculaire course de bateaux et 007 y cause quelques menus dégâts au musée Venini et en « coulant » un immeuble au bord du grand canal. Sean Connery a dû y prendre goût : dans le troisième opus d’une autre série de film, « Indiana Jones et la dernière croisade», c’est à Venise que commence l’aventure avec la disparition d’Henri Jones, personnage joué par Sean Connery.
 
Pleiades - Venise - Satellite - Grand canal - Piazza San Marco - Rialto - Pont des soupirs
La ville de Venise vue par le satellite Pleiades le 4 juin 2014. James Bond y séjourne au moins
trois fois dans « Bons baisers de Russie » (1963), « Moonraker » (1979) et « Casino Royale ».
Copyright CNES – Distribution : Airbus Defence and Space
 
1979-1981 : la fiction dépasse la réalité…
Il n’est pas étonnant qu’une saga démarrée en 1962 soit fortement influencée par la guerre froide et par la conquête spatiale. L’espace y joue véritablement un rôle important.
On peut passer rapidement sur le peu inoubliable Moonraker (1979), qui surfe sur le succès de Star Wars et aurait dû sortir l’année du premier lancement du Space Shuttle, si le calendrier de la NASA n’avait pas connu quelques aléas.
 
Un grand Bond en avant pour l’humanité
Par contre, dans plusieurs films de la série des James bond, des satellites sont au cœur de l’intrigue, sous le contrôle de Spectre ou d’autres mégalomanes mal intentionnés. Ces engins spatiaux menaceraient l’humanité ou l’occident si l’agent 007 ne parvenait pas à chaque fois, in extremis, à mettre un terme aux plans des méchants. 
 
Bombe à Bikini et bombe en bikini
Dès 1962, le Dr No tente de saboter le programme spatial américain et permet à James de faire la connaissance de la charmante Ursula Andress. On peut aussi citer « Les diamants sont éternels » (1971) avec le satellite Diamant et Willard Whyte, une référence explicite à Howard Hugues à Las Vegas, « On  ne vit que deux fois » (1967) et les satellites américains ou russes « kidnappés » par le méchant qui cherche à déclencher un conflit entre les deux grandes puissances..
 
My name is Paulo, Apollo…
Ou encore dans « Les diamants sont éternels » (1971) : James bond s’échappe du centre spatial à bord d’un véhicule lunaire. Les missions Apollo ne sont pas loin…
En 1981, le réalisateur de « Rien que pour vos yeux » est un certain John Glen, avec un seul « n ». Il s’agit d’un presque-homonyme mais c’est amusant. John Glen réalisera 5 films de 1981 à 1989 (3 avec Roger Moore et 2 avec Timothy Dalton).
 
Spectre et longueur bond
URSS, Corée du Nord, menace nucléaire et troisième guerre mondiale : même dans le contexte de la guerre froide, les vrais ennemis de Bond sont souvent des individus mégalomanes ou des organisations criminelles qui, en jouant le rôle de mercenaires ou en s’emparant des moyens militaires ou spatiaux des états, servent d’abord des intérêts privés. Spectre est une des organisations tentaculaires qu’on retrouve régulièrement, depuis « 007 contre Dr No » jusqu’à… « Spectre ». L’organisation criminelle SPECTRE (SPecial Executive for Counterintelligence, Terrorism, Revenge and Extortion ou Service pour l'espionnage, le contre-espionnage, le terrorisme, la rétorsion et l'extorsion en version française) est incarnée par différents « méchants » : au cours de ses missions, James Bond doit se débarrasser de son fondateur  Ernst Stavro Blofeld (personnage joué en 2015 par Christoph Waltz) ou de ses acolytes (Jacques Bouvar ou le Dr. Julius No par exemple). 
En tout cas, ces riches mégalomanes ont des moyens illimités, qui leur permettent de rivaliser avec les grandes puissances, y compris dans le domaine du spatial.
 
Fait GAFA Spectre ! La menace fantôme…
Faut-il faire un parallèle avec ce qu’on voit actuellement dans le « New Space », où des acteurs privés, qui ont fait fortune dans l’Internet, investissement massivement dans des projets spatiaux : fusées de Space X, avions suborbitaux de Virgin Galactics, satellites d’observation de Skybox (Google) ou constellation pour l’accès universel à Internet de Oneweb…
La comparaison entre les plans de Spectre et les projets de GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) est très abusive mais revoir quelques vieux James Bond peut stimuler la réflexion sur les conséquences du New Space : évolution du rôle des états et de leurs missions régaliennes, émergence de super-acteurs privés, « information dominance » et contrôle ou commercialisation des informations privées des individus…
 
Bond spectral et étalement de Spectre : Q est dans la bande
Rassurez-vous, au cinéma, après quelques péripéties et cascades, tout fini bien : Bond gagne et sauve le monde, grâce aux gadgets étonnants de Q (j’aime bien la scie circulaire dans la montre !) et à l’aide des James Bond girls et de quelques amis dont l’espérance de vie est toutefois assez limitée.
 
Savez-vous où habite James Bond ?
Non ? Moi non plus… Les lecteurs des livres de Ian Fleming se rappellent peut-être que le héros habite à Londres, dans le quartier de Chelsea.
Dans les films, seulement quelques scènes montrent le logement de James Bond, un style anglais, probablement londonien… 
En fait, on pourrait croire qu’il habite le monde : chacun des films de 007 est un tour du monde et un voyage dans des lieux extraordinaires et touristiques. Pas exactement le style du guide du routard… Pas de compagnies low cost ou d’hôtels pour petit budget.
C’est plutôt le grand luxe, l’entrée réservée aux VIP, l’exotisme cinq étoiles, la dolce vita et les soirées dans les casinos. James Bond est un voyageur qui ne subit aucun des inconvénients habituels des voyages : aucun problème de logistique, pas de tracasseries avec les douaniers ou la police des frontières… 
Même dans les endroits les plus chauds et en dehors de sa chambre climatisée, l’agent 007, toujours tiré à quatre épingles (sauf-peut-être à sa sortie de prison en Corée du Nord dans « Meurs un autre jour ») et souvent vêtu d’un smoking, n’est pas affecté par le climat local. Plus généralement, James Bond reste extérieur et insensible au monde qu’il parcourt.
Et, quelle que soit les kilomètres parcourus, 007 ne semble éprouver aucune fatigue liée au décalage horaire : les distances ne comptent pas et les trajets s’effacent. 
Seuls les lieux ont de l’importance mais, à chaque fois, ils semblent familiers à James Bond. Une forme de mondialisation avant l’heure ? C’est vrai pour tous les continents, sauf peut-être l’Australie absente et l’Afrique noire sous-représentée (avec un rattrapage avec l’Ouganda et Madagascar dans « Casino Royale »).
Clichés à l’écran et lieux communs
A travers le regard d’Hollywood ou plutôt des Pinewood Studios près de Londres, les films de James Bond proposent au spectateur une représentation stéréo-typique voire caricaturale des hauts lieux de notre planète (capitales, monuments, grands sites touristiques, etc.) et parfois des sites de haute technologie (Cap Kennedy dans « James Bond 007 contre Dr No », radiotélescope d’Arecibo dans « GoldenEye », etc.) 
 
Radio télescope - Arecibo - Porto Rico - National Astronomy and Ionosphere Center - NAIC - GeoEye-1 - Digital Globe - satellite - GoldenEye - James Bond
A Porto Rico, le radio-télescope d’Arecibo vu par le satellite Ikonos. 
Crédit image : Digital globe
 
Vus et reconnus par des millions de spectateurs, ces clichés et ces stéréotypes, renforcés par la musique des films, véhiculent une vision occidentale des nombreux pays parcourus par James Bond. 007 sauve le monde, mais il diffuse aussi ce point de vue occidental, jusqu’au placement de produits.
 
Les bonds de Bond
Le passage d’un endroit à l’autre se fait la plupart du temps par un simple changement de plan, avec le choix d’une représentation visuelle du nouveau lieu immédiatement reconnaissable par n’importe que spectateur.
Cela facilite le montage…
25 films et 50 pays… James Bond a donc parcouru le monde dans toutes ses dimensions, en longitude (de Hawaï à Tokyo), en latitude (souvent sous les tropiques mais aussi en Afrique du Sud dans « Les diamants sont éternels), à Arkhangelsk en Russie (dans « GoldenEye ») ou encore en Islande dans « Meurs un autre jour ») et en altitude, depuis le fond des mers (« L’espion qui m’aimait ») et les entrailles de la Terre (« Opération Tonnerre ») jusqu’en haute montagne (le restaurant Piz Gloria au sommet du Schilthorn en Suisse dans « Au service secret de Sa Majesté ») et même en orbite autour de la Terre (« Moonraker »). Il est vrai que ce dernier exemple n’était pas le plus réussi : les autres moyens que 007 a su trouver pour s’envoyer en l’air sont plus convaincants. 
Au final, on peut recenser trois types de lieux géographiques qui servent de support à l’action des films de James Bond…
 
Ici Londres…
La premier paraît évident mais j’ai faille l’oublier : c’est Londres, avec les Pinewood studios dans la vie réelle. A l’écran, Londres, c’est d’abord le siège des services secrets britanniques, la Tamise et le Palais de Westminster. Après l’incontournable scène d’ouverture, c’est souvent à Londres que James Bond prend connaissance de sa nouvelle mission, au cours d’un entretien plus ou moins houleux avec M et, avant ou après, une petite conversation entre amoureux avec Miss Moneypenny. 
 
Pleiades - London - Londres - Tamise - Westminster - Big Ben - MI6 - James Bond - 007 - services secrets - Sa Majesté
La cœur de la ville de Londres, avec Big Ben, Westminter, the London Eye et la Tamise vus par
le satellite Pléiades. Copyright CNES. Distribution Airbus Defence and Space
 
Des lois de Maxwell à Lois Maxwell
C’est également là que Mister Q lui présentent  les derniers gadgets qui complètent les valeurs sûres : l’Aston Martin avec des options hors catalogue, même si James Bond lui a fait quelques infidélités (BMV ou Deux Chevaux), le Walther PPK ou les montres-bracelets Rolex, Seiko ou Omega…
 
Lois Maxwell - Moneypenny - James Bond - équations de Maxwell - 007
Des lois de Maxwell à Lois Maxwell… Idéal pour le coup de foudre. L’actrice canadienne a interprété
14 fois Miss Moneypenny, de 1962 à 1985
 
Jusqu’aux derniers films de la série, Londres restait un refuge et un « havre de paix ». L’action et la confrontation avec les méchants se passaient ailleurs… Cela a changé récemment : Il y avait déjà eu une impressionnante course poursuite en Q-boat sur la Tamise dans « Le monde ne suffit pas » (1999) mais c’est dans « Skyfall » que des terroristes provoquent l'explosion du siège du MI6 à Londres. Est-ce que cela reflète l’évolution des menaces dans le monde réel, avec les attentats dans le métro de Londres en juillet 2005 ou les attaques coordonnées menées par Daesh le 13 novembre en plein Paris ?
Bond n’est jamais très loin de l’actualité : en 1962, la traque de Dr No pour empêcher une guerre nucléaire se passe à la Jamaïque. Au même moment et tout près de là, dans la vraie vie, c’est la crise des missiles de Cuba. Pour cette raison, la sortie du film sera retardée aux USA (1963).Cela vous rappelle le début de cet article et le film "Made in France" ?
 
Vodka-Martini « au shaker, pas à la cuillère »
L’extension immédiate de Londres, pour notre espion « so british », est le Commonwealth, avec une grande nostalgie de l’ex-empire colonial britannique et une préférence marquée pour le grand luxe et l’aristocratie : Côte d’Azur, Riviera, stations de ski huppées en Suisse ou en Autriche, îles des Caraïbes…
 
Guerre froide et ciel gris
Les lieux d’affrontement entre les deux grandes puissances (URSS et USA) sont la deuxième catégorie de pays. Les pays satellites (Cuba, RDA, anciens pays d’Europe de l’est) ou la Corée du Nord sont finalement plus souvent visités que l’URSS.
La grisaille et la météo pluvieuse renforce parfois les clichés sur les pays de l’est.
 
Russie - Moscou - Kremlin - Place rouge - Cathédrale St Basil - GUM - Vladimir Poutine - Pleiades - Pléiades - satellite
Russie - Saint-Pétersbourg - Neva - sous la neige - Pleiades - Pléiades - satellite
Moscou et Saint-Pétersbourg vus par le satellite Pléiades. Copyright CNES.
Distribution Airbus Defence and Space.
 
 
Les villes de James Bond : les clichés de 007 en 070
Stéréotype oblige : on retrouve aussi les villes que les romans et films d’espionnage ont popularisées comme haut-lieux de l’espionnage, avec les honorables correspondants et des agents américains dans les stations de la CIA « plus vrais que nature » : à Istambul, dans « Skyfall », la poursuite sur les toits du grand bazar d'Istanbul offre une  vue imprenable sur l’église Sainte-Sophie. L’Asie n’est pas en reste : Shanghai, Hong-Kong, Saïgon ou Macao, etc.
 
Spot 6 - Istambul - Mosquée bleue - église sainte-Sophie - Bosphore -  palais de Topkapı - satellite
La ville d’Istambul vue par le satellite SPOT 6 : dans cette partie de la ville, l'église Sainte-Sophie,
la Mosquée Bleue et le grand bazar. 
Crédit image : Airbus Defence and Space
 
Agent de voyages 
Enfin, troisième catégorie de lieux, par forcément indépendante des deux premières : les grands sites touristiques de la planète. Ils sont nombreux…
L’Italie est bien servie : Rome, Sienne dans « Quantum of Solace » (2008) pendant, comme par hasard, le Palio de Sienne, Venise, mentionné plus haut, Cortina d’Ampezzo, etc. 
La France aussi avec Paris, Chantilly, Antibes et Villefranche-sur-Mer.
Les autres pays les plus souvent visites par l’agent 007 sont l’Allemagne (Berlin et Hambourg), l’Autriche, l’Egypte et ses pyramides, le Japon, la Suisse et la Turquie déjà citée.
 
Le Sphinx justifie les moyens
Parmi ces sites touristiques, les îles tropicales, avec chemises à fleur, voitures décapotables et plages paradisiaques bordées de palmiers occupent une place privilégiée. Les méchants ne sont jamais très loin : leur repère y est parfois installé. Néanmoins, ces îles sont plus souvent le théâtre du repos du guerrier, avec un soleil couchant et une James Bond girl (celle qui a survécu…)
 
Egypte - Le Caire - Pyramides - Pléiades - Pleiades - satellite - Géographie de James Bond
Les pyramides égyptiennes de Gizeh près du Caire vues par le satellite Pléiades :
Khéops, Khéphren et Mykérinos. 
Copyright CNES. Distribution : Airbus Defence and Space
 
 
En savoir plus et sources utilisées :

 

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 17:59

 

Tunisie - Drapeau tunisien géant - Tunisian flag - Record - Guinness book - Pleiades - Tozeur - Plus grand drapeau du monde - Largest flag - satellite - CNES - Airbus DS - 2 mai 2015 - Tozeur - Nous sommes Tunisie

Dans la région de Tozeur, le drapeau tunisien devient le plus grand drapeau du monde.
Le satellite Pleiades a immortalisé l’évènement le samedi 2 mai 2015.
Copyright CNES 2015 - Distribution Airbus DS

 

Plus de 10 hectares !

Un nouveau record devrait bientôt apparaître dans le livre Guinness des records : le plus grand drapeau du monde... En 2015, c’est donc le drapeau national tunisien qui détrône le précédent record détenu depuis 2013 par le Qatar.

Il mesure 396 mètres de long pour 264 mètres de large,  soit une surface totale de 104 544 m2 !

Les 80 km de tissus qui ont été utilisés pour le fabriquer pèsent plus de 12 tonnes et pourraient recouvrir l’équivalent de 15 terrains de football aux normes de la FIFA (soit 68 mètres sur 105).

 

Record battu à Tozeur en Tunisie

C’est vraiment un drapeau tunisien géant  qui a été assemblé par 250 bénévoles. Ils se sont relayés pendant 3 semaines pour réussir cet exploit. Le résultat de ce travail de fourmi a été installé à Ong Jmal, près de Nefta, dans la région de Tozeur dans le sud-est de la Tunisie, à environ 385 km de Tunis.

 

La star des étoiles au pays de Star Wars...

Le nom du site ne vous dit rien ?

C’est à Ong Jmal, près de Nefta, qu’a été tournée une partie du film de George Lucas, la Guerre des étoiles. Située à 400 km de là, la ville de Tataouine a donné son nom à la désormais planète Tatooine d’où est originaire la famille de Luke Skywalker. Obi-Wan Kenobi s'y réfugie également après le massacre des Jedi. J'ignore si les équipes de Disney y ont refait un séjour pour le tournage de "Star Wars : le Réveil de la Force", l'épisode qui doit sortir en décembre 2015...

C’est également à cet endroit qu’a été organisée la deuxième édition du festival des Dunes électroniques en février 2015.

Il y a une seule étoile entourée d’un croissant sur le drapeau tunisien mais elle est bien devenue la star des étoiles le temps du record du 2 mai 2015.

 

Tunisie - Drapeau tunisien géant - Tunisian flag - Record - Guinness book - Pleiades - Tozeur - Plus grand drapeau du monde - Largest flag - satellite - CNES - Airbus DS - 2 mai 2015 - Tozeur - Nous sommes Tunisie

Dans la région de Tozeur, à Ong Jmal, près de Nefta, le drapeau tunisien géant.
Version en résolution réduite de l’image prise par le satellite Pleiades le 2 mai 2015.
Copyright CNES 2015 – Distribution Airbus DS

 

Un témoin qui tombe du ciel

Il semble bien que l’image Pleiades va jouer un rôle particulier dans l’homologation du record du plus grand drapeau. Les équipes d’Airbus Defence and Space qui ont programmé cette acquisition d’images voulaient certainement enrichir la collection d’images insolites et spectaculaires mais ne se doutaient peut-être pas que les autorités tunisiennes n'avaient pas accordé l’autorisation de prendre des prises de vue aériennes du drapeau géant.

Apparemment, seuls les photoreporters d’agences de presse ont pu immortaliser l’évènement sur place mais n’ont pas pu monter dans l’hélicoptère de l’armée qui survolait la zone.

La curiosité du satellite Pleiades était donc particulièrement bienvenue pour les organisateurs de l'évènement. Cet exemple illustre une fois de plus un des avantages des satellites d’observation : la capacité à s’affranchir des frontières et des contraintes politiques. C’est vrai ici pour un évènement insolite, c’est vrai également en cas de crise humanitaire, de catastrophe naturelle ou de question de sécurité.

 

Les préparatifs du record, égalemen vus par le satellie Pléiades

Les équipes d’Airbus Defence and space m’ont très gentiment passé une seconde image prise par le satellite Pléiades dans la matinée du 1er mai 2015, alors que les organisateurs mettaient en place le drapeau. Sur l’image en pleine résolution, on distingue les bénévoles qui le déploient. Le croissant et l’étoile centrale ne sont pas encore visibles.

Gaucher, j’ai déjà du mal à mettre en place une nappe sur une table alors je n’ose pas imaginer les efforts nécessaires pour étaler 100000 m2 de tissu sur du sable…

 

Tunisie - Record du plus grand drapeau - installation vue par le satellite Pléiades - 1er mai 2015 - CNES - Airbus Defence and Space - Star Wars - Mos Espa

La mise en place du drapeau géant en Tunisie.
Extrait d’une autre image acquise par le satellite Pléiades le 1er mai 2015.
Copyright CNES 2015 – Distribution Airbus DS.

 

Accessoirement, cette exemple concret illustre la capacité de revisite des deux satellites Pléiades 1A et Pléiades 1B : une image par jour d’un endroit quelconque du monde. Attention, cela ne veut pas dire que les deux satellites Pléiades prennent une image de chaque point du monde chaque jour mais que l’orbite des deux satellites et leur agilité permet de braquer au moins un des deux instruments sur n’importe quelle région du monde. Le système de deux satellites a une grande flexibilité et une capacité d’acquisition journalière élevée (plus de détails dans cette page « une journée avec Pléiades » sur le site d’Airbus Defence and Space).

Sur l’image du 2 mai 2015, en pleine résolution, on peut s’amuser à mesurer les dimensions du drapeau au sol. Il n’est pas totalement déployé mais j’estime que s’il l’était, il occuperait un rectangle de 650 pixels sur 560.

C’est tout à fait cohérent avec les dimensions annoncées par les organisateurs, compte tenu de la taille du pixel des images Pléiades : 50 cm.

Des repères pour confirmer ces mesures ? Heureusement, George Lucas est passé par là…

 

Dune contre Star Wars

Dans « Star Wars, Episode I : La Menace Fantôme », Anakin Skywalker, le futur Dark Vador, grandit dans le village de Mos Espa, lieu fictif installé par la production en 1997 sur le site de Ong Jmel.

Les restes des décors sont devenus une attraction touristique. Même dégradés par le temps et le sable, ils sont visibles sur l’image Pléiades et fournissent quelques repères pour vérifier la taille du drapeau. Avec Google Earth, on peut mesurer une distance d’environ 76 mètres

L’image suivante est un photomontage que j’ai réalisé pour comparer le drapeau géant tunisien à quelques références :

  • Les dimensions du terrain de football officiel de la FIFA (105 mètres sur 68 mètres).
  • Les dimensions de la Station Spatiale Internationale (ISS), un peu plus grande que le terrain de football classique (110 mètres sur 74 mètres).
  • Pour les fans de Star Wars, j’ai également mis le Faucon Millenium. Grossi 10 fois car il est beaucoup plus petit que je ne le pensais. Rien à voir avec les 120 km de diamètre de l’étoile noire : le Faucon millenium ne mesure que 26,7 mètres de  longueur pour 20 mètres d’envergure. C’est plus petit que le Space Shuttle de la NASA (37,24 mètres du nez à l’extrémité de la dérive et 23,80 d’envergure).

 

Tunisie - Record du plus grand drapeau - Guinness - Satellites Pléiades - Terrain de football - ISS - Faucon millénium - Mos Espa - Dark Vador - Star Wars - CNES - Airbus Defence and Space

Photomontage donnant quelques éléments de comparaison pour estimer
les dimensions du drapeau tunisien géant. Infographie Gédéon.
Image de fond : copyright CNES 2015 – Distribution Airbus DS.

 

Je veux faire un film… Peux-tu m’avancer quelques dunes ?

Au-delà du voyage touristique pour les fans de Star Wars, sachez que le décor de cinéma, bien visible depuis le ciel, a été utilisé par des scientifiques pour étudier et mesurer l’avancée des dunes de sables.

Par exemple, une étude a été publiée en novembre 2013 dans la revue scientifique américaine Geomorphology. Elles résument les résultats d’analyse d’images satellites prises entre 2002 et 2009. Pour fixer les idées, en 1997, quand fut tournée la Menace Fantôme, la dune en forme d’arc de cercle était à environ 140 mètres des décors. Aujourd’hui, seulement quelques mètres la séparent des ruines de Mos Espa.

Dans le film, la « Mer de Dunes » de l’imaginaire « starwarsien » servait de ligne d’horizon. En 2015, les dunes encerclent le lieu de naissance d’Anakin Skywalker

Les images satellites d’archive accessibles avec Google Earth permettent de se faire une idée de ce déplacement.

 

Tunisie - Ong Jmal - Mos Espa - Progression de la dune - Record drapeau - Star Wars - Dark Vador dans le sable - Google Earth

Copie d’écrans réalisés avec Google Earth montrant la progression des dunes à Ong Jmel.
Le trait pointillé donne un repère sur la dune. Infographie : Gédéon

 

Je suis Charlie, nous sommes Bardo, nous sommes Tunisie

L'évènement était organisé dans le cadre de la manifestation « Nous sommes Tunisie », « Ahna Tounes » en arabe.

L’idée du drapeau géant date en fait de 2012 : c’est un industriel du textile tunisien qui l'a eue, « en réaction au geste d’un militant islamiste qui avait abaissé le drapeau national à la Faculté des lettres de la Manouba, près de Tunis », selon Raya Ben Guiza, responsable de la communication de l’évènement.

L’initiative a également été soutenue par le ministère tunisien du tourisme, secteur économique en grave difficulté depuis la révolution de 2011.

Deux mois après l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo et la prise d’otages du magasin Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, l’ attentat du Musée du Bardo, le 18 mars 2015, a encore aggravé la situation : l’attaque revendiquée par l’État islamique a entraîné la mort de 24 personnes (21 touristes, un représentant des forces de l'ordre et deux terroristes) et 45 blessés.

Une marche rassemblant une foule importante et à laquelle participaient notamment François Hollande et Matteo Renzi était organisée le 29 mars 2015.

Au-delà du symbole patriotique, les tunisiens à l’origine du  défi réussi de drapeau géant veulent d’abord montrer que la Tunisie est une terre d'accueil et de tolérance.

D’autres drapeaux au sol (parfois des champs cultivés avec des motifs particuliers) ou sur des bâtiments ont régulièrement été immortalisés par les satellites d’observation de la Terre, par exemple au Brésil en 2013. En cherchant un peu, vous pourrez en dénicher sur le web...

 

En savoir plus :

 

 

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A Propos De L'auteur

  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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