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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 12:11

Pas si pacifique que ça…

Les services météorologiques du Japon, de Corée et de Chine le suivent attentivement depuis la fin du mois d’août. Actuellement dans la catégorie “tempête tropicale” (tropical storm), Talas (TY 1112) semble se renforcer et pourrait devenir un typhon de catégorie 1.

Toujours en pleine mer, centré sur la position 136° Est et 28,4° Nord, Talas se dirige actuellement vers le Nord-Nord-Ouest à une vitesse d’environ 15 km/h. Le 1er septembre, à 6h45 UTC, l’Agence Météorologique Japonaise (JMA) mentionne une pression au centre de 985 hPa avec des vitesses de vents soutenus de l'ordre de 120 km/h (35 m/s ou 65 nœuds) et des rafales atteignant 180 km/h (50 m/s ou 95 nœuds).

Sur les images des satellites d’observation, Talas apparaît comme une structure cyclonique de taille impressionnante, d’environ 1300 km de diamètre (disque à l’intérieur duquel la vitesse des vents dépasse 55 km/h (30 noeuds).

L’image ci-dessous qui a été prise par le capteur GOCI du satellite coréen COMS montre la situation du 31 août 2011 à 04h16 UTC.


COMS---GOCI---Talas---31-08-2011---04h16.jpgExtrait d’une image du capteur GOCI du satellite COMS. La résolution est réduite par rapport à l’image d’origine. Un léger rehaussement de contraste a été appliqué par Planète Sciences Midi-Pyrénées
Crédit image : KARI.

Les prévisions des agences météorologiques et des services d’alerte cyclonique indiquent que Talas pourrait atteindre la côte sud du Japon et la région d’Osaka vendredi ou samedi. Sur la carte de vigilance du 1er septembre, les zones rouges correspondent surtout à des risques de fortes précipitations ("Heavy rain") et de hauteurs de vagues importantes sur les régions du sud du Japon : A Tokyo, on parle de 300 mm en 24 heures alors que la moyenne mensuelle est d’environ 210 mm en septembre.

 

JMA---Weather-warnings---01-09-2011.png JMA---Talas---01-09-2011---06h45.png

Carte de vigilance pour le Japon et prévision de trajectoire de Talas publiées par
l’agence météorologique japonaise (JMA). Crédit image : JMA

 

KMA---TALAS---01-09-2011---16h30-locale.pngPrévision d’évolution à 5 jours de la trajectoire de Talas publiée par
l’agence météorologique coréenne (KMA). Crédit image KMA.

 

TALAS---Pluie---Kinki---01-09-2011---10h15.png TALAS---Radar-pluis---Shikoku---01-09-2011---10h15.jpg

Cartes des données des radars météorologiques au sol pour les zones de Kinki (à gauche) et Shikoku (à droite).
Observation de la journée du 1er septembre 2011 à 10h15UTC. Crédit image : JMA

 

La taille spectaculaire de la tempête tropicale Talas est particulièrement bien visible sur les images produites par les satellites météorologiques géostationnaires qui couvrent pratiquement un hémisphère terrestre entier. Leur orbite les rend apparemment fixes à la verticale de l’équateur. L’image ci-dessous provient du satellite japonais MTSAT 2. Cet extrait montre un demi-hémisphère nord et illustre la taille de Talas.

Pour être parfaitement précis, cette image est en réalité une composition de deux images : un fond coloré (teintes vertes et bleues) sur lequel les nuages vus par le capteur infrarouge thermique de MTSAT-2 ont été superposés. A l’heure où l’image a été prise (9h30 UTS soit 18h30 locale), cette partie du globe terrestre est déjà partiellement dans l’obscurité : seul un capteur infrarouge thermique permet d’observer les nuages qui émettent un signal lumineux lié à leur température.

 

MTSAT---TALAS---HN---01-09-2011---09h30-UTC.pngMTSAT---TALAS---HN---VIS---01-09-2011---09h30-UTC.png

Deux extraits d’une image acquise par le satellite météorologique japonais MTSAT-2 le 1er
septembre 2011 à 9h30 UTC. En haut, une composition colorée avec les données du capteur infrarouge.
En bas, même date, même heure, avec des données du capteur visible.
Crédit image JMA.

 

Ces deux images aident à comprendre l’intérêt des capteurs infrarouge thermique pour la surveillance en continu des phénomènes météorologiques. 

 

T pour Talas, une lettre d’Iwo-Jima

Après Aere, Songda, Sarika, Meari, Ma-On, Tokage, Nock-Ten, Muifa, Merbok et très récemment Nanmadol, Talas est la douxième tempête tropicale nommée de cette région du monde. Formé le 22 août, Talas a pris son nom de baptème le 25 août. Aux Philippines, Talas veut dire Sévérité ou brusquerie…

Voici un extrait d’une image acquise par Envisat le 29 août 2011, alors que Talas était pratiquement au-dessus de l’île Iwo To (Iwo Jima, 24,72°N et 141,32°E).

 

ENVISAT---MERIS---TALAS---29-08-2011---00h43.jpgExtrait d’une image acquise par le capteur MERIS du satellite européen Envisat le 29 août à 00h43 UTC.
Un traitement de rehaussement du contraste a été appliqué par Planète Sciences Midi-Pyrénées pour
mettre en évidence la structure des nuages autour du centre de la tempête tropical Talas.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA).

 

Aux-Etats-Unis, après Irène et José, c’est désormais l’ouragan Katia qui est suivi de près par le Centre National des Ouragans de Miami (NHC).

 

COMS, le premier satellite couteau suisse est coréen…

Lancé et mis en orbite le 26 juin 2010 depuis Kourou par une fusée Ariane 5, COMS est un satellite coréen multi-missions conçu et réalisé par Astrium et le KARI (Korea Aerospace Research Institute). C’est le premier satellite d’observation géostationnaire stabilisé 3 axes doté de trois charges utiles différentes pour fournir des services de météorologie, d’observation océanique et télécommunications à la Corée du Sud.

 

COMS---IR1---TALAS---01-09-2011---13h15.pngImage de la tempête tropicale Talas vu par le capteur météorologique Infrarouge du satellite
coréen COMS. Image acquise le  1er septembre 2011 à 13h15 UTC.
Crédit image : KMA (Korean Meteorological Agency).

 

Le satellite COMS emporte un imageur météo, une charge utile « couleur de l’océan » (appelé GOCI pour "Geostationary Ocean Color Imager" dont est extraite l’image ci-dessus) et une autre de télécommunications en bande Ka pour les communications à haut débit.

Le capteur GOCI produit des images avec 8 bandes spectrales, 6 dans le spectre visible et 2 dans le proche infra-rouge.

On voit très souvent des images de couleurs de l’eau provenant des capteurs MODIS (Aqua et Terra) ou MERIS (Envisat), les images du capteur GOCI sont encore peu connues mais elles sont très intéressantes : grâce à la plate-forme géostationnaire du satellite COMS, le KARI reçoit des images de la région de l’Asie couverte par GOCI plusieurs fois par jour, avec une résolution de 500 mètres au-dessus de la mer de Corée.

Un capteur en orbite géostationnaire permet également d'acquérir des images à des heures différentes de l'heure d'acquisition habituelle des satellites héliosynchrones. C’est un excellent moyen de suivre l’évolution des phénomènes comme les tempêtes tropicale mais également les floraisons de phytoplancton (importantes pour l’industrie de la pêche, l’aquaculture ou les écosystèmes marins) ou encore les mouvements de matières en suspension en zone côtière à la sortie des estuaires des fleuves. Pour analyser les couleurs de l’image, GOCI utilise un barillet de filtres qui tourne devant le capteur CCD. Des projets de satellites géostationnaires à beaucoup plus haute résolution sont en cours d'étude, par exemple pour la surveillance maritime.

 

COMS---Astrium---Missions.jpgVue d'artiste du satellite COMS et présentation des 3 missions. COMS. D'une masse de 2500 kg au
lancement, COMS est contruit sur une plateforme Eurostar 3000 d'Astrium, améliorée pour
permettre le pointage précis d'un instrument optique. Crédit image : Astrium.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d'utilisations pédagogiques en classe :

  • Travail sur les cyclones, les ouragans et les tempêtes tropicales : formation, paramètres influençant leur évolution, outils utilisés pour la prévision et le suivi.
  • En utilisant les différentes données de satellites géostationnaires mentionnés dans cet article (COMS, MTSAT-2) ou dans d'autres articles du blog Un autre regard sur la Terre (Meteosat, GOES), créer une séquence vidéo montrant l'évolution de tempêtes tropicales sur une dizaine de jours.On peut utiliser le logiciel Movie Maker fourni avec Windows ou d'autres logiciels gratuits.

 

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 12:12

« ...DANGEROUS HURRICANE IRENE MOVING OVER THE NORTHWESTERN BAHAMAS...HURRICANE AND TROPICAL STORM WATCHES ISSUED FOR A PORTION OF THE U.S. EAST COAST... »

Classé désormais en catégorie 3 par le centre national des ouragans de Miami (NHC), l'ouragan Irène, avec des vents à 185 km/h) et des précipitations importantes, touche actuellement les Bahamas. Au sud de l’archipel, les îles Acklins et Crooked ont subi des dommages.

Dans son dernier bulletin de prévision publié le 25/08/2011 à 9h00 UTC, le NHC indique que l’ouragan Irène pourrait encore gagner en intensité et passer en catégorie 4 de l’échelle de Saffir-Simpson. Aux Etats-Unis, un bulletin d’alerte a été émis pour les états côtiers de Caroline du nord et de Caroline du sud. La prévision de trajectoire d’Irène indique que l’ouragan va longer du sud vers le nord la côte de Floride puis de Caroline et de Virgine avant de perdre en intensité le long du littoral du Maine.

ISS---Hurricane-IRENE---22-08-2011.jpgL’ouragan Irène vu le 22 août par les astronautes de l’ISS. Crédit image : NASA.

 

Aqua---Irene---24-08-2011.jpgL’ouragan Irène vu le 24 août par le capteur MODIS du satellite américain Aqua.
Une légère correction de contraste a été appliquée par Planète Sciences Midi-Pyrénées.
Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response

Des sirènes pour Irène

Irène est le premier ouragan majeur de la saison 2011 dans l’atlantique ouest. Les ouragans Ike (septembre 2008) et Katrina (août 2005) avaient très durement frappé les états du Texas et de la Louisiane.

Irène a causé des précipitations importantes et des crues de cours d’eau en Haïti et en République dominicaine. L’état d’urgence a été déclaré à Porto-Rico.

 

NHC---IRENE---Prevision-trajectoire---25-08-2011---9h00.jpgLa prévision de trajectoire de l'ouragan Irène publiée le 25 août 2011 par le NHC

 

Le tableau suivant, qui fait également partie des bulletins de prévision fournis par le NHC, indique pour les jours à venir (vendredi à mardi) les probabilités d'évolution de la vitesse des vents, exprimée ici en noeuds (KT pour knots, un noeud correspond un mille marin par heure soit 1,852 km/h), et par conséquent le possible changement de catégorie du cyclone Irène : Vendredi à 12h00 Z (l'heure zulu correspond à l'heure UTC), il y a 55% de probabilité qu'Irène reste en catégorie 3, 23% que l'ouragan soit dégradé en catégorie 2 mais 14% qu'il s'intensifie en catégorie 4. Cette prévision est mise à jour à chaque nouveau bulletin. Attention 100 noeuds correspondent à 185 km/h...

  VALID TIME 00Z FRI 12Z FRI 00Z SAT 12Z SAT 12Z SUN 12Z MON 12Z TUE FORECAST HOUR 12 24 36 48 72 96 120 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - DISSIPATED X X X X 23 27 39 TROP DEPRESSION X X X 1 17 22 21 TROPICAL STORM X 1 3 15 31 40 21 HURRICANE 99 99 97 84 29 11 19 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - HUR CAT 1 3 5 17 33 21 8 13 HUR CAT 2 26 23 34 26 6 3 5 HUR CAT 3 65 55 36 19 2 1 1 HUR CAT 4 6 14 9 5 X X X HUR CAT 5 1 2 1 1 X X X - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - FCST MAX WIND 105KT 110KT 105KT 100KT 85KT 55KT 45KT 

Extrait d'une bulletin du NHC concernant l'évolution probable de la vitesse des vents de
l'ouragan Irène. Source : NHC (bulletin du 25/08/2011 à 15h00 UTC)

 

En savoir plus :

  • Sur le blog Un autre regard sur la Terre :

 

 



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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 16:26

Munich en Allemagne, Pyeongchang en Corée du Sud ou Annecy en France ? Encore un peu de suspense… Jacques Rogge, le président du Comité international olympique (CIO), a annoncé qu’une décision avait été prise et qu’une des villes candidates avait été chosie dès le premier tour. Le choix n'a été officiellement annoncé qu’à 17h30 (heure de paris) le mercredi 6 juillet 2011 : candidate pour la troisème fois consécutive et grande favorite, c'est la Corée du Sud et la région de Pyeongchang qui a été retenue.

 

Neige en juillet à Durban : c'est l'hiver dans l'hémisphère sud...

L’image ci-dessous a été acquise mercredi 6 juillet 2011 par le satellite américain Terra (capteur MODIS). Elle est représentée ici en couleurs naturelles et, malgré la couverture nuageuse le long de la côte, on distingue parfaitement les sommets enneigés des monts Drakensberg avec le plus haut sommet d'Afrique du Sud, le Mafadi à 3 450 m. La ville de Durban est visible sur la côte sur la partie droite de l’image.

 

FAS_SouthAfrica1.2011187.terra.500m.jpg Image de l'Afrique du Sud et de la région de Durban acquise par le satellite Terra le 6 juillet 2011. Représentation en couleurs naturelles. L'image d'origine a une résolution de 500 mètres.
Crédit image :
 NASA/GSFC, Rapid Response

 

FAS_SouthAfrica1.2011187.terra.721.500m.jpg FAS_SouthAfrica1.2011187.terra.367.500m.jpg

Image de l'Afrique du Sud et de la région de Durban acquise par le satellite Terra le 6 juillet 2011.
Deux autres représentations de la même image en "fausses couleurs". A gauche, composition dite "721"
et à droite "367".  L'image d'origine a une résolution de 500 mètres.
Crédit image :
 NASA/GSFC, Rapid Response

 

 

Pyeongchang sous la neige en hiver : la Corée du Sud dans l'hémisphère nord bat les blancs en neige

A environ 180 kilomètres à l'est de Séoul, le comté de Pyeongchang est situé dans les monts Taebaek. C'est donc là que seront organisés les jeux olympiques d'hiver en 2018. En 2014, ce sera à Sotchi en Russie, après Vancouver (Canada, 2004) et Turin (Italie, 2006).

Comme moi, vous n'y aviez peut-être pas fait attention mais les jeux d'hiver ont systématiquement lieu en hiver entre fin janvier et fin février. Cela peut paraître évident mais c'est donc toujours un pays de l'hémisphère nord qui accueille les jeux olympiques d'hiver. A quand des jeux en Antarctique ?

 

FAS_Korea.2011006.terra.500m.jpg FAS Korea.2011006.terra.721.500m

6 mois avant la décision du CIO, pendant l'hiver dans l'hémisphère nord, la péninsule de Corée,
également sous la neige. Image prise par le satellite Terra le 6 janvier 2011. A gauche,
représentation en couleurs naturelles. A droite, représentation dite "721". les surfaces enneigées
apparaissent en couleur bleu azur. L'image d'origine a une résolution de 500 mètres.
Crédit image :
NASA/GSFC, Rapid Response

 

"367" : des couleurs pour tous les goûts avec MODIS

La composition 721 des images MODIS a déjà été décrite dans d’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre (ici par exemple) Pour la composition 367, les trois canaux 3, 6 et 7 de l’image acquise par le capteur MODIS sont respectivement représentées avec les couleurs rouge, verte et bleu.

La bande 3, centrée sur 0,479 µm, appartient au domaine visible. Les bandes 6 et 7, respectivement centrées sur 1,652 µm et 2,155 µm, correspondent au proche infra-rouge

La neige ou la glace, très réfléchissantes dans la bande 3 et très absorbantes dans les bandes 6 et 7 apparaissent ainsi de manière très contrastée en rouge plus ou moins vif, selon la quantité ou l’épaisseur de glace.

L’eau liquide apparaît très sombre car elle absorbe la bande rouge et la bande proche infra-rouge. Les sédiments en suspension apparaissent en rouge sombre. Dans les nuages, les petites gouttelettes d’eau diffusent de manière équivalente les trois canaux : elles apparaissent en blanc sur les images représentées en mode « 367 ».

La végétation apparaît en… vert : elle absorbe les canaux 3 et 7 et réfléchit le canal 6. Les sols nus, avec une plus grande réflectivité dans les canaux 6 et 7 que dans le canal 3, sont représentés en cyan clair.

 

En savoir plus :


Suggestions d'utilisations pédagogiques en classe :

  • Travail sur la représentation des couleurs dans les images satellite (voir les liens ci-dessus).
  • En exploitant les images publiées ci-dessus dans les trois représentations proposées (couleurs naturelles, "721" et "367") et un logiciel de retouche photo permettant de manipuler les histogrammes sur des zones particulières de l'image, retrouver le comportement des principaux éléments visibles (eau, neige, nuages, végétation, etc.)

 

 


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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 16:54

500 vols ont été annulés mardi 24 mai en Europe à cause du nuage de cendres du volcan islandais Grimsvötn, entré en éruption le 21 mai 2011. C’est en Ecosse que le trafic est le plus perturbé. Des milliers de passagers sont bloqués en Ecosse à Glasgow, Edimbourg, Aberdeen et Inverness.

Deux voyageurs très particuliers ont modifié leur agenda pour éviter tout problème de transport : le président Barack Obama, qui se rend en France pour le sommet de G8 à Deauville jeudi 26 et vendredi 27 mai, et toute l’équipe de football du FC Barcelone, qui doit rencontrer samedi Manchester United en finale de la Ligue des champions au Wembley Stadium à Londres.

Selon Eurocontrol, les perturbations pourraient concerner l'espace aérien français et le nord de l'Espagne. Malgré la baisse d’intensité de l’éruption, la Commission européenne prévoit une fin semaine « très difficile » même si « une fermeture de grande ampleur de l'espace aérien européen n'est pas envisagée ».

Les deux images suivantes ont été acquises lundi 23 et mardi 24 mai par le capteur MERIS du satellite européen Envisat. Malgré la couverture nuageuse, la première image montre un nuage très dense au sud de l’Islande (sous les nuages). Celle du bas montre le nuage au nord de l’Ecosse. Pour fixer les idées, l’image du haut couvre une largeur d’environ 720 km, celle du bas de près de 1500 km. La résolution d’origine des images est d’environ 300 mètres.

 

Envisat---MERIS---volcan-Islandais---Grimsvotn---23-05-2011.jpg Image MERIS du nuage de cendres du volcan islandais Grimsvötn acquise le lundi 23 mai 2011
à 11h59 UTC. L’Islande est sous les nuages. La résolution est réduite d’un rapport 2 par rapport
à la résolution d’origine. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

Envisat---MERIS---volcan-Islandais---Grimsvotn---24-05-2011.jpgImage MERIS du nuage de cendres du volcan islandais Grimsvötn acquise le mardi 24 mai 2011 à
11h23 UTC. Le nuage est au nord de l’Ecosse en haut à droite. L’Irlande est en bas de l'image. La
résolution est réduite d’un rapport 4 par rapport à la résolution d’origine.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

En savoir plus :

   

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

 

 

 


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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 19:15

Voici une très belle image acquise ce matin par le satellite européen Envisat. Un beau ciel bleu presque sans nuage avec des températures estivales, un moral qui remonte sur les terrasses de bar et des jupes qui racourcissent...

Qu'en disent les experts de Météo France :

"Une situation anticyclonique centrée sur la France qui nous protège de tout ce qui vient de l'Ouest. le mauvais temps contourne l'anticyclone... C'est un anticyclone classique à la sortie de l'hiver, l'atmosphére est limpide et transparente car encore un peu froide et sans trop d'aérosols de saison (fumées de feux, pollution industrielle et autres pollens)

Bref que du bonheur dans cette masse d'air stable !  Dimanche, retour vers des températures "normales" et lundi,le sud ouest retrouve les nuages ! Puis à nouveau du beau temps et de la pluie pour tout le monde pour le week-end de Rameaux".

 

Envisat - France RR4 - 07-04-2011 - 10h11Extrait d'une image acquise par le satellite européen Envisat le jeudi 7 avril à 10h11 UTC.
La résolution est réduite d'un rapport quatre par rapport à celle de l'image initiale (250 mètres).
Crédit Image : Agence Spatiale Européenne (ESA).

 

Envisat - France - 07-04-2011 - 10h11Un sous-ensemble de l'image ci-dessus couvrant la chaîne des Pyrénées, la Catalogne et les îles
Baléares (Ibiza, Majorque et Minorque).  L'image publiée a
ici la résolution d'origine du capteur
MERIS (250 mètres). Crédit Image : Agence Spatiale Européenne (ESA).

 

Les deux images permettent d'admirer les chaînes des Alpes et des Pyrénées bien dégagées, ainsi que la Corse et la Sardaigne. Dommage que lce passage d'Envisat n'ait pas permis de couvrir également la Bretagne. A l'exception du motif de nuages dans le golfe du lion, l'absense de nuages sur une zone aussi vaste est assez rare sur les images des satellites d'observation. C'était un bon jour pour acquérir des images optiques !

 

Mettre la pression pour détendre l'atmosphère...


isobares-France---08-04-2011---00h00.jpgPrévision des isobares établie par Météo France pour le 08/04/2011 à 0h00 UTC. L'anticyclone se
déplace sur l'Irlande. Légende : A = Anticyclone, D = Dépression, bleu : front froid, rouge : front chaud.
Crédit image Météo France.

 

Les isobares sont des lignes reliant sur une carte les points de pression atmosphérique égale. Ils permettent de représenter sur les cartes de prévisions météorologiques les différents systèmes météorologiques : dépressions, anticyclones et fronts.

Dans son glossaire de son site Internet, Météo France définit l'adjectif "anticyclonique" distingue une zone, une situation, un phénomène ou un événement liés à la présence d'un anticyclone. Il y a circulation anticyclonique là où les vents soufflent autour d'un centre de hautes pressions atmosphériques en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère Nord, dans le sens inverse dans l'hémisphère Sud.

Dans un commentaire plus détaillé, le site de Météo France précise : "évoluant lentement, un anticyclone protège la France de tout temps perturbé pendant plusieurs jours : pas de coup de vent, pas de nuages suffisamment épais (apparaissant en blanc sur l'image satellite) pour donner de fortes précipitations. Le courant perturbé et son cortège de nuages sont rejetés au nord, sur l'Ecosse et la Norvège. En été, ce type de temps se traduit par de belles journées bien ensoleillées. En automne, en hiver et au printemps, la prévision est plus délicate. Selon la température de la mer ou du sol, selon l'humidité de la masse d'air, des brouillards plus ou moins persistants, des nuages bas de type stratus et stratocumulus  peuvent se former et même apporter un peu de bruine. En montagne, en revanche, on bénéficie souvent d'une excellente visibilité".

 

Des températures record en France et dans le sud-ouest de l'Europe mais pas assez d'eau pour les agriculteurs :

Toujours selon Météo France, le sud-ouest de l'Europe, du Portugal à la France en passant par l’Espagne, a connu mercredi 6 avril des températures exceptionnellement élevées pour la saison. Des records de chaleur pour un début avril ont été battus. On a ainsi relevé au plus chaud de la journée 30°C à La Corogne, 31°C à Porto et jusqu’à 33°C à Bilbao.

En France, Météo France a relevé les températures maximales suivantes pour la journée du mercredi 6 avril 2011 :

  • 28°C à Albi, Bergerac, Brive et Montauban,
  • 27°C à Auch et Tarbes,
  • 26°C à Toulouse et Le Mans,
  • 25°C à Paris, Grenoble, Nantes, Orléans et Carpentras,
  • 24°C à Rennes, Lille et Montélimar,
  • 23°C à Brest, Lyon et Strasbourg,
  • 22°C à Dijon, Reims et Nancy.

Par contre, il y a depuis le début de l'année en France des précipitations insuffisantes,  de 30 à 50 % en dessous du niveau normal. C'est bien pour les activités de plein air mais beaucoup moins pour les agriculteurs et les organismes en charge de la gestion de l'eau.

 

Comme l'illustrent les deux cartes ci-dessous produites par Météo France pour ses bilans climatiques, la France a connu au mois de mars 2011 des précipitations cumulées déficitaires sur l'ouest et le nord de la France ainsi qu'en Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace, Franche-Comté et sur les Alpes du Nord. Le déficit dépasse 75 % en Bretagne, Sologne et Touraine, ainsi que le long de la frontière belge.

A l'inverse, dans le sud-est, la pluviométrie est excédentaire, avec une fois et demie la normale sur le pourtour méditerranéen, les Cévennes et l’est de la Corse. En Languedoc-Roussillon, l’épisode du 11 au 16 mars a généré des cumuls dépassant trois fois la normale.*

La dernière carte est une comparaison des 7 derniers mois ("année hydrologique  en cours" avec les normales correspondantes sur la période 1971-2000).

 

Meteo-France---Pluviometrie---Mars-2011.jpg Meteo-France---Pluviometrie---Ecart---Mars-2011.jpg

Les cumuls de précipitations en France en mars 2011. A gauche, cumul mensuel exprimé en mm
(la couleur rouge signifie pas ou presque pas de pluie). A droite, les écarts par rapport aux normales en
mars sur la période 1971-2000. 100% signifie "précipitations normales". le rouge vif correspond à des
écarts de plus de 75% par rapport à un mois de mars normal. Crédit image : Météo France

 

Meteo-France---Pluviometrie---Ecart---09-2010-a-03-2011.jpgComparaison des précipitations en France au cours des 7 derniers mois ("année hydrologique
en cours") avec les normales correspondantes sur la période 1971-2000.
Crédit image : Météo France

 

Pour en savoir plus :

 

 Suggestions d'utilisations pédagogiques en classe :

  • A partir des mesures publiées par Météo France sur son site, travail sur les températures, les précipitations et les valeurs utilisées en météorologie : unités de mesures, notions de valeur moyenne annuelle et mensuelle, valeur maximale et minimale. Représentation sur forme de courbes ou d’histogrammes. Exercices pratiques avec Excel (Microsoft) ou Calc (Open Office). Travail similaire sur les courbes de température concernant le changement climatique.
  • Travail de lecture de cartes : compréhension des valeurs représentées et choix des échelles : valeur aboslue, écart par rapport à la normale ou à une valeur de références, échelles liniéaires ou logarithmiques, ...
  • En géographie, interprétation et commentaire de l'image du satellite ENVISAT illustrant cet article.

 

 

 

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 22:46

« Le printemps n’est pas loin », « Y'a d'la joie et du soleil dans les ruelles » (c’est pour cela que Charles Trenet)

C’est le printemps et c’est peut-être la première bonne nouvelle de la semaine après la triple catastrophe au Japon (séisme, tsunami et accident nucléaire) et la crise en Lybie.

On pourrait pourtant croire qu’il n’y a plus de saisons : pour cette fois-ci au moins, on va échapper à l’hiver nucléaire en mars et le printemps arabe a commencé en plein hiver…

Meteosat-9---20-03-2011---06h00---Natural-colors.jpg Meteosat-9---20-03-2011---18h00---Natural-colors.jpg

Deux images de la Terre prises le 20 mars 2011 à 6h00 UTC et à 18h00 UTC par le satellite européen
Meteosat 9. Combinaison colorée de trois canaux visibles. Crédit image : Eumetsat

 

La date et l’heure du printemps en 2011 : 20 au 21 mars ?

Au fait, le printemps, c’est quel jour et quelle heure ? 20 mars, 21 mars, midi ou minuit. Eh bien, vous avez un peu le choix dans la date… En 2011, la date de l'équinoxe de printemps est le dimanche 20 mars à 23h20 UTC (et 44,7 secondes exactement), soit le lundi 21 mars à 0h20 en heure française (UTC + 1h).

Les deux images satellite ci-dessus ont été acquises le matin et le soir du 20 mars 2011 au moment où le soleil se lève et se couche sur l'Europe (et la Lybie...). Ce n'est pas encore tout à fait l'équinoxe de printemps mais la direction du terminateur est quasiment perpendiculaire à l'équateur : la limite entre les régions dans l'ombre et celles éclairées est parallèle aux méridiens. La situation est très différente au moment du solstice d'hiver en décembre comme l'illustre une autre article du blog Un autre regard sur la Terre.

L'axe de la Terre est incliné d'environ 23°27’ par rapport au plan de son orbite : pendant six mois de l’année, l’hémisphère nord est orienté vers le Soleil. C’est l’hémisphère sud pendant l'autre moitié de l’année. Au moment de l’équinoxe, les deux hémisphères sont orientés également par rapport au Soleil et celui-ci est situé directement au zénith (à la verticale) de l'équateur. Il y a deux équinoxes par : le premier en mars (entre le 19 et le 21, le deuxième en septembre (le 22 ou le 23) . Par convention, les équinoxes marquent les dates du début du printemps et de l'automne.

Le jour de l'équinoxe, si on fait ne tient pas compte la réfraction atmosphérique, la durée de la nuit est égale à la durée du jour. C'est également le jour où le Soleil se lève plein est et se couche plein ouest. Du pôle Nord au pôle Sud, tous les points de la Terre situés sur un même méridien, reçoivent alors simultanément la lumière du Soleil durant la journée.

Deux remarques :

  • Dans tous les cas, l‘inclinaison des rayons solaires aux pôles explique la faiblesse du flux lumineux parvenant au sol : le climat reste assez froid même pendant l'été. A l’opposé, plus on se rapproche de l'équateur et plus les rayons lumineux sont proches de la verticale.
  • L’inclinaison de la Terre varie (entre et 22°6’ et 24°30’) selon un cycle de 41 000 années.

Les pages du site de l’IMCCE (Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides) précisent que depuis la création du calendrier grégorien en 1582, l'équinoxe de printemps tombe le 19, 20 ou 21 mars. Au dix-neuvième siècle et au vingtième siècle, l’équinoxe est toujours tombé le 20 ou le 21 mars.

Dans le passé, l’équinoxe n’est tombé le 19 mars en 1652, 1656, 1660, 1664, 1668, 1672, 1676, 1680, 1684, 1685, 1688, 1689, 1692, 1693, 1696, 1697, 1780, 1784, 1788, 1792 et 1796. Il tombera de nouveau le 19 mars en 2044.

 Cette année l'équinoxe de printemps sera accompagné d’une grande marée d'équinoxe de forte amplitude (coefficient 118) causé par la proximité de la pleine Lune et de l'équinoxe et le fait que la pleine Lune soit au périgée et au noeud équatorial de son orbite. La Lune est donc proche de la Terre et dans le plan de l'équateur et, pour ces deux raisons, la force de marée lunaire est maximale.

 

MTSAT---20-03-2011---22h00.pngPresque l'équinoxe : une image acquise à 22h00 UTC par un autre satellite météorologique.
Il s'agit de MTSAT 2 de l'agence météorologique japonaise, en orbite géostationnaire au dessus
de la longitude 145°E. Crédit image : JMA (Japan Meteorological Agency)

 

Rassurez-vous : les satellites géostationnaires continuent à observer le déplacement des nuages et de fournir des  données pour les modèles de prévisionmême lorsque la terre n'est pas éclairée par le soleil. Les images illustrant le début de cet article sont  toutes acquises dans des bandes spectrales visibles, celles que l'oeil humain peut voir, corresponsdant à la lumière du soleil réfléchie par les objets observés (les nuages par exemple). En utilisant l'infrarouge thermique, on mesure la lumière émise directement par les objets dès qu'ils sont à une température supérieure au zéro Kelvin. C'est le cas ci-dessous avec une autre image du satellite Météosat 9, cette fois-ci dans la bande centrée autout de la longueur d'onde 10,8 µm. La modélisation des déplacements de l'atmosphère à partir de ces informations sert, par exemple en relation avec l'actualité, à prévoir la propagation des nuages de pollution, comme le nuage radioactif issu de la centrale de Fukishima, ou les nuages de cendres des volcans.

 

Meteosat-9---20-03-2011---00h00---IR10-8.jpgImage de la Terre prise le 20 mars 2011 à 0h00 UTC par le satellite européen Meteosat 9.
Canal infrarouge thermique à 10,8 µm La preque totalité de l'hémisphère terrestre
est visible malgré l"absence d'éclairement solaire. Crédit image : Eumetsat

 

En ce qui concerne le Japon, à partir des rejets radioactifs estimés par l’Institut de Radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Météo France a simulé la dispersion de ces rejets dans l'atmosphère, projetée jusqu’au 26 mars. Selon cette simulation, le panache radioactif aurait actuellement atteint le nord-est de la Sibérie, les Etats-Unis et l’ouest de l’Atlantique. Il devrait atteindre la France à partir du 23 ou 24 mars.

La simulation est réalisée à partir du modèle MOCAGE. MOCAGE est le Modèle de Chimie Atmosphérique à Grande de Météo-France. Il a été développé à partir de 1999 pour remplacer le modèle REPROBUS, développé en collaboration avec le NCAR (National Center for Atmospheric Research, USA). MOCAGE est un modèle tridimensionnel, multi-échelles, stratosphérique et troposphérique. Il couvre plusieurs objectifs scientifiques, comme l’étude des interactions entre la chimie et le climat, jusqu’à la modélisation de la chimie troposphérique à l’échelle régionale.

Pour le nuage de la centrale de Fukishima, c'est la version "MOCAGE accident" qui est utilisée. Elle permet de modéliser le tranport et la dispersion d’un polluant rejeté accidentellement dans l’atmosphère. Bien sûr, la principale difficulté consiste à connaître précisément les caractéristiques du rejet de polluant (quantité, débit en fonction du temps). Sur son site, l'IRSN précise qu'il ne dispose pas "de données de mesure directe sur la composition et l’ampleur des rejets radioactifs, mais dispose d’informations techniques sur les installations accidentées".

IRSN-Fukushima---Simulation-MOCAGE---Meteo-France---Echeanc.jpg IRSN-Fukushima---Simulation-MOCAGE---Meteo-France--copie-1.jpg

Deux cartes représentant la dispersion du nuage radioactif de la centrale de Fukushima pour les
échéances du 21 mars 2011 à 12h00 UTC (le nuage atteint la zone des Antilles) et du 23 mars 2011
à 12h00 UTC (le nuage atteint la France métropolitaine). Résultats du modèle MOCAGE accident
pour le Césium-137. Crédit image : IRSN / Météo France

Sur ces cartes, L'échelle de couleur est graduée de "Max/100 000 000" à "Max". Max correspond à une radioactivité de 1000 becquerel par mètre cube (1000 Bq/m3). Sur son site, l'IRSN donne quelques points de repère : selon l'IRSN, par exemple, en mai 1986 dans les jours qui ont suivi l'accident de Tchernobyl, les valeurs mesurées dans l’Est de la France étaient de l’ordre de 1 à 10 Bq/m3. Compte tenu de l'incertitude sur les niveaux de radioactivité de Fukushima - Daiichi, ces cartes doivent être interprétées avec beaucoup de précautions. Par exemple, L’IRSN a retenu l’hypothèse que ces rejets se poursuivent jusqu’au 20 mars alors que plusieurs dégagements de fumée se sont encore produit le lundi 21.

De nouvelles simulations devront être faites a posteriori lorsque les rejets seront mieux connus et surtout des mesures de terrain devront les confirmer.

Dans un bulletin mis à jour le 22 mars 2011 à 7h00, sur la base des éléments qu’elle a pu collecter, la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité) indique que "le risque d’irradiation par les masses d’air contaminé sera négligeable. Le risque associé à l’inhalation des aérosols et halogènes radioactifs présents dans l’air devrait être très faible". En revanche, la CRIIRAD précise que "le contexte actuel peut amener chacun à réfléchir à l’équilibre de son régime alimentaire et à vérifier s’il n’est pas carencé en iode (la thyroïde a besoin d’iode stable pour fabriquer les hormones nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme)" et rappelle également que "lorsque la thyroïde est carencée en iode, elle fixe d’autant plus l’iode radioactif".

 

Mettre du bore dans les épinards ?

 Le bore est un atome ayant la propriété d'absorber les neutrons produits par la réaction nucléaire. Il est généralement mélangé à l'eau du circuit primaire et permet de contrôler et, parfois, d'arrêter la réaction nucléaire. Au cours des opérations de maintenance, du bore peut être encore ajouté dans le circuit primaire pour éviter tout redémarrage intempestif de la réaction nucléaire. Au Japon, TEPCO avait commencé à refroidir le réacteur avec de l’eau de mer avant d’y ajouter de l’acide borique pour limiter l'activité du coeur. La France a proposé de mettre à disposition des réserves de bore.


Une pleine lune géante sur une orbite excentrique

Le 19 Mars à 18h10 UTC, c’était la pleine Lune. Une pleine Lune d’une taille exceptionnelle qui s’est levée à l'est au coucher du soleil. Cette "Lune de périgée" était la plus grande depuis près de 20 ans. Très précisément, le périgée était atteint une heure plus à 19h08 UTC.

La taille apparente de la pleine Lune varie à cause de la forme de l’orbite de la Lune autour de la Terre. Son périgée (point de son orbite le plus proche de la Terre) à 356 575 km est environ 50 000 km plus près de la Terre que son apogée (point de l'orbite le plus éloigné de la Terre). Au périgée, la Lune a une taille apparente environ 14% plus grande (avec une luminosité 30% plus importante) que lorsqu'elle se trouve à son apogée.

Près de l’horizon, La Lune paraît alors vraiment à portée de main…

 

Lune---19-03-2011---Toulouse---Maourine.jpgLa Lune de Périgée du 19 mars 2011. Photographie prise depuis les jardins de la Maourine à
Toulouse (Museum de Toulouse). Ce samedi 19 mars, l’association Planète Sciences Midi-Pyrénées
organisait son assemblée générale, une série de débats et de conférences et un repas convivial
avec un quiz sur la Lune. Crédit image : Gédéon

 

Sous l'oeil du satellite Envisat, une France presque sans nuage pour le premier jour du printemps

Assez rare : le satellite Envisat a pris cette image de la France le 21 mars à 10h30 UTC. A part quelques nuages au sud, un grand ciel bleu sur l'ensemble du territoire. Nos petits camarades britanniques n'ont pas cette chance... L'image en pleine résolution est très intéressante pour un cours de géographie de la France (fleuves, zones montagneuses, etc.) Note : l'image ci-dessous n'a pas été corrigée en géométrie, ce qui explique le côté "penché" de la France par rapport aux représentations cartographiques habituelles. La Corse est un peu à l'est de la zone couverte par le satellite.

 

Envisat - France - ESA - MERIS - Un autre regard sur la Terre - Planète Sciences Midi-Pyrénées

La France presque sans nuages. Extrait d'une image acquise par le satellite Envisat le 21 mars
à 10h30 UTC. La résolution est réduite d'un rapport 3 par rapport à l'image d'origine.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

A noter sur votre agenda… vos prochains rendez-vous sur l’orbite de la Terre autour du soleil

  • Printemps : le 20 mars 2011 à 23h20 UTC
  • Eté : le 21 juin 2011 à 17h16 UTC
  • Automne : le 23 septembre 2011 à 9h04 UTC
  • Hiver : le 22 décembre 2011 à 5h29 UTC

 

Chercher midi à quatorze heure : le passage à l'heure d'été le dernier dimanche de mars 

Pour ceux qui continuent à utiliser l'heure légale, on s'approche du passage à l'heure d'été : pour la France , la date du passage à l'heure d'été est le dernier dimanche du mois de mars et on conserve ce décalage d'une heure jusqu'au dernier dimanche d’octobre. Pendant cette période, l'heure légale française est donc (UTC + 2 heures) et l’heure d’hiver correspond à (UTC + 1 heure). La date du changement d'heure est la même pour tous les pays d'Europe.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d'utilisations pédagogiques à l'école :

  • Travail sur les saisons : selon l'âge des élèves, jeux, maquettes ou travail personnel pour expliquer les saisons.
  • Travail sur la météorologie et la prévision de la circulation atmosphérique. En utilisant des séries d'images du satellites Météosat, analyser le déplacement des nuages entre le 12 et le 24 mars 2011. Voir s'il est possible d'établir un lien avec la prévision de dispersion du nuage radioactif de Fukushima.

 

 

 

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 19:10

Trop ou pas assez… Est-ce que toute la neige de l’hiver serait tombée pendant les épisodes neigeux du mois de décembre et en particulier celui du 8 décembre en région parisienne qui avait semé une belle pagaille.

 

Le ski, c'est exquis, avec de la neige...

Alors que les vacances scolaires débutent pour la zone C (académies de Bordeaux, Créteil, Paris et Versailles), l'absence de neige fraîche depuis un mois inquiètent les responsables de certaines stations qui attendent avec impatience de nouvelles chutes annoncées par Météo France en début de semaine prochaine. Dans les stations équipées de canons à neige, c’est la neige de culture qui permet l’ouverture des domaines skiables. Les conditions météorologiques ont été souvent très favorables à la production de neige de culture, au moins jusqu’au début du mois de février. La situation est plus difficile pour les stations qui n’utilisent pas la neige artificielle.

Les deux images suivantes sont des extraits d’une scène acquise par le satellite européen Envisat le 10 février 2011 à 10h27 UTC. En les comparent à d’autres images du même satellite à la même période (voir le site Miravi de l'ESA) ou à des images publiées au moment des épisodes neigeux de décembre, on vérifie que l’enneigement est effectivement historiquement bas.

 

Envisat---Alpes---11-02-2011--10h27.jpgEnvisat---Pyrenees---11-02-2011--10h27.jpgDeux extraits d’une scène acquise par le satellite européen Envisat le 10 février 2011 à 10h27 UTC.
Une correction de contraste a été appliquée par Planète Sciences Midi-Pyrénées.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne

 

Deux dictons du mois : « Février avec neige nous garantit un bel été » et « À la Saint-Pierre Damien, L'hiver reprend ou s'éteint »

Selon un communiqué de Météo France publié le 10 février, « c’est un milieu d’hiver sec que connaissent la plupart des massifs montagneux français ; dans les Alpes du Nord il n’a pas neigé depuis le 13 janvier. Dans les Alpes du Sud et dans les Pyrénées, les derniers épisodes neigeux, de faible intensité, remontent à la fin janvier. Seule la Corse a été mieux servie grâce à des perturbations méditerranéennes. Depuis quelques jours, ce sont des conditions météorologiques printanières qui règnent sur l’ensemble des massifs. »

Dans les Alpes du Nord et les Pyrénées, les épaisseurs de neige sont nettement inférieures aux valeurs moyennes pour cette période, l’enneigement naturel étant très déficitaire à toutes altitudes. La situation est un peu différente en Corse et dans les Alpes du Sud où l’enneigement est déficitaire en dessous de 2000/2200 m mais devient proche des normales voire légèrement excédentaire au-dessus.

Plus spécifiquement dans les Pyrénées, sur une grande moitié ouest des Pyrénées, les épaisseurs de neige en versant nord sont d'une dizaine de cm à 1800 m, une quarantaine à 2000 m et un mètre à 2400 m. Sur l’est de la chaîne, l'enneigement est encore un peu plus faible. Toujours selon le communiqué de Météo France, « l'enneigement dans les Pyrénées est ainsi bien déficitaire à toutes altitudes. Le froid et le chaud ont alterné depuis le mois de décembre avec seulement quelques chutes de neige. Ainsi, le temps très sec qui règne depuis deux mois sur toute la région se traduit par un enneigement plutôt maigre. Il se situe au niveau des enneigements les plus faibles de ces dix dernières années ».

Au cours de la semaine prochaine, Météo France prévoit un refroidissement et de nouveaux passages perturbés mais le retard d’enneigement ne sera pas rattrapé.

 

L’œil d’Envisat observe l’œil du Québec : l’impact d’une grosse boule de neige

La neige au Québec, c’est fréquent en cette saison. Ici, à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent, un effet très particulier : le manteau de neige souligne le relief de cratère de Manicouagan.

A environ 200 kilomètres au nord du fleuve Saint-Laurent, le cratère de Manicouagan, au Québec (Canada), à 200 kilomètres au nord du fleuve St-Laurent. C’est un des plus grands cratères météoritiques au monde avec un diamètre d'une centaine de kilomètres et une profondeur moyenne de 73 mètres. Il forme le réservoir du barrage hydro-électrique de Manicouagan-5. L'impact de l’astéroïde, dont le diamètre est estimé à 5 kilomètres, s'est produit il y a environ 214 millions d'années. Les spécialistes pensent ce cratère,ainsi que d’autres comme celui de Rochechouart-Chassenon (en France) et le cratère du lac Saint-Martin (au Canada) ont été créés à la même période par la chute d’une série d’astéroïdes.

 

Envisat---Saint-Laurent---09-02-2011---15h01.jpgL’embouchure du fleuve Saint-Laurent et le cratère de Manicouagan au Québec. Extrait d’une image
Envisat acquise le 9 février 2011 à 15h01 UTC. L’image présentée ici a une résolution réduite d’un
rapport 2 par rapport à l’image originale. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

Aux Etats-Unis, trop de neige avec deux tempêtes de neige importantes en moins d’une semaine…

Début février, le centre et le nord-est des Etats-Unis ont subi une impressionnante tempête hivernale s'accompagnant de neige, de pluies verglaçantes et de fortes rafales de vent. Le trafic aérien a été fortement perturbé avec des milliers de vols annulés.

Les intempéries concernent la moitié des états américains, du Texas (sud) au Maine (nord-est) avec des températures polaires et des rafales de vent. Les réservistes de la Garde nationale ont été appelés à la rescousse pour secourir les automobilistes en difficulté.

Depuis la fin décembre, des chutes de neige historiques ont déjà été enregistrées dans le nord-est des Etats-Unis. La ville de New York avait été paralysée. Selon le maire de New York, Michael Bloomberg, la ville n'avait pas vu autant de neige depuis 125 ans en janvier.

Une nouvelle tempête avec des chutes de neige abondantes a touché l'Oklahoma, le Kansas, l'Ohio et le Kentucky les 10 et 11 février. Les prévisionnistes météo annoncent une nouvelle dégradation possible la semaine prochaine sur le nord-ouest du pays.

Les trois images suivantes ont été acquises cette semaine. La première image acquise par le capteur MERIS du satellite Européen Envisat couvre la région des grands lacs ont nord des Etats-Unis. L’image suivante provient du capteur MODIS satellite américain Aqua. Elle couvre le sud de la première zone. On distingue nettement les méandres du fleuve Mississippi.

MERIS et MODIS sont deux capteurs qui travaillent sur un nombre élevé de bandes spectrales. L’image MERIS est représentée en couleurs naturelles avec trois bandes rouges, vertes et bleues correspondant aux couleurs rouges, vertes et bleues de l’écran. La seconde image MODIS est ici une combinaison des bandes 7, 2 et 1 qui permet de bien distinguer la neige des nuages. La dernière image montre la situation le 12 février 2011 en couleurs naturelles. Elle couvre au sud la Louisiane et la côte du golfe du Mexique.

 

Envisat---Grands-lacs---10-02-2011---16h04.jpgExtrait d’une image MERIS acquise le 10 février 2011 à 16h04 UTC par le satellite européen Envisat.
L’image présentée ici a une résolution réduite d’un rapport 3 par rapport à l’image originale.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

USA---Aqua---721-10-02-2011.jpgExtrait d’une image MODIS acquise le février 2011 à h UTC par le satellite américain Aqua.
Représentation des couleurs dite « 721 ». La résolution est très légèrement réduite par rapport
à l’image originale.
Crédit image : NASA/GSFC, MODIS Rapid Response

  USA---Aqua---12-02-2011.jpgExtrait d’une image MODIS acquise le 12 février 2011 par le satellite américain Aqua.
Représentation en couleurs naturelles. Crédit image : NASA/GSFC, MODIS Rapid Response

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • En utilisant les images disponibles sur le site Miravi de l’Agence Spatiale Européenne, faire un historique des couvertures nuageuses dans les Alpes ou les Pyrénées à la mi-février entre 2006 et 2010.
  • Travail sur le fonctionnement des canons à neige : quelles sont les conditions météorologiques nécessaires, comment marchent-ils ? Voir par exemple un article sur Wikipedia ou sur le site remonteesmecaniques.

 

 

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 18:49

C’est après que l’on peut apprécier l’importance des actions de prévention, de préparation et d’alerte, avec des dizaines de milliers de personnes évacuées ou mises à l’abri.

Le cyclone Yasi, parfois considéré comme "pire cyclone jamais observé depuis des générations", n’a pas fait de victimes en Australie. Les vidéos de son passage sont très impressionnantes mais, à ce stade, les dégâts sont importants mais uniquement matériels : toits arrachés, arbres déracinés, réseau électrique détruits, champs de canne à sucre dévastés. Les premières estimations évoquent un coût de plusieurs milliards de dollars.

Un début de polémique concerne le classement en catégorie 5, qui aurait été exagéré.

Le cyclone Yasi poursuit actuellement sa trajectoire dans le continent, désormais rétrogradé en catégorie 1.

 

Les cieux dans les yeux : Le satellite Envisat tient Yasi à l'oeil

J’ai publié dans un article précédent sur Yasi une image acquise par le satellite européen Envisat et montrant le cyclone quelques heures avant qu’il ne touche la côte. Il s’agissait d’un image en résolution réduite. Je me suis demandé quels détails on pouvait voir en pleine résolution. Bien entendu, je me suis intéressé à l’œil du cyclone. Voici donc un extrait de l’image.

 

Yasi---Oeil---Envisat---01-02-2011---23h34-copie-1.jpgExtrait d’une image acquise par le satellite européen Enivsat le février 2011 à h UTC. L’image est
en pleine résolution (un pixel correspond environ à 250 mètres). Une forte augmentation de
contraste dans les hautes couleurs a été appliquée par Planète Sciences Midi-Pyrénées.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA).


L’image d’origine ne permet pas de voir ces détails : on voit une masse apparemment uniforme de couleur blanche. Par contre, un traitement qui consiste à modifier la dynamique de l’image dans les hautes lumières fait apparaître la structure de manière très visible : on réaffecte presque la totalité des niveaux de gris à une petit fraction des niveaux (les plus élevés correspondant aux zones les plus lumineuses). C’est un exemple de situation où une modification d’histogramme est très efficace. Vous pouvez vous amuser à expérimenter ce type de traitement avec un logique de retouche photo comme Gimp.

 

copie-ecran---oeil-Yasi-vu-par-Envisat.jpgCopie d’écran montrant un traitement de modification d’histogramme avec Gimp. A gauche,
l’image originale et son histogramme. A droite, l’image après traitement et la courbe utilisée
pour modifier l’histogramme. Crédit : Planète Sciences Midi-Pyrénées

 

La ronde infernale du cyclone Yasi entre le 30 janvier et le 3 février : une vidéo vue d'en haut

Chaque jour, 24 heures sur 24, le satellite japonais MTSAT, géostationnaire donc apparemment fixe à la verticale, transmet des images de l’hémisphère terrestre qu’il surveille. Pendant toute la période d’approche du cyclone Yasi, entre le 30 janvier 2011 à 19h00 UTC et le 3 février 2011 à 14h00 UTC, j’ai collecté les images publiées toutes les heures par l’Agence Météorologique Japonaise (JMA). Je me suis intéressé au secteur sud-est de l’image complète, c’est-à-dire la partir couvrant l’Australie et la Nouvelle-Calédonie et les îles Salomon. Je me suis limité aux images acquise dans la bande infrarouge thermique qui permet de voir les formations nuageuses à toute heure du jour et de la nuit. A partir de ces 91 images, j’ai utilisé Moviemaker (le logiciel livré avec Windows) pour créer la petite séquence vidéo suivante :

 

 Séquence vidéo créée à partir de 91 images du satellite japonais MTSAT entre
le 30 janvier et le 3 février 2011. Images dans le canal infrarouge thermique.
Montage : Gédéon / Planète Sciences Midi-Pyrénées.
Crédit image : Agence Météorologique Japonaise (JMA)

 

Il est possible de faire cette vidéo de manière exploitable parce que le satellite est géostationnaire : la terre paraît fixe et on met bien en évidence le mouvement des masses nuageuses. Cette séquence, également disponible sur le site Dailymotion, retrace ainsi la trajectoire du cyclone et son développement. On voit au moins deux phénomènes de manière très nette :

  • La formation de l’œil du cyclone Yasi.
  • Le sens de rotation des bras du cyclone, ici dans le sens des aiguilles d’une montre, parce qu’il s’agit de l’hémisphère sud. C’est le contraire dans l’hémisphère nord.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • Initiation au traitement des images et aux manipulations d’histogramme à partir d’images publiées sur la blog un autre regard sur la Terre et d’un logiciel de traitement (par exemple Gimp)
  • Dossier personnel sur les cyclones, les conditions de formation et le sens de rotation.
  • A partir de la vidéo publiée dans cet article (également accessible sur le site dailymotion), estimer la vitesse moyenne de déplacement du cyclone Yasi. La date et l’heure d’acquisition des images sont incrustées en bas de chaque image. Comparez avec les informations données dans les bulletins d’alerte.
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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 15:43

La position du centre du cyclone Yasi indiquée dans le dernier bulletin publié à 12h00 UTC par le bureau météorologique australien est la suivante :

  • latitude: 17,5°S
  • longitude: 146,9°E

A quelques kilomètres près, c'est la position de la ville d'Innisfail, un peu au sud de Cairns.

Sans plus de commentaires, voilà une image infrarouge provenant du satellte japonais MTSAT acquise le 2 février à 13h32 UTC. Comme promis dans l'article précédent, j'ai choisi une représentation des couleurs qui est destinée à mettre en évidence la structure du cyclone (en particulier pour l'estimation de son intensité selon la technique de Dvorak). En bas de l'article la mise à jour de la prévision de la trajectoire et de l'intensité du cyclone Yasi dans les heures qui viennent.

 

Yasi---MTSAT---02-02-2011-13h32-UTC.jpgExtrait d'un image du cyclone Yasi acquise par le satellite géostationnaire MTSAT le 2 février 2011 à
13h32 UTC. L'image correspond au canal infrarouge.
Crédit image : Agence Météorologique Japonaise (JMA)

 

Cette image utilise une table des couleurs qui met en évidence les différences de niveau radiométrique, de manière à faciliter l'analyse visuelle. L'instrument du satellite MTSAT travaille dans cinq bandes spectrales : une bande visible et quatre bandes infrarouge. Chaque mesure est codée sur 10 bits sur 1024 niveaux possibles. Un seul canal peut être représenté avec un dégradé de niveaux de gris (0 pour le noir, 1023 pour le blanc) mais on peut décider, comme ici, d'affecter à chaque niveau des couleurs particulières, avec une progression du bleu profond au rouge.

 

Trajectoire-Yasi-BOM---02-02-2011---12h00-AEST.gifMise à jour du 2 février à 12h00 UTC de la prévision de trajectoire du cyclone Yasi.
Crédit image : Bureau météorologique australien.

 

En savoir plus : 

Les autres articles du blog Un autres regard sur la Terre sur le cyclone Yasi :

 

Suggestions d'utilisations pédagogiques en classe :

  • Travail sur la représentation des images monobandes ou panchromatiques : les étalements de dynamique et les tables de couleurs permettant de mettre en évidence différentes caractéristiques. Beaucoup de manipulations possibles en classe avec un logiciel de retouche photo (comme Gimp par exemple). Dans l'idéal, il faut pouvoir manipuler des tables de couleurs sur 8 bits. Voir également sur le site du National Hurricane Center de Miami comment une même image peut être représentée de différentes manières.
  • Voir les autres pistes proposées dans les articles sur les ouragans et les cyclones.

 

 


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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 22:05

 

Pour un fois, ce n'est pas une image satellite qui sert d'introduction à un article du blog Un autre regard sur la Terre. L'image suivante provient du radar météorologique de l'île Willis au nord-est de l'Australie, entre la côte et la grande barrière de corail. Elle correspond à la situation du 2 février à 20h45 UTC, alors que le cyclone Yasi, avec son oeil bien formé, est juste au-dessus de l'île Willis. Il est probable que le radar de l'île Willis cesse de fonctionner dans les heures qui viennent.

 

Willis-Island---Radar-pluie---01-02-2011---20h50-UTC.gifImage du radar météo de l'île de Willis acquise le mardi 1er février 2011 à 20h45 UTC.
L'échelle de couleur matérialise la densité des précipitations.
Crédit image : Bureau météorologique australien (BOM)

 

Willis Island est une petite île d’une surface de moins de 8 hectares, située à 450 km à l’est de Cairns dans la mer de Corail. Le point le plus élevé est à 9 mètres au-dessus du niveau de la mer : les vagues accompagnant le cyclone Yasi ont une hauteur du même ordre de grandeur. Le radar météorologique (modèle TVDR 2500 opérant en bande C) est « particulièrement » bien placé pour observer les précipitations causées par les cyclones tropicaux dans un rayon de 300 km environ.

 

Le cyclone Yasi désormais classé en catégorie 5, la plus élevée

Dans le bulletin publié le 2 février 2011 à 5h du matin (en heure locale AEST), le bureau météorologique australien avertit :

SEVERE TC YASI IS A LARGE AND VERY POWERFUL TROPICAL CYCLONE AND POSES AN EXTREMELY SERIOUS THREAT TO LIFE AND PROPERTY WITHIN THE WARNING AREA, ESPECIALLY BETWEEN PORT DOUGLAS AND TOWNSVILLE. THIS IMPACT IS LIKELY TO BE MORE LIFE THREATENING THAN ANY EXPERIENCED DURING RECENT GENERATIONS.

The Cyclone has now reached CATEGORY 5 and will continue to move in a west-southwesterly direction during today.

Coastal residents within the warning, and particularly between Port Douglas and Townsville are specifically warned of an EXTREMELY DANGEROUS sea level rise [i.e. storm tide] as the cyclone approaches and crosses the coast. The sea is likely to steadily rise up to a level which will be VERY DANGEROUSLY above the normal tide, with EXTREMELY DAMAGING WAVES, strong currents and flooding of low-lying areas extending some way inland. People living in areas likely to be affected by this flooding should take measures to protect their property as much as possible, and be prepared to follow instructions regarding evacuation of the area if advised to do so by authorities.

DAMAGING WINDS with gusts to 90 km/hr are expected to develop on coastal islands later this morning, then extend onto the coast during the day, and further inland across the northern tropical interior overnight.

Between Cooktown and Ingham these winds will become DESTRUCTIVE with gusts in excess of 125km/hr during the afternoon and VERY DESTRUCTIVE with gusts above 280 km/hr between Port Douglas and Cardwell during the evening as the cyclone approaches. These VERY DESTRUCTIVE winds can also occur on the seaward side of

hills to the north of the cyclone and are also forecast to reach the Atherton Tablelands.

FLOODING RAINS will develop from Cooktown to Sarina during the afternoon and then extend inland overnight.

People between Cape Melville and Sarina, extending inland to Croydon and Hughenden should complete preparations quickly and be prepared to shelter in a safe place.

 

L'oeil du cyclone Yasi sous l'oeil d'Envisat

Trois heures plus tard, hier à 23h42 UTC, le satellite européen ENVISAT a observé à nouveau le cyclone Yasi à proximité des côtes australiennes. Il s'agit ici d'une image acquise dans le spectre visible en milieu de journée pour les australiens (ENVISAT est un satellite héliosynchrone qui survole une zone donnée à la même heure locale).


Envisat---Cyclone-Yasi---01-02-2011---23h34.jpg  Extrait d'une image du capteur MERIS du satellite européen ENVISAT acquise le 1er
février 2011 à 23h42 UTC. Un traitement a été appliqué par Planète Sciences Midi-Pyrénées
pour améliorer le contraste à l'intérieur du cyclone Yasi. L'image originale a une résolution
3 fois plus fine. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

L'image permet de voir très nettement l'oeil du cyclone très bien formée. C'est également à partir de la forme et de la structure du cyclone visible sur les images que les spécialistes déterminent la catégorie du cyclone sure une échelle de 1 à 5. Par exemple, pour la technique dite "de Dvorak",on utilise des images visibles et infrarouge pour estimer l'intensité du cyclone :

  • Dans le spectre visible, on évalue le stade de développement selon la forme des nuages au centre du cyclone et dans les bras en spirales qui l'entourent en comparant ce qu'on observe à des modèles de référence.
  • Dans l'infra-rouge, on évalue la différence de température entre l'œil, plus chaud, et le haut des nuages d'orage périphériques : plus la différence est grande, plus le sommet des nuages est à haute altitude et plus les orages associés sont intenses.

Vous trouverez certainement sur les sites spécialisés des images avec des représentations colorées particulières destinées à faciliter cettte interprétation visuelle. J'en publierai une dans un prochain article sur Yasi. 

Pour Yasi, les dernières informations publiées dans le bulletin de 4h00 AEST (heure locale de la côte est australienne) sont les suivantes :

  • Position du centre : 15,7°S et 151,7°E avec une précision de 20 kilomètres.
  • Déplacement vers l'ouest - su-ouest à une vitesse de 30 km/h.
  • Rafales de vent à proximité du centre : 295 km/h.
  • Catégorie : 5.
  • Pression au centre : 924 hectopascals.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d'utilisations pédagogiques en classe :

  • Reprendre les informations données dans les articles sur Yasi et réaliser un travail en classe sur l'organisation de l'alerte cyclonique et les moyens utilisés.
  • En utilisant, l'ensemble des bulletins d'alerte publiés sur Yasi, retracer son historique : position, intensité, vitesse des vents, pression au centre, etc. Réaliser des cartes et des courbes sous Excel ou Calc pour représenter l'évolution de ces paramètres.
  • Voir d'autres suggestions d'utilisations avec les élèves sur la page sur les cyclones et les tempêtes tropicales.

 

 

 

 

 


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Publié par Gédéon - dans Météorologie
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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
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