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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 11:37

USA---elections---2012---Obama---Romney---F16-2009.jpg

La répartition de la population et des électeurs aux Etats-Unis estimée à partir des satellites
d’observation de la Terre. Carte réalisée à partir d’une série d’images du satellite américain
DMSP F16 acquises en 2009 et affichée sous Google Earth.
Crédit image : Earth Observation Group (NGDC/STP/EOG)

 

Note : cet article concerne l'élection de 2012. Un nouvel article sur l'élection de Donald Trump a été publié en novembre 2016.

 

Obama haut la main ?

Nuit blanche pour les français américanophiles… Même si on attend encore les résultats de la Floride, c’est une victoire très nette au niveau des grands électeurs (303 pour Barack Obama et 206 pour Mitt Romney) mais un score beaucoup plus serré si on regarde les votes populaires (un peu plus de 55 millions pour Obama et 54 millions pour Romney), beaucoup plus étroit qu’en 2008. C’est néanmoins une belle victoire pour le candidat démocrate : il lui fallait 270 grands électeurs pour être élu. Les républicains conservant la majorité au congrès, pas de long fleuve tranquille en vue pour son deuxième mandat…

Quel rôle effectif aura joué le black-out causé par l'ouragan Sandy ?

 

Electeurs des villes, électeurs des champs ? La géographie des élections vue de l’espace

Les cartes donnent parfois une impression trompeuse : en 2012, à l’exception du Nouveau Mexique et du Colorado, une grande tache rouge républicaine couvre la partie centrale des Etats-Unis. Deux tâches bleues, les états emportées par les démocrates, l’encadrent sur la côte ouest et au nord-est.

Elections-USA---Obama---Romney---Politico---resultats-hors.jpg

Carte des résultats provisoires des élections aux Etats-Unis publié sur le site Politico.
La carte interactive permettant de voir les détails de chaque état est très instructive.
Crédit image : Politico.

 

Après la bravitude, une influence de la longitude ?

En réalité, une analyse plus fine au niveau géographique, par comté, devrait montrer que c’est davantage un clivage entre les campagnes et les villes qui marque les influences républicaines et démocrates : les grandes villes américaines apportent leurs voix aux démocrates et les campagnes aux républicains. L'image Pléiades des portraits d'Obama et de Romney dans un champ de maïs publiée dans un autre article était trompeuse.

 

Une analyse pour abolir les Mitt…

Dans un texte très intéressant paru en décembre 2007 dans la revue Alternatives Internationales, James G. Gimpel, Professeur de science politique à l'Université du Maryland, analysait les grands facteurs qui polarisent l'électorat américain selon le niveau de revenus, l’origine ethnique, la religion et l'idéologie.

Avec la crise économique et le score beaucoup plus serré qu’en 2008 (Obama a quand même perdu près de 15 millions d’électeurs), il va être très intéressant de voir si les résultats de 2012 confirment les grandes caractéristiques de l’électorat américain.

Pour les résultats en Floride, il faut encore attendre : un peu de délai pour le récepissé après l'élection...

 

Barack reste à la maison (blanche)

Estimer la densité de population à partir d’images satellites prises de nuit ? C’est une des applications étonnantes des satellites DMSP (Defense Meteorological Satellite Program), un programme du département de la Défense (DOD) géré par le SMC (Air Force Space and Missile Systems Center).

L’image publiée dans cet article est produite à partir des données du satellite F16. Chaque satellite DMSP fait le tour de la Terre en 101 minutes sur une orbite héliosynchrone quasi-polaire à 830 km d’altitude.

Ses capteurs visibles et infrarouge (OLS) produisent des images sur une fauchée très large de 3000 km, permettant ainsi une couverture globale de la Terre deux fois par jour. Il y a également d’autres instruments : imageur à micro-ondes, sondeur micro-ondes, capteurs d’environnement spatial (SW).

Quatre satellites DMSP sont actuellement en opération, trois pour des passages jour/nuit et un pour les passages aube/crépuscule (dawn/dusk).

 

La lumière sur un système obscur ? Des grands électeurs pour un grand président

Le système électoral américain est assez déroutant pour les français habitués à élire leur président au suffrage universel direct.

L'élection du président américain se fait au suffrage indirect, via un collège électoral. Chaque Etat a un certain nombre de grands électeurs proportionnel à sa population. Le nombre total des grands électeurs est fixe : 538, avec 435 élus de la Chambre des représentants (un par district), 100 élus du Sénat (2 par état) et 3 élus du district de Columbia (avec la capitale fédérale Washington). Le nombre de districts est défini par la densité de population.

 

Winner takes all…

Dans chaque état, les électeurs (environ 215 millions au total) votent pour des grands électeurs en faveur d’un candidat. La règle très spécifique aux USA est la suivante : le candidat qui obtient la plus de voix emporte l’état avec tous ses grands électeurs. Les états les plus peuplés pèsent très lourd : la Californie avec 38 millions d’habitants et 53 districts dispose ainsi de 55 grands électeurs. Le Texas en compte 38, la Floride 29, l'état de New York 29 également.

 

Même en dehors de Chicago, ça swingue pour Obama…

Avec leurs électeurs indécis, les fameux « swing states » jouent un rôle clé. Ils sont soignés par les deux candidats et examinés à la loupe par les médias et les sondeurs d’opinion : la Floride (souvenez-vous de la mésaventure d’Al Gore en 2000), l'Ohio, la Virginie, le Wisconsin, le Colorado, le Nevada, la Pennsylvanie, l'Iowa, le New Hampshire, la Caroline du Nord, le Michigan et le Minnesota. Ils sont majoritairement dans la partie est du pays et les médias publient des sondages « sortie des urnes » assez tôt.

Les sept États les moins peuplés, comme l’Alaska, le Montana, ou le Wyoming n’ont que trois grands électeurs.

Les grands électeurs jouent donc un rôle plus important que les votes populaires : en 2000, G. W. Bush l’avait emporté devant le démocrate Al Gore malgré un nombre de suffrages plus faibles au niveau national.

C’est le 17 décembre que les grands électeurs éliront formellement le president et son vice-président. La cérémonie d’investiture aura lieu normalement un mois plus tard, le 21 janvier 2013.

 

En savoir plus :

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • A partir de la carte provenant des images DMSP, reconnaître les principales villes américaines et essayer de localiser les états américains.
  • Même jeu en France avec une carte sans noms de ville ni nom de département. Pas si simple…

 

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 22:53

Pleiades - EAU - Abu Dhabi - Ferrari WorldLe célèbre logo au cheval cabré sur le toit du Ferrari World à Abu Dhabi. Extrait d’une image prise par
le satellite Pléiades en février 2012. Copyright CNES -Distribution Astrium Service / Spot Image.

 

Dimanche 4 novembre à 14h00 heure française, départ du Grand Prix d’Abu Dhabi sur le circuit de Yas Marina, aux Emirats Arabes Unis.

Déjà vainqueur en 2011, c’est Lewis Hamilton qui, au volant de sa McLaren, a décroché la pole position à l’issue des essais qualificatifs de samedi. Il partira aux cotés de Mark Webber sur Red Bull.

Petite surprise en fin de journée : le double Champion du Monde en titre, Sebastian Vettel, également sur Red Bull, actuellement en tête du cahmpionnat, partira sur la dernière ligne de la grille de départ : il est sanctionné à cause d'une quantité insuffisante d'essence dans son réservoir à la fin des qualifications. Romain Grosjean partira en cinquième ligne.

Au classement général, avant ce grand prix, Sebastian Vettel est en tête avec 240 points, devant Fernando Alonso, Kimi Räikkönen , Marc Webber et Lewis Hamilton.

 

Pleiades - Abu Dhabi - Grand prix F1 - Circuit Yas MarinaLe Ferrari World et la boucle de 5,554 km du circuit de F1. Dimanche 4 octobre, les pilotes le
parcoureront 55 fois. Extrait d’une image prise par Pléiades en février 2012 pendant la recette en vol.
Copyright CNES - Distribution Astrium Service / Spot Image.

 

Visiblement, le logo Ferrari inspire les responsables de la programmation des satellites à très haute résolution. Le site du Ferrari World et son grand huit ont déjà servi de support à un des quiz du blog Un autre regard sur la Terre en juin 2010.

Ce n’est pas uniquement pour la belle couleur rouge : je vous renvoie à un article sur la résolution des satellites d’observation pour comprendre l’intérêt de ces images et ce qu’elles nous apprennent sur la performance de ces satellites. Sur le galerie d'Astrium GEO-Information Services (pour avoir la meilleure résolution disponible), regardez par exemple les lignes blanches au sol, les rails du grand 8, les navires dans le port, les alignements d'arbres sur la droite de l'image.

 

Pour meubler la fin de l'article...

En haut à droite de la première image, une autre marque est également visible sur le toit d'un des bâtiments, même si elle n'est pas habituellement associée à la Formule 1.

 

Même si l'idée d'un Grand Prix de France (peut-être au circuit Castellet) semble à nouveau d'actualité en 2013, une autre course poursuite aura lieu en France tout début décembre, avec des bolides bien plus rapides que les voitures de Bernie Ecclestone. Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2012, à 3h12 du matin (heure de Toulouse), la quatrième fusée Soyouz lancée de Guyane doit mettre en orbite le satellite Pléiades-1B. Celui-ci rejoindra sur une orbite à 694 kilomètres d'altitude son frère jumeau Pléiades 1A (qui a fourni les images présentées ici) et Spot 6 lancé en septembre dernier. Comme les Formule 1, ils tournent très vite en boucle sur un circuit, avec quelques différences : une vitesse constante un peu supèrieure à 27000 km/h, pas d'arrêt au stand, pas de mécaniciens pour faire le plein ou changer les pneus. Surtout pas de dépassements : Pléiades 1A, Pléiades 1B, Spot 6 et prochainement Spot 7 vont former une constellation de 4 satellites sur la même orbite, écartés de 90° les uns des autres, offrant ainsi la possibilité de prises de vue très rapprochées d'un même site.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d'utilisation pédagogique en classe :

  • En sachant que la longueur totale du circuit de F1 fait 5554 mètres et que les images publiées sur ce blog ont 1200 lignes de 1200 pixels, calculez la taille équivalente d'un pixel. En déduire les dimensions de l'écusson Ferrari visible sur le toit du Ferrari World et la taille des lettres du logo IKEA.

 

 

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 17:02

Pléaides - Toulouse - Blagnac - Colomiers - A350 - A380 -

L’aéroport de Toulouse-Blagnac et les usines Airbus de Toulouse et Colomiers vus par le satellite
Pléiades en juin 2012. Copyright CNES – Dsitribution Astrium Services / Spot Image.

 

L’usine d’assemblage de l’Airbus A350 (ou plus exactement A350-XWB pour eXtra Wide Body, "fuselage extra-large" en anglais) a été inaugurée mardi 23 octobre à Toulouse, en présence de Jean-Marc Ayrault, Premier Ministre.

A ce jour, Airbus a reçu 558 commandes de 34 compagnies aériennes pour les trois modèles de la gamme (A350-800, A350-900 et A350-1000), avec des capacités de 312 à 412 passagers.

C’est sur la commune de Colomiers, en face de l’aéroport de toulouse-Blagnac que la chaîne d’assemblage de l’A350 a été construite sur une surface de plus de 7 hectares. Avant cette inauguration, depuis un peu moins d’un an, les "premières" s’enchaînent avec l’arrivée du premier tronçon avant en décembre 2011, le premier fuselage en mai 2012, le cockpit en août et, arrivées à bord d’un Belouga, les premières ailes en septembre 2012.

Après l’article publié hier sur la Novela et les métiers du spatial, plusieurs internautes passionnés d’aéronautique m’ont demandé s’il y avait des images Pléiades de l’aéroport de Toulouse et des usines Airbus. En voici deux extraits provenant de la même image acquise en juin 2012 par le satellite Pléaides-1A.

 

Pléaides - Colomiers - A350 - Airbus - 17-06-2012

L’usine d’assemblage de l’A350 à Colomiers. Extrait d’une image acquise par le satellite Pléiades
en juin 2012. Copyright CNES – Dsitribution Astrium Services / Spot Image

 

Pléaides - Toulouse - Blagnac - A380 - Lagardère - Airbus L’usine Jean-Luc Lagardère et quelques Airbus A380 au sol. Extrait d’une image acquise par le
satellite Pléiades en juin 2012. Copyright CNES – Dsitribution Astrium Services / Spot Image

 

Les avions et les lignes blanches au sol permettent de se faire une idée de la finesse des détails des images des satellites à très haute résolution (note : les images présentées ici sont d’une qualité légèrement dégradée par rapport à l’mage d’origine).

J’espère qu’Astrium GEO-Information services publiera également rapidement une image de Toulouse vue par le petit dernier, Spot 6. Je vous renvoie également à un article montrant l’évolution du Grand Toulouse et de la zone de l’aéroport de Blagnac en particulier, vue à travers l’œil des satellites Spot et Pléaides entre 1986 et 2012.

 

En savoir plus :

 

 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 23:38

 

Pleiades---debat-Obama---Romney---elections-USA---octobre.jpg Extrait d’une image prise par le satellite Pléiades le 1er octobre 2012 : les silhouettes de Barack
Obama et Mitt Romney dans un champ de maïs.
Copyright CNES – Distribution Astrium GEO-Information Services

 

Un enjeu pour Obama : casser la baraque…

Aux Etats-Unis, alors que les derniers sondages donnent des scores très serrés entre le candidat républicain et son rival démocrate, le second débat entre Barack Obama et Mitt Romney est un enjeu important pour le président sortant : sa prestation pendant le premier débat avait été jugé moins bonne que celle de son adversaire.

Le débat, sous la forme d’un « townhall meeting » (des questions posées par des électeurs dans la salle), se déroule mardi 16 octobre de 18h00 à 19h30 à l’université d’Hostra à Long Island à l’est de New York.

 

Des épis sans lit…

En France, seuls les couche-tard ou les lève-tôt pourront assister à ce débat : mercredi 17 de 3h00 à 4h30 du matin… Pour ceux qui préfèrent attendre le petit-déjeuner et les flocons de maïs pour écouter les commentaires des journalistes, cette image du satellite Pléiades leur rappellera les courses dans les labyrinthes dans les champs de maïs : c’est à la sortie qu’on est certain d’avoir gagné…

En effet, les sondages nationaux ne sont pas forcément représentatifs du résultat final : Mitt Romney reste en effet en léger retrait dans les fameux "swing States", les Etats indécis où se joue l'élection. Actuellement, les enquêtes in diquent que Barack Obama obtiendrait 270 grands électeurs, en particulier dans des états clés comme dans le Nevada, le Nouveau Mexique, le Michigan, l’Iowa, le Wisconsin, la Pennsylvanie et l'Ohio. C’est juste au-dessus du seuil pour être élu (il y a au total 538 grands électeurs).

Un dernier duel aura lieu le 22 octobre avant le scrutin du 6 novembre.

 

En savoir plus :



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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 14:27

Alerte-Tsunami-Japon.png

Carte montrant la zone concernée par l'alerte tsunami en cours au Japon.
Crédit image : Japan Meteorological Agency

 

 

Un important séisme s’est produit à 20h47 heure locale (12h47 UTC) au large des Philippines, à 139 km à l’est de Sulangan dans l'île de Samar, à une profondeur d'environ 33 kilomètres, selon l’US Geological Survey (USGS). Le tremblement de Terre a également été immédiatement rapporté par le Centre Sismologique Euro-Méditerranée (CSEM).

Il y a au moins un mort et un blessé sur l'île de Mindanao, à cause d’un glissement de terrain causé par le tremblement de Terre.

L’alerte tsunami, lancée par le Centre d’alerte au tsunami pour le Pacifique pour les Philippines, l’Indonésie, Taïwan, le Japon et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ainsi que pour l'île de Guam a été levé deux heures après le séisme.

Une série de vagues de tsunami mesurant entre 16 et 50 centimètres de hauteur ont touché toute la côte est.

 

 

En savoir plus :

  • Le site de l'USGS.
  • Le site du CSEM (Centre Sismologique Euro-méditerranéen).
  • Le site de l'Agence Météorologique Japonaise (JMA).

 

 

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 17:15

Flammes olympiques

Alors que le mois d'août n'a pas commencé, plusieurs incendies ont déjà causé des dégâts importants dans le sud de l’Europe, même s’ils n’ont pas un caractère aussi dramatique que les feux exceptionnels qui ont frappé la Grèce en 2007 (dans le Péloponnèse et à proximité d’Olympie) et en 2009 (à Athènes).

Après les incendies dans le Colorado aux Etats-Unis et en Russie, voici des images de satellites d'observation montrant les incendies récents en Europe. C’est l’occasion de rappeler la vulnérabilité de l’environnement méditerranéen en été : un simple mégot jeté depuis la vitre d’une voiture peut être à l’origine de destructions majeures. Avec quelques explications sur des facteurs pouvant aggraver l’impact des feux, c’est également l’occasion de repasser en revue l’apport de satellites d’observation de la Terre et une technique particulière de représentation des images qui facilite l'identification des zones brûlées.

En Espagne, les incendies de forêt et de broussailles sont particulièrement nombreux cette année, avec un des hivers les plus secs depuis environ 70 ans.

C’est à proximité de la frontière française, au niveau de La Jonquera, que s’est déclenché dimanche 22 juillet un des incendies les plus importants de ces dernières décennies pour la région de Catalogne. Mardi 24 juillet au soir, il était enfin déclaré en "phase de contrôle". Quatre personnes, trois Français et un Espagnol, ont péri et 15026 hectares de végétation, selon le bilan d’EFFIS, le système européen d’information sur les feux de forêts, sont partis en fumée. Selon les autorités catalanes, le feu a été probablement provoqué par des mégots jetés à terre. Attisé par des vents violents (tramontane soufflant à 90 km/h), l’incendie s’est propagé rapidement sur l'Alt Alt Empordà (Alto Ampurdán), entre Le Perthus et Figuéras et près de Portbou, avant une accalmie à partir du lundi 23.

Pendant trois jours, 1.500 personnes, pompiers, policiers et militaires, gardes forestiers et volontaires, appuyés par des dizaines d'avions et d'hélicoptères espagnols et français, ont participé à la lutte contre l’incendie.

Le satellite Pléiades 1A, a été programmé pour acquérir une image des dégâts de cet incendie. L’image suivante, publiée sur le site d’Astrium GEO-Information Services, a été prise le 24 juillet 2012. La très haute résolution du satellite permet de délimiter très précisément les contours des zones brûlées. Sur cette image en couleur naturelles, j’ai modifié légèrement la dynamique du canal rouge pour améliorer le contraste entre les zones brûlées (couleur plus sombre gris-bleu) et les zones où la végétation est intacte.

 

Pléiades - Incendies Catalogue - Jonquera - 24 juillet 201

Image des zones brûlées à proximité de la Jonquera près de la frontière franco-espagnole prise par
le satellite Pléiades 1A le 24 juillet 2012 dans la matinée.
Copyright CNES 2012 – Distribution Astrium Services / Spot Image SA.

 

L’image présentée ici est de taille très réduite (facteur 13 environ) par rapport à l’image d’origine. Celle-ci peut être vue sur la galerie d’images du site d’Astrium GEO-Information Services. Attention, le fichier est assez lourd (16000 pixels sur 16000 pixels, 55 MO) …

En pratique, ce type d’image à haute ou très haute résolution est utilisé quand la charte internationale « Espace et catastrophes majeures » ou le service de réponse aux situations d’urgence du programme GMES (Global Monitoring for Environment and Security) sont déclenchés par l’une des protections civiles européennes ou pour le MIC , l’entité européenne qui assure la coordination de la protection civile au niveau européen.

En dehors des situations les plus graves, ce sont généralement des images à moyenne résolution qui sont utilisées pour estimer les surfaces brûlées, juste après la fin des incendies. Depuis la panne du satellite européen Envisat, la principale source d’images de ce type est le capteur MODIS embarqué à bord des satellites américains Aqua et Terra.

L’image suivante a été acquise par le capteur MODIS du satellite Aqua le 25 juillet 2012. Contrairement aux images en couleurs naturelles (voir plus loin les exemples sur l’île de Madère), il s’agit ici d’une représentation appelée "721", une combinaison des bandes spectrales n° 7, 2 et 1 qui fait apparaître les zones brûlées récentes en couleur rouge. Je donne à la fin de cet article une explication technique plus complète. L’image qui couvre l’Espagne et le Portugal a une résolution d’environ 1 kilomètres. Les extraits ont une résolution de 500 mètres (dans ce cas, un pixel couvre une surface de 25 hectares). Les images MODIS sont utilisées sur le système européen EFFIS pour l’inventaire des dégâts des feux.

 

Aqua - Modis - Incendies Catalogne - Espagne - 25-07-2012 -Aqua - Modis - Espagne - 25-07-2012 - 721 - Catalogne

Image de l’Espagne et du Portugal acquise le 25 juillet 2012 par le capteur MODIS du satellite Aqua.
En bas, extrait centré sur la région de Catalogne. Crédit image : NASA / GSFC Modis Rapid Response.

 

Des feux également près de Valence, au Portugal et à Madère…

Même si l’incendie de Catalogne a eu un écho médiatique très important, à ce jour, l’incendie le plus important de l’année 2012, du point de vue de la surface brûlée reste celui qui a commencé fin juin près de Valence, toujours en Espagne. Toujours selon la base de données EFFIS (European Forest Fire Information System) de la commission européenne, plus de 54000 hectares ont été parcourus par les flammes dans la région de Valence : 32424 hectares près de Dos Aguas (Cortes de Pallas) dans l’incendie qui a démarré le 28 juin et 21762 hectares deux jours plus tard à Andilla.

Ce double incendie est le plus grave dans la région de Valence depuis une vingtaine d'années. Deux hélicoptères se sont écrasés en luttant contre le feu.

 

Aqua - Modis - Espagne - 25-07-2012 - 721 - Valence Aqua - Modis - Espagne - 25-07-2012 - 721 - Portugal

Deux extraits de l’image MODIS du 25 juillet 2012 centrés sur Valence et sur le Sud du Portugal.
Crédit image : NASA / GSFC, Rapid Response.


Le Portugal a également été touché depuis la mi-juillet par une série d'incendies aggravés par des températures élevées et des vents violents. Sur l'île de Madère, c’est à Assomada qu’un incendie s’est déclaré le 18 juillet 2012. Dans le sud du pays, les feux qui touchaient depuis mercredi les communes de Tavira et Sao Bras de Alportel (région de l'Algarve) ont pu être maîtrisés samedi 21 en fin de journée.

 

Terra - Modis - Madeira - Incendies - 18-07-2012 - Extrait Terra - Modis - Madeira - Incendies - 19-07-2012 - Extrait
Terra - Modis - Madeira - Incendies - 20-07-2012 - Extrait

Extraits de trois images MODIS acquises le 18, le 19 et le 20 juillet 2012. Représentation en couleurs naturelles montrant les panaches de fumées et l’évolution des feux sur l’île de Madère.
Notez également l’évolution de la couverture nuageuse entre Madère et les Canaries.

Crédit image : NASA / GSFC, Rapid Response.


Le vert qui devient noir : on voit rouge…

La combinaison en « couleurs naturelles » ou « couleurs vraie » produit une représentation des images similaire à ce que verrait un œil humain. Dans le cas du capteur MODIS, les bandes spectrales 1, 4 et 3, correspondant respectivement à des longueurs d’onde de lumière rouge (0,670 µm) verte (0,565 µm) et bleue (0,479 µm), sont associées aux canaux rouge, vert et bleu de l’écran de visualisation.

La combinaison « 721 », comme son nom l’indique (à condition de bien connaître MODIS) utilise les bandes spectrales 7 (infrarouge thermique, centrée sur la longueur d’onde 2,155 µm), 2 (proche infrarouge à 0,876 µm) et 1 (rouge, centrée sur la longueur d’onde 0,670 µm). Ces trois bandes sont respectivement associées aux canaux rouge, vert et bleu de l’écran de visualisation.

Dans la représentation 721, la végétation active, en raison de la synthèse chlorophyllienne, apparaît en vert intense.

Cette combinaison de canaux met bien en évidence les zones brûlées après un incendie, en raison de la perte d’activité chlorophyllienne de la végétation brûlée.

Dans le cas de surfaces brûlées, le sol nu apparaît : la réflectance dans la bande 1, représentée en bleu, augmente légèrement, selon l’importance des résidus de combustion (carbone, noir).

Le niveau bande proche-infrarouge (bande 2), représentée en vert, s’effondre du fait de la perte d’activité chlorophyllienne de la végétation brûlée. La bande 7, l’infrarouge thermique, représentée en rouge, devient plus réflective.

Ainsi, avec cette représentation 721 des images MODIS, les zones brûlées apparaissent en rouge plus ou moins intense. L’intensité du rouge varie avec le type de végétation détruite, la quantité de cendres et le degré de combustion.

Pour être complet, l’eau apparaît en noir et en bleu foncé s’il y a des sédiments en suspension. La neige et les nuages de glace en altitude, plus froids et rayonnant moins dans l’infrarouge thermique, absorbent également le proche infrarouge : ils apparaissent bleutés. Les autres nuages sont blancs, les petites gouttes d’eau diffusant de manière équivalente les bandes visibles et proche infrarouge

Pour bien comprendre tout cela, je vous conseille de regarder à nouveau les images de l'Espagne du 25 juillet en couleurs naturelles et en représentation 721 et de vous ballader un peu sur le site MODIS Rapid response et de comparer les mêmes images représentées en couleurs naturelles et dans les autres représentations proposées (721 et 367).

 

L’importance des efforts consacrés à la prévention et à la réaction rapide en cas d’incendie

La propagation des feux et leur impact dépendent d’abord de l’intensité des vents et de l’état de sécheresse de la végétation. Il y a aussi la baisse de l’exploitation et de l’entretien des forêts par l’homme et le changement climatique avec une sécheresse accrue dans les régions méditerranéennes. Ces facteurs accroissent la vulnérabilité, de même que la plus grande interpénétration des milieux ruraux et urbains.

Néanmoins, des collectivités territoriales, plusieurs associations ou ONG européennes ou même des pompiers ou des gardes forestiers dénoncent la baisse des budgets alloués à la prévention et à la lutte contre les incendies : début juillet, par exemple, les pilotes de bombardiers d'eau de la base de la Sécurité civile de Marignane (Bouches-du-Rhône) se sont déclarés en grève, une première depuis 1998, dénonçant le manque de moyens affectés selon eux à la maintenance des avions.

Dans un article du journal Le Monde daté du 24 juillet et intitulé «En Espagne, les incendies aggravés par les effets de l'austérité », la journaliste Sandrine Morel écrit : « Lors des incendies de Valence, les syndicats avaient dénoncé le fait que sur les 160 personnes déployées chaque jour sur le terrain, seules 25 étaient des pompiers professionnels. Et la baisse du budget de lutte contre les incendies, passé de 110 à 95 millions d'euros entre 2011 et 2012 ».

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • A partir de l’image Pléiades de la Jonquera, tracer le contour des zones parcourues par les feux du 22 juillet. Utiliser de préférence l’image en pleine résolution publiée sur le site d’Astrium GEO-Information Services.
  • Travail sur les bandes spectrales de MODIS : étudier et comparer la réponse spectrale de différents types d’occupation des sols, de l’eau, de la neige, etc. Construire une grille de classification.

 

 

 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 13:23

Changements en vue ?

En moins d’une semaine, deux évènements importants montrent que la situation pouvait évoluer en Birmanie, alors que le gouvernement au pouvoir tente d’obtenir la levée des sanctions occidentales pénalisant l'économie du pays :

  • L’élection de madame Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, au parlement.
  • Une rencontre historique entre le président birman Thein Sein et des représentants de la minorité ethnique des Karens.


Envisat - Meris - Birmanie - 06-02-2012 - 03h50 - RR2La partie sud de la Birmanie vue par le capteur MERIS du satellite européen Envisat. Image acquise
le 6 février 2012 à 3h50 UTC. La résolution est réduite d’un facteur 4 par rapport à l’image d’origine.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

Dimanche 1er avril, en Birmanie, Aung San Suu Kyi a été élue au parlement lors d'élections partielles, les premières élections à peu près libres depuis cinquante ans. 45 sièges étaient à pourvoir, 37 pour l'Assemblée de 440 sièges, 6 à la chambre haute et 2 dans des assemblées régionales. La ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, a remporté 43 des 45 sièges Le Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP), créé de toutes pièces par l'ancienne junte avant les élections controversées de novembre 2010, remporte quant à lui son seul siège dans l'unique circonscription en compétition où la LND n'avait pas de candidat. L'USDP avait revendiqué environ 80% des sièges aux élections controversées de 2010.

Deuxième évènement : le président birman Thein Sein a reçu samedi 7 avril 2012 dans la capitale Naypyidaw des représentants de la minorité ethnique des Karens (Union nationale Karen, KNU). Le conflit entre les Karens et le pouvoir en place est très ancien : depuis l'indépendance du Royaume-Uni en 1948, de nombreuses minorités, au total 20 millions de personnes, soit un tiers de la population birmane, n'ont jamais accepté le pouvoir central. La résistance des Karens a fait l’objet d’une répression très forte, entraînant la fuite de dizaines de milliers de personnes. Une partie se sont réfugiées en Thaïlande.

Depuis un an, à la suite à la dissolution de la junte au pouvoir, la Birmanie est dirigée par d'anciens militaires réformateurs. La communauté internationale reste partagée sur la levée des sanctions internationales, en particulier à cause de la situation préoccupante dans l’état Kachin, au nord, près de la frontière avec la chine : malgré l'ouverture politique, le bras de fer entre les Kachins et le pouvoir central continue. Un article du journal le Monde du 30 mars précise « L'offensive déclenchée en juin 2011 par les militaires birmans contre les rebelles de l'armée de l'indépendance kachin (KIA) a conduit à une crise humanitaire d'ampleur. Entre 55 000 et 75 000 déplacés ».

Deux ONG française, CCFD-Terre Solidaire et le Secours catholique, après une mission sur place fin février 2012, ont dénoncé de "graves exactions contre les civils : pillages, violences sexuelles, actes de tortures, exécutions, pose de mines antipersonnel, utilisations de villageois comme boucliers humains",

Comme sur les images satellites de la région, le ciel reste nuageux…

 

Enivsat - Meris - Birmanie - 21-03-2012 - 03h39 - RR2L’arrivée du printemps en Birmanie, vue par le capteur MERIS du satellite européen Envisat. Image
acquise le 21 février 2012 à 3h39 UTC. La résolution est réduite par rapport à l’image d’origine.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

C’est où la Birmanie ? Une question posée devant la machine à café en commentant l’actualité…

Pas facile de localiser de tête un pays qui est resté longtemps très isolé du reste du monde et… qui a plusieurs noms : la Birmanie ou Myanmar (Burma en anglais) s’appelle officiellement République de l'Union du Myanmar.

Située en Asie du Sud-Est, la Birmanie est entourée par le Bangladesh, l'Inde, la Chine, le Laos et la Thaïlande. Au sud, ses côtes donnent sur la mer d'Andaman et le golfe du Bengale.

Entre 28°N et 10°N en latitude, 92°W et 101°W en longitude, le pays a à peu près une forme de losange avec une pointe au sud qui longe la Thaïlande. La Birmanie est traversée au nord par le tropique du Cancer.

 

Plus grand que la France, un peu moins peuplé

Avec 678500 km2, la Birmanie est le plus vaste État de l’Asie du Sud-Est continentale. avec une plaine centrale bordée de régions montagneuses. Le point culminant est le Hkakabo Razi, à 5881 mètres, dans l’état Kachin.

Sur les images satellites, en particulier sur les images radar qui mettent bien en évidence les cours d'eau et les surfaces d'eau, on reconnaît immédiatement le delta de l’Irrawaddy.

 

Envisat - ASAR - WSM - Birmanie - 06-11-2011 - 03h34 - RR3Le sud de la Birmanie et le delta de l’Irrawaddy vu par le radar ASAR du satellite européen Envisat.
La résolution est réduite d’un facteur 3 par rapport à l’image d’origine.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

La population est d’environ 54 millions d’habitants. Contrairement à ce qu’on pense spontanément, la capitale n’est pas (ou plutôt n’est plus) Rangoon : depuis 2005, la junte a chosi Naypyidaw, plus au nord.

 

Digital Globe - Worldview-2 - Birmanie - Rangoon - PagodesA Rangoon, sur la colline de Singuttara, la pagode de Shwedagon vue par satellite. Extrait d’une
image prise par le satellite Worldview-2 le 28 avril 2010. Crédit image : Digital Globe.

 

Les traces du cyclone Nargis

En 2008, la Birmanie avait été frappée par le cyclone tropical Nargis qui avait causé la mort de 140000 personnes. A l’époque, avec les témoignages des ONG travaillant sur place, ce sont les images satellites et l’activation de la charte internationale Espace et catastrophes majeures qui avait permis, malgré l’isolement du pays, de prendre conscience de la gravité de la catastrophe, en particulier dans le delta de l’Irrawady.

L’image ci-dessous montre le cyclone au-dessus du golfe de Bengale, avant qu’il ne frappe la Birmanie. L’image suivante est un exemple de carte produite par le SERTIT (université de Strasbourg) dans les jours qui ont suivi la passage du cyclone NARGIS. Dans cette région, la difficulté consiste à disposer d’une bonne « référence ». Les spécialistes en cartographie rapide du SERTIT ont utilisé une série d’images de référence correspondant à la saison sèche et à la saison humide.

 

Meteo - Nargis - Birmanie 30-04-2008 - EumetsatLe cyclone Nargis vu par le satellite météorologique européen Metop-A le 30 avril 2008 à 4h07 UTC.
Crédit image : Eumetsat.

 

SERTIT - Birmanie - Nargis - Mai 2008 - Envisat ASAR - cartSurfaces inondées observées le 18 mai 2008. Carte réalisée par SERTIT dans le cadre du projet
européen Respond à partir d’images radar ASAR du satellite Envisat, comparées à des images
d’archive. Crédit image : SERTIT – Université de Strasbourg.

 

En savoir plus :

 

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 21:29

Voici quelques images des deux dernières semaines avec l’arrivée du printemps dans l’hémisphère nord, accompagné par quelques phénomènes atmosphériques variés ou étonnants. Petit tour du monde avec les satellites d’observation de la Terre entre le 10 et le 26 mars 2012…

 

Envisat - MERIS - France - 26-03-2012 - 10h35 - RR3Ciel bleu et absence de nuages en France : image du capteur MERIS du satellite européen Envisat
prise le 26 mars 2012 à 10h35 UTC. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA).

 

En France et en Europe de l’ouest, des conditions anticycloniques et un avant-goût d’été

Les images du satellite Envisat prises le 26 mars 2012 en fin de matinée montrent un bel ensoleillement sur la France et les pays voisins, avec parfois des températures d’été, plus proches des normales d’un mois de mai ou de juin (selon Météo France, 8 à 10 degrés au dessus des températures habituelles de la fin mars, en particulier en Bretagne).

 

Envisat - MERIS - Europe ouest - 26-03-2012 - 10h35 - RR6 Envisat - Meris - Grèce - 26-03-2012 - 08h56 - RR3 

A gauche, beau temps et sécheresse à l’ouest de l’Europe. Image Envisat du 26 mars à 10h35 UTC.
A droite, la Grèce vue par le satellite européen Envisat le 26 mars 2012 à 8h56 UTC. La résolution
est réduite par rapport à l’image originale. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA).

 

Cette situation est générale en Europe, avec un anticyclone massif, centré entre les îles britanniques et la Scandinavie. Le beau temps généralisé devrait se prolonger.

Revers de la médaille : l’absence de pluie fait craindre une sécheresse importante. Dans son dernier bilan publié le 16 mars, Météo France précise que « les précipitations recueillies entre septembre 2011 et mi-mars 2012, période propice à la recharge des nappes souterraines, ont été déficitaires sur la quasi totalité du territoire. Les déficits sont très marqués sur l’Ouest et le Sud-Ouest atteignant 30 % sur la Basse-Normandie, la Bretagne, les Pays-de-Loire, Poitou-Charentes, l’Aquitaine et jusqu’à 50 % sur Midi-Pyrénées. A l’échelle de la France, la période de recharge est déficitaire de près de 20 % : le déficit atteint est sensiblement plus sévère qu’en 2011 et proche de celui de 2005 ».

Trois départements français (Gard, Seine-et-Marne et Essonne) sont déjà soumis à des arrêtés restreignant certains usages de l’eau. Cela ne fera pas plaisir aux touristes et aux vacanciers mais les agriculteurs souhaitent que le printemps soit pourri…

Le Sud-Est du Canada et le Nord-Est des Etats-Unis connaissent également des conditions estivales exceptionnellement précoces, dues au courant jet (vent de très haute altitude) positionné sur l'Est du Canada : 30,6°C relevés à Chicago le jour du printemps et record mensuel battu à Montréal avec 25,8°C !

 

De l’inde l’atlantique en passant par l’Afghanistan, l’Iraq et la Méditerranée : le grand voyage du marchand de sable

Même si ce n’est pas exceptionnel, les tempêtes de sable qui ont démarré mi-mars sont très spectaculaires et bien visibles sur les images des satellites : les régions touchées vont de l’Inde, du Pakistan et de l’Afghanistan jusqu’à la côte atlantique de l’Afrique en passant par l’Egypte, l’Iraq et la Péninsule arabique.

Les nuages de sables sont suffisamment épais pour occulter complètement les surfaces émergées et les océans, comme par exemple au sud de la côte du Pakistan et à l’est du détroit d’Ormuz dans les images ci-dessous.

 

Aqua - MODIS - Egypte - Mer rouge - Arabie Saoudite - 20-03 Envisat - MERIS - Ormuz - Oman - tempête sable - 19-03-201
Terra - MODIS - Mer d'arabie - Ormuz - Iran- Pakistan - 19-

A gauche, l’Egypte, la mer rouge et l’Arabie Saoudite vues par le capteur MODIS du satellite Aqua le
20 mars 2012. En haut à droite, des nuages de sable bien denses au-dessus du détroit d’Ormuz et
du golfe d’Oman vu par le satellite Envisat le 19 mars 2012 à 6h35 UTC. En bas à droite, le détroit
d’Ormuz, la côte sud de l’Iran et du Pakistan. Cliquer sur les images pour les voir en grand format.
Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response et Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

En Arabie Saoudite, les établissements scolaires ont été fermés. Les services d'urgence à Ryad ont accueilli des centaines de personnes, pour la plupart des enfants souffrant de maladies respiratoires comme l'asthme ou des problèmes d'allergie, aggravées par la tempête de sable qui touche le royaume depuis samedi. Les tempêtes de sable sont fréquentes en cette période de l'année dans la région du Golfe, une zone semi-désertique.

 

Des tourbillons de Von Karman au nord des Canaries et des nuages en forme de 8 au large de la Corée : la mer jaune en voit de toutes les couleurs.

J’ai déjà publié plusieurs articles sur les tourbillons de Bénard – Von Karman avec des explications sur ce phénomène aérodynamique lié à l’interaction entre le vent et les îles dans l’océan. Voici un nouvel exemple, encore dans l’océan atlantique entre Madeire et les Canaries.

 

Terra - MODIS - Canaries - Atlantique - 17-03-2011img iotd madeira vortex lrgDes tourbillons de Von Karman au nord des îles Canaries. En haut, image prise par le capteur MODIS
du satellite américain Terra le 17 mars 2011.
Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response.
En bas, image du satellite européen Eumetsat. Crédit image : Eumetsat.

 

Voici également un autre phénomène étonnant vu par le capteur GOCI du satellite coréen COMS. Nous sommes ici en mer Jaune au sud de la Corée. On voit une formation nuageuse en forme de huit. Il y a également des motifs spectaculaires de couleur de l’eau entre le bleu et le vert, matérialisant les courants marins, des sédiments en suspension à proximité de la côte de Chine et… des nuages de poussières

 

COMS - GOCI - Corée - Mer Jaune - 26-03-2012 - 04h17 - Ext COMS - GOCI - Corée - Mer Jaune - 26-03-2012 - 04h17 - RR3

Deux extraits d’une image acquise par le capteur GOCI du satellite COMS le 26 mars 2012 à 4h17 UTC.
Crédit image : Korean Ocean Satellite Center (KOSC) et Korea Aerospace Research Institute (KARI).

 

Une éruption volcanique et un cyclone dans le Kamtchatka, en moins de deux semaines : n’en jetez-plus !

Pour finir, deux images de phénomènes naturels extrêmes : un cyclone et une éruption volcanique. Cela se passe dans la péninsule russe du Kamtchatka, dans l’océan pacifique entre le 10 et le 21 mars 2012.

Le volcan Bezymianny, un des plus actifs volcans du monde, est entré en éruption début mars avec un nuage de cendres projetées à 8 kilomètres d’altitude qui a déclenché une alerte pour la circulation aérienne.

La semaine dernière, c’est un cyclone, en provenance du Japon, qui a touché le Kamtchatka avec des vents violents et des tempêtes de neige.

 

Terra - MODIS - Kamtchatka - Kliuchevskoi - éruption volcaniqueL’éruption du volcan Bezymianny vue le satellite américain Terra le 10 mars 2012.
Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response

 

Envisat - MERIS - Kamtchatka - Cyclone - 21-03-2012 - 00h16Le cyclone à proximité du Kamtchatka. Image du satellite Envisat acquise le 21 mars 2012.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

En savoir plus :

 

Suggestions d'utilisations pédagogiques en classe :

  • Un rappel pour les enseignants qui veulent utiliser des images satellites récentes pour illustrer leurs cours ou pour évoquer l'actualité. Il y a au moins trois sources d'images que j'utilise très régulièrement sur le blog Un autre regard sur la Terre. A connaître absolument pour obtenir des images du monde entier mises à jour quotidiennement :
  • Vous pouvez également consulter les galeries d'images des principales sociétés commercialisant les images d'observation de la Terre, comme par exemple la galerie d'Astrium GEO-Information Services pour les satellites Spot, Pléiades, TerraSAR-X et TanDEM-X, Formosat-2 et DEIMOS-1. Dans les galeries, les images ne sont pas systématiquement mis en jour mais on trouve en général des exemples sur des sites d'intérêt pour un cours de géographie ou sur des sujets classiques des programmes de l'éducation nationale (voir par exemple un article que j'ai publié sur la mer d'Aral). Une précaution : bien lire les conditions d'utilisation de ces images même si en général les utilisations pour des activités non commerciales sont possibles.
  • Il y a bien sûr Google Earth qui est incontournable, avec dans les zones urbanisées des images à très haute résolution. La mise à jour est faite au gré des campagnes menées par Google (la date des dernières images est affichée dans la barre d'état). Une fonctionnalité intéressante pour l'étude des changements est la possibilité de comparer les images d'archive quand elles existent (cliquer dans la barre d'état sous l'image).
  • Enfin, les fournisseurs d'images ont en général des catalogues en ligne. Ils ne donnent pas accès aux images en pleine résolution mais proposent des vignettes images de taille réduite (quicklooks) et surtout beaucoup d'informations sur les conditions de prise de vue. voir par exemple le catalogue Spot. C'est un excellent support si vous vous intéressez à l'acquisition des images et aux opérations des satellites d'observation.
  • Pour vous aider dans vos recherches, je publierai prochainement une page recensant les liens les plus intéressants (galeries, catalogues, etc.).



 



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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 22:09

Voici quelques images satellite acquise entre le 27 février et le 5 mars 2012. Elles ne font pas l’objet d’articles détaillés mais m’ont paru intéressantes : le lien avec l’actualité, des situations rares ou des images esthétiques ou spectaculaires. Quand c’est possible, je vous renvoie à d’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre qui donnent des informations plus détaillées.

 

Bonne pêche pour le Trévignon : aux Seychelles, le Costa Allegra à son arrivée à Mahé, observé par le satellite Spot 5

 

Spot 5 - Costa Allegra - MaheLe remorquage du Costa Allegra à son arrivée à Mahé. Image acquise le 1er mars 2012 par le
satellite spot 5. Copyright CNES 2012 - Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Cette image, acquise par spot 5 le 1er mars 2012, a été publiée par Astrium GEO-Information Services dans sa galerie d’images : elle montre paquebot de croisière Costa Allegra, manœuvré par un remorqueur et un pousseur portuaire devant la passe du port de Mahé aux Seychelles. Le thonier-senneur français, le Trévignon,

Ancien porte-container, reconverti en navire de croisière, le Costa Allegra termine cette croisière dans l’océan indien déguisé… en thon tropical : en effet, en panne de moteur, il a été pris en charge par Le thonier-senneur français, le Trévignon, appartenant à la Cobrecaf (Compagnie Française du Thon Océanique). Le Trévignon (88 mètres) ne fait que la moitié de la longueur du Costa Allegra (188 mètres) mais il est conçu pour tirer des filets très lourds (pêche à la senne).

Le vendredi 13 janvier 2012, le drame du Costa Concordia avait causé la mort de 32 personnes.

 

Bon anniversaire Envisat ! 10 ans en orbite au service de l’environnement

C’est le 1er mars 2002 à 1h07m59s UTC que le satellite européen Envisat a été lancé depuis Kourou par une fusée Ariane 5 (vol 145). Dix bougies pour le satellite aux dix instruments, c’est deux fois plus que la durée de vie nominale prévue. Le site Miravi nous apprend que, le 1er mars 2012, le satellite Envisat entamait ainsi sa 52315ème orbite. A raison de 365 jours par an (plus les années bissextiles), 24 heures de 60 minutes, on trouve très exactement 100,54 minutes de période de révolution moyenne. La troisième loi de Kepler devrait vous permettre de retrouver l’altitude moyenne de l’orbite d’Envisat.

Les images fournies par Envisat, en particulier celles du capteur multispectral MERIS et du radar ASAR, font régulièrement l’objet d’articles sur le blog Un autre regard sur la Terre. Je vous recommande vivement le site Miravi de l’ESA, où les images d’Envisat sont mises en ligne très rapidement après leur acquisition. Une mine d’images pour des activités pédagogiques sur le thème de l’environnement, la géographie depuis l’espace ou encore les orbites des satellites. J’ai retenu ici deux images du radar ASAR acquise le jour du dixième anniversaire.

La première image que j’ai retenue nous emmène là où Envisat acquis une de ses premières images le 22 mars 2002. C’est à l’ouest de l’Afrique entre le Sénégal et la Guinée Bissau. L’image radar met bien en évidence les cours d’eau : du nord au sud, on voit a rivière Saloum, la Gambie, le Rio Cacheu et le Rio Geba. Les tâches les plus brillantes sont les villes importantes : Kaolack (au Sénégal), Banjul (en Gambie) et Bissau (en Guinée-Bissau).

 

Envisat - ASAR - WSM - Sénégal - Gambie - 01-03-2012 - 11Image acquise par le radar ASAR du satellite Envisat le 1er mars 2012 (orbite n°52321) : la côte
ouest de l’Afrique entre le sud du Sénégal et la Guinée-Bissau.
Crédit image : Agence spatiale Européenne (ESA)

 

La seconde image nous emmène sous le niveau de la mer à -422 mètres d’altitude. C’est le sud de la mer morte, étendue d’eau salée entre Israël, la Jordanie et la Cisjordanie. L’image ASAR met en évidence les infrastructures d’exploitation du sel dans la partie sud.

 

Envisat - ASAR - IMM - Mer Morte - 01-03-2012 - 07h40Image acquise par le radar ASAR du satellite Envisat le 1er mars 2012 (orbite n°52319) : le sud
de la mer morte et les installations d’exploitation du sel. Sur la partie droite de l’image, les taches
claires sont des zones urbanisées. Crédit image : Agence spatiale Européenne (ESA)

 

En 2009, après sept années de fonctionnement sans défaillance majeure, l'agence spatiale européenne a décidé de prolonger la mission jusqu'à la fin 2013. L'altitude d'Envisat est abaissée de 17,4 km en octobre 2010 pour limiter la consommation d'hydrazine. Petit jeu avec Miravi : trouver l’effet de cette manœuvre sur la période de l’orbite d’Envisat (5227 orbites en 2010 et 5244 en 2011) !

Bon anniversaire et bravo aux équipes de l’ESA et aux industriels qui ont construit ce super-satellite (8 tonnes) ! Je reviendrai sur ce succès et les missions Sentinel qui vont assurer la continuité d’Envisat pour le programme GMES dans un prochain article.

 

Tornades meurtrières en Illinois : les dégâts vus depuis l’espace

Parmi les évènements météorologiques extrêmes, les tornades entraînent des dégâts à la fois impressionnants et très localisés. J’ai déjà publié des images satellites (voir ces deux articles)  qui montrent ce qui ressemble à des cicatrices ou à des coups de griffes.

Mercredi 29 février, au moins neuf personnes sont mortes dans le centre des Etats-Unis lors du passage d'une série de tornades dévastatrices. La ville d'Harrisburg dans l'Illinois a été ravagée par une tornade dans la nuit. Selon un bilan de la FEMA (Federal Emergency Management Agency), 6 personnes ont été tuées et il y a plus de 100 blessés.

L’image suivante a été acquise le lendemain du passage de la tornade par le satellite américain Ikonos.

 

Ikonos- Harrisburg - Illinois - Tornades - 01-03-2012 - RR2Les dégats de la tornade qui a ravagé Harrisburg le 29 février 2012. Image acquise par le satellite
américain Ikonos le 1er mars 2012. Crédit image : GeoEye

 

Deux jours après, une série de 80 tornades ravageait huit états du centre des Etats-Unis. L’image des radars météo (radars au sol) publiée par la NOAA est très impressionnante. Le Kentucky et l'Indiana, mais aussi Ohio, le Tennessee ou l'Illinois ont été particulièrement touchés. Trente-neuf personnes ont trouvé la mort à la suite de ces intempéries, selon un dernier bilan fourni samedi par les autorités. Trente-neuf personnes ont trouvé la mort à la suite de ces intempéries. Selon le Service national de météorologie (National Weather Service de la NOAA), le redoux précoce cette année est à l’origine de l'arrivée de ces tornades fin février, plus tôt que d'habitude. La saison des tornades commence normalement en mars dans le sud du pays et vers la fin du printemps plus au nord. En 2011, les tornades ont provoqué la mort de 545 personnes aux Etats-Unis, un record depuis 1936.

 

Neige blanche, ciel sans nuage et couleur de l’eau : la Norvège vu par Envisat et la péninsule de Corée vue par le satellite Coms

L’image suivante provient également du satellite Envisat. Il s’agit cette fois de l’instrument multispectral MERIS (MEdium Resolution Imaging Spectrometer), d’abord destiné à l’étude de la couleur de la surface des océans mais également utilisé pour l’environnement terrestre (occupation des sols végétation) et l’atmosphère (nuages et aérosols).

A moyenne résolution (300 mètres au NADIR), MERIS offre l’avante de couvrir de grandes régions (une image couvre un champ de 1150 kilomètres) et la totalité du globe en moins de trois jours (c’est « évidemment » à l’équateur que cela prend le plus de temps »

J’ai choisi la première image parce qu’il n’est pas si évident de voir la Norvège et la Suède presque sans nuage. L’image montre l’étendue de la couverture nuageuse. Elle permet d’apprécier la complexité du trait de côte et, également, les variations de la couleur de l’eau en mer du nord à l’ouest du Danemark.

 

Envisat - MERIS - Norvège - suède - 02-03-2012 - 10h14 -Image acquise par l’instrument MERIS du satellite Envisat le 2 mars 2012 à 10h14 UTC (orbite
n°52335) : la neige en Norvège et Suède, la couleur de l’eau au large du Danemark. La résolution est
réduite d’un rapport 3 par rapport à l’image originale. Crédit image : Agence spatiale Européenne (ESA)

 

L’image suivante provient également d’un instrument conçu d’abord pour observer la couleur de l’eau. C’est GOCI pour « Geostationary Ocean Color Imager ». Conçu et fabriqué par Astrium pour le KARI (Korean Aerospace Research Institute), il vole sur le satellite COMS, un des rares satellites qui embarque des charges utiles pour de trois types : télécommunications, observation de la terre et météorologie. Bref un couteau suisse fabriqué en France pour la Corée du sud !

La grande originalité de GOCI est d’être un instrument fonctionnant en orbite géostationnaire : contrairement à MERIS qui fonctionne sur une orbite défilante, GOCI observe en permanence la région au-dessus de laquelle il travaille. Je vous recommande une visite du site du KORDI pour voir l’intérêt de ces séries temporelles d’une même région.

COMS - GOCI - Corée - Japon - 27-02-2012 - 04h16 - RR3Image acquise par l’instrument GOCI du satellite COMS le 27 février 2012 à 04h16 UTC : la péninsule
de Corée sans nuage avec de la neige sur la côte est, la mer du Japon et le Japon sous les nuages à
l’ouest. Les variations de couleur de l’eau à l’ouest de la Corée sont spectaculaires. La résolution est
réduite d’un rapport 3 par rapport à l’image originale. Crédit image : Korean Ocean Satellite Center.

 

Le cyclone Irina à Madagascar et le service GMES SAFER

Encore des vents violents ! Ici, ce n’est pas une tornade, c’est un cyclone dans l’océan Indien qui a balayé Madagascar entre fin février et début mars.

La charte internationale « Espace et catastrophes majeures » a été activé et a fait appel aux équipes du service européen GMES SAFER de réponse aux situations d’urgence pour délimiter l’étendue des zones inondées.

L’image suivante a été acquise par le satellite américain Aqua. Elle montre l’allure de la tempête tropicale le à au moment de son passage au-dessus de Madagascar

Pour les cartes décrivant les limites des zones inondées, on utilise des images à haute résolution. Dans l’exemple ci-dessous produit par les équipes du SERTIT dans le cadre de SAFER, c’est le satellite Spot 4 qui a été fourni une image acquise le 3 mars 2012. La cartographie rapide consiste à la comparer avec une image de référence, dans ce cas précis une image Spot 5 du 21 février 2010.

 

Aqua - Modis - Irina - Madagascar - 01-03-2012 - 1 kmImage de la tempête tropicale Irina acquise le 1er mars 2012 par l’instrument MODIS du satellite
américain Aqua. Crédit image : NASA / MODIS Rapid Response.

 

SAFER - GERS123 - SERTIT - Madagascar - Sambava extent - RR 

Carte délimitant les zones inondées sur la côte est de Madagascar après le passage du cyclone Irina.
Crédit : SERTIT / Université de Strasbourg.

 

Mi-février, une autre tempête tropicale, Giovanna, avait déjà touché la région. La vidéo suivante est une séquence d’images acquises par le satellite Meteosat 9 le 13 février 2012.

 

Séquence d’images du satellite Meteosat 9 montrant l’évolution du cyclone dans la
journée du 13 février 2012 entre 03h00 et 13h45 UTC. Crédit image : Eumetsat

 

 


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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 17:42

Cette image est incroyable ! Au premier coup d’œil, on pense d'abord qu’il s’agit d’un montage photo assez grossier : le paquebot semble disproportionné et "déplacé", si près de la côte... Il s’agit pourtant d’une scène bien réelle montrant le paquebot Costa Concordia échoué à proximité de l’île de Giglio sur les côtes italiennes de la Toscane.
L'image a été acquise le 17 janvier 2012 par le satellite WordView-2 de la société américaine Digital Globe qui l’a publiée dans sa galerie d’images. La première image de cet article est un extrait en pleine résolution. La seconde image est la scène complète, dont la résolution est ici réduite d’un rapport 2,5 environ. WorldView-2 a été lancé en octobre 2009.

Digital Globe - Costa Concordia - 17-01-2012 - Extrait

Digital Globe - Costa Concordia - 17-01-2012 - RR25

Image du paquebot Costa Concordia échoué près de l’île de Giglio en Italie. Image acquise le
17 janvier 2012 par le satellite WordView-2. En haut, extrait en pleine résolution.
En bas, image complète en résolution réduite d’un rapport 2,5 environ. Crédit image : Digital Globe


L’image permet de prendre conscience de la taille du paquebot et de la proximité de la côté. Le Costa Concordia, affrété par la société italienne Costa Croisières mesure 290 mètres de longueur avec 8,20 mètres de tirant d’eau. Il possède 1500 cabines et peut embarquer plus de 3700 passagers avec un équipage de  1100 personnes.

On comprend également mieux  la difficulté et le danger du travail des sauveteurs qui doivent explorer des couleurs et des pièces immergées ou partiellement remplies d’eau. On distingue également le barrage flottant mis en place pour limiter les risques de pollution : les cuves du navire contiennent 2300 tonnes de carburant. La société néerlandaise Royal Boskalis estime qu’il faudra au moins trois semaines pour le pompage du carburant.

 

Pourquoi une image en noir en blanc ?

En observation de la terre, on parle de "mode panchromatique" (ou PAN). C'est en général dans ce mode que les satellites fournissent les images de plus haute résolution. Lorsque l'information de couleurs (mode mulstispectral) est disponible, on crée habituellement des produits fusionnés appelés "pan-sharpened" (en anglais, "sharpen" signifie affiner ou aiguiser...), combinant la finesse des images panchromatiques avec l'information de couleur amenée par les images multispectrales. Ce n'est pas le cas ici.

C'est par contre le cas avec une partie des premières images acquises par le satellite Pléiades pendant la phase de recette en vol : contrairement au capteur d'un appareil photo-numérique classique, pour un satellite, les capteurs et les chemins parcourus par les faisceaux de lumière dans les bandes panchromatique et multispectrales ne sont pas les mêmes. De ce point de vue, l'oeil du satellite ressemble davantage à une caméra vidéo professionnelle dite "tri-CCD" où les composantes rouge, verte et bleue de la lumière sont séparés par des prismes ou des filtres particuliers (dichroïques) avant de parvenir à 3 matrices photo-sensibles différentes. Sur un satellite, pour parvenir à obtenir des images "pan-sharpened" parfaites, il faut que les deux types d'images soient parfaitement superposables. Dans le cadre d'une recette en vol, c'est un des objectifs des équipes "qualité image" de vérifier que la qualité de cet alignement ("registration" en anglais) est conforme à la performance attendue.
 

Pour revenir au naufrage du Costa Concordia, d’autres photographies saisissantes prises sur place par des photographes professionnels ont également été publiées sur l’excellent site « Big Picture » du journal Boston Globe.

Le radar SAR du satellite italien Cosmo-Skymed a également acquis des images du site du naufrage. Une image, publiée par l'Agence Spatiale Italienne (ASI, Agenzia Spatiale Italiana), a été acquise dès le 14 janvier 2012 à 6h30 UTC du matin, juste avant le lever du soleil en Toscane.  L'image permet de voir l'île de Giglio dans son ensemble et les navires de secours autour de l'épave. A ma connaissance, c'est la première image satellite acquise après l'accident du Costa Concordia. 

 

Cosmo-Skymed---SAR---Costa-Concordia---Giglio---14-01-2012-.jpg

Cosmo-Skymed---SAR---Costa-Concordia---Giglio---14-copie-1.jpg

Image de l'île de Giglio vu par le satellite italien Cosmo Skymed prise le samedi 14 janvier à 6h30
UTC. En haut, image complète en résolution réduite d'un rapport 4. En bas extrait en pleine
résolution centré sur l'épave du Costa Concordia. Crédit image : ASI (
Agenzia Spatiale Italiana)

 

La dernière image provient du radar ASAR du satellite européen Envisat. Elle a été acquise le 19 janvier à 21h13 UTC. Comme TerraSAR-X ou TanDEM-X, le radar de Cosmo-Skymed travaille en bande-X (fréquence de 9,6 GHz) fournit des images à très haute résolution (environ 1 mètre). Celui du satellite Envisat en bande L (fréquence de 5,3 GHz) fournit des images d'environ 30 mètres de résolution sur un champ plus large. La résolution des images Radar s'améliore quand la fréquence utilisée augmente. Cet article du blog Un autre regard sur la Terre vous en dira un peu plus sur les bandes de fréquences utilisées en imagerie radar.

 

ENVISAT - ASAR - IMP - Costa Concordia - Giglio - 19-01-201

Image de l'île de Giglio vue par le radar ASAR du satellite européen ENVISAT prise le jeudi 19
janvier 2012 à 21h13 UTC.
Image en mode IMP (Mode Precision Image).
Crédit image : ESA (Agence Spatiale Européenne)

  

NB : Pour faciliter la lecture et renforcer l'impression de perspective, j'ai pivoté les trois images radar de 90° : le haut de l'image correspond à la direction ouest. Le paquebot Costa Concordia s'est échoué sur la côte est de l'île de Giglio.

 

Pas que beau…
Selon un bilan toujours provisoire, le naufrage dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 janvier (vers 21 heures) a fait au moins onze morts. 26 personnes sont encore portées disparues. De nombreux témoignages mettent en cause l’imprudence et l’attitude du commandant du navire, Francesco Schettino, assigné à résidence et accusé d'homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon de navire.

La dégradation de la météo (vent et hauteur des vagues) et des mouvements de l'épave ont contraint les équipes de secours à suspendre temporairement leurs recherches à bord du navire.

 

En savoir plus :

 

 



 

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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
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