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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 07:44

Fort Mc Murray - Alberta - Canada - Wild fires - Incendies - Feux - 6 mai 2016 - Satellite - SPOT 7 - Earth Observation - Airbus Defence and Space Fort Mc Murray - Alberta - Canada - Wild fires - Incendies - Feux - 6 mai 2016 - Satellite - SPOT 7 - Earth Observation - Airbus Defence and Space

Les incendies de Fort McMurray au Canada vus par le satellite Spot 7.
En haut, extrait en couleurs naturelles sur une zone à l’est de la ville.
En bas, vue d’ensemble en résolution réduite d’une image acquise le 6 mai 2016.
Crédit image : Airbus D
S

 

« La bête »

C’est ainsi que les journalistes ont baptisé le gigantesque incendie contre lequel les pompiers canadiens se battent depuis le 1er mai à Fort McMurray. Plus de 100 000 hectares (1000 km2) ont été ravagés mais la progression des surfaces brulées a ralenti dimanche 8 mai.

 

Fort Mc Murray - Alberta - Canada - Incendie - Wild fires - Instrument MODIS - Aqua et Terra - Série d'images aquises entre le 2 et le 6 mai

Dans la province de l’Alberta, la progression des incendies autour de Fort McMurray
entre le 2 et le 6 mai 2016. Série d’images acquises par l’instrument MODIS
à bord des satellites Aqua Terra. Illustration Gédéon.
Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Respo
nse

 

Malgré la baisse des températures, des vents moins violents, quelques averses et un air plus humide, les pompiers de l’Alberta continuent à lutter contre les terribles incendies autour et dans la ville de Fort McMurray, dans la province de l’Alberta à l’ouest du Canada, à proximité des sites pétroliers d’exploitation des sables bitumineux. Au niveau de ces installations, au nord de la ville, le risque semble avoir diminué.

Les responsables des services d’urgence pensent qu’il faudra encore plusieurs semaines d’efforts (voire plusieurs mois en l’absence de fortes pluies) pour venir totalement à bout de l’incendie.

 

Pas de fumée sans feu…

Plusieurs dizaines de foyers d’incendie étaient encore actifs lundi et quelques feux étaient toujours considérés comme « hors de contrôle ». Des moyens humains et matériels impressionnants étaient mobilisés pour tenter de les contenir : 1500 pompiers, 150 hélicoptères et 30 avions bombardiers d’eau, 30 camions-citernes et des centaines d’engins de chantier chargés d’aménager des pare-feux autour des zones habités et des installations industrielles.

 

Sentinel-2A - Fort Mc Murray - Alberta - Canada - Wil fires - ESA - Copernicus - Commission européenne Sentinel-2A - Fort Mc Murray - Alberta - Canada - Wil fires - ESA - Copernicus - Commission européenne

Deux extraits d’une image prise par le satellite européen Sentinel-2A
au début de la crise. En haut, version en couleurs naturelle montrant
les moyens mis en place par les pompiers pour tenter de retarder la progression
es flammes. En bas, composition colorée mettant en évidence les foyers
d’incendies. Image acquise le 2 mai 2016 à 18h39 UTC.
Crédit image : ESA / Commission européenne / Programme Coper
nicus

 

Les feux ont provoqué des dégâts énormes et entraîné l’évacuation de la ville entière et des villages voisins, soit environ 100000 personnes, désormais hébergées loin de la ville pétrolière de l’Alberta, jusqu’à Edmonton, la capitale de la province. A ce jour, les deux seuls décès à déplorer ont été causés par un accident de la route pendant cette évacuation.

 

Landsat 6 - OLI - Fort Mc Murray - Alberta - Canada - Wil fires - Incendies - USGS

Evolution de l’incendie au sud et à l’est de la ville
Extrait d’une image Landsat 8 acquise le 5 mai 2016 à 18h21 UTC.
Crédit image : US
GS

 

Alors que les pompiers continuent de protéger les habitations et les infrastructures pétrolières, l’évaluation détaillée des dégâts va commencer. Les images satellites confirment que ce sont surtout les secteurs résidentiels périphériques qui ont été touchés. Ceux dont les habitations n’ont pas été détruites devront s’armer de patience avant de pouvoir retourner chez eux.

Alimentation électrique, réseau d’eau potable, gaz, etc. : toutes les infrastructures de base ont été touchées, affectant ainsi toutes les activités de la ville, avec des risques pour la santé de la population. Les compagnies pétrolières (Suncor, Syncrude, Husky, Shell, etc.) ont fermé plusieurs sites de production et évacué 10000 employés. La baisse de production est estimée à 1 à 1,5 million de barils par jour.

 

Addition salée

Ce ne sont pas les premiers incendies importants dans la province d’Alberta au Canada mais l’immense brasier qui a dévasté la région de Fort McMurray pourrait bien être “la catastrophe la plus coûteuse de l’histoire du pays”, avec un impact financier supérieur à celui de l’épisode de verglas massif qui avait touché l’est du Canada en janvier 1998.

Les premières estimations évoquent une facture de 9 milliards de dollars canadiens, soit environ 6 milliards d’euros. 2400 immeubles et maisons ont été détruits, environ 10% de la ville selon le premier bilan des autorités. La baisse temporaire de l’exploitation des sables bitumineux ne va pas arranger l’économie d’une région déjà affectée par la chute durable des cours du pétrole.

 

Digital Globe - Fort Mc Murray - Alberta - Canada - Wild fires - Incendies - Feux - Burnt scars - Zones brûlées Digital Globe - Fort Mc Murray - Alberta - Canada - Wild fires - Incendies - Feux - Burnt scars - Zones brûlées

Images utilisées pour l’inventaire des dégâts causés
par l’incendie de Fort McMurray. Extraits d’images à haute
résolution publiées par la société Digital Glo
be

 

Digital Globe vient également de publier une première série d’images « avant / après » provenant du satellite WorldView-2. La première image date du 29 mai 2015. La seconde a été acquise le 5 mai. On ne peut pas vraiment parler d’image « après » car les feux sont encore en plein développement.

C’est d’ailleurs une des difficultés que rencontrent les équipes de cartographie rapide, travaillant pour la Charte Internationale « Espace et catastrophes majeures » ou le service Copernicus « Emergency Mapping » dans le cadre de crises qui durent plusieurs jours comme les incendies les plus importants.

 

Fort McMurray - Alberta - Incendies - Before - After - Avant - Après - Digital Globe - WorldView-2 - Satellite

« Avant – Après » (Before - After) : deux extraits d’images du satellite WorldView-2 acquises
respectivement le 29 mai 2015 et le 5 mai 2016. Représentation utilisant le canal proche infrarouge
faisant apparaître la végétation active en rouge. Les zones brûlées (plus de chlorophylle) sont sombres.
Crédit image : Digital Globe

 

Comparer une image de référence avec une image acquise juste après la catastrophe pour identifier les changements reste le principe de base en cartographie rapide. Si les dégâts sont visuellement très faciles à identifier (c’est le cas ici) ou si on dispose d’une autre carte de référence, l’image de référence n’est pas indispensable. L’image du 5 mai 2016 est utile pour l’inventaire des dégâts dans les zones déjà parcourues par le feu au moment où l’incendie faisait encore rage.

C’est donc plutôt une image d’actualité qu’un outil pour un inventaire exhaustif des habitations détruites. On ne va pas se plaindre et la mettre précieusement de côté : l’arrivée de nuages peut empêcher d’avoir des images exploitables. Il faudra attendre quelques jours ou quelques semaines pour une cartographie plus complète…

 

Satellite et instruments d’observation : quelques commentaires sur les images des incendies de Fort McMurray

Au-delà de leur caractère spectaculaire, les images illustrant cet article sont l’occasion de passer en revue quelques caractéristiques des satellites d’observation :

  • L’orbite des satellites.
  • Les performances de la plate-forme.
  • Les performances de l’instrument d’observation.

 

Manège enchanté

Toutes les images présentées ici proviennent de satellites opérant sur une orbite polaire héliosynchrone : l’altitude est relativement basse (entre 700 et 800 km d’altitude). A un instant donné, ils ne voient qu’une fraction de la surface de la Terre.

La plateforme des satellites comme Aqua, Terra, Landsat 8 ou Sentinel-2A oriente toujours l’axe de l’instrument d’observation dans la direction verticale. On dit parfois qu’ils fonctionnent comme une « machine à laver » : ils tournent indéfiniment et acquièrent les images des régions qui défilent en dessous…

Ces satellites ont ainsi accès à un « corridor de prise de vue » de largeur limitée (quelques centaines ou un peu plus de 2000 kilomètres au maximum), correspondant à la fauchée (swath en anglais) du satellite. Balayer entièrement la surface terrestre demande plusieurs jours. La durée exacte, la période de revisite, dépend de la fauchée du satellite, par exemple 10 jours pour Sentinel-2A ou 16 jours pour Landsat 8. Elle dépend de la latitude : le satellite survole plus fréquemment les régions polaires.

 

Lassé de tanguer : au bout du roulis

Un moyen de réduire ce délai (période de revisite) consiste à faire travailler plusieurs satellites de manière simultanée : les deux satellites Aqua et Terra, avec la large fauchée de l’instrument MODIS (2330 km), survolent chaque point de la Terre deux fois par jours, une fois le matin (à 9:30 en heure locale) et une fois l’après-midi (à 13:30 en heure locale). Quand Sentinel-2B rejoindra son frère jumeau, la période de revisite maximale descendra à 5 jours.

Comme les satellites Pléiades, les satellites SPOT 7 et Worldview-2 sont « agiles » : la plateforme peut s’orienter pour pointer leur instrument vers la région d’intérêt. C’est une caractéristique qu’on retrouve sur la plupart des satellites à très haute résolution : leur fauchée est beaucoup plus réduite (de 10 à 20 km par exemple) et l’agilité est un moyen de retrouver un corridor d’accès de largeur suffisante. Evidemment, la résolution des images diminue que la visée s’éloigne de la verticale.

Toutes les images présentées ici proviennent de satellites optiques. Même s’ils voient à travers les nuages, les satellites radar ne sont pas très utiles dans le cas des incendies : ils ne sont pas adaptés à la cartographie des zones brûlées.

 

L’œil du satellite

Les instruments des satellites optiques sont des gros télescopes. L’analogie avec un appareil photo n’est pas très bonne car la formation de l’image est rarement (jusqu’à présent) obtenue par une matrice de détecteurs comme sur votre réflex ou votre smartphone.

C’est en fait le défilement d’une ligne de détecteurs dans l’instrument causée par le déplacement du satellite sur son orbite qui crée la deuxième dimension de l’image, un peu comme sur un scanner à plat ou une photocopieuse.

Trois paramètres principaux définissent les caractéristiques de l’instrument :

  • L’angle de prise de vue : pour une altitude donnée, il définit la fauchée au sol.
  • La distance d’échantillonnage au sol (Ground Sampling Distance ou GSD), souvent appelée résolution.
  • Le nombre et les longueurs d’ondes des différentes bandes spectrales.

 

La fauchée, ça coute cher…

Les instruments qui ont produit les images présentées ici ont des résolutions et des fauchées très variables, en gros de la moyenne résolution / très large champ de MODIS (250 à 500 mètres de résolution, 2330 km de largeur de champ) à la très haute résolution / champ étroit de WorldView-2 (46 cm en panchromatique / fauchée de 16,4 km).

Sur SPOT 6 et SPOT 7, un choix original a été fait dans la continuité de la famille SPOT : une résolution assez élevée (images échantillonnées à 1,5 mètre) tout en conservant une largeur de champ de 60 km. C’est un très bon compromis pour ce type de crise affectant une surface large : une seule image (3600 km2) peut couvrir l’ensemble des surfaces brûlées autour de Fort McMurray.

 

Satellite d'observation - Fauchée - Swath - Résolution - GSD - Ground Sampling Distance - SPOT - Pléiades - Sentinel-2 - Landsat 8 - WorldView-2 - WorldView-3

Comparaison des fauchées (largeur de champ vu au sol)
des satellites d'observation cités dans cet article (hors Aqua et Terra).
Fond image : Google Earth. Illustration : Gédéon

 

Un rapport qui fait du bruit

D’autres articles vont présenteront plus en détail les questions de résolution et de fauchée, ainsi qu’un autre élément important de la performance, en gros le piqué des images. Les experts onttrouvé un joli nom : la fonction de transfert de modulation (MTF ou Modulation Transfer Function en anglais). 

Un dernier détail : la résolution dépend souvent des bandes spectrales. Elle est souvent plus élevée pour les images panchromatiques, en général deux fois moins bonnes pour les spectre visible et réduit encore quand la longueur d’onde augmente.

 

Le spectre : 0,07 j’aime cette bande

L’élément peut être le plus marquant des images illustrant cet article est la diversité des types de représentation des couleurs. Le nombre relativement de bandes spectrales des instruments de ces satellites permet des combinaisons mettant bien en évidence tel ou tel aspect des régions survolées : état couvert végétal, caractéristiques des sols nus, eau, turbidité, nuages, etc.

En complément des bandes du spectre visible, la présence d’une ou deux bandes dans le proche infrarouge et une ou deux bandes SWIR (Short Wavelengh InfraRed) est très utile dans le cas des feux de forêt.

 

Purple sans rain

Il y a quelques images en couleurs naturelles (celle de SPOT 7 et la première représentation 432 de l’image Sentinel-2A) mais j’ai surtout utilisé deux compositions colorées assez classiques :

  • La combinaison des bandes proche infrarouge, rouge et verte qui met bien en évidence la végétation active : elle apparaît en rouge. C’est par exemple la composition 543 sur Sentinel-2 ou les derniers extraits d’image WorldView-2.
  • La combinaison des bandes SWIR, proche infrarouge et rouge, qui permet d’identifier plus facilement les foyers actifs. J’ai utilisé dans la série d’images Aqua et Terre la célèbre combinaison 721 de l’instrument MODIS. Sur Landsat 8, elle correspond à ce qui est bizarrement appelé « natural colors » par l’USGS, une combinaison des canaux 6, 5 et 4. Sur Sentinel-2, on obtient quelque chose de similaire en combinant les canaux 12, 8A et 4. Dans le cas des images violet / jaune de Digital Globe, les surfaces jaunes correspondent aux zones brûlées, les surfaces violettes à la végétation en bon état et les points brillants aux feux encore actifs.

 

Satellites d'observation - Bandes spectrales - Spectral bands - Earth observation - Wavelenght - Optical - Visible - Near infrared - NIR - SWIR - Therma infrared - proche infrarouge - red edge

Pour les amateurs : un tour d'horizon des bandes spectrales des satellites d'observation
cités dans cet article. Cliquer sur l'image pour l'agrandir : Si! Si ! On arrive à lire...
Crédit image : Gédéon

 

En savoir plus :

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 07:00

 

Sentinel-1B - First image - Première image - Radar - Svalbard - Norvège - Norway - ESA - Copernicus - Commission européenne

Sentinel-1B - First image - Première image - Glacier Ausfonna - Svalbard - Norvège - Norway - ESA - Copernicus

Deux extraits d’une des premières images acquises par le satellite Sentinel-1B :
en Norvège,dans l’archipel de Svalbard, l’île de Nordauslandet.
Crédit image : ESA / Commission européenne / Copernicus

 

Le satellite Sentinel-1B est en bonne santé ! Quelques après son lancement, l’Agence Spatiale Européenne vient de publier les premières images acquises par l’instrument SAR (pour Synthetic Aperture Radar ou Radar à Synthèse d’ouverture).

Après trois reports de lancement, à cause des conditions météorologiques en Guyane et d’une avarie de la centrale inertielle de la fusée Soyouz, Le satellite Sentinel-1B a été lancé le 25 avril 2016 par la mission Soyouz VS14. Passager principal de ce vol, il était accompagné dans son périple par le satellite Microscope du CNES et par trois cubesats réalisés par des étudiants dans le cadre du programme FlyYour Satellite de l’ESA.

 

Arianespace - décollage Soyouz - lancment VS14 - Sentinel-1B - Licroscope - FlyYourSatellite - CSG - Guyane - CNES - ESA

Au Centre Spatial Guyanais, décollage de la fusée Soyouz VS14 emportant
les satellites Sentinel-1B et microscope et les trois nano-satellites FlyMySatellite.
Crédit image : Arianespace / ESA / Centre Spatial Guyanais

 

Jumeaux en orbite : C ma bande

Sentinel-1B est le quatrième satellite du programme européen Copernicus mis en orbite, le troisième en moins d’un an après Sentinel-2A et Sentinel-3A. Sentinel-1A a été le premier satellite de la famille Copernicus à rejoindre l’orbite terrestre. Comme pour A1 alias Astérix, les gens du spatial manquent parfois d’imagination pour baptiser leurs satellites…

Après la recette de vol qui va durer quelques mois, ce sera aussi la première fois que deux exemplaires d’un même type de mission Sentinel seront en exploitation simultanément.

Comme pour Sentinel-2A, le satellite optique dont les images illustrent le calendrier 2016, ces opération en tandem permettent d’abord de réduire la période de revisite, le laps de temps entre deux survol d’une même région de la Terre.

Lorsque Sentinel-1B sera déclaré bon pour le service, il sera sur la même orbite que Sentinel-1A, décalé de 180°. Les deux jumeaux survoleront ainsi chaque région de la Terre tous les six jours.

Dans le cas d’un instrument radar comme celui des satellites Sentinel-1, cette configuration est également un moyen de réaliser des produits interférométriques permettant par exemple d’étudier les déplacements de la surface terrestre après un tremblement de Terre ou une éruption volcanique ou les effets de subsidence (dans le cas de grands chantiers de travaux publics : train, métro, etc.)

Il y a beaucoup d’autres utilisations des satellites radar : la cartographie des forêts, la détection des nappes d’hydrocarbure, la gestion de l’eau et de sols, l’agriculture…

 

Record de vitesse pour un radar

Le premier bilan de santé de Sentinel-1B est très satisfaisant : il a acquis ses premières images seulement deux heures après la mise sous tension de l’instrument SAR, deux jours après le lancement, le 28 avril 2016 à 5:37 UTC.

Entre l’injection en orbite et l’acquisition des premières images, une longue série de contrôle et d’opérations initiales en orbite (LEOP) a été effectuée au cours des premières orbites, supervisées et pilotées par les équipes de l’ESOC, le centre de contrôle de l’ESA à Darmstadt en Allemagne : alimentation électrique, contrôle thermique, système de contrôle d’attitude… Parmi le plus critiques, le déploiement des deux panneaux solaires de 10 mètres de longueur et l’ouverture de l’antenne SAR de 12 mètres.

 

Pole position et grand angle

24,30° : Une région tropicale ? Presque, sauf que c’est la longitude est. La latitude est 79,45°N, bien au-delà du cercle polaire…

L’ESA a choisi une première image d’une région proche du pôle nord : l’occasion de rappeler qu’une des applications principales des instruments radar embarqués à bord de satellite est de surveiller les glaces, aussi bien pour l’étude des conséquences du changement climatiques que pour la sécurité maritime et la surveillance des icebergs. 

Sur une largeur de 250 kilomètres, la première image montre l’archipel norvégien de Svalbard. Le glacier Astfonna et l’île Edgeøya (Edge Island) sont bien visibles.

 

Le glacier de l’est

L'Austfonna est une calotte glaciaire Nordaustlandet, une île norvégienne de l’archipel Svalbard. L'Austfonna est la plus grande calotte glaciaire d'Europe avant le Vatnajökull en Islande et la septième du monde. Les plus grands icebergs du Svalbard naissent ici.

 

Sentinel-1B - Première image - First image - Auslanded - Svalbard - ESA - Copernicus

Un autre extrait de l’image acquise par le satellite Sentinel-1B :
le glacier Ausfonna dans l’archipel de Svalbard
Crédit image : ESA / Commission européenne / Copernicus

 

Ours  et étoiles du berger

D’une surface de 5074 km2, L’île Edgeøya est située à l’est du Spitzberg et au sud de l’île de Barents. Elle est inhabitée, mais on y trouve des ours polaires et des rennes.

Cette image du Svalbard permet aussi de rappeler l’importance des zones polaires pour les systèmes d’observation de la Terre. C’est bien d’avoir un satellite, c’est encore mieux de bien exploiter les données qu’il transmet.

Les satellites d’observation occupent souvent des orbites polaires ou quasi-polaires. Ils survolent ainsi plusieurs fois par jour les deux régions polaires. Ces régions sont donc des endroits idéaux pour installer des stations de contrôle et de réception des satellites d’observation. Il y en a justement une à Svalbard, à Platåberget, près de Longyearbyen. Créée en 1997, elle est opérée par la société KSAT (Kongsberg Satellite Services). L’ESA, Eumetsat, la NASA ou la NOAA y ont également leurs propres installations.   

Si vous voulez être définitivement convaincu de l’intérêt des satellites radar, essayez de trouver une image optique sans nuage…

 

Sentinel-1B - Première image - First image - Edge island - Edgoya - ESA - Copernicus - SAR - Bande C

Un autre extrait de l’image acquise par le satellite Sentinel-1B :
l’île Edge Island ou
Edgeøya dans l’archipel de Svalbard
Crédit image : ESA / Commission européenne / Copernicus

 

En savoir plus :

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 12:14

 

Sentinel 2 - ESA - Copernicus - Commission européenne - Journée de la Terre - Quiz image satellite - Un autre regard sur la terre

Un indice pour le quizz image du jour de la Terre.
Un extrait plus large de la même région. Ici, une composition colorée
utilisant le canal proche infra-rouge du satellite Sentinel-2A.
Crédit image : ESA / Commission Européenne / Coperni
cus

 

Prendre du recul pour avancer…

Personne n’a encore proposé la bonne réponse pour le dernier quiz image du blog Un autre regard sur la Terre. Je savais que cela ne serait pas facile.

Voilà un nouvel indice qui permet de prendre un peu de recul : une nouvelle image de la même région, en champ un peu plus large. La première image est une composition colorée utilisant le canal proche infra-rouge du satellite Sentinel-2A (canaux 8, 4 et 3 représentés en rouge, vert et bleu).
L’image suivante est une représentation de la même zone en couleurs naturelles
(canaux 4, 3 et 2 représentés en rouge, vert et bleu).

 

Sentinel 2 - ESA - Copernicus - Commission européenne - Journée de la Terre - Quiz image satellite - Un autre regard sur la terre

Un indice pour le quizz image du jour de la Terre.
La même image du satellite Sentinel-2A représentée en couleurs naturelles.
Crédit image : ESA / Commission Européenne / Copernic
us

 

Je donnerai un nouvel indice dans quelques jours. D'ici là, vous pouvez proposer votre réponse en ajoutant un commentaire à cet article ou en m'envoyant un message.

 

En savoir plus :

 

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 08:24

 

Tchernobyl - Chernobyl - 30 ans - 26 avril 1986 - Catastrophe nucléaire - Explosion réacteur n°4 - Pléiades - Arche de confinement - Chantier - Ukraine

Accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl : le chantier de l'arche de confinement du réacteur n°4
vu par le satellite Pléiades 1B. Extrait d’une image acquise le 27 mars 2016 à 9h26 UTC,
pivoté de 90° par rapport à l'orientation d'origine (direction nord à gauche de l'image).
Copyright CNES 2016 – Distribution Airbus DS

 

Tchernobyl : à ce jour, la pire catastophe du nucléaire civil

Une image très spectaculaire... Elle est extraite d'une image prise par le satellite Pléiades en mars 2016. Elle montre que cet accident est toujours d'actualité en 2016, 30 ans après l'évènement. Dans le nucléaire, la demi-vie, ça peut durer longtemps ...

26 avril 1986 (ou 25 avril en temps universel) : le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explose… La fusion du cœur déclenche une importante pollution radioactive de l’environnement.

La catastrophe touche l’ensemble du continent européen à des degrés divers. Avant l’accident de Fukushima en 2011, c’est le seul accident nucléaire classé au niveau 7 sur l’échelle de l’INES (échelle internationale des événements nucléaires).

En 1957, l’explosion à l’usine de retraitement de Kychtym en URSS correspondait au niveau 6 actuel. Le 28 mars 1979, La fusion partielle du cœur du réacteur no 2 (TMI-2) à Three Mile Island, en Pennsylvanie aux Etats-Unis relevait de la classe 5.  Destinée à l'information du public et des médias, l'échelle INES est plus un outil de communication qu'une véritable échelle de mesure scientifique.

Ironie de l'histoire, c'est un essai destiné à vérifier l'alimentation de secours du système de refroidissement du réacteur qui est à l'origine de plusieurs erreurs humaines ayant entraîné la catastrophe...

A 16 km de la frontière sud du Bélarus, à 670 km au sud-est de Moscou, quatre réacteurs de type RBMK-1000 étaient en service et deux autres étaient en construction.

 

Derrière le rideau de fer…

A 110 km au nord-ouest de Kiev, aujourd’hui en Ukraine, la centrale est à l’époque en URSS. Aucune information officielle n’est publiée immédiatement. Même Gorbatchev, à Moscou, semble ne pas avoir un vision complète de la situation.

Bon... Question frontières et rideau de fer, les plus âgés savent que l’information des populations a « connu des ratés » : en France, on se souvient de la controverse concernant le nuage radioactif qui serait resté à l'écart du territoire français et la validité des informations communiquées par le SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants) et le professeur Pellerin.

C'est la Suède qui donne l’alerte le 28 avril au matin, après avoir détecté un niveau de radioactivité anormal sur son territoire.

Lancé 2 mois plus tôt, le 22 février 1986, SPOT 1, qui termine sa recette en vol, est programmé pour fournir en urgence des images de la centrale accidentée. La première image panchromatique est acquise le 1er mai, reçue et traitée à Kiruna en Suède.

 

« Quelque part au nord de l’Ukraine » : Vous n'avez rien de plus précis ?

Gérard Brachet, alors PDG de Spot Image, se souvient du moment où il est décidé de faire appel à SPOT 1 : « Au moment où l’alerte est donnée, j’étais en déplacement à Washington chez Spot Image Corporation. J’ai immédiatement appelé les bureaux de Toulouse pour demander une programmation prioritaire du satellite SPOT 1. Nous ne savions pas exactement où était la centrale. On ne parlait pas encore du village de Tchernobyl. Pour cette raison, il a été choisi de réaliser une acquisition double avec les deux instruments HRV pour couvrir une largeur de 117 km sur une longueur de 500 km au nord de Kiev ».

Apparemment, les grands esprits se rencontrent : Satimage, le partenaire suédois de Spot Image, demande également une programmation de SPOT pour en savoir plus sur l’origine de la pollution radioactive.

La première opportunité d’acquisition est le 1er mai 1986, deux jours plus tard. Il fait un temps magnifique au-dessus de l'Ukraine. Une image panchromatique sans nuages à 10 mètres de résolution est acquise à 9:07 UTC et reçue à Toulouse et à Kiruna le jour même.

 

Tchernobyl - Chernobyl - 30 ans - 26 avril 1986 - Catastrophe nucléaire - Explosion réacteur n°4 - Première image du satellite SPOT - 1er mai 1986 - Catalogue Geostore Tchernobyl - Chernobyl - 30 ans - 26 avril 1986 - Catastrophe nucléaire - Explosion réacteur n°4 - Première image du satellite SPOT - 1er mai 1986 - CatalogueGeostore - Métadonnées

La première image SPOT 1, acquise en mode panchromatique le 1er mai 1986 à 9h07 UTC.
La résolution est de 10 mètres. La visée est assez verticale: l'angle d'incidence est de -8,32°.
Le signe - indique que le satellite est alors à l'est du point visé.
Informations extraites du catalogue Geostore d’Airbus DS

 

Fête du travail : muguet et champignons...

1er mai ? A l’époque, les mécanismes d’astreinte mis en place aujourd’hui pour l’imagerie d’urgence n’existent pas encore. Les services satellitaires de support à la gestion de crise, comme la Charte internationale « Espace et catastrophes majeures » ou le service Copernicus de cartographie d’urgence (Emergency Mapping Service) ne verront le jour que près de quinze ans plus tard.

Rien de tel n’est prévu le 1er mai 1986. Gérard Brachet raconte : « Svante Astermo, le directeur général de Satimage, m’appelle chez  moi pour me dire que, même si c’est également férié en Suède, ils sont capables d‘effectuer le traitement avec les moyens de Kiruna. Il me demande l’autorisation de communiquer l’image à la presse. Je donne mon accord. J’aurais préféré que l’image soit produite à Toulouse mais ce n’était tout simplement pas possible… »

 

 

Tchernobyl - Chernobyl - 30 ans - 26 avril 1986 - Catastrophe nucléaire - Explosion réacteur n°4 - Première image du satellite SPOT - 29 avril 1986 - Demande programmation Suède - Satimage

La demande de programmation transmise le 29 avril 1986 par les responsables de Satimage en Suède.
Source : Johan Gärdebo (KTH Royal Institute of Technology)

 

Cet « exploit du 1er mai » a certainement contribué à construire la réputation et la notoriété du satellite SPOT : il y avait bien des images acquises par le satellite américain Landsat, mais d’une résolution très inférieure. Et, pour les satellites militaires, également américains, pas question d’une publication dans la presse. Ce jour-là, l’image panchromatique à 10 mètres de résolution de SPOT 1 a fait la différence.

 

Tchernobyl - Chernobyl - Premières images du satellite SPOT 1 - Visée oblique - multisectrale - Geostore - 07-05-1986

Les caractéristiques de l’image multi-spectrale acquise le 7 mai 1986 à 8h51 UTC.
Le contour noir matérialise l'emprise de la scène du 1er mai. La forme rectangulaire de l'image du 7 mai
montre que la visée est beaucoup plus oblique : l'angle d'incidence est ici de -26,85°
Copie d’écran d’une consultation du catalogue Geostore d’Airbus DS

 

Un satellite pour viser dans les coins

La possibilité de visée oblique, grâce au miroir orientable de l’instrument HRV (on ne parle pas encore d’agilité du satellite en 1986), a permis d’obtenir plusieurs autres images dans les jours suivants. Celle présentée ici a été acquise le 7 mai. C'est une des premières images multi-spectrales. L’illustration montrant son emprise, comparée à celle du premier montre que la visée a effectivement été beaucoup plus oblique. Cette fonctionnalité permet d'augmenter la revisite effective, avant que l'orbite du satellite ne l'éloigne trop de la zone d'intérêt. Sur les satellites Pléiades (ou SPOT 6 et SPOT 7), c'est l'agilité (le basculement de l'ensemble du satellite) qui joue le même rôle

 

Tchernobyl - Chernobyl - Premières images satellites - explosion centrale - 26 avril 1986 - 7 mai 1986 - SPOT 1 - CNES - Spot Image - Airbus DS Tchernobyl - Premières images satellites - explosion centrale - 26 avril 1986 - 7 mai 1986 - SPOT 1 - CNES - Spot Image - Airbus DS

La centrale nucléaire de Tchernobyl vue par le satellite SPOT 1.
Image multi-spectrale d’une résolution de 20 mètres acquise le 7 mai 1986 à 8h51 UTC.

En bas, extrait centrée sur la centrale et le réacteur n°4. En haut, vue générale.
La scène complète est "plus carrée". Copyright CNES 2016 – Distribution Airbus
DS

 

Le vrai début des opérations pour le satellite SPOT 1

Reprises par la presse et la télévision, les images de SPOT 1, premier satellite civil offrant une résolution de 10 mètres, ont un impact considérable.

Ces images sont considérées comme la première utilisation opérationnelle du satellite SPOT, montrant sa capacité de fournir des informations partout dans le monde, indépendamment des frontières ou des contraintes politiques, ou très rapidement après une catastrophe.

Il est probable que cet épisode ait facilité la décision de lancement effectif du programme de satellite de reconnaissance Hélios, prise par le gouvernement français en juin 1986, en pleine péridoe de cohabitation (François Mitterand Président, Jacques Chirac, Premier ministre).

 

Après l’imagerie d’urgence, le suivi dans la durée…

Depuis 1986, les satellites SPOT puis Pléiades ont régulièrement suivi l’évolution du site de la centrale.

En 2011, Airbus Defence and Space (anciennement Spot image) avait publié sur son site Internet un livret (flip-book) contenant des images et des textes retraçant comment les satellites d’observation de la Terre ont scruté l’évolution de la région de Tchernobyl depuis 25 ans.

Ce document, préparé par Pascal Michel, très intéressant, est toujours accessible en ligne ici. L’illustration suivante en montre quelques extraits. Les liens à la fin de cet article donnent accès à quelques images des satellites SPOT de la galerie d’images d’Airbus DS utilisées pour ce suivi.

 

Extraits d’images acquises par les satellites SPOT entre 1986 et 2006 et montrant les évolutions
majeures dans les environs de la centrale de Tchernobyl. Du haut vers le bas, disparition du parcellaire
agricole, limites e la zone de contamination et mise en place du chantier, création de nouveaux
ponts et routes, endiguement de la rivière Pripryat, sites de stockae des déchets.
Illustrations extraites du livret publié par Pascal Michel (Spot Image) en 2011.

 

30 ans à Tchernobyl, de SPOT à Pléiades : la situation en avril 2016

Depuis 2011, les satellites Pléiades ont pris le relais de SPOT. L'image acquise par Pléiades-1B le 27 mars 2016 montre l'évolution spectaculaire des performances des satellites d'observation. Je vous renvoies à d'autres articles...

 

Tchernobyl - Chernobyl - 30 ans - 26 avril 1986 - 26 avril 2016 - satellite Pleiades - Chantier de l'arche de confinement - sarcophage - 27-03-2016 - CNES - Airbus DS - Ukraine

Les environs de la centrale nucléaire de Tchernobyl vue par le satellite Pléiades 1B le 27 mars 2016
à 9h26 UTC. Vue générale en résolution réduite. Le nord est en haut de l'image.
L'angle d'incidence
est de 22,6°
.
Copyright CNES 2016 – Distribution Airbus DS.

 

Concernant Tchernobyl, je termine avec quelques observations qu’on peut faire sur cette image à très haute résolution sur deux sujets précis :

  • La ville de Pripryat.
  • Le chantier de l’arche de confinement de la centrale.

Vous avez certainement vu comme moi des reportages ou des photographies étonnantes ou émouvantes de la ville de Pripryat : juste à côté de la centrale, dans le périmètre de la zone contaminée, c’est une ville fantôme.

Si vous ne l’avez pas encore regardé, je vous conseille en particulier le film «  La Terre outragée » de Michale Boganim, avec Olga Kurylenko, Andrzj Chryra et Ilya Iosifov, sorti en 2011. Je crois qu'il existe en DVD.

Les illustrations suivantes, extraites de l’image Pléiades prise le 27 mars 2016, montrent par exemple le développement de la végétation dans la ville abandonnée.

 

Ne pas perdre le nord

Les ombres portées accentuent l’impression de relief. Notez que, sur ces extraits comme pour l’arche de confinement, le nord n’est pas en haut : l’image a été pivotée de 90° dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (le nord à gauche de l’image) afin que le point de vue de l’observateur soir cohérent avec l’orientation du satellite Pléiades au moment de la prise de vue.

 

Tchernobyl - Chernobyl - 30 ans - 26 avril 1986 - 26 avril 2016 - satellite Pleiades - Prypriat - Ville fantôme - Manège enfants - Bâtiments abandonnées - Végétation - 27-03-2016 - CNES - Airbus DS - Ukraine Tchernobyl - Chernobyl - 30 ans - 26 avril 1986 - 26 avril 2016 - satellite Pleiades - Pripryat - Pripriat - Ville fantôme - eux d'enfants - 27-03-2016 - CNES - Airbus DS - Ukraine

Un autre extrait de l'image acquise par le satellite Pléiades-1B le 27 mars 2016,
centrée sur la ville de Pripryat, à proximité immédiate de la centrale de Tchernobyl.
En bas, un détail émouvant : le manège d'enfants vu sur des nombreuses photographies.
Note : j'ai appliqué un réglagle différent des couleurs et du contraste entre les deux images.

Copyright CNES 2016 – Distribution Airbus DS.

 

Manège pas enchanté

L’extrait où on peut voir le manège d’enfant m’a beaucoup ému. Installé juste avant la catastrophe, il n’a apparemment jamais servi… Le webmaster du site Regard sur le monde m'a gentiment permis de reprendre une photo du haut de ce manège. Elle est extraite d'une vidéo prise à partir d'un drone réalisée par Danny Cooke (à voir !) à l'occasion d'une reportage pour CBS en 2014.

A la hauteur de la nacelle supérieure, la caméra du drone nous montre la centrale et l'arche de confinement toutes proches. Au moment où il prend l'image qui illustre cet article, le satellite Pléiades est à près de 700 km au-dessus...

 

Tchernobyl - Pripyat - Manège - Arche de confinement - Drone - Danny Cooke - Regardsurlemonde

La centrale de Tchernobyl et l'arche de confinement en cours de construction
vus par un drone volant à la hauteur du sommet du manège de Pripyat.

Crédit image : Danny Cooke. Merci à Karl au blog Regardsurlemonde.fr

 

Le chantier géant de  l'arche de confinement de Tchernobyl

30 ans après, le chantier de décontamination et de protection du bâtiment du réacteur se poursuit. L’image acquise par le satellite Pléiades le 27 mars 2016 montre également l’impressionnante arche de confinement en cours d’assemblage à côté du réacteur 4.

 

Un projet ambitieux : enfermer sarco

Une fois mis en place, l'arche visible sur l'image Pléiades doit servir à confiner les matières radioactives, abriter le premier sarcophage partiellement dégradé (pluie et gel) et protéger les équipes participant aux travaux de décontamination et de démantèlement.

L’arche, réalisée en deux tronçons, a des dimensions impressionnantes : 108 mètres de hauteur, 162 mètres de largeur et près de 260 mètres de longueur. Assez grande pour contenir le stade de France et le Sacré Cœur (façon de parler pour un réacteur nucléaire…)  et un poids estimé à 32000 tonnes !

 

Alliance pour l'arche

Les travaux sont réalisés sous la responsabilité de Chernobyl Nuclear Power Plant (ChNPP), avec un consortium international auquel participent les entreprises françaises Vinci et Bouygues.

Après un appel d’offre lancé en 2004, le chantier démarre en 2009. Il est très en retard : il aurait dû être normalement achevé en 2012. Un premier report avait fixé la nouvelle échéance à 2015.

Un exemple d'alea ? sous le poids de la neige, l'effondrement d'un bâtiment d'appui de l'ancien sarcophage en février 2013 qui entraîne l'arrêt du chantier le temps de vérifer le niveau de radioactivité.

 

Centrale de Tchernobyl - Chernobyl - Arche de confinement - Juin 2013 - Chantier -  réacteur n°4 - Sarcophage - Ingmar Runge - Wikipedia Commons- Ukraine

Vue panoramique du chantier autour du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl prise en juin 2013.
Crédit image : Ingmar Runge (travail personnel) [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

 

Arche 2 nouée ?

Non assemblée à partir de deux tronçons boulonnés…

Avec le retard du chantier, la première opération de levage sur l'arche n’a eu lieu qu’en novembre 2012. Le raccordement des deux tronçons a été effectué en juillet 2015, avec le support de la société néerlandaise Mammoet, spécialisée dans la manutention lourde.

Bien qu'elle soit plus récente que l'opération de raccordement, l’image du satellite Pléiades donne une idée du gigantisme du chantier et des moyens de levage utilisés pour une opération de grande précision.

On parle désormais de 2017 pour la fin du chantier.

 

Centrale de Tchernobyl - Arche de confinement - Chantier -  réacteur n°4 - Solidarisation - Mammoet - Ukraine

Photographie de l’assemblage des deux parties de l’arche de confinement du réacteur 4 de la
centrale de Tchernobyl. Crédit image : Mammoet

 

Avenir radieux

J’ai écrit d’autres articles sur Tchernobyl et les satellites d’observation, déjà pour les 25 ans de SPOT, un anniversaire qui coïncidait presque à la date de la catastrophe de Fukushima, après le séisme et le tsunami du 11 mars, ou à l’occasion des incendies violents qui ont touché le sud-ouest de la Russie : on craignait alors que les fumées emportent des cendres provenant de la combustion des sols et de végétaux irradiés dans la région de Briansk et déclenchent une nouvelle pollution.

Avec un peu de recul, on se rend compte de l’impact à long terme des accidents nucléaires. Fin avril 1986, pour la télévision publique nippone NHK, il était quasi certain que Tchernobyl resterait "le plus grave accident nucléaire de l'histoire".  Le 12 avril 2011, l'agence japonaise de sûreté nucléaire a finalement classé au niveau 7, le niveau maximum, sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES) l'accident survenu à la centrale de Fukushima-Daiichi.

J'espère que cet article vous donnera envie de consulter davantage de littérature sur le sujet. Tchernobyl, le nucléaire et la question des choix stratégiques concernant les sources d'énergie restent un sujet majeur et complexe pour tout ceux qui s'intéressent à la culture scientifique, technique et industrielle (CSTI), particulièrement d'actualité en France, dont la production électricité est très majoritairement d'origine nucléaire, au moment où EDF rencontre des difficultés avec le développement des réacteurs EPR et où des décisions doivent être prise concernant l'avenir du parc de centrales et le traitement des déchets.

 

En savoir plus :

 

 

 

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 15:06

Trois semaines après la journée de la mer, le 1er avril, le 22 avril est la journée de la Terre, consacrée en 2016 aux arbres.

Voici donc un nouveau quiz image spécial pour le jour de la Terre.

 

Jour de la Terre - Journée de la Terre - 22 avril 2016 - Arbre - Environnement - Quiz - image satellite - satellite d'observation - Sentinel - Copernicus - ESA

L’image mystère d’avril 2016 : un quiz spécial pour le jour de la Terre consacré aux arbres
 

Vous voyez une silhouette d’arbre ou de branche sur cette image satellite ?

Il n’y a pas encore de feuille mais c’est bien le printemps dans l’hémisphère nord, là où cette image satellite été prise.

Même si ça y ressemble, ce n’est pas un arbre…

Savez-vous identifier de quelle région du monde il s’agit ? Merci de donner votre réponse en ajoutant un commentaire à la fin de cet article ou en m’envoyant un petit message…

Ce quiz devrait vous normalement vous donner un peu de fil à retordre.

Voilà donc un premier indice pour vous aide : l’image vient du satellite européen Sentinel-2A qui l’a prise en avril 2016. Si vous suivez le calendrier spatial que je publie chaque mois, vous commencez à connaître les très belles images de ce satellite. Voici une autre version de la même image, une composition colorée

 

Jour de la Terre - Journée de la Terre - 22 avril 2016 - Arbre - Environnement - Quiz - image satellite - satellite d'observation - Sentinel - Copernicus - ESA

L’image mystère du mois d’avril : une composition colorée avec la bande proche infrarouge
(canaux 8, 4 et 3 respectivement représentés en rouge, vert et bleu)

 

Je vous donnerai dans les jours qui viennent d’autres indices en publiant d’autres extraits de la même image couvrant un champ de plus en plus large. Cela va devenir de plus en plus facile…

 

Un mouvement de masse pour la Terre (vous êtes au courant ?)

C’est également aux Etats-Unis qu’est née l’idée du jour de la Terre, proposée en 1970 par le Gaylord Nelson, afin de sensibiliser la population et le gouvernement fédéral aux questions environnementales. Cette initiative a entraîné en particulier la création de l'Agence de protection de l'environnement (EPA).

Pour tromper l’ennemi, il y a également une journée internationale de la Terre, le 20 ou le 21 mars au moment de l’équinoxe de printemps.

 

COP 21 : signature le 22…

Après la COP 21 en décembre 2015, le 22 mars 2016 est surtout la date choisie pour la signature de l'Accord de Paris sur les changements climatiques.

Cela se passe à New York, au siège de l’ONU. 22 ? Voilà les COPS. Il y aura donc aussi un certain nombre dans Manhattan pour assurer la sécurité des signataires.

 

Décembre 2015 : Fin de la 21ème conférence sur les Changements Climatiques 
et adoption de l'accord après de longues tractations. Yapuka...
Crédit image : UNFCCC (
United Nations Framework Convention on Climate Change)

 

Très exactement, ce rendez-vous du 22 avril correspond à l’ouverture à la signature de l'accord. Les pays auront ensuite un an pour signer l’accord. La plupart des pays ont besoin d’une autorisation parlementaire pour ratifier l’Accord de Paris.

 

Signer et ratifier : de l’intention à l’action, de la politique au juridique...

Si, comme moi, vous vous posez la question de la différence entre signature et ratification ou adhésion, voici quelques explications…

La signature d’un accord est une approbation préliminaire. Elle marque l’intention d’un État d’examiner le traité au niveau national et d’envisager de le ratifier.

La ratification ou l’adhésion signifient qu’un État accepte d’être juridiquement lié par les dispositions de l'accord. La ratification suit la signature. La procédure d’adhésion s’effectue en une seule fois.

Les procédures précises dépendent des règles de chaque état et des institutions compétentes (le Parlement, le Sénat, la Couronne, le chef d’État ou de gouvernement). L’objectif est de vérifier la compatibilité avec la législation nationale et d’identifier les mesures à prendre pour la mise en œuvre.

En France, le site diplomatie.gouv.fr précise : « Dans la pratique internationale, les termes accord, charte, convention, pacte, protocole et traité sont employés de façon indifférente. En droit international, "accord" s'entend de tout engagement international. Dans la pratique constitutionnelle française, il s'agit d'un engagement international soumis à l'approbation du gouvernement ».

Le site www.quelleestladifference.fr résume : « un pays qui signe un traité sans le ratifier a seulement une obligation morale de ne pas aller à l'encontre de celui-ci. La ratification est nécessaire pour que le traité devienne effectif sur le plan juridique ».

 

Usine à gaz pour une usine sans gaz

Les îles Fidji, Palau et Marshall ont déjà soumis leur instrument de ratification.

En France, le projet de loi de ratification est inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale le 17 mai prochain. L’objectif est de ratifier l’Accord de Paris d’ici l’été. 

L’Union européenne, qui est partie prenante, ne pourra ratifier l’accord que lorsque les 28 états-membres l’auront fait. Aux États-Unis, Barack Obama propose de recourir à un acte administratif sans soumettre le texte au Sénat.

L’Accord de Paris entrera en vigueur 30 jours après la ratification par au moins 55 pays représentant au total 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES ou GHG en anglais pour Green-House Gases).

 

Jour de la Terre : pas un bon jour pour quitter la Terre…

Autre évènement : c’était également le 22 avril que devrait être lancé depuis la Guyane le satellite Sentinel-1B, le petit cousin de Sentinel-2A au sein de la grande famille Copernicus. Lancée par les équipes du CNES et d’Arianespace, c'est une fusée Soyouz (mission VS 14) qui devait emporter Sentinel-1B et deux compagnons de voyage, le satellite Microscope et la mission Fly Your Satellite! (3 cubesats construits par des étudiants).

Les données fournies par Sentinel-1 serviront à des applications variées, d'abord pour les océans et les glaces, mais aussi en cas de catastrophe (par exemple pour les produits d'interferométrie après un tremblement de terre) et pour la cartographie des forêts, en particulier des forêts tropicales et équatoriales grâce à la capacité de son radar à percer la couverture nuageuse. Les forêts tropicales jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat.

Fly Your Satellite! est un programme éducatif de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) mené en collaboration avec des universités européennes.

La charge utile de Sentinel-1B, le jumeau de Sentinel-1A lancé il y a deux ans, le 3 avril 2014, est un instrument Radar en bande C.

Bref, comme disait ce cher Constantin Tsiolkovski : « La Terre est le berceau de l'humanité, mais on ne passe pas sa vie entière dans un berceau ».

 

Une coupe de champagne avec votre croissant ?

Le décollage était prévu à 18:02 en heure locale, soit 21:02 en temps universel ou 23:02 ou à Paris et Toulouse. Comme souvent avec Soyouz et son étage supérieur Frégat, c’est une mission longue : 4 heures jusqu’à la séparation des satellites, avec 4 phases balistiques et 5 allumage successifs du moteur de l’étage Fregat.

 

Profil de mission - Décollage - Soyouz  - VS 14 - Arianespace - Sentinel-1B - Microscope - Fly Your Satellite - ESA - CNES - Centre Spatial Guyanais Profil de mission - Première phase Fregat - Boost - Croisière - Soyouz  - VS 14 - Arianespace - Sentinel-1B - Microscope - Fly Your Satellite - ESA - CNES - Centre Spatial Guyanais Profil de mission - Deuxième phase Fregat - Boost - Croisière - Soyouz  - VS 14 - Arianespace - Sentinel-1B - Microscope - Fly Your Satellite - ESA - CNES - Centre Spatial Guyanais

Le profil de la mission Soyouz VS 14. Illustrations extraites du dossier de presse
publié par Arianespace

 

ASAP pas vraiment ASAP

Un satellite radar pour percer les nuages ? Pas assez... Ce sont les nuages et la situation météorologique défavorable en Guyane française qui ont entraîné deux reports de lancement, dans la soirée du vendredi 22 et du samedi 23.

Dimanche 24 au soir, alors que la météo s'était améliorée, c'est un "rouge" lanceur qui a causé un nouveau report de lancement. Dans son communiqué de presse,  Arianespace mentionne une panne de centrale intertielle : "les opérations de remplacement de la centrale inertielle du lanceur Soyouz VS 14 affectée par une panne sont en cours". Contrairement à Ariane 5, il n'y a pas de redondance de la centre inertielle sur la fusée Soyouz.

Une nouvelle tentative de lancement devrait avoir lieu lundi 25 avril à la même heure (23h02 heure de Paris). L'heure de lancement fixe est imposée par l'orbite visée, héliosynchrone. Une revue sera organisée à H0 - 5 heures pour faire le bilan et confirmer la suite des opérations. 

Sentinel-1 sera injecté en premier, 23 minutes et 35 secondes après le décollage, puis Fly Your Satellite! à H0 + 2h48 mais il faudra veiller tard pour savoir que le dernier satellite, Microscope, s’est bien séparé. 

La séparation de l’ASAP-S (Arianespace System for Auxiliary Payloads - Soyouz), l’adaptateur protégeant le satellite Microscope sera effectué juste après l’injection de Fly Your Satellite!

 

En savoir plus :

 

 

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 14:42

Millionnaire à six ans…

Rassurez-vous ! Ce n’est pas la récompense pour le gagnant du dernier quiz image… Celle-ci reste très symbolique.

Le blog Un autre regard sur la Terre vient simplement de dépasser le seuil du million de pages vues.

 

Millionnaire à six ans - Un autre regardsur la Terre - Anniversaire - Plus d'un million de pages vues

12 avril 2016 : bientôt six ans et plus d’un million de pages vues pour le blog
Un autre regardsur la Terre. Statistiques provenant de la plateforme Over-blog

 

C’est une belle coïncidence : le millionième visiteur a consulté le blog Un autre regard sur la Terre dans la journée du 12 avril 2016, le jour de l’anniversaire du vol historique de Youri Gagarine.

 

Des cendres qui font monter…

C’est aussi pratiquement la date anniversaire du blog qui va fêter ces six ans. Même si le blog a formellement été créé en janvier 2010, le premier vrai article, qui entraîne un pic de fréquentation et me décide définitivement à consacrer un peu d’énergie à cette nouvelle expérience de diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle, est celui sur l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll illustré par une image du panache de fumée acquise par le satellite européen Envisat. L’éruption volcanique a débuté le 20 mars 2010 mais c’est à partir du 15 avril que le nuage de cendres volcaniques va perturber le trafic aérien en Europe.

 

Assez d’essais…

Je suis alors assez bluffé par le nombre de visites en une seule journée : 1062 pages vues le 17 avril 2010. Au point de relativiser la déception de l’annulation d’un voyage familial en Sicile causée par les problèmes de trafic aérien au moment de l’éruption.

 

Un autre regard sur la Terre - Décollage - Avril 2010 - Eruption du volcan islandais - Eyjafjöll - Envisat - ESA - satellite

Il y a six ans, en avril 2010 : le blog Un autre regard sur la Terre.
Un évènement fondateur : le succès de l’article sur l’éruption du volcan Eyjafjöll
Statistiques provenant de la plateforme Over-blog

 

L’idée d’utiliser des images satellites spectaculaires ou insolites pour évoquer des questions scientifiques et techniques fait son chemin. Plus récemment, j’ai également régulièrement abordé l’actualité spatiale ou les grandes dates anniversaires de la conquête spatiale.

 

Décoller en atterrissant…

Depuis 2010, plusieurs articles ont fait des très gros scores journaliers, les deux plus importants étant liés à l’atterrissage de deux engins spatiaux : la mission MSL Curiosity sur la planète Mars en août 2012 (2001 pages vues le 7 août et 1145 le 8 août) et les aventures du petit atterrisseur Philae sur la comète 67P / Churyumov-Gerasimenko en novembre 2014 (1714 pages vues le 12 novembre et 2358 le 13 novembre).

On peut aussi citer la page sur le vol historique de Gagarine qui est vue 1598 fois le 28 décembre 2015 (j’ignore pourquoi) ou celle sur le cyclone Yasi (1555 pages vues le 2 février 2011).

Dernièrement, l’article du premier avril a fait un assez joli score. La fait qu’il ait été relayé avec quelques jours de retard sur certains réseaux sociaux comme Linkedin ont amené plusieurs internautes à le prendre un peu trop au sérieux malgré les discrets indices (il est vrai en langue française) qui pouvaient mettre la puce à l’oreille.

 

Ain't No Fun (Waiting 'Round to be a Millionaire)

A propos de langue, j’ai fait le choix délibéré d’un blog francophone même si je cite régulièrement des extraits de textes rédigés en anglais et des termes techniques anglo-saxons.

Le blog Un autre regard sur la Terre reçoit donc tout surtout des visiteurs francophones. La France arrive bien évidemment en tête avec 77% des pages vues, suivie du Canada et de la Belgique mais les Etats-Unis occupent la quatrième place, devant la Suisse, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, L’allemagne et l’Espagne.

 

Un autre regard sur la Terre - Provenance des visiteurs - Blog francophone - sixième anniversaire

Origine géographique et répartition des visiteurs du blog Un autre regard sur la Terre.
En bleu, les pays où résident les visiteurs du blog. Source : Google analytics

 

Même si le nombre de visites est beaucoup plus réduit, je suis satisfait de voir qu’il y a au moins quelques fidèles du blog Un autre regard sur la Terre dans de nombreux pays du monde. Petite déception : aucune visite depuis la Corée du Nord, le Malawi, la Sierre Leone, la Papouasie Nouvelle-Guinée ou le Bhoutan.

 

It's a Long Way to the Top

Sur la durée, les cinq articles les plus lus sont les suivants (par ordre décroissant de nombre cumulé de pages vues depuis la création du blog) :

 

Union européenne - European Union - 28 Mmeber states - 28 capitales - vues de l'espace - seen from space - UE - Bruxelles - Brexit - UK - France - Europe - At night

Une image illustrant un des articles les plus vus du blog Un autre regard sur la Terre :
un quiz image avec les 28 capitales européennes vues, de nuit,depuis l’espace

 

Touch too Much

Ce classement est basé sur les statistiques obtenues avec Google Analytics mais je n’ai installé cet outil qu’à partir de juin 2010. Les premiers mois ne sont pas couverts mais cela ne doit pas changer le podium.

Il faut également savoir que les images et les documents annexes du blog un autre regard sur la Terre sont désormais hébergées en dehors de la plateforme Overblog sur un site dédié (www.un-autre-regard-sur-la-terre.org hébergé par Online et où il y a aussi quelques outils expérimentaux. En toute rigueur, il faudrait comptabiliser ces accès et je crois que, dans ce cas, le million de pages vues est largement dépassé.

 

Have a drink on me

C’est Google et en particulier le moteur de recherche d’images qui reste la source la plus importante de visite.

Il y a également une bonne proportion d’accès directs (9,4%) ce qui prouve que des visiteurs fidèles ont enregistré l’adresse du blog dans leurs liens favoris. Quelques sites référencent certains articles du blog Un autre regard sur la Terre.

L’accès via les réseaux sociaux reste beaucoup plus marginal (1,3%), surtout par Linkedin et Twitter, un peu moins avec Facebook. Les « amis » ou les  « followers » cliquent encore peu sur les liens.

Il est très satisfaisant de voir que de nombreux internautes sont capables de lire plus de 140 caractères sans faire une pause. Les articles du blog Un autre regard sur la Terre, en général plutôt longs, sont néanmoins appréciés.

Il est plus difficile de connaître le profil des visiteurs. Je sais qu’il y a beaucoup d’enseignants, ce qui correspond au public ciblé initialement, mais aussi des professionnels et le grand public.

 

Boogie man

Je remercie tous ceux qui prennent le temps de poster un commentaire, souvent pour signaler qu’ils apprécient un article ou parfois pour rectifier ou compléter un texte ou une faute d’orthographe (il en reste).  Certains commentent aussi les quelques jeux de mots (il n’y a pas de « best of » ou de «worst of ») ou les sous-titres parfois décalés.

Si vous appréciez le blog Un autre regard sur la Terre, continuez à me faire part de vos avis et faites le connaître à vos amis sur les réseaux sociaux.

Pour terminer, je n’ai pas six petites bougies sous la main pour célébrer l’évènement. En voici une seule grosse…

 

Volcan islandais - Mars et avril 2010 - 15 mars 2010 - nuage de cendres - Envisat - MERIS - ESA

La « première image » du blog Un autre regard sur la Terre : le panache de cendres du volcan vu
le 15 avril 2010 par l’instrument MERIS du satellite européen Envisat. Crédit image : ESA.

 

En savoir plus :

 

 

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 13:45

 

Premier avril - Poisson d'avril - April's fool - Satellite - île mystérieuse - Océan indien

L’image satellite qui a alerté les scientifiques américains. Une nouvelle île dans l’océan indien
partiellement visible en bas à gauche à travers les nuages sur cette image MODIS acquise par
le satellite Aqua le 01/04/2016. Crédit image : NASA / SOLE / PODAV / Aqua / RIOM

 

La nouvelle est arrivée dans le courant de la matinée : en examinant les images MODIS acquises par le satellite AQUA, des scientifiques de la NOAA ont eu la surprise de voir une nouvelle île qui n’était encore répertoriée sur aucune carte. 

Cela paraît incroyable mais la région de l’océan indien où l’île se situe, un peu au sud du tropique du Capricorne à environ 110° de longitude est, à l’ouest de l’Australie, est connue pour sa couverture nuageuse très dense qui empêche habituellement toute observation optique.

 

Synthetic Aperture Radar : les normes SAR DIN

Les satellites radar, qui pourraient percer ces épais nuages,  sont rarement utilisés dans cette partie de l’océan indien où le trafic maritime est pratiquement inexistant.

Après les premières vérifications, l’incrédulité initiale a fait place à l’enthousiasme et à la curiosité scientifique : les équipes de la NOAA de Saint-Jack (côte est des USA) ont immédiatement contacté les agences spatiales et les opérateurs de satellites d’observation pour tenter d’obtenir des images à plus haute résolution : les images MODIS permettent seulement de voir des détails de quelques centaines de mètres.

 

Friture sur la ligne

Coup de chance : l’orbite d’un des deux satellites Pléiades passait aujourd’hui au-dessus de la longitude  100°E.  Le CNES et Airbus Defence and Space ont pu programmer en urgence le satellite Pléiades-1B, grâce aux mécanismes utilisés habituellement pour la Charte Internationale Espace et Catastrophes Majeures ou le service Copernicus Emergency Mapping. L’agilité de Pléiades a été utilisée pour orienter son télescope vers la zone d’intérêt.

Ce vendredi, la chance a souri de nouveau à l’observation de la Terre : le ciel s’était encore dégagé en fin de matinée au moment du passage du satellite au-dessus de l’île mystérieuse.

 

L'eau bleue de l'atoll ondulait...

Enregistrée à bord du satellite puis transmise en bande X et reçue en fin de matinée par la station de réception située à Kiruna en suède, envoyée à Toulouse pour être traitée en urgence, l’image du satellite Pléiades, très spectaculaire, confirme la découverte de cette nouvelle île. Un grande première pour ce mois d’avril 2016.

 

Premier avril - Poisson d'avril - April's fool - île mystérieuse - île en forme de poisson - CNES - Un autre regard sur la Terre

La nouvelle île parfaitement visible sur cette image en couleurs naturelles, sans aucun nuage,
acquise par le satellite Pléiades-1B le premier avril 2016.
Crédit image : CNES / Albacora / Nathalie Bertrand

 

L’expérience acquise par les équipes du CNES et d’Airbus Defence and Space dans le cadre des services d’aids aux situations d’urgence a une nouvelle fois montré tout son intérêt pour l’acquisition d’images avec un préavis très court voire sans préavis.

 

Nos hameçons tordus

Compte tenu de sa forme étonnante et de la date de la découverte, les Etats-Unis ont proposé de la baptiser Fish Island (ou île du poisson en français). Les premières données MODIS (température de surface et couleur de l’eau) laissent également penser que les eaux autour de l’île, pourraient être très propices à la pêche. (point à la ligne)

Un jumelage est d’ores et déjà envisagé avec le royaume de Bahreïn qui possède cinq îles artificielles de forme similaire au sud du pays.

 

Premier avril - Poisson d'avril - îles en forme de poisson - Bahreïn - Durrat Al Bahrain

Durrat Al Bahrain, au sud de Bahreïn, les îles Petal et Atol. Image du satellite SPOT 5 acquise
en 2006. Copyright CNES 2006 – Distribution Airbus DS.

 

Anchois dans la date

L’annonce de cette découverte a enflammé les réseaux sociaux : le blog un autre regard sur la Terre connaît depuis le début d’après-midi une fréquentation élevée, y compris en provenance de visiteurs inhabituels. Même engouement sur Pêche-hook.

 

Premier avril - First April - Google Analytics - April's fool - Un autre regard sur la Terre

Statistiques de fréquentation du blog Un autre regard sur la Terre pour la journée du 1er avril.
Un bilan plus complet est attendu dans les jours qui viennent.

 

En savoir plus :

 

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 21:24


Calendrier spatial - Février 2016 - Sentinel-2 - Gole de Kutch - Rann de Kutch - Inde - Pakistan

Le calendrier spatial de février 2016 : le golfe de Kutch et le grand Rann de Kutch vus par
le satellite européen Sentinel-2A. Image acquise le 1er février 2016 à 5h51 UTC.
Crédit image : ESA / Commission Européenne / Copernicus


En Inde, le golfe de Kutch et le grand Rann de Kutch vus par le satellite européen Sentinel-2A

L’image que j’ai choisie pour le calendrier de février a été acquise par Sentinel-2 le 1er février 2016, à 5h51 UTC. Vous avez deviné : ce n’est pas une image en couleurs naturelles. J’ai choisi de présenter ici une composition colorée des canaux 8, 4 et 3 représentés respectivement en rouge, vert et bleu.

Le rouge sur l’image correspond donc au canal proche-infrarouge qui met particulièrement bien en évidence la végétation active mais aussi les sédiments et les matières en suspension dans l’eau.
 

Sentinel-2A - MSI - Golfe de Kuch - Rann de Kutch - Inde - Pakistan - ESA - Copernicus
L’image en résolution réduite dont est tiré l’extrait illustrant le calendrier spatial de février 2016. Composition colorée des canaux 8,4 et 3. Image acquise par le satellite Sentinel-2A
le 1er février 2016 à 5h51 UTC. Crédit image : ESA / Commission Européenne / Copernicus


23°N, 70.30°E : nous sommes pratiquement au niveau du tropique du Cancer, à l’ouest de l’inde, dans l’État du Gujarat, à la frontière avec le Pakistan. Cet extrait d’image Sentinel-2 couvre le golfe de Kutch, un bras de la mer d’Arabie, correspondant aussi à l’embouchure du fleuve Rukmavati.

Les eaux sont peu profondes, environ 120 mètres au maximum. L’aquaculture côtière occupe une place importante et on identifie facilement les motifs géométriques des fermes d’élevage de crevettes.

Immédiatement au nord se trouve le Grand Rann de Kutch, une région constituée d’un marais salé saisonnier et de dunes de sables, au sud du désert du Thar (200 000 km2). A l’origine, c’était une zone de hauts fonds de la mer d’Arabie, que les mouvements géologiques ont transformée en lac intermittent.

Lors de la mousson d’été (en gros de juin à septembre), l'eau de pluie envahit le marais, entourant entièrement le reste du district de Kutch qui forme alors une île temporairement séparée du reste de l'Inde. Une fois les eaux évaporées, le Rann de Kutch, redevient un désert blanc, couvert de de sel, dont la blancheur est bien visible sur l’image satellite.

Hébergeant de nombreuses espèces protégées, le Rann de Kutch est classé comme site RAMSAR (convention internationale pour la préservation des zones humides) depuis novembre 2002. C’est un paradis pour les observateurs d’oiseaux migrateurs (flamands, hérons, aigrettes, etc.)

La cinquième conférence Global Bird Watchers y a été organisée (à Porbandar) du 31 janvier 2015 au 2 février 2015.
 

Sentinel-2 - Golfe de Kutch - Inde - ESA - Copernicus Sentinel-2 - Golfe de Kutch - Inde - ESA - Copernicus
Sentinel-2 - Rann de Kutch - Inde - Pakistan - ESA - Copernicus Sentinel-2 - Rann de Kutch - Inde - Pakistan - ESA - Copernicus

Deux extraits en pleine résolution de l’image Sentinel-2. En haut, installations d’aquaculture
dans le golfe de Kutch. En bas, le Rann de Kutch. A gauche, représentation en couleurs naturelles (bandes 4,3 et 2). A droite, représentation avec le canal proche-infra-rouge (bandes 8,4 et 3).
Crédit image : ESA / Commission Européenne / Copernicus


Avec du gaz naturel en abondance dans le sous-sol, cette richesse écologique est menacée par le développement d’activités industrielles dans le cadre des ZES (Zones Economiques Spéciales ou Export Processing Zones) : installations pétrolières et chimiques, cimenteries, exploitation du sel, centrales thermiques à charbon, …

Au sud, les pêcheurs du golfe de Kutch se sentent également menacés par cette industrialisation qui se traduit également par une politique d’acquisition des terres. La lutte des populations locales porte sur le maintien de zones d’intérêt public.

La limite nord du Rann de Kutch matérialise la frontière entre l’Inde et le Pakistan. Depuis 1965 et la deuxième guerre du Cachemire, la frontière, en particulier la zone appelée Sir Creek, fait l’objet d’un litige avec des incidents frontaliers entre l’Inde et le Pakistan. Karachi est à seulement 160 km au nord-est. Encore très récemment (mars 2016), l’Inde a relevé son niveau d’alerte dans l’état de Gujarat, après des informations faisant état de passage de groupes de rebelles.

Un œil exercé repérera également sur l’image le port et la plage de Mandvi avec ses éoliennes,  la ville fortifiée de Bhuj, malheureusement frappée par un tremblement de Terre meurtrier en janvier 2001 (20000 morts) ou Gandhidham, une ville beaucoup plus récente, créée en 1950.

Les lancements de janvier 2016

Voici le tableau de bord des lancements pour le mois de janvier 2016, un nouvel outil que je réactualiserai chaque mois :
 

Calendrier spatial - Calendrier des lancements - Launch log - Janvier 2016 - Tableau de bord - fusées - lancements orbitaux
Le tableau de bord des lancements orbitaux pour le mois de janvier 2016 :
nombre de lancements, pays de lancement et type de fusée, nombre de satellites,
types d’orbites et principales missions. Crédit image : Gédéon


La Chine avait procédé au dernier lancement de l’année 2015 avec le satellite Gaofen-4. C’est également un lanceur chinois qui ouvre l’année des lancements en 2016.

Il y a eu 5 lancements orbitaux en janvier, tous dans la deuxième quinzaine : un chinois, un américain, un indien, un européen et un russe. Un seul, Jason-3, un satellite d’altimétrie, à destination de l’orbite LEO et 4 vers l’orbite de transfert géostationnaire (3 satellites de communication et un de navigation), et un total de près de 19 tonnes mis en orbite.

Voici quelques détails sur ces cinq lancements :

  • 15 janvier 2016, 16:57 UTC, Xichang (Chine) : une fusée chinoise Chang Zheng 3B/E met en orbite le satellite de télécommunications bélarusse Belintersat 1 (5223 kg au lancement). Le satellite utilise la plate-forme chinoise DFH-4. La charge utile est fabriquée par Thales Alenia Space.
  • 17 janvier 2016, 18:42 UTC, Vandenberg AFB : une fusée Falcon 9 v1.1 de Falcon X met en orbite le satellite d’altimétrie Jason 3. C’est la 14ème mise en orbite réussie par cette version de la fusée Falcon 9 sur un total de 15 vols. La tentative de récupération du premier étage sur une barge en mer échoue de peu. L’orbite de Jason-3 est circulaire à une altitude moyenne de 1312 km et inclinée à 66°.  Fabriqué par Thales Alenia Space, le satellite Jason-3 a une masse de 553 kg au décollage. Jason-3 est une coopération internationale entre le CNES, la NOAA, la NASA et Eumetsat.

 

SpaceX - Falcon 9 - Atterrissage premier étage - First stage landing - Jason 3 - Presque réussi - Janvier 2016
Tentative de récupération du premier étage du lanceur Falcon 9 utilisé pour le lancement
du satellite Jason-3. Presque réussi… Des échecs comme celui-ci annoncent des succès.
Crédit image : SpaceX.

 

  • 20 janvier 2016, 04:01 UTC, Sriharikota (Inde) : la fusée PSLV C-31 décolle et met en orbite le satellite de navigation IRNSS 1E (1425 kg). L’orbite finale est une orbite géosynchrone inclinée à 28°. C’était le 33ème lancement d’un lanceur PSLV, avec 31 vols réussis. Une belle fiabilité.
  • 27 janvier 2016, 23:20 UTC, Kourou : la mission VA 228 de la fusée Ariane 5 lance le satellite de communication Intelsat 29e. L’orbite visée est une orbite de transfert géostationnaire (250 x 35546 km). Intelsat 29e est un gros satellite : 6552 kg au décollage, avec 20 transpondeurs en bande C. 249 en bande Ku et 1 en bande KA. Le satellite sera positionné à 310°E.


Ariane 5 - décollage - VA 228 - Intelsat 29e - Janvier 2016 - Kourou - CSG - Arianespace

Décollage de la mission VA 228 de la fusée Ariane 5.
A bord, un beau bébé de 6,5 tonnes : le satellite Intelsat 29e.
Crédit image : ESA / CNES / Arianespace / Optique vidéo du CSG – JM Guillon

 

  • 29 janvier 2016, 22:20 UTC, Baïkonour (site 200, aire de lancement 39) : une fusée Proton M / Briz M (version phase 3) met en orbite le satellite de communication Eutelsat 9B (5175 kg au décollage) construit par Airbus Defence and Space. L’orbite initiale est une orbite GTO (4444 x 35696 km), inclinée à 12,18°. Eutelsat 9B emporte 66 transpondeurs en bande Ku ainsi que la charge utile EDRS (European Data Relay System), un système de transmission laser à haut débit, destiné notamment à récupérer les données transmises par les satellites Sentinel du programme européen Copernicus.


30 ans de SPOT : SPOT 3, le mauvais élève de la famille ?

Je continue le cycle d’articles sur les accidents et les pannes dans l’espace. A l’occasion des 30 ans du lancement du premier satellite SPOT (c’était le 22 février 1986), j’ai choisi d’aborder la panne de SPOT 3.

Tous les satellites SPOT ont eu une durée de vie largement supérieur à la durée de vie nominale : 17 ans pour SPOT 1, 19 ans pour SPOT 2, 15 ans pour SPOT 4 et 13 ans pour SPOT 5...

Tous ? Sauf un : SPOT-3, prévu normalement pour fonctionner au moins trois ans, n’a fonctionné que trois ans et 2 mois… Le service minimum. Lancé le 26 septembre 1993 depuis le Centre Spatial Guyanais (mission Ariane),  il a cessé de fonctionné le 14 novembre 1996.


SPOT 3 - panne contrôle d'attitude - dernières images - 14 novembre 1996 - SCAO - AOCS - CNES - Spot Image

Les dernières images acquises le 14 novembre 1996 par SPOT 3 au-dessus de la Chine.
Copie d’écran d’une consultation du catalogue Geostore d’Airbus DS.


3 mois plus tard, la commission d’enquête publiait son rapport : l’analyse des causes de la panne du satellite SPOT 3. C’est très instructif sur le fonctionnement d’un système de contrôle d’attitude et cela mérite un article à part entière. A partir de maintenant, je vais d’ailleurs séparer le calendrier du mois, qui continuera à répertorier la liste des lancements du mois précédents.
 

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 20:31

 

Sentinel-2 - MSI - Libye - Libya - Incendies réservoirs pétrole - état islamique - ESA - Copernicus - European Commission - EUU

Les incendies des sites pétroliers en Libye. Extrait d’une image acquise par l'instrument MSI
du satellite européen Sentinel-2 le 5 janvier 2016 à 9h40 UTC.
Crédit image : Copernicus / Commission Européenne / ESA

 

J’ai publié il y a quelques jours un article sur les incendies des sites pétroliers causés par une attaque de l’état islamique. Les images provenaient de l’instrument MODIS des satellites américains Aqua et Terra.

Le tout nouveau satellite européen Sentinel-2, qui vient de démarrer sa carrière opérationnelle, a également été témoin de ces incendies. Voici quelques extraits d’une image acquise le 5 janvier 2016. On note immédiatement l’apport des données à plus haute résolution : regardez par exemple la restitution des infrastructures portuaires ou des cuves de stockage d'hydrocarbures.

 

Haut en couleurs

Le satellite Sentinel-2 a terminé sa recette en vol en ovcembre 2015. Il a été lancé par une fusée Vega le 23 juin 2015 et les premières images ont été acquises dans les jours suivants. Sentinel-2 est un satellite d'observation optique : son instrument MSI (Multispectral Imager) fournit des images dans 13 bandes spectracles, avec un pas d'échantillonnage au sol de 10 à 60 mètres selon les bandes. Les produits Sentinel-2 sont disponibles sur le portail "Sentinel Data Hub" depuis la fin du mois de novembre 2015.

 

satellite Sentinel-2 - Libye - Libya - Incendies réservoirs pétrole - ESA - Copernicus - European Commissionsatellite Sentinel-2 - MSI - Libya - Oil tanks - ISIS - ESA - Copernicus - European Commission - EU - large

Les incendies des sites pétroliers en Libye. Deux extraits, un en champ large et un plus serré, de l’image acquise par le satellite européen Sentinel-2 le 5 janvier 2016. Crédit image : Copernicus / Commission Européenne / ESA

 

Bizarrement, l’image a été publiée sur les pages Earth Observatory du site de la NASA. La distribution des images des satellites Sentinel se fait selon une politique « accès libre, illimité et gratuit » définie par la Commission Européenne pour les satellites du programme Copernicus.

Donc, rien n’empêche la NASA ou n’importe quelle autre organisation d’exploiter les images des satellites Sentinel.

Ce qui est plus étonnant, c’est que ni l’Agence Spatiale Européenne (ESA) ni la Commission européenne n’aient publié cette image sur leur site Internet ou auprès des médias.

En Europe, certaines personnes ont émis quelques réserves sur la politique de distribution des données Sentinel de Copernicus : y a-t-il un risque que les grands acteurs du web comme Google, Microsoft ou Facebook, avec leur force de frappe, mettent en place des services utilisant les données Sentinel qui "empêchent" les fournisseurs de services européens d’exploiter cette nouvelle source de données. La forme ultime du modèle économique du passager clandestin ("free-rider"), qui exploite un infrastructure sans participer à son financement ? 

 

Big brother ou big data

L’exemple présenté ici est anecdotique mais il pose une vraie question, également soulevée à Bruxelles pendant la conférence EU Space Strategy 2016 : il y a un réel enjeu de développer rapidement les usages européens des données Sentinel, sur les marchés institutionnels ou commerciaux, et cela passe par des mécanismes performants d’accès à ces données.

Cela montre aussi tout l’intérêt des actions destinées à promouvoir l’usage des images satellites pour les applications opérationnelles.

Les initiatives éducatives et grand public en font partie. De ce point de vue, un outil similaire à MIRAVI, développé à l'époque par l'ESA pour faire connaître les images MERIS du satellite Envisat, serait très utile.

 

En savoir plus :

 

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 13:58

Calendreir spatial et astronomique - Août - 2015 - Discoverer 14 - Syncom 3 - Claudie Haigneré - Voie Lactée - Transmittance - Atmosphère - Diffusion - Absorption

Le calendrier spatial et astronomique du mois d’août 2015.
Infographie : Gédéon. Crédit image : NASA

 

L’image de fond du calendrier du mois d’août est une image prise par l’astronaute Reid Wiseman, membre de l’équipage de l’expédition 41 de la Station Spatiale Internationale (référence NASA : iss041e045469). Une très belle photographie de la voie lactée vue depuis l’orbite terrestre prise le 27 septembre 2014 à 23:17 UTC. L’ISS survole alors l’océan atlantique, au niveau du tropique du Cancer, en direction de la côte africaine et du Sahara.  Reid Weiseman a utilisé un reflex Nikon D3S avec un objectif de 24 mm de focale. La sensibilité est de 12800 ISO. Les étoiles de la voie lactée offrent un spectacle extraordinaire mais il est intéressant de noter également que le sable du désert donne une dominante orange à la couleur de l’atmosphère.

Une autre belle image de la voie lactée a été publiée récemment par la NASA. Elle a été prise le 9 août2015, alors que la station spatiale survole les îles Salomon (4,2°S, 161,7°W) à 402 km d’altitude.

 

ISS - Voie lactée - Milky Way - Stars - ISS044-E-45215 - International Space station

La voie lactée photographiée par un membre de l’expédition 44 de l’ISS.
Image ISS044-E-45215 prise le 9 août 2015 à 13:39 UTC. Crédit image NASA.

 

Drôle d’atmosphère : toute la transparence sur l’opacité

Une drôle de courbe sur le calendrier du mois d’août ? Voir les étoiles depuis la Terre ou voir la Terre depuis l’espace… Après les lois de Planck et de Wien, j’ai pensé que c’était une bonne occasion de nous intéresser à la manière dont la lumière et les signaux électromagnétiques traversaient l’atmosphère terrestre. Selon les longueurs d’onde, celle-ci est transparente (comme pour le spectre visible entre 0,4 µm et 0,8 µm) ou plus ou moins opaque. C’est un des critères de choix des bandes spectrales utilisées sur les instruments des satellites d’observation ou dans les télescopes ou radiotélescopes installés sur notre planète. Pour observer les astres dans d’autres longueurs d’onde, une seule solution : quitter la Terre et aller au-delà de l’atmosphère…

Je reviens à la fin de cet article sur ces fenêtres de transparence atmosphérique. Ce n'est pas vraiment intuitif mais cela mérite quelques tentatives d’explication…

 

Le choix des dates : deux premiers et une première

Revenons à notre calendrier et aux grandes étapes de la conquête spatiale…

Les trois « premières » que je retiens pour le mois d’août sont deux premiers satellites, le premier satellite de reconnaissance et le premier satellite géostationnaire et une vraie « première » : Claudie Haigneré, la première femme française à participer à un vol habité en août 1996.

Le 19 août 1960, Discoverer 14 est le premier satellite de reconnaissance de l’US Air Force, lancé par une fusée Thor depuis la base de Vandenberg. Il rentre dans l’atmosphère après 17 orbites et redescend sous parachute. Le satellite et ses précieux films sont récupérés (pêché avec une épuisette ?) par un avion C-119J  « Boxcar » après deux essais infructueux. Le contenu de la pellicule ? Les premières images de l’Union Soviétique prises depuis l’espace. Au total, Discoverer 14 a pris plus d’image que les 24 avions-espions U2 entre 1956 et 1960. 38 satellites Discoverer seront lancés jusqu’en février 1962. En lançant véritablement le programme Corona, Discoverer 14 sonne le glas des avions-espions U2.

 

Satellite espion - US - Discoverer 14 - Récupération - C-119J Flying Boxcar - août 1960 - US Air Force

Récupération de la charge utile sous parachute du satellite espion Discoverer 14 par
un avion C-119J Flying Boxcar. Crédit image : US Air Force

 

Exactement quatre ans plus tard, le 19 août 1964, c’est lancement de Syncom 3 par une fusée Delta. 68 kilogrammes, 29 watts : rien à voir avec les gros satellites de communication modernes… Pourtant, Syncom 3 est le premier satellite géostationnaire. Positionné au-dessus du pacifique au niveau de la ligne de changement de date (longitude 180°), il a assuré la transmission TV en direct des jeux olympiques au Japon en 1964. A partir de 1965, il est exploité par le département de la défense (DoD) pendant la guerre du Vietnam.

Après Valentina Terechkova (URSS) et Sally Ride (USA), Claudie Haigneré, à 39 ans, décolle le 17 août 1996 à bord du vaisseau Soyouz TM-24. Elle est la première femme française à participer à un vol habité. C’est le début de la 5ème mission franco-russe : Cassiopée. Destination : la station spatiale MIR où elle séjournera jusqu’au 2 septembre et réalisera des expériences médico-physiologiques (PHYSIOLAB et COGNILAB), techniques (ALICE II, CASTOR), biologiques (FERTILE) et pédagogiques (proposées notamment par l’association Planète Sciences, ex-ANSTJ).

Une anecdote : jusqu'à quelques jours avant le vol, ses compagnons de vol Valéri Korzoun et Alexandre Kaléri faisaient partie de l'équipage suppléant. Ils ont remplacé Guennadi Manakov et Pavel Vinogradov, suite à des problèmes cardiaques décelés chez le commandant de bord. En octobre 2001, intégrée depuis 1999 à l'Agence spatiale européenne dans le corps des spationautes européens, elle participera à une seconde mission de 10 jours à bord de l’ISS (qu’elle rejoint à bord de Soyuz-TM33). Elle réalise un programme d’expérience en observation de la Terre, étude de l'ionosphère, sciences de la vie ainsi et sciences de la matière.

 

Sur le site du CNES, une vidéo sur la mission Cassiopée avec Claudie Haigneré.
Vous verrez quelques têtes connues. Elles n’ont presque pas changé… Crédit images : CNES

 

Conquête spatiale : les autres dates anniversaires en août

  • Août 1740 : à l’Académie des Sciences, Georges-Louis Leclerc de Buffon (1707-1788) présente un mémoire sur l’amélioration des fusées volantes et le rôle d’une cavité dans le bloc de poudre. Est mentionné un test pendant lequel des « fusées à broches coniques se sont élevées à 800 et 900 pieds en cinq secondes ».
  • Août 1954 : nouvelle aventure de Tintin. Après « Objectif Lune », Hergé publie son 17ème album : « On a marché sur la Lune ». La forme de la fusée lunaire est inspirée du V2.
  • 7 août 1959 : lancement du satellite américain Explorer 6, alias S-2.  De forme sphérique avec quatre panneaux solaires et d’une masse de 65 kg, c’est un satellite scientifique pour l’étude des radiations, du magnétisme terrestre et de la propagation des ondes radio dans l’atmosphère terrestre. Il embarquait également un système permettant de photographier la couverture nuageuse et a transmis les premières photographies de la Terre prise depuis l'orbite[].
  • 21 août 1959 : Little Joe 1 (LJ-1). Un problème électrique entraîne un allumage accidentel prématuré (35 minutes) et l’échec d’un essai de la fusée de sauvetage du vaisseau Mercury sur le site de Wallops Island.
  • 6 août 1961 : deuxième vol d’un homme en orbite : à bord de Vostok 2, le soviétique Guerman Titov (1935-2000), la doublure de Gagarine pour le premier vol, effectue 17 fois le tour de la Terre. 24 heures autour de la Terre…
  • 27 août 1962 : lancement de la sonde Mariner-2 par une fusée Atlas-Agena. Destination : Vénus. Après l’échec du lancement de Mariner-1, Mariner-2 survole Vénus le 14 décembre. A l’époque, elle établit le nouveau record de communication à longue distance.
  • 21 août 1965 : à bord de Gemini 5, Gordon Cooper et Charles Conrad établissent un nouveau record de durée pour un vol spatial habité : à leur retour, le 29 août, ils ont effectué 120 orbites et séjourné 7 jours et près de 23 heures dans l’espace.
  • 10 août 1966 : lancement de Lunar Orbiter 1, première sonde américaine à se mettre en orbite autour de la Lune.
  • 25 août 1966 : mission AS-202 (alias Apollo 2). Une fusée Saturn 1-B teste le comportement du vaisseau Apollo autour de la Terre. Le moteur est allumé à quatre reprises et l’endurance du bouclier thermique pour la rentrée dans l’atmosphère est vérifiée.
  • 5 août 1966 : la sonde américaine Mariner-7 passe à 3520km de de la planète Mars et transmet 126 images de la surface de la planète rouge.
  • 16 août 1971 : lancement du satellite français Eole par une fusée Scout de la NASA (Wallops Island). Le satellite Eole collecte les informations météorologiques transmises par 500 ballons sondes dérivant à 12 000 mètres d'altitude dans l'hémisphère sud  et les transmet, via des stations au sol, à un centre de traitement. Cette coopération franco-américaine a démontré l’importance des systèmes spatiaux de collecte de données. Quelques années plus tard, le CNES proposait à la National Oceanic and Atmospheric Administration  et à la NASA de fabriquer le système opérationnel de localisation et collecte de données ARGOS et d’en équiper les satellites météorologiques américains en orbite polaire. TIROS-N, lancé en octobre 1978, fut le premier à embarquer cette charge utile. 

 

Sur le site du CNES, une vidéo sur le programme météorologique Eole et les lâchers de ballons
depuis la station Neuquen (Argentine). Crédit image : CNES

 

  • 20 août 1975 : lancement depuis le Kennedy Space Center de la sonde Viking-1 vers la planète Mars. Les américains aiment les symboles : l’arrivée sur Mars est initialement prévue le 4 juillet mais les observations depuis l’orbite montrent que le site choisi est trop accidenté. L’atterrisseur Viking-1 se pose finalement le 20 juillet 1976 sur le site Chryse Planitia.
  • 18 août 1976 : alunissage de la sonde soviétique Luna 24, la dernière sonde du programme Luna. Etonnant : il a fallu attendre 37 ans avant qu’une autre ne se pose en douceur sur la Lune, avec l'alunissage de la mission chinoise Chang'e 3. C’était le 14 décembre 2013.
  • 20 août 1977 : lancement de la sonde Voyager 2 par une fusée Titan Centaur. En juillet 1979, elle explore les lunes de Jupiter puis survole Saturne en juillet 1981. Elle survole ensuite Uranus en janvier 1986 puis Neptune en 1989. Voyager 2 franchit les limites de l'héliosphère (hélio-pause) en août 2007 à 84 unités astronomiques du Soleil et devrait définitivement quitter le Système solaire magnétique vers 2017.
  • 27 août 1975 : lancement du satellite franco-allemand Symphonie-2 par une fusée américaine Thor-Delta. L’échec du 1er lancement d’Europa 2 oblige les européens à accepter les conditions américaines : le satellite doit avoir une mission strictement expérimentale, excluant toute exploitation commerciale qui ferait du tort à Intelsat, y compris pour des liaisons nationales. Ces conditions ont convaincu l'Europe de lancer le programme Ariane. Sauf erreur, les deux satellites Symphonie sont les premiers satellites géostationnaires à avoir été mis sur l’orbite cimetière en fin de vie.
  • 4 août 1984 : premier lancement d’une fusée Ariane 3. Lancement des satellites ECS-2 et Telecom-1A. A côté de la charge utile principale civile (bande C, Ku et Ka), Telecom-1A emporte également Syracuse (« Système de Radio Communications Utilisant un Satellite »), un système de communication militaire). Le moteur d'apogée est un moteur à poudre.
  • 30 août 1984 : premier vol de la navette Discovery avec la mission STS-41D. Trois satellites (SBS-D, SYNCOM IV-2 ET TELSTAR) sont mis en orbite.
  • 8 août 1989 : lancement de la sonde européenne d’astrométrie Hipparcos. Une défaillance du moteur d'apogée empêche d’atteindre l’orbite géostationnaire : Hipparcos reste sur une orbite de transfert très elliptique. Néanmoins, les objectifs scientifiques de la mission ont été remplis : les catalogues d’étoiles issus des mesures de parallaxe d’Hipparcos ont permis des progrès dans de nombreux domaines :  âge de l'univers, formation des étoiles, exo-planètes, etc. En décembre 2013, l’ESA a lancé Gaia qui vise un catalogue plus précis (x 50) et plus large (un milliard d'étoiles). Question : est-ce la forme d’Hipparcos a inspiré les concepteurs des satellites Pleiades ?

 

Gaia - Hipparcos - Astrométrie - Comparaison - Missions - Performances - magnitude - nombre étoiles - exo-planètes - 3AF - Toulouse - Cité de l'espace

D’Hipparcos à Gaia : les objectifs des deux missions  comparés pendant une conférence
organisée par la 3AF pendant l’opération Ciel en Fête à la Cité de l’espace à Toulouse
en septembre 2013. Crédit image : Gédéon

 

  • 10 août 1992 : lancement de la mission franco-américaine Topex-Poseidon par une fusée Ariane 42P. A 1366 km d’altitude sur une orbite inclinée à 66°, Topex-Poseidon amorce une longue filière de missions d’altimétrie et d’océanographie opérationnelle. Il a fonctionné près de 13 ans. La relève est assurée par Jason-1 le 7 décembre 2001, puis Jason-2 le 20 juin 2008. Jason-3 devrait bientôt prendre la suite.

 

El Ninõ - La Niña - 1997-2000 - Topex-Poseidon - Altimétrie spatiale - Océanographie

Les phénomènes El Ninõ et a Niña caractérisés depuis l’espace entre 1997 et 2000 à partir de données
du satellite Topex-Poseidon. L’altimétrie spatiale a révolutionné notre connaissance de la
dynamique des océans – Crédit image : NASA / CNES

 

  • 1er août 1996 : lancement du satellite japonais ADEOS-1. A bord la charge utile POLDER-1 développée par le CNES.
  • 28 août 2002 : une fusée Ariane (mission VA 155) met en orbite le satellite MSG-1, alias Meteosat 8, le premier exemplaire de la seconde génération de satellite météorologique européen (2040 kg, 600 W).
  • 6 août 2012 : la mission MSL (Mars Science Laboratory) pénètre dans l’atmosphère de Mars et réussi un atterrissage en douceur. Le rover Curiosity commence sa mission d’exploration.
  • 25 août 2012 : Voyager-1 quitte l’héliosphère. Question : la date choisie par la NASA pour cette annonce est-elle aussi précise ?
  • 6 août 2014 : à 405 millions de kilomètres de la Terre, la sonde Rosetta, après 10 ans de voyage, rejoint la comète Tchurimov-Gerasimenko 67P et commence à parcourir ces « orbites triangulaires ». 3 mois plus tard, elle larguera l’atterrisseur Philae qui réussira un exploit : se poser sur le noyau d'une comète.
  • 13 août 2015 : passage au plus près du soleil de la comète « Tchouri » : la sonde Rosetta collecte des données sur l’activité du noyau (fonte de glace, éjection de gaz et d’eau, etc.)

 

MSL - Curiosity - Mars Science Laboratory - Little Planet - Anniversaire - Andrew Bodrov - 5 août 2015 (sol 1065) -  Marias Pass - MAHLI - JPL - NASA

Clin d’œil pour le troisième anniversaire de l’arrivée de MSL / Curiosity sur Mars : une « little planet »  réalisée par Andrew Bodrov à partir de 95 images prise le 5 août 2015 (sol 1065) par la caméra MAHLI
(Mars Hand Lens Imager). Curiosity se trouve alors dans la zone Marias Pass du Mont Sharp.
Crédit image : NASA / JPL-Caltec / MSSS / Andrew Bodrov


 

Compte-à-rebours : les lancements du mois de juillet 2015

Contrairement aux mois précédents, l’activité de lancement a nettement repris en juillet 2015, avec 7 lancements orbitaux et deux « largages » de cubesats à partir de la Station Spatiale Internationale : une majorité de missions d’observation de la Terre et de météorologie mais aussi trois satellites de navigation (un américain et deux chinois), deux satellites de télécommunication et, vers l’ISS, un cargo Progress et vol habité :

  • 3 juillet 2015, 4:55 UTC (Baikonour, LC1) : une fusée Soyouz-U met en orbite le cargo Progress M-28M à destination de l’ISS.
  • 10 juillet 2015, 16:28 UTC (Sriharikota) : une fusée indienne PSLV-XL met en orbite 4 satellites : quatre satellites d’observation (DMC3-1, DMC3-2, DMC3-3 et CBNT-1) et l’expérience DeOrbitSail.
  • Du 13 au 15 juillet 2015 : 12 nano-satellites d’observation de la société Planet Labs (Flock 1e-1 à 1e-12) sont « mis en orbite » (ils y étaient déjà un peu…) à partir de la Station Spatiale Internationale.
  • 15 juillet 2015, 15:36 UTC (Cap Canaveral, SLC 41) : une fusée Atlas V401 met en orbite le satellite GPS SVN 72, le 70ème de la constellation du système global de positionnement américain, sur une orbite à 20450 km d’altitude.
  • 15 juillet 2015, 21:42 UTC (Kourou, ELA3) : la fusée Ariane 5 ECA met en orbite le satellite de télécommunication Star One C4 et le satellite météorologique européen MSG-4.

 

MSG-4 - Meteosat - Eumetsat - Lancement - 5 juillet 2015 - Ariane 5 ECA VA224 - Arianespace - ESA - CNES - CSG

15 juillet 2015, 21h42 UTC : lancement du 4ème satellite Meteosat Second Generation (MSG-4) par la fusée Ariane 5 ECA VA224. Crédit image : ESA / CNES / Arianespace -Optique Video du CSG, S. Martin

 

  • 15 et 16 juillet 2015, 22:49 UTC : quatre nouveaux satellites, Flock 1e-13 et Flock 1e-14, Centennial-1 et Arkyd-3R sont mis en orbite depuis l’ISS.
  • 22 juillet 2015, 20:12 UTC (Baikonour, LC1) : une fusée Soyouz-FG met en orbite basse le vaisseau TMA-17 M qui rejoint la station spatiale internationale (ISS). A bord, un équipage également très international : Oleg Kononenko (Russie), Kimiya Yui (Japon) et Kjell N. Lindgren (États-Unis).
  • 24 juillet 2015, 20:07 UTC (Cap Canaveral, SLC 37B) : une fusée Delta 4M+ met en orbite le satellite de transfert géostationnaire WGS-7 (Wideband Global SATCOM) pour le compte de l’US Air Force.
  • 25 juillet 2015, 12:29 UTC (Xichang) : une fusée Chang Zheng 3B (Longue Marche) met en orbite deux satellites du système chinois de navigation Beidou M1-S et Beidou M2-S. Ce lancement est le premier de la nouvelle version du lanceur Chang Zheng-3B/YZ-1.

 

Beidou - Chang Zheng 3B - Long March - 5 juillet 2015 - Xichang - Beidou M1-S - Beidou M2-S - Chang Zheng-3B/YZ-1GPS chinois

Quatre images du lancement de deux satellites du système de positionnement Beidou par une
fusée Long March 3 / YZ-1. Crédit image : www.news.cn

 

Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?

Revenons un peu à la courbe du calendrier du mois d’août…

Opacité ? Transparence ? On parle aussi de transmittance T, la fraction du flux lumineux traversant un milieu, l’atmosphère dans notre cas. L’opacité est l’inverse (1 – T exprimé en pourcentage).

Ce sont les gaz et les particules contenus dans l’atmosphère qui dévient ou atténuent les rayonnements incidents, par trois mécanismes : la réflexion, la diffusion et l’absorption. L’effet dépend de l’épaisseur d’atmosphère traversée. La réflexion est causée par les nuages (particules et liquides) et les aérosols (solides et liquides)

 

Dispersez-vous !

La diffusion correspond à la déviation du rayonnement incident par les particules ou les grosses molécules de gaz présentes dans l'atmosphère. La diffusion dépend de la longueur d'onde, du type et de la densité de particules et de molécules, de la température et des conditions atmosphériques, de l'épaisseur et de l’altitude de la couche d’atmosphère que le rayonnement doit franchir.

Selon la taille respective des particules et des molécules par rapport à la longueur d’onde, on a affaire à trois types de diffusion :

  • la diffusion de Rayleigh, lorsque la taille des particules et molécules de gaz est inférieure à la longueur d'onde du rayonnement. La diffusion de Rayleigh, prédominante dans les couches supérieures de l'atmosphère, disperse de façon beaucoup plus importante les courtes longueurs d'onde que les grandes longueurs d'onde. Cette diffusion explique pourquoi nous percevons un ciel bleu durant la journée. Au coucher et au lever du Soleil, la distance à traverser dans l'atmosphère est plus grande : la diffusion des courtes longueurs d'onde est encore plus importante et une plus grande proportion de grandes longueurs d'onde pénètre l'atmosphère : le ciel paraît rouge.
  • la diffusion de Mie : lorsque les particules (poussière, pollen, fumée, eau) sont presque aussi grandes que la longueur d'onde du rayonnement. Ce genre de diffusion affecte les plus grandes longueurs d'onde et se produit surtout dans les couches inférieures de l'atmosphère où les grosses particules sont plus abondantes, quand le ciel est nuageux ou l’atmosphère polluée. Le halo gris qu’on perçoit au-dessus des villes est une manifestation de la diffusion de Mie.
  • la diffusion non-sélective, lorsque les particules (gouttes d'eau, poussière de grand diamètre) sont beaucoup plus grosses que la longueur d'onde du rayonnement : toutes les longueurs d'onde sont dispersées. Par exemple, les gouttes d'eau en suspension dans l'atmosphère dispersent le bleu, le vert, le rouge et les autres longueurs d’onde de manière identique : le brouillard et les nuages nous paraissent blancs.

 

Très absorbé par cette lecture ? Vous allez devenir une lumière…

Comme son nom l’indique, l’absorption correspond à l’absorption de l'énergie de diverses longueurs d'onde par les principales molécules de l'atmosphère.

Un intervalle de longueur d’onde pour lequel un gaz a une forte capacité d’absorption s’appelle une bande d’absorption. Ces bandes correspondent à des modes de vibration des molécules.

 

Transmittance - Fenêtres atmosphériques - Diffusion atmosphérique - bandes d’absorption des principales molécules - Bandes spectrales - Observation de la Terre

Diffusion atmosphérique et bandes d’absorption des principales molécules entrant dans la composition
de l'atmosphère. La transmittance de l’atmosphère résulte de la combinaison de ces effets.

 

L’absorption globale de l’atmosphère est la résultante des absorptions de chacun de ses constituants, qu’il s’agisse de gaz à concentration constante (azote N2 : 78,1%, oxygène O2 : 21,8%) ou de gaz dont la concentration varie avec l’altitude et au cours du temps (vapeur d’eau H2O, dioxyde de carbone CO2, méthane CH4, monoxyde de carbone CO, protoxyde d’azote N2O, chlorofluorocarbones CFC ou ozone O3) : 

  • Les deux composants principaux de l’air, l'azote et l'oxygène, ne présentent aucune absorption dans tout le domaine infrarouge. L’oxygène absorbe également le rayonnement proche infrarouge dans une bande étroite autour de 0,75 μm.
  • L'ozone absorbe les rayons ultraviolets (longueur d’onde inférieure à 0,3 µm) et nous protège ainsi d’une partie du rayonnement solaire) ainsi que les rayonnements dans l’infrarouge thermique (9,5 μm).
  • Les bandes d’absorption les plus larges sont dues aux gaz à effet de serre (H20, CO2, CH4) qui absorbent le rayonnement dans les infrarouges, du proche infrarouge jusqu’aux infrarouges thermique et lointain, ainsi que les hyperfréquences de petites longueurs d'onde (entre 22 µm et 1 mm).
  • Au-delà de 1 mm, dans le domaine des hyperfréquences, le phénomène d’absorption est inexistant et l’atmosphère est totalement transparente au rayonnement.

 

Du soleil à l’œil

La portion visible du spectre (la nature est bien faite : c’est celle que l’œil humain perçoit)  et, dans une moindre mesure, celle du proche infrarouge correspondent à une fenêtre de transparence et au niveau maximal du spectre de la lumière du soleil.

En résumé, l’atmosphère est presque complètement opaque dans l’ultraviolet, très transparente dans le domaine visible et à nouveau opaque dans une bonne partie de l’infrarouge sauf pour quelques fenêtres dans le proche infrarouge et dans la fenêtre allant de 8,5 à 12,5 μm.

Dans la partie hyperfréquences, il y a une grande fenêtre de transparence qui correspond aux longueurs d'onde de plus de 1 mm.

Les longueurs d’onde pour lesquelles le rayonnement électromagnétique est peu ou pas absorbé constituent donc les fenêtres de transmission atmosphériques. C’est à travers ces fenêtres que les instruments d’observation, sur notre planète ou en orbite autour d’elle, peuvent observer, au choix, la surface du globe terrestre ou les astres...

 

En savoir plus :

 

 

 

 

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  • : Un autre regard sur la Terre
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  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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A Propos De L'auteur

  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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