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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 00:01

 

2015 - Bonne année - Meilleurs Voeux - Best wishes - Année spatiale - Calendrier spatial

La carte de voeux 2015 du blog Un autre regard sur la Terre : Salar de Uyuni, la plus
grande surface salée du monde sur l’Altiplano de Bolivie : presque 11000 km2.
Une photographie prise par les astronautes de la Station Spatiale Internationale.
L’éclairage rasant met en évidence le relief aux alentours. Crédit image : NASA.

 

C’est parti pour une nouvelle année !

Je vous adresse tous mes vœux pour qu’elle soit la plus réussie possible. Pour les enseignants, pour les élèves et les étudiants qui vont passer des examens ou des concours. Bonne année à tout le monde...

Que ceux qui cherchent du travail trouvent rapidement une opportunité qui leur convienne. Que ceux qui en ont vivent une nouvelle année enrichissante avec leurs collègues.

En ce qui me concerne, je vais essayer de continuer à alimenter le plus régulièrement possible le blog Un autre regard sur la Terre en articles sur le thème de l’observation de la Terre et du spatial en général. J’espère que vous continuerez à trouver ces images et ces articles à la fois intéressants et abordables. Un grand merci par avance aux lecteurs du blog Un autre regard sur la Terre.

En attendant les prochains articles, pour changer de la traditionnelle carte de voeux, j’ai décidé de vous proposer un calendrier 2015.

 

En 2015, Astérix, le premier satellite français, célèbre ses 50 ans

C’est la perspective de célébrer le 50ème anniversaire du lancement du premier satellite français A1, alias Astérix, qui m’a donné cette idée : un calendrier de l’année en cours, rappelant également quelques premières de la conquête spatiale. Trois dates par mois : des évènements incontournables, comme le vol de Gagarine ou les premiers pas sur la Lune, des dates concernant l’aventure spatiale française et européenne, souvent en lien avec l’observation de la Terre (lancement du satellite Spot 1  ou Pleiades-1A) et même quelques drames qui nous rappellent qu’aller dans l’espace n’est jamais une formalité.

Le calendrier est illustré avec une série de photographies prises par les équipages de la Station Spatiale Internationale. Un choix totalement subjectif : des images qui m’ont plu et qui illustrent les différentes dimensions de l’observation de la Terre ou de l’environnement de notre planète.

Les amateurs d’astronomie trouveront des calendriers beaucoup plus détaillés ailleurs (par exemple sur le site de Ciel et Espace) : j’ai juste indiqué les principales phases de la Lune pour ceux qui veulent observer le ciel nocturne ou les cratères de notre satellite naturel.

Super Lune

Voici donc la page du mois de janvier. Vous pouvez normalement l’utiliser en fond d’écran.

 

2015 - Calendrier spatial et astronomique - Janvier 2015 - Année spatiale - Astérix - Space calendarLe calendrier 2015 du blog Un autre regard sur la Terre : le mois de janvier 2015

 

La photographie qui illustre la page du mois de janvier a été prise par le cosmonaute Oleg Artemyev à bord de la Station Spatiale Internationale le 10 août 2014 au moment où la Lune est au périgée : La Lune est alors 50000 km plus proche de la Terre qu’au moment de l’apogée, quand elle est la plus éloignée. Son diamètre apparent est plus grand et elle apparaît alors 30% plus lumineuse. On parle alors de Superlune. Ce n'est pas un phénomène exceptionnel : il y en a eu cinq en 2014, dont 3 visibles pendant l’été.

 

Bonnes résolutions

Je publierai une nouvelle page du calendrier sur le blog Un autre regard sur la Terre chaque fin de mois. Je mettrai aussi prochainement en ligne des versions avec différentes résolutions d’écran ainsi que le calendrier complet au format pdf pour ceux qui ne veulent pas attendre. Je n’ai pas aujourd’hui les bons outils sous la main à l’endroit ou je passe le réveillon et le nouvel an et on m’appelle pour préparer le foie gras...

Je ferai également vivre ce calendrier en ajoutant les évènements spatiaux de l’année. Et, peut-être, une petite formule, juste une seule, pour passer en revue les grandes lois de la physique utiles quand on s’intéresse au spatial et à l’observation de la Terre.

 

Bonne fin de réveillon et très bonne année 2015 !

Depuis le début de l'hiver, les jours commencent à rallonger... Dans moins de trois mois, le 20 mars 2015 à 22h45 UTC (date de l'équinoxe), le printemps sera déjà là. 

 

 


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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 22:39

L’hiver est là, même si la neige n’est pas au rendez-vous sur les pistes pour les vacances de noël : le solstice d’hiver, c’était dans la nuit de dimanche à lundi, le 22 décembre 2014 à 23h03m01s UTC soit pratiquement minuit en France. Pour les puristes, le site de l’IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides) précise que la déclinaison du soleil atteignait son minimum deux minutes plus tôt. Si un copain amateur d'astronomie peut m'expliquer cette subtilité, je suis preneur d'un commentaire...

Pour être complet, dans l’hémisphère sud, c’est l’été… D’autres articles du blog Un autre Regard sur la Terre expliquent le phénomène des saisons avec des images provenant de satellites géostationnaires.

Aujourd’hui, j’ai choisi un autre angle d’approche…

 

Terra - MODIS - Automne - USA - Canada - Grands lacs - Couleurs d'automne - Fall colorsQuelques jours après le début de l’automne, la région des grands lacs vu par l’instrument MODIS
du satellite Terra le 26/09/2014. C’est aux latitudes élevées que la baisse de la température et
la durée plus courte du jour manifestent leurs premiers effets sur la couleur du feuillage.
Crédit image : NASA / GSFC

 

« La forêt met sa robe rousse » (Samivel)

En attendant la neige, si la météo atypique de cette fin d’année ne vous a pas permis de photographier les jolies couleurs de l’automne, c’est le moment d’un petit retour en arrière avec les images des satellites d’observation.

J’ai fait une sélection d’images prises entre septembre et décembre 2014. Le critère : presque uniquement des images en couleurs naturelles, similaires à ce que l’œil d’un humain pourrait voir depuis l’orbite de la Terre. Couleurs de l’automne ou couleurs plus vives, ce sont des images qui évoquent le rythme des saisons, la manière dont l’homme s’en affranchit ou des situations plus insolites.

C’est également l’occasion de faire connaissance avec de nouveaux satellites d’observation…

 

Sois le bienvenu, rouge Automne, accours dans ton riche appareil (Théodore de Banville)

On commence évidemment par le rouge.

Voici une image étonnante prise par un des satellites Dove de la société Planet Labs. Planet Labs a lancé à ce jour 71 satellites (des cubesats 3U soit 30 cm x 10 cm x 10 cm) dont seulement une partie est encore en orbite. L’échec récent de la fusée Antarès qui embarquait la mission Cygnus CRS-3 et 26 satellites Dove de la constellation Flock 1d La résolution au sol (Ground Sampling Distance ou GSD) est d’environ 4,4 mètres.

Revenons à nos feuilles mortes qui tombent aussi… L’image a été prise quelques jours avant l’automne le 17 septembre 2014.

Ici, le rouge n’est pas une représentation de la chlorophylle dans le canal proche infra-rouge. Il s’agit bien d’une image en couleurs naturelles : nous sommes encore aux Etats-Unis dans le sud de l’Idaho, au milieu des collines de Pleasantview. Ces sont des érables rouges qui ont pris leur couleur d’automne qui contraste avec celle des arbustes et des forêts de conifères.

 

Planet Labs - USA - Idaho - Couleurs d'automne - Fall colors - érable rouge - red mapleLa couleur rouge des érables de Pleasant View dans l’Idaho. Image prise par un satellite Dove de
Planet Labsle 17 septembre 2014. Crédit image : Planet Labs.

 

Pourquoi les feuilles changent-elles de couleur en automne ?

A partir de la fin de l'été, avec la baisse de la lumière solaire, les végétaux produisent moins de chlorophylle. La diminution de ce pigment vert rend davantage visibles d'autres composés chimiques, en particulier les caroténoïdes, les anthocyanes et les flavonoïdes, présents dans les feuilles. En fonction de la répartition de ces pigments, les feuilles prennent alors des couleurs avec des nuances de jaune, orange, rouge et brun. La météo influence l’évolution et l’intensité des couleurs. Par exemple, des températures clémentes, au-dessus de 0°C, et un temps sec favorisent la formation des anthocyanes.

 

Un rouge plus vif autour des joyaux de la Couronne ?

Sur l’image suivante, il ne s’agit pas de feuilles mortes. Du sang dans les douves ? Une scène en avant-première de la cinquième saison de la série « Games of Thrones »

Non, ce sont des coquelicots plantés autour de la Tour de Londres. Le premier a été planté en juillet 2014.

 

WorldView-3 - London Tower - Poppies - coquelicots - Blood Swept Lands and Seas of Red - Tom Piper - Paul Cummings - In Flanders fields the poppies blow
« Blood Swept Lands and Seas of Red » : les coquelicots de la Tour de Londres. Image acquise
par le satellite WorldView-3 le 16 octobre 2014. Crédit image : Digital Globe.

 

Des coquelicots en automne ?

Ce ne sont pas de vrais coquelicots : les fleurs rouge vermillon sont en céramique. Au total, 888246 coquelicots ont été plantés jusqu’au 11 novembre 2014 : autant que de soldats britanniques tués au combat pendant la première guerre mondiale, en référence à un poème que tous les enfants britanniques apprennent à l’école.

 

In Flanders fields the poppies blow between the crosses row on row (John McCrae)

Comme le bleuet pour les français, le coquelicot est associé dans les pays du Commonwealth au souvenir des anciens combattants, plus particulièrement les soldats tués pendant la Première Guerre mondiale.

 

Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone (Verlaine)

Vers l’Aisne ? Au Royaume-Uni, ce n’est pas la bataille de Verdun mais les victimes des tranchées de la Somme et des Frandres qui sont commémorées chaque année. La distribution des coquelicots est une tradition qui date de novembre 1921.

En n’honorant que la mémoire des soldats britanniques, l’œuvre d’art éphémère de Tom Piper et Paul Cummings a déclenché une controverse.

En prime, les amoureux des grands mammifères pourront également admirer sur l'image de WoldView-3 un hippopotame géant (21 mètres de longueur) dans le bassin à côté de la London Tower. Que fait là le frère du rubber Duck ?

 

SkySat-1 - London Tower - Poppies - coquelicots - Blood Swept Lands and Seas of Red - Tom Piper - Paul Cummings - In Flanders fields the poppies blowTower of London Poppies : une autre image des coquelicots de la tour de Londres prise par le
satellite SkySat-1 le 10 novembre 2014. Crédit image : Skybox.

 

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi (Prévert)

Verlaine ou Prévert : on passe au vert…

Même si l’USGS appelle cette composition colorée « natural colors » (les explications ici), les deux images suivantes ne sont pas vraiment en couleurs naturelles : il s’agit d’images du satellite Landsat 8 combinant les bandes spectrales 6 (bande infra-rouge SWIR entre 1,57 et 1,65 µm), 5 (bande proche infra-rouge entre 0,85 et 0.88 µm) et 4 (bande rouge entre 0,64 et 0,67 µm). Ici, la végétation est bien verte mais à cause de la chlorophylle qui réfléchit fortement le canal proche infra-rouge, représenté ici en vert.

J’ai choisi ces deux images parce qu’elles illustrent parfaitement l’activité agricole : en haut l’image Landsat 8 date du 8 septembre 2014. On voit l’impressionnante mosaïque de cultures irriguées (irrigation par pivot). En bas, la même région, six semaines plus tard le 26 octobre 2014.

 

Landsat 8 - Nebraska - Plate River - Kearney - Agriculture irriguée - Soja et blé d'hiverLandsat 8 - Nebraska - Plate River - Kearney - Agriculture irriguée après récolte - Soja et blé d'hiverCulture irriguées dans le Nebraska, le long de la Platte River près de Kearney. Deux images prises
par le satellite Landsat 8 le 8 septembre et le 26 octobre 2014. Crédit image : USGS.

 

Dans cette partie du Nebraska, les fermes produisent maïs, soja, blé, haricots, pommes de terre, sorgho. La Platte River sert de colonne vertébrale à un corridor d’agriculture irriguée. Au moment où la seconde image est acquise, la récolte du soja est presque terminée : la couleur brune indique des sols nus.

A droite, l’inversion des couleurs entre les deux images indique un cycle de culture différent : il s’agit majoritairement de blé d’hiver. Il peut y avoir également des parcelles de pommes de Terre plantées au printemps, en été et en automne.

Vous trouverez d’autres images d’agriculture irriguée en couleurs naturelles mais elles sont prises en été, comme ces deux images publiées par Planet Labs à Walla-Walla près de la Snake River (28 juillet 2014) ou en Arizona dans le comté de Pinal, au sud-est de Phoenix (16 août 2014).

 

Croissant fertile

Voilà quand même une image en couleurs naturelles : nous sommes ici au sud-est de la Turquie dans la province de Şanlıurfa. La frontière avec la Syrie est à environ 50 kilomètres au sud. C’est l’eau du Tigre et de l’Euphrate qui a permis le développement de l’agriculture dans cette région.

 

Planet Labs - Turquie - Anatolie - Şanlıurfa - Croissant fertile - Fertile crescent - Tigre et EuphrateAgriculture irriguée dans la province de Şanlıurfa en Turquie. Image de champs circulaires prise
par le satellite SkySat-1 le 5 octobre 2014. Crédit image : Skybox

 

« Adieu, ciel bleu ! Beau ciel qu'un souffle tiède effleure ! » (Victor Hugo)

A part des images de mines comme celles illustrant le quiz de décembre ou celui de mai 2014, pour la couleur bleue, il faut se tourner vers l’eau.

La première image montre une petite partie du désert de Badain Jaran. Couvrant près de 50000 kilomètres carrés au sud de la Mongolie, il possède des dunes parmi les plus hautes du monde et des dizaines de lacs.

 

Landsat 8 - Chine - Badain Jaran - Dunes et lacsEn chine, dunes et lacs dans la région de Badain Jaran, le désert des "lacs mystérieux". Extrait
d’une image prise par le satellite Landsat 8 le 5 octobre 2014. Crédit image : USGS

 

Gonzalo, le nouveau marchand de sable dans le triangle des Bermudes

Les deux images suivantes illustrent une conséquence spectaculaire du passage de l’ouragan Gonzalo dans l’archipel des Bermudes le 17 octobre 2014 : la tempête a agité les sédiments des lagons et des baies peu profondes, changeant de manière importante la couleur de l’eau vue par les satellites, comme le montrent les deux images suivantes, prises par le satellite Landsat 8 avant et après le passage de l’ouragan.

 

Landsat 8 - Bermudes - Ouragan Gonzalo - Hurricane - Avant passage - Couleur de l'eauLandsat 8 - Bermudes - Ouragan Gonzalo - Hurricane - Après passage - Couleur de l'eauDeux images de l’archipel des Bermudes prises avant et après le passage de l’ouragan Gonzalo par
le satellite Landsat 8. En haut, image du 2 image 2014. En bas, image du 18 octobre 2014.
Crédit image : USGS

 

La deuxième image montre bien le déplacement des sédiments, un mélange de sable et de carbonate de calcium produits par les coraux, à près de 30 km de l’île.

 

Du blanc au noir : des nuances de gris

C'était ma compil d'images en couleurs naturelles de l'automne 2014.

A côté des couleurs primaires (rouge, vert et bleu) présentées ici, il y a aussi des images satellites qui montrent d'étonnants dégradés de gris entre le blanc de la neige et le noir des cendres.

Le roman d’E. L. James évoque cinquante nuances. Il y a en a beaucoup plus sur une image satellite : 256 niveaux de gris si elle est codée sur 8 bits, 65536 sur 16 bits.

Je vous présenterai quelques exemples spectaculaires d’images de l’année 2014 dans un prochain article. Et puis, il y aura certainement de la neige, pour skier ou randonner en raquettes et pour la regarder à travers l'oeil des satellites.

 

En savoir plus :

 

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 22:17

Le Royaume restera uni : c'est le non qui l'emporte avec avec avance de onze points une victoire plus nette que ce qui était annoncé... 55,42% contre 44,58% pour le camp du oui, après le dépouillement de 31 des 32 circonscriptions.

Consolation pour les indépendantistes : Glasgow, la plus grande ville d'Ecosse, a voté oui. Partout, la participation a été très élevée, à 80% environ.

 

Bière ou whisky pour fêter sa victoire ou faire passer sa déception
Exceptionnellement, les pubs sont restés ouverts toute la nuit...
Jeudi 18 septembre : c'était le grand jour en Ecosse. Les bureaux de vote avaient ouvert leurs portes à 7 heures du matin et les écossais pouvaient exprimer leur vote jusqu'à 22 heures (soit 23 heures à Paris). Des horaires étonnants ? Comme pour les élections européennes, on vote traditionnellement le jeudi et c'est une journée de travail normale...

« L'Écosse doit-elle être un pays indépendant ? »
Près de 4,3 millions d’électeurs résidant en Ecosse votaient donc par référendum répondre à la question suivante : "Should Scotland be an independent country?"

 

Terra - Modis - UK - Ireland - 26-03-2012 - 500mUne image prise par l'instrument MODIS du satellite américain Terra le 26 mars 2012.
Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 
Se compter dans ces comtés
Le résultat du scrutin et la victoire du non n'ont été connus que tard dans la nuit de jeudi à vendredi, à partir de 3 heures pour des estimations sérieuses et même vers 7 heures du matin pour des résultats plus définitifs : dans les plus gros des 32 comtés, comme Glasgow, Edimbourg ou Dundee, il faudra encore un peu temps pour dépouiller tous les bulletins.

Les indécis font la différence
Le résultat s'annonçaient très indécis : les derniers sondages publiés mardi donnaient 4 points d'avance au "non" (52% contre 48% pour le "oui") mais avec une marge d’erreur de 3%.
Une victoire du oui aurait signifié pour l'Ecosse la fin d'une aventure commune de 307 ans au sein du Royaume-Uni.
Même si le non l'emporte de manière un peu plus nette que ne l'annonçaient les sondages, l'Ecosse bénéficiera de toute façon d'une autonomie accrue au sein du Royaume Uni : les partis britanniques (conservateurs, travaillistes ou libéraux-démocrates) s'y sont engagés.
Je profite de l'intérêt suscité par ce référendum pour présenter quelques images satellites qui permettent de redécouvrir la géographie de l'Ecosse et préciser une terminologie qui fait parfois hésiter : Angleterre, Grande-Bretagne, Royaume-Uni...
Pas si facile de trouver une image satellite sans nuage couvrant l'ensemble du Royaume-Uni et de l'Irlande. Pendant l'été 2014, c'était même pratiquement mission impossible. C'est finalement une image MODIS que j'ai retenue pour démarrer cet article. J'ai trouvé également une belle image MERIS du satellite Envisat mais elle a quand même une couverture nuageuse nuageuse.

 

Great Britain and IrelandUne image prise par l'instrument MERIS du satellite européen Envisat.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)


Royaume-Uni, Grande-Bretagne et Angleterre : des poupées russes
Le Royaume-Uni ou United Kingdom ou UK regroupe actuellement la Grande-Bretagne et la partie nord de l'île d'Irlande, partagée avec la République d'Irlande.
Séparée de la France par la Manche et de l'Iralnde par la mer d'Irlande, la Grande-Bretagne, ou Great Britain, est la plus grande partie du territoire du Royaume-Uni. Elle regroupe, au moins jusqu'au résultat du référendum sur l'indépendance l'Angleterre, le Pays de Galles et l'Écosse.


Quatre nations : les deux tiers d'un tournoi
Quatre nations constituent donc le Royaume-Uni actuel :  

  • L’Angleterre, ou England, au sud, avec 130000 km2 environ et 53 millions d'habitants. La capitale est Londres.
  • Le Pays de Galles, ou Wales, à l'ouest, avec 21000 km2 et 3 millions d'habitants. La capitale est Cardiff.
  • L'Iralnde du Nord, ou Northern Ireland, au nord-ouest, avec 13800 km2 et 1,8 millions d'habitants. La capitale est Belfast.
  • L'Ecosse, ou Scotland, au nord, avec 79000 km2 et 5,3 millions d'habitants Edimbourg est la capitale mais la plus grande ville est Glasgow.

Une autre paire de Manche

Je vous passe les subtilités sur des cas particuliers comme l'île de Man, entre Irlande et Grande-Bretagne, ou les îles anglo-normandes (Jersey et Guernesey) qui ne font partie ni du Royaume-Uni ni de l’Union européenne mais dépendent de la Couronne britannique...

United Kingdom

Les quatre nations du Royaume-Uni.
Crédit image : Matt Lewis (CC-BY-SA)

Une aspirine dans votre whisky ?

 

Tartan ou Tweed

Sur l’image du satellite Envisat, on peut localiser la frontière entre l’Ecosse et l’Angleterre. C’est une ligne oblique d’environ 150 kilomètres de longueur qui passe au niveau des villes de Gretna à l’ouest, Coldstream, au nord du Northumberland National Park et Berwick-upon-Tweed à l’est. On reconnaît facilement le point de départ, avec l’échancrure bien marquée du golfe de Solway (Solway Firth) qui débouche sur l’île de Man

 

Le cœur et la raison…

Les arguments économiques ont beaucoup pesé au cours des dernières semaines de la campagne et la presse a recensé les risques et les opportunités économiques d’une éventuelle indépendance de l’Ecosse. Tous les secteurs ont été passés en revue : pétrole de la mer du nord, industrie et construction navale (Glasgow), banque et services financiers (Edimbourg est un grande place financière en Europe). La croissance et la création d’emploi sont là et font rêver d’autres pays : 2,5% de croissance prévue pour 2014, un taux de chômage qui passe de 8,5% en 2012 à mois de 7% en 2014…

Pour les amoureux du kilt en Tartan, la raison et les incertitudes économiques liées à un retrait du Royaume-Uni ont certainement fortement contrebalancé les arguments du cœur.

 

Petits pois (écossais)

Pour terminer ce petit voyage à la découverte de la géographie de l’Ecosse au sein du Royaume-Uni, je vais plutôt m’intéresser à une denrée alimentaire qui contribue à la notoriété internationale de l’Ecosse.

Il ne s’agit pas des petits pois, très connus par la pub « Ecossais, les petits pois ! ». J’aime bien leur couleur verte mais j’ai quand même une nette préférence pour une boisson de couleur ambrée : le whisky.

L’image suivante provient du satellite Landsat 8. Acquise le 23 juillet 2014, elle couvre la partie ouest des Lowlands. On identifie facilement la tâche sombre de Glasgow, troisième ville du Royaume-Uni, le long de la rivière Clyde. A l’ouest le Firth of Clyde puis des nombreuses îles : Arran, Colonsay, Gigha, Islay, Jura, Mull.

 

Landsat 8 - Scotland - écosse - Islay - Jura - Glasgow - 2Glasgow, l’ouest des Lowlands et l’archipel des Hébrides intérieures (Skye, Mull, Islay, Jura) vus
par le satellite Landsat 8. Image acquise le 23 juillet 2014. Crédit image : USGS

 

Ile de malt : 45% ou 46%

Le whisky que j’ai bu hier soir en solidarité avec les écossais qui votaient un jour de travail était un Ardbeg de l’île d’Islay. Comme le score du « oui » au référendum, il dépassait 45%. J’ai un faible pour les whiskies « subtilement tourbés ou fumés » qu’on distille sur Islay : Bunnahabhain, Caol illa, Bruichladdich et donc Ardbeg.

 

Plus de 16 ans : pas pour les moins de 18 ans

Même si vous n’aimez pas le whisky, un bon moyen d’approfondir la géographie de l’île d’Islay en particulier et de l’Ecosse en général consiste à localiser les distilleries. Vous trouverez sur Internet des sites proposant des fichiers kml à utiliser avec Google Earth pour vous aider dans cette ballade. Attention à l’abus d’alcool…

 

Ecosse - Scotland - Whiskies - Google Earth - KMLLes distilleries de whisky en Ecosse. Copies d’écran obtenues à partir de Google Earth et de
fichiers kml spécialisés.

 

En vous promenant un peu sur Google Earth, vous verrez qu’il est difficile de trouver une lettre de l’alphabet qui n’ait pas son nom de whisky. Je n’en ai trouvé que 7 : Q, U, V, W, X, Y, Z. Et pas de Glenn John en Ecosse…

Pour le reste, vous avez l’embarras du choix dans le Speyside, les Highlands, l’île de Skye, etc. : Aberlour, Balvenie, Cragganmore, Cardhu, Dalmore, Dalwhinnie, Glenfarclas, Glenfiddich, Glenkinchie, Glenlivet, Glenmorangie, Highland Park, Jura, Macallan, Oban, Scapa, Tamnavulin, etc.

Vous pouvez choisir en toute indépendance !

Bien entendu, la visite des distilleries est incontournable mais ne suffit pas à donner une bonne idée de l’Ecosse, de ses paysages et de ses villes. Un voyage sur place s’impose. Pour les amoureux de nature, par exemple sur l’île de Jura, pour le brame du cerf ou la migration des oies.

Si vous êtes plutôt fan de villes et d’architecture urbaine, voici une dernière image pour finir notre petit voyage en Ecosse : la ville d’Edimbourg vue par le satellite Spot 6.

 

Spot 6 - Edimbourg - Ecosse - 06-07-2013La ville d’Edimbourg vue par le satellite Spot 6. Image prise le 6 juillet 2013.

Crédit image : Airbus Defence and Space

 

En savoir plus :

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 11:03

    Brasil 2014 - FIFA World Cup - HBS -IBC - Master control roQu'est que c'est ? Un supermarché de téléviseurs ? Pas vraiment, nous sommes à Rio de Janeiro
dans la « master control room » de l'International Broadcast Centre d'HBS. C'est le centre
névralgique pour la diffusion des matchs du mondial 2014 : presque toutes les images de tous
les stades transitent par cet aiguillage géant et temporaire.
Crédit image : Jean-Baptiste Minesi

 

Allez les (petits hommes) verts !

Deux devinettes pour commencer : quelle différence entre le rover martien Curiosity et un stade du mondial au Brésil ? Réponse : 17. Curiosity est équipé de 17 caméras vidéo. Il y en a 34 installées autour des stades où se sont joués les matchs de la coupe du monde. 34, ce sont uniquement les caméras pour la production officielle, sans compter les caméras de reportage.

La seconde devinette : quel point commun entre le mondial 2014 et MSL Curiosity ? Réponse : la quantité d'informations à transmettre sur une très longue distance. Encore plus loin que la distance des buts allemands ou néerlandais qui paraissaient inaccessibles aux brésiliens pendant leurs deux derniers matchs.

 

Loin du but

J'ai déjà présenté comment les mesures effectuées par Curiosity étaient retransmises vers la Terre soit directement soit en passant par des satellites relais, comme MRO en orbite autour de Mars.

13 juillet : jour de la finale qui voit s'affronter l'Allemagne et l'Argentine au stade Maracanã de Rio de Janeiro, il est temps de s'intéresser à la production et à la diffusion des images que regardent des millions de téléspectateurs dans le monde.

Après la série sur les stades du mondial, vous n'allez pas voir d'images de satellites d'observation de la Terre... On va davantage parler de satellites de télécommunication et... de fibres optiques.

Avant la finale, j'ai eu la chance de pouvoir m'entretenir avec le responsable des moyens techniques mis en place par de TF1 au Brésil pendant la durée du mondial. Je remercie vivement Jean-Baptiste Minesi, ainsi qu'Yves Bouillon et toute l'équipe de TF1 au Brésil, pour leur gentillesse et la clarté de leurs explications. Ce sont eux qui m’ont autorisé à publier les photographies des moyens techniques au Brésil

 

Ballon rond : des images qui voyagent tout autour de la Terre

La diffusion des images d'un grand évènement sportif comme les JO ou une coupe du monde comporte en fait trois volets :

  • La production des images sur le site de l'évènement. C'est le travail du "Host Broadcaster", en l'occurrence pour le mondial 2014 la société HBS, choisie par la FIFA, l'organisateur de l'événement.
  • La transmission des images aux chaînes qui ont acquis les droits de diffusion (comme TF1 ou Bien Sports pour la France). C'est ici que se fait ce que j'appelle l'habillage des images, par exemple l'ajout des images des commentateurs de TF1 assistant au match sur place ou les interviews du sélectionneur ou des joueurs de l'équipe de France, ou d'Allemagne après sa victoire en finale, juste après le coup de sifflet final.
  • Enfin, la diffusion des images vers les téléspectateurs par la chaîne qui a acquis les droits de retransmission. Chaîne payante ou gratuite, pas de différence entre un match du mondial et n'importe quelle autre émission de TV. Les possibilités pour afficher les buts allemands sur votre écran plat(1) restent les mêmes : TNT, ADSL, câble ou fibre, satellite...

(1) Je suis passé très récemment à l’écran plat. Cela change la vie : le chat ne peut plus dormir dessus et, si vous êtes geek, impossible de réchauffer une pizza. En plus, de la publicité mensongère : sur le mien, il était indiqué 4K alors qu'il pesait au moins 13 kg. Et... que fait-on d'un lecteur de DVD plat mais horizontal avec un écran plat mais vertical ?

 

Brasil 2014 - Stade Maracana - PublicLes spectateurs dans le stade Maracanã à Rio Janeiro. Très nombreux pour encourager leurs
équipes mais pas aussi nombreux que les téléspectateurs qui suivent le match à la TV dans
tous les pays du monde. Crédit image : Yves Bouillon.

 

L’évènement le plus médiatisé de la planète…

La production et l'habillage des images des grandes manifestations sportives ont déjà été traités sur le blog Un autre regard sur la Terre à l'occasion de la Coupe du monde de Rugby en Nouvelle-Zélande en 2011.

Même si les grands principes sont les mêmes au Brésil, on passe dans une toute autre dimension avec le Mondial 2014 :

  • 32 équipes de 32 pays.
  • Le deuxième événement planétaire le plus télédiffusé, derrière les Jeux olympiques et devant le Tour de France.
  • 17,9 millions de téléspectateurs ont regardé sur TF1 le match de quart de finale France – Allemagne.
  • En 2010, une audience cumulée de près de 30 milliards de téléspectateurs, dont 700 millions pour la finale.
  • Et 34 caméras autour de chaque stad pour produire les images de chaque match du Mondial 2014 !

Caméras pas cachées : la réalisation des images des matchs

La réalisation des matchs a été confiée par la FIFA à la société HBS. C’est une très grosse organisation : 2000 personnes !

Il y a 34 caméras par match plus les caméras privatives demandées par chaque chaine, par exemple la caméra qui filme les commentateurs. Tout est tourné en format HD. HBS proposait trois Matchs en 4K au stade de Rio de Janeiro avec une dizaine de caméras. Le problème est le coût d’acheminement du signal, plus volumineux, vers les chaines. La chaîne japonaise NHK fait même une démonstration en… 8K : la NHK veut mettre ce standard en production pour les prochains Jeux Olympiques au Japon.

TF1 a également demandé à HBS deux caméras supplémentaires pour les matchs de l’équipe de France pour des directs assurés par les journalistes de TF1. Ces caméras peuvent être placées dans différents endroits du stade : plateforme, bord terrain, zone d’interview, etc.

 

FIFA - Brasil 2014 - Caméras stadeEn plus des caméras filmant le match pour la production officielle, il y a toutes celles des
reporters accrédités. Crédit image : Yves Bouillon

 

HBS assure la réalisation dans chaque stade et fournit simultanément plusieurs styles de réalisation par match (classique, tactical, Team A, émotion, etc.) ainsi que des images de caméras isolées (Beauty, aerial, etc.)

Il y a donc au moins 15 signaux différents par match avec lesquels le réalisateur de TF1 fournit le signal « habillé » pour la France, en ajoutant son propre signal audio et les signaux privatifs éventuels.

 

Des 12 stades brésiliens à l’International Broadcast Centre : le royaume de la fibre…

Tous les signaux sont rapatriés par fibre optique à l’International Broadcast Centre (IBC) à Rio de Janeiro et redistribués aux chaînes qui ont acheté les droits de diffusion, présentes sur place. Les chaînes renvoient ces signaux vers leur pays d’origine, en général par fibre optique.

 

Brasil 2014 - FIFA World Cup - HBS - International Broadcast CentreUne autre vue de la master control room » de l'International Broadcast Centre d'HBS à
Rio de Janeiro. Crédit image : Jean-Baptiste Minesi

 

L’International Broadcast Centre et les stades sont donc plutôt le royaume de la fibre optique, mais le satellite y a aussi sa place en liaison de secours pour les communications stades - IBC ainsi que pour certaines chaines qui préfèrent renvoyer les signaux chez elles par satellite.

 

Brasil 2014 - FIFA World Cup - HBS - IBC - TF1La salle de contrôle « Trafic TF1 » dans l’IBC à Rio de Janeiro et l’équipe technique au travail.
Crédit image : Yves Bouillon

 

Pourquoi la fibre est-elle privilégiée pour la production des images ?

C’est d’abord le débit d'images très élevé qui est le critère de choix : souvent plus de 30 signaux HD différents par match, qu’il faut remonter à l’IBC, et jusqu'à quatre matchs par jour pendant la première phase de qualification. La fibre est également considérée comme moins sensible aux conditions météorologiques difficile et offrant une latence plus réduite.

Pour des évènements de longue durée aussi importants qu’une coupe du monde ou des jeux olympiques, les organisateurs ont tout le temps d’installer une infrastructure terrestre. Le satellite devient plus intéressant pour les évènements de courte durée ou quand la mobilité des moyens vidéo est déterminante (Dakar, Tour de France, etc.)

TF1 utilise aussi un car SNG (Satellite News Gathering) pour la couverture du camp de base de l’équipe de France à Riberao Preto et louait un canal transatlantique sur le satellite IS 805 (Intelsat) pour une retransmission transmission direct jusqu’à Paris.

D’autre chaines, comme Bein Sport, qui ont également des cars SNG au Brésil, utilisent un satellite local puis font la transmission (downlink) vers l’IBC avant de transmettre le signal par fibre vers l’Europe. Le satellite est incontournable pour les petites productions ou celles demandant de la mobilité.

 

Word Cup - Brasil 2014 - SNG - stadeExemple de car SNG (Satellite News Gathering) utilisé pour assurer une liaison directe par satellite
entre un stade et le quartier général d’une chaîne de télévision. Si vous assistez à une étape du tour
de France, vous en verrez un certain nombre… Crédit image : Jean-Baptiste Minesi.

 

Un seul but : ne pas rater un but ! Tout est redondé : fibres, liaisons satellites…

La hantise des responsables de la vidéo : une coupure à l’écran au moment où un but est marqué. Même pour Allemagne- Brésil, il eut été dommage qu’une panne empêche de voir un des 8 buts marqués au cours du match. La fiabilité des moyens techniques est donc un critère de choix primordial.

Par exemple, il y a toujours deux « routes » différentes par fibre pour assurer la redondance. Entre les stades et l’IBC et entre l’IBC et les pays diffusant les matchs. Ainsi, TF1 a 11 liaisons par fibre (140MB/S par fibre) entre l’IBC et les locaux parisiens de TF1. Les 11 liaisons fibre passent par deux routes différentes, au nord et au sud, pour garantir une redondance totale. Le prestataire choisi par TF1 est Globecast et les signaux sont encodés en JPEG 2000 (très faible latence).

 

Brasil 2014 - IBC - HBS - Satellite FarmBrasil 2014 - IBC - HBS - Satellite Farm - 2Beaucoup de fibre optique mais également beaucoup de liaisons par satellite :

la ferme des satellites de l’International Broadcast Centre à Rio de Janeiro.
Et on prépare déjà le Mondial 2022 au Qatar... Crédit image : Jean-Baptiste Minesi.

 

Fil conducteur

Les communications par fibre sont complétées par des « backups » par satellite. Les liaisons satellites sont elles-mêmes redondées avec des canaux sur des satellites différents.

HBS, la société qui produit tous les matchs, fournit aussi un signal crypté sur trois satellites (un pour l’Europe, un pour l’Asie et un pour Amériques) : il sert de secours pour les chaines qui diffusent les matchs en direct. C’est l’UER qui est en charge de distribuer ce signal (EBIF). Pour l’Europe, c’est assuré par le satellite Eutelsat 7A.

 

TV World Cup 2014 - HBS - IBC - Fibres et cablesSoyez branchés : utilisez des liaisons sans fil… Dans l’IBC, il reste quelques câbles ! Bon courage
aux équipes qui vont démonter ce centre de télécommunication impressionnant mais temporaire.
Crédit image : Jean-Baptiste Minesi.

 

61, rue des archives : la fibre pour le direct…

Appartenant au groupe Orange, Globecast est un des principaux fournisseurs mondiaux de services de numérisation, d’agrégation, de transmission et de reformatage de contenus audiovisuels. Globecast opère 92000 km de réseaux de fibre optique (plus de deux fois le tour de la Terre) et 96 transpondeurs sur 27 satellites.

A Paris est situé un des nœuds de raccordement les plus importants pour la radio et la TV, dans le centre technique de Globecast de la rue des archives. Les plus anciens le connaissent encore certainement sous le nom de SERTE : Le Service d'Exploitation Radio Télévision Extérieur a été créé en 1947 sous le nom de Centre des Liaisons Radioélectriques (CLR). D’autres télévisions font également appel à des opérateurs concurrents comme BT Global Media Network (GMN).

 

Un détail pour les fans de technique : le format de compression des images TV

Pour la compression des images pendant la production et pour leur transfert vers les chaînes avant diffusion, c’est le format JPEG 2000, avec sa version Motion JPEG 2000, qui est à la mode chez les professionnels et remplace le format MPEG. L’absence d’estimation de mouvement entre les images facilite le montage des séquences vidéo.

Surtout, le format JPEG 2000 n’a pas besoin de plusieurs images consécutives pour fonctionner : il permet donc un traitement à très faible latence, sans retarder les images autant que le MPEG.

Seul défaut : le JPEG 2000 est relativement moins efficace que la MPEG en termes de facteur de compression…

 

Sport collectif et entraînement avant match

Au Brésil, l’équipe de TF1 compte plus de journalistes que de techniciens. Pendant l’installation de l’IBC et du SNG au camp de base, il y a eu une quinzaine de techniciens mobilisés. Toute la configuration avait été montée et testée au préalable à Paris. L’équipe de TF1 est arrivée au Brésil le 1er juin. Le 8 juin, tout était opérationnel.

A partir de là, TF1 n’avait plus que 5 personnes à l’IBC ainsi que deux chefs de production pour les matchs que diffuse TF1, avec un renfort d’un Ingénieur du son sur certain matchs, la logisticienne de TF1, Isabelle Labonde, et le directeur des opérations (Martin Tzara).

Pour les journalistes, il y a eu jusqu’à 7 équipes de 3 personnes se déplaçant entre les douze villes et les deux équipes commentateurs des matchs : impossible d’assurer tous les matchs sur des sites aussi distants avec une seule équipe.

Une fois les moyens techniques en place et testés, ce sont surtout des problèmes de logistique auxquels font face les équipes des chaînes : Isabelle Labonde travaille souvent très tard pour trouver des vols, des hôtels, des voitures pour les journalistes et commentateurs dans les différentes villes. L’expérience et les bonnes relations avec les autres chaînes comptent beaucoup pour cette fonction importante.

 

La diffusion des images aux téléspectateurs

La diffusion directe de la TV par satellite, même si les technologies ont beaucoup évolué, reste l’application la plus importante des satellites de télécommunication : depuis l'orbite géostationnaire, ils couvrent facilement une région ou un continent. Au sol, une petite parabole permet de recevoir les émissions de télévision, même dans les endroits où les liaisons hertziennes passent mal à cause du relief ou quand l’ADSL n'a pas un débit suffisant

Selon la société de conseil Euroconsult, il y a 37 opérateurs de services fixes par satellites (FSS). Les 3 premiers, l’américain Intelsat, le luxembourgeois SES et le français Eutelsat se partagent 60% du marché. Plus de 3 milliards de téléspectateurs…

Un rapport de l’IDATE paru en août 2013 précise que la télévision par satellite représente 78% des revenus totaux des services satellitaires. Par exemple, dans la plaquette « Faits et chiffres 2014 », l’opérateur Eutelsat indique que son activité au 30 juin 2013 se répartissait de la manière suivante :

  • 68,5% pour les applications vidéo (diffusion des chaînes de télévision, distribution des chaînes aux réseaux terrestres, liaisons de contribution). 5200 chaînes de télévision, dont 500 en HD, sont diffusées par la flotte de 37 satellites exploités par Eutelsat et répartis entre 116,8° Ouest et 172° Est sur l’orbite géostationnaire. Le nombre de chaînes diffusé a été multiplié par 10 en 10 ans.
  • 20% pour les services de données et à valeur ajoutée (par exemple connexion à la dorsale Internet pour les fournisseurs d’accès ou accès internet à haut débit par satellite). Avec le nouveau satellite multifaisceaux de grande capacité KA-SAT, un accès au haut débit comparable à celui de l’ADSL est disponible partout en Europe et sur de larges zones du Bassin méditerranéen.
  • 11,5% pour les applications multi usages (surtout pour les gouvernements et les institutions).

 

Eutelsat - Satellites de Télécommunication - Flotte de satellites - Satellites fleetSES - Satellites de Télécommunication - Flotte et couvertDeux illustrations montrant la flotte de satellites de télécommunications des opérateurs

européens Eutelsat et SES. Sur l’orbite géostationnaire, ils sont positions sur des « slots »
correspondant aux régions où les services sont commercialisés.

 

Deux constructeurs européens de satellites, Airbus Defence and Space et Thales Alenia Space, avec des sites importants installés à Toulouse, s’en tirent plutôt bien dans la concurrence féroce qui les oppose aux américains SS/Loral, Boeing, Orbital Sciences ou Lockheed Martin. Après un record de 30 satellites commandés en 2009, la tendance semble s’orienter vers un palier à 22 commandes par an. Il va être intéressant de voir comment Google et Facebook concrétisent les projets de réseau Internet dans l'espace qu'ils ont annoncés récemment et quelle sera la réponse des autres opérateurs. 

L’entretien de la flotte et le renouvellement régulier des satellites est le signe d’une activité opérationnelle et prospère : Eutelsat et SES viennent d’annoncer l’entrée en service commercial de deux nouveaux satellites.

Lancé le 25 mai 2014 par une fusée Zenit-3SL depuis la plateforme Sea Lauch, Eutelsat 3B est entré en service commercial le 6 juillet sur la position à 3° Est. Fabriqué par Airbus Defence and Space, Eutelsat 3B est le premier satellite commercial à réunir des charges utiles en bandes Ku, C et Ka sur la même plate-forme (51 répéteurs au total). Il prend le relais des satellites Eutelsat 3D, redéployé sur une autre position (7°E) et Eutelsat 3A qui prendra prochainement le chemin du « cimetière », la fameuse orbite « graveyard » à quelques centaines de kilomètres au-dessus de l’orbite géostationnaire.

C’est depuis la France, à partir du téléport de Rambouillet, que les équipes d’Eutelsat opèrent les satellites ou conduisent les manœuvres éventuelles en orbite (mise à poste, maintien à poste, déplacements).

De son côté, début juin, l’opérateur luxembourgeois SES a mis en service le satellite Astra 5B sur la position 31,5° Est pour renforcer ses capacité sur le centre et l’est de l’Europe, la Russie et la Communauté des Etats Indépendants. Astra 5B avait été lancé par une fusée Ariane 5 le 22 mars 2014 depuis la Guyane française.

 

SES - Astra 5B - Essais Vide thermique - Airbus Defence and Space - Astrium SatellitesLe satellite Astra 5B pendant les essais en vide thermique chez Intespace à Toulouse.

Crédit image : SES

 

Astra 5B a également été construit par Airbus Defence and Space et intégré dans les salles blanches à Toulouse. Il embarque 40 transpondeurs en bande Ku (36 MHz de bande passante) et 6 transpondeurs en bande Ka. Plus un passager auxiliaire pour le compte de la Commission Européenne… Rien à voir avec les télécommunications : il s’agit d’une charge utile EGNOS, destinée à améliorer la précision et la fiabilité des signaux de positionnement par satellite sur l’Europe.

Astra 5B va remplacer Astra 1G et augmenter la capacité sur cette position orbitale. Sur son site Internet, SES annonce qu’au total, 1536 transpondeurs sont exploitées sur ses 55 satellites en opération sur 37 positions orbitales.

 

FIFA Word Cup - Brasil 2014 - NASA - Curiosity - CamerasCuriosity ou la coupe du monde : la guerre des caméras… Dessin extrait d’une présentation
faite par Sylvestre Maurice, chercheur à l’IRAP, pour la conférence du 27 juin 2014 à la Cité
de l’espace à Toulouse à l’occasion du premier anniversaire martien de la mission MSL

 

Quelques sigles pour impressionner vos amis au moment du thé…

  • PoP : Point of Presence, point d’accès à Internet.
  • DTH : Direct To Home. Diffusion direct de la télévision à partir de satellites.
  • DBS : Direct Broadcast Satellite
  • FSS : Fixed Satellite Services

 

En savoir plus :

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 14:03

Dimanche, on votait… Pas en France : pour les élections municipales, il faut attendre encore une semaine avant le premier tour du 23 mars 2014.

Dimanche 16 mars, c’était le référendum sur l’avenir de la Crimée qui a retenait l’attention de toute la communauté internationale : les occidentaux jugent ce scrutin illégal, après les tensions des dernières semaines en Ukraine. 

Les électeurs devaient prendre position sur deux questions: « Êtes-vous pour l'intégration de la République autonome de Crimée à la Fédération de Russie ? Êtes-vous pour le rétablissement de la Constitution de la Crimée de 1992 et le maintien de la Crimée comme partie intégrante de l'Ukraine ? »

Selon les premiers sondages réalisées à la sortie des bureaux de vote, les habitants de Crimée ont, sans surprise, très largement plébiscité le rattachement à la Russie.

 

Envisat - MERIS - Crimée - Mer d'Azov - 19-03-201-copie-1Entre la mer noire et la mer d’Azov, la péninsule de Crimée vue par le satellite Envisat. Image
prise le 19 mars 2012 à 8h13 UTC. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

C’est l’Printemps qui revient ! Lentement...

Après la répression violente de la révolution du Maïdan et le départ précipité du président Viktor Ianoukovitch début mars, les députés prorusses du Parlement de la Crimée ont voté le 11 mars la déclaration d'indépendance de la Crimée. C’est en fait le rattachement de la presqu'île à la Russie qui se joue : le jour du printemps, les députés russes de la Douma pourraient voter une loi qui autorisera la Russie à rattacher un territoire étranger en cas de « défaillance » de l'Etat dont il dépend.

La Crimée porte un nom prédestiné : en tatar de Crimée, il signifie « ma colline » mais, une racine grecque évoque le mot « frontière ». Du point en vue géographique ou historique, la question des frontières et du territoire d’appartenance de la Crimée est centrale et complexe…

 

La géographie de la Crimée avec les satellites d’observation de la Terre

On commence par la géographie, plus facile à illustrer avec des images satellites…

Il y a longtemps que je n’ai pas illustré d’article avec une image du satellite européen Envisat : il a cessé de fonctionner en avril 2012 mais l’ESA donne toujours accès à l’impressionnante archive d’images des instruments ASAR (le radar) et MERIS (instrument optique multispectral).

La première image de cet article a été prise par MERIS le 19 mars 2012. En voici un autre extrait plus large qui montre la position de la péninsule de Crimée.

 

Envisat---MERIS---Crimee---19-03-2012---08h13---FR.jpgLa péninsule de Crimée vue par le satellite Envisat. Un autre extrait d’une image prise le
19 mars 2012 à 8h13 UTC. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

Située au nord de la Mer noire, au sud de l’Ukraine et au sud-ouest de la Russie, la péninsule de Crimée a une superficie de d’environ 27000 km2. Elle est reliée à L’Ukraine au nord par l'isthme de Perekop. Un isthme, ce n'est guère épais, comme disait Tolstoï...

À l'est, le détroit de Kertch (13 kilomètres dans la partie la plus large), entre la péninsule de Kertch et la péninsule de Taman en territoire russe, relie la mer Noire à la mer d'Azov. Le mont Roman-Koch, le point culminant, atteint 1545 mètres d’altitude.

L’image d’Envisat date de 2012 mais la situation de mars 2014 est assez comparable, en particulier en ce qui concerne la partie ouest de la mer d’Azov avec sa surface encore partiellement gelée : une image du satellite Aqua le confirme…

 

Aqua - MODIS - Crimée - Azov - 13-03-2014Péninsule de Crimée et mer d’Azov. Extrait d’une image acquise par l’instrument MODIS du satellite
Aqua le 13 mars 2014. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

D’autres images prises par le satellite Envisat à d’autres périodes de l’année permettent de voir que la Crimée et l’Ukraine restent des régions agricoles, avec des vergers et des vignobles.

L’image suivante acquise en août 2011 montre également des zones d’agriculture irriguées, dont les parcelles apparaissent en vert clair.

 

Envisat - MERIS - Crimée - 27-08-2011  

La péninsule de Crimée vue par le satellite Envisat. Extrait d’une image prise le 27 août 2011
à 8h26 UTC. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

Si vous voulez voir l'agriculture d'un peu plus près, voici deux extraits d'une image prise par l'instrument OLI du satellite américain Landsat 8 le 17 août 2013. La résolution plus fine (30 mètres) permet de mieux repérer les parcelles agricoles et, en particulier, les cercles verts parfaits des systèmes d'irrigation à pivot. Notez également les couleurs étonnantes du Syvach, aliias la mer Putride, une zone de marais et de lagunes peu profondes près de l'isthme de à l'ouest et séparée de la mer d'Azov par le détroit de Henitchesk.

La profondeur maximale est de 3 mètres, avec une moyenne variant entre 50 centimètres et un mètre. Au mois d'août, au moment où cette image a été prise, la température de l'eau est élevée, avec développement d'algues et de microorganismes divers. Avec la salinité élevée, c'est ce qui explique les couleurs spectaculaires. Je ne vous parle pas de l'odeur...

 

Landsat 8 - Crimée - Agriculture irriguée - 17-08-2013 -Landsat 8 - Crimée - irrigation - 17-08-2013 - 08h34Deux extraits d'une image prise par le satellite Landsat 8 le 17 août 2013 à 8h35 UTC. Composition
colorée en couleurs naturelles des bandes spectrales 4, 3 et 2 mettant en évidence les surfaces
agricoles irriguées et la couleur de l'eau de la mer putride. En bas, la zone observée est
au nord de Simféropol. Crédit image : USGS

 

Les villes de Crimée

Simféropol est la plus grande ville et la capitale de la Crimée. Parmi les plus grandes villes, on peut également citer Krasnoperekopsk, Eupatoria, Feodossia, Djankoï ou Yalta, la station balnéaire du sud de la péninsule, où ont été signés en février 1945 les accords historiques entre Staline, Roosevelt et Churchill.

Ironie de l’histoire : les accords de Yalta prévoient, entre autres, des élections libres dans les États européens libérés, avec un engagement de l’URSS, des Etats-Unis et du Royaume-Uni à « constituer des autorités gouvernementales provisoires largement représentatives de tous les éléments démocratiques des populations et qui s'engageront à établir, dès que possible, par des élections libres, des gouvernements qui soient l'expression de la volonté des peuples »

 

Et Sébastopol ? une « ville-héros »

La ville la plus peuplée de Crimée (l’écart s’accroit avec Sinféropol) a été rattachée à l’Ukraine au moment de l’éclatement de l’Union Soviétique. Par contre, un accord conclu en 1994 et renouvelé en 2010, permet à la Russie de louer la base navale de Sébastopol jusqu’en 2042.

Fondée en 1783 par l’impératrice Catherine II, Sébastopol est une ville bâtie autour de la structure de la côte et de ses bases navales. Presque rayée de la carte en 1942, elle a été rebâtie selon le plan d’origine, contre la volonté d eStaline.

Les trois illustrations suivantes sont des extraits d’une image acquise par le satellite Pléiades le 3 mars 2014 alors qu’il survolait la ville de Sébastopol.

 

Pleiades - Crimée - Sébastopol - Vue d'ensemble - 03-03-2Pleiades - Crimée - Sébastopol - Extrait - 03-03-2014Pleiades - Crimée - Sébastopol - Marine russe - 03-03-201Trois extraits d’une image satellite de la ville Sébastopol en Crimée.
Image prise par le satellite Pléiades le 3 mars 2014. En haut, vue d’ensemble avec une résolution
réduite par rapport à l’image d’origine. En bas, zooms sur deux parties de la ville,
avec en particulier les terrainsmilitaires de la marine russe.
Copyright: CNES 2014 - Distribution Airbus Defence and Space / Spot Image.

 

En regardant de près les images en plazine résolution, les spécialistes en photointerprétation peuvent se faire une bonne idée des positions et des mouvement des forces en présence. Les images des satellites Pléiades sont régulièrement utilisées par les analystes d'IHS (Jane's Information Group) qui publie notamment le Jane's Fighting Ships.

 

Pleiades---Sevastopol---Ukrain-and-russian-war-ships---03-0.jpgExtrait de l'image Pleiades du 3 mars 2014. A gauche, certainement des navires ukrainiens
(frégate, remorqueur et bâtiment de commandement) bloqués à quai par des remorqueurs russes.
A droite, deux grands destroyers lanceurs de missiles russes, le Smetlivy (146 mètres de longueur)
de la classe Kashin et Le Kerch de la classe Kara (173 mètres de longueur)
.
Copyright: CNES 2014 - Distribution Airbus Defence and Space / Spot Image.

 

Le même jour, le satellite TerraSAR-X a également survolé la ville.

 

TerraSAR-X - Crimée - Sébastopol - 03-03-2014 - StripmapExtrait d’une image du port de Sébastopol prise par le satellite Radar TerrSAR-X le 3 mars 2014.
Copyright : 2014 DLR - Distribution Airbus DS / Infoterra GmbH

 

Avec un peu d’attention, les deux satellites Pléaides et TerraSAR-X permettent de repérer les navires militaires dans le port.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est quand même pas la grande Armada, celle de la grande époque soviétique, quand Sébastopol jouait le rôle d’arsenal et de rempart face à la Turquie et à l’Alliance atlantique.

Un analyse du cabinet Cassini et de Kevin Limonier publiée récemment sur le site Diploweb le confirme : en terme de nombre de navires, la Russie n’occupe plus que la cinquième place des forces navales présentes en mer noire, loin derrière l’OTAN, la Roumanie, la Turquie et l’Ukraine.

Alors que la ville de Sébastopol et l’accès de la flotte russe à la mer noire font les titres de l’actualité depuis quelques jours, on peut donc avoir des doutes sur les motivations réelles de la Russie et de Vladimir Poutine à intervenir en Crimée : la puissance de la flotte russe en mer noire n’est plus qu’un lointain souvenir.

Quelles sont donc les vraies raisons de l’importance attachée à la Crimée par les russes ? Les satellites, même avec leur radar qui pénètre les nuages, ne permettent pas de répondre à cette question.

 

Crimée châtiment ?

Il n’est pas facile de comprendre les tenants et les aboutissants de la situation en Ukraine et en Crimée ou les intentions réelles de la Russie. Ce n’est pas sur les chaînes d’information en continu qu’on peut trouver des analyses approfondies. Il faut passer un peu de temps à consulter des livres ou des sites spécialisés en géopolitique ou écouter les chercheurs et les experts invités à s’exprimer plus que quelques minutes sur des TV ou des radios comme ARTE et France Culture….

 

Une histoire complexe : mieux vaut tatar que jamais…

Sotchi n’est pas loin, seulement 500 kilomètres à vol d’oiseau, mais la cérémonie d’ouverture est bien oubliée… On parle aujourd’hui davantage du risque de partition de l’Ukraine.

 

Ambiance tauride

Les quelques dates qui suivent donnent quelques repères :

  • Antiquité : le blé ukrainien alimente déjà la Méditerranée. La Crimée est connue sous le nom de « Tauride ». Grecs, Goths, Huns, etc. s’y succèdent…

 

Le dessert des Tatars

  • 1441 : fondation du Khanat de Crimée par les Tatars, d’origine mongole mais sous influence ottomane. En 1475, il devient un protectorat ottoman.
  • 1571 : incendie de Moscou après un raid des Tatars en Russie.

 

Emprunt russe

  • 1783 : après la guerre russo-turque, la Crimée est annexée à l'empire russe. C’est le début du développement de Sébastopol et de la flotte de la mer Noire, que Léon Tolstoï relate dans ses « Récits de Sébastopol ».

 

Faire le zouave sur l’Alma

  • 1854 : la guerre de Crimée. L'Angleterre et la France s'allient en 1854 à l'Empire ottoman pour attaquer la Russie. Le siège de Sébastopol devient le symbole de la résistance russe. La guerre de Crimée s’achève avec la défaite russe et le traité de Paris en 1856. 750000 hommes ont perdu la vie pendant ce conflit. L’économie de la Crimée est en lambeaux.

Siege-de-Sebastopol---Gallica---BNF.jpgLe siège de Sébastopol en 1854. Gravure de l'imprimerie Pellerin.
Source : Gallica / Bibliothèque Nationale de France

 

La nouvelle tsar

  • 1917 : la révolution bolchévique. C’est par le sud du pays et la Crimée que les forces fidèles au tsar quittent la Russie. En 1918, a Russie devient la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) puis quatre ans plus tard, c’est la création de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).
  • 1921 : La Crimée, symbole de la victoire soviétique, devient République socialiste soviétique de Crimée.
  • 1942 : Siège de Sébastopol par l’armée allemande. La ville est rasée à 95%. C’est une des batailles les plus terribles de la Seconde Guerre mondiale.


Sébastopol - Photographie aérienne - 04-08-1943La ville de Sébastopol un an après le siège de l'été 1942. Photographie aérienne prise en août 1943.
Source : site WWII aerial photos and maps 

  • 1944 : accusés de collaboration avec les nazis, les Tatars de Crimée sont déportés par Staline en Sibérie ou en Ouzbékistan.
  • 1945 : accords de Yalta.
  • 1948 : Sébastopol est directement rattachée à l’URSS.

 

Cadeaux empoisonnés ?

  • 1954 : pour célébrer le 300ème anniversaire de la réunification de l'Ukraine et de l'empire russe, le 19 février, Khrouchtchev offre la Crimée à l’Ukraine, alors République socialiste soviétique d'Ukraine.
  • 1991 : les mouvements nationalistes entrâinent la dislocation de l'URSS. En décembre, création de la Communauté des États indépendants (C.E.I). Quelques jours plus tard, Mikhaïl Gorbatchev, à l’initiative des politiques de réfome Glasnost et Perestroïka qui ont précipité cet éclatement, démissionne. Boris Eltsine reconnaît l'indépendance de l’Ukraine, Crimée incluse.
  • 1992 : le 5 mai, la Crimée proclame sa première Constitution.
  • 1994 : Leonid Koutchma devient le 1er président d'Ukraine.
  • 1995 : nouveau bras de fer entre pro-russes et pro-ukrainiens. Le 17 mars 1995, le parlement ukrainien abolit la constitution de Crimée votée en 1992.
  • 1997 : le rattachement de la Crimée à l'Ukraine (comme République autonome) est officiellement reconnue par la Russie. La République autonome de Crimée a un statut spécifique avec son gouvernement, son parlement, son budget. Signature de l’accord de location des installations portuaires et militaires de Crimée à la Russie. En 2010, l'accord est renouvelé pour vingt-cinq ans.
  • 1999 : la seconde constitution de la Crimée entre en vigueur.

 

Les feux de la révolution passent à l’orange

  • 2004 : en novembre, élections présidentielles en Ukraine. Les fraudes massives, constatées par les observateurs indépendants, et les manifestations sur la place de l'Indépendance à Kiev amènent à refaire le second tour : « au troisième tour » Viktor Ianoukovitch perd devant Viktor Iouchtchenko, pro-occidental. La carte des résultats montre un net clivage entre le sud-est et le nord-ouest, qui correspond assez bien aux langues dominantes, le russe et l’ukrainien.
  • 2005 : Viktor Iouchtchenko nomme Ioulia Tymochenko premier ministre le 24 janvier. Limogée en septembre de la même année, elle est à nouveau Premier ministre en décembre 2007.
  • 2010 : Candidate à l'élection présidentielle, Ioulia Tymochenko perd devant Viktor Ianoukovytch. En 2011, Ioulia Tymochenko est condamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir dans le cadre de contrats gaziers signés entre l'Ukraine et la Russie en 2009.
  • 2013 : dans un contexte de crise budgétaire, discussions entre l'Union européenne et l’Ukraine pour un accord d'association. Le Parlement ukrainien, poussé par les russes, refuse l'accord. La population de Kiev réagit et, en novembre, c’est le début des manifestations de Maïdan, sur la place de l'Indépendance.
  • 2014 : répression policière violente et radicalisation du mouvement. Le 22 février 2014, c’est la prise du palais présidentiel et la destitution de Viktor Ianoukovytch. En Crimée, majoritairement russophones, les actions des mouvements séparatistes aboutissent au référendum contesté du 16 mars 2014.


Skybox---Kiev---Ukraine---Maidan---18-02-2014---11h10.jpgLe centre ville de Kiev en Ukraine pendant la répression des manifestations. Image prise par
le satellite Skysat-1 le 18 février 2014 à 11:10 UTC. Crédit image : Skybox Imaging

 

Ces quelques dates ne suffisent pas à comprendre la complexité de la situation en Ukraine et en Crimée. J’espère qu’elles vous donneront envie, comme à moi, d’approfondir le sujet par vous-même.

Plusieurs historiens ou spécialistes de la Russie insistent sur le fait que ce sont moins les intérêts stratégiques objectifs, comme par exemple l’importance réelle de la flotte de la mer noire, que la dimension symbolique de la Crimée qui explique la position russe et l’attitude de Vladimir Poutine. Sa popularité en Russie repose en partie par la nostalgie de la puissance de l’URSS ou de l’empire russe.

 

Tsar war: la guerre des étoiles

Dans l’espace, la Russie continue à être un acteur de tout premier plan : ce sont des vaisseaux russes qui assurent, depuis l’arrêt des vols du Space Shuttle, la desserte de la Station Spatiale Internationale pour les équipages. La flamme olympique y a même fait un cour séjour. Plus près de la surface terrestre, la Russie cherche à rejouer un rôle de premier plan. Les jeux olympiques de Sotchi font partie de cette stratégie.

Il serait naïf de penser que les Etats-Unis, au contraire, ne cherchent pas à cantonner la Russie à un rôle de puissance régionale. En Ukraine, l’erreur de l’Union Européenne a certainement été de penser pouvoir discuter un accord bilatéral, en sous-estimant le rôle incontournable de la Russie. Les enjeux économiques pèsent lourd, les symboles aussi.

 

En savoir plus :

 

 

 

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 08:12

  Pleiades - JO Hiver - Sochi 2014 - Sites montagne - Rosa KhutorA côté de Krasnaya Polyana, les sites d’altitude des JO de sotchi vus par le satellite Pléiades :
le Russki Gorki Jumping Center, le Sliding Center Sanki, le complexe de Ski et de biathlon de Laura
et le site de Rosa Khutor. Image acquise le 5 décembre 2013. La résolution est réduite par rapport
à celle de l’image d’origine. Copyright CNES 2013 – Distribution Astrium Services / Spot image SA

 

Mass-start ou mass-stop: un départ groupé qui se fait attendre

La question de la quantité et de la qualité de la neige devait se poser tôt ou tard à Sotchi. Dix jours après la très belle cérémonie d’ouverture, la deuxième semaine des jeux olympiques a été perturbée par la météo. Brouillard, pluie, neige molle, collante ou détrempée à cause des températures élevées : plusieurs épreuves ont été retardées ou reportées.

C’est le cas du snowboard cross masculin et de l’épreuve de biathlon en départ groupé.

Programmée initialement dimanche 16, la mass-start (départ groupé) de biathlon (15 km) a été reportée une première fois le lendemain matin à cause du brouillard. Lundi matin, le brouillard et la qualité de la neige sur le site de Laura ont contraint les organisateurs à repousser le départ à 15h30 locales (12h30 à Paris) puis à mardi.

Pour les français, cela valait le coup d’attendre : après un lundi sans médaille et dans le brouillard, deux nouvelles médailles, en or et en argent, sont venues redonner un peu d’éclat au compteur de médailles françaises.

 

Médaille d’argent, c’est rageant…

En début d’après-midi, la victoire s’est vraiment joué au finish en biathlon : c'est finalement le Norvégien Emil Svendsen qui a gagné l’épreuve, suivi de très près par Martin Fourcade qui se « contente » de l’argent, après ses deux médailles d’or.

 

Fourcade Martin, pécheur de médailles

Martin Fourcade ne sera donc pas le quatrième français à gagner trois médailles d’or au cours des mêmes JO, après Jean-Claude Killy en 1968 (c’est lui qui a remis la médaille d’argent à Martin Fourcade), Paul Masson en 1896 (cyclisme) et Roger Ducret en 1924 (escrime).

 

Le nombre d'or = 4

Avec deux médailles d’or et une d’argent, il ne doit pas bouder son plaisir et peut être fier de sa contribution au bilan français. Plus tôt dans la matinée, Pierre Vaultier a décroché une belle médaille d’or en snowboard cross.

Au total, mardi 18 au soir, la France comptaient donc 9 médailles à son palmarès : trois médailles d’or, une d’argent et quatre de bronze.

Mercredi 19, deux français montaient sur le podium du slalom géant hommes : Steve Missilier et Alexis Pinturault apportaient enfin une médaille d'argent et une de bronze en ski de descente.

 

Triplé pour un podium tricolore : or, argent, bronze en bleu, blanc, rouge

Jeudi 20 février, Jean-Frédéric Chapuis (or), Arnaud Bovolenta (argent) et Jonathan Midol (bronze) ont accompli un exploit : un podium entièrement tricolore pour la finale du ski acrobatique ski cross homme.

Par contre pas de médaille pour Jason Lamy-Chappuis, le porte-drapeau de la délégation française, qui est resté au pied du podium en Combiné nordique Grand tremplin par équipe.

En fin de journée, Marie Martinod ramenait une nouvelle médaille d'argent avec une seconde place derrière l'américaine Maddie Bowman en Ski halfpipe femmes.

La France a donc battu son record du nombre de médailles aux JO d'hiver : 15 médailles au total, 4 en or, 4 en argent et 7 en bronze.

 

Ski de fond devant

Côté français, on peut également citer pour les médailles de bronze Chloé Trespeuch en snowboard cross féminin, Jean-Guillaume Béatrix en biathlon (poursuite), Jean-Marc Gaillard, Maurice Manificat, Robin Duvillard et Ivan Perrillat Boiteux en relais 4 x 10 km de ski de fond et Coline Mattel dans le premier concours de saut à skis féminin.

 

JO : le tas de ski

Au classement général du nombre des médailles, la Russie (33 médailles), les Etats-Unis (28 médailles) et la Norvège (26 médailles) arrivent en tête devant les Pays-Bas et le Canada (24 médailles).

Si on ne prend en compte que les médailles d’or, les premiers pays sont la Russie (13 médailles d'or), la Norvège (11 médailles), devant le Canada et les Etats-Unis (9 médailles d’or), les Pays-bas et l'Allemagne (8 médailles d'or). La France occupe la 9ème place avec 4 médailles d’or.

Question exploit, on peut rendre hommage au norvégien Ole Einar Bjoerndalen qui a gagné mercredi 19 sa 13ème médaille (dont 8 en or) aux Jeux Olympiques d'hiver en décrochant l'or dans l’épreuve du biathlon relais mixte. A quarante ans, il devient l’athlète le plus médaillé des jeux olympiques d’hiver.


Les sites d’altitude des jeux olympiques d’hiver vus par les satellites d’observation

La neige et le brouillard compliquent la tâche des organisateurs. Cela empêche aussi l’acquisition de bonnes images satellite des sites olympiques de Sotchi et de Rosa Khutor. On s’en rend très bien compte en regardant les couvertures nuageuses quotidiennes sur le site d’Eumetsat ou avec les images MODIS de satellites Aqua et Terre publiées chaque jour sur le site worldview de la NASA.

 Parmi les images récentes, j’ai trouvé une nouvelle image prise par le satellite Landsat 8 le 6 février 2014, la veille de la cérémonie d’ouverture, et publiée par l’USGS (US Geological Survey). En voici deux extraits, en mode multispectral et en mode panchromatique (en noir et blanc mais avec une résolution deux fois plus fine (15 mètres au lieu de 30 mètres).

On localise facilement le site olympique côtier d’Adler au sud de la ville de Sotchi, avec le parc olympique et les pistes de l’aéroport. Avec un peu d’attention (et surtout en s’aidant d’une carte), on peut également repérer les sites en altitude, un peu au nord du centre de l’image. J’ai l’impression que la couverture neigeuse est moins importante qu’en décembre et janvier mais ce n’est pas évident.

 

Landsat 8 - Sotchi 2014 - 06-02-2014 - 08h03 - MultispectraLandsat 8 - Sotchi 2014 - 06-02-2014 - 08h03 - panchroJO de Sotchi 2014 : trop de neige, pas assez de neige ? Deux extraits en résolution réduite d’une image acquise par l’instrument OLI (Operational Land Imager) du satellite Landsat 8 le 6 février 2014, la veille
de la cérémonie d’ouverture. En haut, composition colorée des canaux visibles.
En bas, image panchromatique. Crédit image : USGS.

 

Pistes noires au bord de la mer noire

Pour se faire une idée du relief et comprendre pourquoi il y a eu autant de chutes au cours des épreuves de ski de descente, vous pouvez revoir la séquence vidéo produite à partir d’images des satellites Spot 6 et Pléiades. La NASA a également publiée une vue 3D d’une image acquise par l’instrument ASTER (Advanced Spaceborne Thermal Emission and Reflection Radiometer) du satellite américain Terra. Le modèle numérique de terrain provient également de données ASTER. L’image présentée ici couvre une zone d’environ 18 kilomètres de large sur 32 kilomètres de profondeur. Cette composition colorée des canaux visibles et proche infrarouge, avec la végétation active en rouge et la neige en blanc, permet également de se faire une idée de la couverture neigeuse

 

Terra - ASTER - Sochi 2014 - 04-01-2014Vue perspective créée à partir d’une image de l’instrument ASTER du satellite Terra acquise
le 4 janvier 2014. Crédit image : NASA/GSFC/METI/ERSDAC/JAROS et U.S./Japan ASTER Science Team

 

Plus haut que le saut à ski : un tour des pistes à 694 kilomètres d’altitude

Pour voir davantage de détails, il faut consulter des images à très haute résolution. Je n’en ai pas vues acquises très récemment mais la division Géo-Information d’Airbus Defence and Space vient de publier une très belle image acquise par le satellite Pléiades en décembre 2013. C’est à ma connaissance une des images à très haute résolution les plus récentes (parmi celles rendues publiques).

La résolution des vignettes présentées ici est réduite par rapport à l’image originale mais cela suffit pour découvrir les sites en altitude utilisés pour les épreuves « en pente ». Les autres épreuves « à plat » (curling, patinage) se déroulent sur le site côtier d’Adler qui a accueilli la cérémonie d’ouverture.

 

Pleiades - JO Sotchi - Krasnaya Polyana - 05-12-2013Pleiades - JO Sotchi - Rosa Khutor Alpine Resort - ExtremePleiades - JO Sotchi - Rosa Khutor- Sanki - Laura BiathlonTrois extraits d’une image prise par le satellite Pléiades le 5 décembre 2013 : le Russki Gorki Jumping Center, le Sliding Center Sanki, le complexe de Ski et de biathlon de Laura et le site de Rosa Khutor.
Copyright CNES 2013 – Distribution Astrium Services / Spot image SA

 

Vodka : une bonne descente

Rosa Khutor, ce n’est pas une marque de vodka… Toutes les installations de montagne sont proches du village de village de Krasnaïa Poliana. Sur la crête Aibga surplombant la rivière Mzymta (43,65891°N et 40,32486°E), le centre alpin Rosa Khutor, entre 1170 et 2320 mètres d’altitude, accueille les compétitions de ski de descente : ski alpin, combiné nordique (descente et slalom), slalom géant et super-G. Il comprend au total 9 km de pistes de ski de descente.

 

Sans ski, faites de la luge !

A 1215 mètres d’altitude, dans la station d’alpika, Sanki (43,66769°N et 40,29106°E), comme son nom l’indique, san(s) (s)ki, est le site réservé aux sports de glisse : bobsleigh, luge et skeleton (ça, ce n’est pas pour moi !). Pendant les jeux, les tribunes peuvent accueillir 10000 spectateurs. Sanki est le mot russe qui signifie traineau.

Le Complexe de ski de fond et de biathlon Laura se situe sur la crête Psekhaho (43,69231°N et 40,32477°E). Il comporte deux stades séparés avec des zones de départ et d’arrivée, deux pistes de ski et deux parcours de biathlon, un stand de tir et une zone d’échauffement. Il tire son nom de la rivière Laura.

 

Montagnes russes : saut à ski à Sotchi

Le Complexe « Russki Gorki » est situé dans le village d’Esto-Sadok (43,67905°N et 40.24228°E). Normalement protégé des vents latéraux par le relief, c’est l’emplacement réservé aux épreuves de saut à ski et la résolution très fine du satellite Pléiades permet de bien identifier la forme caractéristique du grand tremplin. Notez également la restitution des détails de la cime des arbres et des troncs isolés, même si la résolution est moins bonne que celle de l’image originale. Vous pourrez découvrir plus de détails avec la pleine résolution en naviguant sur le site d’Astrium Geo-Information Services (désormais Airbus Defence and Space).

 

Pleiades - Sochi 2014 - Russki Gorki - Krasnaya Poliana- 05Extrait de l’image Pléiades centré sur le site de saut à ski de Russki Gorki.
Copyright CNES 2013 – Distribution Astrium Services / Spot image SA

 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 08:31

Les Alpes, Turin et la côté italienne vus depuis l’espace

Dix jours avec les jeux olympiques de Sotchi, le skieur Alexis Pinturault a l’air en pleine forme : après son succès au slalom de Wengen en Suisse, il a remporté dimanche 26 janvier 2014 sa deuxième victoire de la saison dans le super-combiné de Kitzbühel, sur la montagne Hahnenkamm, en Autriche.

Ironie du sort, après la crainte de manque de neige, les épreuves du super-G et du slalom du super-combiné sur la célèbre piste Streif ont été retardées à causes des chutes de neiges importantes en début de matinée. En fin de semaine dernière, la neige ne tombait pas par son propre poids : les organisateurs de la compétition avaient fait effectuer des dizaines de rotations d’hélicoptères pour amener des centaines de tonnes de neige sur le bas de la descente.

 

ISS - Cygnus - Alpes - Turin - Neige - 12-01-2014Image du nord de l’Italie et du Sud des Alpes prise le 12 janvier 2014 depuis la Station Spatiale
Internationale par les astronautes de l’expédition 38. Image référence ISS038-E-028044.
Crédit image : NASA

 

Au moment où l’image ci-dessus est prise, la station spatiale internationale est pratiquement à la verticale de Wengen en Suisse. Au premier plan le vaisseau Cygnus et le bras robotisé Canadarm2. Une partie d’un des panneaux solaires du Cygnus masquent la ville de Turin, où est installé le site de Thales Alenia Space qui fabrique le module cargo pressurisé (PCM pour pressurized Cargo Module), un des deux modules du Cygnus. En haut de l’image, le golfe de Gènes.

Mais on remarque d’abord le relief des alpes souligné par la couverture neigeuse. Alors que les astronautes surveillent attentivement l’arrivée du vaisseau Cygnus et commandent le bras qui doit le capturer, est-ce qu’une partie de l’équipage russe se demande comment il peut y avoir autant de neige dans les Alpes ?

 

Trop de neige, pas assez de neige...

Il est vrai qu’à dix jours de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques d’hiver 2014 à Sotchi, la question de la neige se pose comme à Kitzbühel.

Organiser les 22èmes jeux olympiques d’hiver dans une station balnéaire, sous un climat tempéré, avec des palmiers, il fallait y penser…

Les russes semblent aimer les défis : alors que le mot Russie est inévitablement associé au mot neige, ils ont choisi d’organiser les jeux olympiques d’hiver à proximité des doux rivages de la mer noire, à la même latitude que la côte d’Azur : au pied de la chaîne du Grand Caucase la latitude de la ville de Sotchi est de 43°36′N, plus au sud que Nice, à 1360 km au sud de Moscou.

 

 

Landsat 8- Sotchi - Jeux olympiques - JO - 20-12-13

Sur la côte est de la mer noire, la région de Sotchi vue par le satellite Landsat 8 le 20 décembre 2013
à 8h03 UTC. Composition colorée en couleurs naturelles.
Crédit image : US Geological Survey (USGS)

 

La page Wikipédia de Sotchi mentionne un climat subtropical humide : « les températures en hiver tombent rarement au-dessous de zéro… Les précipitations sont abondantes toute l'année.

Dans la classification des climats de Köppen, la région de Sotchi bénéficie d’un climat de type Cfa : C = Climat tempéré, f = climat humide avec des précipitations toute l’année, a = été chaud.

A condition de monter assez haut, les montagnes sont généralement bien enneigées, comme le confirme l’extrait de l’image prise par le satellite Landsat 8 en décembre dernier ou cette image plus récente prise par l’instrument MODIS du satellite Terra le 15 janvier.

 

Terra---MODIS---Sotchi---JO2014---Caucase---15-01-2013.jpg Terra - MODIS - Sotchi - JO2014 - Caucase - 367 - 15-01-201La région de Sotchi Image prise par l’instrument MODIS du satellite américain Terra le 15 janvier.
En haut, couleurs naturelles. En bas, composition colorée des canux 3,6 et 7.
Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid response

 

Cette image permet de localiser l’Elbrouz, le point culminant de la chaîne du Caucase, qui n’apparaît pas sur l’extrait d’image du satellite Landsat. Avec 5642 mètres d’altitude, c’est le plus haut sommet d’Europe. Si vous ne le trouvez pas, un coup d'oeil sur Google Earth devrait vous aider. En hiver, la température peut chuter en dessous de -50 °C au sommet. Subtropical peut-être mais surtout subzéro…

 

Des températures « guère froides »

A Sotchi, près de la côte, même si la température record la plus froide est -13,4 °C (janvier 1892), la température minimale en février est de 3,2°C : il peut neiger (13 jours par an en moyenne selon wikipedia) mais on pourra aussi voir des parapluies au bord des pistes (154 jours de pluie par an en moyenne.

Le 27 janvier, le journal Libération titrait « Ambiance glaciale entre Washington et Moscou avant les JO de Sotchi ». Pas sûr que les températures modérées du bord de la mer noire suffisent à réchauffer l’ambiance…

Malgré les décisions (libération des membres du groupe Pussy Riot) et déclarations récentes (« nous accueillerons tous les sportifs et tous les visiteurs aux jeux olympiques ») de Vladimir Poutine, le président américain, Barack Obama, mais également François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont annoncé qu'ils ne se rendraient pas à Sotchi.

 

JO 2014 : y aura-t-il de la neige à Sotchi pour les Jeux Olympiques d’hiver ?

Les russes ont pris leurs précautions pour éviter la mésaventure arrivée à Vancouver en 2010 : un hiver exceptionnellement doux avec peu de neige dans une région où l’hiver est doux…

A Sotchi, le complexe olympique est construit au bord de de la mer, très exactement à Adler, une station balnéaire à vingt kilomètres au sud de Sotchi, comme le montrent les images suivantes, deux extraits d’une scène prise par le satellite Pléiades le 19 décembre 2013, pratiquement le même jour que l’image de Landsat 8.

 

Pléiades - Sotchi - JO hiver 2014 - 19-12-2013 - RE4Pléiades - Sotchi - JO hiver 2014 - 19-12-2013 - RE2JO2024 - Sotchi : le parc olympique à Adler. Deux extraits d’une image prise par le satellite
Pleiades le 19 décembre 2013. La résolution est réduite par rapport à l'image d'origine.
Copyright CNES – Distribution Spot Image / Astrium Services.

 

Cela ne vous fait pas immédiatement penser aux sports d’hiver et à la neige ? Vous voyez plutôt une installation du style de ceux des JO à Londres en juillet 2012 ou à la coupe du monde de football en Afrique du Sud ? Moi aussi…

Les pistes ont été aménagées dans la station de ski de Krasnaïa Poliana, à 600 mètres d’altitude, avec un domaine skiable jusqu'à 2200 m.

Redoutant un scénario similaire à celui de Vancouver, les russes et le comité olympique de Sotchi ont sorti les grands moyens et fait venir à Sotchi des spécialistes de la neige, comme le Finlandais Mikko Martikainen, le fondateur de la société Snow Secure Ltd. En complément des solutions classiques de production de neige artificielle (y compris quelques canons à neige qui fonctionnent jusqu’à 15°C), une idée « toute simple » a été proposée : stocker la neige à l’abri de la chaleur d’une saison sur l’autre.

 

Quatorze gros bonhommes de neige avec un grand manteau

Depuis le printemps 2013, 700000 m³ de neige, naturelle et artificielle, ont ainsi été collectés par des dameuses et stockés en quatorze tas à plus de 1100 mètres d’altitude.

L’isolation thermique est réalisée soit par un tissu géotextile mouillé, qui se refroidit par évaporation, soit par des couvertures isolantes, ressemblant aux isolants minces constitués de plusieurs couches d’aluminium. Il suffisait aussi d’y penser…

 

Les travaux d’Hercule avancent

Le stockage de la neige est un chantier impressionnant mais l’aménagement du village olympique l’est encore plus, comme on peut le constater sur l’image du satellite Pléiades ou en naviguant dans le temps avec Google Earth : une séquence de 8 images prises entre 2005 et 2014 illustre l'ampleur des travaux accomplis pour préparer l'arrivée des Jeux. Difficile de croire que les champs visibles en 2005 correspondent à ce qu’on voit aujourd’hui sur l’image de Pléiades.

 

01 - Google Earth - JO 2014 - Sotchi - Adler - 12-04-2005Adler, le site du village olympique en avril 2005. Incroyable mais c'est bien le site du parc et du
village olympique. Copie d’écran obtenue avec Google Earth. La séquence complète est visible
dans l’album photo sur les JO de Sotchi.

 

Sur son site Internet, la division GEO-Information d’Airbus Defence & Space a réalisé une vidéo sous forme d’un survol en perspective des équipements touristiques et sportifs de Sotchi en Russie. Les données utilisées proviennent des satellites Spot 6 et Pléiades : l’ensemble du site est couvert par une image en champ large provenant de Spot 6. Les images Pléiades (dont celle présentée ici), à plus haute résolution couvrent les nouveaux équipements et les bâtiments du parc olympique. Le modèle 3D utilisé pour la représentation en perspective est lui-même construit à partir d’images satellites (couples stéréo).

 

La vidéo du survol de Sotchi produite par la division Geo-information d'Airbus Defence and Space

 

Glaçon, l’addition !

Au bord de la mer noire, comme l’eau, l’addition est salée : alors que le budget était initialement de 7 milliards d’euros, un rapport du Parlement russe estime que plus de 35 milliards d'euros ont été dépensés à Sotchi. D'autres sources mnetionnent des chiffres plus élevés. On n’est pas très loin des jeux les plus chers de l’histoire avec les 40 milliards dépensés à Pékin pour les JO d’été de 2008.

Et ce ne sont pas les chiffres définitifs... Vancouver fait figure de petit joueur avec 1,5 milliard d’Euros.

ARTE a diffusé mardi 28 janvier un reportage assez édifiant sur les travaux de préparation des Jeux Olympiques à Sotchi et à Krasnaya Polyana et leur financement. Il sera rediffusé le jeudi 6 février à 8h55. A voir en replay si vous l'avez manqué...

Quand on découvre que la Tchétchénie et Grozny sont à moins de 500 kilomètres de Sotchi vol d’oiseau, on prend également conscience de la dimension politique des jeux olympiques d’hiver.

 

Inondations dans le sud-est de la France : l’eau en fait voir de toutes les couleurs…

Départ de Sotchi et retour en France avec d'autres images d'actualité.

La première image de cet article, celle prise depuis l’ISS montrait un ciel dégagé et du beau temps sur les Alpes. C’était beaucoup moins vrai sur la côte d’Azur entre Menton, Nice et Toulon, où la couverture nuageuse est bien dense.

Une semaine après que cette photographie eut été prise, les départements du Var et des Bouches-du-Rhône étaient balayés par des trombes d'eau pendant tout le week-end du 18 et du 19 janvier. Les communes d’Hyères, La Londe-les-Maures et Le Lavandou ont été les plus touchés par les inondations.

Je n’ai pas encore vu d’images satellites à haute résolution des dégâts. La couverture nuageuse complique la prise de vue.

Par contre, l’image suivante à moyenne résolution, prise par l’instrument MODIS du satellite Terra le mardi 21 janvier 2014, montre indirectement qu’il s’est passé quelque chose d’anormal : la couleur de l’eau au niveau des embouchures de fleuves ou de rivière est fortement modifiée par l’apport massif de sédiments : les eaux boueuses créée par la pluie qui ont ruisselé à la surface des sols.

 

Terra - MODIS - Inondations sud-est - 21-01-2014Les effets indirects des inondations dans le sud-est en janvier 2014 : les modifications de la couleur
de l’eau vue par satellite. Extrait d’une image acquise par l’instrument MODIS du satellite Terra
le 21 janvier 2014. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

Neige et couleur de l'eau : ailleurs dans le monde  en janvier 2014

Vous vous demandez quel est le lien avec Cuba et le Canada ? A part le bras robot de l'ISS Canadarm2 visible dans la premère image de cet article, il n'y en a pas...

Mais pour finir sur une note positive, voici un petit florilège de quelques images prises récemment depuis l'espace. si vous aimez les eaux dont la couleur donne envie de se baigner ou les grandes étendues enneigées, elles devraient vous plaire...

 

Rue des nuages

L’image suivante provient de l’instrument GOCI (Global Ocean Color Imager) du satellite COMS. En dehors des imageurs pour la météorologie, c’est un des rares instruments d’observation à partir de l’orbite géostationnaire : il observe la couleur de l’eau dans 8 bandes spectrales avec une roue à filtres. Airbus Defence and Space (ex-Astrium) a signé en juillet 2013 un contrat pour la réalisation d’une nouvelle génération de cet instrument, GOCI-II qui offrira une résolution améliorée (250 mètres) et davantage de bandes spectrales (12).

 

COMS - GOCI - Corée - 09-01-2014 - 05h16Autour de la Corée et du site des JO d'hiver 2018 des alignements étonnants de nuages.
Image prise par l'instrument GOCI du satellite coréen COMS le 9 janvier 2014 à 5h16 UTC.
Crédit image : KARI / KORI

 

Cette image montre la couverture neigeuse au nord de la péninsule de Corée. Les jeux olympiques de Sotchi ne sont pas très loin : c’est la Corée du sud qui accueillera en 2018 à Pyeongchang les 23èmes Jeux Olympiques d’hiver, avec comme en Russie, un pôle côtier à Gangneung et un pôle alpin à Daegwallyeong-Myeon.

L’image permet également de voir au nord-est de belles « rues de nuages » (cloud streets en anglais), des formations nuageuses créés par des rouleaux alternant mouvements verticaux ascendants et descendants. Ces nuages se forment lorsque la couche basse de l'atmosphère est instable, surmontée par une inversion de température avec un vent soutenu en altitude.

 

Anneau olympique : le Québec à l'oeil

Situé dans la province du québec au Canada, le cratère de Manicouagan aurait été formé par le chute d’un astéroïde de 5 km de diamètre il y a environ 215 millions d’années. Photographié début janvier par l’équipage de la Station Spatiale Internationale, il a un diamètre apparent d’environ 100 kilomètres avec une île centrale, l'île René-Levasseur. Le lac annulaire (70 km de diamètre) a été formé par inondation au moment de la construction du barrage hydroélectrique Daniel Johnson. C’est l’un des plus gros réservoirs du monde.

 

ISS - iss038e025350 - réservoir Manicouagan - 02-01-2014

Au Canada, le cratère Manicouagan photographié le 2 janvier 2014 par les astronautes de
l'expédition 38 de l'ISS. Image référence : ISS038-E-025350.Crédit image : NASA

 

Si vous préférez la baignade dans les eaux turquoises des Caraïbes, voici une dernière image prise le 24 décembre 2013, toujours par les astronautes de l’ISS. C’est la partie ouest de Cuba, avec au sud l’île de la Jeunesse. Au nord, la ville de la Havane.

 

iss038e021397 - Cubal'île de Cuba photographiée par les astronautes de l'expédition 38 de l'ISS le 24 décembre 2013.
Image référence : ISS038-E-021397. Crédit image : NASA

 

Trois chaînes de montagnes traversent le pays : la Sierra de Guaniguanico, la La Sierra de los Organos et la La Sierra del Rosario. Le point culminant de Cuba est le Pico Turquino à 2.005 m d'altitude (situé au sud-ouest, il n'est pas visible sur l'image).

Avec des températures comprises entre 18 et 25°C en février, il y neige encore moins qu'à Sotchi...
Une idée de destination pour des jeux d'hiver futurs ? Cuba bénéficie également d'un climat subtropical.

 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 00:29

Vu de loin, on pourrait croire qu’il s’agit d’une nouvelle image satellite d’iceberg géant qui se détache de la banquise antarctique.

Pourtant, il n’est pas question de réchauffement climatique : nous sommes bien dans la région de Chicago au bord du lac Michigan. Après la neige à New York, cette image est une nouvelle illustration spectaculaire de la vague de froid qui sévit depuis le début de l’année 2014 aux Etats-Unis.

 

Le jour d’après

Vous avez peut-être vu les photographies surprenantes du Lac Michigan et des plages de North Avenue Beach publiées dans la presse ou sur les réseaux sociaux. Voici une image tout aussi spectaculaire prise par le satellite Landsat 8 le 3 janvier 2014 en fin de matinée (heure locale).

 

Landsat - Chicago - Lake Michigan - Snow and ice - 543La région de Chicago sous la neige et le lac Michigan gelé. Extrait d’une image prise par le satellite
Landsat 8 le 3/01/2014 à 19h33 UTC. Composition colorée des canaux 5, 4 et 3. Crédit image : USGS

 

Il s’agit d’une composition colorée des canaux 5 (proche infrarouge entre 0,85 et 0,88 µm), 4 (rouge entre 0,64 et 0,67 µm) et 3 (vert entre 0,53 et 0,59 µm) qui met en évidence l’eau, la neige et la glace. C’est une combinaison très classique des bandes des satellites Landsat mais si vous avez l’habitude de travailler avec des images Landsat 5 ou Landsat 7, sachez que les numéros des bandes spectrales sont décalés d’une unité (Landsat 8 possède une bande bleue supplémentaires) : cette combinaison 543 de Landsat 8 correspond à la combinaison 432 de Landsat 7.

 

Michigan et michimoufles : sortez couverts…

En général, l’eau a une réflectance élevée dans le spectre visible qui décroit quand la longueur d’onde de la lumière augmente. La réflectance augmente néanmoins quand l’eau est turbide. Dans le proche infra-rouge, affiché ici en couleur rouge, l’eau apparaît très sombre.

La neige et la glace, selon la taille des grains et la compacité, modifient les propriétés optiques. Cela explique les nuances de bleu et de cyan visibles ici. Plus il y a de glace, plus l’absorption du proche infra-rouge est importante.

La résolution au sol est d’environ 30 mètres.

 

Black and white ice

Pour les amateurs de détails, voici deux autres extraits de la même image avec uniquement la bande 8, dite panchromatique, entre 0,50 µm et 0,68 µm. L’image devient une image en noir et blanc mais la résolution passe à 15 mètres.

 

 

Landsat - Chicago - Glace et neige - 03-01-2014 - 1

Landsat - Chicago - Glace et neige - 03-01-2014 - 2

Chicago et le lac Michigan sous la neige et la glace. Deux extraits de l’image Landsat 8 acquise
le 3 janvier 2014 à 19h33 UTC. Ici seul le canal 8 est utilisé pour cette représentation panchromatique.
Crédit USGS

 

Le premier extrait est centré sur le cœur de la ville de Chicago et le port de Chicago, structuré par le réseau routier et la couleur sombre de la Chicago River. Les ombres des gratte-ciel ressortent très bien sur les sols enneigés.

 

Y a pas le feu au lac

Le second extrait couvre une zone un peu plus au sud au niveau de Lake Calumet et de Wolf Lake, avec les taches blanches bien repérables, des zones résidentielles et des installations industrielles, pétrolières et ferroviaires. Pas facile d’y accéder depuis le lac… On peut également identifier les pistes de l’aéroport Gary Chicago International Airport et les méandres bien sombres de la Grand Calumet River.

 

Ça vous laisse de glace ?

Le mois de janvier est le mois le plus froid de l’année à Chicago. Même si la température record de -32,7 °C du 20 janvier 1985 n’a pas encore été dépassée et si la glace sur le lac Michigan n'est pas une première (il y a eu des situations similaires dans le passé ou plus récemment en 2011), janvier 2014 restera certainement dans les mémoires.

Mardi 7 janvier, la température maximale était de -14°C à Chicago (soit une température ressentie de -28°C avec le vent). Selon les prévisions météo, les températures devraient commencer à remonter à partir du 8 janvier.

Le froid aurait causé la mort d’une quinzaine de personnes depuis le début de l’année, dont quatre par crise cardiaque à Chicago pendant qu’ils déneigeaient.

 

Lac Michigan banquise 10 photo froid glacial Etats-Unis 1

Attention à la marche... Photographies de Thomas Zakowski et Joshua Nowicki
publiées
sur le site Tuxboard

 

En savoir plus :

 

 

 

 
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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 00:46

Blanche Neige et la grosse pomme

Aux Etats-Unis, les chutes de neiges ne sont pas une surprise au début de l’hiver. En novembre 2012, j’ai déjà publié quelques images des premières neiges à New York après le passage de l’ouragan Sandy et la campagne présidentielle de 2012.

En 2014, ce qui est exceptionnel, c’est la vague de froid que connaissent le centre, le Nord et l’Est des Etats-Unis et le Canada depuis début janvier : les températures sont descendues à des niveaux historiquement bas depuis une vingtaine d’années.

Le satellite Landsat 8 a immortalisé le samedi 4 janvier la couverture neigeuse autour de New York en fournissant une image étonnante.

Pour le premier extrait, centré sur Manhattan, je n’ai utilisé que le canal panchromatique qui offre une résolution meilleure, 15 mètres au lieu de 30 mètres dans les autres bandes, pour le cœur de la ville. Le second extrait est bien une image multispectrale même si on a l’impression de voir une scène en noir et blanc. J'ai forcé un peu (trop ?) sur le niveau de bleu pour mettre de la couleur...

Je n’ai pas réussi à mettre la main sur une image à haute ou très haute résolution, acquise par exemple par Pleiades (Pleiades 1B et Pleiades 1A fêtent respectivement leur premier et deuxième anniversaire en orbite) ou Spot 6, lancé un peu avant Pleiades 1B. J’ai l’impression qu’après les premiers mois en orbite, les opérateurs des satellites d’observation à haute résolution européens ou américains consacrent moins d’énergie à communiquer sur les performances de leurs satellites à l’occasion d’évènements comme celui-ci. Il est vrai que leur priorité numéro 1 est de rentabiliser des investissements coûteux, sur un marché où la concurrence est rude.

Si vous voulez voir une image de ville sous la neige en très haute résolution, voici un autre article avec un bel exemple avec Toulouse vu par le satellite Pleiades 1A.

 

Landsat 8 - Manhattan - Neige - 04-01-2014

Landat 8 - New York - Vague de froid - 04-01-2014

Deux extraits d’une scène acquise par le satellite Landsat 8 le 4 janvier 2014 à 19h36 UTC. En haut,
les environs de Manhattan en mode panchromatique (canal 8). En bas, un extrait couvrant une
zone plus large en mode multispectral (combinaison des canaux 4, 3 et 2). Crédit image : USGS

 

Statue de la Liberté ou bonhomme de neige

Malgré la résolution « modérée » du satellite Landsat 8, la présence de la neige met bien en évidence les structures de la ville. Les amoureux de New York reconnaitront en particulier les aéroports, JFK Airport, le plus étendu, tout à fait à l’Est, La Guardia, près de l’East River au Nord-est à la limite entre Manhattan et Harlem, et Newark Airport au Sud-ouest. Dans Manhattan, les ombres des gratte-ciel assombrissent l’image en lui donnant du relief (si vous préférez le relief en couleurs, voyez ces images). On reconnaît immédiatement la forme rectangulaire de Central Park. Les plans d’eau ne semblent pas encore gelés, comme en témoigne la grande tâche noire du reservoir, le plus grand plan d’eau.

Par contre, il doit falloir de la motivation et de bons vêtements pour se lancer sur les terrains de base-ball ou les pistes de jogging. Dans la pointe de Manhattan, j’imagine que la neige doit rendre la visite du site du Memorial 9/11 particulièrement émouvante, là encore à condition d’être prêt à affronter le froid.

Une image couvrant un champ plus large, acquise par l’instrument MODIS du satellite Aqua, également le 4 janvier 2014, permet de se rendre compte de l’ampleur de l’épisode neigeux.

 

Aqua - MODIS - USA - vague de froid - 04-01-2014 Aqua - MODIS - USA - vague de froid - 04-01-2014 - 721

Extrait d’une image acquise par l’instrument MODIS du satellite Aqua le 4 janvier 2014. A gauche, représentation en couleurs naturelles. A droite, composition colorée des canaux 7, 2 et 1 permettant de distinguer plus facilement neige et nuages. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response.

 

Les pixels de l’image MODIS telle qu’elle est présentée ici ont une taille de 750 mètres de côté environ. Si vous voulez tout savoir sur les compositions colorées, je vous renvoie à cet article du blog Un autre regard sur la Terre.

 

Records de froid en vue

Cette vague de froid polaire est bien exceptionnelle : il faut semble-t-il remonter à 20 ans, pour retrouver des températures aussi basses avec de la neige et des pluies verglaçantes. Le froid a causé la mort d’un moins une dizaine de morts depuis fin décembre. Les rafales de vent accentuent l’impression de froid, avec des températures ressenties incroyables : jusqu’à -53°C dans le Montana pour la journée de lundi.

Les autorités ont alerté la population sur les risques liés à un tel froid et invitent les gens à rester chez eux s’ils le peuvent. Des lits supplémentaires ont été installés dans les refuges pour les sans-abris. Dans les aéroports, ce week-end, des milliers vols ont été retardés ou purement et simplement annulés. Le Canada connaît une situation similaire avec des températures inférieures à -30°C dans l’Ontario ou le Manitoba.

 

Vortex polaire, mets ton Gore-tex et ta polaire (dicton esquimau)

La dernière image de cet article met en évidence le phénomène météorologique à l’origine de cette vague de froid. Elle provient du satellite GOES-East opéré par la NOAA et a été prise le 6 janvier 2014 à 16h01 UTC.

 

GOES-E---Vortex polaire---06-01-2014---14h31.jpgImage du nord-est des Etats-Unis satellite GOES-E acquise le 6 janvier 2014 à 16h01 UTC.
Crédit: NOAA / NASA GOES Project

 

Ouille, ça caille...

Elle montre un élément caractéristique en hiver dans les zones polaires d’une planète en rotation : un vortex polaire. Il s’agit d’un tourbillon permanent associé à une zone de basse pression de grande taille, située à proximité des pôles terrestres, entre le milieu et le haut de la troposphère, la couche le plus basse de l’atmosphère, et la stratosphère, au-dessus de 8 kilomètres d’altitude. Il circule dans le sens inverse des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère nord.

L’image montre un front apportant des précipitations du nord au sud de la côte est des États-Unis. Derrière, à l’ouest, le ciel plus clair correspond à un air très froid poussé par le vortex polaire.

 

En savoir plus :

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 01:15

En guise d’images de la semaine, voici quelques scènes impressionnantes acquises par les satellites d’observation de la Terre entre le 15 et le 30 octobre 2013 et illustrant la première tempête d’automne en Europe, un nouveau typhon au Japon, les incendies en Australie et une éruption du volcan Klioutchevskoï dans la péninsule du Kamtchatka.

 Meteosat 10 - Tempête Christian - 27-10-2013 - 15h00UKMO - Tempête Christian - Carte isobares dépression - 27En haut, image satellite prise par le satellite Meteosat 10 le 27 octobre 2013 à 15h00 UTC.
Crédit image Eumetsat. En bas, analyse de la situation météorologique par le UK Met Office le
27 octobre à 12h00 UTC. Crédit image : UK Met Office

 

Feuilles mortes en vue

Christian est la première tempête automnale de l’année 2013. Elle va frapper à partir de la nuit de dimanche jusqu’à lundi. Douze départements du nord-ouest de la France ont été placés en vigilance orange par Météo France : Finistère, Morbihan, Loire-Atlantique, Côtes d'Armor, Ille-et-Vilaine, Manche, Calvados, Eure, Seine-Maritime, Somme, Pas-de-Calais et Nord. Pour Météo France, le risque est lié à la végétation : le feuillage des arbres et encore dense et oppose plus de prise au vent. Attention...

 

Météo France - Carte Vigilance - Tempête Christian - 27-Carte de vigilance publiée par Météo France le 27 octobre 2013 à 16h00.
Crédit image : Météo France

 

La dépression qui s’est formée dans le sud-ouest de l'Irlande va circuler rapidement sur le sud de l'Angleterre puis se dirigera vers le Danemark. Des vents tempétueux sont prévus, d’abord en Bretagne puis sur la Normandie et la région Nord-Pas de calais. Les rafales sur les côtes pourront atteindre 120 à 140 km/h. De fortes vagues déferleront sur la côte Atlantique. En Grande-Bretagne, le UK Met Office, le service météoroologique britannique, craint « la pire tempête que le pays ait connu depuis plus de dix ans », avec des vents à plus de 130 km/h et de possibles inondations, chutes d'arbres, des dégâts sur les bâtiments, des coupures d'électricité et des perturbations dans les transports.

 

Wipha : un nouveau typhon au Japon

Rien à voir cependant avec les vents des typhons qui touchent l’Asie et la Japon ces dernières semaines : mi-octobre, Wipha a été particulièrement dévastateur. Wipha a tué au moins 29 personnes, notamment sur l’île d’Oshima la plus touchée. Tokyo Electric Power (Tepco) a également annoncé lundi 21 octobre que, dans la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, de l'eau de pluie contaminée s'était écoulée dans l'océan, sans préciser le niveau de la contamination.

Les trois images suivantes proviennent de l’instrument GOCI du satellite coréen COMS, un satellite géostationnaire qui, à côté de deux charges utiles de météorologie et de télécommunication, embarque également un instrument d’observation de la Terre. Avec une résolution similaire à celle de MODIS sur Terre et Aqua, l’avantage est de permettre l’observation en continu. Les trois vignettes suivantes sont extraites d’images acquises le 15 octobre 2013 à 2h16, 3h16 et 4h 16 UTC.

 

COMS - GOCI - Typhon Wipha - 15-10-2013 - 02h16 COMS - GOCI - Typhon Wipha - 15-10-2013 - 03h16 COMS - GOCI - Typhon Wipha - 15-10-2013 - 04h16

Trois images prises par l’instrument GOCI du satellite COMS le 15 octobre 2013 à 2h16, 3h16 et 4h16 UTC. Crédit image : Korean Ocean Satellite Center.

 

Australie : incendies géants autour de Sydney

La baisse récente des températures a finalement aidé les pompiers à contenir les feux… Mais depuis mi-octobre, la situation était critique sur le front des feux de brousse dans le sud-est de l’Australie. Des milliers de pompiers ont fait face à de multiples d'incendies en Nouvelle-Galles du Sud, autour de Sydney. A ce jour, les feux ont brûlé plus de 124 000 hectares. Quelques foyers ont été allumés par des pyromanes et un autre feu, près de Lithgow dans les montagnes Bleues, a même été provoqué par un exercice de l’armée.

Les incendies de brousse sont fréquents en Australie pendant l'été austral, de décembre à février. En 2009, une série d'incendies dans l'Etat de Victoria avait tué 173 personnes et détruit des milliers d'habitations.

 

Aqua - MODIS - Incendies Sydney - Australie - 20-10-2013Incendies en Australie près de la ville de Sydney. Image prise par l’instrument MODIS du
satellite Aqua le 20 octobre 2013. Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response

 

Un volcan qui fait des cendres et des sous-marins qui remontent...

Dans la péninsule russe du Kamtchatka, le volcan Kliuchevskoi (baptisé également Klyuchevskaya) est l'un des plus actifs au monde : plus de 100 éruptions dans les 3000 dernières années. Douze éruptions confirmées ont eu lieu depuis 2000.

L’éruption dont les satellites sont témoins aujourd’hui a commencé le 15 Août 2013. Le niveau d’activité a augmenté en octobre, avec un panache de cendres s’élevant jusqu'à 10 kilomètres d’altitude.

L’instrument OLI du satellite Landsat 8 a pris l’image suivante le 20 octobre au moment où plusieurs coulées de lave se produisaient. Elle est présentée ici en couleurs naturelles et en fausse couleurs combinant deux canaux infra-rouge et le canal vert. Dans cette représentation, les nuages d'eau et de vapeur apparaissent en gris. La neige et la glace sont bleu-vert. Les roches nues et les dépôts volcaniques récents sont sombres ou presque noirs.

 

Landsat 8 - OLI - Volcan Kliuchevskoi - Kamtchatka-copie-1Landsat 8 - OLI - Volcan Kliuchevskoi - Kamtchatka - 20-10-Deux représentations d’une image de l’éruption du volcan Kliuchevskoi prise par le satellite
Landsat 8 le 20 octobre 2013. Crédit image : USGS

 

On termine cette série d’images avec une image étonnante prise par le satellite Pléiades. Elle n’a pas été prise en octobre mais en mai 2013. On reste néanmoins dans la péninsule du Kamtchatka avec un impressionnant alignement de sous-marins russes en surface et à quai dans la baie Tarinski au sud de Petropavlosk. Akula, Oscar II, Delta III, Kilo : Pléiades aime les ports et les sous-marins. Après Lorient pour sa première image, voici un petit échantillon de classes de sous-marins russes pour l’entraînement des photo-interprètes en herbe.

 

Pléiades - Sous-marins russes - Petropavlosk - 01-05-2013Plusieurs classes de sous-marins russes vus par le satellite Pléiades. Extrait d’une image acquise
le 1er mai 2013. Copyright CNES 2013 – Distribution Astrium Services / Spot Image.

 

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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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