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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 07:56

 

Syrie - Alep - Aleppo - Siège Bombardements - Raid aérien - rebelle - Omran - Sentinel-2 - ESA - 14 août 2016 - satellite - Copernicus - Union européenne

Fumée noire dans le ciel d’Alep. Extrait d’une image acquise par le satellite européen
Sentinel-2 le 14 août 2016.
Crédit image : ESA / Union Européenne / Copernicus

 

Fin août, on s’attend plutôt à voir des enfants souriants au retour des vacances. Avec parfois un peu d’appréhension pour les plus petits à la veille de la rentrée scolaire, même s’ils sont fiers d’arborer un cartable tout neuf.

Ce n’est pas l’appréhension de la rentrée qui marquait le visage du petit Omran Daqneesh à Alep en Syrie. Reprises par les médias du monde entier, la vidéo et la photo publiées ont fait le tout du monde, suscitant indignation et émotion : le contraste est saisissant entre l’enfant de cinq ans, hébété, couvert de poussière, au visage ensanglanté et la propreté de l’ambulance dans laquelle il vient d’être mis à l’abri par un secouriste syrien.

 

Le vrai visage de la guerre

L’immeuble où il habitait avec sa famille a été détruit par une frappe aérienne. Selon l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, le bombardement du quartier d'Al-Qaterji, un des fiefs des rebelles syriens, a été mené par des avions du régime de Bachar al-Assad ou de l'armée russe.

 

Cinq printemps et pas de printemps...

Omran a cinq ans, l’âge de la guerre en Syrie : à l’âge de jouer dans la cour de l’école maternelle, il n’a jamais connu autre chose que la guerre. C’est l’un des survivants du raid aérien du 16 août. Son frère aîné, Ali, a eu moins de chance : il a succombé à ses blessures.

Depuis mars 2011 et le début de la guerre en Syrie, au moins 14000 enfants ont été tués. Au total, le conflit a fait près de 300 000 morts. Environ la moitié des habitants d’Alep, ceux qui n’ont pas pris le chemin de l’exil, vivrait encore sur place.

Alep est la deuxième plus grande ville de Syrie, avec près de 1,7 million d’habitants avant la guerre. Située à un emplacement stratégique entre entre la mer Méditerranée et la Mésopotamie, elle est habitée depuis l’antiquité et a été classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 1986.

 

L’enfer vu du ciel

Après réflexion, j’ai choisi de ne pas publier sur ce blog la photographie d’Omran. J’illustre cet article avec des images de la ville d’Alep prises entre le 14 et 19 août 2016 par des satellites d'observation de la Terre. Elles n’ont évidemment pas la même charge émotionnelle mais elles témoignent aussi à leur manière du drame vécu par la population.

 

Syrie - Alep - Aleppo - Siège Bombardements - Raid aérien - rebelle - Omran - MODIS - Terra - NASA - 14 août 2016 - satellite - Worldview - EOSDIS

Image de la ville d’Alep prise par l’instrument MODIS du satellite américain Terra le 19 août 2016.
Crédit image : NASA / Lance / MODIS Rapid Response

 

Le 19 août, j’ai d’abord trouvé par hasard le panache de fumée noire sur en faisant ma revue régulière des images MODIS sur le site EOSDIS Worldview de la NASA. La résolution n’est pas très élevée : les pixels de l’image sont échantillonnés ici à 250 mètres mais le panache de fumée noire, au sud d’Alep saute aux yeux.

Google maps ou Google Earth peuvent vous aider à vous repérer avec la géographie de la Syrie. Un des quiz récents du blog Un autre regard sur la Terre vous y aidera aussi. En contrôlant les images acquises avant et après, j’ai noté rapidement que le panache de fumée était visible entre le 15 et le 19 août. En réalité, je crois que le panache est visible dès le 13 et jusqu’au 20 ou 21 août.

 

Syrie - Alep - Aleppo - Siège Bombardements - Raid aérien - rebelle - Omran - MODIS - Terra - NASA - 14 août 2016 - satellite - Worldview - EOSDIS

Série d’images de la ville d’Alep prises par l’instrument MODIS du satellite américain Terra
entre le 15 et le 19 août 2016. Crédit image : NASA / Lance / MODIS Rapid Response

 

Avec ce niveau de détail, il n’est pas évident de relever une position géographie précise du foyer de l’incendie. Sur Worldview, à la data du 19 août, j’estime que la latitude est 36,1502°N et la longitude 37,1430°E.

J’ai ensuite tenté de trouver une image à plus haute résolution. Je n’ai pas trouvé d’images publiées par Airbus Defence and Space ou Digital Globe. Leurs satellites à très haute résolution peuvent voir n'importe quel point du globe pratiquement chaque jour mais doivent être programmés pour s'orienter vers la région visée et acquérir une image.

Rien pour la période recherchée sur le site Earth Explorer de l’USGS. Par contre, le site Copernicus Data Hub de l’ESA m’a permis de charger une image prise le 14 août par le satellite européen Sentinel-2A. J’ai d’abord cru que l’incendie démarrait le 15 et n’était visible sur l’image. En fin de compte le panache de fumée est bien là.

Les satellites comme Landsat 8 ou Sentinel-2A ne sont pas programmés comme Pléiades ou Spot 6 et 7 : ils prennent "tout ce qu'ils voient". Par contre, ils ne survolent pas chaque point de la Terre chaque jour : on parle de la période de revisite, soit 16 jours pour Landsat-8 et 10 jours pour Sentinel-2A. Ce délai entre deux images d'une même région tombera à cinq jours quand Sentinel-2B sera mis en orbite. Bref, c'est un peu un "coup de chance" d'avoir une image du panache de fumée le 14 août 2016.

« Drôle de loisir ! » dites-vous ? Personnellement, je trouve cela plus captivant que Pokemon Go…

L’image qui illustre le début de cet article est un extrait à haute résolution de cette image du satellite Sentinel-2. Voici une version plus large montrant l’ensemble de la ville en résolution réduite. Même si la résolution est beaucoup plus limitée que celle des satellites SPOT ou Pléiades, je crois qu’un photo-interprète entraîné pourrait confirmer à partir de cette image que la ville d’Alep a subi des destructions majeures.

 

Syrie - Alep - Aleppo - Siège Bombardements - Raid aérien - rebelle - Omran - Sentinel-2 - ESA - 14 août 2016 - satellite - Copernicus - Union européenne 

En Syrie, la ville d’Alep vue par le satellite Sentinel-2A. Image acquise le 14 août 2016 à 8h20 UTC.
Crédit image : ESA / Copernicus / Union Européenne

 

La fumée noire, visible plusieurs jours, semble donc provenir de l’incendie d’un ou de deux gros réservoirs d’hydrocarbures au sud d’Alep, le long de la route Ashek Saeed.

Il faut savoir que les habitants d’Alep tentent également de contrer les bombardements en brûlant parfois des piles de pneus qui dégagent une épaisse fumée noire et compliquent la tâche des pilotes de bombardiers. Je ne crois pas que ce soit le cas ici : le panache de fumée aurait été de plus courte durée.

 

Information et désinformation : guerre des mots, guerre des photos

La guerre de l’information continue…

Quelques médias, dont la télévision d’état chinoise, mettent en doute l’authenticité de l’image et soupçonnent une manipulation : Mahmoud Rslan, l’auteur de la photographie, serait proche des rebelles.

L'Agence France Presse (AFP), AP et Reuters ont expliqué comment ils avaient contrôlé l’authenticité de la photo et les informations communiquées par l'Aleppo Media Center.

Le site Arretssurimage.net détaille également les vérifications effectuées par l’AFP à Alep et indique que la vidéo a été tournée par un autre journaliste d’Alep, Mustafa Al-Sarout.

 

Derrière les pixels…

La publication de la photographie du jeune Omran pose une nouvelle fois la question de la fiabilité des informations et du contrôle des sources, en particulier lorsqu’elles sont peu nombreuses, dans une société qui fonctionne de plus en plus en temps réel, avec l’énorme caisse de résonnance des réseaux sociaux.

Comme pour les images satellites, il est toujours bon de s’interroger sur ce que nous montre une image ou ce qu’elle ne nous montre pas.

J’espère que les articles du blog Un autre regard sur la Terre continueront à vous inciter à exercer un œil critique.

 

Quand la photo devient une icône…

Se pose aussi la question de la finalité ou de l'impact de ces images : en 2015, la photo du petit Aylan, mort sur une plage de Bodrum en Turquie, avait certainement changé la vision du grand public à l’égard des réfugiés syriens.

Je vous laisse libre de juger s’il faut ou non publier la photographie d’un jeune enfant, blessé ou ensanglanté. Dans quel cas est-ce légitime ? Quand cela devient-il indécent ? Où est la frontière avec le voyeurisme ? La réponse n'est pas triviale mais le droit à l'image ne pèse pas toujours très lourd dans notre société de l'information en continu...

Si ces questions vous intéressent, vous connaissez certainement la manifestation « Visa pour l’image », consacrée au photojournalisme. Elle a lieu chaque année à Perpignan à la fin de l’été. Si vous n’avez jamais eu l’occasion d’y aller, je vous encourage à le faire.

L’édition 2016 démarre le 27 août 2016 et se termine le 11 septembre. Un congrès pour les professionnels se tient la première semaine. Les expositions sont en accès libre. Pas toujours drôle… mais un bon moyen de porter un autre regard sur le monde avec des thèmes très variés.

L’Irak, la Syrie et les migrants figuraient déjà dans les sujets des éditions précédentes. Nul doute qu’on verra de nouvelles photos du conflit syrien en 2016.

 

Visa pour l'image - Perpignan - Photojournalisme - Fleuve congo

A Perpignan, pendant l’édition 2015 de visa pour l’image, « Fleuve Congo, reportage au cœur d’une légende » de Pascal Maître (Cosmos / National Geographic Magazine). Crédit image : Gédéon

 

En savoir plus :

 
 

 

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 15:44

 

Incendies Marseille Vitrolles Etang de Berre - Les Pennes-Mirabeau - Août 2016 - Station Spatiale Internationale - ISS - Fire - Roscosmos - Oleg SkripochkaIncendies - Marseille Vitrolles Fos Les Pennes-Mirabeau - étang de Berre - International Space Station - ISS - Roscosmos - Oleg Skripochka-

L’incendie de Marseille photographié par le cosmonaute Oleg Skripochka depuis l’ISS.
Photographies prises le mercredi 10 août 2016 à 15:45 UTC.
Crédit image : Roscomos

 

Ces photographies spectaculaires ont été prises le 10 août 2016  depuis la Station Spatiale Internationale par le cosmonaute russe Oleg Skripochka avec un Nikon D800E équipé d’un téléobjectif de 400 mm. Elles montrent les gigantesques panaches de fumée tout près de la ville de Marseille. Les photos ont été publiées par l’agence russe Roscomos sur son compte flickr.

 

Pas de vacances pour les pompiers européens

Il a beaucoup plus en juin mais, en août, la végétation du sud-est de la France souffre malgré tout de sécheresse et le vent favorise accentue la gravité des feux.

Conséquence : plusieurs pays européens connaissent des incendies importants depuis le début du mois d’août.

 

Pluie de cendres autour de Marseille

Les incendies qui se sont déclenchés dans l’après-midi du mercredi 10 août 2016 au nord-ouest de Marseille ont été très violents : attisés par un fort mistral, ils ont détruit au total 3300 hectares de végétation sur les communes de Rognac, Vitrolles, Istres, Les Pennes-Mirabeau et Fos-sur-mer, aux abords de l’étang de Berre. 800 pompiers sont parvenus à le fixer dans la journée de jeudi, avec l’aide de cinq Canadair, de Trackers et d’un hélicoptère. Dans la nuit, on a craint que le feu incontrôlable n’atteigne les quartiers Nord de Marseille. Les opérations de « noyage » des braises se sont poursuivies jusqu’à vendredi.

L’importance du panache de fumée est également illustrée par cette image prise par le satellite Aqua le 10 août 2016. Malgré son nom, Aqua n’éteint pas les feux : c’est un satellite météorologique qui permet de voir des détails au sol de quelques centaines de mètres.

 

Incendies - Marseille - Vitrolles - Les Pennes Mirabeau - Août 2016 - Satellite - Aqua - MODIS - NASA - Worldview

L’impressionnant panache de fumée de l’incendie de Marseille et Vitrolles vu par l’instrument MODIS
du satellite Aqua le 10 août 2016 en début d’après-midi. Crédit image : NASA Worldview

 

3 personnes ont été blessées et plusieurs habitations, un restaurant, une école et un garage ont été détruits ou endommagés. Des milliers de personnes ont été évacuées.

La présence de plusieurs foyers autour de l’étang de Berre laisse penser que ces incendies sont d’origine criminelle.

 

Accalmie au Portugal

Le Portugal fait également face depuis une semaine à plusieurs grands incendies dans le nord du pays. Grâce à des conditions météorologiques plus favorables, le pays connaît depuis vendredi 12 août une relative accalmie, laissant un peu de répit aux 1500 pompiers engagés. Deux avions bombardiers d’eau prêtés par la Russie devaient arriver samedi en renfort. Ils complètent les avions mis à disposition par l’Espagne, le Maroc et l’Italie.

 

Incendies - Portugal - Août 2016 - EU Civil protection mechanism - Terra - MODIS - satellite d'observation - Fumée - Fire - Smoke - NASA - Worldview

L’évolution des feux au Portugal entre le 10 et le 12 août 2016. Série d’images acquise par
l’instrument MODIS du satellite Terra. Crédit image : NASA Worldview

 

Sur l’île de Madère, les incendies ont démarré le 6 août 2016, touchant les zones boisées et résidentielles de Camara de Lobos, Ribeira Brava, Ponto do Sol, Calheta. La capitale Funchal a également été touchée à partir du 8 août.

 

Incendie - Madeira - Madère - Funchal - Portugal - Août 2016 - MODIS - Terra - Satellite - NASA - Worldview - Earth observationIncendie - Madeira - Madère - Funchal - Portugal - Août 2016 - MODIS - Terra - Satellite - NASA - Worldview - Earth observation - 721 - Proche infrarouge - Chlorophylle - Zones brûlées

L’incendie de Madère vu par le satellite Terra le 10 août 2016. En haut, représentation en couleurs
naturelles. En bas, composition colorée combinant les canaux 7, 2 et 1 mettant en évidence
la végétation brûlée. Crédit image : NASA Worldview

 

Près de mille personnes ont été évacuées et il y a eu au moins trois personnes tuées.

 

Incendies - île de Madère - Août 2016 - Madeira - Funchal - satellite - Landsat 8 - OLI - USGS

Les dégâts de l’incendie qui a touché l’île de Madère et Funchal vus par l’instrument OLI du satellite
Landsat 8 le 11 août 2016. Composition colorée dite « natural colors » mettant en évidence
la végétation brûlée. Crédit image : USGS / Earth Explorer

 

Copernicus en action : le service de cartographie d'urgence

Le gouvernement a fait appel au mécanisme européen de protection civile. Le service de cartographie rapide (Emergency Mapping Service) du programme Copernicus a été activé par les autorités portugaises. La zone d’intérêt couvre les environs de la ville de Funchal et la côté sud-est de Calheta. Ce travail de cartographie rapide est destiné à aider les pompiers et les services de secours luttant contre les incendies et à fournir des premières estimations des dégâts.

L’illustration suivante est un exemple de carte des dégâts produite par le service Copernicus.

 

Copernicus - Emergency Mapping Service - EMS - Union Européenne - Grading map - cartographie rapide - Madeira - Madère - Funchal - Pléiades - SPOT 6 - GMES - Wild fires - activation - EU Civil protection

Exemple de carte de situation produite le 12 août 2016 par le service de cartographie d’urgence
(Emergency Mapping Service) du programme européen Copernicus.
Crédit image : Union Européenne

 

Le travail de cartographie rapide est effectuée en comparant une image de référence montrant la situation avant l’incendie (il s’agit ici d’une image acquise par le satellite Pléiades-1B le 17 juillet 2015, à peu près à la même époque pour faciliter l’analyse de la végétation) et une image acquise juste après le feu (c’est le satellite SPOT 6 qui a fourni cette image le 12 août 2016 à 11:23 UTC). Sont également superposées des données vectorielles OpenStretMap.

La carte a été réalisée par la société allemande GAF AG et publiée par la société italienne e-GEOS qui opère le service pour le compte de l’Union Européenne.

 

Inquiétude en Espagne

Contrairement au Portugal, la situation semble s’aggraver en Espagne. Une quinzaine d’incendies, dont l’origine semble également criminelle, se sont déclenchés en Galice, au nord-ouest du Pays, notamment près de la ville d’Arbo. Des engins incendiaires ont été découverts sur place. Certains feux menacent des habitations. Ils sont contrôlés mais pas encore éteints.

 

En savoir plus :

 

 

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 23:52

 

Calendrier spatial - Juillet 2016 - Lac Mead - Las Vegas - Sentinel-2 - Copernicus - ESA - Commission européenne

Le calendrier spatial du mois de juillet 2016, illustré par une image du lac Mead dans le Nevada, tout près de Las Vegas. L’image a été acquise le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC par le satellite européen Sentinel-2. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne. Illustration : Gédéon

 

J’ai hésité à en faire le quiz du mois de juillet mais j’ai finalement gardé cette image pour le calendrier spatial du mois.

Vous voyez ce que c’est ? Non ? C’est une partie du lac Mead, à la frontière entre le Nevada au nord et l’Arizona au sud, aux Etats-Unis, tout près de Las Vegas.

D’accord, j’ai déjà utilisé des images de l’ouest des Etats-Unis à 2 reprises, le Colorado en mars et le sud de la Californie en avril. Mais je ne m’en lasse pas…

 

Welcome to the Fabulous Las Vegas

La fauchée de Sentinel-2 permet de couvrir un champ beaucoup plus large que la partie du lac Mead qui illustre le calendrier de juillet.

Voici une version en résolution réduite de l’image complète, représentée ici dans une composition colorée utilisant le canal proche infra-rouge pour mettre en évidence la végétation active et les surfaces irriguées de cette région aride.

 

Las Vegas et le lac Mead - Nevada - Arizona - Sentinel - Sentinel-2 - ESA - Copernicus - Proche infrarouge

Dans le Nevada, la région de Las Vegas et le lac Mead. Image acquise le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC par le satellite européen Sentinel-2. Version en résolution réduite. Représentation colorée utilisant le canal proche infrarouge. Cliquez sur l’image pour la voir en grand format. Version en couleurs naturelles disponible ici. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Si vous avez un accès réseau rapide et un PC musclé, je vous invite à charger l’image d’origine complète sur le site Sentinel Data Hub de l’ESA et d’y faire une petite balade avec le logiciel SNAP téléchargeable sur le site de l’ESA.

En zoomant plus au moins, on comprend tout l’intérêt des images Sentinel-2 qui associent à la fois un grand champ et une assez bonne résolution. Evidemment, on ne voit pas le même niveau de détail qu’avec une image Pléiades mais, même au cœur de Las Vegas, on distingue les grandes artères et les principaux quartiers.

 

Las Vegas - Strip - satelllite - Sentinel - Sentinel-2A - ESA - Copernicus - Welcome to the fabulous Las Vegas - Bellagio - Wynn - Louxor

Welcome to the fabulous Las Vegas : la ville vue par le satellite européen Sentinel-2.
Extrait d’une image acquise le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

L’image en « fausses couleurs », avec le canal proche infrarouge est disponible ici. J’ai déjà publié un quiz avec une image ASTER de Las Vegas qui permettait de voir les pelouses bien arrosées et les terrains de golf. L’image de Sentinel-2 prise en juin 2016 permet de voir que tout le gazon n’est pas artificiel.

 

Casino royal

Si vous avez déjà eu l’occasion de visiter cette ville, vous pourrez peut-être reconnaître les principaux hôtels et les attractions le long du strip, avec du nord au sud, à partir de l’hôtel Stratosphere : le Sahara, Circus Circus, Le Wynn, The Venetian, Treasure Island, The Mirage, Ceasars Palace, Paris Las Vegas en face du Bellagio (forme incurvée bien visible sur l’image et de ses fontaines, Excalibur, Le luxor avec sa pyramide noire et son sphinx blanc également reconnaissable sur l’image, le Mandalay Bay, etc. Les pistes de l'aéroport international McCarran sont évidemment bien visibles.

Cet exemple laisse entrevoir toutes les applications possibles des images de Sentinel-2, y compris la vérification sommaire de la mise à jour de carte. Ces images sont gratuites, accessibles à tout le monde sans restriction ! Etonnant, non ?

 

Las Vegas - Stratosphere - Manèges - Casino - Welcome to the fabulous Las Vegas - By night

Même si c’est pris du haut du Stratosphere, ce n’est pas une image satellite : une vue de Las Vegas
prise depuis le sommet de l’hôtel Stratosphere. Avec quelques attractions pour les amateurs
de sensations fortes. Crédit image : Gédéon

 

Si on s’éloigne de la ville, l’image Sentinel-2 permet d’apprécier les contours du Lac Mead.

 

Lac Mead - Nevada - Arizona - Sentinel - Copernicus - ESA - Sentinel-2 - Juillet 2016

Le lac Mead. Un autre extrait d’une image acquise le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC.
Représentation en couleurs naturelles. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

En zoomant dans l’image complète, vous découvrirez également quelques détails intéressants et des installations étonnantes… Notez par exemple l’occupation des sols au nord du lac Mead dans la Moapa Valley le long de la Muddy River.

 

Sentinel-2 - Copernicus - ESA - satellite - Moapa Valley - Muddy river - Juillet 2016

Au nord du lac Mead, la Muddy River et la Moapa Valley. Extrait de l’image acquise par
Sentinel-2 le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC. Représentation utilisant le canal proche infrarouge.
L’image en couleurs naturelles est disponible ici.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne.

 

KFC : Kalifornia Fried Chicken

Ou encore l’impressionnante installation de l’Ivanpah Solar Electric Generating System, à 64 km au sud-ouest de Las Vegas dans le désert de Mojave, juste au sud de la frontière avec la Californie. Sur 14 km2, plus de 170 000 miroirs concentrent l’énergie solaire sur des générateurs de vapeur installés au sommet de trois tours (240 mètres de hauteur). C’est le plus grand site d’énergie solaire aux Etats-Unis.

 

Quand le solaire fait un four...

Opérationnelle depuis février 2014, la centrale de 400 MW rencontre pourtant quelques problèmes (de jeunesse ?) : elle ne livre pas toute la puissance prévue contractuellement (comme son nom l'indique). En mai 2016, un incendie, causé par un mauvais asservissement d’une partie des miroirs, a détruit une partie des installations, sans parler des pilotes qui se plaignent d’éblouissements ou des oiseaux transformés accidentellement en poulets grillés (et livrés directement au golfeurs jouant à proximité)…

 

Californie - Centrale solaire Ivanpah - l’Ivanpah Solar Electric Generating System - Sentinel-2A - Sentinel - ESA - Copernicus - Commission européenne - Juillet 2016

La centrale solaire d’Ivanpah au sud de Las Vegas. Extrait de l’image acquise par Sentinel-2
le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC. Représentation utilisant le canal proche infrarouge.
Les miroirs et les trois tours sont bien visibles comme le green (rouge) du golf tout proche.
L’image en couleurs naturelles est disponible ici.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Dix lancements orbitaux, tous réussis, au mois de juin 2016

Le mois de juin 2016 a été un bon cru : dix lancement orbitaux, tous réussis, et un nombre record de satellite mis en orbite. Il est vrai que la 36ème fusée de la famille PSLV a mis à elle seule 20 satellites en orbite (dont 12 petits satellites de moins de 5 kg de la constellation Flock de la société Planet).

La Chine et les USA arrivent en tête avec 3 lancements chacun. La Chine a procédé au vol inaugural d’un nouveau lanceur, la fusée Chang Zheng 7, sur un tout nouveau site de lancement, à Wenchang.

La Russie occupe la deuxième place du podium avec deux lancements. L’Inde et l’Europe ont procédé chacune à un lancement.

 

Lancements orbitaux - 2016 - mois de juin - satellites - pays - lanceurs - masse - charge utile - mission - records

Bilan des lancements orbitaux du mois de juin 2016. Illustration : Gédéon

 

La masse totale satellisée est d’environ 45 tonnes, un peu moins que le record du mois de mars, avec quelques beaux bébés comme Intelsat IS-31 (6320 kg), MUOS 5 (6740 kg) ou Echostar 18 (6300 kg). Ariane 5 a battu son record de charge utile en orbite GTO avec 9840 kg pour les deux satellites (10730 kg avec les structures porteuses). Le précédent record pour l’orbite GTO datait de février 2013 avec le vol VA 212 (9503 kg pour Amazonas 3 et Azerspace/Africasat 1A).

Le nombre élevé de petits satellites (dont les Flock qui pèsent chacun moins de 5 kg) fait néanmoins tomber la masse moyenne satellisée à 1237 kg.

Au total, depuis le début de l’année, il y a eu 43 lancements et 82 satellites mis en orbite. La masse totale satellisée est d’environ 166 tonnes. Je n’ai pas trouvé de détail sur le satellite lancé par le Chine le 30 juin. J’ai pris par défaut 2500 kg, un peu moins que la capacité de lancement en orbite LEO de la fusée Chang Zheng 4B. C’est peut-être un peu moins.

 
Lancements - bilan 2016 - launch record - fusée - satellite - charge utile - masse satellisée - mise en orbite - succès et échecs
Lancements et satellites mis en orbite au cours de l'année 2016. Bilan des masses satellisées. Illustration : Gédéon
 

Voici quelques détails sur ces dix lancements :

  • 4 juin 2016, 13:45 UTC, Plestesk (LC 133/3) : une fusée Rokot / Briz KM met en orbite héliosynchrone le satellite militaire de géodésie spatiale Geo-IK-2 n°12L. D’une masse de 900 kg, Geo-IK-2 n°12L remplace son prédécesseur n°11 placé sur une mauvaise orbite en février 2011. SA mission est de cartographier le champ gravitationnel de la Terre.
  • 9 juin 2016, 07:10 UTC, Baikonour (Area 81 Pad 24) : un lanceur Proton M / Briz M, dans sa version « Phase 4 » met en orbite de transfert géostationnaire le satellite de télécommunication Intelsat 31. Intelsat 31, d’une masse de 6310 kg, a été construit par Space Systems Loral. Il semble y avoir eu une extinction prématurée (9 secondes) d’un des quatre moteurs du second étage, anomalie compensée par une combustion plus longue (33 secondes environ) de l’étage Briz M. C’est le troisième lancement Proton de l’année 2016 et le 412ème au total.
  • 11 juin 2016, 17:51, Cap Canaveral (SLC 37B) : Delta 374, le neuvième lanceur Delta 4 Heavy,  met en orbite le satellite militaire NROL 37 pour le compte du National Reconnaissance Office. NROL 37 est probablement un satellite d’écoute électronique (ELINT) de la famille Mentor (Advanced Orion). Il s’agit de satellites de grande taille dotés d’une antenne géante et pesant environ 6 tonnes.

 

11 juin 2016 - Delta 4 Heavy - Cap Canaveral - satellite militaire - NROL 37 - National Reconnaissance Office - ULA

11 juin 2016 : lancement de la fusée Delta 4 Heavy depuis Cap Canaveral.
Sous la coiffe, le satellite militaire NROL 37 du National Reconnaissance Office.
Toujours à votre écoute… Crédit image : ULA

 

  • 12 juin 2016, 15:30 UTC, Xichang (LC 3) : une fusée Chang Zheng 3C met en orbite le satellite de navigation Beidou 2 G7 sur une orbite de transfert géostationnaire.
  • 15 juin 2016, 14:49 UTC, Cap Canaveral (SLC 40) : la 26ème fusée Falcon 9 de Space X, une version 1.2 FT, met en orbite les satellites de télécommunications Eutelset 111 West B et ABS 2A. La tentative de récupération du premier étage a échoué (baisse de poussée sur un des trois moteurs). Les masses respectives des deux satellites, construits par Boeing, sont de 1963 kg et 2200 kg.
  • 18 juin 2016, 21:38 UTC, Centre Space Guyanais (ELA 3) : pour la mission VA230, la 3ème fusée Ariane 5 de l’année 2016 met en orbite les satellites de télécommunications Echostar et BRIsat. Au total, c’est une charge utile record pour Ariane 5 : 9840 kg en orbite GTO. Echostar, lancé pour le compte de DISH Network, a une masse de 6300 kg. BRIsat, appartenant à la banque P.T. Bank Rakyat Indonesia, pèse 3540 kg. Les deux satellites ont été construits par Space Systems Loral.

 

Ariane 5 - VA230 - Echostar 18 - BRISat - CNES - Arianespace - CSG - ESA - 18 juin 2016

18 juin 2016 : lancement de la fusée Ariane VA230 depuis le Centre Spatial Guyanais. 
Ariane 5 emporte les deux satellites Echostar er BRIsat.
Crédit image : CNES / ESA / Arianespace / Optique vidéo du CSG / S. Martin

 

  • 22 juin 2016, 3:55 UTC, Satish Dhawan space Center, Sriharikota : une fusée PSLV-XL, la 36ème de cette famille de lanceurs met en orbite le satellite d’observation Cartosat 2. A 505 km d’altitude, l’orbite héliosynchrone est inclinée à 97,48°. A l’intérieur de la coiffe, le satellite d’observation de la Terre Cartosat 2 n’est pas seul : au total, 20 satellites, un nombre record, prennent la direction de l’espace. Parmi eux, 15 autres satellites d’observation de la Terre : SkySat 2G-1, LAPAN A3, BIROS et 12 satellites de la constellation Flock 2P.
  • 24 juin 2016, 14:30, Cap Canaveral (SLC 41) : une fusée Atlas 5-551 met en orbite de transfert géostationnaire le satellite MUOS 5. Destiné à l’US Navy, MUOS 5 (pour Mobile User Objective System) assure un service de communication avec les mobiles. Le premier MUOS a été lancé en 2012. Construit par Lockheed Martin, le satellite MUOS 5 a une masse de 6740 kg. C’était le premier vol d’une fusée Atlas 5 depuis l’anomalie de la mission Cygnus de mars 2016 (extinction prématurée du premier étage compensée par une poussée plus longue de l’étage supérieur).

 

4 juin 2016 - lancement du satellite militaire MUOS 5 - fusée Atlas 5 - US Navy - ULA

4 juin 2016 : lancement du satellite militaire MUOS 5 par une fusée Atlas 5.
Crédit image : ULA

 

Un nouveau lanceur sur un nouveau site de lancement

  • 25 juin 2016, 12:00 UTC, Wenchang (aire de lancement 201) : premier lancement d’une fusée Chang Zheng 7 depuis le nouveau site chinois de Wenchang (île d’Hainan). Pour ce vol inaugural, la fusée CZ-7 emportait plusieurs charges utiles dont une maquette du futur vaisseau habité NGCV (Next Generation Crew Vehicle) d’une masse d’environ 2,6 tonnes.

 

25 juin 2016 - lancement - fusée Chang Zheng 7 nouveau site de lancement chinois - Wenchang - Vol inaugural - NGCVNGCV - New Generation Crew Vehicle - Chang Zheng 7 - Wenchang - 25 juin 2016

25 juin 2016 : lancement de la fusée Chang Zheng 7 depuis le nouveau site de lancement chinois de Wenchang. En bas : récupération de la maquette de la capsule NGCV. Crédit image : www.news.cn

 

  • 30 juin 2016, 3:21 UTC, Jiuquan (LC 43/603) : pour le neuvième lancement chinois de l’année 2016, une fusée Chang Zheng CZ-4B lance le deuxième satellite Shijian-16. L’orbite est inclinée à 75°, à une altitude moyenne de 606 km. L’agence de presse chinoise indique une mission de mesure de l’environnement spatial et de validation de technologies. Compte tenu de l’orbite inhabituelle, certains analystes occidentaux pensent qu’il s’agit plutôt d’une mission d’écoute électronique (ELINT). Le premier satellite Shijian 16 avait été lancé en octobre 2013.

Il y a eu également 8 satellites mis en orbite à partir de l’ISS (Station Spatiale Internationale) : du 1er au 2 juin, 4 satellites d’observation de la Terre de la constellation Flock-2e de Planet et, le 21 juin, 4 satellites de la constellation Lemur-2 (Cubecheese, Bridgeman, Nate et DrMuzz) pour une mission AIS et radio-occultation météo.

 

Les débris spatiaux : des collisions en orbite ?

Dans la série des petits ennuis que les satellites peuvent rencontrer en orbite, c’est le thème que j’ai choisi pour le mois de juillet.

 

En savoir plus :

 

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 11:02

 

FAST - radiotélescope - satellite radar - SAR imagerie - visée latérale - TerraSAR-X - Chine - 500 mètres - trés haute résolution - DLR - Airbus Defence and Space - Mode Staring Spotlight - Slant range geometry  –  BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

En chine, le radiotélescope géant FAST vu par le satellite TerraSAR-X. Extrait d’une image acquise
le 12-06-2016 à 10:52 UTC. Mode « Staring Spotlight ». Géométrie « Slant range ».
Crédit image : DLR – Distribution Airbus DS. BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

 

Wok in progress

Dans un article récent, j’ai publié une image du tout nouveau radio télescope chinois vu par le satellite optique Pléiades.

La taille de l’instrument, 500 mètres de diamètre, a beaucoup impressionné les lecteurs du blog Un autre regard sur la Terre, même ceux qui ont cru reconnaître davantage un wok géant plutôt qu’un télescope.

Voici une nouvelle image qui m’a été communiquée par les équipes allemandes de la branche Geo-Intelligence d’Airbus Defence and Space.

 

FAST : de l’astronomie, pas de gastronomie

Cette image est une image SAR (Synthetic Aperture Radar) acquise par le satellite allemand TerraSAR-X. La visée oblique donne un point de vue très complémentaire de l’image optique du satellite Pléiades. L’imagerie radar à très haute résolution met particulièrement bien en évidence le relief de la scène et les détails des superstructures du radiotélescope géant.

L’image SAR confirme qu’il s’agit donc bien d’une installation scientifique et non d’un instrument culinaire géant.

 

FAST - radiotélescope - satellite radar - SAR imagerie - visée latérale - TerraSAR-X - Chine - 500 mètres - trés haute résolution - DLR - Airbus Defence and Space - Mode Staring Spotlight - Slant range geometry  –  BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

Le radiotélescope géant FAST vu par le satellite TerraSAR-X. un second extrait
en champ plus large de image TerraSAR-X. Crédit image : DLR – Distribution Airbus DS.
BAFA reference n° SO66336_0001 415-12.00-1114170

 

TerraSAR-X et TanDEM-X : les jumeaux de la bande X

TerraSAR-X et TanDEM-X sont deux satellites allemands d’observation de la Terre radar (SAR pour Synthetic Aperture Radar) lancés respectivement en juin 2007 et juin 2010. Prévue pour une durée de vie nominale de 5 ans, ils sont en pleine forme, avec des instruments fonctionnant parfaitement et des batteries dans un état exceptionnel malgré le cycle orbital court qui les soumet à rude épreuve. La durée de mission a donc été prolongée au moins jusqu’en 2018.

A une altitude de 514 km, les deux satellites parcourent leur orbite en « vol en formation », séparés par une distance qui peut descendre à quelques centaines de mètres.

 

TerraSAR-X - satellite - SAR - radar - vue d'artiste - TanDEM-X - DLR - Airbus DS - Airbus Defence and Space

Vue d'artiste du satellite allemand TerraSAR-X. Crédit image : Airbus Defence and Space

 

Ce fonctionnement permet en particulier l’acquisition de données d’interférométrie. C’est ainsi qu’à été construit WorldDEMTM, le modèle numérique d’élévation de très haute précision à l’échelle mondiale.

Dans ma liste des « choses à faire », j’ai toujours l’idée d’écrire un article pédagogique sur l’imagerie satellite radar. Ce ne sera pas pour aujourd’hui...

Je vais me contenter ici de tenter d’expliquer deux termes mentionnés dans la légende de l’image SAR du radiotélescope FAST :

  • La géométrie « Slant range »
  • Le mode « Staring Spotlight »

Même avec le Brexit, l'anglais va rester la langue la plus pratiquée en Europe, notamment dans le domaine de l'observation de la Terre. Un peu de terminologie spatiale, ça vous tente ?

 

La géométrie des images radar : visée oblique et distorsions des distances au sol

« Slant range », la portée inclinée… Le premier terme n’est pas une caractéristique du satellite TerraSAR-X mais s’applique à tous les satellites radar.

Contrairement aux instruments optiques, la visée latérale est une condition impérative de l’imagerie radar : l’antenne d’émission oriente le faisceau d’hyperfréquences dans une direction décalée par rapport à la trace au sol du satellite (nadir).

L'angle d'incidence est l'angle entre la direction du faisceau du radar et la normale à la surface du sol.

La distance en portée est mesurée perpendiculairement à la direction de l’orbite alors que la distance en azimut correspond à un axe parallèle à la direction de l’orbite.

Le radar mesurant un temps de parcours, les distances mesurées en portée varient selon l’angle d’incidence : pour chaque incidence, l'antenne du radar mesure la distance radiale entre le radar et chaque point au sol. C'est la distance oblique ou distance-temps.

L’illustration suivante montre ainsi que la parcelle P2, plus éloignée de la verticale que P1, mais de surface identique, est vue par le radar comme étant plus petite que P1. Tout se passe comme si l’échelle de l’image variait avec l’angle d’incidence

Les traitements effectués au sol sur les données brutes permettent de corriger cet effet de distorsion (slant-range scale distortion en anglais) et de reconstituer une géométrie permettant de superposer l’image à une carte.

Ce n’est pas toujours le cas, comme avec cette image du radiotélescope FAST qui donne ainsi une impression de perspective. Techniquement, ce produit « presque brut », qui permet aussi d’éviter certains artefacts liés au traitement de géocodage et de correction géométrique, est souvent utilisés par les photo-interprètes militaires.

 

Satellite - Radar - SAR - Synthetic Aperture radar - Visée oblique - Slant range - Géométrie - Portée - Azimut - Distorsion - distance oblique - distance au sol

Un des principes de base de l’image radar aéroportée ou spatiale : la visée latérale oblique et la
distorsion des distances au sol. Illustration : Gédéon. L’image utilisée est un extrait de la première
image du satellite TerraSAR-X. Crédit image : DLR / Airbus Defence and Space

 

Il y a beaucoup d’autres effets amusants de l’imagerie radar, notamment en présence de relief. Ces effets ne sont pas toujours intuitifs pour quelqu’un habitué à la vision humaine et méritent un article plus complet…

 

Le mode image “Staring SpotLight” : une grand antenne pour voir une grande antenne

En français, il faut traduire « faisceau concentré / yeux fixes ».

Le balayage électronique de l’antenne SAR est configuré pour maintenir le faisceau orienté en azimuth vers une cible précise. L’augmentation de la durée d’illumination revient à créer une antenne synthétique de grande longueur. Comme pour le radiotélescope FAST, l’augmentation de la taille de l’antenne radar améliore la résolution angulaire et donc la finesse des détails visibles.

Le mode d’acquisition Staring SpotLight de TerraSAR-X est destiné à l’origine au renseignement : il permet la détection et la reconnaissance d’objets pour les militaires et les applications de renseignement d’origine image (ROIM) et géographique (GEOINT) à une toute nouvelle échelle : la résolution au sol peut atteindre 25 centimètres avec une excellente qualité radiométrique.

Utilisé pour des applications civiles, le mode Staring Spotlight est destiné aux professionnels ayant besoin d’informations extrêmement détaillées et fiables pour leur processus décisionnel, quelles que soient les conditions météorologiques.

Bien entendu, cela se traduit par une réduction du champ couvert : la taille de la scène est réduite et dépend de l’angle d’incidence, par exemple environ 4 km de largeur et 3,7 km de longueur pour une incidence de 60° ou 7,5 km sur 2,5 km pour un angle d’incidence de 20°.

 

TerraSAR-X - Image acquisition modes - satellite - Radar - SAR - modes d'acquistion - Staring Spotlight - Très haute résolution - ROIM - ScanSAR - StripMap - visée latérale - slant range

Les différents modes d’acquisition du satellite TerraSAR-X.
Crédit image : Airbus Defence and Space

 

 

BAFA ? Spécialisation allemand...

Les lecteurs attentifs ont également noté la référence BAFA en dessous du crédit image. C’est la première fois qu’elle est mentionnée dans un article du blog Un autre regard sur la Terre.

BAFA ? Rien à voir avec le diplôme des animateurs des centres de vacances de Planète Sciences Midi-Pyrénées.

Il s’agit de l’abréviation du nom de l’Office Fédéral Allemand des affaires économiques et du contrôle des exportations, une entité qui dépend du Ministère Fédéral de l’Economie et de l’Energie (BMWi alias Bundesministerium für Wirtschaft und Energie).

En allemand, le sigle BAFA signifie « Bundesamt für Wirtschaft und Ausfuhrkontrolle ». Installé à Eschborn, le BAFA remplit des fonctions administratives fédérales majeures dans les domaines du commerce extérieur, de la promotion économique et de l'énergie.

L'une de ses missions est, dans le domaine du commerce extérieur, le contrôle des exportations et, en particulier, l’exportation de données issues des satellites d’observation de la Terre à très haute résolution.

Comme d’autres puissances spatiales, l’Allemagne cherche à s’assurer que la distribution des données spatiales ne porte pas atteinte à ses intérêts fondamentaux. En effet, les satellites d’observation de la Terre commerciaux ont désormais des performances proches de celles des satellites militaires.

La loi sur la sécurité des données satellites (Satellitendatensicherheitsgesetz ou SatDSiG), devenue effective en décembre 2007, fournit le cadre légal aux activités commerciales dans le domaine de l’observation de la Terre. La référence BAFA indique donc que l’image TerraSAR-X présentée ici peut être publiée sans restriction.

 

En savoir plus :

 

 

 

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 08:13

 

Nemours - Inondations - Juin 2016 - Copernicus Emergency Mapping - Cosmo-Skymed - radar - carte de situation - Commission européenne

Les inondations à Nemours le 3 juin 2016. Carte de situation produite par le service Copernicus
Emergency Mappin
g à partir d’images acquise le 3 juin par le satellite Radar Cosmo-Skymed.
Crédit image : Union Européenne

 

Inondations, tremblements de terre ou encore incendies de forêt, nos biens peuvent être gravement endommagés par les catastrophes naturelles.

La France a mis en place depuis 1982 un régime particulier dit « état de catastrophe naturelle ».

Les récentes inondations et intempéries du début du mois de juin ont causé des dommages considérables : au total, près de 1300 communes dans 24 départements du centre et du nord de la France ont fait l’objet d'une constatation d'état de catastrophe naturelle à la suite des récentes intempéries. Deux arrêtés ont été publiés au Journal officiel du 9 et du16 juin 2016.

Un lecteur du blog Un autre regard sur la Terre, Antoine, travaillant dans le secteur des assurances, m’a suggéré d’expliquer que les victimes des catastrophes naturelles étaient indemnisées. Cet article est illustré avec des images satellites de catastrophes naturelles récentes qui ont touché la France.

 

Une catastrophe naturelle, selon la loi française
En France, une catastrophe naturelle est définie par le code des assurances issu de la loi 82-600 13 juillet 1982 :

« ... Sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles, les dommages matériels directs « non assurables » ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises... ».

 

état de catastrophe naturelle - arrête - Hautes-Pyrénées - inondations - Juin 2013 - crue éclair

Les dégâts des inondations dans les Pyrénées en juin 2013. Ici, en amont de Luz Saint-Sauveur.
L’arrêté de catastrophe naturelle du 28 juin 2013 concerne les départements de Haute-Garonne, Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées pour les dommages causés par les inondations et coulée de boue,
les inondations par remontée de nappe naturelle et les mouvements de terrain. Crédit image : Gédéon

 

L’état de catastrophe naturelle : quand, pourquoi, comment ?

La reconnaissance par le ministère de l’Intérieur de l’état de catastrophe naturelles permet l’indemnisation systématique des victimes de tels dommages. Deux conditions doivent être remplies :

  • Chaque victime soit effectivement garantie contre ce type de sinistre.
  • L'état de catastrophe naturelle de la commune où l’événement s’est produit doit être reconnu.

L'état de catastrophe naturelle est constaté par un arrêté interministériel qui détermine les zones et les périodes où s'est située la catastrophe ainsi que la nature des dommages occasionnés par celle-ci.

 

Comment est instruit un arrêté de catastrophe naturelle ?

L’initiative revient au maire de la commune sinistrée : il doit recenser les dommages subis par les habitants et faire établir un procès-verbal par la gendarmerie ou le commissariat de police local.

C’est le préfet qui constate l’état de catastrophe naturelle de tout ou partie d’une commune. Après avis du Service Sécurité civile de la Direction Départementale de la Protection des Populations, la demande du maire est transmise au Ministère de l'Intérieur.

Celui-ci prend également l’avis d’une commission interministérielle (économie, Industrie,etc.) : s’il est positif, un arrêté d’état de catastrophe naturelle de la commune est publié au Journal officiel. L’arrêté du JO précise notamment les zones et dates de la catastrophe.

Cette procédure peut aller très vite : la crue a commencé le 31 mai 2016. A Paris, le pic de crue s’est produit le 3 juin. La décision décrétant l’état de catastrophe naturelle pour les premières communes est prise le 8 juin et publiée le lendemain au journal officiel.

 

état de catastrophe naturelle - arrêté - déclaration - indemnisation - victime - sinistre - expert - maire - aléa - assureur - CCR - réassurance - garantie - dommages assurés

L'indemnisation des Catastrophes Naturelles en France. Principe et fonctionnement.
Processus de décision de l’état de catastrophe naturelle.
Crédit image : CCR
(Caisse centrale de réassurance)

 

Les victimes disposent de 10 jours après la parution au Journal officiel pour déclarer le sinistre à leur assureur.

Les victimes doivent en principe être indemnisées dans un délai de trois mois à compter de la date de publication de l’arrêté interministériel.

Les fonds débloqués sont transmis aux compagnies d’assurance qui sont chargées de rembourser les dégâts causés par la catastrophe à leurs assurés en fonction des garanties souscrites dans leur contrat. Les démarches sont simplifiées et les demandes de remboursement peuvent être traitées plus rapidement.

L’indemnisation est garantie par l'État à travers la Caisse centrale de réassurance (CCR).

 

Quelles pièces joindre à un dossier de demande d’indemnisation ?

Le dossier transmis à l’assureur doit contenir toutes les pièces justificatives des dégâts :

  • Les photos montrent l’état réel des différents objets à prendre en compte dans le calcul du montant à indemniser. Les assureurs peuvent les demander pour prouver les demandes de remboursement.
  • Les vidéos sont, comme les photos, l’occasion de faire un point sur les dégâts causés par la catastrophe naturelle.
  • Les témoignages d’un voisin sous la forme écrite ou audio peuvent également constituer une preuve.
  • Les preuves matérielles sont sans doute les plus importantes, car il ne peut y avoir de remise en cause de la part d’un assureur. Il est important de tout conserver après le passage d’une catastrophe naturelle. Si les dommages sont tels que vous devez procéder à des déblaiements ou des travaux immédiats, il faut conserver dans la mesure du possible des justificatifs des biens endommagés.

 

Tempête Xynthia - Anse de l'Aiguillon - La Tranche - Images satellite - SPOT 4 - Avant -Après- GMES - Copernicus - Février 2010Tempête Xynthia - Anse de l'Aiguillon - La Tranche - carte des inondations - SERTIT - SAFER - Février 2010

Les dégâts de la tempête Xynthia les 27 et 28 février 2010 vue par satellite.
En haut, deux extraits d'images acquises par le satellite SPOT 4 avant et après le passage dela tempête
En bas, carte produite par le SERTIT (Université de Strasboug) dans le cadre du programme européen SAFER.
L’arrêté de catastrophe naturelle du 1er mars 2010
porte sur les inondations et coulées de boue
et mouvements de terrain et les chocs mécaniques liés à l'action des vagues.
Quatre départements sont concernés : Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vendée, Vienne
.
Crédit image : SAFER / SERTIT / Commission européenne

 

Les dommages assurés et le montant des indemnisations

Important : l’indemnisation couvre les dommages à leurs biens assurés et à eux seuls, reconnus et évalués après expertise éventuelle.

Ainsi, en assurant ses biens contre l'incendie, les dégâts des eaux…, l'assuré est automatiquement couvert contre les dégâts dus aux catastrophes naturelles.

Les victimes ne sont indemnisées que sur la base de la garantie catastrophes naturelles figurant obligatoirement dans leurs contrats d’assurance de dommages aux biens :

  • Elles ne sont pas indemnisées en l’absence de tels contrats.
  • Le montant des indemnités ne peut pas dépasser celui de la garantie principale.

Ces deux dispositions sont difficilement acceptées par les victimes bien, mal ou pas assurées. Elles pensent que l’indemnité devrait couvrir la totalité de leur préjudice, non seulement matériel, mais aussi immatériel et d’atteinte physique aux personnes.

Des franchises à la charge de l’assuré sont applicables, par exemple 380 euros (1520 € pour les mouvements de sols liés à la sécheresse ou à la réhydratation) pour les biens à usage privé comme les habitations ou les véhicules.

En cas de sinistres répétitifs depuis cinq ans et en l’absence de PPR, la franchise est doublée au troisième arrêté d'état de catastrophe naturelle pour le même risque, triplée au quatrième et quadruplée pour les arrêtés suivants.

Des recours sont possibles : même si une « catastrophe naturelle » est, en principe, un cas de force majeure (dont on ne peut donc imputer la responsabilité à quiconque),l’état ou la commune peuvent être reconnus partiellement responsables et donc contribuer à l’indemnisation.

 

Quelles sont les principaux types de catastrophes naturelles en France ?

Les aléas naturels relevant de la loi, susceptibles d’avoir des effets catastrophiques, pris en compte dans les PPRNP sont précisés dans la circulaire ministérielle du 19/05/1998, par ordre de fréquence et de gravité.

Il y a cinq grandes catégories :

  • Inondations et coulées de boue : inondations de plaines, inondations par crues torrentielles, inondations par ruissellement en secteur urbain, coulées de boue, inondations consécutives aux remontées de nappe phréatique.
  • Phénomènes liés à l’action de la mer : submersions marines, recul du trait de côte par érosion marine.
  • Mouvements de terrain : effondrements et affaissements, chutes de pierres et de blocs, éboulements en masse, glissements et coulées boueuses associées, laves torrentielles, mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la “ré-hydratation” des sols.
  • Avalanches.
  • Séismes.

Il est important de noter que les phénomènes atmosphériques, tempête, neige, grêle… et l’activité humaine ne figurent pas dans ce catalogue : les « dommages matériels directs » dont ils seraient les « causes déterminantes » ne sont pas « non assurables ».

Idem pour les éruptions volcaniques propres aux Antilles et à la Réunion qui ont des réglementations particulières.

Sont également exclus du régime légal des catastrophes naturelles, les biens situés et les activités exercées dans les principautés d'Andorre et de Monaco et dans les régions et collectivités d'Outre-Mer : Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Terres Australes et Antarctique.

La loi exclut aussi les dommages causés aux récoltes non engrangées, aux cultures, aux sols et au cheptel vif hors bâtiments, dont l'indemnisation relève du régime des calamités agricoles.

L'exclusion s’applique aussi aux bateaux et aux marchandises transportées.

 

Catastrophe naturelle : indemnisation naturelle ?
Certains soulignent un paradoxe voire un effet pervers de l’indemnisation des victimes d’une « catastrophe naturelle » : l’indemnisation certaine fait négliger la prévention et même rend les assurés irresponsables.

 

Catastrophes naturelles : la prévention des risques
On estime que les deux-tiers des 36000 communes sont exposées à un ou plusieurs risques naturels, à des degrés très variables.
Le risque le plus fréquent est le risque d'inondation avec 15 700 communes exposées à des degrés divers. Viennent ensuite le risque de glissements de terrains (5932 communes), de tremblements de terre (5100 communes), le risque sismique (1400 communes) et le risque d'avalanches (400).
Il faut savoir que le risque est plus fort dans les départements d'outre-mer qu'en métropole, les risques d'origine climatique étant plus forts sous les climats tropicaux que sous les climats tempérés ou méditerranéens. Par ailleurs, aux Antilles, la proximité d'un chevauchement de plaques tectoniques crée un risque sismique et un risque volcanique importants.

Par exemple, depuis 1900, parmi les catastrophes les plus meurtrières en France, on peut noter les éruptions volcaniques de la Montagne Pelée en Martinique entre le 8 mai 1902 et le 30 août 1902 (30000 morts au total) et l’ouragan du 12 septembre 1928 en Guadeloupe (1200 morts).

Les tempêtes de décembre 1999 (92 morts) et la vague de chaleur de 2003 (environ 15000 morts en France et près de 30 000 en Europe) ont également marqué les esprits.

 

éruption volcanique - Montagne Pelée - 1902 - Martinique - Catastrophe - Antilles - Nuée ardente - Lacroix

Eruption de la Montagne Pelée (Martinique) en 1902.
La nuée ardente du 16 décembre 1902 arrivant à la mer. Photographie A. Lacroix

 

L'Institut français de l'environnement (IFEN) précise que « les trois quarts des communes françaises (27 647) ont fait l'objet d'au moins un arrêté de catastrophe naturelle depuis l'instauration de cette procédure en 1982 (hors tempête de décembre 1999). Certaines ont été touchées à plusieurs reprises, jusqu'à dix fois ou plus pour 420 communes.

Le caractère répétitif des événements est particulièrement prononcé en matière d'inondations et de mouvements de terrain liés à la sécheresse. Près de 2 700 communes ont été inondées au moins cinq fois entre 1982 et 2003 » (source : Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l'Énergie « Données essentielles »).

 

Risques - état de catastrophe naturelle - répartition par commune - FranceRisques - état de catastrophe naturelle - répartition par commune - France

Etat de catastrophe naturelle. Répartition des types de catastrophes selon les communes
sur la période 1982-2014. Crédit image : CCR


Le plan de prévention des risques naturels (PPR) créé par la loi du 2 février 1995 est l’outil principal de prévention des risques naturels à l’échelle d’une commune. Il s'appuie notamment sur une carte qui définit trois types de zones :

  • Une zone rouge où toute construction est interdite.
  • Une zone bleue où les constructions sont autorisées sous réserve.
  • Une zone blanche non inondable.

 

En savoir plus :

 

Je remercie Antoine Boulanger (http://www.bonne-assurance.com/) pour l’aide qu’il m’a apportée pour la rédaction de cet article.
 

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 11:54

 

C'est l'été - Solstice d'été - 2016 - 21 juin - Météosat - Enfin l'été - Saison - été arrosé - Eumetsat

C’est l’été : deux images de la Terre vue par le satellite Meteosat-10 le 21 juin 2016 à 6h00 UTC et
18h00 UTC à partir de son orbite géostationnaire. Crédit image : Eumetsat. Illustration : Gédéon

 

Vous avez vu ? Depuis le 21 juin, c’est l’été. Il est même possible que cela dure plusieurs journées. Encore que... Depuis le 21 ou c'était le 21?

Très exactement, l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides (IMCCE) précise que le solstice d’été s’est produit le 21 juin à 00h34m11s en heure légale française. Soit le 20 juin à 22h34 en temps universel. Un peu plus de 2 minutes 30 secondes après la déclinaison maximale du soleil.

Pour Météo France, l’été météorologique a commencé le 1er juin. L’évènement a été bien arrosé !

Voilà deux images acquises par le satellite Meteosat le mardi 21 juin à 6h00 UTC et à 18h00. Il s’agit de représentations en couleurs à partir de bandes visibles : la limite jour-nuit ou ombre-lumière, inclinée par rapport à l’équateur, est bien mise en valeur.

Plusieurs amis enseignants utilisent ces images de satellites météorologiques pour expliquer concrètement à leurs élèves le phénomène des saisons, l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport au plan de l’écliptique et rappeler accessoirement que la Terre n’est pas plate.

Je vous renvoie à d’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre pour en savoir plus sur les solstices ou les équinoxes.

Ou sur l’impact de ces phénomènes saisonniers sur le fonctionnement des satellites géostationnaires. Pourquoi ont-ils des batteries musclées ? A quel moment, leurs panneaux solaires ne sont pas sont éclairés par la lumière solaire ?

 

Où est le soleil ?

A propos du soleil, j’imagine que vous vous êtes demandés comme moi où il était passé depuis le début du mois de juin et l’épisode de crue qui a frappé le centre et la région parisienne.

Sur les réseaux sociaux, les messages relayant la question posée par Paul Mc Cartney se sont multipliés pour retrouver la trace du soleil ou proposer des solutions pour le remplacer. L'activité économique s'en ressent... Planète Sciences Midi-Pyrénées a même mis en vente ses lunettes de soleil.

 

Où est le soleil - Alerte enlèvement - Lunette de soleil - éclipse totale de soleil - Porté disparu - Réseaux sociaux

Où est passé le soleil en juin : quelques extraits d’illustrations publiées sur les réseaux sociaux

 

Eclipse totale de soleil

Il est vrai que le mois de juin ne nous a pas offert de beaux ciels bleus et de journées ensoleillées. L’illustration suivante, créée à partir d’images des satellites américains Aqua, Terre et Suomi NPP donne une idée de la couverture nuageuse au-dessus de la France entre le 1er et le 22 juin.

Les images ne sont pas toutes acquises à la même heure (cela dépend du satellite) mais cela donne un bon aperçu. Il y a bien eu une petite opportunité le 8 et le 9 juin mais c’était au milieu de la semaine : le week-end suivant a été nettement moins sympa.

Comme dirait un homme politique célèbre, depuis le solstice d’été du 21 juin, « ça va mieux… »

 

Juin 2016 - France - Couverture nuageuse - Pluies - Inondation - temps maussade - Bilan du mois de juin - Aqua - Terra - Suomi NPP - été pourri - Où est le soleil - ça va mieux

La couverture nuageuse en France du 1er au 22 juin 2016 : série d’images acquises par les satellites Aqua, Terra et Suomi NPP du 1er au 22 juin 2016. Crédit image : NASA / EOSDIS / MODIS Rapid Response. Illustration : Gédéon

 

Après un début de semaine contrasté entre Nord et Sud, c’est le 22 et 23 juin qu’on a retrouvé une France avec un ciel dégagé, des températures plus élevées (35°C dans le sud-ouest, 37°C au Cap-Ferret) et, quand même, des orages : vingt départements, notamment en Normandie, étaient placés en vigilance orange, pour des risques d'orages localement violents et de la grêle.

 

Couverture nuageuse - France 23 juin - Nuages - Orages - Brexit - Angleterre - Europe

La couverture nuageuse du 23 juin 2016 vue par l’instrument VIIRS du satellite Suomi NPP.
Crédit image : NASA / EOSDI
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À Gonneville, dans le Cotentin, il est tombé presque l'équivalent d'un mois de précipitations en 11 heures seulement, dans l'après-midi du 22 juin et le début de la nuit de mercredi à jeudi.

A propos d’orages, l’image Meteosat du 21 juin à 18h00 UTC montre également quelques nuages spectaculaires en Afrique au sud de l’Algérie et au nord du Mali. Cela rappellera à certains le crash du vol d'Air Algérie AH 5017 le 24 juillet 2014, causant la mort des 116 personnes à bord, en partie lié à de mauvaises conditions météo.

 

Meteosat - jour de l'été - 21 juin 2016 - Nuages - Algérie - Mali - Sahara - Meteosat - Eumetsat

Formation nuageuse entre le sud de l’Algérie et le Mali : extrait de l’image acquise par le satellite
européen Meteosat le 21 juin 2016 à 18h00 UTC. Crédit image : Eumetsat

 

Que d’eau…

Le mois de juin 2016 est-il exceptionnel ?

Météo France n’a pas encore publié de bilan complet mais indique que « les deux premières décades de l'été météorologique (1er au 20 juin) se sont révélées globalement maussades. Nuages, pluie et orages ont souvent été au rendez-vous sur l'Hexagone. »

Il tombe en moyenne sur l'Hexagone environ 190 mm de précipitations par été. Depuis 1959, l'été 1963 a été le plus pluvieux avec plus de 304 mm, soit une anomalie de près de 60 % par rapport à la normale. L'été le plus sec a été celui de 1962 avec moins de 94 mm (-51 % environ par rapport à la normale).

Le 30 mai, à Trappes (Yvelines) et Orléans, il est tombé l'équivalent d'un mois de précipitations (environ 65 mm).

Sur la période du 28 mai au 1er juin 2016, les départements les plus affectés par les fortes pluies ont été le Loiret, le Loir-et-Cher, le Cher, l'Essonne et l'Yonne : la quantité d'eau tombée en trois jours est sans équivalent sur la période 1960 à nos jours. De tels cumuls sont atteints en moyenne tous les 10 à 50 ans, localement tous les 100 ans. Dans le département du Loiret, on a relevé 115 mm* et 158 mm à Melleroy (plus fort cumul relevé lors de ces 5 jours).

 

Printemps de chiotte

À l'échelle de la région Île-de France, la pluviométrie de mai est proche du record absolu de décembre 1999.

Plus globalement, le bilan du printemps météorologique 2016 (mars – avril – mai) selon Météo France ne fait pas rêver… En résumé « Climat : Un printemps très arrosé, plutôt frais et peu ensoleillé »

La fin du mois d'avril et le début du mois de mai ont notamment connu un net rafraîchissement avec de nombreuses gelées tardives. Les températures moyennes ont été inférieures aux normales sur la quasi-totalité du pays, à l'exception de la Côte d'Azur et de la Corse. Moyennée sur la saison et sur le pays, la température a été inférieure de 0.3 °C à la normale*.

Les précipitations ont été plus fréquentes que la normale sur une grande partie de l'Hexagone, à l’exception de la Bretagne, de la Provence et de la Corse). En moyenne sur la France et sur la saison, la pluviométrie a été excédentaire de plus de 25 %, plaçant ce printemps 2016 parmi les plus arrosés des cinquante dernières années. En Île-de-France et dans le Centre, avec un excédent supérieur à 70 %, il se classe même au premier rang des printemps les plus pluvieux.
L'ensoleillement a été inférieur à la normale sur la majeure partie de la France à l'exception des côtes de la Manche, de la Côte d'Azur et du nord de la Corse. Le déficit a dépassé 10 % du sud-ouest au nord-est de l'Hexagone, atteignant localement 20 %.

 

Météo France - températures et précipitations - 1959 - 2016 - Printemps - mars - avril - mai

Température et précipitations au printemps de 1959 à 2016. Crédit image : Météo France

 

Un été sans été…

Météo France rappelle également dans une actu récente « l'année sans été » : c'était il y a 200 ans, en 1816, une année marquée par de très mauvaises conditions climatiques, conséquence de l’éruption du volcan indonésien Tambora en avril 1815.

On a relevé par exemple à Paris en 1816 :

  • 25 jours de ciel couvert ou très nuageux et 5 jours de beau temps en juin,
  • 10 jours de pluie, 18 jours de ciel couvert ou très nuageux et 3 jours de beau temps en juillet ,
  • 6 jours de pluie, 20 jours ciel couvert ou très nuageux et seulement 5 jours de beau temps en août.

 

Vendanges tardives

La situation était similaire ailleurs en France, avec, par exemple en Bourgogne, des vendanges qui ne démarrèrent que le 26 octobre. Un record, juste derrière l’année 1481.

 

Le marchand de sable est passé…

Dans d’autres régions du monde, ce n’est pas la pluie qui pose problème en juin. Voici, par exemple quelques images acquises entre le 15 et le 19 juin qui montrent les nuages de sable au-dessus de la mer rouge. C’est assez spectaculaire.

 

Suomi NPP - Tempête de sable - Nuages de sable - Mer rouge - Sand - Egypte - NASA - Marchand de sable

Tempête et nuages de sable dans la région de la mer rouge. Images acquises entre le
15 et le 19 juin 2016 par les satellites Aqua, Terra et Sumi NPP.
Crédit image : NASA / EOSDIS / MODIS Rapid Response. Illustration : Gédéon

 

En savoir plus :

Le site de l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides (IMCCE).

Sur le site du CNRS, les dates de vendanges : un indicateur du climat du passé.

Sur le site de l’observatoire des saisons, une analyse des dates des vendanges en Bourgogne depuis 1370.

Sur le site de Météo France, des explications sur « 1816, l’année sans été », le bilan complet du printemps 2016 et un retour sur les fortes pluies de mai et juin 2016.

 

 

 

 

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 15:15

 

Pleiades - FAST - Radiotelescope - Chine - 500 m - Five hundred meters telescope - Airbus Defence and Space - Satellite - Univers - China - micro-ondes

En Chine, FAST, le Five-hundred-metre Aperture Spherical Radio Telescope vu par le satellite
Pléiades en Mars 2016. Copyright CNES 2016 – Distribution Airbus DS

 

500 mètres de diamètre : tout près du but

Il mesure 500 mètres de diamètre. Euro 2016 oblige, cela fait plus de 27 fois la surface d’un terrain de football FIFA, presque 20 hectares (200 000 m2).

Mais il est interdit de jouer au foot dessus…

Il s’agit du radio-télescope FAST (Five-hundred-metre Aperture Spherical) qui va bientôt être mis en exploitation. Airbus Defence and Space vient de publier sur son site une image acquise en mars 2016 par le satellite Pléiades.

 

Un Bond en avant

Situé dans les montagnes de la province du Guizhou, au sud de la Chine, c’est désormais le plus grand radiotélescope du monde, loin devant celui d’Arecibo à Puerto Rico, qui occupait jusqu’à présent la première place du podium avec ses 305 mètres de diamètre.

En surface, FAST est presque que trois fois (x 2,7 exactement) plus grand que l’Arecibo Observatory.

Après Golden Eye, une idée de décor pour le prochain James Bond ?

 

FAST is large and... fast

La surface active de FAST est constituée de 4450 panneaux triangulaires fixés sur une immense structure métallique.

Sur l’image Pléiades, le radiotélescope FAST occupe plus de 785000 pixels de 50 cm de côté ! L’image montre qu’il occupe une cuvette naturelle entourée de collines. Ses coordonnés géographique sont approximativement 25,65°N de latitude et 106.86°E de longitude.

Proposé en 1994, le projet fut approuvé en 2008. Après plus de 10 ans d’études, la construction a démarré en 2011 et le télescope devrait être inauguré avant la fin de l’année 2016. Plusieurs milliers de personnes habitant autour du site doivent être déplacées avant la mise en service.

Le coût du projet est estimé à 165 millions d’euros.

 

Pleiades - FAST - Radiotelescope - Chine - 500 m - Five hundred meters telescope - Airbus Defence and Space - Satellite - Univers - China - micro-ondes

Un extrait de l’image du radiotélescope FAST vu par le satellite Pléiades en Mars 2016.
Copyright CNES 2016 – Distribution Airbus DS

 

L’Univers dans les moindres détails

« Spot the detail », c'était un des slogans pour promouvoir les images Pléiades commercialisées par Airbus Defence and Space…

Comme sur l’instrument optique du satellite Pléiades dans le spectre visible et proche infrarouge mais dans une autre gamme de longueurs d’onde, augmenter le diamètre d’un instrument d’observation permet d’améliorer sa résolution angulaire, la capacité à séparer des sources très rapprochées. Pour une longueur d’onde donnée, cette résolution est inversement proportionnelle au diamètre.

FAST est prévu pour travailler dans une gamme de fréquences comprise entre 300 MHz et 30 GHz avec une précision de pointage de 4 secondes d'arc.

FAST devrait permettre de détecter les signaux provenant de l’espace avec une grande sensibilité, découvrir de nouvelles exoplanètes et étudier des étoiles encore inconnues.

 

En savoir plus :

 

 

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 18:56

 

Bataille de Verdun - Commémoration - Mai 2016 - Douaumont - Calendrier spatial 2016 - Hollande - Merkel - Première guerre mondiale - forêt de Verdun

Le calendrier spatial du mois de mai 2016 : cent ans après la bataille, la région de Verdun vue par le satellite Sentinel-2A. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission Européenne. Illustration Gédéon

 

Cent ans après la bataille, retour à Verdun avec Sentinel-2

Quelle famille française n'a pas au moins un parent qui n'ait combattu ou ne soit mort à Verdun ?

Dimanche 29 mai : c’est la date qui a été choisie pour la principale cérémonie de commémoration du centenaire de la bataille de Verdun. Elle a fait plus de 300 000 morts et des centaines de milliers de blessés entre le 21 février 1916 et le 15 décembre 1916.

Pourquoi le 29 mai ? En 1966, c’est ce jour qu’avait choisi le Général de Gaulle pour le 50 ans de la bataille de Verdun.

Au moment où le projet de construction européenne est de plus en plus souvent décrié, quand des pays pionniers de l’Europe envisagent d’en sortir (Brexit) et quand les frontières se referment un peu partout, placer cette journée d’hommage sous le signe de l’Europe et de la jeunesse n’est pas anodin.

En septembre 1984, devant l’ossuaire de Douaumont, la poignée de main entre François Mitterrand et Helmut Kohl avait marqué les esprits. Le 29 mai, le Président François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel, le président du Parlement européen Martin Schulz et le président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker, avec la participation de 4000 jeunes allemands et français, multiplieront les étapes symboliques et les discours pour tenter de redonner du sens au projet européen : nécropole de Douaumont, Hôtel de ville et place de la Nation à Verdun (première visite d’un chancelier allemand, Mémorial de Verdun à Fleury-dvant-Douaumont, cimetière allemand de Consenvoye.

 

Là où la géographie porte la marque de l’histoire…

A l’occasion d’un précédent quiz, j’ai déjà écrit un article assez détaillé sur la bataille de Verdun où j’évoquais, avant les premiers satellites, les débuts de l’utilisation de la photographie aérienne sur le champ de bataille.

Je mentionnais aussi les « zones rouges », où les activités humaines ont été provisoirement ou définitivement interdites à causes des destructions majeures et des risques liés aux munitions non explosées ou à la pollution.

Avec le cas très particulier de la forêt de Verdun, une forêt crée ex-nihilo après la guerre, sur la zone du champ de bataille soumis pendant des mois à des bombardements intensifs. A partir de 1923, 36 millions d’arbres, dont pratiquement deux tiers de feuillus (surtout des hêtres), sont plantés sur les anciennes terres agricoles, désormais inexploitables, et deviennent la forêt domaniale de Verdun. Déjà classée Natura 2000, la forêt de Verdun obtient le label national "Forêt d’exception" en 2014.

 

Bataille de Verdun - Commémoration - Mai 2016 - Champ de bataille - Zone rouge - Forêt d'exception - Trous d'obus - Douaumont-

Un champ de bataille de Verdun pendant la guerre 1914-1918 qui conserve les impacts d'obus.
Photographie prise en 2005 près de l'ossuaire de Douaumont

 

Une forêt née de la guerre

On parle d’une toute petite surface, environ 10000 hectares, soit un carré de 10 km sur 10 km. Il tient largement sur une seule image du satellite Pléiades (20 km x 20 km). Au total, le champ de bataille de Verdun représente environ 150 km2 soit 15 000 hectares.

 

Voyage obus de l'enfer...

Il n’y a que des estimations mais elles sont effrayantes… Trente millions d’obus allemands (calibre 120 mm principalement), vingt-trois millions d’obus français (75mm). Un million d’obus tirés par les allemands, le 21 février 1916, le premier jour de la bataille ! Le calibre de ceux de la grosse Bertha : 420 mm… On trouve quelques chiffres fantaisistes sur le web mais en moyenne, cela fait 1 obus tous les 3 m2.

A Mort-Homme, un des neuf villages français détruits durant la Première Guerre mondiale, ou à la fameuse côte 304, le relief a perdu plusieurs mètres d'altitude à la suite des tirs d'artillerie massifs.

C’est incroyable de penser qu’une des batailles les plus meurtrières de la première guerre mondiale s’est déroulée sur un si petit territoire et, au final, en décembre 2016, sans changement significatif, au moins à Verdun, de la ligne de front, avec, au final, des positions quasi-identiques à celles du mois de février.

 

1916-2016 - 100 ans - Bataille de Verdun - Forêt - Verdun - ONF - Trous d'obus - forêt d'exception -  hêtres - Anne-Marie Granet

Butte de Vauquois - Meuse - Bataille de Verdun - Argonne - Artillerie - Obus - Marques de la première guerre mondiale - commémoration - mai 2016

La mémoire dans le sol... En haut, dans la forêt de Verdun, le relief du sol n'est pas si naturel.
Crédit image : ONF / Anne-Marie Granet. En bas, à une vingtaine de kilomètres de Verdun, la Butte de Vauquois, entre la Meuse, la Marne et les Ardennes. Crédit image : www.tourisme-meuse.com

 

De la Terre à la Lune

L’image satellite qui illustre le calendrier du mois de mai a été acquise par le satellite le 8 mai 2016. L’image complète couvre tout le nord-est de la France, une partie de la Belgique et elle est pratiquement sans nuage.

J’en ai extrait cette petite zone centrée sur la ville de Verdun. Elle n’a évidemment pas le niveau de détails d’une image Pléiades mais on identifie facilement l’ossuaire de Douaumont au nord de la ville.

Au sud-est, un site aux formes géométriques étonnantes. On a visiblement pris l’habitude de garder des munitions dans la région... Il s’agit de l’établissement principal des munitions « Alsace-Lorraine » au Rozelier à Sommedieue. Il fait partie du SIMu, le Service interarmées de munitions qui gère l’approvisionnement des munitions de l’armée de l’Air, de la Marine et de l’Armée de Terre. En zoomant dans l’image, on distingue les « igloos » de stockage. Il est implanté à proximité de l’ancien fort du Rozelier, construit en 1877 et renforcé jusqu’à 1914.

 

Verdun - Forêt de Verdun - Bataille de Verdun - Zone rouge - Centenaire - Douaumont - satellite Sentinel-2 - ESA - Mai 2016

Les environs de Verdun vus par satellite en mai 2016. Extrait d’une image acquise par le satellite
Sentinel-2A le 8 mai 2016 à 10h40 UTC. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission Européenne

 

Mais le plus spectaculaire sur ce type d’image à large champ est l’occupation des sols. Un extrait un peu plus large de l’image Sentrinel-2 montre le contraste entre le parcellaire agricole et la forêt de Verdun. C’est en utilisant le canal proche infrarouge qu’on met le mieux en évidence les différences de couvert végétal. L'emprise de la forêt qui jouxte la ville, entre les deux blocs de surfaces agricole est très nette.

Je ferai prochainement un article avec d’autres extraits de cette image très intéressante.

 

Verdun - Mai 2016 - Forêt de Verdun - Champ de bataillle - Obus - Douaumont - Munitions - Satellite Sentinel-2A - Meuse - ESA

Verdun - Commémoration - 29 mai 2016 - Bataille - Occupation des sols - forêt domaniale - satellite - zone rouge - première guerre mondiale - Sentinel-2 - ESA - satellite

La région de Verdun vue par satellite. Un autre extrait de l’image Sentinel-2A acquise le 8 mai 2016.
En bas, composition colorée utilisant le canal proche infrarouge et mettant en évidence

le couvert végétal et les différences d’occupation des sols.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission Européenne

 

Les lancements orbitaux du mois d’avril 2016

Il y a eu 5 lancements orbitaux et un total de 11 satellites lancés en avril 2016, avec 5 satellites sur une seule fusée Soyouz lancée depuis le Centre Spatial Guyanais. En avril 2016 a également été effectué le vol inaugural du nouveau site de Vostochny (Russie), toujours avec une fusée Soyouz.

 

Calendrier spatial - 2016 - Avril 2016 - lancements orbitaux - fusées - satellites - Launch log - masse satellisée

Calendrier spatial : le tableau de bord des lancements orbitaux du mois d’avril 2016.
Illustration : Gédéon

 

Après les 52 tonnes du mois de mars 2016, la charge utile satellisée en avril n’est que d’environ 19 tonnes mais permet de passer, en masse totale lancée depuis le début de l’année, la barre symbolique des 100 tonnes.

Une seule mission, en orbite basse, le dragon CRS-8 à destination de l’ISS, représente à elle seule la moitié de la masse satellisée en avril et devient le nouveau record de masse de l’année 2016. Même si je ne les compte pas dans la catégorie des « lancements orbitaux », il y a eu également un petit satellite d’observation « lâché » depuis le module Kibo de la Station Spatiale Internationale (401 x 404 km, inclinée à 51,6°).

 

Fusées et satellites lancées en 2016 - Bilan mensuel - Mois par mois - masse satellisée - record

Les lancements orbitaux de l’année 2016. Bilan des masses satellisées avec succès
en avril 2016 et cumul depuis le début de l’année. Illustration : Gédéo
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CRS : success

Voici quelques détails sur les lancements réalisés en avril 2016 :

  • 5 avril 2016, 17:38 UTC, Jiuquan : une fusée Chang Zheng 2D met en orbite le satellite scientifique Shi Jian 10. L’orbite est basse (250 km d’altitude moyenne) et inclinée à 42,9°.
  • 8 avril 2016, 20:43 UTC, Cap Canaveral (SLC 40) : une fusée Falcon 9 FT met en orbite le vaisseau cargo Dragon CRS-8 à destination de l’ISS. C’est également la première que le premier étage du lanceur parvient à atterrir sur une barge en mer, à environ 300 km au nord-est du site de lancement. Le Dragon a rejoint l’ISS le 10 avril. Avec 10,4 tonnes au total, donc 3136 kg de fret, c’est à ce jour le record de charge utile pour une fusée Falcon 9.

 

Space X - Falcon 9 FT - Dragon CRS-8 - ISS - Avril 2016 - Launch - lancement - première atterrisage réussi sur barge - first stage landing

Space X - Falcon 9 FT - Dragon CRS-8 - ISS - Avril 2016 - Launch - lancement - première atterrisage réussi sur barge - first stage landing

8 avril 2016 : décollage de la fusée Falcon 9 emportant la mission CRS-8 depuis
Cap Canaveral et premier atterrissage réussi du premier étage sur une barge en mer.
Crédit image : Space
X

 

  • 25 avril 2016, 21:02 UTC, Centre Spatial Guyanais (ELS) à Sinnamary : une fusée Soyouz ST-A mission VS14), met en orbite 5 satellites : Sentinel-1B, le satellite radar du programme européen Copernicus (2164 kg), Microscope, le satellite scientifique du CNES (303 kg) et 3 cubesats OUFTI-1, AAUSAT-4 et Est@r-II (1 kg chacun) construits par des universités. Les orbites initiales de Sentinel-1B et Microscope sont héliosynchrones (passage au nœud descendant à 18:00 heure locale), inclinées à 98,2°, respectivement à 697 km et 712 km d’altitude moyenne. L’orbite des trois cubesats est elliptique avec un périgée bas (442 x 686 km). C’est la capacité de l’étage supérieur Fregat à se ré-allumer et s’orienter plusieurs fois qui permet ce type d’injection complexe. Le lancement a été reporté 3 fois, 2 fois à cause de la météo et 1 fois pour remplacer la centrale inertielle de la fusée Soyouz.
  • 28 avril 2016, 02:01 UTC, Vostochny (PU1S) : pour le vol inaugural depuis ce tout nouveau site de lancement russe, une fusée Soyouz 2-1A avec un étage Volga met en orbite trois satellites sur une orbite héliosynchrone (passage au nœud descendant à 23:14 en heure locale). L’orbite initiale est légèrement elliptique (471 x 485 km), inclinée à 97,3°. La charge utile principale est le satellite scientifique d’astronomie Lomonosov (étude des rayons cosmiques et des rayons gamma). Les deux autres charges utiles sont AIST-2D (observation de la Terre) et Kontakt-NS ou Samsat 218 (technologie). Vladimir Poutine assistait au lancement.

 

A l’est du nouveau… Vostochny, un nouveau cosmodrome en Russie

 

Vostochny - Nouveau cosmodrome russe - Vol inaugural - Soyouz - 28 avril 2016 - Vladimir Poutine

28 avril 2016 : vol inaugural sur le cosmodrome de Vostochny avec le lancement d’une fusée
Soyouz 2-1A. Crédit image : Roscosmos

 

A 51°N de latitude, Le nouveau cosmodrome de Vostochny est construit sur le site de Svobodny, qui était à l’origine un site mobile de lancement de missiles intercontinentaux (ICBM). A côté du dispositif de transport et d’érection classique sur rails, le site a aussi un tour de service mobile similaire à celle utilisée au CSG en Guyane. A terme, Vostochny devrait remplacer le cosmodrome de Baikonour (aujourd’hui situé au Kazakhstan) et servir pour le lancement des nouvelles fusées Angara.

 

Vostochny - Russie - Chantier du nouveau cosmodrome - Travaux

Un chantier impressionnant : les travaux sur le nouveau cosmodrome de Vostochny.
Crédit image : Roscomo
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  • 28 avril 2016, 07:20 UTC, Sriharikota, Satish Dhawan (FLP) : pour son 35ème vol et le 31ème succès consécutif, une fusée PSLV-XL met en orbite le satellite de navigation IRNSS-1G, le septième satellite de navigation indien. La masse du satellite au lancement est de 1425 kg. L’orbite initiale est très elliptique (274 x 20648 km), inclinée à 17,9°). L’orbite définitive, à environ 36000 km d’altitude est géosynchrone, inclinée à 5° : vu de la Terre, IRNSS-1G décrira une trajectoire en forme de 8 centré sur la longitude 129,5°E. La première génération du système indien de navigation est désormais complète, avec 4 satellites sur une orbite géosynchrone inclinée et trois satellites géostationnaires.

 

Lancement - PSLv-XL C31 - IRNSS-1G - Inde - ISRO

28 avril : deux lancements le même jour… Décollage de la fusée indien PSLV-XL C31
emportant le satellite de navigation IRNSS-1G. Crédit image : ISRO

 

SOHO : sauvetage à 1,5 million de kilomètre de la Terre

Après Hipparcos et Apollo XIII, SOHO est un nouvel exemple d’opération de sauvetage de mission spatiale qui illustre à nouveau l’ingéniosité et la ténacité des équipes projet, notamment celles de la NASA, de l’ESA et de Matra Marconi Space (aujourd’hui Airbus Defence and Space) à Stevenage et Toulouse.

SOHO ? C’est l’acronyme anglais de Solar and Heliospheric Observatory ou Observatoire solaire et héliosphérique.

SOHO est une mission scientifique de l’Agence Spatiale Européenne destinée à l’observation et à l’étude de la structure interne du soleil et à la mesure in situ du vent solaire. La mission a été réalisée en coopération avec la NSA qui a financé un tiers du budget et fourni plusieurs des 12 instruments.

Décidée en 1984, la sonde de 1850 kg est lancée le 2 décembre 1995 depuis Cap canaveral par une fusée américaine Atlas II. Elle est placée au point de Lagrange L1, à 1,5 million de la Terre, au début de l’année 1996.

 

Une longévité exceptionnelle

Prévu initialement pour une mission opérationnelle de 2 ans, SOHO a fêté ses vingt ans dans l’espace en 2015 et la mission a été prolongée à plusieurs reprises au moins jusqu’en décembre 201. Actuellement, après avoir suivi presque complètement deux cycles solaires (11 ans), SOHO continue de fournir des données d’une valeur scientifique inestimable, qui permettent de mieux comprendre la mécanique interne du soleil. Depuis son lancement, SOHO a suivi plus de 20000 éjections de masse coronale (Coronal Mass Ejection ou CME).

SOHO est aussi un formidable chasseur de comètes : il en a suivi plus de 3000, lorsque leur trajectoires les rapprochent du soleil. La sonde était aussi aux premières loges pour le transit de Mercure le 9 mai 2016.

 

SOHO - perte et sauvetage - observation soleil - CME - ESA - NASA - L1 Lagrange - comètes

20 années d’étude du soleil. Illustration publiée par l’ESA pour le vingtième anniversaire
de la mission SOHO en 2015. Crédit image : ESA

 

Miraculée conception…

Un incident survenu en juin 1998 a néanmoins failli entrainer la fin prématurée de la mission SOHO.

Le contact avec SOHO est perdu le 24 juin 1998 à 23:16 UTC, après plusieurs erreurs humaines commises lors de l’envoi des commandes à partir du sol à l’occasion d’opérations de routine.

Les premières investigations semblent malheureusement indiquer que la sonde SOHO est définitivement perdue.

Après 5 mois d’efforts, la mission SOHO sera finalement sauvée. Récit d’un sauvetage incroyable…

 

En savoir plus :

 

 

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 00:27

 

Allée de tourbillons de Bénard - Von Karman - Satellite - Canaries - Kármán vortex street

Nuages, des formes étonnantes… Extrait d’une image acquise le 15 mai 2016 par l’instrument
VIIRS du satellite Suomi NPP. Crédit image : NASA / GSFC / ESDI
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En promenade, est-ce que vous vous amusez à photographier des nuages de forme étonnante ? Altocumulus lenticulaires, Altocumulus mamma, Cirrocumulus lenticulaires… Il y a vraiment des formes incroyables, qui épousent parfois le relief des montagnes.

La première image présentée ici n’est pas « truquée » : elle montre une autre forme de nuage très originale, vue cette fois depuis l’espace par le satellite Suomi NPP. Des yeux et un nez ? Autre chose ? Laissez libre cours à votre imagination...

Les habitués du blog Un autre regard sur la Terre savent qu’il s’agit d’une allée de tourbillon de Karman ou allée de Bénard-Von Karman.

 

Soufflerie géante

C’est un phénomène classique de mécanique des fluides qu’on rencontre habituellement en aéronautique mais il peut également se produire à l’échelle de l’atmosphère, dans des conditions particulières de relief et de vent.

L’image suivante montre que ces tourbillons de Bénard-Von Karman sont créés ici par un vent du nord perturbé par le relief de l'archipel des Canaries : les tourbillons de l'autre côté des îles, qui s'enroulent dans le sens des aiguilles d'une montre ou dans le sens inverse, se forment lorsque l’air glisse autour d’un objet. La présence de cet obstacle entraîne une séparation des flux et la création de tourbillons dans le sillage du relief perturbateur.

C’est l’écoulement instable autour de formes peu profilées qui crée la répétition périodique des tourbillons.

 

Allée de tourbillons de Bénard - Von Karman - Satellite - Canaries - Kármán vortex street

Une allée de tourbillons de Karman au sud des îles Canaries.
Extrait d’une image acquise le 15 mai 2016 par l’instrument VIIRS du satellite Suomi NPP.
Crédit image : NASA / GSFC / ESD
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Plancton dans la Marine

Dans cette image, vous remarquerez également le motif de couleur bleue au large de la côte africaine : il s’agit d’une floraison de phytoplancton, très certainement déclenchée par un phénomène de remontée d’eau du fond vers la surface (upwelling) également causé par le vent.

Ces remontées d'eau, plus froide que l'eau en surface, apportent les minéraux indispensables à la production biologique. C’est bientôt le moment d’aller pêcher…

 

Pêche (point à la ligne)

Les pêcheurs industriels, ceux qui exploitent les flottes de thoniers dans l'océan atlantique ou dans l'océan indien, utilisent depuis lontemps les cartes de température de surface pour détecter les fronts thermiques. Plus récemment, avec l'arrivée des capteurs de couleur de l'eau, ils ont aussi la possibilité de détecter les contours des zones riches en phytoplancton.

 

Théodore von Karman et Henri Bénard

Ces tourbillons tirent leur nom de deux scientifiques. Théodore von Karman, né en 1881 et mort en 1963, était un ingénieur et physicien hongrois et américain spécialisé en aéronautique. Il a été le premier directeur du Jet Propulsion Laboratory de 1938 à 1944 et est à l'origine de plusieurs découvertes importantes en aérodynamique, notamment dans les domaines supersonique et hypersonique.

Henri Bénard (1874-1939) est un physicien français connu pour ses recherches sur la convection dans les liquides.

Les images satellites présentées ici peuvent surprendre mais elles ne sont pas exceptionnelles : les tourbillons de Karman apparaissent régulièrement au sud des Canaries et j’ai déjà publié d’autres exemples d’images. Il y a même une galerie d'images avec mon "Best of Von Karman".

Il peut s’en produire à proximité d’autres îles, comme ici, en mars 2016, au sud de l’île Guadalupe, une île mexicaine volcanique.

 

Allée de tourbillons de Bénard - Von Karman - Satellite - Guadalupe - Baja Calafornia - Mexico - Mexique - Kármán vortex street

Une allée de tourbillons de Karman au sud de Guadalupe Island et à l’ouest de la péninsule de
Basse Californie. Extrait d’une image acquise le 16 mars 2016 par l’instrument MODIS du satellite Aqua.
Crédit image : NASA / GSFC / ESD
IS

 

En savoir plus :

 

 

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 00:07

 

Fort McMurray - Alberta - Incendies - Wild fires - Feux - progression - 14-05-2016 - MODIS - Aqua - satellite - NASA Fort McMurray - Alberta - Incendies - Wild fires - Feux - progression - 14-05-2016 - MODIS - Aqua - satellite - NASA - Couleurs naturelles

Dans l’Alberta, les incendies de Fort McMurray vus par l’instrument MODIS du satellite Aqua
le 14/05/2015. En haut, composition colorée des canaux 7,2 et 1. En bas, image en couleurs
naturelles. Crédit image : NASA / GSFC / ESDIS / MODIS Rapid Response

 

Même s’il ne fait plus la une de l’actualité, l’incendie qui s’est déclenché début mai à proximité de Fort McMurray continue de s’étendre. L’image satellite précédente, acquise par le satellite américain Aqua montre la situation le 14 mai 2016.

650 pompiers, avec 39 hélicoptères et 18 avions bombardiers d’eau, combattent toujours les incendies qui se déplacent vers l’est. Il y aurait encore une quinzaine de foyers actifs dont un non maîtrisé.

 

Plus de 250 000 hectares parcourus par les flammes

La hausse des températures et la baisse de l’humidité favorisent la progression des flammes : selon les dernières informations communiquées par le gouvernement de l’Alberta, le feu aurait désormais parcouru 251 000 hectares.

Une image acquise par le satellite Landsat 8 le jeudi 12 mai 2016 permet de se faire une idée des surfaces brûlées autour de Fort McMurray. Au nord de la ville, les exploitations de sables bitumineux au confluent des rivières Clear Water et Athabasca.

 

Fort McMurray - Alberta - Incendies - Feux - Wild fires - Landsat 8 - satellite - 12 mai 2016 - Zones brûlées - Burnt scars

Les zones brûlées autour de Fort McMurray dans l’Alberta (Canada).
Extrait d’une image acquise le 12 mai 2016 à 18h27 UTC par l’instrument OLI du satellite Landsat 8.
Crédit image : USG
S

 

Des images des satellites Pléiades pour évaluer les dommages

Le gouvernement de l’Alberta a également mis à disposition de la population une application SIG (Système d’Information Géographique) utilisant des images Pléiades founies par Airbus Defence and Space pour permettre aux personnes évacuées de voir l’état des habitations.

Même si la a page d’accueil de cette application avertit que cette première version ne fournit qu’un aperçu, ne permet pas de dire avec certitude si un bâtiment est en état ou non et ne peut pas être utilisée pour un inventaire officiel des dégâts, il est précisé que de nouvelles images de satellites à haute résolution pourront être utilisées pour aider les propriétaires à faire les déclarations aux assurances et les demandes d’indemnisation.

 

Fort Mc Murray - Government Alberta - Wild fires - GIS application - satellite Pleiades - SIG - Burnt areas - Dommages - Zones brulées

Fort McMurray - WildFires - Feux - Incendies - satellites Pléiades - Dégâts, maisons détruites et végétation brûlée

Copie d'écran de l'outil SIG mis en ligne par le gouvernement d'Alberta et utilisant des images
du satellite Pléiades pour l'inventaire des dégâts et des zones brûlées. En bas, extrait d'une
image acquise par le satellite Pleiades-1A le 6 mai 2016. J'ai augmenté un peu le contraste et la
saturation pour mettre en évidence les zones brûlées. Notez également les maison détruites par le feu. Copyright CNES - Distribution Airbus DS. Traitement Gédéon.

 

En attendant, les dernières images à résolution moyenne, acquises par l'instrument MODIS embarqué sur le satellite Terra, en date du 15 mai 2016, indiquent que le brasier s’étend toujours.

 

Fort Mc Murray - Alberta - Canada - Feux - Incendies - Wild Fires - satellite - Terra - MODIS - 15 mai 2016 - couleurs naturelles Fort Mc Murray - Alberta - Canada - Feux - Incendies - Wild Fires - satellite - Terra - MODIS - 15 mai 2016 - composition colorée 721 - SWIR - NIR Fort Mc Murray - Alberta - Canada - Feux - Incendies - Wild Fires - satellite - Terra - MODIS - 15 mai 2016 - Composition colorée 367

Trois représentations colorées d’une image acquise par l’instrument MODIS du satellite Terra
le 15 mai 206. En haut, image en couleurs naturelles (bandes spectrales 1, 4 et 3). Au milieu,
composition colorée des canaux 7,2 et 1. En bas, composition colorée des canaux 3,6 et 7.
Crédit image : NASA / GSFC / ESDIS / MODIS Rapid Response

 

Des satellites qui nous en font voir de toutes les couleurs

Je publie ici trois compositions colorées différentes (couleurs naturelles, canaux 721 et canaux 367), soit au total 6 canaux différents : cela permettra aux enseignants et à leurs élèves de voir comment la végétation, les zones brûlées et l'eau apparaissent dans les différentes bandes spectrales.

Si vous avez un logiciel de retouche phot qui permet de séparer les composantes d'une images en couleurs, vous pouvez même vous amuser à tester quelques classifications simples...

Et le 16 mai, cela ne s'arrange pas, comme le montre cette image VIIRS du satellite Suomi NPP ou les derniers "quick-looks" consultables sur le catalogue Geostore d'Airbus Defence and Space.

Entre Fort McMurray et Fort MacKay au nord, la dégradation de la qualité de l’air a amené les compagnies pétrolières à évacuer leur personnel encore sur place, environ 8000 personnes. L’ordre d’évacuation des sites d’exploitation des sables bitumineux a été donné lundi 16 mai vers 22 heures. L’évacuation s’effectue par le nord : au sud, l’autoroute 63 est toujours coupée.

 

Fort McMurray - SUOMI NPP - VIIRS - 1- mai 2016 - Wild fires - Feux - Alberta - Satellite d'observation

Image des environs de Fort McMurray prise par l'instrument VIIRS du satellite Suomi NPP
le 16 mai 2016. Crédit image : NASA / GSFC / ESDIS / MODIS Rapid Response

 

Fort McMurray - Feux - Wildfires - Satellites Pléiades et SPOT - Consultation Geostore - Revisite - Plus d'une image par jour de chaque point du globe - Airbus DS

Copie d'écran obtenue à partir du catalogue Geostore d'airbus DS. Résultat d'une recherche
d'images récentes prises par les satellites Pléiades-1A/1B et SPOT-6/7. En incrustation,
deux quicklooks (aperçus) d'une image SPOT-7 acquise le 16 mai 2016 à 18:17 UTC et d'une
image Pleiades acquise le 16 mai à 18:45 UTC. Crédit image : Airbus DS.

 

 

Feu à volonté : images à volonté...

La consultation du catalogue Geostore d'Airbus DS illustre la performance de revisite de la constellation constituée des satellites Pleiades-1A, Pleiades-1B, SPOT-6 et SPOT-7 et la complémentarité des deux familles de satellites :

  • Dans la colonne de gauche, la liste des produits images montre la capacité d'acquérir plusieurs images par jour de la même région. Très utile pour la gestion de crise, en particulier pour contourner la couverture nuageuse et les épais nuages de fumée.
  • A droite, l'emprise des images sur la carte et les deux "quick-looks" (aperçus images) montre les différences de fauchée (largeur de champ au sol) entre Pléiades (20 km) et SPOT (60 km).

 

En savoir plus :

 

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  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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