Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 11:02

 Terra - MODIS - France sans nuage - 21-08-2013

21 août : une France sans nuages vue par le satellite Terra. Image produite à partir de
données acquises le 21 août 2013. Le trait de côte et les frontières ont été ajoutés.
Crédit image : NASA / GSFC

 

Il y a de très belles journées ensoleillées mais une absence totale de nuages sur l’ensemble de la France métropolitaine n’est pas si fréquente : à l’exception d’une partie de la Corse, c’était le cas mercredi 21 août 2013. On le voit sur cette une image produite à partir des données MODIS du satellite Terra ou sur les images prises par le satellite Géostationnaire Meteosat 10 à 12h00 UTC et publiées par Eumetsat.

 

Meteosat 10 - France sans nuage - 21-08-2012 12h00

Terre - Meteosat - France sans nuage - Extrait - 21-08-2013

Image prise le satellite Meteosat 10 le 21 août 2013 à 12h00. En haut, vue de l’hémisphère terrestre
observé en continu par le satellite placé sur l’équateur au niveau du méridien de Greenwich.
En bas, extrait centré sur la partie ouest de l’Europe. Crédit image : Eumetsat.

 

Le célèbre anticyclone des Açores protège le pays : d’après les prévisions de Météo France, le temps très ensoleillé devrait encore durer jusqu’à la fin de la semaine, même si quelques entrées maritimes vont amener des nuages du Cotentin au Nord-Pas-de-Calais.

Les températures restent estivales, avec une grande amplitude thermique entre les températures maximales et minimales de la journée (plus de 20°C de différence mesurés le 20 août).

 

La contrepèterie belge : beau et chaud

Après un printemps pluvieux et les inondations du sud-ouest juste avant l’été, il faudra attendre la fin du mois d’août et la publication par Météo France d’un nouveau bilan climatique pour confirmer les conclusions du mois de juillet : beaucoup de soleil et des températures très chaudes.

Juillet 2013 est placé par Météo France au 3ème rang des mois de juillet les plus chauds depuis 1900, après 2006 et 1983. Moyennées sur le mois et sur la France, les températures sont supérieures aux normales de près de 2°C et l’excédent de température atteint même 3°C dans le Sud-Ouest. Du 15 au 27 juillet, une période de très forte chaleur a touché l’ensemble du pays : les températures maximales ont même été supérieures à 30°C sur la majeure partie du pays lors du pic de chaleur du 20 au 23.

 

Meteo France - Vagues de chaleur en France - Période 1947- 2013 - Canicule

La vague de chaleur de la deuxième quinzaine de juillet 2013 comparée aux autres épisodes
chauds depuis 1947. Crédit image : Météo France

 

Au sud de la Belgique, bienvenue chez les Ch’tis

Un nouveau pic de chaleur est intervenu début août, avec vent de sud-est qui a fait remonter de l'air chaud en provenance d’Espagne et d’Afrique du Nord jusqu'au nord de la France. On a ainsi mesuré 33°C à Dunkerque, 34°C au Touquet ou 35°C à Caen) alors que le thermomètre ne dépassait pas 28°C à Montpellier et 31°C à Nice et Ajaccio. C’est néanmoins dans le sud-ouest que les températures les plus chaudes ont été mesurées : 37°C à Biarritz ou 38°C à Dax.
A une autre échelle de prévision et à propos d'augmentation de température plus inquiétante, c'est fin septembre que le GIEC (Groupe International d'Experts sur l'évolution du climat ou IPCC en anglais) doit publier son 5ème rapport qui confirme le rôle anthropique (l'action de l'homme) dans le réchauffement climatique, à l'occasion de sa conférence à Stockholm en Suède.

 

Avant l’automne, c’est d’abord la rentrée scolaire et la rentrée politique…

Nous sommes aujourd’hui exactement à un mois de l’équinoxe d’automne : ce sera le 22 septembre 2013 à 20h44 UTC et, pour le solstice d’hiver, le 21 décembre à 17h11 UTC.

Pour les météorologues, les saisons météorologiques commencent plus tôt : le premier jour des mois de mars, juin, septembre et décembre.

Après la rentrée politique, début septembre, c’est surtout la rentrée scolaire, qui commence à se concrétiser depuis mardi 20 août avec le versement de l’allocation de rentrée scolaire (ARS). La vraie rentrée, ce sera le mardi 3 septembre pour tous les élèves, avec un pré-rentrée le 2 septembre pour les enseignants.

J’espère que tous les enseignants et les élèves qui vont rentrer à l’école, au collège, au lycée ou dans les établissements d’enseignement supérieur profitent bien de leurs derniers jours de vacances et réussissent leur rentrée et leur année scolaire. A l’école primaire, la mise en place en 2013 ou en 2014 de la réforme des rythmes scolaires est un sacré défi pédagogique et organisationnel…

Les activités proposées par Planète Sciences, pour permettre aux jeunes de découvrir les sciences et techniques de manière expérimentale, peuvent y trouver toute leur place… De son côté, le blog Un autre regard sur la Terre continuera également à donner aux enseignants des pistes pour l’utilisation pédagogique des images spatiales en particulier et de l’espace en général.

 

Pleine Lune dans mon quartier

Si vous voulez profiter d’un beau ciel nocturne étoilé, le jeudi 22 août, c’est également le jour de la dernière nocturne à la Cité de l’espace de Toulouse, avec une belle soirée dans le parc. L’occasion de faire un vœu au moment du passage d’une étoile filante. Malgré la lumière de la Lune (pleine Lune le 21 août), les astronomes amateurs et les animateurs de Planète Sciences Midi-Pyrénées seront encore là pour vous faire découvrir le ciel.

 

Nocturne - Cité de l'espace - Toulouse - 22 août 2013

22 août : une dernière chance de participer aux nocturnes de la Cité de l’espace à Toulouse et un
rattrapage pour ceux qui ont raté la Nuit des étoiles. Crédit image : Gédéon

 

Ciel bleu pour aider à voir la vie en rose ?

A propos de vœux, avant la rentrée et la reprise du travail, on peut également souhaiter que l’économie et l’emploi s’améliore durablement.

La fin des vacances ne veut rien dire pour tous ceux qui n’ont plus d’emploi ou pour les jeunes diplômés qui constatent la difficulté à en trouver un dans leur domaine.

Même en été, une hirondelle ne fait pas le printemps… Au cours du conseil des ministres du 21 août, Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, et Michel Sapin, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, ont analysé la situation économique et l’emploi.

Selon L'INSEE, en volume, le Produit Intérieur Brut (PIB) a rebondi au 2ème trimestre 2013 (+0,5 %) après deux trimestres de repli (-0,2 %), dans un environnement international plus favorable. C’est la plus forte hausse enregistrée depuis le premier trimestre 2011.

 

INSEE - PIB France - 2ème trimestre 2013

L’évolution du PIB en France au deuxième trimestre 2013 et historique depuis 2011.
Source : INSEE.

 

L’emploi continue malheureusement à se dégrader, avec, toujours selon l’INSEE, un net repli de l’emploi salarié (-27800 postes) sur la même période. L’investissement et les créations d’entreprises sont également en recul.

Une croissance acquise à mi-année de +0,1% ? « Des signes encourageants de reprise » pour le gouvernement ou « une correction technique qui n’efface pas l’atonie générale de l’économie française » selon ses adversaires politiques.

Au-delà de la polémique, s’il faut faire un vœu, c’est que les acteurs économiques et politiques trouvent les clés d’une reprise durable en France, permettant rapidement d’inverser de la courbe du chômage.

Le jour ou s'ouvrent les journées d'été des écologistes à Marseille, on peut également souhaiter que la transition énergétique permette d'y contribuer dans une logique de développement durable...

 

En savoir plus :

 

 

 

 

Repost 0
4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 07:22

 

Envisat - MERIS - Corse - Tour de France - 06-10-2003La Corse vue par le capteur MERIS du satellite Envisat en octobre 2012.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

La Corse en tête

Pour la première fois, pour l’édition 2013, le tour de France faisait un détour par la Corse avec un coup d’envoi donné le 29 juillet et 3 étapes dans l’île de Beauté : Porto-Vecchio – Bastia (213 km), Bastia / Ajaccio (156 km) et Ajaccio – Calvi (145,5 km).

 

110 ans mais seulement 100 courses et 93 vainqueurs ?

Pour la première fois depuis son centenaire en 2003, le Tour ne sortira pas des frontières de France (en 2010, par exemple, le départ avait été donné de Rotterdam).

Centenaire en 2003, mais seulement la centième édition en 2013. Où est l’erreur ?

Le Tour de France, la plus prestigieuse épreuve cycliste du monde, a bien été créé en 1903 par Henri Desgrange et Géo Lefèvre, chef de la rubrique cyclisme du journal L'Auto. La première édition est gagnée par La course Maurice Garin, vainqueur de trois étapes.

 

Tour de France - Itinéraire - 1903 - l'AutoL'itinéraire du premier Tour de France du 1er au 18 juillet 1903.
Extrait de la première page du journal l'Auto

 

Journée de rEPOs

Le Tour a été interrompu uniquement pendant la période des deux guerres mondiales. La première guerre mondiale démarre juste après l’édition 1914 du Tour. Celui-ci s’arrête 4 ans de 1915 à 1918 et reprend en 1919. La seconde guerre mondiale l’interrompt à nouveau de 1940 à 1946, même si les allemands tentent de lancer le « Circuit de France ».

En toute rigueur, si on ne compte que les éditions du Tour pour lesquelles un vainqueur a été désigné, il faut encore éliminer sept années, de 1999 à 2005 : le palmarès de Lance Armstrong, précédemment détenteur du record avec sept victoires consécutives, lui a été retiré par l’UCI en octobre 2012 pour dopage. Un autre Armstrong, également américain, restera certainement davantage dans nos mémoires pour son exploit du mois de juillet 69, une vraie grande boucle...

Suivre le palmarès du Tour de France demande un peu d’attention et de patience : le porteur maillot jaune à l’arrivée sur les Champs-Elysées n’est pas forcément celui qui apparaît dans le classement définitif :

  • Bjarne Riis, vainqueur de l’édition 1996, perd son titre en 2007 après avoir avoué avoir pris de l'EPO. En 2008, il est réhabilité pour sa franchise !
  • En 2006, Óscar Pereiro obtient finalement la victoire après disqualification de Floyd Landis contrôlé positif à la testostérone.
  • En 2010, Alberto Contador est déclassé pour dopage au profit d’Andy Schleck.

A ce jour, 4 coureurs ont remporté chacun 5 victoires sur le Tour de France, souvent sur une série d’années consécutives : Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain.

Au total, selon Wikipedia, neuf victoires sur quatorze tours, ont donc été annulées de 1999 à 2011.

Il faudrait organiser deux tours par an pendant quelques années pour établir un palmarès de 100 vainqueurs.

 

La géographie en toile de fond pour doper l’audience

Pour ceux qui ne sont pas passionnés de course cycliste, le Tour de France, avec les images diffusées dans le monde entier (dans près de deux cents pays), est aussi un bon moyen de découvrir la géographie française.

C’est d’ailleurs sur ce point qu’insiste l’organisateur du Tour, ASO (Amaury Sport Organisation), et son directeur Christian Prudhomme : « le parcours tracé de la Corse jusqu'aux Champs-Élysées sera le témoignage vivant de l'amour porté à cette épreuve qui, sans être classée au patrimoine mondial de l'UNESCO comme le golfe de Porto, le granit rouge des calanques de Piana et la réserve de Scandola ou le Mont-Saint-Michel, n'en est pas moins devenu un monument national. Ce Tour sera celui de toutes les beautés de la France… »

 

Spot 6 - Corse - AjaccioLa ville d’Ajaccio vue par le satellite Spot 6 en 2012.
Crédit image : Astrium GEO-Information Services / Spot Image

 

Le Tour des beautés de la France

Durant l’été, le blog Un autre regard sur la Terre profitera des 21 étapes du Tour de France 2013 pour présenter quelques sites célèbres vus par satellite. Ce sera l’occasion de les découvrir avec un point de vue original.

Après la Corse, la côte d’Azur et le sud de la France entre Nice et Montpellier en passant par Marseille et Aix-en-Provence, la région Midi-Pyrénées (Albi, Castres, Ax 3 domaines, Saint-Girons et Bagnères-de-Bigorre) avec une timide incursion dans les pyrénées (il est vrai que le Tourmalet avait été bien servi en 2010 avec deux étapes qui y passaient), la région Pays de Loire (Saint-Nazaire, Saint-Gildas-des-Bois) et la Bretagne (Fougères, Saint-Malo), la Normandie (Avranches, le Mont Saint-Michel), un tour à Tours, la région Centre (Saint-Amand-Montrond, l’Auvergne (Saint-Pourçain-sur-Sioule), la région Rhône-Alpes (Lyon, Givors, Bourg-d'Oisans, Annecy) avec une arrivée à l’Alpe d’Huez pour la 18ème étape, le Mont-Ventoux et la région PACA (Gap, Embrun, Chorges).

 

Envisat - ASAR - Corse - Tour de France - série 2012Composition de trois images acquises par le radar ASAR du satellite Envisat le 3 janvier 2012, le
2 février 2012 et le 2 avril 2012. Les différences de couleurs mettent en évidence les changements
entre les acquisitions. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

En savoir plus :

Repost 0
14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 01:19

Terra - MODIS - Neige - France - 14-03-2013   La Normandie, le Cotentin et la région parisienne sous la neige : extrait d’une image acquise
par le capteur MODIS du satellite Terra le 14 mars 2013.
Crédit image : NASA / GSFC MODIS Rapid Response

 

Apocalypse Snow : neige et verglas dans le nord de la France

Pour le tiers nord de la France, les chutes de neige du 12 mars 2013 resteront dans les mémoires : moins de dix jours avant le printemps, elles sont exceptionnelles par leur importance et ont semé une belle pagaille : TGV, Thalys, Eurostar, réseau Transilien, RER, vols annulés dans les aéroports, camions bloqués, naufragés de la route et foyers privés d’électricité… Plus rare : mardi 13 au matin en Ile-de-France, la SNCF a demandé à ses usagers de banlieue de renoncer à gagner Paris. Il semble qu’au moins une fois par an la neige entraîne la paralysie partielle du pays. Les lecteurs du blog Un autre regard sur la Terre se souviennent certainement des épisodes de décembre 2011 et de février 2012. C'est vrai également en Belgique où les difficultés sur le noeud ferroviaire de Bruxelles ont entraîné un blocage et des retards importants. 

Les chutes de neige ont quasiment cessé dans la nuit du 12 au 13 mars, mais le froid et le verglas continuent à rendre la circulation très difficile. Selon Météo France, les difficultés sur les routes devraient durer jusqu’à Jeudi.

Mardi 12, les nuages omniprésents sur le nord de la France n’ont pas permis de disposer de bonnes images satellites des surfaces enneigées. Mercredi 13, les éclaircies et les trous dans la couverture nuageuse offraient quelques opportunités de voir l’ampleur de cet épisode neigeux. Jeudi 14, le ciel était bien dégagé dans le nord et voici les images obtenues.

 

Terra - MODIS - Neige - France - 14-03-2013 - 721  La Normandie, le Cotentin et la région parisienne sous la neige : extrait d’une image acquise
par le capteur MODIS du satellite Terra le 14 mars 2013. Représentation colorée dite 721.
Crédit image : NASA / GSFC MODIS Rapid Response.

 

Elle est blanche ! Ou bleue...

Pas la fumée qui s'est echappé du Vatican mercredi 13 pour annoncer l'élection du nouveau pape... La couleur de la neige. On va voir ici qu'elle peut aussi être bleue et en faire voir de toutes les couleurs !

Les images présentées dans cet article proviennent du capteur MODIS du satellite Terra. Elles ont été prises le mercredi 13 mars 2013. Comment souvent avec MODIS, je présente deux représentations différentes des mêmes images, celle en couleurs naturelles et celle dite « 721 » qui combine des bandes spectrales différentes. Dans ce cas la neige apparaît en bleu. Cela permet de bien faire la différence entre surfaces enneigées et nuages (voir les liens ci-dessous pour des explications plus détaillées).  On le voit très bien sur les images acquises le 13 mars, quand la couveture nuageuse est plus présente :

 

Terra - MODIS - Neige en France - Bretagne - Cotentin - RéTerra - MODIS - Neige en France - Bretagne - Coten-copie-1Un manteau blanc sur Cherbourg et le Cotentin : extrait d’une image acquise par le capteur MODIS
du satellite Terra le 13 mars 2013. En haut, couleurs naturelles. En bas, représentation 721.
Crédit image : NASA / GSFC MODIS Rapid Response.

 

Vigilance orange pas mécanique : les politiques s’en mèlent

Mercredi 13 mars à 6 heures, Météo France levait la vigilance orange à la neige et au verglas pour 21 départements du nord de la France (régions de Basse et de Haute-Normandie, de l'Ile-de-France et des départements de l'Aisne, des Ardennes, de l'Eure-et-Loir, de la Marne, de la Meurthe-et-Moselle, de la Meuse, de la Moselle et de l'Oise).

Deux heures plus tard, à la demande de Manuel Valls et de Delphine Batho, 19 départements repassaient en vigilance orange, avec une alerte « verglas ».

 

Eu Europe et dans le monde, les bleus battent les blancs en neige...

L’épisode du 12 février 2013 n’a pas touché que la France : Belgique, Royaume-Uni, Allemagne… Plusieurs pays européens ont connu des perturbations plus ou moins importantes, illustrées ici avec d’autres exemples d’images satellites.

 

Terra - MODIS - Danemark - Neige - 09-03-2013

Terra - MODIS - UK - Ireland - Snow - 09-03-2013

Deux images de l’instrument MODIS du satellite Terra acquises le 9 mars 2013 : les chutes de neige
au Danemark, au Royaume-Uni et en Irlande. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

Ailleurs dans le monde, la neige fait également une dernière offensive avant le printemps. Aux Etats-Unis par exemple, sur la côte est, l’absence de nuages le 9 mars dernier permet de voir l’ampleur des chutes de neige.

 

Terra - MODIS - Neige - USA - New York City -09-03-2013La couverture neigeuse dans l’est des Etats-Unis, autour de la Ville de New York. Image acquise le
9 mars 2013. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response.

 

Pour finir, une image de la péninsule du Kamtchatka sous la neige, avec en prime une éruption volcanique et un tremblement de terre de magnitude 5,7 survenu également le 13 mars 2013. La totale… Notez la spectaculaire matérialisation des courants de surfaces par les glaces dérivantes.

 

Terra - MODIS - Kamtchatka - 07-03-2013Une éruption volcanique dans la péninsule du Kamtchatka sous la neige. Image acquise le 7 mars 2013.
Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

En savoir plus :

 

 

Repost 0
22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 15:58

EO-1 - ALI - Etna - 20-02-2013 - fausses couleurs

L’éruption de l’Etna en Sicile vue par le capteur ALI du satellite américain EO-1.
Image acquise le 19 février 2013. Crédit image : NASA

 

Neige, lave, nuages et forêts : fausses couleurs pour une vraie éruption

L’Etna est entré en éruption mardi 19 février : au petit matin, l'Etna s'est réveillé et craché de de la lave en fusion. A l’est de la Sicile, la montagne des montagnes, l’Etna, le volcan le plus haut d’Europe, culminant à 3350 mètres d’altitude, est l’uns des plus actifs au monde, avec des coulées de lave spectaculaires. On parle de « paroxisme volcanique », le moment le plus intense d’un phénomène volcanique.

La NASA vient de publier sur son site NASA Earth Observatory deux images impressionnantes acquises par le capteur ALI (Advanced Land Imager) du satellite EO-1. Les images ont été acquises le 19 février en milieu de matinée (9h59 en heure locale), quelques heures après la première explosion.

En réalité, il s’agit de deux représentations différentes de la même image. Les capteurs des satellites d’observation peuvent observer les scènes dans une ou plusieurs tranches du spectre la lumière.

 

Bandes de jaune à moi tout seul

Quand il y a une seule bande large, on parle d’image « panchromatique ». C’est l’équivalent de la photographie en noir et blanc : l’intensité lumineuse est mesurée sur l’ensemble du spectre. La bande panchromatique des satellites Pléiades couvre ainsi les longueurs d’onde de 0,48 µm à 0,83 µm.

Les capteurs « multi-spectraux » mesurent la lumière dans plusieurs parties du spectre lumineux. On parle de bandes spectrales, un intervalle entre deux longueurs d’onde. Par exemple sur les satellites Pléiades, il y a trois bandes dans le spectre visible (ce que voit à peu près l’œil d’un humain) :

  • De 0,43 à 0,55 µm, qui correspond à une couleur dominante bleue.
  • De 0,49 à 0,61 µm qui correspond au vert.
  • De 0,60 à 0,72 µm qui correspond au rouge.

Certains satellites vont « plus loin » qui l’œil humain, en étant capable de voir d’autres longueurs d’onde. Ainsi, les satellites Pléiades ont également un canal (c’est-à-dire une bande spectrale) dans le proche infrarouge, entre 0,75 µm et 0,95 µm.

D’autres capteurs comme MODIS sur les satellites Terra et Aqua, MERIS sur Envisat ou ALI sur le satellite EO-1 (les images présentées ici) possèdent un nombre élevé de bandes spectrales, par exemple 36 pour MODIS. Par contre, comme souvent il est difficile d’avoir le beurre et l’argent du beurre : augmenter le nombre de bandes spectrales impose de réduire la résolution. Tout est affaire de compromis : pour l’étude de la végétation, si on recherche une grande finesse d’analyse spectrale, on peut se contenter d’une résolution plus modeste.

MODIS et MERIS offrent des résolutions de quelques centaines de mètres, alors qu’avec Pléiades voient des détails de quelques dizaines de centimètres.

Un exemple intéressant est le satellite européen Sentinel 2, un des premiers satellites spécifiques du programme GMES (désormais rebaptisé Copernicus), qui sera lancé en 2014 : son instrument possède 13 bandes spectrales, avec plusieurs bandes dans la bande infrarouge. Sa résolution reste cependant assez élevée, de 10 à 60 mètres selon les bandes. Sa fauchée, la largeur de terrain acquise en un passage, est de 290 kilomètres.

 

Et l'hyperspectral ? Un spectre de satellite ?

Il s'agit de bandes spectrales très étroites (centrées sur une longueur d'onde bien précise), et donc avec un nombre élevé de bandes. L'intérêt est d'avoir une caractérisation très précise du spectre. On en parle beaucoup mais il n'y a pas encore beaucoup de satellites sortis des cartons dans ce domaine.

 

Vraies images et fausses couleurs

Je publie régulièrement sur le blog Un autre regard sur la Terre de représentations d'images dites en « fausses couleurs », en particulier l’hiver avec des exemples montrant comment elles aident à distinguer les nuages des surfaces enneigées.

L’image présentée au début de cet article est une représentation de ce type : elle combine deux bandes du spectre infra-rouge et une bande visible (dominante verte), représentées à l’écran avec les couleurs rouge, verte et bleue.

C’est pour cette raison qu’on distingue facilement la lave qui apparaît en rouge vif, la neige en bleu-cyan, les nuages en blanc et la forêt et la végétation en vert :

  • Le premier canal infrarouge est très sensible à la lumière émise par la lave en fusion. Par contre, celle-ci ne rayonne pas ou peu dans le proche-infrarouge et dans le vert).
  • La neige absorbe l’infra-rouge (représentée en rouge à l’écran) mais réfléchit les composantes vertes (représenté en… vert) et proche infra-rouge (représenté en bleu) de la lumière solaire. Elle ressort donc en bleu-vert : c’est du cyan. 
  • Et les nuages ? Quand leurs gouttes d’eau sont sous forme d’eau liquide, elles reflètent de manière équivalente les trois bandes spectrales : on obtient du blanc.
  • Les forêts et la végétation réfléchissent plus fortement le proche-infra-rouge (représenté en ver) que les autres bandes spectrales et apparaissent en vert. Les zones gris sombre sont d’anciennes coulées de lave avec peu de végétation.

L’image ci-dessous est une représentation de la même image prises par ALI en couleurs naturelles. C’est effectivement plus naturel pour un amateur de photographie mais moins facile à exploiter du point de vue technique.

EO-1 - ALI - Etna - 20-02-2013 - couleurs naturelles

L’éruption de l’Etna en Sicile vue par le capteur ALI du satellite américain EO-1.
Image acquise le 19 février 2013. Dans ce cas, représentation en couleurs naturelles.
Crédit image : NASA.

 

En savoir plus :

 

 

Repost 0
29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 01:49

Il y a un peu plus d'un an, le 13 janvier 2012, le paquebot Costa Concordia s'échouait au large de l'île du Giglio, en Italie, faisant 30 morts et 2 disparus.

A l'époque, j'avais publié une image très spectaculaire prise par un satellite américain de la société Digital Globe, ainsi que des images radar provenant des satellites Envisat (qui n'est plus opérationnel après la panne du mois d'avril 2012) et Cosmo-Skymed. C'est un des articles les plus consultés du blog Un autre regard sur la Terre (après ceux sur la mer d'Aral et les couleurs de l'arc en ciel). Vous y trouverez quelques explications sur les circonstances étonnantes du naufrage.

Voici aujourd'hui une image acquise le 18 janvier 2013 par le satellite Pléiades 1B, publiée par le CNES sur son blog "La tête en l'air". Plus exactement, c'est une paire d'images stéréo qui a été transformée en anaglyphe, une représentation qui permet de percevoir le relief avec des lunettes à verres colorés, comme l'image 3D de la Mecque publiée il y a quelques jours.

 

Pleiades-1B---Costa-Concordia---3D---Ile-de-Giglio---18-01-2013

Représentation 3D (anaglyphe) de deux images du Costa Concordia et de l'île du Giflio en
Italie acquises par le satellite Pléiades 1B le 18 janvier 2013.
Crédit image CNES - Distribution Astrium Services / Spot image.

 

Le renflouage effectif, ou plutôt le "déséchouage", de l'épave du "Costa Concordia", n'aura pas lieu avant l'été 2013. Selon une évaluation de la compagnie Titan, en charge du projet, le coût des opérations s'élèverait au moins à 300 millions d'Euros.

Pour le responsable de Titan, il s’agit de « la plus grande récupération d’épave de l’Histoire » par le tonnage (près de 45000 tonnes) et la longueur du paquebot (290 mètres). 

En zoomant dans l'image autour du Paquebot, on peut se faire idée des moyens mis en place pour préparer cette remise à flot du Costa concordia.

 

Avec Titan, les travaux d'Hercule avancent...

La technique retenue consiste à remettre le navire dans la position où il se trouvait au moment où il s’est échoué avant de le déplacer.

Cette opération risquée comporte plusieurs étapes depuis la stabilisation de l’épave par un système d’ancrage et l'installation de tourelles de retenue jusqu'au basculement du navire pour le remetttre en position verticale. Entretemps, un faux fond métallique et des caissons flottants seront mis en place afin de supporter le poids du navire.
Les travaux ont pris du retard...

 

En savoir plus :

 

 

 

Repost 0
19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 14:12

 

Aqua - MODIS - Neige Pyrénées - 09-12-2012 La neige sur la chaîne des Pyrénées, vue par le capteur MODIS du satellite américain Aqua
le 9 décembre 2012. Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response

 

La douceur du douze douze douze

Il faudra encore attendre deux jours avant le solstice de décembre (c’est le 21 décembre 2012 à 11h17 UTC) mais l’hiver semble bien là, en tout cas dans l’hémisphère nord. Le passage à l’heure d’hiver le 28 octobre était un premier indice. Même si la semaine écoulée a été accompagnée d’un redoux spectaculaire avec de la pluie et du vent, le temps hivernal a fait son apparition depuis début décembre, avec des chutes de neige, du brouillard et même des pluies verglaçantes en Bretagne et dans la région Pays de Loire.

Voici quelques images satellites prise récemment dans différentes régions d’Europe et du Monde qui montrent la neige telle que la voient les satellites d’observations de la Terre.

Un petit détour dans le sud-est de la France avec le sud des Alpes, le nord de l’Italie et la Corse et ses sommets (dont le Monte Cinto) enneigés.

 

Aqua - MODIS - Neige Corse - 09-12-2012La Corse, le sud des Alpes et le nord de l’Italie partiellement enneigés. Image prise par le capteur
MODIS du satellite américain Aqua le 9 décembre 2012. Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response

 

Les images satellites montrant des régions enneigées sont une excellente opportunité pour faire comprendre l’importance de l’observation dans différentes bandes spectrales pour distinguer les types de sols ou d’occupations des sols. J’ai déjà publié plusieurs articles sur ce sujet et en voici un nouvel exemple avec le sud de la France à la fin de la première semaine de décembre :

 

Aqua - MODIS - France Sud - 06-12-2012 Aqua - MODIS - France Sud - 06-12-2012 - 721 Aqua - MODIS - France Sud - 06-12-2012 - 367

Le sud de la France vu par le capteur MODIS du satellite Aqua le 6 décembre 2012.
Trois combinaisons différentes des bandes spectrales de la même image. A gauche, couleurs naturelles.
Au centre, représentation utilisant les canaux 7, 2 et 1. A droite, idem avec les canaux 3,6 et 7.
Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response

 

Notez en particulier comment la représentation "721" permet de distinguer la neige des nuages ou des spectaculaires nappes de brouilladrs dans les vallées de la Garonne, la Dordogne et de la Vézère. Vous trouverez des explications détaillées dans cet article du blog Un autre regard sur la Terre sur la neige et les bandes spectrales de MODIS. Avec un peu d'attention, on remarque également dans la représentation 721 les traces (couleur rouge) des zones brûlées de l'incendie de la Jonquera en Catalogue en Juillet 2012.

On traverse l’atlantique pour aller dans la région de Chicago du Lac Michigan au nord-est des Etats-Unis avec une image spectaculaire montrant la limite entre les régions enneigées au nord et celles au sud sous un ciel totalement dégagé.

 

Aqua - MODIS - Chicago - 12-12-2012La région de Chicago et le lac Michigan vus par le capteur MODIS du satellite américain Aqua
le 12 décembre 2012. Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response

 

Unha-3, le score du match Real Madrid – FC Barcelone ?

Toujours, le 12 décembre 2012, mais toujours plus à l’ouest au-dessus de la péninsule de Corée après avoir traversé le Pacifique. L’image suivante provient de GOCI, un capteur d’observation de la Terre embarqué à bord du satellite COMS. C’est un satellite géostationnaire peu connu du grand public. Construit par Astrium pour l’agence spatiale sud-coréenne (KARI), c’est un satellite qui embarque trois charges utiles différentes : télécommunications, météorologie et observation de la Terre (GOCI). C’est à ma connaissance le seul satellite qui fait de l’observation permanente à résolution moyenne. L’instrument GOCI travaille dans 8 bandes spectrales (6 dans le visible et 2 dans le proche infra-rouge) et fournit des images de 500 mètres de résolution au-dessus de la Corée.

Et Unha-3 ? C’est le type de fusée lancée avec succès, également le 12 décembre 2012, le jour où cette image est prise, par le Corée du nord de Kim Jong-Un. Un satellite a été mis en orbite mais il semble n’émettre aucun signal.

 

COMS - GOCI - Corée - 12-12-2012 -03h16La péninsule de Corée sous la neige. Image acquise le 12/12/12 par le capteur GOCI du satellite COMS.
Il s’agit d’une représentation en couleurs naturelles combinant trois bandes spectrales
(0,680µm, 0,555µm et 412 µm). Crédit image : KARI / KORDI /KOSC

 

Retrouver l’Amour en passant par la Chine…

C’est le quatrième fleuve d’Asie, le premier fleuve de sibérie. L’image suivante a été prise par les astronautes de l’expédition 33 de la Station spatiale Internationale. Elle montre un tronçon de la rivère Songhua (près de 2000 kilomètres de longueur) en Chine au nord de la Corée, et environ 40 kilomètres au sud de la confluence avec l’Amour. La couverture neigeuse met bien en évidence les contours géométriques des parcelles agricoles, la colline boisée isolée et les tâches grises des villages. L’absence de motifs géométrique permet d’identifier les plaines inondables sur la rive ouest, en face de la ville de Suibin.

 

ISS - Chine - Songhua River - 18-11-2012 - ISS033-E-22759Au nord-est de la Chine, la rivière Soghua dans une région agricole. Image ISS033-E-22759 prise
le 18 novembre 2012 par l’équipage de l’ISS (Nikon D3S avec un téléobjectif de 400 mm).
Crédit image : NASA / JSC.

 

21 décembre 2012, la fin du monde… et après ?

J-2 jours avant le 21 décembre 2012. Les médias ont compris que les peurs irrationnelles liées à cette date étaient un bon moyen de faire de l’audience. A côté de thèses plus farfelues les unes que les autres, que dit la science ?

Il y a un an, j’ai déjà abordé ce sujet dans un article sur le solstice d’hiver et sur le « sol invictus ». Plusieurs revues de vulgarisation scientifique font le point sur le sujet ce mois-ci. C’est le cas d’un dossier spécial de 10 pages paru dans le numéro de décembre de Ciel et Espace, la revue de l’AFA (l’Association Française d’Astronomie).

Les Mayas auraient prévu la fin du monde pour le 21 décembre 2012, car ce jour-là commencerait un nouveau cycle de leur calendrier. Les cataclysmes évoqués sont peut-être de bons scénarios pour Hollywood : une imaginaire planète, Nibiru, venant percuter la Terre, un alignement de planètes provoquant des tsunamis géants, une gigantesque éruption du Soleil… Ils ne résistent pourtant pas longtemps à une analyse sérieuse. Voici un résumé de celle effectuée par Ciel et Espace…

 

Des problèmes avec le calendrier des mayas

Le calendrier maya a deux échelles de mesure du temps. La première, un cycle court de 260 jours comprenait les fêtes religieuses et la période des récoltes, les 105 autres jours de l’année comprenaient la saison des pluies et de croissance du maïs.

Un second cycle, plus long dit « Cycle du Soleil », correspondait à 5125 ans. Si le 5ème cycle long des Mayas a bien commencé le 3 août 3 114 av. JC, un nouveau cycle devrait démarrer le 20 décembre 2012. Mais rien n’indique qu’il s’agisse d’une catastrophe, tout au plus un autre aspect de la vision cyclique du monde des civilisations précolombiennes. Les mayas avaient confiance dans l’avenir : des chercheurs de l’Université de Boston ont découvert en 2011 des fresques mayas représentant des évènements astronomiques observables dans plusieurs milliers d’années…

 

Les éruptions et les tâches solaires

Autre piste : un regain d’activité de notre Soleil grillant la surface de notre planète. Le cycle d’activité, plus ou moins intense, du soleil dure 11 ans. Lors du maximum solaire, des éruptions projettent des particules à hautes énergies qui sont déviées vers les pôles par le champ magnétique terrestre protégeant la Terre. Les particules solaires très énergétiques percutent alors les particules de la haute atmosphère terrestre. Celles-ci émettent alors de la lumière : ce sont les aurores boréales.

Si l'éruption solaire est très violente, l'afflux des particules chargées peut provoquer des dysfonctionnements temporaires des télécommunications par satellite ou des instruments à bord des avions. Dans de très rares cas, les transformateurs électriques peuvent disjoncter ou griller… Ce fut le cas en 1989 au Canada. Toujours pas de fin du monde mais plus d'électricité… Et des délais assez longs pour apporvisionner de nouveaux transformateurs !

En 2012, les spécialistes de l’Observatoire de Paris ou de l’Observation Royal de Belgique constatent que l’activité de notre étoile est plus faible que lors des derniers cycles.

 

Un alignement planétaire provoquant une marée géante

Autre scénario issu de l’imagination fertile des adeptes de la fin du monde : l’alignement de la totalité des planètes de notre Système solaire qui engendrerait un effet de marrée dévastateur avec des tsunamis géants. L’IMCCE, déjà évoqué dans notre précédent article, ne prévoit aucun alignement particulier dans le ciel du 21 décembre 2012.

De leur côté, les astronomes de l'Observatoire de Haute-Provence précisent : "Les planètes Jupiter, Terre et Venus seront en alignement le 23/12/2012. L'alignement Jupiter, Terre et Mercure aura lieu le 17/12/2012. Des alignements entre planètes ont lieu assez fréquemment. Celui-ci n'a rien d'exceptionnel" et "Vu de la Terre, le Soleil apparaît projeté devant la Voie Lactée entre le 10 et le 30 Décembre, et il se projette sur le plan galactique vers le 21/12, mais ceci a lieu CHAQUE ANNEE. Donc ceci n'aura rien d'exceptionnel en 2012. Dans l'alignement Terre-Soleil-Centre Galactique la distance du Centre Galactique au Soleil est 1.6 milliard de fois la distance Terre-Soleil. Puisque, comme vous le savez, la force de la gravité varie comme l'inverse du carré de la distance, cet alignement n'a strictement aucune influence gravitationnelle".

Ne vous marrez-pas : les grandes marées sont causées par l'alignement de la Terre, de la Lune et du Soleil. L'influence gravitationnelle des autres planètes du système solaire est négligeable : l’effet de marée de Jupiter, la planète la plus massive du système solaire, est inférieur à un millimètre !

 

L’astéroïde gonflé aux stéroïdes…

50 000 tonnes de poussières interplanétaires tombent sur la Terre chaque année. Certains, de la taille d'un petit pois, créent les magnifiques étoiles filantes. Certains gros cailloux (quelques dizaines de centimètres), appelés bolides, frôlent la Terre comme en 2011 au-dessus de Rennes et Toulouse, mais la probabilité d’une collision avec une zone habitée est presque nulle. Aucune étoile filante n’a encore tué d’humain : la seule victime connue est une vache !

Pour qu’un astéroïde puisse vraiment causer des dégâts, par exemple faire disparaître 25% des espèces vivantes, il faut qu'il mesure au moins un kilomètre de diamètre. Les scientifiques suivent de près ces géocroiseurs de plus d'un kilomètre. Ils estiment avoir recensé 90% de ces gros astéroïdes et aucun ne menace la Terre pour les prochains siècles !

 

Pas nette, la planète Nibiru ! 

C’est une autre fable provenant d’une transcription farfelue de tablettes sumériennes : une planète, d’une taille voisine de celle de la Terre, nous percuterait de plein fouet le 21 décembre 2012. Le plus étonnant, c’est qu’aucun astronome n’ait encore remarqué la présence d’une telle planète de notre Système solaire. C'est par exemple en analysant les perturbations de l'orbite d'Uranus que Le Verrier a découvert Neptune en 1846. Une méthode qui a donc fait ses preuves, mais aujourd'hui dans le système solaire, tout semble tourner rond avant noël.

Et le scénario d’une planète orpheline fonçant du milieu interstellaire ? Depuis 2011, nous savons en effet qu’il existe deux fois plus de planètes isolées qu'en orbite autour d’étoiles. Toutefois, comme nous sommes capables d’observer les satellites de Jupiter ou de Neptune, il serait bien curieux de ne pas avoir réussi à observer un astre de taille de la Terre plusieurs années avant qu’il ne s’approche ! Qu’avons-nous vu ? Rien.

 

Des signaux rassurants…

Vous n’êtes pas totalement rassurés. D’autres indices devraient vous convaincre que la fin du monde n’est pas pour demain ou après-demain :

  • Le lancement imminent d’une nouvelle fusée Ariane 5 à Kourou : le vol VA211 emporte deux gros satellites de télécommunication : Skynet 5D et Mexsat Bicentenario. C’est le dernier vol de l’année 2012 avec une année très bien remplie pour Arianespace et le Centre Spatial Guyanais.
  • La fin de la mode : les dates des soldes d’hiver 2013sont fixées : en général, elles commenceront mercredi 9 janvier 2013 pour se terminer le mardi 12 février 2013.
  • L’équinoxe de printemps : ce sera le 20 mars 2013, juste avant l’anniversaire d’Alice.
  • A Bugarach, le dispositif de sécurité mis en place par les gendarmes restera en place « avant, pendant et après la fin du monde ».
  • Gérard Depardieu n’a pas déménagé à Bugarach.

Bref, la seule chose attendre dans les jours qui viennent, c’est la fin de l’automne puis la fin de l’année 2012. Un des vrais problèmes à traiter actuellement, c’est plutôt la faim du monde…

Si vous hésitez encore à préparer les fêtes de noël, il est peut-être temps de s’y mettre. Un conseil pour les élèves : à votre place, je ferais quand même les devoirs à la maison donnés par vos profs pour les vacances de noël.

Un métier d'avenir identifié : la diffusion de la culture scientifique et technique. Y en a besoin !

Je vous souhaite de passer une excellente fin d’année dans votre famille ou avec vos amis. Rendez-vous dans quelques jours pour de nouvelles images.

 

En savoir plus :

 

Repost 0
16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 23:00

Viaduc de Millau - Vu du solLe viaduc de Millau. Crédit image : CEVM Eiffage / Foster and partners / Daniel Jamme

 

Quand les projets ambitieux se concrétisent…

Ils partagent une date anniversaire commune : le viaduc de Millau a été mis en service le 16 décembre 2004. Le satellite Pléiades 1A a été lancé depuis la Guyane le 16 décembre 2011 et livré ses premières images quelques jours plus tard. Début décembre, Pléiades 1A a été rejoint par son frère jumeau Pléiades 1B. Les premières images montrent l’excellent fonctionnement de ce nouveau satellite.

Dans les deux cas, ce sont des projets très ambitieux qui ont abouti au succès après des années de travail où la réalité a progressivement rejoint la fiction, ou plutôt les prévisions et les plans.

Retour sur deux belles réussites du savoir-faire français…

Permettant à l’autoroute A75 de traverser la vallée du Tarn, le viaduc de Millau est le pont de tous les records : le pont routier le plus haut du monde avec un semble pile-pylône atteignant 343 mètres, un tablier à 270 mètres au-dessus du Tarn. C’est aussi le pont haubané le plus long, avec 2460 mètres.

Les études démarrent en 1987. C’est en juillet 1996 que la solution proposée par Michel Vilorgeux et Norman Foster est retenue. La première pierre est posée en décembre 2001. La jonction entre les parties nord et sud du tablier est effectuée en mai 2004. L’inauguration a lieu six mois plus tard.

 

Bon anniversaire Pléiades ! La famille s'aggrandit

Pour le satellite Pléiades, les premières études remontent à 1999. Le CNES signe le contrat de développement avec Astrium en octobre 2003. Une heure après le lancement, dans la nuit du 16 ou 17 décembre 2011, c’est l’ouverture des panneaux solaires et le début des opérations de recette en vol pour les équipes du CNES. Les premières images sont acquises le 20 décembre.

Depuis un an, Pléiades 1A a fait 5329 fois le tour de la terre : en passant presqu’au-dessus des deux pôles, il boucle chacune de ses orbites en 100 minutes, à une vitesse constante de 27030 km/h.

 

Pléiades - Viaduc de Millau - Janvier 2012Le viaduc de Millau vu par le satellite Pléiades 1A en janvier 2012.
Copyright CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image.

 

A 694 kilomètres au-dessus de la vallée du Tarn, Pléiades 1A a pris cette image du viaduc de Millau le 7 janvier 2012, trois semaines après son lancement. On peut apprécier l’impressionnante longueur du pont. Les ombres portées, avec un soleil d’hiver assez bas, donnent une idée de la hauteur des piliers. Le haut de l’image est orienté vers l’ouest.

 

La réalité dépasse la fiction

Cette image a une valeur toute symbolique pour les équipes techniques du CNES : pendant la conception des futurs satellites, les ingénieurs en charge de contrôle de la qualité des images se servent de simulations produites à partir de photographies aériennes pour définir les principales caractéristiques de l’instrument de prise de vue. De images de satellites américains à très haute résolution (Ikonos, Quickbird, etc.)

Dans le cadre du programme d'accompagnement ORFEO, le viaduc de Millau est l’un des sites qui a fait l’objet de telles simulations à partir de septembre 2004.

ORFEO a été mis en place par le CNES afin de préparer, accompagner et promouvoir l'utilisation et l'exploitation des images fournies par ces nouveaux satellites à très haute résolution.

Leurs performances inédites en Europe (résolution, agilité, capacités d’acquisition, etc.) et les nouvelles méthodes de traitement combinant images optiques et radar justifiaient ce programme préparatoire. En particulier, plusieurs groupes de travail thématiques ont été mis en place en associant les futurs utilisateurs des images Pléiades : mer et littoral, gestion des risques et aide humanitaire, cartographie et aménagement du territoire, géologie et géophysique, hydrologie, forêt, agriculture et défense. L’objectif était également d’informer les grandes institutions françaises qui connaissent encore mal les possibilités opérationnelles des satellites d’observation.

 

Viaduc de Millau - Simulation PléiadesViaduc de Millau - Simulation Pléiades - ExtraitExemple de simulations d’image Pléiades du pont de Millau. Crédit image : CNES

 

Aujourd’hui, qu’il s’agisse de grand ouvrages d’art ou de satellites complexes, avec Pléiades et le viaduc de Millau, la réalité rejoint et dépasse les rêves, les simulations et les plans des architectes.

 

Autant de bougies que les Spot…

Souhaitons que Pléiades 1A et 1B, ainsi que les satellites Spot 6 et Spot 7 soufflent autant de bougies que leurs prédécesseurs de la famille Spot 1 à Spot 5.

 

De Millau à Tokyo : 24 heures sur 24, le satellite Pléiades fait le pont

Après la recette en vol, Pléiades 1A a été déclaré « bon pour le service ». Depuis le début du mois de juin, l’exploitation opérationnelle et commerciale du satellite Pléiades a commencé… C’est Astrium GEO-Information Services qui l’assure. D’autres images d’ouvrages d’art ont été prises, avec quelques exemples présentés ici à San Francisco, Hong Kong et Tokyo.

On commence avec deux des célèbres ponts de San Francisco : le Golden Gate Bridge et le Bay Bridge. Ces deux images font partie des premières images acquises par Pléiades en décembre 2011 juste après son lancement.

 

Pléiades - San Francisco - Golden Gate Bridge - 2012 Pléiades - San Francisco - Bay Bridge - Décembre 2011 

A gauche, le Golden Gate Bridge. A droite, le Bay Bridge. Deux images de San Francisco prises par le satellite Pléiades en décembre 2011. Copyright CNES – Distribution Astrium GEO-Information Services / Spot Image.

 

Ensuite, un peu vers l’ouest, à environ 11000 kilomètres, voici le port de Hong-Kong avec également des ponts haubanés.

 

Pléiades - Hong-Kong - Port victoria - 01-02-2012 - ExtraiA Hong-Kong, le port Victoria vu par le satellite Pléiades 1A en février 2012.
Copyright CNES – Distribution Astrium GEO-Information Services / Spot Image.

 

Pour terminer, à condition d’avoir des lunettes colorées, voici un anaglyphe du Tokyo Gate Bridge, un des ponts de Tokyo, produit à partir d’un couple d’images acquises par Pléiades en juin 2012

 

Pléiades - Tokyo Gate Bridge - Anaglyphe A Tokyo au Japon, un anaglyphe. Produit à partir d’un couple d’images stéréo acquis par le satellite
Pléiades en juin 2012. Copyright CNES – Distribution Astrium GEO-Information Services / Spot Image.

 

Si vous voulez des commentaires plus détaillés, lisez ces deux articles du blog Un autre regard sur la Terre sur Hong-Kong et Tokyo et celui sur les anaglyphes et la vision stéréo.

 

En savoir plus :

 

Repost 0
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 13:49

L’ouragan qui valait 30 milliards

Il faudra du temps pour effacer les traces du passage de l’ouragan Sandy à New York : Andrew Cuomo, le gouverneur de l'Etat, a annoncé mardi 12 novembre que le passage du cyclone fin octobre avait causé une perte économique estimée 30 milliards de dollars. Jeudi 15, le président Barack Obama se rend à New York pour une visite consacrée aux conséquences de la tempête.

Sans attendre la decision concernant une aide fédérale, le maire de New York, Michael Bloomberg a annoncé un plan d’urgence de 500 millions de dollars : "Nous n'avons jamais affronté de tempête aussi destructrice que Sandy".

Deux semaines après le passage de Sandy, même si on note un retour progressif à la normale, l’électricité n’est pas encore totalement rétablie.

Début novembre, le passage de l’ouragan Sandy a été suivi par une seconde tempête, qui a déclenché les premières chutes de neige du New Jersey au Massachusetts.

Les météorologues américains connaissent bien ce phénomène appelé tempête du Cap Hatteras (nor'easter ou northeaster en anglais). Le nom francophone vient de l’endroit où ces tempêtes se forment ou se renforcent, à la pointe de la Caroline du Nord, au Cap Hatteras : l'air froid hivernal venant du continent rencontre l'air doux au-dessus du Gulf Stream qui passe à proximité.

L’image suivante a été acquise dans la journée du 9 novembre. Le ciel dégagé permet de voir la couverture neigeuse.

 

Aqua - New York - Sandy - 09-11-2012 - 250mImage en couleurs naturelles de la côte est des Etats-Unis le 9 novembre 2012. Image acquise par
le capteur MODIS du satellite Aqua. Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response.


Au nord, on reconnaît la forme caractéristique de la presqu’île de Cape Code. Un peu au sud de la baie du Delaware, Cap Hatterras n’est pas visible sur l’image présentée au début de cet article, comme l’extrémité de Chesepeake Bay, le plus grand estuaire des Etats-Unis, avec un ouvrage d’art étonnant, le célèbre pont-tunnel ouvert à la circulation en 1964.

 

Après le black-out, la neige blanche qui en fait voir de toutes les couleurs.

Cette image est l’occasion de revenir sur les représentations en couleurs naturelles et en fausses couleurs déjà abordées sur le blog Un autre regard sur la Terre.

Le satellite Terra, le jumeau d’Aqua, a également acquise le même jour une image de la même zone. Cette image a été publiée par la NASA avec plusieurs représentations différentes, correspondant à la manière de présenter les multiples bandes spectrales du capteur MODIS.

Terra - New York - Sandy - 09-11-2012 - 500m Terra - New York - Sandy - 09-11-2012 - 500m - 721 Terra - New York - Sandy - 09-11-2012 - 500m - 367

Trois représentations différentes de l’image de la côte est des Etats-Unis acquise le 9 novembre 2012
par le capteur MODIS du satellite Terra. De gauche à droite, représentation en couleurs naturelles, combinaison 721 et combinaison 367. Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response.

 

Aqua ça sert ?

La combinaison en « couleurs naturelles » ou « couleurs vraies » produit une représentation des images similaire à ce que verrait un œil humain. Dans le cas du capteur MODIS, les bandes spectrales 1, 4 et 3, correspondant respectivement à des longueurs d’onde de lumière rouge (0,670 µm) verte (0,565 µm) et bleue (0,479 µm), sont associées aux canaux rouge, vert et bleu de l’écran de visualisation.

La combinaison « 721 », comme son nom l’indique (à condition de bien connaître MODIS) utilise les bandes spectrales 7 (infrarouge thermique, centrée sur la longueur d’onde 2,155 µm), 2 (proche infrarouge à 0,876 µm), et 1 (rouge, centrée sur la longueur d’onde 0,670µm). Ces trois bandes sont respectivement associées aux canaux rouge, vert et bleu de l’écran de visualisation.

Dans la représentation 721, la végétation active, en raison de la synthèse chlorophyllienne, apparaît en vert intense. L’eau apparaît en noir et en bleu foncé s’il y a des sédiments en suspension. La neige et les nuages de glace en altitude, plus froids et rayonnant moins dans l’infrarouge thermique, absorbent également le proche infrarouge : ils apparaissent bleutés. Les autres nuages sont blancs, les petites gouttes d’eau diffusant de manière équivalente les bandes visibles et proche infrarouge. Cette combinaison est également utilisée pour mettre en évidence les zones brûlées après un incendie (plus d’activité chlorophyllienne de la végétation brûlée). Vous noterez que sur notre image, les nuages au nord ont de belles nuances bleues… C’est froid !

 

De même pour la représentation « 367 » qui utilisent une bande visible (couleur bleue, centrée sur 0,479 µm), pour laquelle la neige et la glace ont une très forte réflectance, représentée en rouge sur l’écran. Pour les deux autres bandes dans l’infra-rouge moyen représentée en vert et bleue, la neige et la glace sont au contraire très absorbantes : seule la bande 3 est fortement réfléchie et la neige blanche apparaît donc en rouge vif sur votre écran.

La végétation, absorbante dans les bandes 3 et 7 et réfléchissante dans la bande 6 apparaît en vert. Les sols nus sont cyan car leur réflectance est plus élevée dans les bandes 6 et 7 que dans la bande 3. Les surfaces d’eau au sol sont très sombres car l’eau absorbe à la fois le visible et l’infra-rouge moyen. Au contraire, dans les nuages, les gouttelettes d’eau en suspension diffusent les trois bandes spectrales de manière équivalente et les nuages d’eau liquide apparaissent donc en blanc.

 

En savoir plus :

 

 

Repost 0
7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 11:37

USA---elections---2012---Obama---Romney---F16-2009.jpg

La répartition de la population et des électeurs aux Etats-Unis estimée à partir des satellites
d’observation de la Terre. Carte réalisée à partir d’une série d’images du satellite américain
DMSP F16 acquises en 2009 et affichée sous Google Earth.
Crédit image : Earth Observation Group (NGDC/STP/EOG)

 

Note : cet article concerne l'élection de 2012. Un nouvel article sur l'élection de Donald Trump a été publié en novembre 2016.

 

Obama haut la main ?

Nuit blanche pour les français américanophiles… Même si on attend encore les résultats de la Floride, c’est une victoire très nette au niveau des grands électeurs (303 pour Barack Obama et 206 pour Mitt Romney) mais un score beaucoup plus serré si on regarde les votes populaires (un peu plus de 55 millions pour Obama et 54 millions pour Romney), beaucoup plus étroit qu’en 2008. C’est néanmoins une belle victoire pour le candidat démocrate : il lui fallait 270 grands électeurs pour être élu. Les républicains conservant la majorité au congrès, pas de long fleuve tranquille en vue pour son deuxième mandat…

Quel rôle effectif aura joué le black-out causé par l'ouragan Sandy ?

 

Electeurs des villes, électeurs des champs ? La géographie des élections vue de l’espace

Les cartes donnent parfois une impression trompeuse : en 2012, à l’exception du Nouveau Mexique et du Colorado, une grande tache rouge républicaine couvre la partie centrale des Etats-Unis. Deux tâches bleues, les états emportées par les démocrates, l’encadrent sur la côte ouest et au nord-est.

Elections-USA---Obama---Romney---Politico---resultats-hors.jpg

Carte des résultats provisoires des élections aux Etats-Unis publié sur le site Politico.
La carte interactive permettant de voir les détails de chaque état est très instructive.
Crédit image : Politico.

 

Après la bravitude, une influence de la longitude ?

En réalité, une analyse plus fine au niveau géographique, par comté, devrait montrer que c’est davantage un clivage entre les campagnes et les villes qui marque les influences républicaines et démocrates : les grandes villes américaines apportent leurs voix aux démocrates et les campagnes aux républicains. L'image Pléiades des portraits d'Obama et de Romney dans un champ de maïs publiée dans un autre article était trompeuse.

 

Une analyse pour abolir les Mitt…

Dans un texte très intéressant paru en décembre 2007 dans la revue Alternatives Internationales, James G. Gimpel, Professeur de science politique à l'Université du Maryland, analysait les grands facteurs qui polarisent l'électorat américain selon le niveau de revenus, l’origine ethnique, la religion et l'idéologie.

Avec la crise économique et le score beaucoup plus serré qu’en 2008 (Obama a quand même perdu près de 15 millions d’électeurs), il va être très intéressant de voir si les résultats de 2012 confirment les grandes caractéristiques de l’électorat américain.

Pour les résultats en Floride, il faut encore attendre : un peu de délai pour le récepissé après l'élection...

 

Barack reste à la maison (blanche)

Estimer la densité de population à partir d’images satellites prises de nuit ? C’est une des applications étonnantes des satellites DMSP (Defense Meteorological Satellite Program), un programme du département de la Défense (DOD) géré par le SMC (Air Force Space and Missile Systems Center).

L’image publiée dans cet article est produite à partir des données du satellite F16. Chaque satellite DMSP fait le tour de la Terre en 101 minutes sur une orbite héliosynchrone quasi-polaire à 830 km d’altitude.

Ses capteurs visibles et infrarouge (OLS) produisent des images sur une fauchée très large de 3000 km, permettant ainsi une couverture globale de la Terre deux fois par jour. Il y a également d’autres instruments : imageur à micro-ondes, sondeur micro-ondes, capteurs d’environnement spatial (SW).

Quatre satellites DMSP sont actuellement en opération, trois pour des passages jour/nuit et un pour les passages aube/crépuscule (dawn/dusk).

 

La lumière sur un système obscur ? Des grands électeurs pour un grand président

Le système électoral américain est assez déroutant pour les français habitués à élire leur président au suffrage universel direct.

L'élection du président américain se fait au suffrage indirect, via un collège électoral. Chaque Etat a un certain nombre de grands électeurs proportionnel à sa population. Le nombre total des grands électeurs est fixe : 538, avec 435 élus de la Chambre des représentants (un par district), 100 élus du Sénat (2 par état) et 3 élus du district de Columbia (avec la capitale fédérale Washington). Le nombre de districts est défini par la densité de population.

 

Winner takes all…

Dans chaque état, les électeurs (environ 215 millions au total) votent pour des grands électeurs en faveur d’un candidat. La règle très spécifique aux USA est la suivante : le candidat qui obtient la plus de voix emporte l’état avec tous ses grands électeurs. Les états les plus peuplés pèsent très lourd : la Californie avec 38 millions d’habitants et 53 districts dispose ainsi de 55 grands électeurs. Le Texas en compte 38, la Floride 29, l'état de New York 29 également.

 

Même en dehors de Chicago, ça swingue pour Obama…

Avec leurs électeurs indécis, les fameux « swing states » jouent un rôle clé. Ils sont soignés par les deux candidats et examinés à la loupe par les médias et les sondeurs d’opinion : la Floride (souvenez-vous de la mésaventure d’Al Gore en 2000), l'Ohio, la Virginie, le Wisconsin, le Colorado, le Nevada, la Pennsylvanie, l'Iowa, le New Hampshire, la Caroline du Nord, le Michigan et le Minnesota. Ils sont majoritairement dans la partie est du pays et les médias publient des sondages « sortie des urnes » assez tôt.

Les sept États les moins peuplés, comme l’Alaska, le Montana, ou le Wyoming n’ont que trois grands électeurs.

Les grands électeurs jouent donc un rôle plus important que les votes populaires : en 2000, G. W. Bush l’avait emporté devant le démocrate Al Gore malgré un nombre de suffrages plus faibles au niveau national.

C’est le 17 décembre que les grands électeurs éliront formellement le president et son vice-président. La cérémonie d’investiture aura lieu normalement un mois plus tard, le 21 janvier 2013.

 

En savoir plus :

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • A partir de la carte provenant des images DMSP, reconnaître les principales villes américaines et essayer de localiser les états américains.
  • Même jeu en France avec une carte sans noms de ville ni nom de département. Pas si simple…

 

 

Repost 0
3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 22:53

Pleiades - EAU - Abu Dhabi - Ferrari WorldLe célèbre logo au cheval cabré sur le toit du Ferrari World à Abu Dhabi. Extrait d’une image prise par
le satellite Pléiades en février 2012. Copyright CNES -Distribution Astrium Service / Spot Image.

 

Dimanche 4 novembre à 14h00 heure française, départ du Grand Prix d’Abu Dhabi sur le circuit de Yas Marina, aux Emirats Arabes Unis.

Déjà vainqueur en 2011, c’est Lewis Hamilton qui, au volant de sa McLaren, a décroché la pole position à l’issue des essais qualificatifs de samedi. Il partira aux cotés de Mark Webber sur Red Bull.

Petite surprise en fin de journée : le double Champion du Monde en titre, Sebastian Vettel, également sur Red Bull, actuellement en tête du cahmpionnat, partira sur la dernière ligne de la grille de départ : il est sanctionné à cause d'une quantité insuffisante d'essence dans son réservoir à la fin des qualifications. Romain Grosjean partira en cinquième ligne.

Au classement général, avant ce grand prix, Sebastian Vettel est en tête avec 240 points, devant Fernando Alonso, Kimi Räikkönen , Marc Webber et Lewis Hamilton.

 

Pleiades - Abu Dhabi - Grand prix F1 - Circuit Yas MarinaLe Ferrari World et la boucle de 5,554 km du circuit de F1. Dimanche 4 octobre, les pilotes le
parcoureront 55 fois. Extrait d’une image prise par Pléiades en février 2012 pendant la recette en vol.
Copyright CNES - Distribution Astrium Service / Spot Image.

 

Visiblement, le logo Ferrari inspire les responsables de la programmation des satellites à très haute résolution. Le site du Ferrari World et son grand huit ont déjà servi de support à un des quiz du blog Un autre regard sur la Terre en juin 2010.

Ce n’est pas uniquement pour la belle couleur rouge : je vous renvoie à un article sur la résolution des satellites d’observation pour comprendre l’intérêt de ces images et ce qu’elles nous apprennent sur la performance de ces satellites. Sur le galerie d'Astrium GEO-Information Services (pour avoir la meilleure résolution disponible), regardez par exemple les lignes blanches au sol, les rails du grand 8, les navires dans le port, les alignements d'arbres sur la droite de l'image.

 

Pour meubler la fin de l'article...

En haut à droite de la première image, une autre marque est également visible sur le toit d'un des bâtiments, même si elle n'est pas habituellement associée à la Formule 1.

 

Même si l'idée d'un Grand Prix de France (peut-être au circuit Castellet) semble à nouveau d'actualité en 2013, une autre course poursuite aura lieu en France tout début décembre, avec des bolides bien plus rapides que les voitures de Bernie Ecclestone. Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2012, à 3h12 du matin (heure de Toulouse), la quatrième fusée Soyouz lancée de Guyane doit mettre en orbite le satellite Pléiades-1B. Celui-ci rejoindra sur une orbite à 694 kilomètres d'altitude son frère jumeau Pléiades 1A (qui a fourni les images présentées ici) et Spot 6 lancé en septembre dernier. Comme les Formule 1, ils tournent très vite en boucle sur un circuit, avec quelques différences : une vitesse constante un peu supèrieure à 27000 km/h, pas d'arrêt au stand, pas de mécaniciens pour faire le plein ou changer les pneus. Surtout pas de dépassements : Pléiades 1A, Pléiades 1B, Spot 6 et prochainement Spot 7 vont former une constellation de 4 satellites sur la même orbite, écartés de 90° les uns des autres, offrant ainsi la possibilité de prises de vue très rapprochées d'un même site.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d'utilisation pédagogique en classe :

  • En sachant que la longueur totale du circuit de F1 fait 5554 mètres et que les images publiées sur ce blog ont 1200 lignes de 1200 pixels, calculez la taille équivalente d'un pixel. En déduire les dimensions de l'écusson Ferrari visible sur le toit du Ferrari World et la taille des lettres du logo IKEA.

 

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Un autre regard sur la Terre
  • Un autre regard sur la Terre
  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
  • Contact

A Propos De L'auteur

  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

Rechercher

En Savoir Plus Sur Ce Blog...