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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 18:31

 

Satellite Pleiades - Pemex - Abkatun - Oil spill - Marée noire - Campêche - Golfe du Mexique - Avril 2015

La pollution causée par l’explosion de la plate-forme Permanent Abkatun A
de la société Pemex dans le Golfe du Mexique. Extrait d’une image acquise
par le satellite Pleiades-1A le 5 avril 2015 à 16h56 UTC.
La résolution est réduite par rapport à l’image d’origine.
Copyright CNES 2015 – Distribution Airbus DS

 

Ce n’était malheureusement pas un poisson d’avril… Une explosion suivie d’un important incendie s’est produite mercredi 1er avril sur une plateforme pétrolière de la compagnie Petroleos Mexicanos (Pemex) dans le Golfe du Mexique.

Il s’agit d’une plateforme du complexe Abkatun A Permanente, installé dans la baie de Campêche,  au nord des côtes du Mexique, dans la péninsule du Yucatan. Abkatun Permanente est une station de traitement et non d’extraction.

Le jour de l’explosion, l’instrument à moyenne résolution MODIS embarqué à bord du satellite Aqua est passé au-dessus de la zone pendant l’incendie. Le panache de fumée noir qui s’échappe de la plate-forme sur laquelle l’accident s’est produit est bien visible.

 

L'explosion de la plate-forme Pemex dans le golfe du Mexique en avril 2015 - Satellite Aqua - MODIS - Oil spill - Incendie - Abkatun

Le panache de fumée causé par l’incendie de la plateforme Pemex. Extrait d’une
image prise par l’instrument MODIS du satellite Aqua le 1er avril 2015 à 19h30 UTC.
Crédit image : NASA / MODIS Rapid Response

 

Poison d’avril

Cet incendie a entraîné l’évacuation de 300 personnes travaillant sur site. Huit bateaux-pompes ont été mobilisés pour lutter contre l’incendie. Un bilan provisoire fait état de quatre morts et seize blessés. Il y a également trois disparus.

En indiquant qu’une pollution majeure avait pu être évitée, Pemex confirme cependant que du pétrole s’est échappé en mer et créé une nappe de pollution. Cette nappe d’hydrocarbure est bien visible sur l’image prise par le satellite Pléiades et présentée en haut de cet article.

En voici, un extrait en pleine résolution :

 

Satellite Pleiades - CNES - Airbus Defence and Space - Explosion plate-forme Pemex - Avril 2015 - Pollution hydrocarbure

Les navires d’intervention après l’accident de la plate-forme Permanent Abkatun
de  la société Pemex dans le Golfe du Mexique. Extrait d’une image acquise
par le satellite Pleiades-1A le 5 avril 2015 à 16h56 UTC.
Copyright CNES 2015 – Distribution Airbus DS

 

Si vous lisez régulièrement le blog un autre regard sur la Terre, vous savez que les images des satellites radar (SAR pour Synthetic Aperture Radar) sont très utiliser pour localiser les nappes d’hydrocarbure. Je n’ai pas encore trouvé d’image SAR publiée sur cet accident. Il y a eu sans aucun doute des acquisitions multiples par des satellites tels que TerraSAR-X, Cosmo-Skymed ou Radarsat.

Voici par exemple un extrait d’image « quicklook », les vignettes en résolution très réduite, qu’on peut consulter sur le catalogue Geostore d’Airbus Defence and Space. Il s’agit d’une image acquise par le satellite allemand TerraSAR-X le 3 avril 2015 à 0h12 UTC en mode d’acquisition dit « wide swath ». Les navires d’intervention et les plateformes apparaissent comme des points brillants.

 

TerraSAR-X - Oil spill - Golfe du Mexique - Pemex - Baie de Campêche - Marée noir - explosion plate-forme

 

 

Geostore - Airbus Defence and Space - Recherche images - Pleiades - SPOT - TerraSAR-X - Oil spill - pollution

Extrait d’un « quicklook » d’une image SAR acquise le 3 avril 2015 par le satellite TerraSAR-X.
Crédit image : DLR – Distribution Airbus DS. En bas, résultats d'une recherche
d'images satellite sur le catalogue Geostore d'Airbus Defence and Space.

C’est ce genre d’image que l’Agence Européenne de Sécurité Maritime (EMSA) utilise abondamment pour détecter les pollutions accidentelles ou volontaires (dégazages). C’est une des missions du satellite européen Sentinel-1 lancé en avril 2014 dans le cadre du programme Copernicus.

 

Campêche : quand on ne pêche pas…

Créée en 1933 sous le nom de Petromex, Pemex est la deuxième compagnie pétrolière d’Amérique latine, le sixième producteur de pétrole brut dans le monde. En 2014, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 108 millions de dollars US (123 en 2013). Pemex a déjà connu desaccidents dus à ses activités : En 2013, au moins 37 personnes mourraient suite à une explosion à Mexico. En 2012, 26 personnes sont décédées au cours d’un incendie sur un site de production de gaz. Le dernier incendie important dans la baie de Campêche remonte à 2007 (Kab 121). Il avait entraîné la mort de 23 ouvriers.

En juin 1979, un autre accident sur la plateforme Ixtoc I de Pemex dans la baie de Campêche avait causé une pollution catastrophique : il avait fallu 9 mois pour venir à bout de la fuite et la pollution avait atteint la côte du Texas. Cette catastrophe est considérée comme l’une des pires marées noires de l’histoire : avec plus de 3 millions de barils, soit 480.000 m3 (les estimations varient du simple au triple) tonnes de pétrole brut répandues dans l’océan, c’est environ deux fois l’Amoco Cadiz ou 4 fois le Torrey Canyon (1967).

Plus récemment, on se souvient surtout en avril 2010, presqu’exactement quatre ans plus tôt, de l’incendie de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon exploitée par BP dans le golfe du Mexique, à 80 kilomètres au large de la Louisiane. Cette catastrophe a donné lieu à plusieurs articles sur le blog Un autre regard sur la Terre.

Selon le CEDRE, (Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux), La catastrophe Deepwater Horizon est l'équivalent de 40 Erika, de 20 Exxon Valdez ou de 3,5 Amoco Cadiz. Dans un bilan publié en septembre 2011, le responsable des opérations d’intervention (On Scene Coordinator Report, Deepwater Horizon Oil spill, submitted to the National Response Team), estime qu’au total 780.000 m3 (soit 4.900.000 barils) d'hydrocarbures se seraient déversés (page 33 du rapport). 17% auraient été récupérés au niveau de la tête du puit, 5% brûlés, 3% récupérés en surface… Sans compter la quantité impressionnante de produits dispersants utilisés.

Si vous cherchez à vérifier ces chiffres ou à en trouver d’autres, vous serez certainement des écarts importants entre les sources. Attention également aux unités : baril, m3, tonne, gallon… On s’y perd facilement assez facilement. C’est d’ailleurs probablement un sujet qui peut être exploité en classe avec des élèves en passant en revue différentes sources ou articles de presse.

 

En savoir plus :

 

 

 

 

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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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