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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 21:08

 

Comète 67P - Rosetta - Anaglyphe 3D - Churyumov-GerasimenkImage 3D du noyau de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Anaglyphe créé à partir de deux
images acquises par l’instrument OSIRIS de la sonde Rosetta. Crédit image : ESA / Rosetta / MPS
pour l’équipe OSIRIS MPS / UPD / LAM / IAA / SSO / INTA / UPM / DASP / IDA

 

Dommage pour Svetlana Ivanovna : dans les media, la comète Churyumov-Gerasimenko est maintenant souvent nommée 67P, Chury ou Tchoury. Voici donc 67P en 3D.

 

Chute, on tourne…

Depuis sa sortie d'hibernation en janvier 2014, la sonde européenne Rosetta a commencé depuis le début du mois d'août les manœuvres de mise en orbite autour de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Selon l’activité du noyau, Rosetta pourrait “descendre” jusqu’à 30 km voir 10 km. Ce n’est pas encore une orbite au sens propre : la sonde Rosetta utilise encore actuellement son système de propulsion pour décrire une trajectoire en fore de triangle arrondi. C’est seulement au mois de septembre que Rosetta sera véritablement en orbite autour du noyau de la comète, soumise à son attraction gravitationnelle.

Les observations effectuées actuellement par Rosetta, en particulier avec la caméra à champ étroit Osiris, ont maintenant pour objectif de préparer la grande première prévue en novembre 2014 : faire atterrir le passager de Rosetta, Philae, sur le noyau de la Comète. Un vrai problème, sans gravité : c’est justement la faible attraction du noyau, dont la plus grande dimension est inférieure à 5 kilomètres, qui rend extrêmement complexe cette manœuvre d’atterrissage sur un petit corps.

 

Des pépins avec le noyau…

Plusieurs dispositifs ont été prévus pour maximiser les chances de succès de cette chute à faible gravité : harpon, « vis à glace », par exemple, pour éviter les rebonds.

Dernière petite complication : la forme du noyau.

 

Finalement, ce n’est pas un canard

En tout cas pas aussi lisse qu’un canard en plastique de salle de bain ! La forme étonnante du noyau, presqu’un double noyau, de la comète a donné lieu à des comparaisons variées, haricot, cacahuète ou canard jouet. J’ai une préférence pour la dernière version mais si elle manque un peu de poésie.

Le moins qu’on puisse dire c’est que la surface du noyau est assez tourmentée. Ce n’est pas exactement une belle boule de glace couverte d’une lisse couche de poussière… Cela fait davantage penser à la surface de la lune avec ses cratères. Ou un double-noyau de pêche. Une belle pierre de Rosette en perspective pour les astronomes…

Rosetta - Au plus près du noyau de la comète - Un canard

C’était une illusion : le noyau de 67P
n’est pas un canard.
Crédit image : Gédéon

Comme pour le rover Curiosity avant son atterrissage sur Mars en août 2012, les équipes de scientifiques qui travaillent sur Rosetta, avec l’ESA, le CNES et le DLR (l’agence spatiale allemande) sont donc en train de procéder à une cartographie complète du noyau de la comète dans le but d’identifier des sites d’atterrissages possibles.

 

Rosetta - 67P - Choix site d'atterrissage PhilaePrésentation des premiers modèles 3D du noyau de la comète 67P. Conférence à l’ESTEC
le 6 août 2014 par Stefan Ulamec, le chef de projet Philae au DLR. Crédit image : ESA / J. Mai

 

Objectif : trouver un grand terrain de football, à savoir une surface « assez plate » de 200 mètres de côté.

A partir des cibles possibles qui vont être identifiées, le groupe de travail de sélection des sites d’atterrissages proposera 5 candidats préférés. C’est l’objectif du séminaire de travail qui se tiendra du 22 au 24 août prochain. La destination définition sera ensuite choisie parmi ces cinq candidats.

 

Un noyau en relief

Vous vous souvenez de l’image de la Lune en 3D réalisée à partir de deux images acquises par le satellite Pleiades-1A. C’était un anaglyphe, une représentation particulière de couples stéréo qui permet de percevoir le relief en utilisant des lunettes spéciales avec verres colorés rouge et vert ou bleu.

Vous en avez certainement à la maison : des anaglyphes sont régulièrement publiés dans les revues ou les journaux pour enfants. Peut-être dans une vieille boîte de céréales…

 

Halley les verres…

J’espère que vous avez gardé ces superbes lunettes : l’ESA vient de publier un anaglyphe du noyau de la comète à partir d’images de la caméra OSIRIS de Rosetta alors que la sonde était à 104 kilomètres du noyau de la Comète.

 

Etoile polaire et épipolaire

Voici les deux images de la camera OSIRIS qui ont été utilisées. Leur résolution est d’environ deux mètres, comparable à celle des images de la Terre prises par le satellite Spot 7. Elles ont été acquises à 17 minutes d’intervalle. Comme pour les deux yeux d’un observateur humain ou pour le satellite Pléiades qui se déplace sur son orbite, c’est la différence entre les deux points de vue (appelée « base ») qui permet de mesurer le relief. Je suis curieux de connaître la configuration de la prise de vue, c’est-à-dire la position des 3 points suivants : le « centre » du noyau et la position de Rosetta pour chacune des deux images. En 17 minutes, à une vitesse de 15,61 km/s, le noyau de la comète a parcouru près de 16000 kilomètres. Rosetta à peu près autant…

 

Comète 67P - Rosetta - Churyumov-Gerasimenko - A Comète 67P - Rosetta - Churyumov-Gerasimenko - B

Les deux images de la caméra OSIRIS qui ont été utilisée pour créer l’anaglyphe du noyau de
la comète Churyumov-Gerasimenko présenté dans cet article. Images acquises le 7 août 2014
à une distance de 104 kilomètres du noyau de la Comète.

 

La comète 67P / Churyumov-Gerasimenko est actuellement à environ 409 millions de la Terre et 531 millions de kilomètres du Soleil. Elle poursuit son périple qui l’amènera, avec Rosetta, au plus près du soleil (le périhélie) dans presque exactement un an : ce sera le 13 août 2015. La comète sera alors à 186 millions de kilomètres du Soleil, soit 1,24 unités astronomiques. De nouvelles belles nuits des étoiles en perspective...


En savoir plus :

 

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  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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