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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 22:00

WorldView-2 - Belfast - 03-11-2013 - ExtraitWish à Belfast en Irlande du Nord. Extrait d’une image prise par le satellite WorldView-2
le 3 novembre 2013. Crédit image : Digital Globe

 

Tous mes vœux pour une excellente année 2014 !

Une image avec le sourire d’un enfant, surtout un enfant originaire de Belfast, me paraît bien illustrer ce qu’on peut souhaiter de mieux pour l’année à avenir : que tous les enfants du monde aient le sourire sur les lèvres tout au long de l’année à venir et soient tenus à l’écart des conflits, des crises économiques et des problèmes environnementaux qui nous menacent.

En espérant aussi que les hommes aient le courage, la détermination et l’intelligence de s’attaquer à des questions difficiles qui les menacent non seulement à court terme mais également mettent en jeu l’avenir des générations futures.

J’ai hésité entre plusieurs images pour le premier article de l’année 2014 : une œuvre qui s’intitule WISH m’a finalement semblé être un bon choix.

 

Wish une œuvre monumentale et temporaire pour l’édition 2013 du Ulster Bank Belfast Festival at Queen’s

C’est l’artiste américano-cubain Jorge Rodriguez-Gerada qui a créé ce portrait. Jorge Rodriguez-Gerada aime les portraits mais en grand… très grand format, sur des façades immeubles ou sur des terrains.

A Belfast, pour Wish, c’est sur un terrain de près de cinq hectares dans le quartier Titanic que le portrait géant d’une petite fille a été réalisé à l’occasion de l’édition 2013 du Ulster Bank Belfast Festival at Queen’s qui a démarré le 17 octobre 2013 : en utilisant des relevés GPS très précis, des dizaines de bénévoles ont commencé par dessiner les contours de l’image avec 30000 piquets de bois. Des milliers de tonnes de sable et de terre et des végétaux ont ensuite été utilisés pour matérialiser l’image de la petite fille. Ce travail a demandé quatre semaines d’efforts. Il devait rester en place jusqu’à la fin de l’année 2013.

 

 

   Sur Youtube, une visite aérienne du portrait Wish à Belfast.

 

Prendre du recul pour mieux voir :

Le portrait n’est visible que des hauteurs de la ville, d’avion ou encore… de satellite. Ici, c’est le satellite WorldView-2 qui a immortalisé ce portrait géant le 3 novembre 2013.

 

WorldView-2 - Belfast - 03-11-2013Wish à Belfast en Irlande du Nord. L’image du satellite WorldView-2 publiée sur la page Facebook
de Digital Globe. Un des cinq finalistes pour devenir l'image de l'année 2013.
Crédit image : Digital Globe

 

Après une première sélection par les internautes, cette image étonnante fait partie des 5 images finalistes pour devenir l’image de l’année 2013 (Top image Contest - 2013). Les quatre autres images sont la citadelle d’Alep en Syrie, l’île de Galešnjak en Croatie, déjà mise à l’honneur dans un article sur la Saint-Valentin, le Vésuve près de Naples en Italie ou une boucle du Colorado dans l’Utah.

Vous pouvez encore voter pour l’image que vous préférez sur la page Facebook créée spécialement pour l’occasion. Si vous aimez l'image Wish, il est encore temps de la soutenir avant l'annonce des résultats définitifs.

 

Un autre regard sur la Terre en 2014

J’espère que les articles du blog Un autre regard sur la Terre publiés en 2014 continueront à vous intéresser et vous donneront envie de les partager sur les réseaux sociaux : c’est un des supports sur lequel je compte mettre l’accent en 2014.

Si vous appréciez ce blog et que vous êtes un adepte des réseaux sociaux, prenez le temps de partager les articles qui vous plaisent avec vos amis : je cherche à évaluer dans quel mesure ce relais viral fonctionne avec des contenus pédagogiques.

J’espère surtout que ce blog vous incitera à mettre en pratique un des principes de l’observation de la Terre : prendre du recul pour mieux voir. Au sens propre mais aussi au sens figuré : toujours se poser des questions, ne pas prendre pour argent comptant ce qu’on trouve sur Internet, continuer à exercer son esprit critique… Lire entre les lignes d’un texte ou entre les pixels d’une image…

Si vous êtes enseignant, j’espère que la deuxième partie de l’année scolaire à venir vous permettra d’exercer votre métier dans de bonnes conditions avec vos élèves, en leur donnant envie de continuer à approfondir par eux-mêmes les matières que vous enseignez.

Je souhaite aussi que les élèves qui préparent des examens ou des concours, quel que soit leur niveau, aient beaucoup de réussite et que les jeunes diplômés trouvent rapidement un emploi dans leur domaine : ce n'est pas si évident en ce moment...

Bonne année 2014 !

 

En savoir plus:

 

 
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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 23:07

 

ATV-4 - Albert Einstein - reentry - rentrée - 02--copie-1Extrait de la série de photographies de la rentrée atmosphérique de l’ATV-4 Albert Einstein publiée
le 5 novembre 2013 par l’Agence Spatiale Européenne. Crédit image : ESA / NASA

 

Dans l’article précédent sur le désamarrage (undocking) et la rentrée contrôlée (reentry) de l’ATV-4 Albert Einstein, j’avais indiqué qu’une série de manœuvres particulière avait été prévue pour tenter de prendre des photographies de la rentrée atmosphérique depuis la Station spatiale Internationale.

Les images transmises en temps réel n’étaient pas très spectaculaires mais ce qui vient d’être publié par l’ESA sur sa page flickr le 5 novembre 2013 est beaucoup plus intéressant.

En voici quelques extraits… Je vous recommande vivement de voir l’ensemble des images sur la page flickr de l’ESA.

 

Einstein at Home : la désintégration

Après cinq mois en orbite attaché à l’ISS, la dernière étape de la mission du quatrième véhicule de transfert automatique, l’ ATV-4 Albert Einstein, a eu lieu le 2 Novembre 2013 à 12:04 UTC : la rentrée atmosphérique et la combustion par frottement dans les hautes couches de l’atmosphère, au-dessus d’une zone inhabitée de l'océan Pacifique. Le 28 octobre 2013, l’ATV s’était séparé de la Station Spatiale Internationale avec environ 1600 kg de déchets.

 

ATV-4 - Albert Einstein - reentry - rentrée - 02-11-2013 -ATV-4 - Albert Einstein - reentry - rentrée - 02--copie-2Deux autres photographies de la rentrée atmosphérique de l’ATV-4 Albert Einstein publiées
le 5 novembre 2013 par l’Agence Spatiale Européenne. Crédit image : ESA / NASA

 

Cette série de photographies a été prise alors que l’ATV-4 Albert Einstein était à environ 100 km d’altitude, pratiquement sous l’ISS. Ce sont les premières photographies d'une rentrée atmosphérique d’ATV depuis celle de l’ATV-1, alias Jules Verne, en 2008. A ma connaissance, pour l'ATV-1, les images avaient été prises à parir d’un avion à haute altitude.

 

 

ATV-4 reentry - rentrée ATV-4 - ESA Flickr galleryVue d'ensemble de la galerie de photographies de la rentrée atmosphérique de l'ATV-4 publiées
sur Flickr par l'Agence Spatiale Européenne. Crédit image : ESA / NASA

 

Il y a même une animation de qualité qui a été réalisée par Vladimir Jankijevic à partir de ces photographies et publiée sur youtube :

 

 

L'animation publiée sur Youtube
 

 

 

En savoir plus :

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 13:53

Federal Government Shudown - JPL - Octobre 2013

La page d’accueil du Jet Propulsion Laboratory de la NASA. Copie d’écran effectuée le 2 octobre 2013

 

Anniversaire sans gâteau et sans site Internet

Il y a cinquante-cinq ans, presqu’un an après le lancement de Spoutnik, le 1er octobre 1958, la NASA (National Aeronautics and Space Administration) devenait officiellement agence fédérale des États-Unis en charge des activités spatiales américaines. C'est le 29 juillet 1958 que président Eisenhower signait la loi instituant la National Aeronautics and Space Administration (NASA) afin de gagner la "course à l'espace" engagée contre l'URSS.

Avec 8000 employés, la NASA démarre alors ses activités avec trois centres de recherche de la NACA (National Advisory Committee for Aeronautics) et une partie de l’Army Ballistic Missile Agency, le but étant de coordonner l’effort spatial américain en réaction aux succès soviétiques.

A l’époque, il n’y avait pas encore de site web. C’est dans Life magazine qu’on pouvait voir les photographies des grandes premières spatiales.

 

Un shutter control inhabituel : « Obamacare » contre réduction du déficit de 1800 milliards sur dix ans

Le 1er octobre 2013, pas de site web non plus, pour des raisons différentes. Pas de trace de vie sur Mars ni à la NASA... Les amateurs de photographies de Hubble, des sondes interplanétaires, de la station spatiale internationale ou des satellites d’observation de la Terre devront prendre leur mal en patience.

 

« Shutdown », la fermeture des services fédéraux aux Etats-Unis.

C’est la conséquence d’un bras de fer entre démocrates et républicains sur le budget l'exercice 2014 qui démarre le 1er octobre : l'arrêt pour une durée indéterminée de plusieurs administrations et services fédéraux. Au total, 800 000 fonctionnaires sont mis en congés sans solde. Les parcs nationaux, par exemple le parc Yosemite qui fête également son 123ème anniversaire, sont fermés au public. 1 200 000 autres personnes, en charge de missions jugées vitales ou essentielles, continuent à travailler. C’est le cas par exemple de ceux qui opèrent la station spatiale internationale (ISS). Les 18.000 employés de la NASA doivent rester chez eux sans paie.

 

Jeu dangereux

C’est rapide et brutal mais ce n’est pas une première : les USA ont déjà connu 17 "shutdowns", qui ont duré parfois plusieurs semaines. En 95 et 96, c’était déjà Medicare, une réforme du système de santé voulue par Bill Clinton qui était à l’origine du blocage. Les républicains se souviennent certainement que c’est un jeu dangereux : en 1996, Bill Clinton remporta un second mandat avec une avance confortable (49,2 % des voix contre 40,7 %) sur le républicain Bob Dole.

Ce n’est pas non plus une fermeture virtuelle : les économistes estiment le coût du shutdown à plusieurs milliards de dollars par semaine, avec un impact possible sur la croissance américaine.

 

Page d’accueil : bienvenue mais pas aujourd'hui

Le shutdown, la fermeture, affecte toutes les agences en charge de l’observation de la Terre, de la météorologie, de la science et de l’environnement. Ces organismes publient très régulièrement des images que je reprends sur le blog Un autre regard sur la Terre. Il faudra patienter un peu.

Dans une lettre d’information publiée le 2 octobre, le bureau du CNES aux Etats-Unis donne quelques précisions très intéressantes. Ainsi, 97% des employés de la NASA ont été mis à l’arrêt forcé (« furloughed ») : seuls 549 des 18250 employés travaillent actuellement. Selon la durée du « shutdown », il pourrait y avoir un impact sur le lancement de la mission martienne MAVEN, prévu pour le 18 novembre : le pas de tir du Kennedy Space Center (KSC) est une installation fédérale. La fenêtre de lancement est de 20 jours. Si elle était ratée, il faudrait attendre 26 mois la prochaine opportunité de lancement.

A court terme, le robot Curiosity poursuit sa mission : il est principalement opéré depuis le Jet Propulsion Laboratory (JPL), qui est certes un centre de la NASA, mais géré par le Caltech (California Institute of Technology). Idem pour L’Applied Physics Lab (APL) de l’Université Johns Hopkins qui fait fonctionner les missions Messenger and New Horizons.

 

Federal Government Shudown - NASA - Octobre 2013La page d’accueil de la NASA pendant le shudown. Sobre… Copie d’écran réalisée le 2 octobre 2013

 

A la NOAA, l’impact du « shutdown » semble plus limité : 45% des 12001 employés devraient poursuivre leurs activités. Les 3935 employés du National Weather Service, en charge des activités de météorologie, de surveillance et prévention des catastrophes naturelles, continuent leurs activités quotidiennes normalement. La NOAA (National Ocean and Atmosphere Administration) se limite donc actuellement aux alertes sur les phénomènes météorologiques dangereux. Voilà le message visible sur sa page d’accueil le 2 octobre. Cela ressemble un peu à une faire-part de décès...

 

Federal Government Shudown - NOAA - Octobre 2013La page d’accueil de la NOAA pendant le shudown. Copie d’écran réalisée le 2 octobre 2013

 

Même chose pour l’USGS (US Geological Survey) qui opère notamment le satellite Landsat 8. Par contre, certaines parties des sites restent accessibles. C’est le cas par exemple de EarthExplorer sur le site de l’USGS ou de MODIS Rapid Response sur le site de la NASA (voir à la fin de cet article une image de la tempête tropicale Fitow acquise le 2 octobre par le satellite Terra) ou encore du National Hurricane Center (NHC) de Miami.

 

Federal Government Shudown - USGS - Octobre 2013Federal Government Shudown - DOD - Octobre 2013Les pages d’accueil de l’USGS et même du DOD (Department of Defense) pendant le shudown.
Copie d’écran réalisée le 2 octobre 2013

 

Terra - MODIS - Tempête tropical Fitow - 02-10-2013La tempête tropicale Fitow qui menace le Japon. Image acquise le 2 octobre 2013 par
l’instrument MODIS du satellite Terra. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

En savoir plus :

 

 

 

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 23:21

 

Pleiades---Meteorite---Lac-Tchebarkul---Russie---Fevrier-2.jpgLe lac de Tchebarkoul en Russie. Image acquise le 22 février 2013 par le satellite Pléiades.
A la surface du lac gelé, un trou causé par l’impact d’un fragment de météorite.
La résolution est réduite par rapport à l’image d’origine.
Copyright 2013 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Tcheliabinsk ou Tchebarkoul ?

L’endroit de la désintégration et des dégâts ou le lieu où les débris ont été trouvés ? Selon le cas, le nom change… L’Union Astronomique Internationale (IAU) l’a désigné officiellement super-bolide de Tcheliabinsk.

Le 15 février 2013, à 3h20 UTC (soit 9h20 en heure locale), sa chute dans la région russe de Tcheliabinsk, au sud de la chaîne de l’Oural et pratiquement à la latitude de la mer d’Aral, avait fait près de 1500 blessés et endommagé des centaines d’habitations et de bâtiments.

Suivant une trajectoire du sud-est vers le nord-ouest, le météore s’est désintégré dans l’atmosphère, en créant une onde de choc, qui a soufflé les vitres de nombreux bâtiments et causé la pluparts des blessures.

Interviewé par le site Futura Sciences, Detlef Koschny, responsable des objets géocroiseurs au bureau de surveillance de l’espace de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), indique : « normalement, les premiers dégâts apparaissent quand la pression d’air est cinq fois supérieure à la pression normale au niveau de la mer. Un grand nombre de fenêtres peuvent se briser lorsque cette valeur est dépassée de 10 à 20 fois. »

Deux jours plus tard, alors que l’absence de fragments au sol alimentait la théorie du complot (par exemple essai d’une nouvelle arme), des scientifiques de l'université de l'Oural ont retrouvé des morceaux de météorites sur le lac gelé de Tchebarkoul, à 70 kilomètres au sud-ouest de la ville de Tcheliabinsk.

 

Le poids des NEO, le choc des photos

Un trou d’environ huit mètres de diamètre avait été découvert vendredi 15 février. L’image présentée ici a été publiée par Astrium-GEO-Information Services dans sa galerie d’images Pléiades. Sur un extrait en très haute résolution, on voit nettement l’orifice sur la surface gelée du lac au milieu des nombreuses traces qui convergent vers l’impact.

Même si les plongeurs envoyés dans le lac n’ont pas trouvé de débris, il ne fait pas de doute que c’est un des fragments qui est à l’origine du trou (il est question d’un morceau de 60 cm de diamètre)

Dans une interview à RIA Novosti, Viktor Gorokhovski, chef de l'expédition scientifique de l'Université fédérale de l'Oural, précise qu’une centaine de morceaux de roche brûlée ont été retrouvés : la plupart ont une taille comprise entre 1 mm et 1 cm, le plus gros pèse plus d’un kilogramme. Ces fragments sont très petits par rapport à la taille du géo-croiseur avant sa désintégration dans l’atmosphère : les spécialistes estiment que le super-bolide mesurait environ 17 mètres de diamètre pour une masse comprise entre 7000 et 10000 tonnes.

 

Pleiades---Meteorite---Lac-Tchebarkul---Russie---F-copie-1.jpgPleiades---Meteorite---Lac-Tchebarkul---Russie---F-copie-2.jpgDeux extraits de l’image Pléiades du lac de Tchebarkoul en Russie centré sur le trou créé par la
chute de la météorite. Copyright 2013 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

L'étude des fragments du météorite de Tcheliabinsk avec des microscopes à balayage et des chromatographes et spectromètres de masse a permis de déterminer qu’il s’agissait d’un chondrite ordinaire, une catégorie de météorite, avec un taux de fer faible, mais avec des billes de silicate (les chondres) relativement grandes.

 

Surveiller l’espace…

Actuellement, il y a plus de 600.000 astéroïdes connus dans notre Système solaire, dont 9.000 NEO (Near-Earth Objects). Dans le cadre de son programme de surveillance de l’espace, l’ESA met régulièrement à jour une liste des objets géocroiseurs.

Ces objets, comme l’astéroïde 2012 DA 14 qui a également survolé la Terre le 15 février à une distance de 28000 km, ont ainsi été détecté récemment par les astronomes. Ce n’est qu’un début : les capacités d’observation doivent être augmentées pour améliorer la performance de détection. Surveiller tout l’espace autour de nous pour détecter des petits objets, c’est un sacré défi !

 

Des satellites météo pour les météores

Avant le satellite Pléiades, l’entrée du météore dans l’atmosphère avait été détectée par les satellites d’Eumetsat, l’agence européenne chargée de l’exploitation des satellites météorologiques.

Les deux images suivantes ont été acquises respectivement par Meteosat-9 et Meteosat-7.

  • La première image (en noir et blanc) correspond au canal visible (HRV) de Meteosat 9. Elle a été acquise à 3h15 UTC le 15 février 2013.
  • La seconde image dans le canal infrarouge infrarouge (longueur d’onde de 3,9 µm) montre la traînée météoritique après sa désintégration. Sur son site, Eumetsat présenté une séquence vidéo de quelques images acquises ) entre 3h00 et 6h00 UTC qui montre la dispersion du « nuage chaud » créé par cette désintégration.


Meteosat-9---HRV---Meteore-Tcheliabinsk---15-02-2013---3h.jpgMeteosat-7---IR---Rentree-atmospherique---Meteore-Tchel.pngDeux images acquises par les satellites Meteosat-9 et Meteosat-7 le 15 févier 2013.
En haut, image dans le spectre visible acquise à 3h15 UTC. En bas, image acquise
dans le canal infra-rouge thermique à 3h30 UTC. Crédit image : Eumetsat.

 

Les fans de Tom Clancy et de la guerre froide imagineront certainement un scénario où une guerre nucléaire est évitée de justesse grâce à la perspicacité de Jack Ryan après la chute d’une grosse météorite.

 

La reconstitution de la trajectoire du météore

Le télégramme électronique n°3423 du CBAT (Central Bureau for Astronomical Telegrams) de l’Union Astronomique Internationale donne quelques précisions sur la trajectoire du super-bolide, fournies par des chercheurs de l’académie des sciences de la République Tchèque. Leurs calculs s’appuient sur des séquences vidéo filmées depuis le sol :

  • La séquence utile des enregistrements dure environ 16 secondes : l’altitude décroît d’environ 92 km à 15 km et la vitesse passe de 17,5 km/s à 12 km km/s puis 4 km/s.
  • La trajectoire est observée sur 254 km avec un azimut d’environ 280°. En fin de trajectoire, l’angle de descente est de 16,5° par rapport à l’horizontale.
  • La reconstitution indique que la fragmentation a commencé à environ 32 kilomètres d’altitude. L’onde de choc aurait été générée entre 25 et 30 kilomètres d’altitude.
  • Toujours selon ces calculs, le fragment le plus gros à toucher le sol pourrait peser entre 200 et 500kg.

Le message du CBAT donne également une estimation des paramètres orbitaux.

 

En savoir plus :

 

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 08:20

14 février, jour J de la Saint-Valentin…

Surtout ne pas oublier les mots doux, les roses rouges ou les autres petits cadeaux !

Le surlendemain du vote solennel du texte sur le « mariage pour tous » adopté après 110 heures de débat et près de 5000 amendements passés en revue, la Saint-Valentin 2013 prend une nouvelle dimension. Au sénat, à partir du 2 avril, la majorité espère un vote conforme pour éviter un nouveau débat marathon en seconde lecture.

 

Si le cœur vous en dit, un petit tour des cœurs autour du monde…

Je ne suis pas fana des roses : comme l’année dernière à la même époque, je préfère vous offrir de nouveaux exemples d’images montrant des formes de cœur étonnantes à la surface de la Terre, vues par les satellites d’observation.

 

Pléiades - Coeur de Voh - Nouvelle-Calédionie -Saint-ValeEn Nouvelle Calédonie, le cœur de Voh vu par le satellite Pléiades.
Copyright 2012 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image.
 

 

Le voyage commence à une heure de la ligne de changement de date dans l’hémisphère sud : c’est le cœur de Voh sur la Grande-Terre. A environ 164° de longitude est et 21° de latitude sud, il a été popularisé en 1990 par une photographie de Yann Arthus-Bertrand sur la couverture de son livre « La Terre vue du ciel ». Ici pas d’hélicoptère ou d’ULM : depuis son orbite à 694 kilomètres d’altitude, c’est le satellite Pléiades 1B qui a pris cette image le 6 décembre 2012, quelques jours après son lancement, le bilan de santé et l’acquisition des premières images.

 

Cupidon à Matuku : un bon choix pour le changement de date

On reste dans l’hémisphère sud, pratiquement à la même latitude mais tout près de la ligne de changement de date, à 179°45’ de longitude est : voici Matuku, une île volcanique de l’archipel des Fidji. Au sein d’un ensemble nommé YasaYasa Moala, Matuku couvre une surface d’environ 57 km2. Son altitude ne dépasse pas 385 mètres. Elle est vue ici par l’équipage de l’expédition n°4 de la Station Spatiale Internationale en mai 2002.

 

ISS - Fiji - Matuku Island - Saint-Valentin - Coeur - ISS004-Dans le Pacifique Sud, Matuku, une des îles des Fidji, photographiée par l’équipage de l’ISS
en mai 2002. Crédit image : NASA.

 

Jeudi, Robinson retrouve Vendredi

Une forme étonnante ? Pas tant que cela : parmi les 322 îles de l’archipel des Fidji, les formes, le relief (certains sommets atteignent 1200 mètres) et les couleurs des îles et des lagons proposent de belles destinations pour des voyages de noces ou des vacances en amoureux. Même pour ceux qui cherchent la solitude : seul un tiers des îles est habité

Regardez par exemple cet extrait d’une image prise par le satellite Aqua en juillet 2012. C’est l’hiver dans l’hémisphère sud mais cela donne quand même envie d’y aller… Un léger traitement a été appliqué par Planète Sciences Midi-Pyrénées pour rehausser le contraste mais les couleurs ne sont pas trop exagérées.

Au sud-ouest de Wallis et Futuna, les deux îles principales sont Vanua Levu et Viti Levu. C’est sur cette dernière qu’est implantée la ville de Suva, la capitale de la République des Fidji.

 

Aqua - MODIS - Fidji - Saint-Valentin - Coeur - 202-2011-bExtrait d’une image acquise par le capteur MODIS du satellite Aqua en juillet 2012.
Crédit image : NASA / GSFC – MODIS Rapid Response

 

Shark bay : escale chez les squales

Une dernière étape pour notre voyage de noces dans l’hémisphère sud en Australie, à 800 kilomètres au nord de Perth, dans la région le plus à l’ouest de l’australie. C’est Shark Bay, sur une surface d’environ 8000 km2 mais une profondeur moyenne de moins de 10 mètres. La baie Shark est un site écologique très important : inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1991, elle abrite dauphins, requins, reptiles et de nombreux espèces d’oiseaux, mammifères et poissons. L’extrait présenté ici provient d’une image acquise par le satellite Spot 5 en 2005. Elle est pivotée de 90° par rapport à l’orientation d’origine.

 

Spot 5 - Australie - Bay Shark - Coeur - Saint-Valentin - 2Au cœur de Bay Shark en Australie. Extrait d’une image prise par le satellite Spot 5 en 2005.
Copyright CNES 2005 – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Retour dans l’hémisphère nord…

Un grand saut au-dessu de l'équateur et nous voici en Russie, plus précisément dans le delta du fleuve Don qui se jette en Mer d’Azov. En ce moment, sous la neige… L’image que j'ai retenue pour la Saint-Valentin a été prise par le satellite Spot 5 en plein été, à la fin du mois de juillet 2007.

 

Spot 5 - Russie - Mer Azov - Don - Coeur - Saint Valentin -En Russie, le fleuve Don rejoint la mer d’Azov. Extrait d’une image prise par le satellite Spot 5
le 30 juillet 2007. Copyright CNES 2007 – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Plus à l’ouest, une autre île des amoureux : c’est l’île de Galesnak en Croatie. L’an dernier j’avais publié une image prise par le satellite ALOS. Celle-ci provient de Pléiades 1B : comme l’image du cœur de Voh, elle a été prise le 6 décembre 2012 et publiée sur le blog « La tête en l’air » du CNES. En décembre, la météo est moins sympathique que celle des îles Fidji : un voile de brume atténue un peu le contraste de l’image.

 

Pléiades - Galesnak - Croatie - Saint-Valentin - coeur - 0En Croatie, lovers’ island : l’île de Galesnak. Extrait d’une image prise par le satellite Pléiades 1B
le 6 décembre 2012. Copyright CNES 2012 – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Amour de 30 ans

Pour terminer, tout près de nous, un dernier cœur, au nord de Marseille, capitale européenne de la culture pour l’année 2013 : c’est le réservoir du Vallon Dol, également vu par le satellite Spot 5.

 

Spot 5 - Marseille - Saint-Valentin - Vallon dol - coeurAu nord de Marseille, le réservoir de Vallon Dol. Extrait d’une image prise par le satellite Spot 5.
Copyright CNES 2005 – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Mis en service il y a trente ans, le 3 février 1973, le réservoir du Vallon Dol est implanté sur le flanc du massif de l’Etoile et domine les quartiers hauts de Marseille. Avec une surface de 17 ha et une capacité de 3 millions de m3 (soit deux fois celle du Vieux Port) il contient l’équivalent d’une semaine de consommation des marseillais. Il est alimenté en eau du Verdon principalement par la branche de Marseille Nord du Canal de Provence.

 

Revenons à nos boutons (de rose) : effet de serre au sens propre…

Pour terminer, quelques trucs si vous voulez éviter de consacrer trop d’argent à l’achat de fleurs :

  • Proposer à votre chérie un bilan carbone de la rose rouge. Le rouge et le noir… Saviez-vous par exemple que l’Europe, même si elle produit 44% des fleurs et des plantes en pot (sur 10% des surfaces mondiales), était un importateur net de fleurs coupées ? Le solde des importations est d’environ 220000 tonnes. Le total des importations représente 1,55 milliard d’Euros en 2011. Les Roses transitent par la Hollande mais proviennent du Kenya (30%), d’Equateur (11,8%), d’Ethiopie (10,7%), ou de Colombie (9,5%). Importées ou produites en Europe, le bilan carbone des roses de la Saint-Valentin est mauvais : c’est l’effet de serre au sens propre. Pour arriver encore fraîches chez nos fleuristes, les roses du bout du monde prennent l’avion. En Europe, les serres chauffées ou éclairées ne sont pas une meilleure alternative. Les rendements nécessaires imposent des quantités importantes de pesticides, herbicides et fongicides. Pour assombrir encore un tableau pas très rose, n’oublions pas les conditions de travail des ouvriers employés dans les roseraies d’Equateur, d’Afrique et d’Amérique latine : ils répandent bien souvent les produits phytosanitaires sans protection.
  • Apporter des bonbons, parce que les fleurs c’est périssable… Ou des chocolats. Au moins, vous pourrez en manger quelques-uns.
  • Offrir un économiseur d’écran réalisé à partir des images satellites présentées ici…


En savoir plus :

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 17:47

Pléiades et les Pléiades

Saviez-vous que les satellites d’observation de la Terre prenaient des images des étoiles ?

Dans un article sur les premières opérations en orbite du Pléiades 1B, j’ai décrit le fonctionnement des senseurs stellaires, ces capteurs essentiels pour le contrôle de l’orientation du satellite. Ici, il s’agit d’une autre activité importante effectuée pendant la recette en vol : la mesure des performances et la calibration de l’instrument de prise de vue, la charge utile du satellite Pléiades.

 

Des détails sur la très haute résolution…

Pourquoi utiliser les étoiles ? Situées à très grande distance de la terre, elles constituent une très bonne solution pour prendre des images de sources lumineuses ponctuelles. Les équipes du CNES qui effectuent actuellement la recette en vol de Pléiades 1B s’en servent pour la refocalisation de l’instrument (un peu comme la mise au point d’un appareil photo) ou pour la mesure de ses caractéristiques. Si vous vous intéressez aux détails sur les images à très haute résolution, je vous conseille la lecture de cet article du blog Un autre regard sur la Terre qui tente d’expliquer deux notions pas totalement intuitives : la fonction de transfert de modulation et le rapport signal sur bruit.

Au total, plus de 1000 images d’étoiles seront acquises pendant la recette du satellite Pléiades 1B.

 

Pléiades - Jupiter et satellites - Animation GIF - 07-12-2
Image de Jupiter acquise par le satellite Pléiades 1B le 7 décembre 2012.
Cliquer sur l'image pour voir la séquence animée.
Copyright CNES 2012. Distribution Astrium GEO-Information Services / Spot Image.

 

Et Jupiter, c’est une étoile ?

Pas vraiment : c’est une planète et c’est même la plus grosse planète du système solaire. Si on ajoute que dans les jours qui suivaient le lancement du satellite Pléiades 1B, Jupiter n’était pas loin de sa plus courte distance à la Terre, on comprend que les équipes du CNES aient cédé à la tentation de faire quelques images de la géante gazeuse. L’agilité du satellite permet en effet de l’orienter vers la terre mais également vers n’importe quelle région de la voute céleste.

La planète Jupiter s’est donc fait tirer le portrait par Pléiades 1B le 7 décembre entre 13h et 18h UTC. C’était seulement une semaine après le lancement de Pléiades 1B et deux jours après la première image. Pour corser un peu l’exercice, les équipes du CNES ont programmé Pléiades pour acquérir neuf images consécutives prises avec un intervalle d’environ 45 minutes, un peu comme une séquence vidéo en mode « timelapse » (voir d’autres exemples avec la Station Spatiale Internationale). Le résultat est l’animation très spectaculaire présentée ici.

 

Détails de taille

Au moment où Pléiades prend cette série d’image, Jupiter est à environ 4,074 unités astronomiques de la Terre. J’ai obtenu cette distance avec le calculateur d’éphémérides de l’IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides) que j’utilise régulièrement pour le blog Un autre regard sur la Terre.

Sachant qu’une unité astronomique, la distance moyenne terre soleil, vaut 149 597 871 kilomètres, la distance Terre-Jupiter le 7 décembre était donc d'environ 609 millions de kilomètres. Cette distance varie entre 588 et 968 millions de kilomètres, selon les positions respectives de la Terre et de Jupiter autour du soleil (aphélie ou périhélie).

En bon satellite d’observation de la Terre, Pléiades 1B prend normalement ses images à une distance de 694 kilomètres de la surface de notre planète.

Quand il a Jupiter en ligne de mire, notre satellite à très haute résolution est donc à une distance presqu’un million de fois plus grande, exactement 878133 fois plus grande.

Comme avec un appareil photo avec un objectif à focale fixe, la finesse de détails visibles est directement proportionnelle à cette distance de prise de vue.

Alors que sur Terre, Pléiades 1B peut discerner des objets de 70 centimètres de côté, un pixel du capteur optique de Pléiades représente 615 kilomètres à la surface de Jupiter, à peu près la distance entre Toulouse et Paris.

Vous voulez vérifier ? Mesurez le diamètre de Jupiter sur l’image en pleine résolution… A l’équateur, vous trouverez 230 pixels, correspondant à un diamètre réel de 141450 kilomètres à l’équateur. C’est environ 11,2 fois le diamètre de la Terre. Néanmoins, malgré sa taille énorme, Jupiter n’occupe qu’une toute petite partie de l’image Pléiades complète. Difficile de faire un gros plan à plus de 600 millions de kilomètres de distance.

 

La grosse tache rouge qui passe…

Que peut-on voir sur cette série d’images ?

On reconnaît bien sûr les bandes parallèles caractéristiques de Jupiter. Mais c’est d’abord la grande tache rouge qui attire l’attention. Situé dans l’hémisphère sud, à environ 22° de latitude, c’est un anticyclone de l'atmosphère de Jupiter d’un taille impressionnante ; une long d'environ 25 000 km et une largeur de près de 12 000 km, soit environ le diamètre de la Terre.

La période de rotation de la tache rouge de Jupiter est de dix heures : on voit son passage sur quatre des neuf images de la séquence prise par Pléiades 1B.

Sur la partie gauche de l’image, on voit également passer un des satellites de Jupiter.

S’agit-il d’un des plus gros satellites : Io, Europe, Ganymède ou Callisto ? Au total, on connaît aujourd’hui 66 satellites naturels de Jupiter. Si vous savez identifier celui de l’image, merci de poster un commentaire à la fin de cet article.

 

Pléiades - Jupiter et satellites - 07-12-2012 - Grande tacPléiades - Jupiter et satellites - 07-12-2012 Deux extraits de la séquence d’images de Jupiter prises par le satellite Pléiades 1B : la grande
tache rouge et un satellite. Copyright CNES 2012.
Distribution Astrium GEO-Information Services / Spot Image.

 

Plus près de Jupiter avec les sondes spatiales

Les amateurs éclairés ou les observatoires terrestres parviennent à faire des images similaires de Jupiter depuis la Terre (avec l’atmosphère qui s’intercale entre les planètes et les télescopes ou les lunettes). Les images de Jupiter prises par Pléiades 1B mettent surtout en valeur les capacités offertes par l’agilité du satellite. J'ai déjà eu l'occasion d'en parler avec des séquences d'images du sol mais aussi d'images étonnantes de la Lune (en relief) ou des satellites Spot 5 et Envisat. Pléiades 1A compte d'autres prouesses à son actif qui n'ont pas encore été publiées...

Pour les astronomes, ce sont les missions d’exploration des planètes du système solaire qui ont fourni les informations et les images les plus intéressantes.

Ce sont les missions Pioneer 10 et Pioneer 11 qui ont fourni les premières images rapprochées de l'atmosphère de Jupiter et de plusieurs de ses lunes. Un peu plus tard, les missions Voyager, les engins spatiaux les plus anciens encore en fonction, découvrent les anneaux de Jupiter. Leur palmarès est exceptionnel.

En 1992, la sonde Ulysses se mit en orbite polaire autour du Soleil et effectua alors des études de la magnétosphère de Jupiter.

En 2000, la sonde Cassini, en route pour Saturne, survola Jupiter et pris des images en haute résolution de la planète. La sonde New Horizons, en route pour Pluton, survola Jupiter en février 2007 pour une manœuvre d'assistance gravitationnelle.

La sonde Galileo est le seul engin à avoir été mis en orbite autour de Jupiter, à partir de décembre 1995. Exceptionnel : Galileo fut témoin de l'impact de la comète Shoemaker-Levy 9 en 1994 lors de son approche de Jupiter. Plus récemment, en août 2011, la NASA a lancé Juno, une sonde qui doit rejoindre Jupiter sur une orbite polaire.

 

En savoir plus :


Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • En utilisant cette image, les articles sur la sonde MSL et d’autres images de planètes présentées sur le blog Un autre regard sur la Terre, travail sur le mouvement des planètes et l’excentricité de leurs orbites, avec calcul des distances minimales et maximales entre la Terre et les autres planètes. Peut-être fait avec des simulations informatiques ou la réalisation de maquettes du système solaire. A titre d’exemple, pour Jupiter, les distances du soleil sont les suivantes :
    • Distance minimale (périhélie) : 740 520 000 kilomètres ((4,95 UA)
    • Distance maximale (aphélie) : 816 620 000 kilomètres (5,46 UA)
    • Distance moyenne : 778 412 027 kilomètres (5,20 UA)
    • La distance de la Terre autour du soleil variant entre 147 098 074 et 152 097 701 kilomètres, on retrouve les deux valeurs mentionnées plus haut pour les distances minimales entre la Terre et Jupiter.
  • Organiser une soirée d’observation astronomique avec plusieurs classes ou avec un plus large public à l’occasion de la fête de l’école. Des associations spécialisées comme Planète Sciences, l’Association Française d’Astronomie (AFA) ou les clubs d’astronomie de votre région peuvent vous aider en amenant télescopes, lunettes et amateurs éclairés pour observer le ciel nocturne.

 

 

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 09:00
360° pour prendre la température du cratère Gale

MSL---Mars---Panorama---Mont-Sharp---Mastcam---RR.jpg
MSL - Mars - Panorama - Mont Sharp - Mastcam - Gauche MSL - Mars - Panorama - Mont Sharp - Mastcam - Centre MSL - Mars - Panorama - Mont Sharp - Mastcam - Droite
Sur Mars, premier panorama en couleurs et à haute résolution autour de Curiosity. Les trois images
en dessous sont des extraits de ce panorama. Cliquer sur les vignettes pour les agrandir. 
Crédit image: NASA / JPL-Caltech / MSSS
 
La NASA et le JPL (Jet Propulsion Laboratory) ont publié hier un premier panorama en haute définition montrant une vue à 360 degrés autour du site d'atterrissage du rover Curiosity. On voir en particulier le sommet du Mont Sharp à environ 20 kilomètres du robot mobile. Un panorama en qualité réduite avait déjà été présenté sur ce blog.
Les images ont été prises par une des deux caméras (Mast camera ou Mastcam) fixées sur le mât rotatif du rover MSL. C’est la caméra dont l’objectif a une focale de 34 mm qui a été utilisée.
L’image publiée ici est une version réduite (un cinquième environ) de l’image en pleine résolution, dont les dimensions sont d’environ 29 pixels en largeur et 7000 pixels. Il s’agit d’une mosaïque obtenue par l’assemblage de 140 images prise en août 2012, alors que les réglages de calibration fine des caméras étaient toujours en cours.
La couleur présentée ici correspondent à un traitement effectué au sol par les équipes du JPL pour montrer la scène martienne telle qu'elle apparaît dans les conditions d'éclairage que nous avons sur la Terre, afin de faciliter l’analyse du terrain. La version brute avec les couleurs d’origine est accessible ici (c'est un gros fichier...)
Il faut imaginer cette image imprimée sur une grande bande de papier et mise en forme de cylindre avec l'observateur au centre. Les traces plus grises correspondent au sol rocheux mis à nu par les propulseurs de descente de MSL et servent de point de repère. Au premier plan, on voit à gauche une partie du bras robot et ses équipements, au centre l'ombre du mât avec la silhouette caractéristique de Chemcam et, à doite, une roue.
   
Le mât de MSL : un arbre à cams
Pour fixer les idées sur les différences entre les deux caméras du mât du robot, voici également deux extraits provenant respectivement de la caméra à 34 mm de focale et celle à 100 mm.
  
MSL - Mars - Mast cam - 1 MSL - Mars - Mast cam - 2
Deux extraits d’images fournies par les caméras Mastcam. A gauche, une image prise avec la
caméra à 34 mm de focale. A droite avec le téléobjectif à 100 mm de focale. Une version annotée
donne une idée des distances à parcourir. Crédit image: NASA / JPL-Caltech / MSSS
  
Outre les deux caméras dont les images sont présentées ici, le mât du robot supporte aussi l'instrument Chemcam, avec une participation française importante (CNES et IRAP) qui a réalisé ses premiers spectres et les caméras de navigation (Navcam).
 
Un petit tour de roue pour un robot avant une grande randonnée suivie par la Terre entière….
Ces jours-ci, l’exploit de Neil Armstrong en juillet 1969 reste particulièrement d’actualité quand on suit la progression de la mission MSL depuis l’atterrissage réussi début août. La NASA n’a pas raté l’occasion de mettre en perspective les deux évènements : les systèmes de communications de Curiosity ont relayé hier un message vocal de Charles Bolden, l’administrateur de la NASA. En voici quelques extraits traduits en français :
Depuis le début des temps, la curiosité de l'humanité nous a conduit à rechercher constamment ... de nouvelles possibilités au-delà de l'horizon… Faire atterrir un rover sur Mars n'est pas facile - d'autres ont essayé – Seule l'Amérique a pleinement réussi. La connaissance que nous espérons acquérir de notre observation et de l’analyse du cratère Gale, nous dira beaucoup sur la possibilité de la vie sur Mars, ainsi que les possibilités passées et à venir de notre propre planète. La mission Curiosity inspirera une nouvelle génération de scientifiques et d'explorateurs, car elle ouvre la voie à une mission humaine dans un avenir pas trop lointain".
  
Une mission humaine ? Un certain Neil Armstrong en était un fervent partisan… « Avenir pas trop lointain ». Charles Bolden reste prudent. Normal pour un ancien astronaute.
En attendant, il y a quelques jours, MSL a fait ses premiers tours de roue sur Mars. Pas trop loin, juste pour vérifier que tout roule, comme le montre cette image prise par la caméra Hazcam (Hazard Avoidance Camera) avant.
 
MSL---Curiosity---Traces-de-roues-sur-Mars.jpg
Image des traces de roue du robot Curiosity prises par la caméra Hazcam avant.
Crédit image: NASA / JPL-Caltech.
 
En pratique, il y a eu deux mouvements successifs, un déplacement d’environ 5 mètres et une rotation d’un tour presque complet qui a amené la robot, pratiquement dans son orientation initiale, sur un point baptise Goulburn, une zone d'affleurements rocheux mise à nue par des propulseurs de la grue volante qui a déposé Curiosity sur le sol martien.
  

En savoir plus :

  

 

 
 
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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 21:58

Après la menace fantôme de Star Wars, des spectres sur Mars

Après les vérifications générales de MSL, les contrôles des différents instruments scientifiques de Curiosity se poursuivent...

En France et plus particulièrement à Toulouse, on attendait ce moment avec impatience : sur Mars, le laser de l’instrument Chemcam, un des dix instruments scientifiques du robot MSL, a effectué son premier tir sur un rocher baptisé « couronnement » (coronation en anglais).

Il s’agit toujours d’essais de bon fonctionnement, préalables aux véritables mesures scientifiques qui viendront plus tard.

 

MSL---Curiosity---Chemcam---premiere-image.jpgMSL---Chemcam---Vue-N165-locale.jpgEn haut, premier tir laser et première image de la caméra Chemcam du rover Curiosity. En bas,
le rocher N165, "coronation" pour les intimes, cible du laser de Chemcam, vue par la caméra Navcam.
Crédit image : NASA / JPL

 

 

Un pointeur laser qui décoiffe

En pratique, 30 impulsions sur une durée d’environ 10 secondes. Chaque impulsion délivre une puissance d’un million de watts pendant 5 milliardièmes de secondes. Vous pouvez ranger votre pointeur laser de poche…

Le but de ces tirs laser est d’exciter les atomes de la roche et de les transformer en plasma ionisé et lumineux. La lumière produite est photographiée à travers le télescope de la caméra Chemcam et analysée par trois spectromètres travaillant dans les spectres ultraviolet, visible et infrarouge (6144 longueurs d’onde analysées au total). Les spectres obtenus permettent de déterminer la composition de la roche analysée.

 

Une mire couleurs : pour nettoyer le rapport signal sur bruit...

D’après les déclarations de Roger Wiens, le chercheur responsable de Chemcam (Principal investigator ou PI en anglais) du laboratoire de Los Alamos, et de son collègue Sylvestre Maurice, co-PI, de l’IRAP (Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie de Toulouse), les résultats sont très encourageants, avec notamment une qualité de mesure meilleure que les prévisions (rapport signal sur bruit).

L’instrument Chemcam de MSL est développé en partenariat entre le département de l’énergie du laboratoire de Los Alamos, le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).


MSL---Chemcam---Calibration-Pattern.jpg

MSL---Chemcam---Calibration-couleurs.jpg

Avant le test sur un premier rocher, une mire de calibration fixée sur le rover Curiosité est utilisée
pour vérifier le bon fonctionnement de l'instrument Chemcam. Crédit image : NASA / JPL

 

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 06:39

Le rover MSL vu par le Mars Reconnaissance Orbiter

Après les images de la descente sous parachute et l’ensemble des éléments arrivés sur Mars (la « scène de crime »), la caméra HiRISE (High Resolution Imaging Science Experiment) a pris cette nouvelle image alors que le satellite Mars Reconnaissance Orbiter de la NASA survolait le rover MSL à pied d’oeuvre à proximité du cratère Gale. C’est la première image en couleurs du Mars Science Laboratory prise depuis l’orbite martienne. Elle montre également le cratère de Gale et les différentes strates du terrain que le robot mobile se prépare à explorer.

 

Mars - MSL - Curiosity - Hirise - JPL - NASA - août 2012Image du rover MSL sur Mars prise par le satellite MRO.
Crédit image : NASA / JPL-Caltech / University of Arizona

 

Bleu comme une orange

L’image n’est pas présentée ici en couleurs naturelles : les spécialistes de l’Université d’Arizona ont modifié le réglage des couleurs pour bien mettre en évidence le nouveau robot martien du JPL : le rover Curiosity apparaît comme un double point brillant avec son ombre portée sombre. Les traces laissées au sol par les rétrofusées, en bleu clair, lui donnent une allure de papillon. En réalité, les teintes bleues correspondent à du gris. Comme pour les dernières images publiées sur le blog Un autre regard sur la Terre, le satellite ne survole pas le site à la verticale : sa plate-forme est inclinée d’environ 30° vers l’ouest de manière à ce que le télescope d’HiRISE pointe dans la bonne direction.

Selon les explications données par Alfred McEwen de l’Université d’Arizona à Tucson, une deuxième image, acquise sous un autre angle dans les jours qui viennent, devrait permettre de constituer un couple stéréo et produire une représentation en 3D.

L’image en plein format a une résolution d’environ 31 centimètres (12 pouces pour les américains mais le JPL travaille avec le système métrique...)

Pour fixer les idées, vu de loin, MSL est un parallèpipède d'environ 3 mètres sur 3 mètres (un peu moins pour la largeur) et deux mètres de hauteur.

Dans un prochain article, je fournirai d'autres chiffres précisant les dimensions de Curiosity et des ordres de grandeur de taille et de distance de Mars et de la Terre. Ce sera également l'occasion de revenir sur le choix du système métrique par le JPL et quelques déboires du passé.

 

Transplantation de cerveau à 254 millions de kilomètres de la Terre

Mieux que l’homme qui valait trois milliards... MSL, le robot à 2,5 milliards de dollars, vient de recevoir une greffe de cerveau. Ou plus exactement une greffe de deux cerveaux. On ne sait toujours pas si Steve Austin en avait un...

L’opération a pris 4 jours : il s’agissait de mettre à jour les logiciels de deux calculateurs de bord de MSL. La première version était conçue pour l’arrivée sur Mars et le pilotage de la phase d’atterrissage particulièrement complexe. Une fois cette étape critique franchie, de nombreuses fonctions ne sont plus indispensables. La nouvelle version est optimisée pour la mission que le rover va désormais devoir accomplir sur le sol martien.

Bref, on est passé du « cerveau volant » ou « cerveau roulant »... La prochaine tâche sera un nouveau test fonctionnel des différents instruments scientifiques, dont la caméra Chemcam, ainsi que, dans moins d’une semaine, les premiers essais de déplacement du robot sur ses six roues motrices : marche avant, marche arrière, demi-tour. Presque aussi simple qu’avec un jouet télécommandé ou avec un des robots des trophées de robotique mais avec 254 millions de kilomètres entre le pilote et le véhicule. Ce sera ensuite le tour du bras robotisé avec une nouvelle phase de tests complets.

 

Dans les starting blocks pour explorer le cratère Gale

Scientifiques, ingénieurs ou pilote : tout le monde, a hâte de faire bouger le robot et de commencer le voyage vers les hauteurs du Mont Sharp, qui culmine à environ 5500 mètres au-dessus du fond du cratère Gale. Les images prises par Curiosity et la caméra HiRise de MRO sont examinées sous toutes les coutures : quels sont les lieux les plus intéressants pour les prélèvements et les expériences ? Quelles trajectoires sont les plus adaptées (et les moins risquées...) pour explorer les couches sédimentaires du mont Sharp ?

L’image suivante, sur la gauche, est une vue perspective du cratère Gale, avec un observateur regardant vers le sud-est. La position actuelle de Curiosity, l’endroit de l’atterrissage est représenté par le point vert, bien centré dans l’ellipse cible, en bleu. Cette image est en fait la composition d’information provenant de trois sondes en orbite autour de mars :

  • Des mesures d’altitude des caméras stéréo du satellite Mars Express de l’Agence Spatiale Européenne (ESA).
  • Ce modèle numérique de terrain est habillé avec des images prises par la caméra Context (6 mètres de résolution et 30 km de fauchée) de MRO (Mars Reconnaissance Orbiter)
  • et complété par des images en couleurs plus anciennes des caméras de l’orbiter Viking (une caméra à tube Vidicon noir et blanc avec des filtres colorés !)

A droite, c’est une vue plus complète de l’image acquise par HiRIse dont est extraite la vignette présentée plus haut. Les dunes sombres entre le rover Curiosity et le Mont Sharp sont dans la partie inférieure. Le Mont Sharp, au sud-est, n’est pas visible sur l’image. La distance entre le rover et le bord inférieur de l’image est d’environ 300 mètres. Le nord est en haut.

 

Mars - MSL - Gale crater - Landing spot - 3D Mars - MSL - Gale crater - Landing spot - Vue générale

A gauche, vue perspective du cratère Gale et position du rover Curiosity. Crédit image : NASA / JPL-Caltech / ESA /DLR / FU Berlin / MSSS. A droite, image complète de la caméra HiRISE.

 

En savoir plus :

 

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 07:30

Chroniques martiennes : la réalité dépasse la science-fiction

Plusieurs bonnes nouvelles de Curiosity sur Mars ce matin avec les nouvelles images publiées par la NASA et le JPL :

  • Le mât supportant la caméra Chemcam et les caméras de navigation (les deux Nav cam) est en place et fonctionne.
  • Les premières images des Nav Cam fournissent des vues panoramiques de l'environnement du rover dans le cratère Gale. Belle randonnée en vue !
  • Les images en pleine résolution commencent à arriver sur Terre. Jusqu'à présent, on avait surtout vu des vignettes sous-échantillonnées à cause des limites des systèmes de transmission de données. On va enfin voir les détails de l'arrivée sur Mars...  

Voici quelques exemples des images publiées cette nuit par le JPL...

 

Panoramix de deux images d'une des caméras de navigation

 

MSL---Mars---Gale---Mont-Sharp---Nav-cam---08-08-2012.jpgLes deux premières images en haute résolution des caméras de navigation (Navcam) de Curiosity.
Crédit image : NASA / JPL-Caltech

 

Quand on a deux caméras, pourquoi se priver de faire un peu de stéréovision avec des images en relief comme les anaglyphes du satellite Pléiades déjà présentés sur le blog Un autre regard sur la Terre. En voici un sur Mars publié sur le blog de la Planetary Society, un site que je vous conseille vivement si vous vous intéressez à Mars.
Au premier plan, les traces créées par les jets des retrofusées sont bien visibles. Au fond,le relief des bords du cratère Gale. 



MSL---Mars---Anaglyphe---Navcam---Gale-crater---Sol-2.jpg

Vue 3D sous forme d'anaglyphe produite à partir d'images des deux caméras de navigation de MSL.
Image publiée sur le site de la Planetary Society. Crédit image : NASA / JPL / James Canvin

 

MSL prend ainsi un peu de hauteur : les deux caméras de navigation sont positionnées sur la tête du mât qui supporte aussi la caméra Chemcam, conçue à l'IRAP à Toulouse, et son épée laser. Difficile à prendre en photo sur place mais voici au moins son ombre. Pour une fois, on est content de voir l'ombre du photographe sur la photo !

 

MSL---Mast---Nav-cam---Ombre-mat---08-08-2012.jpgMarche à l'ombre : la silhouette du mât et de Chemcam. Image prise par une des caméras de
navigation de Curiosity. Crédit image : NASA / JPL-Caltech

 

Bilan de santé et autoportrait du centre du monde

Pour continuer le bilan de santé de MSL, les équipes du JPL ont également réalisé un panoramique plongeant en inclinant la tête des caméras de navigation vers le bas. En pivotant la tête sur 360°, ils ont ainsi réalisé un panoramique montrant la totalité du rover Curiosity.

 

Curiosity---MSL---Autoportrait---Nav-Cam---Mast---08-08-201.jpgPremier autoportrait de MSL. Toujours le centre du monde pour les passionnés d'espace.
Crédit image : NASA / JPL-Caltech

 

Evidemment la profondeur de champ (allongé sur la plage, essayez de photographier vos pieds!) ne permet pas d'avoir une image parfaite de la partie supérieure de MSL. Les amateurs de 360° vont également juger que l'assemblage n'est pas impeccable... Néanmoins, j'imagine que ces images sont très utiles pour contrôler l'état général du rover.

     

Curiosity : pas de vilains défauts

Le panoramique est spectaculaire mais c'est en regardant de près les images en haute résolution qu'on comprend tout leur intérêt.

Voici trois exemples d'images brutes publiées par le JPL. J'ai un peu malioré le contraste des images pour les rendre plus lisibles. Ceux qui n'ont pas vu le modèle de vol de MSL avant son lancement peuvent maintenant le découvrir sous toutes ses coutûres, en tout cas la partie supérieure. Vous avez aussi la possibilité d'aller voir à la Cité de l'espace à Toulouse une maquette fonctionnelle à l'échelle 1 réalisée par des lycéens de la Région Midi-Pyrénées dans le cadre d'un projet pédagogique exceptionnel proposé par le CNES et l'académie de Toulouse.

Pour le vrai rover sur Mars, on voit en particulier les projections de fragments de roche et de poussière sur Curiosity. On comprend mieux l'intérêt des caches de protection sur les objectifs avant l'atterrissage... Commentaire personnel : la personne qui a proposé de mettre des cache-objectifs transparents a eu une idée très astucieuse ! Cela paraît évident mais il fallait y penser : les premières images prises par les caméras Hazcam on été prises à travers le cache de l'objectif. On voit "nettement" (c'est flou...) les poussières sur les caches.

 

MSL - Rover - NavCam - Gauche - bilan de santé 1 MSL - Rover - NavCam - Gauche - bilan de santé 2 MSL - Rover - NavCam - Gauche - bilan de santé 3

Trois exemples de photographies en haute résolution du rover Curiosity prises par la caméra de
navigation gauche. Dans l'image de gauche, au centre, une des trois antennes de Curiosity, l'antenne à
grand gain orientable construite par EADS Astrium en Espagne. Rehaussement de contraste réalisé
par Planète Sciences Midi-Pyrénées. Cliquez sur les images pour les voir en grande taille.
Crédit : NASA / JPL-Caltech

 

Cela explique en partie pourquoi le rover Curiosity n'a pas de panneaux solaires : la poussière limiterait leur rendement et finirait par les occulter complètement. L'électricité provient d'un générateur thermoélectrique à radioisotope (MMRTG pour Multi-Mission Radioisotope Thermoelectric Generator), avec 4,8 kg de dioxyde de plutonium en plutonium 238. Il produit environ 120 W de puissance électrique (cela correspond à peu près à une vielle ampoule électrique à incadescence. C'est beaucoup plus que sur Opportunity (ses panneaux généraient environ 4 fois moins d'énergie par jour) mais l'optimisation de la consommation électrique des équipements reste un défi sur les missions spatiales quand on compare avec notre consommation domestique.

 

Le retour du jeudi : les images de lundi prises par Mardi

L'autre information importante, c'est que les images à haute résolution commencent à "redescendre" sur Terre. Même avec les moyens impressionnants mises en oeuvre autour de Mars et sur Terre, il n'y a pas de miracle : la bande passante des canaux de communication entre le rover et la terre, y compris en passant par les satellites relais en orbite autour de Mars et par les grandes oreilles du réseau terrestre Deep Space (NASA Deep Space Network), reste modeste et n'est pas disponible en permanence. 

Un article sur le sujet donnera prochainement des informations plus précises.

En attendant, voilà une spectaculaire image du bouclier thermique de MSL prise pendant sa chute sur Mars. Elle a été fournie par une des dix-sept caméras du rover (à ce moment précis, il descend sous parachute). La caméra placée sous le robot martien qui a pris cette image s'appelle MARDI pour "Mars Descent Imager".

C'est donc bien une image de lundi, prise par mardi, reçue mercredi et publiée jeudi.

Mais le vrai retour du jeudi, ce sera avec la première image de Chemcam, la caméra avec l'épée laser.

 

MSL---Mardi---Bouclier-thermique---Heat-shield---Haute-res.jpg

Le bouclier thermique pendant sa chute. Première image à haute résolution prise par la caméra
MARDI. Crédit image : NASA / JPL-Caltech

 

Une dernière caméra...

En fin de journée, les premières images en couleurs de la caméra Mastcam ont été publiées par le JPL. Ce sont ici des images à basse résolution. La couleur permet de mieux voir les traces laissés par les jets des rétrofusées.

 

MSL---Curiosity---Mastcam---couleur---panorama---basse-res.jpgUn premier panorama réalisé à partir d'images prises par la caméra MASTCAM.
Crédit image : NASA / JPL-Caltech

 

En réalité, il y a deux caméras Mastcam, avec des objectifs de focale différente : 34 et 100 mm. Elles fournissent des images de 1200 pixels de côté et permettent également de prendre des couples stéréo.

 

En savoir plus :

 

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  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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A Propos De L'auteur

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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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