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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 23:11
 
Spectre - James Bond - 007 - EON Productions - Daniel Craig - Affiche film
« Spectre », la dernière aventure de James Bond, avec Daniel Craig
dans le rôle de 007. Crédit image : MGM 
 
 
« What kind of work do you do anyway? Oh I travel… »
Réplique extraite du film « Opération Tonnerre »
 
 
Cela faisait longtemps que je voulais faire un article sur la géographie selon James Bond. J’ai hésité à utiliser cette illustration mais le film est bien sorti avant le drame du vendredi 13 novembre à Paris. La sortie du film “Made in France” de Nicolas Boukhrief, dont l’affiche superpose une kalachnikov et la Tour Eiffel, a été repoussée par son distributeur Pretty Pictures. Même décision de Mars distribution pour « Jane got a gun », le dernier film de Gavin O’Connor.
 
Timbuktu sur Seine : tristesse et colère
Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous encourage vivement à voir Timbuktu, le film d’Abderrahmane Sissako sorti en 2014. L’affiche est plus « paisible » mais ce que dénonce le film est effrayant. Boire une bière, écouter de la musique ou jouer au foot : trois activités interdites par le groupe islamiste qui fait régner la terreur dans la ville malienne. Vendredi 13 novembre, à la terrasse des bars du 10ème arrondissement, au Bataclan ou autour du Stade de France, ce sont exactement les mêmes activités qui ont déclenché des crimes horribles commis par des jeunes barbares quiavaient entre 20 et 30 ans…
Même si les associations d’éducation populaire comme Planète Sciences doivent rester modestes et lucides sur leur rôle et leur impact, ces évènements dramatiques nous rappellent aussi l’importante de l’éducation, de l’éveil de l’esprit critique et de la diffusion des valeurs de tolérance, de laïcité et du vivre ensemble dans la diversité.
 
« Spectre »
C’est donc le titre du dernier James Bond qui est sorti le 11 novembre sur les écrans français. « Spectre » est aussi le nom de l’organisation criminelle à laquelle est confronté 007 à de multiples reprises.
De « 007 contre Dr No » (1962) à « Spectre » (2015), la série compte à ce jour vingt-six épisodes (vingt-quatre si on se limite à la saga officielle d’EON Productions), adaptés plus ou moins librement des romans des romans de Brocoli.
 
On arrête les Connery : 7 acteurs britanniques pour 007
David Niven Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosman et Daniel Craig : sep acteurs ont incarné le plus célèbre espion de sa gracieuse majesté, chacun lui donnant un style particulier. 
Quelques James Bond girls, alliées ou ennemies de 007 (ça peut changer au cours du film…) ont aussi crevé l’écran, avant l’arrivée de la 3D : Ursula Andress (« 007 contre Dr No »), Tanya Roberts, Lana Wood, Halle Berry, Kim Basinger ou les françaises Carole Bouquet, Sophie Marceau et Léa Seydoux. 
Les noms des James bond girls dans les films sont parfois assez explicites (Pussy Galore, Kissy Suzuki, Holly Goodhead, Jenny Flex, Xenia Onatopp, Mary Goodnight ou Plenty O’Toole), en particulier dans les versions françaises. Je vous laisse vérifier la traduction dans le dictionnaire…
La bande originale, la chanson-titre et son interprète font aussi partie du décorum : Madonna, Tina Turner, Adele, Sheryl Crow, Nancy Sinatra, Rita Coolidge, The California Girls, Shirley Bassey, Bono, The Pretenders…
Même si 007 est grand amateur de champagne (Taittinger, Bollinger ou Dom Pérignon en fonction du placement de produits), Jacques Higelin n’a jamais participé aux musiques des films.
 
Un tour du Bond en images satellites : les clichés de 007 en 070
Chaque épisode de James Bond donne lieu à un mini tour du monde avec des étapes incontournables. Les illustrations de cet article sont des images satellites des villes et de lieux qui reviennent les plus souvent. Quand c’est possible, j’ai choisi le satellite Pléiades mais ce n’est pas toujours le cas.
Voici un premier exemple avec Venise… Le grand canal donne lieu à une spectaculaire course de bateaux et 007 y cause quelques menus dégâts au musée Venini et en « coulant » un immeuble au bord du grand canal. Sean Connery a dû y prendre goût : dans le troisième opus d’une autre série de film, « Indiana Jones et la dernière croisade», c’est à Venise que commence l’aventure avec la disparition d’Henri Jones, personnage joué par Sean Connery.
 
Pleiades - Venise - Satellite - Grand canal - Piazza San Marco - Rialto - Pont des soupirs
La ville de Venise vue par le satellite Pleiades le 4 juin 2014. James Bond y séjourne au moins
trois fois dans « Bons baisers de Russie » (1963), « Moonraker » (1979) et « Casino Royale ».
Copyright CNES – Distribution : Airbus Defence and Space
 
1979-1981 : la fiction dépasse la réalité…
Il n’est pas étonnant qu’une saga démarrée en 1962 soit fortement influencée par la guerre froide et par la conquête spatiale. L’espace y joue véritablement un rôle important.
On peut passer rapidement sur le peu inoubliable Moonraker (1979), qui surfe sur le succès de Star Wars et aurait dû sortir l’année du premier lancement du Space Shuttle, si le calendrier de la NASA n’avait pas connu quelques aléas.
 
Un grand Bond en avant pour l’humanité
Par contre, dans plusieurs films de la série des James bond, des satellites sont au cœur de l’intrigue, sous le contrôle de Spectre ou d’autres mégalomanes mal intentionnés. Ces engins spatiaux menaceraient l’humanité ou l’occident si l’agent 007 ne parvenait pas à chaque fois, in extremis, à mettre un terme aux plans des méchants. 
 
Bombe à Bikini et bombe en bikini
Dès 1962, le Dr No tente de saboter le programme spatial américain et permet à James de faire la connaissance de la charmante Ursula Andress. On peut aussi citer « Les diamants sont éternels » (1971) avec le satellite Diamant et Willard Whyte, une référence explicite à Howard Hugues à Las Vegas, « On  ne vit que deux fois » (1967) et les satellites américains ou russes « kidnappés » par le méchant qui cherche à déclencher un conflit entre les deux grandes puissances..
 
My name is Paulo, Apollo…
Ou encore dans « Les diamants sont éternels » (1971) : James bond s’échappe du centre spatial à bord d’un véhicule lunaire. Les missions Apollo ne sont pas loin…
En 1981, le réalisateur de « Rien que pour vos yeux » est un certain John Glen, avec un seul « n ». Il s’agit d’un presque-homonyme mais c’est amusant. John Glen réalisera 5 films de 1981 à 1989 (3 avec Roger Moore et 2 avec Timothy Dalton).
 
Spectre et longueur bond
URSS, Corée du Nord, menace nucléaire et troisième guerre mondiale : même dans le contexte de la guerre froide, les vrais ennemis de Bond sont souvent des individus mégalomanes ou des organisations criminelles qui, en jouant le rôle de mercenaires ou en s’emparant des moyens militaires ou spatiaux des états, servent d’abord des intérêts privés. Spectre est une des organisations tentaculaires qu’on retrouve régulièrement, depuis « 007 contre Dr No » jusqu’à… « Spectre ». L’organisation criminelle SPECTRE (SPecial Executive for Counterintelligence, Terrorism, Revenge and Extortion ou Service pour l'espionnage, le contre-espionnage, le terrorisme, la rétorsion et l'extorsion en version française) est incarnée par différents « méchants » : au cours de ses missions, James Bond doit se débarrasser de son fondateur  Ernst Stavro Blofeld (personnage joué en 2015 par Christoph Waltz) ou de ses acolytes (Jacques Bouvar ou le Dr. Julius No par exemple). 
En tout cas, ces riches mégalomanes ont des moyens illimités, qui leur permettent de rivaliser avec les grandes puissances, y compris dans le domaine du spatial.
 
Fait GAFA Spectre ! La menace fantôme…
Faut-il faire un parallèle avec ce qu’on voit actuellement dans le « New Space », où des acteurs privés, qui ont fait fortune dans l’Internet, investissement massivement dans des projets spatiaux : fusées de Space X, avions suborbitaux de Virgin Galactics, satellites d’observation de Skybox (Google) ou constellation pour l’accès universel à Internet de Oneweb…
La comparaison entre les plans de Spectre et les projets de GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) est très abusive mais revoir quelques vieux James Bond peut stimuler la réflexion sur les conséquences du New Space : évolution du rôle des états et de leurs missions régaliennes, émergence de super-acteurs privés, « information dominance » et contrôle ou commercialisation des informations privées des individus…
 
Bond spectral et étalement de Spectre : Q est dans la bande
Rassurez-vous, au cinéma, après quelques péripéties et cascades, tout fini bien : Bond gagne et sauve le monde, grâce aux gadgets étonnants de Q (j’aime bien la scie circulaire dans la montre !) et à l’aide des James Bond girls et de quelques amis dont l’espérance de vie est toutefois assez limitée.
 
Savez-vous où habite James Bond ?
Non ? Moi non plus… Les lecteurs des livres de Ian Fleming se rappellent peut-être que le héros habite à Londres, dans le quartier de Chelsea.
Dans les films, seulement quelques scènes montrent le logement de James Bond, un style anglais, probablement londonien… 
En fait, on pourrait croire qu’il habite le monde : chacun des films de 007 est un tour du monde et un voyage dans des lieux extraordinaires et touristiques. Pas exactement le style du guide du routard… Pas de compagnies low cost ou d’hôtels pour petit budget.
C’est plutôt le grand luxe, l’entrée réservée aux VIP, l’exotisme cinq étoiles, la dolce vita et les soirées dans les casinos. James Bond est un voyageur qui ne subit aucun des inconvénients habituels des voyages : aucun problème de logistique, pas de tracasseries avec les douaniers ou la police des frontières… 
Même dans les endroits les plus chauds et en dehors de sa chambre climatisée, l’agent 007, toujours tiré à quatre épingles (sauf-peut-être à sa sortie de prison en Corée du Nord dans « Meurs un autre jour ») et souvent vêtu d’un smoking, n’est pas affecté par le climat local. Plus généralement, James Bond reste extérieur et insensible au monde qu’il parcourt.
Et, quelle que soit les kilomètres parcourus, 007 ne semble éprouver aucune fatigue liée au décalage horaire : les distances ne comptent pas et les trajets s’effacent. 
Seuls les lieux ont de l’importance mais, à chaque fois, ils semblent familiers à James Bond. Une forme de mondialisation avant l’heure ? C’est vrai pour tous les continents, sauf peut-être l’Australie absente et l’Afrique noire sous-représentée (avec un rattrapage avec l’Ouganda et Madagascar dans « Casino Royale »).
Clichés à l’écran et lieux communs
A travers le regard d’Hollywood ou plutôt des Pinewood Studios près de Londres, les films de James Bond proposent au spectateur une représentation stéréo-typique voire caricaturale des hauts lieux de notre planète (capitales, monuments, grands sites touristiques, etc.) et parfois des sites de haute technologie (Cap Kennedy dans « James Bond 007 contre Dr No », radiotélescope d’Arecibo dans « GoldenEye », etc.) 
 
Radio télescope - Arecibo - Porto Rico - National Astronomy and Ionosphere Center - NAIC - GeoEye-1 - Digital Globe - satellite - GoldenEye - James Bond
A Porto Rico, le radio-télescope d’Arecibo vu par le satellite Ikonos. 
Crédit image : Digital globe
 
Vus et reconnus par des millions de spectateurs, ces clichés et ces stéréotypes, renforcés par la musique des films, véhiculent une vision occidentale des nombreux pays parcourus par James Bond. 007 sauve le monde, mais il diffuse aussi ce point de vue occidental, jusqu’au placement de produits.
 
Les bonds de Bond
Le passage d’un endroit à l’autre se fait la plupart du temps par un simple changement de plan, avec le choix d’une représentation visuelle du nouveau lieu immédiatement reconnaissable par n’importe que spectateur.
Cela facilite le montage…
25 films et 50 pays… James Bond a donc parcouru le monde dans toutes ses dimensions, en longitude (de Hawaï à Tokyo), en latitude (souvent sous les tropiques mais aussi en Afrique du Sud dans « Les diamants sont éternels), à Arkhangelsk en Russie (dans « GoldenEye ») ou encore en Islande dans « Meurs un autre jour ») et en altitude, depuis le fond des mers (« L’espion qui m’aimait ») et les entrailles de la Terre (« Opération Tonnerre ») jusqu’en haute montagne (le restaurant Piz Gloria au sommet du Schilthorn en Suisse dans « Au service secret de Sa Majesté ») et même en orbite autour de la Terre (« Moonraker »). Il est vrai que ce dernier exemple n’était pas le plus réussi : les autres moyens que 007 a su trouver pour s’envoyer en l’air sont plus convaincants. 
Au final, on peut recenser trois types de lieux géographiques qui servent de support à l’action des films de James Bond…
 
Ici Londres…
La premier paraît évident mais j’ai faille l’oublier : c’est Londres, avec les Pinewood studios dans la vie réelle. A l’écran, Londres, c’est d’abord le siège des services secrets britanniques, la Tamise et le Palais de Westminster. Après l’incontournable scène d’ouverture, c’est souvent à Londres que James Bond prend connaissance de sa nouvelle mission, au cours d’un entretien plus ou moins houleux avec M et, avant ou après, une petite conversation entre amoureux avec Miss Moneypenny. 
 
Pleiades - London - Londres - Tamise - Westminster - Big Ben - MI6 - James Bond - 007 - services secrets - Sa Majesté
La cœur de la ville de Londres, avec Big Ben, Westminter, the London Eye et la Tamise vus par
le satellite Pléiades. Copyright CNES. Distribution Airbus Defence and Space
 
Des lois de Maxwell à Lois Maxwell
C’est également là que Mister Q lui présentent  les derniers gadgets qui complètent les valeurs sûres : l’Aston Martin avec des options hors catalogue, même si James Bond lui a fait quelques infidélités (BMV ou Deux Chevaux), le Walther PPK ou les montres-bracelets Rolex, Seiko ou Omega…
 
Lois Maxwell - Moneypenny - James Bond - équations de Maxwell - 007
Des lois de Maxwell à Lois Maxwell… Idéal pour le coup de foudre. L’actrice canadienne a interprété
14 fois Miss Moneypenny, de 1962 à 1985
 
Jusqu’aux derniers films de la série, Londres restait un refuge et un « havre de paix ». L’action et la confrontation avec les méchants se passaient ailleurs… Cela a changé récemment : Il y avait déjà eu une impressionnante course poursuite en Q-boat sur la Tamise dans « Le monde ne suffit pas » (1999) mais c’est dans « Skyfall » que des terroristes provoquent l'explosion du siège du MI6 à Londres. Est-ce que cela reflète l’évolution des menaces dans le monde réel, avec les attentats dans le métro de Londres en juillet 2005 ou les attaques coordonnées menées par Daesh le 13 novembre en plein Paris ?
Bond n’est jamais très loin de l’actualité : en 1962, la traque de Dr No pour empêcher une guerre nucléaire se passe à la Jamaïque. Au même moment et tout près de là, dans la vraie vie, c’est la crise des missiles de Cuba. Pour cette raison, la sortie du film sera retardée aux USA (1963).Cela vous rappelle le début de cet article et le film "Made in France" ?
 
Vodka-Martini « au shaker, pas à la cuillère »
L’extension immédiate de Londres, pour notre espion « so british », est le Commonwealth, avec une grande nostalgie de l’ex-empire colonial britannique et une préférence marquée pour le grand luxe et l’aristocratie : Côte d’Azur, Riviera, stations de ski huppées en Suisse ou en Autriche, îles des Caraïbes…
 
Guerre froide et ciel gris
Les lieux d’affrontement entre les deux grandes puissances (URSS et USA) sont la deuxième catégorie de pays. Les pays satellites (Cuba, RDA, anciens pays d’Europe de l’est) ou la Corée du Nord sont finalement plus souvent visités que l’URSS.
La grisaille et la météo pluvieuse renforce parfois les clichés sur les pays de l’est.
 
Russie - Moscou - Kremlin - Place rouge - Cathédrale St Basil - GUM - Vladimir Poutine - Pleiades - Pléiades - satellite
Russie - Saint-Pétersbourg - Neva - sous la neige - Pleiades - Pléiades - satellite
Moscou et Saint-Pétersbourg vus par le satellite Pléiades. Copyright CNES.
Distribution Airbus Defence and Space.
 
 
Les villes de James Bond : les clichés de 007 en 070
Stéréotype oblige : on retrouve aussi les villes que les romans et films d’espionnage ont popularisées comme haut-lieux de l’espionnage, avec les honorables correspondants et des agents américains dans les stations de la CIA « plus vrais que nature » : à Istambul, dans « Skyfall », la poursuite sur les toits du grand bazar d'Istanbul offre une  vue imprenable sur l’église Sainte-Sophie. L’Asie n’est pas en reste : Shanghai, Hong-Kong, Saïgon ou Macao, etc.
 
Spot 6 - Istambul - Mosquée bleue - église sainte-Sophie - Bosphore -  palais de Topkapı - satellite
La ville d’Istambul vue par le satellite SPOT 6 : dans cette partie de la ville, l'église Sainte-Sophie,
la Mosquée Bleue et le grand bazar. 
Crédit image : Airbus Defence and Space
 
Agent de voyages 
Enfin, troisième catégorie de lieux, par forcément indépendante des deux premières : les grands sites touristiques de la planète. Ils sont nombreux…
L’Italie est bien servie : Rome, Sienne dans « Quantum of Solace » (2008) pendant, comme par hasard, le Palio de Sienne, Venise, mentionné plus haut, Cortina d’Ampezzo, etc. 
La France aussi avec Paris, Chantilly, Antibes et Villefranche-sur-Mer.
Les autres pays les plus souvent visites par l’agent 007 sont l’Allemagne (Berlin et Hambourg), l’Autriche, l’Egypte et ses pyramides, le Japon, la Suisse et la Turquie déjà citée.
 
Le Sphinx justifie les moyens
Parmi ces sites touristiques, les îles tropicales, avec chemises à fleur, voitures décapotables et plages paradisiaques bordées de palmiers occupent une place privilégiée. Les méchants ne sont jamais très loin : leur repère y est parfois installé. Néanmoins, ces îles sont plus souvent le théâtre du repos du guerrier, avec un soleil couchant et une James Bond girl (celle qui a survécu…)
 
Egypte - Le Caire - Pyramides - Pléiades - Pleiades - satellite - Géographie de James Bond
Les pyramides égyptiennes de Gizeh près du Caire vues par le satellite Pléiades :
Khéops, Khéphren et Mykérinos. 
Copyright CNES. Distribution : Airbus Defence and Space
 
 
En savoir plus et sources utilisées :

 

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 17:59

 

Tunisie - Drapeau tunisien géant - Tunisian flag - Record - Guinness book - Pleiades - Tozeur - Plus grand drapeau du monde - Largest flag - satellite - CNES - Airbus DS - 2 mai 2015 - Tozeur - Nous sommes Tunisie

Dans la région de Tozeur, le drapeau tunisien devient le plus grand drapeau du monde.
Le satellite Pleiades a immortalisé l’évènement le samedi 2 mai 2015.
Copyright CNES 2015 - Distribution Airbus DS

 

Plus de 10 hectares !

Un nouveau record devrait bientôt apparaître dans le livre Guinness des records : le plus grand drapeau du monde... En 2015, c’est donc le drapeau national tunisien qui détrône le précédent record détenu depuis 2013 par le Qatar.

Il mesure 396 mètres de long pour 264 mètres de large,  soit une surface totale de 104 544 m2 !

Les 80 km de tissus qui ont été utilisés pour le fabriquer pèsent plus de 12 tonnes et pourraient recouvrir l’équivalent de 15 terrains de football aux normes de la FIFA (soit 68 mètres sur 105).

 

Record battu à Tozeur en Tunisie

C’est vraiment un drapeau tunisien géant  qui a été assemblé par 250 bénévoles. Ils se sont relayés pendant 3 semaines pour réussir cet exploit. Le résultat de ce travail de fourmi a été installé à Ong Jmal, près de Nefta, dans la région de Tozeur dans le sud-est de la Tunisie, à environ 385 km de Tunis.

 

La star des étoiles au pays de Star Wars...

Le nom du site ne vous dit rien ?

C’est à Ong Jmal, près de Nefta, qu’a été tournée une partie du film de George Lucas, la Guerre des étoiles. Située à 400 km de là, la ville de Tataouine a donné son nom à la désormais planète Tatooine d’où est originaire la famille de Luke Skywalker. Obi-Wan Kenobi s'y réfugie également après le massacre des Jedi. J'ignore si les équipes de Disney y ont refait un séjour pour le tournage de "Star Wars : le Réveil de la Force", l'épisode qui doit sortir en décembre 2015...

C’est également à cet endroit qu’a été organisée la deuxième édition du festival des Dunes électroniques en février 2015.

Il y a une seule étoile entourée d’un croissant sur le drapeau tunisien mais elle est bien devenue la star des étoiles le temps du record du 2 mai 2015.

 

Tunisie - Drapeau tunisien géant - Tunisian flag - Record - Guinness book - Pleiades - Tozeur - Plus grand drapeau du monde - Largest flag - satellite - CNES - Airbus DS - 2 mai 2015 - Tozeur - Nous sommes Tunisie

Dans la région de Tozeur, à Ong Jmal, près de Nefta, le drapeau tunisien géant.
Version en résolution réduite de l’image prise par le satellite Pleiades le 2 mai 2015.
Copyright CNES 2015 – Distribution Airbus DS

 

Un témoin qui tombe du ciel

Il semble bien que l’image Pleiades va jouer un rôle particulier dans l’homologation du record du plus grand drapeau. Les équipes d’Airbus Defence and Space qui ont programmé cette acquisition d’images voulaient certainement enrichir la collection d’images insolites et spectaculaires mais ne se doutaient peut-être pas que les autorités tunisiennes n'avaient pas accordé l’autorisation de prendre des prises de vue aériennes du drapeau géant.

Apparemment, seuls les photoreporters d’agences de presse ont pu immortaliser l’évènement sur place mais n’ont pas pu monter dans l’hélicoptère de l’armée qui survolait la zone.

La curiosité du satellite Pleiades était donc particulièrement bienvenue pour les organisateurs de l'évènement. Cet exemple illustre une fois de plus un des avantages des satellites d’observation : la capacité à s’affranchir des frontières et des contraintes politiques. C’est vrai ici pour un évènement insolite, c’est vrai également en cas de crise humanitaire, de catastrophe naturelle ou de question de sécurité.

 

Les préparatifs du record, égalemen vus par le satellie Pléiades

Les équipes d’Airbus Defence and space m’ont très gentiment passé une seconde image prise par le satellite Pléiades dans la matinée du 1er mai 2015, alors que les organisateurs mettaient en place le drapeau. Sur l’image en pleine résolution, on distingue les bénévoles qui le déploient. Le croissant et l’étoile centrale ne sont pas encore visibles.

Gaucher, j’ai déjà du mal à mettre en place une nappe sur une table alors je n’ose pas imaginer les efforts nécessaires pour étaler 100000 m2 de tissu sur du sable…

 

Tunisie - Record du plus grand drapeau - installation vue par le satellite Pléiades - 1er mai 2015 - CNES - Airbus Defence and Space - Star Wars - Mos Espa

La mise en place du drapeau géant en Tunisie.
Extrait d’une autre image acquise par le satellite Pléiades le 1er mai 2015.
Copyright CNES 2015 – Distribution Airbus DS.

 

Accessoirement, cette exemple concret illustre la capacité de revisite des deux satellites Pléiades 1A et Pléiades 1B : une image par jour d’un endroit quelconque du monde. Attention, cela ne veut pas dire que les deux satellites Pléiades prennent une image de chaque point du monde chaque jour mais que l’orbite des deux satellites et leur agilité permet de braquer au moins un des deux instruments sur n’importe quelle région du monde. Le système de deux satellites a une grande flexibilité et une capacité d’acquisition journalière élevée (plus de détails dans cette page « une journée avec Pléiades » sur le site d’Airbus Defence and Space).

Sur l’image du 2 mai 2015, en pleine résolution, on peut s’amuser à mesurer les dimensions du drapeau au sol. Il n’est pas totalement déployé mais j’estime que s’il l’était, il occuperait un rectangle de 650 pixels sur 560.

C’est tout à fait cohérent avec les dimensions annoncées par les organisateurs, compte tenu de la taille du pixel des images Pléiades : 50 cm.

Des repères pour confirmer ces mesures ? Heureusement, George Lucas est passé par là…

 

Dune contre Star Wars

Dans « Star Wars, Episode I : La Menace Fantôme », Anakin Skywalker, le futur Dark Vador, grandit dans le village de Mos Espa, lieu fictif installé par la production en 1997 sur le site de Ong Jmel.

Les restes des décors sont devenus une attraction touristique. Même dégradés par le temps et le sable, ils sont visibles sur l’image Pléiades et fournissent quelques repères pour vérifier la taille du drapeau. Avec Google Earth, on peut mesurer une distance d’environ 76 mètres

L’image suivante est un photomontage que j’ai réalisé pour comparer le drapeau géant tunisien à quelques références :

  • Les dimensions du terrain de football officiel de la FIFA (105 mètres sur 68 mètres).
  • Les dimensions de la Station Spatiale Internationale (ISS), un peu plus grande que le terrain de football classique (110 mètres sur 74 mètres).
  • Pour les fans de Star Wars, j’ai également mis le Faucon Millenium. Grossi 10 fois car il est beaucoup plus petit que je ne le pensais. Rien à voir avec les 120 km de diamètre de l’étoile noire : le Faucon millenium ne mesure que 26,7 mètres de  longueur pour 20 mètres d’envergure. C’est plus petit que le Space Shuttle de la NASA (37,24 mètres du nez à l’extrémité de la dérive et 23,80 d’envergure).

 

Tunisie - Record du plus grand drapeau - Guinness - Satellites Pléiades - Terrain de football - ISS - Faucon millénium - Mos Espa - Dark Vador - Star Wars - CNES - Airbus Defence and Space

Photomontage donnant quelques éléments de comparaison pour estimer
les dimensions du drapeau tunisien géant. Infographie Gédéon.
Image de fond : copyright CNES 2015 – Distribution Airbus DS.

 

Je veux faire un film… Peux-tu m’avancer quelques dunes ?

Au-delà du voyage touristique pour les fans de Star Wars, sachez que le décor de cinéma, bien visible depuis le ciel, a été utilisé par des scientifiques pour étudier et mesurer l’avancée des dunes de sables.

Par exemple, une étude a été publiée en novembre 2013 dans la revue scientifique américaine Geomorphology. Elles résument les résultats d’analyse d’images satellites prises entre 2002 et 2009. Pour fixer les idées, en 1997, quand fut tournée la Menace Fantôme, la dune en forme d’arc de cercle était à environ 140 mètres des décors. Aujourd’hui, seulement quelques mètres la séparent des ruines de Mos Espa.

Dans le film, la « Mer de Dunes » de l’imaginaire « starwarsien » servait de ligne d’horizon. En 2015, les dunes encerclent le lieu de naissance d’Anakin Skywalker

Les images satellites d’archive accessibles avec Google Earth permettent de se faire une idée de ce déplacement.

 

Tunisie - Ong Jmal - Mos Espa - Progression de la dune - Record drapeau - Star Wars - Dark Vador dans le sable - Google Earth

Copie d’écrans réalisés avec Google Earth montrant la progression des dunes à Ong Jmel.
Le trait pointillé donne un repère sur la dune. Infographie : Gédéon

 

Je suis Charlie, nous sommes Bardo, nous sommes Tunisie

L'évènement était organisé dans le cadre de la manifestation « Nous sommes Tunisie », « Ahna Tounes » en arabe.

L’idée du drapeau géant date en fait de 2012 : c’est un industriel du textile tunisien qui l'a eue, « en réaction au geste d’un militant islamiste qui avait abaissé le drapeau national à la Faculté des lettres de la Manouba, près de Tunis », selon Raya Ben Guiza, responsable de la communication de l’évènement.

L’initiative a également été soutenue par le ministère tunisien du tourisme, secteur économique en grave difficulté depuis la révolution de 2011.

Deux mois après l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo et la prise d’otages du magasin Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, l’ attentat du Musée du Bardo, le 18 mars 2015, a encore aggravé la situation : l’attaque revendiquée par l’État islamique a entraîné la mort de 24 personnes (21 touristes, un représentant des forces de l'ordre et deux terroristes) et 45 blessés.

Une marche rassemblant une foule importante et à laquelle participaient notamment François Hollande et Matteo Renzi était organisée le 29 mars 2015.

Au-delà du symbole patriotique, les tunisiens à l’origine du  défi réussi de drapeau géant veulent d’abord montrer que la Tunisie est une terre d'accueil et de tolérance.

D’autres drapeaux au sol (parfois des champs cultivés avec des motifs particuliers) ou sur des bâtiments ont régulièrement été immortalisés par les satellites d’observation de la Terre, par exemple au Brésil en 2013. En cherchant un peu, vous pourrez en dénicher sur le web...

 

En savoir plus :

 

 

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 13:28

 

Le lancement du satellite WorldView-3 vu depuis l'espace par WorldView-1 - DigitalGlobe - Vidéo depuis l'espace - séquence d'imagesUne séquence d’images du lancement du satellite WorldView-3 prise depuis l’espace par
le satellite WorldView-1. Crédit image : DigitalGlobe

 

2800 kilogrammes, 5,70 mrètes à la naissance : un beau bébé…

Mercredi 13 août 2014, 18h30 UTC : le lendemain du rendez-vous de l’ATV avec l’ISS, c’est un beau gros bébé qui a été mis en orbite par une fusée Atlas 5 depuis le complexe de lancement 3E de la base Vandenberg AFB (Air force Base) en Californie.

C’est WorldView-3, le tout dernier satellite d’observation à très haute résolution de la société américaine DigitalGlobe, construit par Ball Aerospace et Exelis.

 

31 cm, c’est le pied…

Selon les spécifications annoncées par DigitalGlobe, le satellite WorldView-3, sur une orbite relativement basse à 617 km d’altitude, devrait produire des images avec une résolution au sol de 31 centimètres. Les spécialistes de l’observation de la Terre attendent avec impatience de voir ce nouvel outil fonctionner et son impact sur le marché commercial de la très haute résolution (inférieure à un mètre). En France, ce sont les deux satellites Pléiades-1A et Pléiades-1B qui occupent ce créneau de marché.

Une série d’images du lancement de WorldView-3, prises par le satellite WorldView-1

En attendant la publication de la première image prise par WorldView-3, voici une séquence d’images très spectaculaire prise par le satellite WorlView-1 qui survolait la Californie au moment du lancement.

 

49000 pieds : haut la main !

Il faut saluer la performance d’acquérir plusieurs images d’une fusée en mouvement : au moment où la dernière image est acquise, la vitesse de la fusée Atlas est de l’ordre de1600 km/h (1000 mph) à une altitude d’environ 15000 mètres (49000 pieds)

On peut dire que le grand frère, worldView-1, lancé le 18 septembre 2007, assiste à la naissance du petit dernier. Entre l’aîné et le benjamin, worldview-2 a été lancé en 2009. WorldView-1 est à une altitude de 496 km sur une orbite héliosynchrone.

Comme sur les deux satellites Pléiades ou SPOT-6 et SPOT-7, c’est l’agilité du satellite qui permet d’acquérir rapidement une courte séquence d’images d’une même zone en réorientant l’ensemble du satellite qui se déplace à grande vitesse, à plus de 27000 km/h (soit 7600 m/s) sur son orbite héliosynchrone.

Le changement d'orientation de la fusée, visible dans le gif animé, est du en partie au déplacement du satellite d'observation pendant la séquence de prise de vue.

Sur une telle orbite, il est impossible de faire des séquences d’images très longues (plusieurs minutes) du fait du mouvement du satellite. Pour y parvenir, l’idéal est un satellite en orbite géostationnaire, fixe par rapport à une région donnée de la Terre, mais il doit avoir un très grand miroir (plusieurs mètres de diamètre).

Je présenterai le satellite WorldView-3 de manière plus détaillée dans un prochain article.

 

Digital Globe - WoldView-3 vu par WorldView-2 -H0+60sLe satellite WorldView-2 est là aussi pour immportaliser le lancement du petit frère. La fusée
emportant WorldView-3 vue par WorldView-2 soixante secondes après le décollage.
Crédit image : Digital Globe

 

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 22:00

WorldView-2 - Belfast - 03-11-2013 - ExtraitWish à Belfast en Irlande du Nord. Extrait d’une image prise par le satellite WorldView-2
le 3 novembre 2013. Crédit image : Digital Globe

 

Tous mes vœux pour une excellente année 2014 !

Une image avec le sourire d’un enfant, surtout un enfant originaire de Belfast, me paraît bien illustrer ce qu’on peut souhaiter de mieux pour l’année à avenir : que tous les enfants du monde aient le sourire sur les lèvres tout au long de l’année à venir et soient tenus à l’écart des conflits, des crises économiques et des problèmes environnementaux qui nous menacent.

En espérant aussi que les hommes aient le courage, la détermination et l’intelligence de s’attaquer à des questions difficiles qui les menacent non seulement à court terme mais également mettent en jeu l’avenir des générations futures.

J’ai hésité entre plusieurs images pour le premier article de l’année 2014 : une œuvre qui s’intitule WISH m’a finalement semblé être un bon choix.

 

Wish une œuvre monumentale et temporaire pour l’édition 2013 du Ulster Bank Belfast Festival at Queen’s

C’est l’artiste américano-cubain Jorge Rodriguez-Gerada qui a créé ce portrait. Jorge Rodriguez-Gerada aime les portraits mais en grand… très grand format, sur des façades immeubles ou sur des terrains.

A Belfast, pour Wish, c’est sur un terrain de près de cinq hectares dans le quartier Titanic que le portrait géant d’une petite fille a été réalisé à l’occasion de l’édition 2013 du Ulster Bank Belfast Festival at Queen’s qui a démarré le 17 octobre 2013 : en utilisant des relevés GPS très précis, des dizaines de bénévoles ont commencé par dessiner les contours de l’image avec 30000 piquets de bois. Des milliers de tonnes de sable et de terre et des végétaux ont ensuite été utilisés pour matérialiser l’image de la petite fille. Ce travail a demandé quatre semaines d’efforts. Il devait rester en place jusqu’à la fin de l’année 2013.

 

 

   Sur Youtube, une visite aérienne du portrait Wish à Belfast.

 

Prendre du recul pour mieux voir :

Le portrait n’est visible que des hauteurs de la ville, d’avion ou encore… de satellite. Ici, c’est le satellite WorldView-2 qui a immortalisé ce portrait géant le 3 novembre 2013.

 

WorldView-2 - Belfast - 03-11-2013Wish à Belfast en Irlande du Nord. L’image du satellite WorldView-2 publiée sur la page Facebook
de Digital Globe. Un des cinq finalistes pour devenir l'image de l'année 2013.
Crédit image : Digital Globe

 

Après une première sélection par les internautes, cette image étonnante fait partie des 5 images finalistes pour devenir l’image de l’année 2013 (Top image Contest - 2013). Les quatre autres images sont la citadelle d’Alep en Syrie, l’île de Galešnjak en Croatie, déjà mise à l’honneur dans un article sur la Saint-Valentin, le Vésuve près de Naples en Italie ou une boucle du Colorado dans l’Utah.

Vous pouvez encore voter pour l’image que vous préférez sur la page Facebook créée spécialement pour l’occasion. Si vous aimez l'image Wish, il est encore temps de la soutenir avant l'annonce des résultats définitifs.

 

Un autre regard sur la Terre en 2014

J’espère que les articles du blog Un autre regard sur la Terre publiés en 2014 continueront à vous intéresser et vous donneront envie de les partager sur les réseaux sociaux : c’est un des supports sur lequel je compte mettre l’accent en 2014.

Si vous appréciez ce blog et que vous êtes un adepte des réseaux sociaux, prenez le temps de partager les articles qui vous plaisent avec vos amis : je cherche à évaluer dans quel mesure ce relais viral fonctionne avec des contenus pédagogiques.

J’espère surtout que ce blog vous incitera à mettre en pratique un des principes de l’observation de la Terre : prendre du recul pour mieux voir. Au sens propre mais aussi au sens figuré : toujours se poser des questions, ne pas prendre pour argent comptant ce qu’on trouve sur Internet, continuer à exercer son esprit critique… Lire entre les lignes d’un texte ou entre les pixels d’une image…

Si vous êtes enseignant, j’espère que la deuxième partie de l’année scolaire à venir vous permettra d’exercer votre métier dans de bonnes conditions avec vos élèves, en leur donnant envie de continuer à approfondir par eux-mêmes les matières que vous enseignez.

Je souhaite aussi que les élèves qui préparent des examens ou des concours, quel que soit leur niveau, aient beaucoup de réussite et que les jeunes diplômés trouvent rapidement un emploi dans leur domaine : ce n'est pas si évident en ce moment...

Bonne année 2014 !

 

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 23:07

 

ATV-4 - Albert Einstein - reentry - rentrée - 02--copie-1Extrait de la série de photographies de la rentrée atmosphérique de l’ATV-4 Albert Einstein publiée
le 5 novembre 2013 par l’Agence Spatiale Européenne. Crédit image : ESA / NASA

 

Dans l’article précédent sur le désamarrage (undocking) et la rentrée contrôlée (reentry) de l’ATV-4 Albert Einstein, j’avais indiqué qu’une série de manœuvres particulière avait été prévue pour tenter de prendre des photographies de la rentrée atmosphérique depuis la Station spatiale Internationale.

Les images transmises en temps réel n’étaient pas très spectaculaires mais ce qui vient d’être publié par l’ESA sur sa page flickr le 5 novembre 2013 est beaucoup plus intéressant.

En voici quelques extraits… Je vous recommande vivement de voir l’ensemble des images sur la page flickr de l’ESA.

 

Einstein at Home : la désintégration

Après cinq mois en orbite attaché à l’ISS, la dernière étape de la mission du quatrième véhicule de transfert automatique, l’ ATV-4 Albert Einstein, a eu lieu le 2 Novembre 2013 à 12:04 UTC : la rentrée atmosphérique et la combustion par frottement dans les hautes couches de l’atmosphère, au-dessus d’une zone inhabitée de l'océan Pacifique. Le 28 octobre 2013, l’ATV s’était séparé de la Station Spatiale Internationale avec environ 1600 kg de déchets.

 

ATV-4 - Albert Einstein - reentry - rentrée - 02-11-2013 -ATV-4 - Albert Einstein - reentry - rentrée - 02--copie-2Deux autres photographies de la rentrée atmosphérique de l’ATV-4 Albert Einstein publiées
le 5 novembre 2013 par l’Agence Spatiale Européenne. Crédit image : ESA / NASA

 

Cette série de photographies a été prise alors que l’ATV-4 Albert Einstein était à environ 100 km d’altitude, pratiquement sous l’ISS. Ce sont les premières photographies d'une rentrée atmosphérique d’ATV depuis celle de l’ATV-1, alias Jules Verne, en 2008. A ma connaissance, pour l'ATV-1, les images avaient été prises à parir d’un avion à haute altitude.

 

 

ATV-4 reentry - rentrée ATV-4 - ESA Flickr galleryVue d'ensemble de la galerie de photographies de la rentrée atmosphérique de l'ATV-4 publiées
sur Flickr par l'Agence Spatiale Européenne. Crédit image : ESA / NASA

 

Il y a même une animation de qualité qui a été réalisée par Vladimir Jankijevic à partir de ces photographies et publiée sur youtube :

 

 

L'animation publiée sur Youtube
 

 

 

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 13:53

Federal Government Shudown - JPL - Octobre 2013

La page d’accueil du Jet Propulsion Laboratory de la NASA. Copie d’écran effectuée le 2 octobre 2013

 

Anniversaire sans gâteau et sans site Internet

Il y a cinquante-cinq ans, presqu’un an après le lancement de Spoutnik, le 1er octobre 1958, la NASA (National Aeronautics and Space Administration) devenait officiellement agence fédérale des États-Unis en charge des activités spatiales américaines. C'est le 29 juillet 1958 que président Eisenhower signait la loi instituant la National Aeronautics and Space Administration (NASA) afin de gagner la "course à l'espace" engagée contre l'URSS.

Avec 8000 employés, la NASA démarre alors ses activités avec trois centres de recherche de la NACA (National Advisory Committee for Aeronautics) et une partie de l’Army Ballistic Missile Agency, le but étant de coordonner l’effort spatial américain en réaction aux succès soviétiques.

A l’époque, il n’y avait pas encore de site web. C’est dans Life magazine qu’on pouvait voir les photographies des grandes premières spatiales.

 

Un shutter control inhabituel : « Obamacare » contre réduction du déficit de 1800 milliards sur dix ans

Le 1er octobre 2013, pas de site web non plus, pour des raisons différentes. Pas de trace de vie sur Mars ni à la NASA... Les amateurs de photographies de Hubble, des sondes interplanétaires, de la station spatiale internationale ou des satellites d’observation de la Terre devront prendre leur mal en patience.

 

« Shutdown », la fermeture des services fédéraux aux Etats-Unis.

C’est la conséquence d’un bras de fer entre démocrates et républicains sur le budget l'exercice 2014 qui démarre le 1er octobre : l'arrêt pour une durée indéterminée de plusieurs administrations et services fédéraux. Au total, 800 000 fonctionnaires sont mis en congés sans solde. Les parcs nationaux, par exemple le parc Yosemite qui fête également son 123ème anniversaire, sont fermés au public. 1 200 000 autres personnes, en charge de missions jugées vitales ou essentielles, continuent à travailler. C’est le cas par exemple de ceux qui opèrent la station spatiale internationale (ISS). Les 18.000 employés de la NASA doivent rester chez eux sans paie.

 

Jeu dangereux

C’est rapide et brutal mais ce n’est pas une première : les USA ont déjà connu 17 "shutdowns", qui ont duré parfois plusieurs semaines. En 95 et 96, c’était déjà Medicare, une réforme du système de santé voulue par Bill Clinton qui était à l’origine du blocage. Les républicains se souviennent certainement que c’est un jeu dangereux : en 1996, Bill Clinton remporta un second mandat avec une avance confortable (49,2 % des voix contre 40,7 %) sur le républicain Bob Dole.

Ce n’est pas non plus une fermeture virtuelle : les économistes estiment le coût du shutdown à plusieurs milliards de dollars par semaine, avec un impact possible sur la croissance américaine.

 

Page d’accueil : bienvenue mais pas aujourd'hui

Le shutdown, la fermeture, affecte toutes les agences en charge de l’observation de la Terre, de la météorologie, de la science et de l’environnement. Ces organismes publient très régulièrement des images que je reprends sur le blog Un autre regard sur la Terre. Il faudra patienter un peu.

Dans une lettre d’information publiée le 2 octobre, le bureau du CNES aux Etats-Unis donne quelques précisions très intéressantes. Ainsi, 97% des employés de la NASA ont été mis à l’arrêt forcé (« furloughed ») : seuls 549 des 18250 employés travaillent actuellement. Selon la durée du « shutdown », il pourrait y avoir un impact sur le lancement de la mission martienne MAVEN, prévu pour le 18 novembre : le pas de tir du Kennedy Space Center (KSC) est une installation fédérale. La fenêtre de lancement est de 20 jours. Si elle était ratée, il faudrait attendre 26 mois la prochaine opportunité de lancement.

A court terme, le robot Curiosity poursuit sa mission : il est principalement opéré depuis le Jet Propulsion Laboratory (JPL), qui est certes un centre de la NASA, mais géré par le Caltech (California Institute of Technology). Idem pour L’Applied Physics Lab (APL) de l’Université Johns Hopkins qui fait fonctionner les missions Messenger and New Horizons.

 

Federal Government Shudown - NASA - Octobre 2013La page d’accueil de la NASA pendant le shudown. Sobre… Copie d’écran réalisée le 2 octobre 2013

 

A la NOAA, l’impact du « shutdown » semble plus limité : 45% des 12001 employés devraient poursuivre leurs activités. Les 3935 employés du National Weather Service, en charge des activités de météorologie, de surveillance et prévention des catastrophes naturelles, continuent leurs activités quotidiennes normalement. La NOAA (National Ocean and Atmosphere Administration) se limite donc actuellement aux alertes sur les phénomènes météorologiques dangereux. Voilà le message visible sur sa page d’accueil le 2 octobre. Cela ressemble un peu à une faire-part de décès...

 

Federal Government Shudown - NOAA - Octobre 2013La page d’accueil de la NOAA pendant le shudown. Copie d’écran réalisée le 2 octobre 2013

 

Même chose pour l’USGS (US Geological Survey) qui opère notamment le satellite Landsat 8. Par contre, certaines parties des sites restent accessibles. C’est le cas par exemple de EarthExplorer sur le site de l’USGS ou de MODIS Rapid Response sur le site de la NASA (voir à la fin de cet article une image de la tempête tropicale Fitow acquise le 2 octobre par le satellite Terra) ou encore du National Hurricane Center (NHC) de Miami.

 

Federal Government Shudown - USGS - Octobre 2013Federal Government Shudown - DOD - Octobre 2013Les pages d’accueil de l’USGS et même du DOD (Department of Defense) pendant le shudown.
Copie d’écran réalisée le 2 octobre 2013

 

Terra - MODIS - Tempête tropical Fitow - 02-10-2013La tempête tropicale Fitow qui menace le Japon. Image acquise le 2 octobre 2013 par
l’instrument MODIS du satellite Terra. Crédit image : NASA / GSFC / MODIS Rapid Response

 

En savoir plus :

 

 

 

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 23:21

 

Pleiades---Meteorite---Lac-Tchebarkul---Russie---Fevrier-2.jpgLe lac de Tchebarkoul en Russie. Image acquise le 22 février 2013 par le satellite Pléiades.
A la surface du lac gelé, un trou causé par l’impact d’un fragment de météorite.
La résolution est réduite par rapport à l’image d’origine.
Copyright 2013 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Tcheliabinsk ou Tchebarkoul ?

L’endroit de la désintégration et des dégâts ou le lieu où les débris ont été trouvés ? Selon le cas, le nom change… L’Union Astronomique Internationale (IAU) l’a désigné officiellement super-bolide de Tcheliabinsk.

Le 15 février 2013, à 3h20 UTC (soit 9h20 en heure locale), sa chute dans la région russe de Tcheliabinsk, au sud de la chaîne de l’Oural et pratiquement à la latitude de la mer d’Aral, avait fait près de 1500 blessés et endommagé des centaines d’habitations et de bâtiments.

Suivant une trajectoire du sud-est vers le nord-ouest, le météore s’est désintégré dans l’atmosphère, en créant une onde de choc, qui a soufflé les vitres de nombreux bâtiments et causé la pluparts des blessures.

Interviewé par le site Futura Sciences, Detlef Koschny, responsable des objets géocroiseurs au bureau de surveillance de l’espace de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), indique : « normalement, les premiers dégâts apparaissent quand la pression d’air est cinq fois supérieure à la pression normale au niveau de la mer. Un grand nombre de fenêtres peuvent se briser lorsque cette valeur est dépassée de 10 à 20 fois. »

Deux jours plus tard, alors que l’absence de fragments au sol alimentait la théorie du complot (par exemple essai d’une nouvelle arme), des scientifiques de l'université de l'Oural ont retrouvé des morceaux de météorites sur le lac gelé de Tchebarkoul, à 70 kilomètres au sud-ouest de la ville de Tcheliabinsk.

 

Le poids des NEO, le choc des photos

Un trou d’environ huit mètres de diamètre avait été découvert vendredi 15 février. L’image présentée ici a été publiée par Astrium-GEO-Information Services dans sa galerie d’images Pléiades. Sur un extrait en très haute résolution, on voit nettement l’orifice sur la surface gelée du lac au milieu des nombreuses traces qui convergent vers l’impact.

Même si les plongeurs envoyés dans le lac n’ont pas trouvé de débris, il ne fait pas de doute que c’est un des fragments qui est à l’origine du trou (il est question d’un morceau de 60 cm de diamètre)

Dans une interview à RIA Novosti, Viktor Gorokhovski, chef de l'expédition scientifique de l'Université fédérale de l'Oural, précise qu’une centaine de morceaux de roche brûlée ont été retrouvés : la plupart ont une taille comprise entre 1 mm et 1 cm, le plus gros pèse plus d’un kilogramme. Ces fragments sont très petits par rapport à la taille du géo-croiseur avant sa désintégration dans l’atmosphère : les spécialistes estiment que le super-bolide mesurait environ 17 mètres de diamètre pour une masse comprise entre 7000 et 10000 tonnes.

 

Pleiades---Meteorite---Lac-Tchebarkul---Russie---F-copie-1.jpgPleiades---Meteorite---Lac-Tchebarkul---Russie---F-copie-2.jpgDeux extraits de l’image Pléiades du lac de Tchebarkoul en Russie centré sur le trou créé par la
chute de la météorite. Copyright 2013 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

L'étude des fragments du météorite de Tcheliabinsk avec des microscopes à balayage et des chromatographes et spectromètres de masse a permis de déterminer qu’il s’agissait d’un chondrite ordinaire, une catégorie de météorite, avec un taux de fer faible, mais avec des billes de silicate (les chondres) relativement grandes.

 

Surveiller l’espace…

Actuellement, il y a plus de 600.000 astéroïdes connus dans notre Système solaire, dont 9.000 NEO (Near-Earth Objects). Dans le cadre de son programme de surveillance de l’espace, l’ESA met régulièrement à jour une liste des objets géocroiseurs.

Ces objets, comme l’astéroïde 2012 DA 14 qui a également survolé la Terre le 15 février à une distance de 28000 km, ont ainsi été détecté récemment par les astronomes. Ce n’est qu’un début : les capacités d’observation doivent être augmentées pour améliorer la performance de détection. Surveiller tout l’espace autour de nous pour détecter des petits objets, c’est un sacré défi !

 

Des satellites météo pour les météores

Avant le satellite Pléiades, l’entrée du météore dans l’atmosphère avait été détectée par les satellites d’Eumetsat, l’agence européenne chargée de l’exploitation des satellites météorologiques.

Les deux images suivantes ont été acquises respectivement par Meteosat-9 et Meteosat-7.

  • La première image (en noir et blanc) correspond au canal visible (HRV) de Meteosat 9. Elle a été acquise à 3h15 UTC le 15 février 2013.
  • La seconde image dans le canal infrarouge infrarouge (longueur d’onde de 3,9 µm) montre la traînée météoritique après sa désintégration. Sur son site, Eumetsat présenté une séquence vidéo de quelques images acquises ) entre 3h00 et 6h00 UTC qui montre la dispersion du « nuage chaud » créé par cette désintégration.


Meteosat-9---HRV---Meteore-Tcheliabinsk---15-02-2013---3h.jpgMeteosat-7---IR---Rentree-atmospherique---Meteore-Tchel.pngDeux images acquises par les satellites Meteosat-9 et Meteosat-7 le 15 févier 2013.
En haut, image dans le spectre visible acquise à 3h15 UTC. En bas, image acquise
dans le canal infra-rouge thermique à 3h30 UTC. Crédit image : Eumetsat.

 

Les fans de Tom Clancy et de la guerre froide imagineront certainement un scénario où une guerre nucléaire est évitée de justesse grâce à la perspicacité de Jack Ryan après la chute d’une grosse météorite.

 

La reconstitution de la trajectoire du météore

Le télégramme électronique n°3423 du CBAT (Central Bureau for Astronomical Telegrams) de l’Union Astronomique Internationale donne quelques précisions sur la trajectoire du super-bolide, fournies par des chercheurs de l’académie des sciences de la République Tchèque. Leurs calculs s’appuient sur des séquences vidéo filmées depuis le sol :

  • La séquence utile des enregistrements dure environ 16 secondes : l’altitude décroît d’environ 92 km à 15 km et la vitesse passe de 17,5 km/s à 12 km km/s puis 4 km/s.
  • La trajectoire est observée sur 254 km avec un azimut d’environ 280°. En fin de trajectoire, l’angle de descente est de 16,5° par rapport à l’horizontale.
  • La reconstitution indique que la fragmentation a commencé à environ 32 kilomètres d’altitude. L’onde de choc aurait été générée entre 25 et 30 kilomètres d’altitude.
  • Toujours selon ces calculs, le fragment le plus gros à toucher le sol pourrait peser entre 200 et 500kg.

Le message du CBAT donne également une estimation des paramètres orbitaux.

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 08:20

14 février, jour J de la Saint-Valentin…

Surtout ne pas oublier les mots doux, les roses rouges ou les autres petits cadeaux !

Le surlendemain du vote solennel du texte sur le « mariage pour tous » adopté après 110 heures de débat et près de 5000 amendements passés en revue, la Saint-Valentin 2013 prend une nouvelle dimension. Au sénat, à partir du 2 avril, la majorité espère un vote conforme pour éviter un nouveau débat marathon en seconde lecture.

 

Si le cœur vous en dit, un petit tour des cœurs autour du monde…

Je ne suis pas fana des roses : comme l’année dernière à la même époque, je préfère vous offrir de nouveaux exemples d’images montrant des formes de cœur étonnantes à la surface de la Terre, vues par les satellites d’observation.

 

Pléiades - Coeur de Voh - Nouvelle-Calédionie -Saint-ValeEn Nouvelle Calédonie, le cœur de Voh vu par le satellite Pléiades.
Copyright 2012 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image.
 

 

Le voyage commence à une heure de la ligne de changement de date dans l’hémisphère sud : c’est le cœur de Voh sur la Grande-Terre. A environ 164° de longitude est et 21° de latitude sud, il a été popularisé en 1990 par une photographie de Yann Arthus-Bertrand sur la couverture de son livre « La Terre vue du ciel ». Ici pas d’hélicoptère ou d’ULM : depuis son orbite à 694 kilomètres d’altitude, c’est le satellite Pléiades 1B qui a pris cette image le 6 décembre 2012, quelques jours après son lancement, le bilan de santé et l’acquisition des premières images.

 

Cupidon à Matuku : un bon choix pour le changement de date

On reste dans l’hémisphère sud, pratiquement à la même latitude mais tout près de la ligne de changement de date, à 179°45’ de longitude est : voici Matuku, une île volcanique de l’archipel des Fidji. Au sein d’un ensemble nommé YasaYasa Moala, Matuku couvre une surface d’environ 57 km2. Son altitude ne dépasse pas 385 mètres. Elle est vue ici par l’équipage de l’expédition n°4 de la Station Spatiale Internationale en mai 2002.

 

ISS - Fiji - Matuku Island - Saint-Valentin - Coeur - ISS004-Dans le Pacifique Sud, Matuku, une des îles des Fidji, photographiée par l’équipage de l’ISS
en mai 2002. Crédit image : NASA.

 

Jeudi, Robinson retrouve Vendredi

Une forme étonnante ? Pas tant que cela : parmi les 322 îles de l’archipel des Fidji, les formes, le relief (certains sommets atteignent 1200 mètres) et les couleurs des îles et des lagons proposent de belles destinations pour des voyages de noces ou des vacances en amoureux. Même pour ceux qui cherchent la solitude : seul un tiers des îles est habité

Regardez par exemple cet extrait d’une image prise par le satellite Aqua en juillet 2012. C’est l’hiver dans l’hémisphère sud mais cela donne quand même envie d’y aller… Un léger traitement a été appliqué par Planète Sciences Midi-Pyrénées pour rehausser le contraste mais les couleurs ne sont pas trop exagérées.

Au sud-ouest de Wallis et Futuna, les deux îles principales sont Vanua Levu et Viti Levu. C’est sur cette dernière qu’est implantée la ville de Suva, la capitale de la République des Fidji.

 

Aqua - MODIS - Fidji - Saint-Valentin - Coeur - 202-2011-bExtrait d’une image acquise par le capteur MODIS du satellite Aqua en juillet 2012.
Crédit image : NASA / GSFC – MODIS Rapid Response

 

Shark bay : escale chez les squales

Une dernière étape pour notre voyage de noces dans l’hémisphère sud en Australie, à 800 kilomètres au nord de Perth, dans la région le plus à l’ouest de l’australie. C’est Shark Bay, sur une surface d’environ 8000 km2 mais une profondeur moyenne de moins de 10 mètres. La baie Shark est un site écologique très important : inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1991, elle abrite dauphins, requins, reptiles et de nombreux espèces d’oiseaux, mammifères et poissons. L’extrait présenté ici provient d’une image acquise par le satellite Spot 5 en 2005. Elle est pivotée de 90° par rapport à l’orientation d’origine.

 

Spot 5 - Australie - Bay Shark - Coeur - Saint-Valentin - 2Au cœur de Bay Shark en Australie. Extrait d’une image prise par le satellite Spot 5 en 2005.
Copyright CNES 2005 – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Retour dans l’hémisphère nord…

Un grand saut au-dessu de l'équateur et nous voici en Russie, plus précisément dans le delta du fleuve Don qui se jette en Mer d’Azov. En ce moment, sous la neige… L’image que j'ai retenue pour la Saint-Valentin a été prise par le satellite Spot 5 en plein été, à la fin du mois de juillet 2007.

 

Spot 5 - Russie - Mer Azov - Don - Coeur - Saint Valentin -En Russie, le fleuve Don rejoint la mer d’Azov. Extrait d’une image prise par le satellite Spot 5
le 30 juillet 2007. Copyright CNES 2007 – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Plus à l’ouest, une autre île des amoureux : c’est l’île de Galesnak en Croatie. L’an dernier j’avais publié une image prise par le satellite ALOS. Celle-ci provient de Pléiades 1B : comme l’image du cœur de Voh, elle a été prise le 6 décembre 2012 et publiée sur le blog « La tête en l’air » du CNES. En décembre, la météo est moins sympathique que celle des îles Fidji : un voile de brume atténue un peu le contraste de l’image.

 

Pléiades - Galesnak - Croatie - Saint-Valentin - coeur - 0En Croatie, lovers’ island : l’île de Galesnak. Extrait d’une image prise par le satellite Pléiades 1B
le 6 décembre 2012. Copyright CNES 2012 – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Amour de 30 ans

Pour terminer, tout près de nous, un dernier cœur, au nord de Marseille, capitale européenne de la culture pour l’année 2013 : c’est le réservoir du Vallon Dol, également vu par le satellite Spot 5.

 

Spot 5 - Marseille - Saint-Valentin - Vallon dol - coeurAu nord de Marseille, le réservoir de Vallon Dol. Extrait d’une image prise par le satellite Spot 5.
Copyright CNES 2005 – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Mis en service il y a trente ans, le 3 février 1973, le réservoir du Vallon Dol est implanté sur le flanc du massif de l’Etoile et domine les quartiers hauts de Marseille. Avec une surface de 17 ha et une capacité de 3 millions de m3 (soit deux fois celle du Vieux Port) il contient l’équivalent d’une semaine de consommation des marseillais. Il est alimenté en eau du Verdon principalement par la branche de Marseille Nord du Canal de Provence.

 

Revenons à nos boutons (de rose) : effet de serre au sens propre…

Pour terminer, quelques trucs si vous voulez éviter de consacrer trop d’argent à l’achat de fleurs :

  • Proposer à votre chérie un bilan carbone de la rose rouge. Le rouge et le noir… Saviez-vous par exemple que l’Europe, même si elle produit 44% des fleurs et des plantes en pot (sur 10% des surfaces mondiales), était un importateur net de fleurs coupées ? Le solde des importations est d’environ 220000 tonnes. Le total des importations représente 1,55 milliard d’Euros en 2011. Les Roses transitent par la Hollande mais proviennent du Kenya (30%), d’Equateur (11,8%), d’Ethiopie (10,7%), ou de Colombie (9,5%). Importées ou produites en Europe, le bilan carbone des roses de la Saint-Valentin est mauvais : c’est l’effet de serre au sens propre. Pour arriver encore fraîches chez nos fleuristes, les roses du bout du monde prennent l’avion. En Europe, les serres chauffées ou éclairées ne sont pas une meilleure alternative. Les rendements nécessaires imposent des quantités importantes de pesticides, herbicides et fongicides. Pour assombrir encore un tableau pas très rose, n’oublions pas les conditions de travail des ouvriers employés dans les roseraies d’Equateur, d’Afrique et d’Amérique latine : ils répandent bien souvent les produits phytosanitaires sans protection.
  • Apporter des bonbons, parce que les fleurs c’est périssable… Ou des chocolats. Au moins, vous pourrez en manger quelques-uns.
  • Offrir un économiseur d’écran réalisé à partir des images satellites présentées ici…


En savoir plus :

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 17:47

Pléiades et les Pléiades

Saviez-vous que les satellites d’observation de la Terre prenaient des images des étoiles ?

Dans un article sur les premières opérations en orbite du Pléiades 1B, j’ai décrit le fonctionnement des senseurs stellaires, ces capteurs essentiels pour le contrôle de l’orientation du satellite. Ici, il s’agit d’une autre activité importante effectuée pendant la recette en vol : la mesure des performances et la calibration de l’instrument de prise de vue, la charge utile du satellite Pléiades.

 

Des détails sur la très haute résolution…

Pourquoi utiliser les étoiles ? Situées à très grande distance de la terre, elles constituent une très bonne solution pour prendre des images de sources lumineuses ponctuelles. Les équipes du CNES qui effectuent actuellement la recette en vol de Pléiades 1B s’en servent pour la refocalisation de l’instrument (un peu comme la mise au point d’un appareil photo) ou pour la mesure de ses caractéristiques. Si vous vous intéressez aux détails sur les images à très haute résolution, je vous conseille la lecture de cet article du blog Un autre regard sur la Terre qui tente d’expliquer deux notions pas totalement intuitives : la fonction de transfert de modulation et le rapport signal sur bruit.

Au total, plus de 1000 images d’étoiles seront acquises pendant la recette du satellite Pléiades 1B.

 

Pléiades - Jupiter et satellites - Animation GIF - 07-12-2
Image de Jupiter acquise par le satellite Pléiades 1B le 7 décembre 2012.
Cliquer sur l'image pour voir la séquence animée.
Copyright CNES 2012. Distribution Astrium GEO-Information Services / Spot Image.

 

Et Jupiter, c’est une étoile ?

Pas vraiment : c’est une planète et c’est même la plus grosse planète du système solaire. Si on ajoute que dans les jours qui suivaient le lancement du satellite Pléiades 1B, Jupiter n’était pas loin de sa plus courte distance à la Terre, on comprend que les équipes du CNES aient cédé à la tentation de faire quelques images de la géante gazeuse. L’agilité du satellite permet en effet de l’orienter vers la terre mais également vers n’importe quelle région de la voute céleste.

La planète Jupiter s’est donc fait tirer le portrait par Pléiades 1B le 7 décembre entre 13h et 18h UTC. C’était seulement une semaine après le lancement de Pléiades 1B et deux jours après la première image. Pour corser un peu l’exercice, les équipes du CNES ont programmé Pléiades pour acquérir neuf images consécutives prises avec un intervalle d’environ 45 minutes, un peu comme une séquence vidéo en mode « timelapse » (voir d’autres exemples avec la Station Spatiale Internationale). Le résultat est l’animation très spectaculaire présentée ici.

 

Détails de taille

Au moment où Pléiades prend cette série d’image, Jupiter est à environ 4,074 unités astronomiques de la Terre. J’ai obtenu cette distance avec le calculateur d’éphémérides de l’IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides) que j’utilise régulièrement pour le blog Un autre regard sur la Terre.

Sachant qu’une unité astronomique, la distance moyenne terre soleil, vaut 149 597 871 kilomètres, la distance Terre-Jupiter le 7 décembre était donc d'environ 609 millions de kilomètres. Cette distance varie entre 588 et 968 millions de kilomètres, selon les positions respectives de la Terre et de Jupiter autour du soleil (aphélie ou périhélie).

En bon satellite d’observation de la Terre, Pléiades 1B prend normalement ses images à une distance de 694 kilomètres de la surface de notre planète.

Quand il a Jupiter en ligne de mire, notre satellite à très haute résolution est donc à une distance presqu’un million de fois plus grande, exactement 878133 fois plus grande.

Comme avec un appareil photo avec un objectif à focale fixe, la finesse de détails visibles est directement proportionnelle à cette distance de prise de vue.

Alors que sur Terre, Pléiades 1B peut discerner des objets de 70 centimètres de côté, un pixel du capteur optique de Pléiades représente 615 kilomètres à la surface de Jupiter, à peu près la distance entre Toulouse et Paris.

Vous voulez vérifier ? Mesurez le diamètre de Jupiter sur l’image en pleine résolution… A l’équateur, vous trouverez 230 pixels, correspondant à un diamètre réel de 141450 kilomètres à l’équateur. C’est environ 11,2 fois le diamètre de la Terre. Néanmoins, malgré sa taille énorme, Jupiter n’occupe qu’une toute petite partie de l’image Pléiades complète. Difficile de faire un gros plan à plus de 600 millions de kilomètres de distance.

 

La grosse tache rouge qui passe…

Que peut-on voir sur cette série d’images ?

On reconnaît bien sûr les bandes parallèles caractéristiques de Jupiter. Mais c’est d’abord la grande tache rouge qui attire l’attention. Situé dans l’hémisphère sud, à environ 22° de latitude, c’est un anticyclone de l'atmosphère de Jupiter d’un taille impressionnante ; une long d'environ 25 000 km et une largeur de près de 12 000 km, soit environ le diamètre de la Terre.

La période de rotation de la tache rouge de Jupiter est de dix heures : on voit son passage sur quatre des neuf images de la séquence prise par Pléiades 1B.

Sur la partie gauche de l’image, on voit également passer un des satellites de Jupiter.

S’agit-il d’un des plus gros satellites : Io, Europe, Ganymède ou Callisto ? Au total, on connaît aujourd’hui 66 satellites naturels de Jupiter. Si vous savez identifier celui de l’image, merci de poster un commentaire à la fin de cet article.

 

Pléiades - Jupiter et satellites - 07-12-2012 - Grande tacPléiades - Jupiter et satellites - 07-12-2012 Deux extraits de la séquence d’images de Jupiter prises par le satellite Pléiades 1B : la grande
tache rouge et un satellite. Copyright CNES 2012.
Distribution Astrium GEO-Information Services / Spot Image.

 

Plus près de Jupiter avec les sondes spatiales

Les amateurs éclairés ou les observatoires terrestres parviennent à faire des images similaires de Jupiter depuis la Terre (avec l’atmosphère qui s’intercale entre les planètes et les télescopes ou les lunettes). Les images de Jupiter prises par Pléiades 1B mettent surtout en valeur les capacités offertes par l’agilité du satellite. J'ai déjà eu l'occasion d'en parler avec des séquences d'images du sol mais aussi d'images étonnantes de la Lune (en relief) ou des satellites Spot 5 et Envisat. Pléiades 1A compte d'autres prouesses à son actif qui n'ont pas encore été publiées...

Pour les astronomes, ce sont les missions d’exploration des planètes du système solaire qui ont fourni les informations et les images les plus intéressantes.

Ce sont les missions Pioneer 10 et Pioneer 11 qui ont fourni les premières images rapprochées de l'atmosphère de Jupiter et de plusieurs de ses lunes. Un peu plus tard, les missions Voyager, les engins spatiaux les plus anciens encore en fonction, découvrent les anneaux de Jupiter. Leur palmarès est exceptionnel.

En 1992, la sonde Ulysses se mit en orbite polaire autour du Soleil et effectua alors des études de la magnétosphère de Jupiter.

En 2000, la sonde Cassini, en route pour Saturne, survola Jupiter et pris des images en haute résolution de la planète. La sonde New Horizons, en route pour Pluton, survola Jupiter en février 2007 pour une manœuvre d'assistance gravitationnelle.

La sonde Galileo est le seul engin à avoir été mis en orbite autour de Jupiter, à partir de décembre 1995. Exceptionnel : Galileo fut témoin de l'impact de la comète Shoemaker-Levy 9 en 1994 lors de son approche de Jupiter. Plus récemment, en août 2011, la NASA a lancé Juno, une sonde qui doit rejoindre Jupiter sur une orbite polaire.

 

En savoir plus :


Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • En utilisant cette image, les articles sur la sonde MSL et d’autres images de planètes présentées sur le blog Un autre regard sur la Terre, travail sur le mouvement des planètes et l’excentricité de leurs orbites, avec calcul des distances minimales et maximales entre la Terre et les autres planètes. Peut-être fait avec des simulations informatiques ou la réalisation de maquettes du système solaire. A titre d’exemple, pour Jupiter, les distances du soleil sont les suivantes :
    • Distance minimale (périhélie) : 740 520 000 kilomètres ((4,95 UA)
    • Distance maximale (aphélie) : 816 620 000 kilomètres (5,46 UA)
    • Distance moyenne : 778 412 027 kilomètres (5,20 UA)
    • La distance de la Terre autour du soleil variant entre 147 098 074 et 152 097 701 kilomètres, on retrouve les deux valeurs mentionnées plus haut pour les distances minimales entre la Terre et Jupiter.
  • Organiser une soirée d’observation astronomique avec plusieurs classes ou avec un plus large public à l’occasion de la fête de l’école. Des associations spécialisées comme Planète Sciences, l’Association Française d’Astronomie (AFA) ou les clubs d’astronomie de votre région peuvent vous aider en amenant télescopes, lunettes et amateurs éclairés pour observer le ciel nocturne.

 

 

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 09:00
360° pour prendre la température du cratère Gale

MSL---Mars---Panorama---Mont-Sharp---Mastcam---RR.jpg
MSL - Mars - Panorama - Mont Sharp - Mastcam - Gauche MSL - Mars - Panorama - Mont Sharp - Mastcam - Centre MSL - Mars - Panorama - Mont Sharp - Mastcam - Droite
Sur Mars, premier panorama en couleurs et à haute résolution autour de Curiosity. Les trois images
en dessous sont des extraits de ce panorama. Cliquer sur les vignettes pour les agrandir. 
Crédit image: NASA / JPL-Caltech / MSSS
 
La NASA et le JPL (Jet Propulsion Laboratory) ont publié hier un premier panorama en haute définition montrant une vue à 360 degrés autour du site d'atterrissage du rover Curiosity. On voir en particulier le sommet du Mont Sharp à environ 20 kilomètres du robot mobile. Un panorama en qualité réduite avait déjà été présenté sur ce blog.
Les images ont été prises par une des deux caméras (Mast camera ou Mastcam) fixées sur le mât rotatif du rover MSL. C’est la caméra dont l’objectif a une focale de 34 mm qui a été utilisée.
L’image publiée ici est une version réduite (un cinquième environ) de l’image en pleine résolution, dont les dimensions sont d’environ 29 pixels en largeur et 7000 pixels. Il s’agit d’une mosaïque obtenue par l’assemblage de 140 images prise en août 2012, alors que les réglages de calibration fine des caméras étaient toujours en cours.
La couleur présentée ici correspondent à un traitement effectué au sol par les équipes du JPL pour montrer la scène martienne telle qu'elle apparaît dans les conditions d'éclairage que nous avons sur la Terre, afin de faciliter l’analyse du terrain. La version brute avec les couleurs d’origine est accessible ici (c'est un gros fichier...)
Il faut imaginer cette image imprimée sur une grande bande de papier et mise en forme de cylindre avec l'observateur au centre. Les traces plus grises correspondent au sol rocheux mis à nu par les propulseurs de descente de MSL et servent de point de repère. Au premier plan, on voit à gauche une partie du bras robot et ses équipements, au centre l'ombre du mât avec la silhouette caractéristique de Chemcam et, à doite, une roue.
   
Le mât de MSL : un arbre à cams
Pour fixer les idées sur les différences entre les deux caméras du mât du robot, voici également deux extraits provenant respectivement de la caméra à 34 mm de focale et celle à 100 mm.
  
MSL - Mars - Mast cam - 1 MSL - Mars - Mast cam - 2
Deux extraits d’images fournies par les caméras Mastcam. A gauche, une image prise avec la
caméra à 34 mm de focale. A droite avec le téléobjectif à 100 mm de focale. Une version annotée
donne une idée des distances à parcourir. Crédit image: NASA / JPL-Caltech / MSSS
  
Outre les deux caméras dont les images sont présentées ici, le mât du robot supporte aussi l'instrument Chemcam, avec une participation française importante (CNES et IRAP) qui a réalisé ses premiers spectres et les caméras de navigation (Navcam).
 
Un petit tour de roue pour un robot avant une grande randonnée suivie par la Terre entière….
Ces jours-ci, l’exploit de Neil Armstrong en juillet 1969 reste particulièrement d’actualité quand on suit la progression de la mission MSL depuis l’atterrissage réussi début août. La NASA n’a pas raté l’occasion de mettre en perspective les deux évènements : les systèmes de communications de Curiosity ont relayé hier un message vocal de Charles Bolden, l’administrateur de la NASA. En voici quelques extraits traduits en français :
Depuis le début des temps, la curiosité de l'humanité nous a conduit à rechercher constamment ... de nouvelles possibilités au-delà de l'horizon… Faire atterrir un rover sur Mars n'est pas facile - d'autres ont essayé – Seule l'Amérique a pleinement réussi. La connaissance que nous espérons acquérir de notre observation et de l’analyse du cratère Gale, nous dira beaucoup sur la possibilité de la vie sur Mars, ainsi que les possibilités passées et à venir de notre propre planète. La mission Curiosity inspirera une nouvelle génération de scientifiques et d'explorateurs, car elle ouvre la voie à une mission humaine dans un avenir pas trop lointain".
  
Une mission humaine ? Un certain Neil Armstrong en était un fervent partisan… « Avenir pas trop lointain ». Charles Bolden reste prudent. Normal pour un ancien astronaute.
En attendant, il y a quelques jours, MSL a fait ses premiers tours de roue sur Mars. Pas trop loin, juste pour vérifier que tout roule, comme le montre cette image prise par la caméra Hazcam (Hazard Avoidance Camera) avant.
 
MSL---Curiosity---Traces-de-roues-sur-Mars.jpg
Image des traces de roue du robot Curiosity prises par la caméra Hazcam avant.
Crédit image: NASA / JPL-Caltech.
 
En pratique, il y a eu deux mouvements successifs, un déplacement d’environ 5 mètres et une rotation d’un tour presque complet qui a amené la robot, pratiquement dans son orientation initiale, sur un point baptise Goulburn, une zone d'affleurements rocheux mise à nue par des propulseurs de la grue volante qui a déposé Curiosity sur le sol martien.
  

En savoir plus :

  

 

 
 
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  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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