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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 15:36

Comme à la parade…

Dans la nuit du 15 au 16 mai 2012, à exactement 22h13 UTC soit 00h13 à Paris et 19h13 à Kourou, une nouvelle fusée Ariane, le vol VA206, a été lancée depuis le Centre Spatial Guyanais à Kourou, au début du créneau de tir. Après un vol parfaitement nominal, elle a mis en orbite de transfert géostationnaire deux satellites de télécommunication, JCSAT-13 et VINASAT-2.

Les deux satellites ont été construits par la société américaine Lockheed Martin. La décision de choisir le lanceur Ariane 5 pour un lancement simultané de deux satellites montre la confiance qu’inspirent la fusée européenne construite par EADS Astrium et le savoir-faire des équipes d’Arianespace et du CNES.

Pour ce lancement, le CNES inaugurait une retransmission en ligne sur son site Internet.

 

Ariane 5 - Kourou Décollage VA206 - Caméra Toucan Lancement de la fusée Ariane 5 VA-206 vue depuis le site Toucan.
Crédit image : ESA – CNES – Arianespace / Optique Vidéo du CSG – S. Martin

 

La réussite à en quelques chiffres

Quelques chiffres permettent de se faire une idée de la fiabilité et de la performance de la fusée européenne Ariane 5 :

  • 48 lancements consécutifs réussis, un record mondial de fiabilité pour un lanceur commercial.
  • Le 206ème vol d’une fusée Ariane (la première a été lancée le 24 décembre 1979) emportait une charge totale d’environ 8300 kg, avec 7500 kg pour les deux satellites (4528 kg pour JCSAT-13, 2969 kg pour VINASAT-2) et 800 kg pour le système de lancement double SYLDA.
  • Pour Arianespace, cela correspond à 300 satellites principaux lancés, nombre auquel il faut ajouter 50 charges utiles auxiliaires ou de plus petite taille.
  • Ariane 5 emportant les 100ème et 101ème satellites géostationnaires commerciaux fabriqués par Loockhed Martin, les 42ème et 43ème lancés par Arianespace.
  • JCSAT-13 est le 27ème satellite confié par un opérateur japonais à Arianespace. Ce lancement marque 23 ans de relation entre l’opérateur SKY Perfect JSAT Corporation et Arianespace : JCSAT-1 a été lancé en 1989 par une fusée Ariane 4. VINASAT-1 avait été lancé par Ariane 5 en avril 2008.

 

Ariane 5 - VA206

Décollage du vol Ariane 5 VA-206 depuis le CSG en Guyane Française.
Crédit image : Arianespace.

 

Un fil d’Ariane dans le chas d’une aiguille à près de 36000 kilomètres d’altitude

Les derniers chiffres portent sur la précision opérationnelle : la trajectoire de la fusée Ariane 5 lancée le 16 mai 2012 a permis d’obtenir la précision suivante :

  • Périgée : 250,2 km (objectif : 250,0 km, soit un écart de 200 mètres)
  • Apogée : 35 927 km (objectif : 35 909 km, soit un écart de 18 km)
  • Inclinaison : 1,97° (objectif : 2,00°)

Les chiffres indiqués correspondent aux paramètres orbitaux au moment de l’injection en orbite de l’étage supérieur de la fusée Ariane.

 

Une belle performance du spatial européen : ni hasard, ni lauriers définitifs

Dans le domaine du spatial, on ne parvient pas à niveau de fiabilité par hasard. S’arracher à la terre, quitter l’atmosphère et mettre en orbite un satellite sur la bonne orbite reste une mission extrêmement complexe.

C’est l’engagement sur la qualité totale et le zéro défaut de l’ensemble des acteurs européens impliqués dans le programme Ariane qui permettent d’atteindre les chiffres record cités plus haut : Astrium, CNES, Agence Spatiale Européenne, Arianespace, etc. Le savoir faire et l’expérience des équipes depuis la conception jusqu’aux opérations en Guyane y contribuent largement. Pour François Auque, PDG d’Astrium, « cette démonstration de réussite et de fiabilité renforce la validité du modèle industriel européen de conception et de production d’Ariane 5 ».

Impossible de se reposer sur ces lauriers, même s’ils sont mérités : la compétition internationale dans le domaine des lanceurs commerciaux s’intensifie. Le marché et la taille des satellites évoluent également. Comme pour toutes les activités commerciales, il est important de lancer des nouveaux produits pour rester dans la course. C’est le cas par exemple du projet Ariane 5 ME, ME pour Mid-life Evolution. Pour la première fois, c’est l’industrie – Astrium – qui est en charge de la maîtrise d’œuvre de développement. Il faut également préparer les lanceurs du futur…

 

Deux satellites géostationnaires de télécommunication

JCSAT-13 a été construit par Lockheed Martin Commercial Space Systems pour l’opérateur japonais SKY Perfect JSAT Corporation. Une fois sur son orbite définitive, il sera positionné à 124 degrés Est de longitude. Sa durée de vie nominale est de plus de 15 ans. JCSAT-13 assure les liaisons de télévision directe depuis l’orbite géostationnaire sur l’ensemble de l’archipel japonais, en remplacement du satellite JCSAT-4A, et des services satellitaires sur l’Asie du Sud-est. JCSAT-13 est équipée de 44 transponders en bande Ku.

VINASAT-2, second passager du vol VA206, a également été construit par le groupe américain Lockheed Martin Commercial Space Systems pour l’opérateur vietnamien, Vietnam Posts and Telecommunications Group (VNPT). Il sera positionné à 131,8 degrés Est. Il est conçu pour assurer une mission opérationnelle pendant plus de 15 ans. VINASAT-2 fournira des liaisons de radio, de télévision et de téléphonie pour tout le Vietnam : il est équipé de 24 transpondeurs en bande Ku.

 

Le rythme continue...

A Kourou, pour Arianespace, c’était le second lancement Ariane 5 de l’année 2012, après le lancement de l’ATV 3, une charge utile record de 20000 kg, et le vol inaugural réussi de la fusée Vega en mars.

Le prochain vol devrait avoir lieu le 19 juin 2012, avec la mise orbite de nouveaux satellites : EchoStar 17, construit par Space Systems Loral pour l’opérateur Hughes Network System, et le troisième exemplaire de Meteosat Second Generation (MSG-3) construit par un consortium piloté par Thales Alenia Space pour l’organisation européenne de météorologie Eumetsat.

  ISS - Lancement Ariane - ATV-3 - pose longue

     Une photo prise depuis la station spatiale internationale au moment du premier lancement Ariane
5 en 2012,  celui qui emmenait l’ATV-3. En cherchant bien, on peut voir la fusée Ariane. Les traits
lumineux sont les étoiles vues en poste longue : l'ISS évolue à 28000 km/h. Crédit image : NASA.

 

Le choix du nom ? De fil en aiguille…

L’histoire d’un nom ? Il est toujours compliqué de savoir 40 ans après quelle a vraiment été l’origine du nom Ariane.

Le texte ci-dessous est écrit à partir de trois témoignages d’acteurs de l’époque : une communication d’André Lebeau, Président du CNES entre 1995 et 1996, à l’occasion d’un colloque de l’IFHE (Institut Français d’Histoire de l’Espace), une citation de Peter Creola, à l’époque délégué de la Suisse au conseil de l’ESA, extraite d’une fasciule historique de l’ESA (Agence Spatiale Européenne) et des propos William Huon dans son livre « Ariane, une épopée européenne ».

Après l’échec de la fusée Europa, le nouveau projet de lanceur européen était désigné par le sigle LIIIS, pour « lanceur trois étages de substitution ». Un projet n’existe vraiment qu’à partir du moment où il porte un « vrai » nom. Il fallait en trouver un…  Un brain-storming fut proposé par André Lebeau, qui accompagnait le ministre Jean Charbonnel à une réunion de l’ESA à Bruxelles. Il fit circuler un feuille blanche où il avait écrit : « un nom pour L3S ? »

La réunion se prolongeait dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1973, date de la fête nationale suisse. Dans la liste des propositions, on vit donc apparaître « Edelweiss » ou « Guillaume Tell » et d’autres suggestions vibrantes comme « Prométhée » ou pleine de sous-entendus comme « Patience ».

Couverture CNES LIIIS Couverture du dossier de
synthèse du lanceur L3S

Sauf erreur, le nom Ariane n’était pas dans la liste…

Un seul nom recueillit trois voix : « Vega », une étoile de la constellation de la Lyre. Mais lorsqu’au mois de septembre il fallut compléter les blancs laissés dans le texte de l’accord relatif au développement du lanceur européen, la délégation française exprima une objection de dernière minute : le Ministre Jean Charbonnel ne voulait pas de « Vega » car une bière portait ce nom.

Pour la France, principal partenaire du programme, trois noms seulement pouvaient être envisagés : « Phénix, Pénélope ou Ariane ». Pour le délégué allemand, Phénix était exclu : les cendres de l’ELDO étant encore brûlantes. Le nom de Pénélope fut rejeté car l’on envisageait premier vol au bout de six ans et non pas après vingt ans d’attente.

Restait Ariane : Le fil d’Ariane avait permis à Thésée de trouver la sortie du labyrinthe.

Pour les suisses, Ariane fait trop penser à Marianne. Pour les allemands, Ariane faisait penser aux quartiers chauds de Hambourg. Finalement, malgré les objections, les sceptiques des deux sexes, qui estimaient que ce prénom féminin ne convenait pas à la forme phallique du lanceur européen, s’inclinèrent finalement et, très vite, le nom d’Ariane se popularisa.

Si tout cela est vrai, c’est donc peut-être à la passion de Jean Charbonnel pour la Grèce antique qu’Ariane doit son nom.

Malgré la bière, Vega a quand même fini par ressortir…

Pour la petite histoire, pendant des années, « Les filles d’Ariane » fut le nom du bulletin de liaison des clubs de mini-fusées de Planète Sciences.

 

En savoir plus :

 

 

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 14:58

Vol suborbital ou mise en orbite : Premier vol d’Alan Shepard ou vol historique de Gagarine. Toujours d’actualité plus de cinquante ans après…

Le lancement semble imminent : mercredi, la Corée du Nord a annoncé avoir commencé les opérations de remplissage en carburant de sa fusée. Selon le régime nord-coréen, la fusée Unha-3 décollera de la base de lancement de Tongchang-ri pour mettre en orbite un satellite civil d’observation de la Terre, baptisé Kwangmyongsong-3 pour « étoile brillante ». Les Etats-Unis, la Corée du sud et le Japon pensent que Pyongyang prépare en fait un essai de missile balistique, comme celui qui a été effectué en avril 2009, avec une spectaculaire image satellite du décollage du missile, suivi par un essai nucléaire.

La date exacte du lancement reste inconnue mais cela pourrait être avant le 15 avril, date de naissance de Kim II-Sung, fondateur de la République populaire démocratique, dont le pays célèbre le centième anniversaire. Son successeur, Kim Jong-Un, doit être nommé mercredi 11 avril au poste de secrétaire général du Partie du Travail de Corée.

Quelques journalistes et des experts étrangers ont pu visiter le centre spatial de Tongchang-ri puis le centre de contrôle des satellites.

Les satellites d’observation civils et militaires ont évidemment été programmés pour suivre les préparatifs du lancement. A titre d’exemple, voici quelques images de satellites d’observation civils à très haute résolution prises depuis environ un mois.

 

Digital Globe - Corée nord - Missile ou fuséeImage du site de lancement de Tongchang-ri prise le 6 avril 2012 par un satellite de la société
Digital Globe. Crédit image : Image (c) 2012 DigitalGlobe, Inc.

 

Digital Globe - Corée nord - Missile ou fusée - Tong Chang-ri Digital Globe - Corée nord - Missile ou fusée - -copie-2

Deux autres images du même site. A gauche, image prise le 28 mars 2012.
A droite, image du 17 mars 2012. Crédit image : Image (c) 2012 DigitalGlobe, Inc.

 

Quelle vitesse de "libération" en Corée du Nord ?

La vitesse, c’est la question principale pour savoir s’il s’agit d’un essai de missile balistique ou de la mise en orbite d’un satellite.

Un missile balistique a une trajectoire qui lui fait quitter l’atmosphère et pénétrer, temporairement, dans l’espace, au-delà de la ligne de Karman, à 100 kilomètres d’altitude, qui définit pour la Fédération aéronautique Internationale la frontière entre l’atmosphère terrestre et l’espace.

 

Charge utile ou charge néfaste ?

Même si sa portée peut être très grande, plusieurs milliers de kilomètres pour les ICBM (Intercontinental Ballistic Missile), la vitesse d’un missile balistique est insuffisante pour rester dans l’espace, pour satelliser une charge utile.

Sa trajectoire est suborbitale comme celle de la première capsule Mercury (Freedom 7) à bord de la quelle l'astronaute américain Alan Shepard a effectué le 5 mai 1961 un vol suborbital d’un peu plus de 15 minutes : la fusée Mercury-Redstone ne permettait pas d’atteindre la vitesse de satellisation assurant la mise en orbite. Un mois plus tôt, le 12 avril 1961, avec le vol historique de Youri Gagarine, quatre ans après Spoutnik, l’URSS avait réussi la première mise en orbite d’un vaisseau habité, au cours de la mission Vostok-1.

 

Est-ce que dans cette position sur l'orbite la ligne de Karman sautera ?

Alan Shepard a atteint une altitude de près de 190 kilomètres, comme Virgil Grissom avec Liberty Bell 7 trois mois plus tard. Grâce à la fusée Mercury-Atlas, John Glenn, le cinquième américain du groupe des sept, à bord de la capsule Frienship 7, reste près de cinq heures autour de la Terre, en effectuant 3 orbites complètes. On a fêté en février 2012 le cinquantième anniversaire du premier américain en orbite.

Pour le Vostok-1 de Gagarine, le périgée (point le plus proche de la Terre) est à 181 km d’altitude et l’apogée (le point le plus éloigné) à 327 kilomètres. Une seule orbite a été bouclée en 90 minutes environ.

L’altitude est différente mais c’est surtout une affaire de vitesse qui distingue un vol suborbital d’une mise en orbite :

Après 2 minutes et 22 secondes, la vitesse maximale d’Alan Shepard est de 2,3 kilomètres par seconde (environ 8262 km/h) au moment de l’extinction des moteurs : le vol se poursuit avec une trajectoire balistique (vaisseau uniquement soumis à la force de gravité et au freinage atmosphérique) et atteint son altitude maximale en 5 minutes.

Pour Gagarine, deux minutes après le décollage de la fusée Soyouz et la séparation des quatre gros blocs moteurs latéraux, l’étage central continue sa poussée. Le système propulsif du vaisseau Vostok prend ensuite le relais pour atteindre une vitesse de 7,85 kilomètres par seconde, près de 3,5 fois celle de la Mercury-Redstone de Shepard.

Point important : il s'agit bien d'une vitesse tangente à la trajectoire (on pourrait presque dire "horizontale") et non d'une vitesse dirigée verticalement du bas vers le haut : si un fusée décolle verticalement, c'est pour sortir le plus rapidement possible des couches denses de l'atmosphère. L'essentiel de la mission d'un lanceur consiste à communiquer une vitesse "horizontale", tangente à la trajectoire au point d'injection, suffisante pour assurer la mise en orbite. Regardez bien l'allure de la trajectoire au cours de la retransmission d'un lancement d'Ariane 5...


NASA - Freedom 7 - Shepard - mai 1961 NASA - John Glenn - Friendship 7 - Février 1962

Au gauche, le décollage d'Alan Shepard dans la fusée Mercury-Redstone en mai 1961.
A droite, dix mois plus tard, John Glenn dans la capsule Mercury au sommet de la fusée
Mercury-Atlas. Presque le même nom mais quelques milliers de mètres par seconde de
vitesse supplémentaire. Crédit image : NASA

 

Quelle vitesse de satellisation ?

J’ai utilisé plus haut le terme de vitesse de libération. C''est bien pour le jeu de mot mais c'est inexact : très précisément, il faut utiliser le terme de vitesse de satellisation.

En orbite autour de la Terre, un satellite n’est soumis qu’à la force d’attraction terrestre (si on néglige le frottement atmosphérique résiduel qui prend de l’importance sur les orbites les plus basses).

Avec un mouvement circulaire uniforme, l’accélération est normale à la trajectoire : elle correspond à un changement d’orientation du vecteur vitesse mais pas de sa valeur. On parle d’accélération centripète :

γ  = V2/D
(avec D distance entre le satellite et le centre de la Terre)

 

La force d’attraction terrestre s’exprime :

F = GMm/D2
(avec G constante de gravitation universelle, M masse de la Terre, m masse du satellite)

 

En appliquant le principe fondamental de la dynamique, on peut écrire :

 

F = mγ  d'où   V2/D= GM/D2

 

et  V = √(GM/D)

 

Par exemple, à 694 kilomètres d’altitude, celle de l’orbite du satellite Pléiades, la vitesse de satellisation est de 7,51 mètres par seconde soit 27030 km/h.

On peut retrouver cette formule par une méthode géométrique en représentant la chute libre autour de la terre sur une courte durée.

Réussir un rendez-vous orbital, comme celui de l’ATV avec l’ISS, consiste à modifier la vitesse orbitale d’un objet (l’ATV) pour atteindre celle de sa cible. Un rendez-vous réussi, c’est une vitesse relative quasi-nulle même si chacun des deux vaisseaux parcourt sa trajectoire à 27671 km/h.

C'est presque fini pour les formules aujourd'hui : je n'ai plus de craie jaune...

 

Et la vitesse de libération ?

Calculée au niveau du sol, en baissant la tête, la vitesse de satellisation s’appelle aussi première vitesse cosmique, même si l’atmosphère empêche toute mise en orbite : c'est 7,9 km/s ou 28500 km/h.

La vitesse de libération existe aussi : c’est la deuxième vitesse cosmique, la vitesse au-delà de laquelle une sonde spatiale peut s’éloigner définitivement de la Terre.

Elle vaut (2GM/D) soit 1,414 fois la vitesse de satellisation, environ 11,2 km/s ou 40300 km/h.

 

Bouteilles à la mer

La Troisième vitesse cosmique (ça commence à être du cosmique de répétition…) est la vitesse de libération d’un corps quittant le système solaire depuis l'orbite terrestre. On prend ici en compte la masse du Soleil. La 3ème vitesse cosmique vaut 14,8 km/s soit 49800 km/h.

Attention à votre permis à points !

Avec une vitesse de plus de 17 km/s par rapport au Soleil, les sondes Voyager 1 et Voyager 2, lancées en août et septembre 1977, seront les premiers objets construits par l'homme à quitter le système solaire. A côté des instruments scientifiques, elles embarquent, en guise de message symbolique de l'humanité, un disque de données sélectionnées par Carl Sagan et aussi, pour fournir l'énergie loin du soleil, un générateur thermoélectrique à radioisotope (Uranium 238). Son énergie sera épuisée avant d'atteindre un autre étoile de la galaxie. Une technologie pour un usage civil ou militaire, comme la fusée coréenne...


En savoir plus :



 


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 23:16

Amaldi sur l'ISS : le retour du Jeudi...

0h31 heure de Toulouse. 22h31 UTC. 

C'est fait : après avoir effectué les dernières vérifications, les équipes des centres de contrôle de Houston, Toulouse et Moscou ont donné le feu vert. l'ATV-3 Edoardo Amaldi vient de s'amarrer en douceur au module Zvezda de la Station Spatiale Internationale (ISS).

La dernière ligne droite en images à partir de la caméra vidéo de l'ISS.

A 384 kilomètres d'altitude, deux vaisseaux spatiaux à près 28000 km/heure de vitesse mais seulement 7 cm par seconde de vitesse relative pour un docking tout en douceur, pratiquement à la verticale de la ligne de changement de date.

 

ATV-3---docking-done.jpgDocking !

 

ATV-3---docking.jpgDerniers centimètres : Si, si ! ça bouge...

 

ATV-3---docking---22h26---S41---11m.jpgMoins de 10 minutes et 11 mètres de distance...

 

ATV-3---docking---22h10---S4.jpg22:09:43 UTC : les 4,5 de diamètre de l'ATV plein cadre.

 

ATV-3 - docking - 22h04 - S3-S422:04 : en route vers le point S4

 

ATV-3---approche.jpgL'ATV-3 en approche vue depuis la station spatiale

 

En savoir plus :

 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 15:52

A priori, je n’étais pas convaincu par l’idée d’une émission de divertissement associant des spationautes et des acteurs ou des chanteurs. Ce n’est pas avec Michel Drucker que je rêve de partir dans l’espace…

Mardi 27 mars, j’ai quand même passé la soirée devant la TV et j’ai été impressionné par la qualité de l’émission enregistré sur le site d’Astrium des Mureaux. Ce qui m’a le plus frappé, c’est qu’au fil des reportages et des interviews, Michel Drucker et ses invités sont parvenus à expliquer de manière à la fois simple et rigoureuse le fonctionnement de la fusée Ariane, les préparatifs d’un lancement à Kourou, la mise en orbite d’un satellite, la vie dans la station spatiale internationale, le rôle des satellites pour la défense, l’entraînement au centre des astronautes européens, etc.

 

  Une nuit dans l'espace - ESA

Michel Drucker et ses invités sur le plateau de l’émission « Une nuit dans l’espace », enregistrée
dans le hall d’intégration Ariane 5 du site Astrium des Mureaux. Crédit image :
ESA - P. Sebirot, 2012

 

On était à mon avis dans la catégorie des très bonnes émissions de vulgarisation. Par exemple, la visite du Centre Spatial Guyanais commentée par Michel Drucker, avec quelques chiffres et des analogies pour fixer les idées et des questions-réponses était à un modèle de clarté et de pédagogie. Rien à dire : on reconnaît la patte d’un professionnel.

Les artistes qui intervenaient dans les interviews (Shy’m, Christophe Willem, Mathieu Kassovitz, etc.) semblaient réellement passionnés. Cela donne envie de remonter dans l’Airbus Zéro G !

Pour célébrer un peu en avance l'anniversaire du premier vol de Youri Gagarine le 12 avril 1961, l’émission mettait évidemment l’accent sur les vols habités. Michel Drucker était entouré d’une impressionnante brochette d’astronautes, avec les neuf français qui ont eu la chance d’aller dans l’espace (Jean-Loup Chrétien, Patrick Baudry, Michel Tognini, Jean-Pierre Haigneré, Jean-François Clervoy, Claudie Haigneré, Jean-Jacques Favier, Léopold Eyharts et Philippe Perrin), le petit dernier recruté par l’ESA, Thomas Pesquet, l’italienne Samantha Cristoforetti et, pour une conversation à 28000 km/h, André Kuipers, en impesanteur à bord de la station spatiale internationale.

L’homme dans l’espace, c’était aussi l’hommage rendu à ceux qui restent sur Terre et qui, par leur métier, leur passion ou leur professionnalisme, permettent de réussir les missions spatiales les plus ambitieuses. A côté des astronautes, l’émission a eu le mérite de présenter quelques métiers de l’espace et les hommes et les femmes qui les exerçaient.

Philippe Perrin a finalement souligné la similitude entre un vaisseau spatial habité isolé dans l’espace avec des ressources limitées (eau, air, carburant) et notre planète, en orbite autour du soleil. Aller dans l’espace, c’est également pour observer la Terre, prendre conscience de notre action globale sur notre environnement.

Si vous n'avez pas vu l'émission, elle est en ligne sur le site pluzz.fr : la déception de la soirée, c'est la relative mauvaise audience de l'émission avec 1,8 millions de téléspectateurs et 7,4% de part de marché, loin derrière Docteur House et ses 7,8 millions de téléspectateurs (source : Médiamétrie).

 

ESA---ISS---Kuipers---France---Bretagne---Espagne--copie-1.jpg

L’espace, c’est renversant : une image nocturne prise par André Kuipers à bord de l’ISS.
De gauche à droite, Paris, le cotentin, la Bretagne, l'Espagne et le portugal Crédit image : ESA/NASA.

 

Après être passé à la TV, André Kuipers repasse à l’ATV

Arrimage ou amarrage ? Cela rime quand ça s’arrime… Après Jules Vernes et Johannes Kepler, l’ATV Edoardo Amaldi est le troisième ATV : pas encore marre quand ça s’amarre…

Lancé le 23 mars par Ariane 5 ES, c’est dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 mars que le vaisseau européen de ravitaillement de l’ISS doit s’amarrer à la station spatiale. Le cargo Edoardo Amaldi amène 4395 kg de fluides (carburant, eau et gaz) et 2201 kg de fret (nourriture, équipement, effets personnels pour l’équipage)

André Kuipers et son coéquipier russe Oleg Kononenko superviseront depuis le module russe Zvezda les ultimes manœuvres d’approche et le « docking » final de l’ATV, prévu nominalement à 00h33 heure de Paris (22h33 UTC après le passage récent à l’heure d’été). Une page du blog ATV de l’ESA présente la chronologie détaillée.

 

atv rdv docking profileTrajectoire de l'ATV pour son rendez-vous avec la station spatiale internationale. Crédit image : ESA


Le CNES organise une vidéotransmission (accessible à partir de 23h54 heure de paris sur cette page). Les événements seront également commentés pas à pas sur Twitter grâce à une cinquantaine d’internautes internationaux invités par le CNES et l'ESA au centre de contrôle, ATV-CC, au centre spatial de Toulouse. Ce « tweetup » aura débuté, sur place, aux alentours de 18h30 par des rencontres avec les spécialistes de la mission ATV.

 

En savoir plus :

 


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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 02:50

Lancement-ATV-3---A5.JPG

Décollage de la fusée Ariane 5 VA205 avec le véhicule ATV-3 depuis le Centre Spatial Guyanais.
Crédit image : ESA - S. Corvaja, 2012.

 

Champagne !

C’est dans la nuit du 22 au 23 mars 2012 à 4h34 UTC (soit 5h34 à Paris) que le troisième vaisseau de ravitaillement automatique de la famille ATV de l'ESA, nommé Edoardo Amaldi, a quitté le sol de Guyane pour rejoindre la Station Spatiale Internationale (ISS). Le lancement par une Ariane 5 était initialement prévu le 9 mars 2012 mais des vérifications du chargement de l’ATV ont entraîné deux semaines de retard.

C’est le 205ème lancement d’Ariane et le 61ème lancement d’une Ariane 5 !

 

 

ATV3-en-ZL3---Kourou---Ariane-5.jpgl’ATV-3 en zone de lancement 3 dans la coiffe d’Ariane 5.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne. (ESA)

 

Pour sa première mission de l’année 2012, la fusée Ariane 5 (la version ES, utilisée pour l'ATV) lance le troisième véhicule de transfert automatique de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Comme les deux premiers ATV lancés en mars 2008 et en février 2011, le vaisseau baptisé « Edoardo Amaldi » joue un rôle important pour le ravitaillement de la Station Spatiale Internationale (ISS).

 

Sous la coiffe, un lancement qui décoiffe…

D’une masse plus de 20 tonnes, c’est la plus grosse charge utile lancée par Ariane 5 à ce jour. L’ATV-3 doit être mis sur une orbite circulaire inclinée à 51,6 degrés à une altitude de 260 km.

La mission de l’ATV est d’assurer le ravitaillement de l’ISS (eau, air, vivres, ergols pour le segment russe, pièces de rechange, matériels pour les expériences, etc.) et les manoeuvres de rehaussement d’orbite de la station spatiale internationale (ISS), une structure de plus de 418 tonnes.

Quatre tonnes de carburant, 285 litres d'eau, 100 kg d'oxygène et plus de deux tonnes de matériel, sans oublier les colis et le courrier envoyés par les familles des astronautes... l'ATV Edoardo Amaldi est bien rempli ! C'est d'ailleurs sa taille qui le démarque des ravitailleurs russe Progress et japonais HTV : avec ses 10 mètres de longueur et ses 4,5 mètres de diamètre, l'ATV emporte 6,6 tonnes de fret vers la station spatiale internationale, trois fois plus que l’actuel vaisseau russe Progress.

A la fin de sa mission de plusieurs mois, l’ATV sera rechargé par les astronautes des déchets et autres matériels inutiles avant de se détacher de l’ISS et être désorbité.

 

Quand est ce qu'on s'amarre...

A bord de l’ISS, c’est l’astronaute néerlandais de l’ESA André Kuipers qui supervisera l’amarrage de l’ATV dans la nuit du 28 au 29 mars.

 

ATV-vu-de-l-ISS---ESA.jpgL’ATV vu de l’ISS, au-dessu d'une mer de nuages.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

Des savants célèbres passent à l’ATV : France, Allemagne, Italie, Belgique…

Le premier Véhicule de transfert automatique, qui a volé en 2008, avait été baptisé Jules Verne (1828-1905), du nom de l’écrivain français de science-fiction, auteur notamment de Voyage au centre de la Terre (1864), De la Terre à la Lune (1865), Vingt mille lieues sous les mers (1869 et 1870), Autour de la Lune (1870), Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873), etc.

Il a été suivi en 2011 par l’ATV-2, nommé Johannes Kepler (1571-1630), en l’honneur du mathématicien et astronome allemand dont les célèbres lois font tourner les satellites en rond, ou plus exactement en suivant des trajectoires elliptiques.

Cette nuit, c’est le troisième ATV, Edoardo Amaldi (1908-1989), le physicien et pionnier de l’espace italien, qui rejoindra la Station spatiale.

L’ATV-4, qui doit être de lancer début 2013, portera le nom d’Albert Einstein (1875-1955), un illustre inconnu… La célébrité, c'est tout relatif... Il n'a même pas fait l'école normale supérieure de la rue d'Ulm mais il est né à Ulm. Visiblement, l'année 1905 l'a inspiré : à 30 ans, il publie quatre articles dans la revue « Annalen der Physik », quatre articles qui décoiffent (voyez ses cheveux...) :

  • En mars, dans « Sur un point de vue heuristique concernent la production et la transformation de la lumière », il propose un point de vue révolutionnaire sur la nature corpusculaire de la lumière, par l’étude de l’effet photoélectrique. Il énonce que la lumière se comporte à la fois comme une onde et un flux de particules.
  • En mai, le jeune Albert publie un deuxième article sur le mouvement brownien. Il fournit une preuve théorique (vérifiée expérimentalement par Jean Perrin en 1912) de l’existence des atomes et des molécules.
  • En juin, dans « Sur l’électrodynamique des corps en mouvement », Einstein rompt avec la physique newtonienne. Le temps et l’espace sont relatifs…
  • En septembre, dans « L’inertie d’un corps dépend-elle de son contenu en énergie ? », il énonce la désormais célèbre formule d’équivalence masse-énergie (E=mc2).

Rien d’octobre à décembre… Il faudra attendre 1916 pour qu'Einstein publie sa théorie dite de la relativité générale. Il reçoit le prix Nobel de physique en 1921.

 

Bientôt en orbite à trois cents kilomètres, Lemaître était le prêtre

Le dernier véhicule de la famille, l’ATV-5, aurait pu s’appeler Hergé. On reste en Belgique mais l’ESA a préféré lui donner le nom du physicien belge Georges Lemaître, à l'origine de la théorie du Big Bang.

Georges Lemaître est né le 17 juillet 1894 à Charleroi, Belgique. Ordonné prêtre en 1923, il a suivi une licence en astronomie à l’Université de Cambridge en Angleterre, et a étudié la cosmologie, l’astronomie stellaire et l’analyse numérique. Après deux ans d’études à Harvard et au MIT (Etats-Unis), il revient en Belgique comme professeur à l’Université catholique de Louvain, où il achèvera sa carrière.

En 1927, il a découvert une série de solutions à l’équation de la relativité d’Einstein, décrivant un univers en expansion plutôt qu’un Univers statique, et a donné la première estimation observationnelle de la constante de Hubble. Cette théorie a reçu plus tard le nom plus connu de théorie du « Big Bang ». Georges Lemaître est mort en 1966.


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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 21:33

La fusée Soyouz a décollé de Guyane dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 décembre 2011 à 0h03 (UTC) soit 3h03 (heure de Paris). Après un fonctionnement parfaitement nominal des trois premiers étages de la fusée, c’est l’impressionnant étage Fregat qui a assuré le spectacle avec ses allumages et ses réorientations multiples pour injecter successivement en orbite Pléiades, les quatre satellites de la constellation ELISA et, enfin, 3h26 après le décollage le satellite chilien SSOT.

 

CNES-CSG---Lancement-Soyouz-VS02---Pleaides---Elisa---SSOT.jpg

Décollage de la fusée Soyouz depuis le centre spatial guyanais dans la nuit du 16 au 17 décembre 2011. Crédits image : ESA / CNES / Arianespace / Optique vidéo du CSG

 

C’est le satellite d’observation Pléiades qui a été mis en orbite en premier, 55 minutes après la mise à feu. Quelques minutes plus tard, Marc Pircher, le directeur du Centre Spatial de Toulouse, confirmait aux invités toulousains que les panneaux solaires s’étaient déployés et que la télémesure était correctement reçue.

Le vol a été parfaitement nominal, malgré les annonces parfois un peu en retard des différentes phases de vol. Est-ce un délai de traduction entre les équipes russes et françaises ? Probablement encore des procédures à roder après ce second lancement de Soyouz depuis Kourou mais, vu de l’extérieur, tout s’est passé comme sur des roulettes pour cette mission complexe (six satellites et quatre missions différentes).

Beau cadeau de noël pour le CNES qui vient de fêter son cinquantième anniversaire.

 

Un quiz exceptionnel sans image : la première image de Pléiades ?

En attendant le quiz du mois de décembre, je vous propose un quiz exceptionnel sans image… Quelle sera la première image du satellite Pléiades ? Quand sera-t-elle publiée ? Avant noël ? Pléiades étant un satellite à très haute résolution, on peut imaginer que cette première image sera celle d’une grande ville. Au bord de la mer pour valoriser l’acquisition d’images en couleurs naturelles ? La météo en cette période hivernale va certainement jouer un rôle dans le choix de la région ? Sud de l’Europe ? Afrique ?

Vous avez une idée ? Communiquez-moi votre réponse en postant un commentaire à la fin de cet article… avant la publication de la première image du satellite Pléiades.

Même jeu avec le satellite SSOT…

En attendant, voici une nouvelle simulation d’image Pléiades, toujours sur Toulouse, cette fois-ci avec la place du Capitole et la mairie de Toulouse.

 

Satellite-Pleiades---Simulation-image---Toulouse-Capitole.pngSimulation d’une image du satellite Pléiades réalisée à partir d’image aérienne.
Crédit image : CNES.

 

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 09:58

Moins de deux mois après le premier vol d’une fusée Soyouz en Guyane, un second lancement aura lieu dans la nuit du 16 au 17 décembre 2011, à 3h03 du matin en heure française, soit 23h03 en Guyane (ou au Chili) et 2h03 UTC. Le lanceur Soyouz emporte cette fois 6 satellites : le satellite à très haute résolution Pléiades du CNES, le satellite chilien d’observation de la Terre SSOT (« Sistema Satelital para la Observación de la Tierra ») et les quatre satellites du programme ELISA de la DGA (Délégation Générale de l’Armement).

Ce vol important est également une double-première : à ma connaissance, c’est la première fois que deux satellites d’observation de la Terre différents sont lancés simultanément. C’est aussi la première fois qu’une fusée emporte six satellites construits par Astrium.

Alors que le CNES célèbre actuellement ses cinquante ans, ce lancement est également très symbolique : sa date est à quelques jours près la date anniversaire de la loi n° 61-1382 du 19 décembre 1961 portant création du CNES. C'est également fin décembre, le 24 décembre 1979, qu'avait eu un autre événement important pour le spatial français : le premier lancement d'une fusée Ariane 1 depuis le CSG à Kourou.

 

Pleiades - Elisa - SSOT - Coiffe Soyouz - 14-12-2011Pléiades, SSOT et les quatre satellites ELISA en cours d’installation sous la coiffe du lanceur Soyouz
au Centre Spatial Guyanais. On reconnaît la forme hexagonale de pléiades en partie supérieure,
au-dessus du module ASAP-S abritant SSOT. On voit deux des quatre satellites ELISA installés sur les
plateaux en périphérie. Au-dessous, l’étage Fregat de la fusée soyouz. Crédit image Arianespace

 

Deux yeux et quatre oreilles : cela met l’eau à la bouche pour un lancement très attendu

Quelques explications sur les six passagers de Soyouz…

Le satellite Pléiades 1 est certainement le passager le plus précieux. Avec lui, la France rentre dans le club restreint des pays exploitant des satellites civils offrant une résolution inférieure au mètre.

Pléiades est un satellite d'imagerie optique à très haute résolution. Son capteur fournit des images de 70 centimètres de résolution sur une largeur de 20 kilomètres. Après traitement, les images sont ré-échantillonnées pour fournir des produits en couleurs à 50 centimètres de résolution avec une très grande précision de localisation (4 mètres sans points d’appui).


A droite, simulation d’une image Pléiades du centre de la ville de Toulouse. Cette simulation est réalisée à partir d’images aériennes.
Crédit image : CNES

simulation Pléiades Toulouse - Grand rond

 

En fait, La mission des satellites Pléiades (Pléiades 1 a un petit frère qui le rejoindra en orbite dans un an) est à la fois civile et militaire. On dit « mission duale ». Pléiades est complémentaire du satellite militaire Hélios 2, actuellement en exploitation.

Le ministère de la défense disposera sur Pléiades d'une priorité pour 50 images par jour. Le reste de la capacité disponible sera exploité par Astrium Services pour des clients commerciaux et institutionnels. La capacité totale est d’environ 500 images par jour et par satellite. A côté de la très haute résolution, Pléiades a une seconde caractéristique très importante : son agilité, qui lui permet de changer rapidement de direction de visée. Cette capacité, liée à l’utilisation de CMG (gyroscopes à contrôle de moment), est un atout important en particulier pour garantir une grande réactivité, par exemple pour acquérir rapidement une image en cas de catastrophes naturelles. L’agilité offre bien d’autres possibilités illustrées sur la figure suivante.

 

Agilité satellite PléiadesExemples de configuration de prises de vue possibles grâce à l’agilité du satellite Pléiades.
Crédit image : Astrium GEO-Information Services.

 

Satellite Pleiades - IntégrationLe satellite Pléiades pendant son intégration chez Astrium à Toulouse. Crédit image : CNES

 

SSOT, une orbite polaire pour un pays parallèle aux méridiens…

Un pays de 4300 kilomètres de longueur du Pérou au Cap Horn et 180 kilomètres de largeur moyenne : c'est bien adapté à une orbite polaire ! Le satellite chilien SSOT, « Sistema Satelital para la Observación de la Tierra », a été construit pour le gouvernement Chili. Malgré sa masse réduite, 130 kg à comparer aux 1000 kg de Pléiades, SSOT offre des performances étonnantes : 1,5 mètre de résolution en mode panchromatique et 6 mètres en mode multispectral. Construit sur la plate-forme Myriade, SSOT embarque un télescope construit intégralement en SIC (Silicon Carbide).

 

Les quatre satellites ELISA : une pléiade de myriades

ELISA est une coopération entre l'état-major des armées (EMA), la Direction Générale de l’Armement (DGA) et le CNES, destiné à démontrer les capacités de cartographie et de caractérisation des émetteurs radars et des systèmes d’armes à la surface du globe terrestre. Les données collectées et analysées permettront d’établir des « cartes des menaces » pour les pilotes de chasse (par exemple dans le cas d’interventions comme celle menée cette année en Lybie).

Dans le jargon du renseignement, il s’agit d’une mission d’ELINT (Electronic Intelligence ou renseignement électromagnétique en français). Il s’agit de détecter et de localiser des sources d’émission. A la differénce des mission COMINT (communination intelligence) qui s'intéressent au contenu des télécommunications...

Utilisant la plate-forme ELISA, les quatre satellites, pesant chacun 121 kilogrammes, sont construits par Astrium Satellites avec Thales Systèmes Aéroportés. Ils utilisent le vol en formation : la position respective des satelites est connue avec précision et permet par comparaison des signaux reçus de localiser les sources d’émission.

Dans la continuité de la mission ESSAIN, ELISA doit permettre la mise en service d'un système opérationnel, CERES, à l'horizon 2019.

 

Entre 4h00 et 6h30, route chargée et grande vitesse pour les sorties de boîte

6 satellites à mettre en orbite pour 3 missions différentes : c’est une mission complexe pour le second vol Soyouz à Kourou.

La performance demandée au lanceur pour ce vol est de 2 191 kg dont environ 1 400 kg pour les six satellites.

Les orbites visées sont circulaires, avec des altitudes de 695 km pour Pléiades, 700 km pour ELISA et 610 km pour SSOT. L’inclinaison est de 98 degrés. Il n'est pas inutile de rappeler que pour ces orbites polaires, l'effet de fronde lié à la rotation de la Terre n'intervient pas. C'est surtout pour les satellites géostationnaires que la proximité de l'équateur donne un atout essentiel au Centre Spatial Guyanais.

Le lancement est prévu à 3h03 (et 8 secondes…) heure de Paris. Il faudra attendre 6h30 et les premiers croissants pour avoir la confirmation de la séparation du satellite SSOT.

Le profil de lancement et la séquence des opérations sont illustrés sur la figure ci-dessous extraite du dossier de lancement publié par Arianespace.

 

Profil lancement Soyouz Elisa Pleiades SSOT

Séquence de mise en orbite des satellies Pléiades, ELISA et SSOT.  Crédit image : Arianespace

 

Après le décollage du Centre Spatial Guyanais, le vol des trois étages inférieurs de Soyouz ne durera que 8 minutes et 47 secondes. Ensuite le troisième étage de lanceur se séparera du composite supérieur, lequel comprend l’étage supérieur Fregat, la structure ASAP-S et les satellites Pléiades 1, ELISA et SSOT.

Les trois étages inférieurs retomberont sur Terre. Fregat allumera une première fois son moteur qui fonctionnera pendant environ 4 minutes avant une phase balistique de 25 minutes.

Fregat allumera ensuite une deuxième fois son moteur pour une poussée de 4 minutes. La séparation du satellite Pléiades 1 aura lieu 55 minutes après le décollage suivie 4 minutes plus tard de la séparation simultanée des 4 satellites ELISA.

Enfin, pour mettre SSOT sur son orbite, le moteur de l’étage Fregat sera allumé encore deux fois, à T0 + 2h03 et à T0 + 3h08. Le satellite SSOT sera séparé 3 heures et 26 minutes après le décollage.

 

Des opérations en parallèle à l'équateur pour que tout soit d'équerre...

Trouver une chambre d'hôtel (Y a t il un hôtel Méridien à kourou ?) doit être un casse-tête en ce moment à Kourou, à 5°11 de latitude nord : 6 satellites lancés simultanément avec leurs équipes techniques, les invités et les VIP, les équipes russes responsables de Soyouz, cela fait du monde ! Encore plus de monde si on se souvient que depuis le 7 novembre, les équipes opérationnelles de la société Arianespace travaillent en parallèle sur les ensembles de Lancement Ariane, Soyouz et Vega dans le cadre de trois campagnes de lancement.

A côté du second lancement Soyouz VS 02, Les préparatifs sont en cours sur une fusée Ariane 5 qui doit mettre en orbite le cargo ATV Edoardo Amaldi en mars 2012.

A l'autre extrémité de la gamme, la campagne du premier lancement du lanceur léger Vega a démarré le 7 novembre par le transfert de l’étage P80 depuis le Bâtiment d’Intégration des Propulseurs (BIP) vers la Zone de Lancement Vega. A la fin du mois de janvier 2012, Vega doit mettra en orbite le satellite italien Lares et plusieurs microsatellites.

 

En savoir plus :

  • Sur le site du CNES, la page de présentation du satellite Pléiades.
  • Sur le site d'Astrium GEO-Information Services, la brochure de présentation des produits Pléaides.
  • Sur le site d’Astrium GEO-Information Services, des produits de démonstration des images Pléaides (note : lisez-bien les conditions d’utilisation des ces images).
  • Sur le site d’Astrium, une vidéo de présentation montrant en particulier les possibilités de prises de vue permises par l’agilité du satellite. Voir également sur youtube.

 

Suggestions d'utilisations pédagogiques en classe : une pléiade d'animations sur l'espace

Dans le cadre de la Novela, à l'occasion des 25 ans du lancement  du satellite Spot 1 et en prévision de la mise en orbite de Pléaides, Planète Sciences Midi-Pyrénées a développé une maquette pédagogique du satellite Pléaides. Ce projet a été co-financé par la ville de Toulouse, le CNES, la Cité de l'espace et Astrium.

 

Intégration maquette pléaides - Planète Sciences Midi-Py Maquette Pléiades - Planète Sciences - Cité de l'espace

La maquette pédagogiques Pléaides en cours d'intégration dans les locaux de
Planète Sciences Midi-Pyrénées à Ramonville Saint-Agne et à l'occasion de sa première présentation
à la Cité de l'espace de Toulouse pendant la Novela en octobre 2011. Crédit images : Gédéon

 

Le défi à relever était double : d'une part, réaliser une maquette à l'échelle 1/3 (1 mètre de hauteur environ extérieurement très fidèle au véritable satellite Pléaides lorsqu'elle est fermée et, d'autre part, permettre de proposer des ateliers pédagogiques "Contruis ton satellite" de nouvelle génération, en ouvrant les six panneaux. Tous les équipements de la maquette Pléaides sont fonctionnels : panneaux solaires et batterie, véritable télescope avec caméra, calculateur de bord, star trackers avec webcams, réseau de thermistances. L'objectif est de proposer aux jeunes une mise en situation réaliste similaire au travail en salle blanche, de faire comprendre l'architecture d'un satellite et de faire découvrir les différents phénomènes physiques liés au foncionnement des satellites.

Le travail sur les scénarios pédagoqgiques et les équipements interne se poursuit. Les premiers ateliers seront proposés aux établissements scolaires et aux centres de loisirs au printemps 2012.

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 08:50

Cette fois-ci fût la bonne ! Après un premier report de lancement de la fusée Soyouz, le premier décollage de Soyouz en Guyane (vol VS01) a eu lieu vendredi 21 octobre à 10h30m26s UTC soit 12h30 heure de Paris et 7h30 m26s à Kourou.

 

Lancement-Soyouz---Guyane---Kourou-VS01---21-10-2011---Plan.jpgDécollage de la fusée Soyouz à partir du Centre Spatial Guyanais le vendredi 21 octobre à 12h30
(heure de Paris). Pas un beau ciel bleu et de la pluie mais un lancement à l'heure et toujours aussi
impressionnant. Crédit image :
ESA / CNES / Arianespace - S. Corvaja, 2011. 

 

Une mission r(é)ussie

Les conditions météorologiques n'ont pas facilité le travail des photographes et des cameramen mais, sur les écrans de la salle de contrôle du CSG, la trajectoire suivait très exactement les prévisions.

Après une première impulsion, l’étage supérieur Fregat, le quatrième, sur lequel sont fixés les 2 satellites Galileo suit actuellement une trajectoire balistique. A bout de 3 heures, Fregat exercera une ultime poussée destinée à circulariser une orbite d'abord elliptique. Il libérera alors les 2 satellites sur leur orbite définitive à 23 222 km d’altitude. C'est à ce moment qu'on pourra dire que la mission est totalement réussie.


Sequence-lancement-Soyouz---Guyane---Kourou---Galileo-IOV--.jpg

Les étapes de de vol de la première fusée Soyouz en Guyane pour la mise en orbite des deux premiers
satellites opérationnels  du système européen de navigation par satellite :
Galileo. Crédit image : Arianespace
.

 

Un report de 24 heures, c'est une vanne ? 

Jeudi, c’est à la fin du remplissage du troisième étage que s’était produite une déconnexion intempestive des deux connecteurs qui permettent de le remplir. En Guyane, les équipes techniques ont identifié la pièce défectueuse.

L'anomalie détectée a été provoquée par une fuite sur une vanne de commande située dans les installations au sol, et non pas sur la fusée. Après avoir vidangé le lanceur, les techniciens ont remplacé la vanne en cause. Après ces travaux effectués sur l’Ensemble de Lancement Soyouz et les vérifications complémentaires associées, la chronologie du lancement VS01 a repris ce matin. Le vol VS01 est une fusée Soyouz STB embarquant la charge utile Galileo IOV-1, les 2 premiers satellites du futur système de navigation européen.


ensemble de lancement Soyouz en Guyane - Vue d'Artiste - Arianespace

Soyouz-a-Kourou---Vue-aerienne.jpgVue d'artiste de l'ensemble de lancement Soyouz à Kourou et photographie aérienne prise en
mai 2011 pendant le "dry-run", une répétition complète de la chronlogoqie de lancement.
Crédit image : ESA / S. Corvaja

 

Deux mois avant la Guyane, une fusée Soyouz décole de Biscarosse pendant le C'SPACE !

C’était une réplique en miniature de la fusée Soyouz mais ce fut une expérience passionnante pour les étudiants de l’université aérospatiale de Samara (SSAU). La fusée a été lancée avec succès lors de la journée VIP, en présence de Mr Karpov, 2ème secrétaire de l’ambassade de Russie en France. Un travail en coopération international, bien représentatif de ce qui se passe en Guyane sur le vrai lanceur Soyouz.

L’édition 2011 du C’Space a été une réussite, avec une participation de 325 personnes dont 200 jeunes (des étudiants, mais aussi quelques groupes de collégiens et de lycéens) et 40 bénévoles de l'association Planète Sciences. Au total, 40 projets ont été qualifiés et lancés : minifusées, fusées expérimentales (Fusex) et Cansat, en suivant des procédures similaires à celles mises en oeuvre sur Ariane et Soyouz. L'occasion de vivre une véritable aventure spatiale en se frottant concrètement à la démarche de projet.

La participation internationale a été particulièrement riche avec 7 nationalités différentes : Australie, Autriche, France, Japon, Russie, Tunisie et Turquie. Une délégation de l’Eurospace Center (Belgique) a été présente toute la semaine.

Organisé par le CNES, la DGA et Planète Sciences à Biscarrosse, le C'SPACE est le rendez-vous annuel des jeunes passionnés de fusées.

 

qualification-fusex-replique-Soyouz.jpg

Mise sur rampe de la réplique de la fusée Soyouz, lancée en août 2011 pendant le
C'SPACE à Biscarosse. Crédit image: CNES

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:32

We have liftoff.

C'est fait... La navette Atlantis a décollé en fin d'après-midi (17h29 heure française soit 11h29 en Floride) pour un dernier voyage vers la station spatiale internationale. A bord, un équipage de seulement quatre astronautes : Chris Ferguson, le commandant, Doug Hurley, le pilote et les deux spécialistes de mission Sandy Magnus et Rex Walheim. Dans la soute le module logistique Raffaello (Multi-Purpose Logistics Module, MPLM), fabriqué par l'Agence Spatiale Italienne, qui va être installé de manière permanente sur la station spatiale internationale. Atlantis doit atterrir le 20 juillet après une mission de 12 jours.

Voici les premières photos publiées par la NASA :

 

Atlantis---STS-135---Liftoff-copie-1.jpg

Le 8 juillet 2011, le Space Shuttle Atlantis décolle depuis la zone de lancement 39A du Centre
Spatial Kennedy (KSC) en Floride. Crédit image : NASA / Fletcher Hildreth

 

Atlantis---Liftoff---Public.jpg3 secondes après la mise à feu. Un regret : ne pas être sur place avec le public pour voir décoller
la dernière navette. Crédit image : NASA / KSC

 

Atlantis---STS-135---Moteurs.jpgChaud derrière ! la mise à feu des moteurs principaux de la navette Atlantis.
Crédit image : NASA TV

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 23:54

Pour sa dernière mission STS-133, la navette Discovery s'est amarrée samedi à 19h14 UTC à la Station spatiale internationale (ISS). Après quelques photos prises à partir de l’ISS pour vérifier l’état du bouclier thermique de Discovery, le commandant de bord, Steve W. Lindsey, a piloté l’approche finale et l’arrimage de la navette, à une vitesse de trois centimètres par seconde alors que les deux satellites tournent autour de la Terre à plus de 28000 kilomètres par heure.

Sur son site Internet, la NASA confirme que le sas de communication entre l’ISS et Discovery a été ouvert à 21h16 UTC après vérification de l’étanchéité.

Discovery et son équipage livrent le module Leonardo qui complétera l’ISS avec un espace pressurisé supplémentaire. Plus étonnant, le shuttle amène également Robonaut 2 ou R2, un robot humanoïde de 150 kg et 1 mètre de haute, chargé d'aider les occupants de l’ISS.

C’est la première fois, et peut-être la dernière, qu’il y a autant de vaisseaux spatiaux amarrés à l’ISS en même temps : Discovery, l’ATV-2 Johannes Kepler, le cargo japonais HTV-2, un Progress russe et la capsule Soyouz.

Retour en quelques images spectaculaires sur une semaine chargée…

 

Jeudi 24 février 2011 à 15h59 UTC : amarrage du cargo automatique ATV2 « Johannes Kepler » à la Station Spatiale Internationale

 

ATV-Lune.jpgLe véhicule de transfert automaique européen ATV-2 Johannes Kepler quelques secondes avant
l'amarrage (docking) au module Zvezda de la station spatiale internationale (ISS). Les quatres
panneaux solaires sont déployés. En arrière plan à droite, la Lune...
Photographie prise depuis l'ISS. Crédit image : ESA / NASA

 

L'amarrage totalement automatique, mais surveillé attentivement par les équipes du centre de contrôle ATV-CC au CNES à Toulouse et par les astronautes de l'ISS, a parfaitement réussi : les crochets de l'ATV-2 Johannes Kepler se sont fermés à 17h11 (heure de Paris). Un fois le sas ouvert, l'ATV-2 est devenu un module temporaire de l’ISS.

 

Jeudi 24 février 2011 : lancement de la navette spatiale Discovery à partir du pas de tir 39A du centre spatial Kennedy (KSC), en Floride

A 21h53 UTC (soit 16h53 en heure locale), la navelle  Discovery (mission STS-133) décolle pour sa dernière mission. Elle attendait son tour et la confirmation de l'arrimage de l'ATV-2. Ce 39ème vol de la navette Discovery était initialement prévu en novembre mais une fuite d'hydrogène dans le système de remplissage du réservoir externe à quelques heures de la mise à feu des moteurs puis la présence de fissures dans des arceaux en aluminium du réservoir avaient entraîné des report successifs. Deux derniers lancements de navette, Endeavour (STS-134) en avril et Atlantis (STS-135) fin juin, mettront un terme à une aventure spatiale démarrée le 12 avril 1981.

 

KSC - STS-133 - champ large

Décollage du space shuttle Discovery à partir de l'aire de lancement 39A au Kennedy Space Center
en Floride.
La photographie en champ large permet de voir l'environnement et les marais qui
entourent le KSC. Crédit image : NASA

 

2011-1643-m.jpgDécollage du space shuttle Discovery à partir de l'aire de lancement 39A au Kennedy Space Center
en Floride.
A bord, l'équipage est constitué de Steve Lindsey (commandant), Eric Boe (pilote),
Steve Bowen, Alvin Drew, Michael Barratt and Nicole Stott (spécialistes mission). Ils emmènent
le robot R2 et le module Leonardo.Crédit image : NASA

 

Avant ce 39ème vol, Discovery, lancée pour pour la première fois en août 1984, avait déjà plusieurs records à son actif : 352 jours en orbite, 246 astronautes transportés, première femme pilote, l'astronaute le plus âgé, John Glenn, le premier américain mis en orbite en février 1962 à bord de la capsule Mercury "Friendship 7", etc.

 

Samedi 26 février 2011 à 19h14 UTC : amarrage de la navette spatiale Discovery

Discovery s'est amarrée à la Station spatiale internationale (ISS) après deux jours de vol. L'amarrage a eu lieu à environ 350 kilomètres au-dessus de l'Australie.

 

493575main_022611_466.jpg La navette Discovery amarrée à la station spatiale internationale. La soute est ouverte et permet
de voir
le module Leonardo
 . Crédit image : NASA

 

Leonardo est un  module polyvalent construit par Thalès Alenia Space pour l'Agence Spatiale Italienne(Multi-Purpose Logistics Module également connu sur l'acronyme MPLM). Destinés initialement à transporter du fret vers l'ISS. Trois modules ont été construits : Leonardo, Raphaël et Donatello. Leonardo a déjà fait l'aller-retour entre la Terre et l'ISS. Avec l'arrêt des vols du space shuttle, il a été décidé d'en faire un élément à part entière de l'ISS.

L'Europe enverra un troisième ATV vers l'ISS dans les 12 mois à venir. Il est déjà baptisé du nom du physicien italien Edoardo Amaldi (1908-1989). Deux autres exemplaires suivront d'ici 2014.

 

Entre souvenirs de la guerre froide et pragmatisme technologique : les vaisseaux spatiaux ont-ils un sexe ?

Depuis mars 1966 et le premier rendez-vous entre la capsule Gemini 8, pilotée par Neil Armstrong et Dave Scott, et une fusée Agena qui servait de cible, l’arrimage entre deux vaisseaux spatiaux a toujours été un facteur clé du succès des missions spatiales complexes.

A ce sujet, jacques Villain rapporte une anecdote dans son livre « Dans les coulisses de la conquête spatiale » (éditions Cépaduès). Hugo Boris en donne également une version romancée dans « Je n’ai pas dansé depuis longtemps » où le héros Yvan est inspiré de l’histoire de Sergueï Krikalev, l'unique cosmonaute ayant changé de nationalité en cours de vol au moment de la dissolution de l’URSS.

En 1975, l’arrimage entre un vaisseau Apollo et un Soyouz (connu sous le nom ASTP pour « Apollo Soyouz Test Project ») devait symboliser le nouvel esprit de coopération entre américains et soviétiques. La préparation de ce rendez-vous en orbite supposait de régler de nombreux problèmes techniques. Néanmoins, la question qui demanda le plus d’efforts et mobilisa mêmes des juristes et diplomates portaient sur les pièces d’arrimage de chacun des vaisseaux. Qui aurait la pièce mâle ? Qui aurait la partie femelle ? Question d’amour propre pour l’URSS qui avait mis Spoutnik en orbite et envoyé le premier homme dans l’espace et pour les Etats-Unis dont les astronautes avaient marché sur la Lune.

Cette question de sexe dans l’espace fut finalement réglée en concevant un dispositif de jonction bisexué, avec une forme symétrique ou androgyne, évitant que l’un ou l’autre pays ne se trouve en position de dominant.

 

engineers-and-docking-module.jpgPréparatifs du projet ASTP : des ingénieurs américains et sovétiques examinent le module de docking
pendant un test de compatibilité effectué au Johnson Space Center.
Crédit image : NASA.

 

ASTP---Docking-system.jpgLe système de docking utilisé pour le projet de rendez-vous Apollo - Soyouz. Extrait de l'accord entre
l'URSS et les USA
signé à Moscou le 24 mai 1972. Crédit image : NASA.


On retrouve le descendant de ce système de jonction pour l’amarrage de la navette spatiale à l’ISS alors que les vaisseaux russes Soyouz ou Progress utilisent le système « mâle – femelle » conçu par les soviétiques. La technologie russe, connue sous le nom « Probe and drogue » (sonde et crochet) est également utilisée pour le cargo européen ATV.

 

Sergei Krikalev - Docking Soyuz - NASA - Un autre regard sur la Terre Soyuz - TMA 19 - Docking system - Un autre regard sur la Terre

A gauche, à l’intérieur de l’ISS, le cosmonaute russe Serguei Krikalev tient l’adaptateur d’amarrage du
Soyouz : après l’amarrage, le sas est ouvert et le dispositif de « docking » est rangé jusqu’à ce qu’il serve
à nouveau. A droite, en juin 2010, le vaisseau Soyouz TMA-19 qui change de position sur la station
spatiale internationale. Crédit image : NASA.

 

Sur l’ISS, il y a cinq ports de « docking » actifs, quatre « mâle – femelle » pour les vaisseaux Soyouz et Progress dont un est compatible avec le cargo européen ATV et un cinquième, androgyne ou bisexué, pour le space shuttle. La navette américaine doit donc toujours s’amarrer au même endroit. Plusieurs autres ports de plus grande taille sont prévus pour l’accostage des modules HTV, MPLM (comme Leonardo) et les autres modules permanents de l’ISS. En russe, « soyouz » signifie « union »…

 

NASA - Space shuttle - Système de docking androgyne - Un autre regard sur la terreGros plan sur le système d’accouplement de la navette spatiale juste avant l’arrimage avec la
station spatiale internationale. Crédit image : NASA

 

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Sur cette image de la navette Atlantis (mission STS-71) prise en juin 1995 avec les portes de la soute ouvertes, on distingue le module Spacelab de l’ESA et le port de « docking ». La mission STS-71 a effectué le premier arrimage avec la station spatiale russe MIR. Crédit image : NASA

 

En savoir plus :


Suggestions d'utilisations pédagogiques en classe :

2011 est une année particulièrement adaptée à un travail sur l'histoire de l'aventure spatiale avec au moins trois opportunités :

  • En avril, les 50 ans du premier homme dans l'espace, Youri Gagarine, qui a effectué une orbite autour de la Terre (12 avril 1961),
  • En décembre, les 50 ans du Centre National d'Etudes Spatiales (CNES) créé par la loi n°61-1382 du 19 décembre 1961),
  • et, dans le domaine de l'observation de la Terre, les 25 ans du lancement du premier satellite Spot (lancement le 22 février 1986). Nous aurons l'occasion d'en reparler : ce sera un des thèmes de la Novela 2011 à Toulouse.

 

 

 

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  • : Un autre regard sur la Terre
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  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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