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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 22:55

 

MEGI - JUAN : le plus puissant typhon depuis 20 ans dans cette région du Pacifique

Même s’il a faibli ces dernières 24 heures, Le typhon MEGI reste à ce jour le typhon le plus puissant de l’année 2010 avec une vitesse de vent moyenne de près de 300 km /h atteinte le 17 octobre 2010 à 12h00 UTC.

Aux Philippines, le bilan du typhon Megi, qui a touché le nord de l’archipel lundi 18 octobre, est de 27 morts. Au moins, deux personnes sont décédées dans l’île d'Amami-oshima au sud du Japon. La charte internationale « Risques et catastrophes majeures » a été activée par UNOSAT le 20 octobre. Les satellites d’observation sont mobilisés pour fournir des images de la situation.

Le 21 octobre, MEGI reste un système cyclonique de grande emprise avec un diamètre d’environ 1000 km et des vents de force typhon (plus de 115 km/h). Actuellement en mer de Chine au sud-est de Hong-Kong, sa trajectoire s’oriente vers le nord.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été évacuées préventivement, dans le sud de la Chine. Sur la côte, les autorités craignent des vagues déferlantes et des inondations côtières. Les nombreux navires de pêche en mer de Chine sont rappelés au port et les sorties en mer sont interdites. A Hong-Kong, les terminaux pétroliers ont été fermés. A Taïwan, les pluies torrentielles ont entraîné des coulées de boues et des glissements de terrain.

 

Megi.A-21-10-2010---03h05---500m.jpgLe typhon MEGI vu le 21 octobre 2010 par le capteur MODIS du satellite Aqua. Crédit image : NASA


20101021.1957.gms6.ir.x.wpac_tropics.x.jpgLe typhon MEGI vu le 21 octobre 2010 vers 20h00 UTC par le satellite géostationnaire GMS6.
Crédit image : Naval Research Laboratory

 

Tempêtes tropicales, ouragans et typhons : un peu de terminologie

Dépression tropicale… tempête tropicale… ouragan… Ce sont les termes consacrés pour désignés les phénomènes cycloniques violents, selon leur intensité.

Dans les Antilles françaises, en Martinique et Guadeloupe, on utilisait dans le passé le terme de cyclone. La dénomination a été harmonisée avec celle employée dans l’ensemble de la région des Caraïbes : c’est désormais le terme américain " hurricane ", ouragan en français, qui est utilisé pour décrire les cyclones à forte intensité des vents. Hurracan, dans la langue des indiens Caraïbes, était le dieu des malheurs, responsable des catastrophes climatiques. Le langage créole continue d'utiliser le mot « siclon ».

Dans l'Océan Indien, à l'île de La Réunion, on parle de dépression tropicale, puis de tempête (modérée ou forte selon la force des vents) et de cyclone en les qualifiant d'intenses ou de très intenses.

Dans le Pacifique Occidental (Mer de Chine, Japon, Philippines), on emploie le mot typhon (typhoon) et super-typhon lorsque le phénomène est très intense.

 

La formation et l'intensité des ouragans et des typhons, l'échelle de Saffir-Simpson

Un cyclone tropical se forme à partir d’une perturbation météorologique, si des conditions particulières sont réunies (température de la mer élevée, humidité, vents relativement faibles en altitude). La perturbation (on emploie souvent le terme « système ») devient alors une dépression tropicale, puis une tempête tropicale (tropical storm) puis un cyclone tropical, appelé selon les régions, cyclone, ouragan ou typhon.

Le critère caractérisant un cyclone est double : un œil dégagé en son centre (la zone de basse pression) et des vents soutenus avec une vitesse dépassant 33 m/s (environ 119 km/h). Selon la définition de l’OMM, la vitesse de vents soutenus est une moyenne sur dix minutes.

L'échelle de Saffir-Simpson, avec des intensités croissantes de 1 à 5, est utilisée pour classer les ouragans de l'Atlantique Nord selon la force de leurs vents. Megi

 

Les noms de baptèmes des ouragans et des typhons

Les cyclones tropicaux sont nommés (baptisés) pour faciliter la communication entre les services de météorologie et le public pour la prévision et les alertes. Plusieurs cyclones peuvent exister en même temps dans la même zone et les noms permettent de réduire le risque de confusion. Les noms sont choisis sur des listes alphabétiques prédéfinies (voir un article détaillé sur les noms de baptême des cyclones et des ouragans sur le blog Un autre regard sur la Terre).

De le cas présent, le service météorologique des Philippines, nommé PAGASA (Philippines Atmospheric Geophysical and Astronomical Services Administration) utilise sa propre liste de noms pour un usage local à l’intérieur des Philippines pour les systèmes cycloniques tropicaux se développant dans la zone de responsabilité des Philippines (approximativement de 115°E à 135°E et de 5°N à 25°N (excepté une partie dans le coin nord-ouest de cette région). C’est la raison pour laquelle, le typhon MEGI, baptisé par le Centre des Typhons de Tokyo de l’Agence Météorologique du Japon selon la liste établie par les pays membre de l’organisation mondiale de la météorologie, est appelé localement JUAN (le nom de PAGASA).


En savoir plus :

 

Suggestions d'utilisations pédogogiques en classe :

 

 

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 08:31

L’image ci-dessous a été acquise le 7 octobre par le satellite Formosat-2. Elle est centrée sur le réservoir de boue qui s’est rompu. La brèche dans la paroi ouest du bassin est nettement visible, ainsi que la quantité de boue qui est encore dans le réservoir et qui inquiète les autorités. L’image montre également l’étendue de la coulée de boue dans le village de Kolontar.

Le satellite Formosat a été programmé par Spot Image, filiale d’EADS Astrium. L’image suivante est un extrait de la base de donnée « SPOTMaps » produite à partir d’images acquises par les satellites. Elle montre la situation avant la catastrophe.

 

p3376_26a23049e7bcb0ce16b80b8876980295kolontar_FORMOSAT_X.jpgImage satellite de Kolontàr et du réservoir de résidus toxiques acquise le 7 octobre 2010 par le satellite Formosat-2. Copyright NSPO 2010 - Distribution Spot Image

 p3376_02e395dc6740e7726b7995c3818dab5fkolontar_spotmap_X.jpgAvant la catastrophe, une umage satellite de Kolontàr et le réservoir de résidus toxiques.

Extrait SPOTMaps. Copyright CNES 2010 - Distribution Spot Image.

 

C’est en comparant une image d’archive qui montre la situation de référence avant la catastrophe et une image acquise en urgence juste après l’événement que les sociétés spécialisées réalisent ce qu’on appelle la cartographie rapide, après un feu, une inondation ou un tremblement de terre. Ici, la couleur de la boue, très contrastée par rapport au terrain facilement l'interprétation visuelle de l'image.

Dans le cas de la coulée de boue toxique en Hongrie, le service européen GMES SAFER a été activé mardi 5 octobre (voir l’article déjà publié sur la pollution du Danube sur le blog Un autre regard sur la Terre).

 

Le risque d’une seconde coulée de boue : évacuation totale du village de Kolontar

Après la rupture de la digue, l'état d'urgence a été déclaré mardi dans trois départements hongrois (Veszprém, Györ-Moson-Sopron et Vas). La pollution provoquée par les boues rouges toxiques avait touché jeudi matin le Danube.

Le gouvernement hongrois a décidé samedi d’évacuer totalement le village de Kolontar, déjà sinistré par la coulée de boue du 4 octobre. L'état du réservoir et de la digue, à environ 160 km à l’ouest de Budapest, fait craindre une seconde inondation de boue rouge toxique.

Les 800 habitants de Kolontar ont été évacués par bus vers la ville d’Ajka. Des évacuations d'autres villages pourraient être décidées.

Les journalistes hongrois et étrangers ont également du quitter les lieux.

 

La polémique sur l’état du réservoir, les responsabilités de l’usine MAL et la nature exacte de la pollution :

Le gouvernement Hongrois a ordonné l’arrêt de la production de l’usine MAL a été oro

le secrétaire d'Etat à l'Environnement Zoltan Illés et le premier ministre hongrois Viktor Orban affirment que la société MAL aurait stocké trop de boues dans le réservoir, entraînant une surcharge.

Selon le WWF Hongrois, "sur des images satellite, une fissure était déjà visible sur la digue un jour avant l'accident".

Concernant la pollution du Danube, même si les mesures de pH montrent une situation proche de la normale, les organisations comme Greenpeace ou le WWF estiment que l’impact à long terme des métaux lourds, du mercure ou de l’arsenic est le problème le plus grave

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • Travail de cartographie rapide à partir des deux images publiées dans cette articles (avec powerpoint, un logiciel comme Gimp ou même avec un vidéoprojecteur au feutre effaçable sur un tableau blanc). Attention les deux images publiées ici ne sont pas parfaitement superposables : il faut en tenir compte.
  • Voir les autres suggestions dans l’article sur l’activation du service GMES SAFER.

 

rapid-mapping.jpgExercice d'interprétation d'image en classe au collège. Cela peut-être un support motivant pour
un cours de géographie, sans disposer nécessairement de moyens sophistiqués.
Crédit image : Planète Sciences Midi-Pyrénées.

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 21:25

Depuis la fin du mois de juillet 2010, la mousson a causé des inondations catastrophiques au Pakistan. Au moins 1500 personnes ont péri et le nombre de sinistrés est estimé par les Nations Unies à 20 millions. Plus de 20% de la surface du pays est directement touchée. Les dégâts sur l’habitat, les infrastructures, les récoltes et le bétail entraînent un besoin d’aide humanitaire massif. L'appel de l'ONU pour le Pakistan commence à être entendu… Kristalina Georgieva, commissaire européenne en charge de l'aide humanitaire, se rendra sur place le 23 août.

 

La contribution des satellites d'observation et du service européen GMES :

Comme pour d’autres catastrophes majeures en 2010, de nombreux moyens spatiaux sont mis à contribution pour collecter des images et fournir des informations pouvant faciliter le travail des secours, dans la phase appelée « emergency response ». L’ampleur de l’évènement et sa durée mobilisent toujours des équipes européennes comme celles du service européen GMES SAFER qui a été déclenché le 30 juillet 2010 par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et le programme alimentaire mondiale des Nations Unies (World Food Programme, WFP). La charte internationale, qui mobilise les moyens des agences spatiales nationales a été activée le 1er août.

La fourniture de cartes de situation en urgence amène les équipes concernées a assurer une permanence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. C’est le cas par exemple pour les équipes « gestion des crises et des risques » de Spot Image (qui, à côté de l’acquisition des images, assure également la coordination opérationnelle du service SAFER), d’Infoterra, du SERTIT ou le centre de crise (ZKI) du DLR (Agence Spatiale Allemande), qui réalisent la cartographie rapide ou la production de cartes de référence ou de prévision de l’évolution de la situation. D’autres équipes européennes (Geomer GmbH dans les exemples ci-dessous) apportent également leur expertise sur des domaines particuliers. Un réseau d’une cinquantaine de sociétés de service et de laboratoires spécialisés contribue au service GMES SAFER en fonction des types de crise à traiter.

Les illustrations ci-dessous sont des exemples d’images et de produits cartographiques fournis aux équipes en charge des secours et des interventions sur le terrain. Le travail démarré fin juillet se poursuit : Même si le niveau des eaux a baissé dans le nord, les inondations s’étendent désormais au sud du pays, très peuplé et dont le relief est plus bas.

Pour ce type de catastrophe touchant de larges zones, les satellites offrant une large couverture, tout en ayant une haute résolution, sont les plus adaptés.

 

Aster PIA13343Image acquise le 18 août 2010 par le satellite Terra (Capteur ASTER, Advanced Spaceborne
Thermal Emission and Reflection Radiometer) de la NASA et couvrant la ville de Sukkur le long du
fleuve Indus dans la province Sindh au sud-est du Pakistan. La zone couverte est d’environ
60 km sur 80 km. La ville compte 500.000 habitants.
Crédit image : NASA / GSFC / METI / ERSDAC / JAROS et équipe U.S./Japan ASTER Science Team.

 

p3300 b654d65abd0e0c8de08a3b30011005e9pakistan indus inonda p3300 4e4a0aaabf4d78a7ac355f789f74c417pakistan indus inonda

Couples d’images acquises par le satellite Spot 5 dans la zone confluent de l'Indus et de
la rivière Kaboul. A gauche, image acquise le 18 juin 2010. A droite, image acquise le 2 août 2010.
Ces images ont été acquises à la demande du service GMES SAFER (activation n°48).
Elles ont été utilisées pour la cartographie des zones inondées. Spot 5 combine haute résolution et large couverture. Copyright CNES – Distribution Spot Image.

 

SERTIT_SAFER_GERS048_P16_Pakistan_Sukkur_floodextent_200k_m.jpgCarte produite par le service de cartographie rapide du SERTIT (Université de Strasbourg) dans le cadre de l’activation n°48 du service GMES SAFER : évolution des zones inondées dans la région de Sukkur entre le 10 et le 18 août 2010. Les images utilisées proviennent du satellite Radarsat-2. Crédit image : SERTIT.

 

DLR_20100806_pakistan_flood_DeraIsmailKhan_detail_medium.jpgCarte réalisée en urgence par le centre de crise ZKI du DLR à partir de plusieurs images satellites
acquises avant et après les inondations par cartographie rapide sur la zone de Dera Ismail Khan.
L’image utilisée pour identifier la zone inondée a été acquise par le satellite TerraSAR-X le 5 août 2010. Crédit image : DLR.

 

Reference---Scenario-Simulation---Warsak---Infoterra.jpgExemple de simulation de scénarios d’évolution de la situation (hypothèse d’une rupture de barrage).
Ces produits spécialisés, réalisés par Infoterra et Geomer dans le cadre de l’activation SAFER n°48,
apportent aux équipes de secours un support pour planifier l’implantation des hébergements
temporaires pour les sinistrés. Cette carte a été livrée aux équipes du Programme Alimentaire Mondial.
Pour le relief, les données utilisées sont le produit Reference 3D de Spot Image. Le fond de carte
est une carte topographique russe à l’échelle 1/100000. La simulation hydraulique est réalisée par
Geomer GmbH.  Crédit image : Infoterra et Geomer GmbH.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • Recenser les différents satellites et les autres sources de données utilisées pour les exemples de produits présentés ici ou accessibles sur les sites cités en référence. Analyse des contributions respectives et caractéristiques spécifiques de chaque satellite.
     
  • Exercice de cartographie par comparaison d’images avant / après. Peut se faire avec des impressions papier d’images ou en projetant (video-projecteur) des images sur un tableau blanc (dans ce cas la délimitation des zones peut être faite au marqueur.
  • Etude bibliographique du risque inondations dans le monde.
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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 22:09

Avec les inondations et les glissements de terrain dramatiques en Inde, au Pakistan et en Chine, les médias ont surtout parlé des incendies qui touchent la Russie depuis la fin du mois de juillet 2010. Comme pour les images choisies sur le blog « Un autre Regard sur la Terre », selon l’angle d’approche des journalistes, le regard des médias met l’accent sur telle ou telle information qui occupe ainsi une place privilégiée. En France par exemple, mi-août, l'actualité des feux, c’était la mise en examen du propriétaire d’un véhicule Porsche Cayenne dont la mise à feu, dans le cadre d’une escroquerie à l’assurance, est la cause directe de l'incendie qui a détruit plus de 900 hectares de forêt et de broussaille le 24 juillet près de Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône).

 

Les incendies en Europe et dans le monde :

En fait, des nombreux incendies touchent chaque année les forêts et la végétation en Europe et dans le Monde. L’illustration ci-dessous, qui provient du service « MODIS Rapid Response » de la NASA, le prouve : il s’agit d’une carte globale des feux (MODIS Rapid Response System Global Fire Maps) mise à jour tous les dix jours.

MODIS - firemap - 2010211-2010220Carte globale des feux pour la période du 30 juillet au 8 août 2010. Carte produite par
Jacques Descloitres de l’équipe du MODIS Rapid Response System (NASA/GSFC).
Les algorithmes de détection des feux ont été développés par Louis Giglio.
Image de fond « Blue marble » créée par Reto Stockli.

Chacune des cartes publiées tous les dix jours fournit la position des feux (“hot spots”) détectés pendant les dix jours précédents par les capteurs MODIS équipant les satellites Aqua et Terra de la NASA. Chaque point de couleur signifie qu’au moins un départ de feu a été détecté au cours de la période de dix jours. Attention : la couleur rouge signifie que le nombre de feux détectés est faible alors que la couleur jaune indique au contraire un nombre élevé sur la période. Les cartes sont produites depuis mi-2001 et archivées par le département de géographie de l’Université du Maryland.

Chaque année, les feux de forêts ou de végétation détruisent 350 millions d'hectares dans le monde, dont la moitié en Afrique. Selon les estimations de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), 150 à 250 millions d'hectares (sur un total de 1,8 milliard d'hectares de forêts tropicales) sont ravagés chaque année par les incendies sauvages.

En Europe, avec les tempêtes, ce sont les incendies qui causent les dommages les plus importants aux forêts. Celles-ci couvrent environ un tiers de la surface de l’ensemble des pays européens (185 millions d’hectares). Sur le pourtour méditerranéen, entre 700 000 et 1 million d'hectares sont touchés selon les années.

EEA---Statistiques-feux.jpgNombre de feux et surface totale brûlée pour les pays méditerranéens en Europe. Environ 95 %
du total des zones brûlées concernent cette région d'Europe. Tableau extrait du rapport
"European Forests" publié en 2008 par l'Agence Européenne de l'Environnement (EEA)
.
Crédit image : EEA.

La prévention des incendies et la lutte contre les feux prennent une importance croissante, non seulement en raison des superficies incendiées, des dégâts aux biens et des victimes, mais à cause de l’impact sur des questions à l’échelle globale, comme le changement climatique.

Les risques d’incendies, leur fréquence, l'intensité et l'impact des feux de forêt peuvent être limités avec des gestions plus intégrées de gestion, notamment la détection des incendies et leur extinction rapide, la surveillance, l'alerte précoce, la prévention et la préparation. Cette démarche semble par exemple porter ses fruits dans le sud-est de la France où l’accent est mis sur le débroussaillage et sur la détection précoce des départs de feux.

 

En Russie, les incendies font toujours rage et la fumée touche à nouveau Moscou…

Les agences de presse rapportent des déclarations plutôt rassurantes du gouvernement russe, du ministère des Situations d'urgence de la Volga ou de l’agence nucléaire russe Rosatom. Difficile de savoir la réalité de la situation dès qu’il agit des sites nucléaires (et pas seulement en Russie…)

Néanmoins les images fournies par les satellites d’observation de la Terre, comme l’image ci-dessous acquise le 14 août 2010 par le satellite européen ENVISAT, montre toujours les impressionnants panaches de fumées des feux actifs et un voile correspondant aux nuages de fumée dans le centre de la Russie. Dimanche 15 août, ces fumées ont à nouveau gêné la population de Moscou. Cette fumée affecte aussi l’Ukraine au sud.

Les incendies dans la région de Nijni Novgorod auraient été partiellement maîtrisés au cours des derniers jours, et les pompiers pourraient maintenant porter leurs efforts sur les feux touchant le parc naturel de la de Mordovie, à proximité de Sarov.

Des feux de tourbières persistent : en observant attentivement les couleurs des zones non brûlées sur les images satellites, on peut se faire un idée de l’origine des feux : végétation et forêts pour les zones vertes, tourbes ou zones agricoles pour les zones brunes ou de mélange brun / vert.

Feux - Russie - 14-08-2010 - commentéImage de la Russie acquise par le satellite européen Envisat le 14 aôut 2010 à 08h11 UTC.
Les positions approximatives (l’image n’est pas orthorectifiée) de quelques villes ont été
ajoutées par Planète Sciences Midi-Pyrénées. Cliquer sur l’image pour en voir un extrait
en pleine résolution, couvrant le quart nord-est de l’image (entre Yaroslavl et
le sud de Sarov). Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA).

Les feux de tourbe ne sont pas un phénomène nouveau : des opérations de drainage à grande échelle d’anciennes zones marécageuses ou humides ont été effectuées dès la fin du XIXème siècle et poursuivies après la première guerre mondiale dans le cadre de politiques d’aménagement du territoire (NEP : Nouvelle politique économique, lancée par l'URSS en 1921) avec un triple objectif : assainissement du territoire, développement de l’agriculture et extraction de tourbe pour les centrales thermiques de production électrique. Les premiers grands incendies de forêts et de tourbières en Russie centrale dateraient de 1936. A la fin des années 80, l’exploitation des tourbières a été réduite et certaines zones laissées à l’abandon, augmentant ainsi le risque d’incendies. Les feux de tourbes sont très difficiles à éteindre : alors qu’un feu paraît éteint, la tourbe peut se consumer lentement sous la surface et l’incendie reprendre par temps sec avec une température élevée. C’est la raison pour laquelle les pompiers qui luttent actuellement contre les incendies en Russie inondent littéralement les zones qui ont été incendiées. Des incendies très importants avaient déjà affectés la région de Moscou en 2002.

La canicule historique en Russie a des répercutions directes sur l’agriculture : des estimations rapportées dans la presse font état de pertes de 20 à 30 % des cultures, ce qui semble être à l’origine de l’embargo sur les exportations de céréales décidé par le gouvernement russe. Cette mesure entre en vigueur aujourd’hui 15 août et s’appliquera jusqu’à la fin de l’année 2010. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a promis de sanctionner ceux qui tenteraient de spéculer et d'entraîner les prix des céréales à la hausse.

 

Au Portugal :

Depuis la fin du mois de juillet, le Portugal est également touché par des incendies liés aux fortes chaleurs. On dénombre aux moins deux victimes parmi les pompiers. Ceux-ci annoncent avoir maîtrisé samedi 14 l’incendie du parc naturel de la Serra de Estrela dans le centre du Portugal. Les protections civiles françaises et espagnoles ont apporté leur assistance en mettant à disposition des moyens aériens.

Samedi, selon la protection civile portugaise douze feux étaient toujours actifs dans le nord et le centre du Portugal, en particulier dans le parc national du Peneda-Gerês, à proximité de l’Espagne (région de Galice).

En termes de bilan, il semble y avoir des divergences entre les chiffres donnés par le gouvernement portugais et les estimations effectués à partir d’images provenant des satellites d’observation. En tout état de cause, le mois août va alourdir le bilan de l’année 2010. En 2009, plus de 86.000 hectares avaient brûlé au Portugal. 2005 reste l’année d’un triste record avec plus de 338.000 hectares brûlés.

Portugal - MERIS - 12-08-2010 - 10h44Image acquise par le capteur MERIS du satellite européen Envisat le 12 août 2010 à 10h44 UTC.
Le panache de fumée est nettement visible dans la région centre du Portugal.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

Ailleurs dans le monde : un exemple en Australie

La sécheresse récurrente en Australie pose des problèmes d’eau, de baisse des rendements en agriculture et augmente le risque d’incendie. En 2009, des feux de forêts catastrophiques ont fait 170 morts en Australie.

Rien d’aussi grave cette année, mais des incendies se produisent toujours, comme le montre l’image ci-dessous, acquise par le satellite ENVISAT. Il s’agit de la région au nord de l’Australie, près de la ville de Darwin (Northern Territory ). Les panaches de fumées proviennent d'une zone située entre deux parc nationaux (Lietchfield National Park et Gregory National Park) La région du Kimberley au sud-ouest de cette zone a fait l’objet d’un article (quiz image) au mois de mai.

Meris - Australie - 12-08-2010 - ExtraitImage acquise par le capteur MERIS du satellite européen Envisat. Un traitement de rehaussement des couleurs a été appliqué par Planète Sciences Midi-Pyrénées pour améliorer la visibilité des panaches de fumées. Cliquer sur l'image pour la voir en pleine résolution.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

Certains feux peuvent être volontaires et maîtrisés comme les feux « contrôlés », autorisés et surveillés par les services de lutte contre les incendies, pratiqués par les éleveurs et les agriculteurs. Le feu peut ainsi être un outil de gestion des terres s'il est bien utilisé et au moment opportun. Des incendies planifiés peuvent avoir pour objectif le maintien de la biodiversité, la régénération des végétaux et la production de fourrage. En Afrique australe par exemple, les feux de savane permettent ensuite la production de fourrage frais et réduisent les risques d'incendies accidentels en éliminant l'herbe sèche et le fourrage desséché.

 

Des services et des systèmes d’information pour évaluer le risque d’incendie et recenser les zones brûlées :

En Europe, le Centre Commun de Recherche (JRC, Joint Research Centre) et la direction générale de l’environnement de la Commission Européenne (DG ENV) ont développé et opèrent le service EFFIS (European Forest Fire Information System). Ce système d’information est à destination des organismes européens en charge de la protection des forêts contre les incendies. EFFIS propose des informations pour toute la gestion du risque feu : prévention, préparation, lutte contre le feu, évaluation des dégâts..

Par exemple, le module « prévision de risque d’incendie » (fire danger forecast) d’EFFIS, illustré par l’image ci-dessous pour la journée du 15 août 2010, propose des cartes de prévision du risque de feu pour les 6 jours à venir. Il fonctionne de mars à octobre avec les données de prévision météorologique (en particulier humidité et température) fournis par les services météorologiques français et allemand (Météo France et DWD).

EFFIS - risque feux - 15-08-2010 - bCopie d'écran du module de prévision du risque incendie du système EFFIS pour la journée du
15 août 2010
. Crédit image : Centre Commun de Recherche (JRC)

Après 5 années de test de différentes méthodes, l’équipe du JRC responsable d’EFFIS a retenu un algorithme de prévision appelé « Fire Weather Index » (FWI) développé au Canada qui a été adapté pour les forêts méditerranéennes.

Le risque est évalué selon 5 niveaux (très bas, bas, moyen, élevé, très élevé) avec une résolution spatiale de 36 km (données du DWD) ou de 45 km (données de Météo France)

EFFIS propose également d’autres modules (base de données des zones brûlées, cartes des périodes passées, etc.)

Avec un objectif un peu différent, la FAO a lancé début août un service d’information sur Internet à l’échelle mondiale, destiné à surveiller en temps réel les incendies. Le nouveau Système mondial de gestion de l'information sur les incendies (GFIMS) repère les points chauds à l'origine des incendies à partir des données des satellites Aqua et Terra la NASA.

GFIMS permet de visualiser les points chauds en temps quasi-réel, avec un décalage d'environ 2,5 heures entre le passage des satellites et la mise en ligne des données. Le nouveau système permet également aux utilisateurs de recevoir des alertes par e-mail sur leurs zones d'intérêt.

En ce qui concerne la gestion de la crise et l’utilisation des satellites d’observation, l’Europe propose le service GMES (Global Monitoring for Environment and Security) et son service de réponse aux situations d’urgence SAFER. La charte internationale Espace et Catastrophes Majeures est un mécanisme complémentaire qui permet aux agences spatiales de coordonner leurs moyens d’observation en cas de catastrophe majeure.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • Travail sur le traitement de l’information et le rôle des médias et du pouvoir politique à l’occasion des incendies en russie : revues de presse, évolution des bilans, sources d’informations, etc.
  • Travail en histoire sur l’URSS et la Russie et les politiques d’aménagement du territoire.
  • Travail sur les SIG en ligne : risque d’incendie, cartographie des zones brûles, comparaison sur les années 2007, 2008 et 2009, en utilisant les systèmes d'information EFFIS, MODIS rapid response et GFIMS (voir "en savoir plus").
  • Etude bibliographique sur les feux de forêts en Europe et dans le Monde.
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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 10:24

Cacher la poussière sous le tapis n’est jamais une bonne idée… Alors que la société BP semble enfin être parvenue à boucher le puit de pétrole Macondo à l’origine de la gigantesque pollution dans le golfe du Mexique et qu’il faudra probablement des années pour espérer en effacer les conséquences sur l’environnement, les incendies en Russie font reparler des conséquences et des déchets radioactifs dus à l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986.

Les feux en Russie s’intensifient dans le sud-ouest du pays. On craint désormais qu’ils ne touchent la région de Briansk, à la frontière avec l’Ukraine, touchée par la catastrophe de Tchernobyl. Sol et végétaux ont été irradiés et cette pollution est de très longue durée. Le ministre des Situations d’urgence. Sergueï Choïgou a reconnu que "Si un incendie s’y déclarait, des substances radioactives pourraient s’envoler avec la fumée et une nouvelle zone polluée apparaîtrait". Les autorités affirment par ailleurs qu’une centrale nucléaire dans la région de Voronej au sud de Moscou, également dans la zone touchée par les incendies, n’est pas menacée. Par précaution, les substances fissiles et explosives ont été évacuées du centre nucléaire de Sarov à l'est de Moscou.

Les feux ne semblent toujours pas sous contrôle. Le nombre de victimes est passé à 50 morts et on craint que de nombreuses personnes fragiles ne supportent pas la chaleur et la pollution liées aux fumées et aux poussières. Il y a également un impact important sur l’agriculture avec des pertes de récoltes : Troisième exportateur mondial de céréales, la Russie vient d’interdire les exportations de céréales jusqu’à la fin de l’année. Cette décision entraîne une envolée des cours du blé.

 

Tchernobyl---Spot-1---1986.gif

La centrale de Tchernobyl quelques jours après l’explosion. Image acquise par le satellite Spot 1 le 6 mai 1986. Voir les explications et les commentaires ci-dessous (Copyright CNES – Distribution Spot Image)

 

Analyse-Tchernobyl---1986.jpg

Travail d'interprétation de l'image de 1986 réalisé par Spot Image dans le cadre d'une étude de l'évolution de la zone de Tchernobyl et des conséquences de l'accident sur vingt ans. Voir les compléments ci-dessous (Crédit image : Spot Image)

 

Spot 1, premier satellite français d’observation de la Terre, a été lancé le 22 février 1986 par la fusée Ariane 1. Au moment de l’'accident de Tchernobyl (26 avril 1986), alors que le satellite termine ses essais de qualification en orbite, des images de la catastrophe acquises par Spot 1 sont mises à disposition des autorités, des médias et du public.  Les images de ce type de situation montre évidemment un des intérêts des satellites d'observation de la Terre : la capacité à observer n'importe quelle région du globe, indépendamment des frontières et des contraintes politiques.

Après  plus de 15 années de service opérationnel, Spot 1 a été désorbité le 17 novembre 2003 : transféré de son orbite initiale à 800 km d’altitude sur une orbite à 530 kilomètres, sa durée de vie en orbite est ainsi ramenée de 200 ans à environ 15 ans. La famille des satellites Spot, avec Spot 4 et Spot 5, continue à) fournir des images quotidiennement des images de la surface de la terre. Elle sera bientôt complétée par Spot 6 et Spot 7 en cours de réalisation par EADS Astrium.

 

En savoir plus :

 

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 21:33

Alors que le dernier week-end de juillet est habituellement celui du grand chassé-croisé entre deux vagues de vacanciers avec ses traditionnels bouchons, la dernière semaine du mois de juillet a surtout été marquée cette année par plusieurs catastrophes naturelles de grande ampleur qui ont frappé l’Europe et le reste du monde : gigantesques incendies en Russie, inondations en Roumanie, inondations également et glissement de terrain dus à des pluies torrentielles au Pakistan et au Burkina Faso.

Les secours en réponse à ces évènements dramatiques mobilisent un nombre important de membres des unités de protection civile et d’organisation non gouvernementales. Des moyens humains et matériels importants sont également déployés dans un but de prévention et d’alerte : c’est le cas en Corse ou dans la plupart des pays méditerranéens soumis au risque de feux de forêts, de manière à intervenir très rapidement au moindre départ de feu et en limiter l’impact.

Il est va de même pour le service européen GMES de réponse aux situations d’urgence : l’organisation mis en place pour le compte de la Commission Européenne est un réseau d’opérationnel d’acteurs spécialisés dans le support à la gestion des risques et des crises, l’acquisition et le traitement rapide des images des satellites d’observation et la fourniture des cartes spécialisées.

 

Des équipes prêtes à agir à tout moment :

Toute l’année, des équipes sont en astreinte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 : le « point focal » (sous la responsabilité de Spot Infoterra) qui reçoit les demandes de support des services de protection civile et qui coordonne l’ensemble des opérations, les fournisseurs d’images provenant des satellites d’observation (la fourniture des données images est coordonnée par l’Agence Spatiale Européenne), les sociétés ou organisations spécialisées en cartographie rapide (SERTIT, DLR, etc.) et celles produisant des cartes de références ou des informations spécialisées (Spot Infoterra, Keyobs, Altamira, INGV, etc.)

Différents systèmes d’alerte, sur la base de prévision météorologique (assurés par les service météo nationaux ou les organisations européennes et internationale) ou d’autres mécanismes tels que ceux opérés par le Centre Commun de Recherche (GDACS, EFFIS, etc.) sont systématiquement surveillés pour anticiper le plus possible les demandes des utilisateurs et réduire les délais d’intervention.

Entre le 26 et le 30 juillet, le service européen GMES SAFER a été activé trois fois, dont deux activations le vendredi 30 juillet. Des doubles activations avaient déjà eu lieu, par exemple fin un an plus tôt, fin juillet 2009 au moment des incendies au nord de Marseille et en Corse du sud (Aullène). C’est la première fois que les équipes de SAFER doivent apporter leur support pour trois crises au cours de la même semaine (activations 46, 47 et 48).

 

Incendies dévastateurs en Russie :

L’image ci-dessous a été acquise le 29 juillet 2010 par le capteur MERIS du satellite européen ENVISAT. Elle montre de nombreux panaches de fumée provenant des incendies touchant la région est de Moscou. La ville elle-même est située dans le coin inférieur gauche de l’image. La résolution du capteur MERIS est de 300 mètres : les panaches de fumées proviennent de foyers répartis sur plusieurs centaines de kilomètres.

forest_fires_MoscowMER_FR_20100729_43977.jpgLes incendies touchant la Russie vus par le satellite ENVISAT.
Image provenant du capteur MERIS acquise le 29 juillet 2010 (Crédit image : Agence Spatiale Européenne).

 

Lundi 2 août, le bilan fait état de 37 morts et plus de 2.000 habitations détruites. Les incendies qui frappent la Russie couvrent des centaines de milliers d’hectares et les moyens importants (hommes, véhicules d’intervention, avions, armée) déployés ont beaucoup de difficulté à les maîtriser.

Jusqu’à présent, ce sont les régions à l’est de Moscou (région de Nijni Novgorod) et le bassin de la Volga qui sont les plus touchés. Dimanche, les incendies touchaient également la région de Khabarovsk, dans la partie orientale à proximité de la Chine.

Plus d'un demi million d'hectares auraient été dévastés par le feu depuis le début de l'été, liés à la sécheresse et à la température caniculaire (le mois de juillet 2010 est un des plus chauds enregistrés). Les services de prévision météorologique restent pessimistes pour les jours à venir. Le vent violent et certaines zones marécageuses difficiles d’accès compliquent la tâche des secours.

 

Inondations et glissements de terrain au Pakistan :

Fin juillet, pendant la période de la mousson, des pluies torrentielles ont causé des inondations et des glissements de terrain. Selon un premier bilan officiel publié lundi 2 août, il y aurait au moins 1.100 victimes et 1.500.000 personnes affectées par les inondations. Ce bilan pourrait s’alourdir car les régions les plus touchées, la province de Khyber-Pakhtoonkhwa, reste difficilement accessible par les secouristes. Le service européen GMES SAFER a été activé (activation n°48).

 

SERTIT_SAFER_GERS048_P02b_Pakistan_Peshawar_EmergencyMap_20.jpgExemple de carte produite par le SERTIT (Université de Strasbourg) en mode "cartographie rapide" pour les inondations au Pakistan dans le cadre du service GMES SAFER. Les cours d'eau de référence sont extraits d'images Landsat d'archive. Les zones inondées ont été cartographiées par photointerprétation d'une image RADARSAR-2 à 12,5 mètres de résolution acquise le 31 juillet 2010 (Crédit image : SERTIT)

 

Inondations dans l’est et la région centre nord du Burkina Faso :

Du 20 au 22 juillet, en pleine saison humide en Afrique de l’ouest, des pluies diluviennes ont frappé le Burkina Faso. L’AFP rapporte 14 décès par noyade. Plus de 31000 personnes ont subi les dégâts des inondations. Plusieurs villages, difficilement accessibles n’avaient pas encore été secourus le 31 juillet. Le service européen GMES SAFER a été activé (activation n°47).


Inondations en Bulgarie :

Des inondations causées par de fortes pluies ont touché le sud et le centre de la Bulgarie. Le service européen GMES SAFER a été activé (activation n°46). Infoterra a coordonné les opérations et c'est le DLR qui a assuré la cartographie rapide.

DLR_20100727_bulgaria_flood_disaster_extent_detail_Saedinen.jpgCarte produite par le DLR pour le service GMES SAFER. La zone d'intérêt est dans ce cas la ville
de Pazardzhik. L'image de référence est une image acquise par le satellite Spot 5 acquise en
octobre 2009. L'image de crise est une image du satellite GeoEye-1 acquise le 28 juillet 2010
(Crédit image : DLR)

 

En savoir plus :

- Le site Internet du service GMES SAFER et la liste des dernières activations.

- Le site Internet d’informations sur GMES de la commission européenne.

- D’autres articles sur le rôle de l’observation de la Terre en support à la gestion des crises et des catastrophes naturelles sur le blog « Un autre regard sur la Terre ».

- Des informations sur le satellite ENVISAT.

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 23:30

Le 20 avril dernier, l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon causait la mort de 11 personnes et était à l’origine de la plus importante catastrophe pétrolière ayant touché les Etats-Unis, mettant en péril les écosystèmes (faune, flore) et l’activité économique de la région, en particulier la pêche et le tourisme. Les médias en parlaient moins ces dernières semaines mais la fuite de pétrole continue et la marée noire est loin d’être contenue.


« Top hat 10 » : un nouveau dispositif pour pomper la totalité de la fuite

Près de 3 mois après le début de la marée noire dans le Golfe du Mexique à proximité des côtes de Louisiane, la compagnie britannique BP a retiré le dôme placé le 4 juin dernier et installé lundi 12 juillet un nouvel entonnoir censé absorber la totalité du pétrole provenant de la fuite. Selon les autorités américaines, le débit de la fuite est compris entre 6 à 10 millions de litres de pétrole par jour.

Les essais d’étanchéité vont maintenant démarrer mais il faudra plusieurs jours pour vérifier l’efficacité du dispositif. Ce nouveau système doit évacuer la totalité du brut vers les navires de dépollution opérant en surface. Même si les conditions météo sont actuellement favorables, l’échec des tentatives précédentes incite à la prudence.

 

Une armada d’écumoires…

Si tout se passe bien, un nouveau navire arrivé sur la zone, le "Helix Producer", devrait commencer le pompage lundi. Sa pleine capacité de pompage (environ 3,8 millions de litres par jour) sera disponible après quelques jours. L’image ci-dessous acquise le 15 juin par le satellite américain WorldView-2 de la société Digital Globe montre les barrages flottants et la flotte de navires nettoyeurs, les skimmers (littéralement, les « écrémeurs »).

DG 15-06-2010

Image acquise le 15 juin 2010 par le satellite WorldView-2 (Crédit image : Digital Globe)

Près de soixante-dix navires, dont 46 skimmers, sont sur place autour du puits : c’est la plus forte concentration jamais vue sur une même zone. Les systèmes d’identification automatique (AIS) permettent de les localiser, comme le montre la copie d’écran ci-dessous provenant du système d’information géographique sur Internet mis en place par le gouvernement américain. Plusieurs opérations de "combustion contrôlée" sont également menées simultanément et expliquent les panaches de fumée visibles sur les images. Selon le CEDRE, à la date du 30 juin, 275 opérations de brûlage avaient été réalisées, dispersant dans l'atmosphère environ 38 000 m3 d'hydrocarbures. Cette solution présente l’inconvénient majeur de générer d’épaisses fumées très polluantes et de laisser des résidus flottants.

 

ERMA - 13-07-2010 - 1

ERMA---13-07-2010---2.jpgDeux copies d'écran du système d'information géographique ERMA centralisant l'ensemble des
informations sur les opérations de lutte contre la marée noire dans le golfe du Mexqiue.
En haut, zoom sur la zone du puits avec les positions AIS des navires et la prévision de trajectoire
de la nappe. En bas, identification des zones critiques du point de vue environnemental sur un fond image MODIS. Cliquer sur les images pour les agrandir (crédit image :
www.geoplatform.gov/gulfresponse )


La marée noire toujours visible par les satellites d’observation :

Comme l’illustre cette image acquise le 11 juillet par le capteur MODIS du satellite de la NASA AQUA, la nappe de pétrole reste visible depuis l’espace : une tâche brillante est située au sud-est du delta du Mississippi, à côté de la source de la fuite d’hydrocarbure. Ces sont les reflets du soleil et la réflexion spéculaire, un peu comme celle d’un miroir, Le pétrole huileux rende la surface de l’eau plus lisse, modifiant la manière dont la lumière est absorbée ou réfléchie et rendant la surface apparemment plus claire. Néanmoins, cet effet dépend beaucoup de l’angle solaire et de l’angle d’observation du satellite et n’est pas, à ce stade, un moyen fiable de cartographier l’étendue de la pollution. Selon les jours, il est plus ou moins visible.

extrait-MODIS---AQUA---500m---12-07-2010.jpgExtrait d'une image MODIS acquise par le satellite AQUA de la NASA. La résolution au sol est
de 500 mètres. On voit les reflets correspondant à la nappe de pétrole autour du puits et la large
zone très brillante en bas de l'image correspondant à l'effet de miroir sur la surface de l'eau ("Sun glint")
lié à l'angle solaire et à l'angle d'observation. (Crédit image : NASA/GSFC, MODIS Rapid Response)


D’autres sources d’informations et moyens d’observation sont indispensables. En particulier, la connaissance de l'état de la mer en surface et en profondeur et la prévision de l'évolution de cet état sont des informations précieuses pour la conduite des opérations. L'illustration ci-dessous, produite par Mercator-Océan le mercredi 7 juillet, montre la prévision de courant de surface, obtenue par modélisation, pour le 13 juillet (la résolution de la carte est de 1/12 de degré). Cette carte met en évidence dans le golfe du Mexique le "loop current" qui se prolonge par le Gulf Stream.

 

Mercator---Prevision-courant---13-07-2010-copie-1.pngCarte de prévision de courant de surface pour la journée du 13 juilet 2010 produite le 13 juillet par Mercator-Océan (Crédit image : Mercator-Océan)

 

Querelles de gros sous entre pollueurs et la question de la valeur de l’environnement

Selon une annonce de BP rapportée lundi par l’agence de presse AP, la lutte contre la marée noire dans le golfe du Mexique a déjà coûté 2,7 milliards d'euros. BP aurait reçu à ce jour 105.000 demandes d’indemnisation.

BP cherche à faire prendre en charge une partie des coûts de la catastrophe par ses partenaires : la compagnie Anadarko Petroleum, qui possède 25% du puits, est en conflit ouvert avec BP et a refusé tout versement. Selon Anadarko, « this tragedy was preventable and the direct result of BP's reckless decisions and actions… BP operated unsafely and failed to monitor and react to several critical warning signs during the drilling of the Macondo well. BP's behavior and actions likely represent gross negligence or willful misconduct… » BP réclame également 112 millions de dollars à la société Mitsui Oil Exploration Co qui possède également 10% du puits. Bref des procès en vue...

Entre le 20 avril et le 25 juin, l’action BP a perdu plus de la moitié de sa valeur en passant de 655 à 304 pence. Le 12 juillet, l’action cotait à Londres 399 pence. Est-ce que les enseignements tirés de cette catastrophe suffiront à faire évoluer la manière dont les acteurs économiques et politiques prennent en compte le coût de l’environnement dans le ? Espérer un progrès dans ce domaine est peut-être naïf mais serait un beau résultat de l’année internationale de la diversité biologique...

 

Sources utilisées :

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisation pédagogiques en classe :

  • Travail sur l’optique, les miroirs, les angles de réflexion et les propriétés optiques des différents matériaux. Expériences en classe.
  • Travail sur un SIG sur Internet en utilisant la plateforme ERMA.
  • Etude bibliographique sur les systèmes de surveillance maritime, de contrôle des pêches et de location de navires (AIS, LRIT, radars côtiers).
  • Des liens et des ressources pédagogiques sur la marée noire sur le site Eductice de l'INRP.
  • Voir également les autres articles publiés sur le même sujet sur le blog « Un autre Regard sur la Terre ».

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 19:02

Le sénat a publié le 16 juin une première version du rapport de la mission d’information sur la tempête Xynthia. Coïncidence du calendrier : cette publication intervient le jour où le département du Var se réveille d’une journée douloureuse avec des inondations exceptionnelles et dramatiques qui ont causé la mort d’au moins vingt-cinq personnes.

Le rapport fait une analyse de la gestion de la catastrophe causée par Xynthia, depuis la prévision de la tempête jusqu’à l’intervention des secours et les débats sur les constructions en zone inondables. Les sénateurs ont cherché à identifier les défaillances dans l’anticipation du risque.

Une chose est frappante dans ce rapport : à l’exception du rôle des satellites météo qui ont permis, avec les modèles de Météo France, une bonne prévision globale de l’évolution de Xynthia, il n’est pas fait mention du rôle possible des technologies spatiales en support aux opérations de secours, d’une part pour la mise en place des moyens de communication de secours à la suite de la défaillance des réseaux de communication terrestres (ce sujet est abordé en détail dans le rapport) et, d’autre part pour la fourniture de cartes et d’informations géographiques sur la situation à partir des données produits par les satellites d’observation de la Terre. Force est de constater que le rôle du spatial est encore insuffisamment connu ou reconnu…

La publication de ce rapport est l'occasion d'un retour en arrière sur la tempête Xynthia...

 

ventsValeur maximale des vitesses de vent observées les 27 et 28 février 2010
(Crédit image: Météo France)

 

L’impact de Xynthia :

D’une violence exceptionnelle, la tempête Xynthia a durement frappé le littoral atlantique le 28 février dernier. Les départements de Vendée et de Charente-Maritime ont été particulièrement touchés. Xynthia a causé de nombreuses victimes. 53 personnes ont péri en France, et 79 ont été blessées. La tempête Xynthia a traversé la France entre 0 h 00 et 17 h 00 le samedi 28 février 2010, passant de la Charente-Maritime aux Ardennes, après avoir touché les sommets de certaines vallées des Pyrénées dans l’après-midi du 27.

L’Espagne, la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne et, dans une moindre mesure, le Royaume Uni, la Scandinavie et les pays bordant la mer Baltique, ont également été touchés, avec au total 65 personnes décédées. En France, la tempête Xynthia a entraîné de dégâts matériels considérables. De nombreuses maisons ont été gravement endommagées dans les départements de Vendée et de Charente-Maritime.

L’économie locale a été également gravement affectée, avec des conséquences durables : Dans le domaine de l’agriculture, plus de 500 exploitations et 52000 hectares ont été inondés : le sel rend ces terres agricoles infertiles pour plusieurs années. Les ostréiculteurs de Vendée implantés dans les zones frappées par Xynthia ont subi des taux de perte de 50 à 100 %.

2010 02 27 1200 m9 rgb 05-06 08-09 05 Image du satellite Meteosat 9 acquise le 27 février 2010. Composition RGB
(Crédit image : Eumetsat)

 

 

Une animation vidéo montrant une succession d'images Météosat de la tempête Xynthia
(Crédit image : Eumetsat)

 

Le caractère exceptionnel de la tempête Xynthia :

Le rapport confirme les raisons déjà connues pour expliquer l’impact de Xynthia : son creusement est celui d’une dépression hivernale, moins rapide que celui des tempêtes Lothar et Martin de décembre 1999 et Klaus de janvier 2009. Même si Xynthia n’a pas été qualifiée de « tempête explosive », son caractère exceptionnel est dû à la concomitance de :

  • la « surcote » produite par la tempête elle-même (élévation des eaux marines à une latitude anormalement basse, pour remonter vers le sud-ouest, puis le nord-ouest de l’Europe en quelques heures seulement.
  • le coefficient de la marée (102, pour un maximum de 120 pour les plus hautes marées astronomiques). Note : le 28 février 2010 correspondait à la pleine lune.

Le rapport du sénat confirme que la « surcote » météorologique s’est superposée au maximum de la marée en période de pleine mer, conduisant à des hauteurs d’eau d’un niveau exceptionnel. A partir des enregistrements de ses marégraphes, le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM) confirme que la hauteur d’eau résultante a dépassé les niveaux statistiques de retour centennal sur le littoral de Vendée et de Charente-Maritime, atteignant la cote de 4,506 mètres NGF (nivellement général de la France).

 

Une fragilité accrue du « trait de cote » :

Le trait de côte français a une longueur estimé à à 5 850 km. Les vagues, du vent, des courants et de la flore agissent naturellement sur la position du trait de côte, avec un déplacement des dunes et estuaires. Ce phénomène naturel est accentué par des actions d’origine humaine, avec deux causes principales :

  • D’abord, le réchauffement climatique entraîne une augmentation annuelle du niveau de la mer. Cette élévation est estimée de 2 à 3 mm par an avec une projection de 20 à 50 cm d’ici cinquante ans.
  • Ensuite, le littoral subit un recul causé par la modification des courants marins résultant d’aménagements côtiers, la destruction des laisses des mers provenant du nettoyage des plages, l’érosion des falaises, l’assèchement de marais entraînant un tassement.

Le rapport des sénateurs mentionne qu’une étude réalisée par l’Institut français de l’environnement (IFEN) en 2006 indiquait que 25 % du trait de côte reculaient. 25,9 % des côtes érodées étaient des zones urbanisées, commerciales ou artificialisées, 9,7 % étaient des terres labourées et 17,4 % des plages et des dunes.

Le rapporteur écrit notamment : « La fragilisation des barrières naturelles protégeant le littoral a un lien direct avec les phénomènes de submersion marine. Celui subi par La Faute-sur-Mer dans le secteur de la Belle Henriette s’explique en partie par la rupture du cordon dunaire l’abritant de l’océan atlantique. »

 

Des conséquences aggravées par une insuffisante anticipation du risque ? La faute au maire à la Faute-sur-mer ?

C’est une des questions principales qu’abordent les sénateurs dans leur rapport. Les réponses qu’ils apportent concernent toute la chaîne de gestion du risque :

  • une prévision qui n’a pas permis d’anticiper correctement les risques à terre,
  • une vigilance insuffisamment opérationnelle,
  • une prévention incomplète du risque de submersion marine,
  • une occupation des sols exposant au risque d’inondation,
  • un entretien très inégal des digues.

Le volet prévention, ou plutôt prévention insuffisante, est clairement mis en avant par les sénateurs impliqués dans la mission d’information qui constatent de « sérieuses carences sur le plan local de la politique nationale de prévention des risques naturels » et « des zones où le risque a été nié et n’a pas été pris en compte, ce qui a entraîné non seulement des dégâts aux biens, mais par-dessus tout des pertes de vies humaines ».

Le rapport cite également un nombre « relativement élevé » de Plans de Prévention des risques (PPR) « inondation » non encore adoptés par rapport au nombre de plans approuvés. Ce sont paradoxalement dans les communes littorales, davantage soumises au risque de submersion, que ses plans font défaut. Selon les chiffres communiqués par la secrétaire d’Etat à l’écologie, Mme Chantal Jouanno, lors de son audition par la mission d’information, seuls 46 PPR ont été approuvés et 71 prescrits sur les 864 communes de ce type.

De même, les plans communaux de sauvegarde sont souvent encore embryonnaires. Leur apport est pourtant essentiel : créés par la loi du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile, les plans communaux de sauvegarde (PCS) s’intègrent dans l’organisation générale des secours. Est-il possible d’envisager une évacuation dans de bonnes conditions sans PCS établi à l’avance ? Les sénateurs insistent dans leur rapport sur la « quasi-inexistence de PCS dans les zones les plus exposées », alors que le décret d’application de la loi du 13 août 2004 précitée rendait obligatoire, avant le 13 septembre 2007, la mise en place d’un PCS dans les communes dotées soit d’un PPR, soit d’un plan particulier d’intervention (PPI).

A titre d’exemple, des communes aux épisodes de crues cévenoles ont mis en place des Plans Communaux de Sauvegarde pour faciliter les décisions en cas d’évènement de ce type. C’est un des principaux services que propose la société Predict Services à Montpellier, filiale commune de Météo France, BRL et EADS Astrium.

 

L’activation du service GMES SAFER : des cartes de situation produites à partir des satellites d’observation de la Terre

Le service européen GMES SAFER a été activé le samedi 27 février à 20h00 par le COGIC. Les équipes de Spot Infoterra ont assuré la coordination opérationnelle et les cartes ont été produites par les équipes de cartographie rapide du SERTIT. Plusieurs satellites ont été mobilisés pour fournir des images permettant d’évaluer l’étendue des zones touchées : Spot 4 et Spot 5, Envisat ASAR, Kompsat-2, Radarsat-2, etc.

Les actions de support après le passage de Xynthia correspondent à la 29ème activation du service GMES SAFER depuis avril 2009. Le rythme des activations reste malheureusement soutenu avec l’activation n°42 déclenchée le 15 juin 2010.


Spot 4-1 Spot 4-2

Deux images acquises par le satellite Spot 4 avant et après le passage de Xynthia
(Copyright CNES – Distribution Spot Image)

 

SERTIT SAFER029 P04 France zone1 LaTranche LAiguillon carteUn exemple de carte produite par le SERTIT après l’activation du service GMES SAFER par le COGIC
(Crédit image : SAFER - SERTIT)

 

Arrens - Avril 2010
Arbres - Arrens - Mai 2010

Dans les Hautes-Pyrénées aussi, à proximité d’Arrens-Marsous. A droite, une photographie prise en mai 2010 où les dégâts de Xynthia sur la forêt sont clairement mis en évidence en raison de la couverture neigeuse (Crédit image : Planète Sciences Midi-Pyrénées)

 

En savoir plus :

  • Sur le site du sénat, le rapport d’étape de la mission d’information (rapporteur : Alain ANZIANI).
  • Sur le site du service GMES SAFER, les informations produites après la tempête Xynthia à partir de données des satellites d’observation de la Terre.
  • Le site du SERTIT avec le cartes produites après le passage de la tempête Xynthia.
  • Sur les plans communaux de sauvegarde : les activités de la société Predict Services.
  • Sur l'avancement des PPR en Vendée et en Charente-Maritime
  • La tempête en images sur le site du journal Libération.
  • Les pages de Météo France sur la tempête Xynthia.
  • Pour information, la mission d’information du sénat est composée des personnes suivantes : M. Bruno Retailleau, président ; MM. Éric Doligé, Michel Doublet, Ronan Kerdraon, Jean-Claude Merceron, vice-présidents ; Mme Marie-France Beaufils, MM. François Fortassin, Daniel Laurent, secrétaires ; M. Alain Anziani, rapporteur ; M. Claude Belot, Mme Nicole Bonnefoy, MM. Michel Boutant, Philippe Darniche, Yves Dauge, Charles Gautier, Mme Gisèle Gautier, M. Pierre Jarlier, Mme Fabienne Keller, MM. Gérard Le Cam, Dominique de Legge, Albéric de Montgolfier, Paul Raoult, Daniel Soulage, Mmes Catherine Troendle, Dominique Voynet.

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • Travail bibliographique sur la tempête Xynthia : origine, trajectoire, dégâts. Comparaison avec d'autres tempêtes hivernales : Klaus, Lothar et Martin, Kyrill, etc.
  • Organiser un travail de préparation d’un plan de prévention ou un plan communal de sauvegarde : à partir de plans et en cherchant à mettre en place une coopération avec les services municipaux, analyser la situation de la commune. Réflèchir avec les élèves sur les informations à y faire figure. Version plus ambitieuse avec un "jeu de rôle" sur le cycle complet de la crise.
  • Exercices de cartographie rapide ou de détection de changement sur des paires d'images avant - après.
  • A consulter une liste des ressources pédagogiques mises en ligne sur la site de l'académie de Nantes, le dossier préparé par Yves Guiet (académie de Limoges) et une liste de jeux de données de référence sur Xynthia.

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 23:00

En établissant un parallèle entre la marée noire du golfe du Mexique et les attentats du 11 septembre 2001, Barack Obama a prononcé mardi 15 juin à 20h00 UTC un discours solennel sur cette catastrophe dans un décor réservé aux crises graves : le bureau ovale de la maison blanche. Cette première intervention de ce type a eu lieu après la quatrième visite de Barack Obama dans la région du golfe depuis le début de la marée noire, et à la veille de sa rencontre avec le président de BP, Carl-Henric Svanberg, et le directeur général du groupe, Tony Hayward.

Pour Barack Obama, il s'agit à la fois de rassurer l'opinion publique américaine sur sa gestion de la marée noire du golfe du Mexique et d'exposer ses projets pour réduire la dépendance des Etats-Unis envers les combustibles fossiles. 17 mois après la cérémonie d'investiture du quarante-quatrième président des Etats-Unis (illustrée ci-dessous par une image satellite acquise par le satellite GeoEye-1 le 20 janvier 2009 et montrant la foule assistant à cette cérémonie), une autre marée noire, beaucoup moins sympathique, s'invite à la Maison Blanche... 

 

inauguration1_final-copie-1.jpgImage du Capitole à Washington acquise par le satellite GeoEye-1 le 20 janvier 2009
pendant la cérémonie d’investiture du président Barack Obama. L’image montre la foule massée
pour assister à la cérémonie. Une véritable marée noire, avant la catastrophe dans le golfe du Mexique. Cliquer pour agrandir l’image. (Crédit Image : GeoEye)

 

extrait-inauguration1_final.jpg

Extrait de cette Image en pleine résolution. Cliquer pour agrandir l’image (Crédit Image : GeoEye)

 

En insistant sur l'enjeu stratégique d'investir dans de nouvelles formes d'énergie et de réduire la dépendance des Etats-Unis de ressources pétrolières de plus en plus rares et difficiles à exploiter, Barack Obama a fait référence aux grands défis relevés dans le passé par les Etats-Unis, en mentionnant en particulier la conquête spatiale et les premiers pas sur la Lune : "The one answer I will not settle for is the idea that this challenge is too big and too difficult to meet. You see, the same thing was said about our ability to produce enough planes and tanks in World War II. The same thing was said about our ability to harness the science and technology to land a man safely on the surface of the moon".

 

Encore des problèmes : Le Discoverer Enterprise frappé par la foudre !

Un incendie provoqué par la foudre sur un navire participant à la récupération du pétrole brut qui s'écoule au large des côtes américaines a obligé le groupe BP à interrompre les opérations de pompage mardi 15 juin.

Un porte-parole de la compagnie BP a annoncé qu'un "incendie limité" s'était déclaré vers 14h30 (UTC) sur le Discovery Enterprise, un navire de forage actuellement utilisé pour récupérer le pétrole qui s'écoule du puits endommagé grâce à un tuyau de 1,5 km de long. Le pompage aurait repris à 19h15 (UTC). Le navire aurait été frappé par la foudre. L'image satellite ci-dessous montre le Discovery Enterprise en opération le 21 mai 2010.

BP récupère actuellement environ 18.000 barils de pétrole par jour en mettant en œuvre un entonnoir provisoire et espère atteindre 50.000 barils par jour (8 millions de litres) avant la fin juin. Selon les autorités américaines, le puit sera définitivement bouché en août. Le débit de la fuite de pétrole serait compris entre 35.000 et 60.000 barils par jour.

 

Ships---Deepwater-Horizon---21-05-2010-copie-1.jpgLa zone où opère le navire Discoverer Enterprise sur lequel l'incendie s'est déclaré le 15 juin.
Image acquise le 21 mai 2010 par le satellite Worldview 2. On distingue la flamme, normale ici, du gaz extrait et brûlé en surface.  Cliquer sur l'image pour l'agrandier
(Crédit image : Digital Globe)

 

Extrait-Ships---Deepwater-Horizon---21-05-2010.jpg

Extrait de la même image centré sur le navire Discoverer Enterprise.
Cliquer sur l'image pour l'agrandir (Crédit image : Digital Globe)

 

En savoir plus : 

 

Suggestions d'utilisations pédagogiques :

  • Travail sur l'évolution de la situation dans le Golfe du Mexique, en utilisant les articles de ce blog et les sites de référence cités (en particulier le site de la NOAA avec les cartes de situation et de prévision).
  • Initiation à la manipulation d'un système d'information géographique en ligne en utilisant le site ERMA mise en place pour la gestion de la crise.


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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 18:15

Toutes les tentatives de BP pour arrêter ou réduire la fuite d’hydrocarbures dans le golfe du Mexique ont échoué et les problèmes continuent !

Mercredi 2 juin, un responsable des garde-côtes américains a annoncé qu’une scie en diamant chargée de sectionner un morceau d'oléoduc s’était bloquée. L’installation d’une valve de récupération du pétrole est actuellement impossible. Fait aggravant : les opérations de découpe augmentent temporairement la fuite de pétrole.

Le ministre de la justice a promis de poursuivre toute personne ou entité qui serait convaincue d'avoir enfreint la loi. Cette menace pourrait concerner directement BP et ses sous-traitants (Transocean, Halliburton, etc.) Le président Barack Obama a promis le même jour de faire comparaître les responsables devant la justice :

« We have an obligation to investigate what went wrong and to determine what reforms are needed so that we never have to experience a crisis like this again. If the laws on our books are insufficient to prevent such a spill, the laws must change. If oversight was inadequate to enforce these laws, oversight has to be reformed. If our laws were broken, leading to this death and destruction, my solemn pledge is that we will bring those responsible to justice on behalf of the victims of this catastrophe and the people of the Gulf region.”

L’enquête en cours a déjà mis en évidence des nombreux éléments sur les éventuelles erreurs ou négligences commises avant l’explosion.

Le 20 avril 2010, l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon a causé la pire marée noire de l’histoire des Etats-Unis. Les deux images ci-dessous ont été acquises dans les jours qui ont suivi l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon, respectivement par les satellites Spot 5 et Quickbird. Dans ce cas précis, la couverture du satellite Spot 5, opéré par Spot Image, permet d’obtenir une vue d’ensemble détaillée de la situation. C’est ce compromis judicieux entre la résolution et la fauchée qui fait le succès actuel de la famille des satellites Spot.

Spot 5-Louisiane-25-04-2010

Image acquise par le satellite Spot 5 le 25 avril 2010
(Copyright CNES – Distribution Spot Image)

us gulfofmexico cleanupplane april26 2010 dg

Image acquise par le satellite Quickbird le 26 avril 2010. Noter le petit avion visible sur l’image
(Crédit image : Digital Globe)

Le 2 juin, le pétrole jaillissait toujours à flots, à un rythme estimé entre 2 millions et trois millions de litres par jour (soit 12000 à 19000 barils par jour), selon un groupe d’experts dirigé par l’USGS.  Un peu plus que le premier chiffre de 1000 barils par jour cité en avril par BP !

Pour mémoire, on estime que le naufrage du Prestige a entraîné le déversement de 64.000 tonnes de fioul lourd, d’une densité proche de celle de l’eau.


Carte-impact-SCAT-02-06-2010.jpg

Une carte d'impact établie le 2 juin 2010 par les équipes SCAT (évaluation d'impact sur la côte)
(source :
site du « commandement unifié » de la Deepwater Horizon Response)

 

Sources utilisées :

 

En savoir plus :

  • D’autres articles sur ce blog à propos de la marée noire du Golfe du Mexique, publiés le 28 avril, le 29 avril , le 30 avril et le 3 mai.
  • La page de ce blog sur les satellites Spot.
  • Le site de Spot image, opérateur des satellites Spot
  • Le site de Digital Globe, opérateur du satellite Quickbird.
  • De nombreux autres sites d’organismes américains ont créé des pages spéciales sur leur site Internet, souvent sous l’intitulé « Deepwater Horizon Response » (NOAA, USGS, EPA). En anglais évidemment… Voir notamment le site du « commandement unifié ».

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques :

  • Travail en classe sur les marées noires et leurs conséquences. Voir notamment le site marees-noires.
  • Travail sur les systèmes d’unités de mesure. Dans le domaines du pétrole, on parle beaucoup de barils, de gallons. Et notre bon vieux système métrique ? Une bonne occasion d’utiliser l’actualité pour reparler avec les élèves des unités de mesure : litres, tonnes, densité, etc. Exemple d’exercice trouvé sur le web : « Aux États Unis l’essence est vendue au gallon (1 gallon = 3,785 litres). Un baril d’essence contient 42 gallons. Le camion citerne de Paul a une cuve de 2 000 litres. Paul craint qu’en achetant 10 barils d’essence sa citerne déborde ». BP travaille avec d’autres ordres de grandeur… Voir par exemple le glossaire pétrole sur le site de la documentation française ou, surtout, le site vraiment génial de Thierry Thomasset pour tout savoir sur les unités de mesure (mention spéciale du jury du prix Roberval en 2007).
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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
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