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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 13:31

Cette image très spectaculaire, publiée par Astrium GEO-Information Services sur son site Internet, a été acquise le dimanche 17 juin 2012 par le satellite Pléiades 1A, depuis son orbite à 694 km d'altitude. En couleurs naturelles, elle montre à la fois les incendies actifs avec d’impressionnants panaches de fumée et les zones déjà parcourues par les flammes qui contrastent avec la couleur plus verte de la végétation intacte. La zone touchée est à l’ouest de Fort Collins dans l’état du Colorado, à environ 100 kilomètres au nord de la ville de Denver.

Je crois que c'est une des premières fois que le satellite Pléiades 1A est mis en oeuvre à l'occasion d'une catastrophe naturelle.

 

Pléiades - High Park - Colorado - Fort collins - -copie-1Pléiades - High Park - Colorado - Fort collins - 17-06-201L’incendie « High Park » à proximité de Fort Collins dans l’état du Colorado. Image acquise par le
satellite Pléiades. En haut, extrait centrée sur les foyers les plus actifs. En bas, vue d’ensemble
montrant également les zones déjà parcourues par les flammes. La résolution est réduite par rapport
à l’image originale. Copyright CNES 2012 - Distribution Astrium Services – Spot Image.

 

C’est le samedi 9 juin en début de matinée que l’incendie a démarré, a priori à partir d’un impact de foudre (une enquête doit le confirmer). Les vents forts, le taux d’humidité très bas et la végétation sèche ont rapidement attisé les flammes.

Le 12 juin, le feu, baptisé « High Park », avait déjà parcouru environ 17000 hectares et devenait un des incendies les plus importants de l’histoire du Colorado. De nombreuses habitations ont été détruites et une personne est décédée. 11 jours après le début de la catastrophe, le 19 juin, le journal Reporter Herald donnait un nouveau bilan, avec près de 60000 acres soit plus de 24000 hectares et 189 maisons partis en fumée. Le responsable des opérations de lutte contre l’incendie, le commandant Bill Hahnenberg, estimait que des nouvelles évacuations pourraient être décidées : la météo, restée stable jusqu’à présent avec des vents forts, souvent rendus tourbillonnants par le relief des canyons, pourrait évoluer avec des températures plus basses et une humidité plus importante. Cela faciliterait enfin la tâche des 1800 pompiers engagés avec 120 véhicules, 17 hélicoptères et deux avions bombardiers d’eau.

Selon la NASA, le bois qui sert de combustible provient en partie d'arbres qui ont été dévastés par les coléoptères dans l'ouest des Etats-Unis.

A ma connaissance, ni la charte internationale "espace et Catastrophes majeures" ni le service GMES de réponse aux situations de crise n'ont été déclenchés par les autorités américaines.

 

Haute résolution et couverture large : deux caractéristiques complémentaires

En comparant l’image du satellite Pléiades avec d’autres images satellites acquises par le capteur MODIS du satellite Aqua de la NASA, il est possible de se faire une idée de la progression de l’incendie et de voir l’intérêt et la complémentarité des différents satellites utilisés :

  • La très haute résolution et l’agilité du satellite Pléiades qui permettent de surveiller une zone très précise (quelques centaines de kilomètres carrés) avec un niveau de détails exceptionnel (les produits images de Pléiades sont échantillonnés à 50 cm). Une autre caractéristique, le « direct tasking », la programmation directe de l’acquisition d’images, rend également Pléiades très adaptés aux opérations demande une forte réactivité, comme par exemple la gestion des situations d’urgence. Le satellite Pléiades fonctionne à la fois en mode panchromatique (un capteur à 70 cm de résolution avec un seule bande spectrale) et en mode multispectral (couleurs naturelles rouge, verte et bleue et bande proche infrarouge provenant d’un capteur à 2,80 mètres de résolution).
  • La moyenne résolution et la couverture large des images des capteurs MODIS embarqués sur les satellites américains Aqua et Terra ou MERIS sur le satellite européen Envisat, qui a terminé sa mission en avril 2012 après dix ans de bons etloyaux services : ici il s’agit d’une couverture répétitive (le satellite n’est pas agile) avec une résolution moyenne (de 300 à 1000 mètres selon les capteurs et les bandes spectrales) sur des surfaces beaucoup plus grandes : une image MERIS peut couvrir un champ (on parle de fauchée ou de « swath » en anglais) de 1150 kilomètres. MODIS couvre 2330 kilomètres. Une caractéristique intéressante des capteurs MODIS et MERIS est le nombre élevé de bandes spectrales étroites (36 pour MODIS, 15 pour MERIS), ce qui les rend particulièrement bien adaptés à l’étude des propriétés des sols et de la végétation, des océans (phytoplancton et bio-géochimie) et de l’atmosphère (nuages et aérosols)

Pour les amateurs de photographie, c'est exactement comme passer d'un objectif grand angle à un téléobjectif pour photographier la même scène. Ici le téléobjectif est très puissant : l'altitude des deux satellites est voisine (694 km pour Pléiades, 705 km pour Aqua) mais on passe d'une largeur de champ de plus de 2000 km pour le capteur MODIS d'Aqua à 20 km pour Pléiades. Ça zoome fort !

 

Aqua - Modis - Colorado - High Park - 09-06-2012Aqua - Modis - Colorado - High Park - 10-06-2012Deux images acquises par le capteur MODIS (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer) du
satellite Aqua de la NASA. En haut, image acquise le 9 juin 2012. En bas, image acquise le 10 juin 2012.
Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response

 

En ce moment, d’autres régions du monde connaissent également des incendies comme le montre l’image suivante acqusie le 19 juin. Il s’agit de la Russie centrale où l’état d’urgence a été déclaré dans plusieurs régions (Khanty-Mansiisk, Tyva, Sakha, Krasnoyarsk, Amur, Zabaikalsky et Sakhalin). L'image couvre une région entre Krasnoyarsk (au sud) et Tomsk (au nord), entre les longitudes 64°E et 92°W et les latitudes 55°N et 65°N.

Selon les autorités russes, ces incendies sont causés principalement par des feux de camp et des feux allumés par les agriculteurs pour préparer les terrains, feux désormais hors de contrôle. Selon Greenpeace, les surfaces brûlées pour l'année 2012 ont déjà dépassé celles de 2010, pourtant une année record avec des incendies dramatiques en Russie occidentale.

 

Aqua - MODIS - Russie -Sibérie - Incendies - 19-06-2012 -Les incendies en Russie vu par le capteur MODIS du satellite Aqua le 19 juin 2012.
Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response

 

En savoir plus :

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 22:06

Dimanche 11 mars 2012 : un an après la triple catastrophe, les japonais ont rendu hommage dimanche aux victimes du tremblement de terre du 11 mars 2011 à 5h46 UTC (en fait quatre tremblements de terre de magnitute 7,3 à 9,0 entre 14h46 et 15h25 en heure locale) et du tsunami (vague de 14,8 mètres dans le port d’Onagawa) qui a frappé la côte nord-est de l'archipel et déclenché à Fukushima Daiichi la plus grave catastrophe nucléaire au monde depuis Tchernobyl. Selon un bilan de février 2012, la catastrophe, appelée au Japon le « Great East Japan Eathquake », a fait 15850 morts et 3287 disparus. Il y a encore plus de 340000 réfugiés.

L’image présentée ici a été acquise par le satellite Pléiades 1A pendant sa recette en vol. Elle montre la situation des quatre réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi un an après l’accident.

 

Pléiades - Japon - Fukushima - 18-01-2012-copie-1

Image de la centrale de Fukushima Daiichi prise par le satellite Pléiades 1A le 18 janvier 2012.
Copyright CNES 2012 / Astrium.

 

A l’occasion de ce triste anniversaire, des manifestations ont été organisées par les opposants à l’énergie nucléaire : en Allemagne, un pays qui a décidé d'abandonner progressivement le nucléaire après le séisme, en France dans la vallée du Rhône où 14 réacteurs sont implantés, en Suisse près de la centrale de Mülheberg, en Espagne aux abords de la centrale de Garona et même en Australie qui n’a pas de centrales nucléaires mais qui est le troisième producteur mondial d’uranium.

Pour en savoir plus sur la catastrophe nucléaire de Fukushima et ses conséquences, je vous recommande le blog Sciences2 de Sylvestre Huet, journaliste scientifique à Libération, qui est, à mon avis, le site le plus documenté sur le sujet, avec quatre articles récents (8, 10, 11 et 12 mars) sur le bilan un an après l’accident et, il y a un an, plus de 70 articles, documents et témoignages sur Fukushima et la sécurité des centrales nucléaires.

Des informations détaillées sur la situation des installations nucléaires de Fukushima Daiichi sont également accessibles sur le site de l’IRSN (point presse du 28 février 2012). Ce document de synthèse, avec des éléments rassurants et d’autres plutôt inquiétants, résume en conclusion « situation encore précaire mais nettement améliorée ». Un autre document publié le 28 février donne des informations complémentaires et un troisième décrit les conséquences sanitaires de l’accident de Fukushima Daiichi.

 

Le rôle des satellites et l’importance de la coopération internationale

Sur le blog Un autre Regard sur la Terre, j’ai publié 3 articles sur le sujet entre le 15 mars et le 26 avril 2011, en mettant l’accent sur la mesure de la radioactivité et sur le rôle des satellites d’observation en cas de catastrophe majeure :

Il y a un an, il s’agissait de mobiliser les moyens spatiaux en urgence, une procédure qui peut être mise en œuvre avec la Charte Internationale Espace et Catastrophes Majeures ou, dans le cadre du programme européen GMES (Global Monitoring for Environment and Security), avec le service SAFER de réponse aux situations d’urgence ou encore avec le mécanisme Sentinel Asia.

Un an après l’accident, l’image acquise par Pléiades le 18 janvier 2012 permet de suivre les travaux en cours à l’intérieur du site de la centrale : le toit du réacteur N°1 qui avait été soufflé est recouvert d’une structure blanche. La toiture de l’enceinte du réacteur n°2 n’a pas de dégâts visibles. Les grues visibles à proximité des réacteurs n°3 et n°4 montrent que les travaux de déblaiement se poursuivent : la structure métallique des toitures endommagées (explosion ou incendie) est bien visible.

Dans une présentation récente, la JAXA (agence spatiale japonaise) à fait le point sur l’apport des technologiques spatiales dans les cas des catastrophes majeures et des tsunamis, en donnant quelques chiffres dans le cas particulier du séisme et du tsunami du 11 mars 2011. Les principaux domaines d’application des satellites sont concernés :

  • L’observation de la Terre pour acquérir des images des zones touchées par la catastrophe, y compris dans les zones que les avions ne peuvent pas survoler.
  • Les satellites de télécommunication, pour assurer la liaison avec les zones dans lesquelles les réseaux terrestres sont détruits ou hors de fonction.
  • Les systèmes de localisation (GPS ou bientôt Galileo) pour mesurer précisément les déformations de la croûte terrestre et déclencher si nécessaire l’alerte.

En ce qui concerne la contribution de l’observation de la Terre, les chiffres fournis par la JAXA sont saisissants :

Le satellite japonais ALOS (appelé également, c’est surprenant, DAICHI) : il a fournit 450 scènes aux 10 ministères concernés par la gestion de la crise. Il a surtout servi à l’analyse globale de la situation, à l’analyse des glissements de terrain en zone montagneuse et des zones inondées par le tsunami. Les images du radar PALSAR ont été traitées par interférométrie radar pour l’analyse des déformations de la croûte terrestre. Après cette période très chargée, ALOS est tombé définitivement en panne le 22 avril 2011, après avoir acquis 6,5 millions de scènes depuis son lancement le 24 janvier 2006.

 

ALOS - AVNIR - Tohoku - 27-02-2011 ALOS - AVNIR - Tohoku - 14-03-2011

Deux images prises par le capteur optique AVNIR du satellite japonais ALOS.
A gauche, une image acquise le 27 février 2011 avant le tsunami. A droite, une image acquise
le 13 mars 2011. Les zones inondées apparaissent en couleur sombre.
Crédit image : JAXA.

 

An niveau international, 27 satellites, de 14 pays, ont fourni 5000 autres scènes dans le cadre de la coopération internationale :

  • Au titre de la Charte Internationale « Espace et catastrophes majeures », avec les satellites Spot 4, Spot 5, TerraSAR-X, Radarsat, GeoEye, Quickbird-2, Formosat-2, Landsat- 5, Landsat-7, EO-1, WorldView-1 et WorldView-2, DEIMOS-1, Cosmo-Skymed, etc. Les images et les produits cartographiques ont servi à délimiter les zones inondées et à déterminer les dommages sur des sites particuliers (dont les réacteurs de la centrale de Fukushima). En Europe, les équipes d’Astrium GEO-Information Services, qui opèrent Spot 4, Spot 5 et TerraSAR-X, du SERTIT (université de Strasbourg) et du DLR, deux organismes spécialistes de la cartographie rapide, ont été particulièrement mobilisées. Après la catastrophe, Go Monitor, le service de surveillance par satellite de zones stratégiques proposé par Astrium Services, a observé quotidiennement pendant sept jours la ville de Sendai, en utilisant des images des satellites Spot, TerraSAR-X et Formosat-2. 
  • Au titre du mécanisme de coopération Sentinel Asia, ce sont les satellites Cartosat-2 (de l’ISRO, agence spatiale indienne), THEOS (du GISTDA en Thaïlande) et Formosat-2 (du NSPO à Taïwan) qui ont fourni des images optiques pour la cartographie rapide des dégâts.

TerraSAR-X - Tohoku - 12-03-2011

Image du satellite TerraSAR-X acquise le 12 mars 2011 analysée par les experts de la JAXA.
L’extrait en haut à gauche montre un pont effondré. Crédit image : DLR / Infoterra GmbH / JAXA

 

A posteriori, le retour d’expérience de cet évènement montre que le nombre d’images disponible n’est pas un problème. Il y a même, comme sur d’autres catastrophes majeures comme le tremblement de Terre à Haïti en janvier 2010 ou le tsunami de l’océan indien en décembre 2004, parfois redondance d’acquisitions sur certaines régions. C’est d’abord la réactivité, le délai pour obtenir les premières images après la catastrophe, qui est l’axe d’amélioration principal.

 

Les satellites : une contribution indirecte aux système de modélisation et de prévision

Pour être complet sur le rôle des satellites, il faut également mentionner leur contribution pour la modélisation de la propagation des nuages de particules radioactives dans l’atmosphère ou dans les océans. J’ai déjà évoqué sur le blog Un autre regard sur la Terre le rôle de Météo France et du modèle « MOCAGE » (également utilisé pour prévoir l’évolution des nuages de cendres des volcans).

MOCAGE signifie « Modèle de Chimie Atmosphérique à Grande Echelle ». Pour les intimes, c’est un modèle de Modèle de Chimie Transport (MCT) tridimensionnel, multi-échelles, stratosphérique et troposphérique… « En clair », c’est un modèle numérique qui permet de suivre la dispersion d’un polluant dans tout le volume de l'atmosphère et dans le temps. Le modèle permet de traiter plusieurs échelles spatiales afin de traiter à la fois la dispersion du polluant près de sa source d'émission et à longue distance de sa source d'émission : les calculs peuvent être effectuées avec plus de finesse à certains endroits, par exemple au voisinage de la source polluante.

Les experts de Météo France m’ont expliqué que le modèle fonctionne avec des données atmosphériques (connaissance des paramètres d'état de l'atmosphère en tout point du globe, vent, température, humidité principalement). L'usage des satellites est donc indirect par l’intermédiaire des données atmosphériques utilisées pour "forcer" le modèle, c’est-à-dire lui donner un état initial. A partir ce cet état, l’évolution de la situation est calculée de manière itérative. C’est très proche de la manière dont on établit la prévision du temps.

Pour la dispersion des radio-éléments dans l’eau de mer, on procède de manière similaire. L’équipe SIROCCO (Simulation Réaliste de l’Océan Côtier), associant des chercheurs (Université Paul Sabatier, CNRS) du Laboratoire d’Aérologie et du LEGOS de l’Observatoire Midi-Pyrénées à Toulouse, a mis en place à la demande de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) un système de prévision de la circulation océanique à l’échelle de la côte Pacifique du Japon, associé à un modèle de dispersion des radio-éléments. Ce système repose sur des outils de modélisation (modèle 3D SYMPHONIE et modèle de marée TUGOM) ainsi que sur les services opérationnels de prévision océanique à l’échelle globale de Mercator-Océan et de prévision météorologique de l’ECMWF (le centre européen de prévision météorologique à moyenne échelle) qui ont mis leurs produits à disposition.

 

  Exemple de simulation de la dispersion des éléments radioactifs dans
l’eau de mer à proximité du littoral japonais.
Crédit image : SIROCCO / OMP.

 

Evidemment, la qualité des informations repose beaucoup sur la précision des paramètres décrivant les « apports » de la centrale (débit, durée, profil de débit). Quand on lit les rapports sur la manque de transparence ou de fiabilité des informations communiquées par l’exploitant TEPCO ou le gouvernement japonais, on peu avoir quelques doutes… Néanmoins la modélisation permet de déterminer vers quelles zones de la côte sont transportées les eaux radioactives.

 

Les tsunamis : des évènements exceptionnels ?

Pas tant que cela ! La base de données des tsunamis de la NOAA (World Data Center) contient 2417 évènements entre -2000 avant notre ère et 2012. Certains événements enregistrés dans cette base de données sont néanmoins contestés par des historiens, par exemple l'événement de 1737 à Calcutta qui serait en fait du à la coïncidence d'un tremblement de terre et d'un cyclone et non d'un tsunami.

Selon cette base de données, le tsunami de décembre 2004 est le plus dramatique du point de vue du nombre de victimes, suivi par le tsunami à Lisbonne au Portugal en 1755.

En terme du répartition géographique, à partir de ces statistiques, la commission intergouvernementale océanographique (IOC) des Nations Unies indique que c'est d'abord dans l'océan pacifique (73%) que surviennent les tsunamis, suivi de la mer Méditerranée (14%). Etonnant ? Un exemple qui montre les limites de la mémoire collective...

Sans dramatiser la situation, c'est une des raisons pour lesquelles les régions les plus exposées ont mis au point ou mettent au point des systèmes d'alerte tsunami (en anglais : TEWS pour Tsunami Early Warning Systems). L'IOC joue un rôle de coordination internationale de ces initiatives. Dans l'océan indien, trois systèmes nationaux ont été mis en service en octobre 2011.

Les technologies spatiales peuvent jouer un rôle important, de la collecte des mesures de capteurs au fonds de l'océan jusqu'à la diffusion d'une éventuelle alerte. Ce sujet fera l'objet d'un article complet.

En Méditerranée, l'exemple le plus célèbre est celui au niveau de la Crète au IVe siècle, en 365. Les historiens rapportent un « jour d'horreur » à Alexandrie où se sont produites d'intenses inondations. A l'occasion d'une audition au sénat, Hélène Hébert, expert en analyse, surveillance et environnement au CEA indiquait : "Ce type d'événement localisé dans l'est de la Méditerranée, potentiellement très destructeur près de la source, passe très difficilement dans le bassin occidental".

En Méditerranée occidentale, "les mouvements de convergence des plaques tectoniques sont extrêmement lents. On connaît malgré tout un certain nombre de séismes historiques avec des magnitudes dépassant 7. Certains de ces séismes côtiers sont compatibles avec des déclenchements de tsunamis."

Les scénarios étudiés par les scientifiques s'appuient sur les exemples historiques comme à Alger au 14ème siècle, le tsunami de la Mer Ligure en 1887, le tsunami de Messine en 1908, extrêmement destructeur, et plusieurs tsunamis connus dans le nord de l'Algérie.

 

En savoir plus :

 

 

 


 


 

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 19:07

Attisé par des vents violents et changeants, l’incendie n’est toujours pas maîtrisé. Plusieurs milliers d’hectares de végétation et de forêts ont été détruits et des habitations brûlées ou évacuées.

La Sécurité civile a décidé d’envoyer 200 hommes supplémentaires pour renforcer et relayer les pompiers de l’île, également aidés par l’ONF, gendarmes et militaires, épuisés par les premiers jours de lutte contre le feu.

Dans l’après-midi du 25 octobre 2011, l’incendie s’est déclaré sur le versant ouest de l’île de la Réunion, dans le massif du Maïdo, au coeur du parc national de la Réunion et du périmètre inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Le feu s’est aggravé dans la nuit de jeudi à vendredi et a commencé à menacer la forêt des Makes, une forêt tropicale d’altitude abritant des espèces endémiques.

 

Des cendres pour la Toussaint

Vendredi 28, la situation semblait se stabiliser mais 1500 hectares de végétation avaient déjà été parcourus par le feu. La situation a empiré à nouveau dans la nuit de samedi à dimanche.

La Protection Civile Française, par l’intermédiaire de la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion de Crise (DGSCGC) et du COGIC (Centre Opérationnel de Gestion Interministérielle des Crises) a déclenché le service GMES SAFER le 26 octobre à 11h10 UTC. L’objet de cette activation de GMES, le système européen de surveillance globale pour l’environnement et la sécurité (Global Monitoring for Environment and Security), est d’obtenir une vue à la fois globale, détaillée et quotidienne de l’évolution du feu et des dégâts qu’il cause.

 

La cartographie rapide : un outil d’aide à la gestion de crises.

Ces cartes sont produites en mode rush à la demande des services de protection civile.

Les opérations sont coordonnées par les équipes d’astreinte d’Astrium GEO-Information Services à Toulouse. A partir des images fournies par des satellites programmés spécialement pour surveiller la zone de l’incendie, le SERTIT, un service de l’université de Strasbourg spécialisé en cartographie rapide, effectue le traitement et l’interprétation des images. Le SERTIT et le DLR (agence spatiale allemande) sont les deux principaux spécialistes de la cartographie rapide en Europe.

A partir d’une image satellite acquise ce matin 28 octobre 2011 à 11h30 (heure locale), l’équipe de Cartographie Rapide du SERTIT a mesuré et localisé l’extension des zones brulées qui s’élevait à ce moment à 1408 ha. Cette nouvelle mesure confirme la progression du feu qui couvrait 710 Ha hier jeudi 27 octobre à 11h30 (heure locale).

 

SAFER - GERS111 - SERTIT - P01 - Reunion Maido ExtensionSituation observée le jeudi 27 octobre. Carte réalisée par le SERTIT à partir d’une image acquise par
le satellite Rapid Eye le 27 octobre 2011. Voir la carte en haute résolution sur le site du SERTIT.
Crédit image : SERTIT.

 

SAFER - GERS111 - SERTIT - P03 - Reunion Maido DynamiqueSAFER - GERS111 - SERTIT - P03 - Reunion - ExtraitEn haut, évolution de la situation entre le jeudi 27 et le vendredi 28 octobre. Carte réalisée par le
SERTIT à partir d’images acquise par le satellite Rapid Eye les 27 et 28 octobre 2011. Voir la carte
en haute résolution sur le site du SERTIT. En bas, extrait de la carte centré sur le périmètre de la
zone brûlée. Crédit image : SERTIT.

 

SAFER - GERS111 - SERTIT - P04 - Reunion Maido Dynamique Evolution de la situation entre le vendredi 28 et le samedi 29 octobre. Carte réalisée par le
SERTIT à partir d’images acquise par le satellite Rapid Eye les 28 et 29 octobre 2011.
Crédit image : SERTIT.

 

SAFER, le service GMES de réponse aux situations d'urgence

Les cartes ont été produites dans le cadre du projet SAFER, financé par le 7ème programme-cadre de la Commission Européenne (FP7 / 2007-2013). Ce projet a pour objectif la validation pré-opérationnelle du service GMES de réponse aux situations d’urgence.

Même s’il est dit « pré-opérationnel », en moins de trois ans, il a été activé à ce jour 112 fois pour des catastrophes naturelles ou des urgences humanitaires en Europe et dans le reste du monde. Astrium GEO-Information Services, le DLR et le SERTIT ont mobilisé leurs équipes spécialisées pour ces 112 activations du service GMES SAFER. La deuxième quinzaine d’octobre a été particulièrement éprouvante avec 5 activations en deux semaines : inondations au cambodge (activation n°108), éruption du volcan sous-marin près de l’île El Hierro aux Canaries (n°109), tremblement de terre en Turquie (n°110), incendies dans l’île de la réunion (n°111) et, jeudi 27, inondations et glissement de terrain en Italie (n°112).

Les informations fournies facilitent la planification des secours ou l’intervention des équipes sur place.

Le choix du satellite dépend du type de catastrophe (on n’a pas besoin de la même résolution d’images pour cartographier les dégâts d’un incendie de forêt ou ceux d’un tremblement dans une ville). Dans le cas des incendies, un canal dans le proche infra-rouge facilite l’interprétation. S’il s’agit d’inondations après des précipitations, la couverture nuageuse oblige souvent à utiliser des images radar.

Les cartes présentées dans cet article montrent une utilisation partiuclière du service GMES de gestion de crises : le suivi de l'évolution d'une catastrophe sur plusieurs jours, avec l'objectif de faire un point de situation quotidien.

Début 2012, un service opérationnel doit prolonger SAFER. Il fait actuellement l’objet d’un appel d’offre européen.

 

En savoir plus :

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 00:06

C'est une autre marée noire que les passionnés de rugby néo-zélandais attendaient et ils espèrent toujours l'obtenir contre les bleus à l'occasion de la finale de la coupe du monde de Rugby dimanche 23 octobre à l'Eden Park d'Auckland.

Mais, depuis le 11 octobre, l’accident du porte-conteneurs Rena et la marée noire qu’il a provoquée sont considérés par le gouvernement néo-zélandais comme « la pire catastrophe environnementale qui ait frappé la Nouvelle-Zélande.

Le Rena s’est échoué le 5 octobre 2011 à 13h20 UTC sur le récif Astrolabe alors qu’il faisait route de Napier à Tauranga. Le navire transportant près de 1500 conteneurs, 1700 tonnes de fioul lourd et 200 tonnes de gas-oil.

 

En Nouvelle-Zélande, d’accord pour une marée noire dans les stades mais pas sur les plages…

A proximité de Tauranga sur la côte de l’île du nord, cette zone, la baie de Plenty, est connue pour la richesse de sa faune (baleines, dauphins, manchots, phoques et oiseaux de mer) et de sa flore. L’accident s’est produit en pleine période de nidification des oiseaux. A ce stade, le centre de protection de la vie sauvage a déjà soigné 253 animaux. Environ 1300 oiseaux sont morts.

Le Rena appartient à la compagnie grecque Costamare, dirigée par Konstantinos Konstantakopoulos. C’est la compagnie genevoise MSC (Mediterranean Shipping Company) qui a affrété le navire battant pavillon libérien.

Les opérations de pompage des cuves du cargo, dirigées par une équipe technique du Service maritime de Nouvelle-Zélande (MNZ), ont débuté dans la nuit de dimanche 16 à lundi 17 octobre, malgré les intempéries. Si le Rena ne se brise pas, il faudra des jours pour vider ses cuves, qui contiendraient encore environ 1300 tonnes de fioul.

 

TerraSAR-X---DLR---14-10-2011.jpgCarte de l’étendue de la marée noire produite à partir d’une image du satellite allemand
TerraSAR-X acquise le 14 octobre 2011. Crédit image : Agence Spatiale Allemande (DLR)

 

Dans son dernier bulletin publié le 19 octobre à 7h30 heure locale, le MNZ précise que les conditions météorologiques sur place restent très défavorables (vents forts et vagues de 2 à 4 mètres à et compliquent les opérations de pompage du carburant restant. Il n’y aurait pas eu pendant la nuit dernière de nouvelles arrivées d’hydrocarbure sur les plages mais les équipes de nettoyage doivent aujourd’hui une nappe qui a touché trois kilomètres de plage à proximité d’Harrison’s cut (plage de Papamoa).

 

MNZ---Rena---17-10-2011---S7.jpg MNZ---Rena---18-10-2011---S14.jpg

Deux photographies du Rena échoué prises le 17 et le 18 octobre 2011 par les équipes du MNZ.
Crédit image : Maritime New Zealand


MNZ---Rena-Oil-shore---12-10-2011.jpg

 Vue aérienne d'une portion de côte de Tauranga touchée par la marée noire du Rena.
Crédit image : Mark Alen

 

Les satellites radar : des images en noir et blanc pour voir à travers les nuages.

Depuis le début de la coupe du monde de Rugby, j’ai cherché à trouver de belles images optiques de la Nouvelle-Zélande provenant des capteurs MERIS ou MODIS. Pas facile… En particulier pour l’île du nord souvent masquée par des nuages. Une seule solution dans ce cas : les satellites radar.

Le satellite radar allemand TerraSAR-X a acquis vendredi 14 octobre l’image présentée au début de cet article montrant l’étendue probable de la nappe d’hydrocarbure. Après acquisition, l’image a très certainement été reçue par la station puis traitée par les équipes du DLR en Allemagne, avant d’être transmise aux autorités néo-zélandaises. Les experts restent très prudents sur l’interprétation de ces images car il y a un risque de confusion entre les zones de mer calme et les zones polluées. Je vous renvoie à d’autres articles du blog Un autre regard sur la Terre pour les explications sur la manière de détecter les nappes de pollution avec un satellite radar. L’image en pleine résolution qui n’a pas encore été publiée montre certainement également les conteneurs qui sont tombés à la mer.

Le radar ASAR du satellite européen Envisat a également acquis le 15 octobre 2011 une scène couvrant une zone plus large et permettant de bien repérer le lieu de la catastrophe, comme le montre le premier extrait en résolution réduite d’un rapport 3. La ville d'Auckland, où se déroulera la finale de la coupe du monde de Rugby 2011, est très facilement visible : les points brillants sont crées par les réflexions du signal radar sur les immeubles et les habitations.

La seconde image est un extrait en pleine résolution.

Sur cette image, je pense que le point blanc au nord de l’île Motiti (Motiti Island, la plus proche de la côte) correspond bien au navire Rena, avec peut-être des navires de pompage ou de secours à proximité immédiate. Les coordonnées de l'accident sont celles du récif Astrolabe (longitude 176°25'30"E et latitude 37°32'30"S). Rena-map.gif

 

Envisat---ASAR---WSM---Nouvelle-Zelande---15-10-2011---11h.jpgEnvisat---ASAR---WSM---Nouvelle-Zelande---15-10-2-copie-1.jpgDeux extraits d’une image acquise par le radar ASAR du satellite Envisat le 15 octobre 2011 à
11h08 UTC. En haut, image en résolution réduite d’un rapport 3 par rapport à l’image d’origine.
En bas, extrait en pleine résolution sur la zone de l’accident du Rena.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

Cette première analyse est confirmée par une autre image de la zone de l'accident prise le 12 octobre par le satellite TerraSAR-X en mode Stripmap, offrant une résolution de 3 mètres. La réflexion des ondes radar dépend de surface et de sa « rugosité ». A la surface de l’eau, le vent et les vagues modifient l’état de la mer. La présence d’hydrocarbures ou l’huile flottant à la surface de l’eau, lisse cette surface : elle joue davantage le rôle de miroir pour le signal radar. Une plus faible quantité d’énergie est ainsi mesurée par le capteur du satellite et la surface de la zone affectée par la marée noire apparaît… noire.

 

TerraSAR-X---Stripmap---VV---Rena---New-Zealand---Overview-.jpg TerraSAR-X---Stripmap---VV---Rena---New-Zealand--12-10-2011.jpg

A gauche, extrait d’une image acquise par le radar TerraSAR-X le 12 octobre 2011. Mode Stripmap à 3
mètres de résolution. Polarisation VV. A droite, extrait (carré bleu) centré sur la position du
porte-conteneurs Rena et du récif Astrolabe. Crédit image : Astrium Services / Infoterra GmbH

 

Pour vous donner une idée de la structure de cette zone côtière et de ses écosystèmes fragiles, voici également un extrait d’une carte SPOTMaps commercialisée par Astrium GEO-Information Services.

Enfin, pour terminer sur une note moins noire, voici une image toute récente de l’île du sud, avec ses sommets enneigés et de spectaculaires effets de couleur de l’eau le long de la côte. Elle a été acquise par le capteur optique MERIS du satellite européen Envisat le 16 octobre 2011.

 

Nouvelle-Zelande---Spot-Maps---Cote-nord.jpgExtrait d’une carte SPOTMaps couvrant la côte touchée par la marée noire.
Crédit image : Astrium GEO-Information Services.

 

Envisat---Meris---Nouvelle-Zelande---16-10-2011---21h43---.jpgNouvelle-Zélande, île du sud. Extrait d’une image acquise par le capteur MERIS du satellite Envisat
le 16 octobre 2011 à 21h43 UTC. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

En savoir plus :

 

 

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 15:00

Plusieurs panaches de fumée sont visibles sur cette image MERIS acquise le 26 août au matin par le satellite européen Envisat : il s’agit d’incendies qui se sont déclarés depuis le milieu de la semaine dans la préfecture d’Evros, près d’Alexandropoulis, de la forêt Dadia et de la frontière avec la Turquie (en haut à droite de l'image, partiellement masqué par les nuages), sur l’île de Zante à l’ouest du Péloponnèse, et au coeur du Péloponnèse. Des feux se sont également déclarés en Albanie (panache en haut à gauche de l'image). La direction des panaches de fumée témoigne des vents, apparemment relativement forts, qui attisent les feux.

 

Envisat---MERIS---Grece---26-08-2011---09h04.jpgExtrait d’une image acquise par le satellite européen Envisat le 26 août 2011 à 9h26 UTC.
La résolution est réduite d'un rapport deux par rapport à l'image d'origine.
Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)

 

La Grèce a activé le mécanisme européen de protection civile pour obtenir des moyens aériens supplémentaires. L’Albanie en a fait de même. La France, l’Espagne et l’Italie vont mettre à disposition des avions bombardiers d’eau. Au niveau de la Commission européenne, C’est le MIC (Monitoring and Information Centre) qui assure la coordination de la réponse.

L’incendie dans le nord-est de la Grèce, à proximité de la frontière avec la Turquie semble le plus critique : la protection civile grecque vient également de déclencher le service européen GMES SAFER pour obtenir en urgence des cartes des dégâts produites à partir d’images fournies par les satellites d’observation de la Terre. A proximité de la rivière Evros, la forêt Dadia abrite une très grande variété d'oiseaux de proie en Europe.

Ce sont des satellites à haute résolution qui vont être programmés en mode rush pour fournir des images optiques. Les équipes de cartographie rapide les utiliseront ensuite pour déterminer les contours des zones brûlées en les comparant à des images de référence. Cet enchaînement d'acquisitions et de traitements, c'est une course contre la montre.

Alors que les équipes SAFER avaient surtout été sollicitées cet été pour la grave crise humanitaire qui touche la corne de l’Afrique, ces incendies de la fin de l’été, rappellent les dramatiques incendies de 2007 et 2009 en Grèce. Les satellites d'observation de la Terre avaient déjà été mis à contribution.

 

En savoir plus :

 

 

 

 

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 12:02

C’est toujours intéressant de voir comment tel ou tel sujet fait la une des médias… Depuis quelques semaines, on entendait beaucoup parler de la bactérie Escherichia coli et des graines germées. Avec une centaine de cas en moyenne chaque année, est-ce que la situation de 2011 est exceptionnelle (0104:H4 une souche entérohémorragique E.coli rare et virulente) ou les projecteurs de l’actualité jouent-ils un rôle de caisse de résonance ?

En France, depuis le début de la semaine, la succession des unes a repris un rythme plus rapide : annonce de la candidature de Martine Aubry, nomination de Christine Lagarde au FMI, mini-remaniement ministériel, libération des otages Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier et enfin, le scoop de la nuit dernière, le rebondissement dans l’affaire DSK.

 

Il y a par contre un sujet dont on parle moins depuis un moment, c’est la situation de la centrale nucléaire de Fukushima. Des journalistes spécialisés comme Sylvestre Huet de Libération continuent à suivre de près la situation sur leurs blogs mais j’ai vu très peu d’articles récents dans les versions papier des journaux nationaux.

 

Centrale nucléaire de Fort Calhoun : pas d’inquiétude, tout baigne !

Ce n’est pas à Fukushima mais dans le même domaine, l’image ci-dessous, publiée par la société américaine Digital Globe sur son site Internet, montre la situation actuelle de la centrale nucléaire de Fort Calhoun dans l’état du Nebraska. Digital globe indique que cette image a été acquise le 28 juin 2011. L’impact de la crue du Missouri sur cette centrale nucléaire américaine n’a pas beaucoup été traité par les médias français.

 

us_fortcalhoun_npp_june28_2011_dg.jpg Image de la centrale nucléaire de Fort Calhoun, inondée par la crue du Missouri, vue le 28 juin 2011
par le satellite américain Worldview. La résolution est réduite par rapport à l'image d'origine.
Crédit image : Digital Globe

 

Trop d'eau ou pas assez d'eau...

A la suite d’une inspection menée en 2010, la commission de régulation nucléaire américaine (NRC, Nuclear Regulatory Commission) avait identifié une insuffisance des plans de protection de la central de Fort Calhoun en cas de crue majeure du fleuve Missouri.

A la suite de cette inspection, la digue de protection de la centrale a été relevée très récemment de 2,5 mètres, mais l’image satellite montre que les travaux n'ont pas été suffisants. Les fortes pluies et la fonte des neiges ont causé une crue du fleuve autour de la centrale, dont une partie a été inondée à partir du 6 juin.

Heureusement, le réacteur de la centrale est arrêté depuis le mois d'avril pour être rechargé en combustible et il semble que pour l'instant il n'y ait aucun risque, tant que la circulation d’eau est maintenue dans la piscine de refroidissement.

Un incident similaire s’est produit à la centrale du Blayais en Gironde lors de la tempête de décembre 1999. Le journal Sud-Ouest avait alors publié un article intitulé « Très près de l'accident majeur ».

 

Rapport NRC - 2010 - Fort CalhounPremière page d'un communiqué du
NRC de 2010 concernant la protection
contre le risque d'inondation de la
centrale nucléaire de Fort Calhoun

Los Alamos : y a pas le feu...

A peu près au même moment, à Los Alamos, où est installé le LANL (laboratoire national de Los Alamos), une installation où a été conçue la première bombe atomique américaine dans les années 40, un incendie qui s’est déclenché le dimanche 26 juin a déjà brûlé 58 000 hectares de forêt. 12000 habitants de la ville ont été évacués. Les autorités américaines déclarent qu’aucun bâtiment du Laboratoire n'a été touché par les flammes. Un avion équipé de détecteurs de radiation a néanmoins été chargé de survoler la zone…

L'image suivante provient du capteur MODIS du satellite américain Terra. Les deux dernières photographies ont été prises le 27 juin par les astronautes de la station spatiale internationale (ISS).

 

Terra---MODIS---Los-Alamos---27-06-2011.jpgLa région de Santa Fé et Los Alamos vue par le capteur MODIS du satellite américain Terra le 27
juin 2011. La résolution de cet extrait d'image est de 500 mètres. Santa-Fé et Los alamos sont
juste sous le panache de fumée en haut de l'image. Crédit image : NASA/GSFC, Rapid Response

 

ISS - 028 - 010044 - 1600x1200 ISS---028---010043---1600x1200.jpg

A proximité du laboratoire national de Los Alamos, l'impressionnant panache de fumée de l'incendie
de forêt du mont Jemez au Nouveau Mexique. Photographie prise par les astronautes de la mission
28 à bord de la station spatiale internationale. Crédit image : NASA

 

En savoir plus :

 

Suggestions d'utilisations pédagogiques en classe :

  • Travail en classe sur le traitement de l’information par les medias et analyse des influences et des forces en présence : tenter de différencier ce qui est du domaine de l’information et ce qui relève parfois d’actions de communication (ou d'absence d'information ou de communication). C’est particulièrement vrai pour tout ce qui touche au nucléaire et aux questions d’énergie mais cela s’applique également à tous les grands thèmes scientifiques et techniques sujet à débat ou à polémique : nanotechnologies, OGM, changement climatique, médicaments et santé, etc. Sujet difficile mais qui mérite d’être abordé en classe…

 

 


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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 07:21

Depuis le début de l’année 2011, les Etats-Unis connaissent un nombre très élevé de tornades : plus de 500. Le bilan humain est très lourd : 350 décès depuis le début du printemps. Mercredi 2 juin, deux tornades ont touché les villes de Springfield et de Westfield dans le Massachusetts.

Le 22 mai 2011, une puissante tornade touchait la ville de Joplin, dans l’état du Missouri, aux Etats-Unis. Cette tornade de force 5 a tout balayé sur un rectangle de 6,5 kilomètres de longueur sur un kilomètre de large. Il s’agit de la tornade la plus meurtrière depuis plus de 60 ans : plus de 140 victimes selon un bilan encore provisoire. Les rafales atteignant une vitesse de 320 kilomètres par heure ont endommagé 8.000 bâtiments.

Une fois n’est pas coutume : c’est une photographie aérienne qui illustre cet article.

Deux jours après le passage de la tornade, un avion de la société GeoEye, en mission pour le compte de l’état du Missouri, prenait des photographies aériennes numériques très impressionnantes qui montrent l’importance des dégâts causés par la tornade. La résolution est de 30 centimètres environ. Les images des dégâts des tornades, comme ceux des tremblements de terre et des tsunamis, font partie à mon avis des images les plus spectaculaires des effets des catastrophes naturelles.

 

Geoeye---Joplin---24-05-2011---RR2.jpgImage aérienne de la ville de Joplin après le passage de la tornade. La résolution est réduite d’un
rapport 2 par rapport à l’image d’origine. Crédit image : M.J. Harden, une société du groupe GeoEye.

 

Même si ce n’est pas très visible ici, ce qui est le plus frappant dans le cas des tornades c’est le contraste entre la zone survolée par la tornade et les environs. Ces derniers sont intacts alors qu’à l’intérieur de la zone touchée, la destruction est totale : les maisons sont littéralement réduites en miettes. Les illustrations suivantes sont des extraits de cette image en pleine résolution.

 

Geoeye---Joplin---24-05-2011---FR---Extrait-1.jpgGeoeye---Joplin---24-05-2011---FR---Extrait-2.jpgGeoeye---Joplin---24-05-2011---FR---Extrait-3.jpgTrois extraits d’une image de la ville de Joplin après le passage de la tornade. Cliquer sur les images pour les voir en grande taille. Crédit image : M.J. Harden, une société du groupe GeoEye.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • Voir les pistes proposées dans cet article du blog Un autre regard sur la Terre.

 

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 15:12

350 morts : c’est le dernier bilan des violentes tornades qui ont balayé le sud des Etats-Unis, les plus graves depuis 1932. C’est l’état de l’Alabama qui a été le plus touché avec au moins 45 victimes et plusieurs centaines de blessés dans la ville de Tuscaloosa.

 

Obama en Alabama :

Le président Barack Obama s’est rendu sur place. Il y a également de gros dégâts dans les états du Mississippi, du Tennessee, de Géorgie, de Virginie, de Louisiane et du Kentucky. C’est la catastrophe naturelle la plus meurtrière aux Etats-Unis depuis le passage de l'ouragan Katrina en 2005. Une première estimation des assureurs chiffre le coût des dommages assurés entre 2 et 5 milliards de dollars. Dans cette région, connue sous le nom de « couloir des tornades », l’envoyé spécial du Monde note dans un article paru le 30 avril, qu’une partie de population, pauvre, vit dans des logements préfabriqués ou des caravanes. L'image suivante, acquise par le satellite GeoEye, montre de manière frappante les dégâts à la fois très importants mais également très localisés géographiquement, comme un monstrueux coup de gomme au milieu de la ville.

 

Ikonos---Extrait-Tuscaloosa---04-04-2011.jpgLes dégâts des tornades dans un quartier de Tuscaloosa. Extrait d’une image acquise le 28 avril 2011
à 11h35 UTC par le satellite américain Ikonos. Cliquer sur l’image pour la voir en pleine résolution
(la résolution est de un mètre). Crédit image : GeoEye

 

Des centaines de maisons ont été détruites et la manière dont les voitures et les maisons sont écrasées ou réduites en miettes est très impressionnante. Ceux qui se souviennent des images des dégâts de la tornade qui a frappé Hautmont en août 2008 verront certainement une ressemblance entre les deux évènements.

Digital Globe, la société qui exploite les satellites Quickbird et Worldview, a également publié des images acquises le 29 avril 2011. Une des images publiées couvre un champ plus large et montre de manière très spectaculaire la "cicatrice" laissée par la tornade.

 

Digital-Globe---Tuscaloosa---29-04-2011.jpgExtrait d’une image acquise le 29 avril 2011 par le satellite américain Worldview. Cliquer sur
l'image pour la voir dans son format d'origine. Crédit image : DigitalGlobe

 

Une image d’archive, provenant également du satellite Ikonos mais acquise cinq ans plus tôt, permet de bien mesurer l’étendue des dégâts sur les habitations, les routes et les différents équipements urbains à Tuscaloosa.

 

Ikonos---Tuscaloosa---04-04-2006---RR.jpg Ikonos---Tuscaloosa---28-04-2011---RR.jpg

Deux images de la ville de Tuscaloosa prises avant et après le passage des tornades du 27 avril 2011.
A gauche, une image d’archive acquise par le satellite Ikonos le 4 avril 2006. A droite, l’image acquise
le 28 avril 2011. La résolution est réduite d’un rapport 2,5 environ par rapport à l’image d’origine.
Crédit image : GeoEye

 

Ces deux images constituent un bon exemple des données satellites utilisées pour les operations de cartographie rapide après une catastrophe naturelle afin de caractériser son étendue et la nature des dommages. C’est ce que font par exemple les equipes du service européen GMES SAFER lorsqu’il est activé par les services de sécurité civile ou les organisations humanitaires. En général, on préfère néanmoins avoir une image d'archive plus proche de la date de l'évènement afin que les changements constatés soient le plus possible causés par la catastrophe et non, par exemple, par l'évolution de l'urbanisation. La clé est donc ici la richesse des archives...

 

Une situation météorologique vue depuis l'espace :

L’image suivante, prise par le satellite européen METOP le 28 avril 2011 à 15h40 UTC, montre le large front qui s’étend du golfe du Mexique à la Caroline du Sud et qui se déplace vers le sud-est. On distingue au nord de la Floride les grandes cellules convectives.


EUMETSAT---METOP---28-04-2011---15h40---RR.jpgImage acquise par le capteur AVHRR du satellite européen Metop-A. Pour cette représentation
colorée, les bandes spectrales 1, 2 et 4 sont affectées aux canaux rouge, vert et bleu. Le quadrillage
et la toponymie sont surposés à l'image. Cliquer sur l'image pour en voir un extrait en plus grande
taille. Crédit image : Eumetsat.

 

En complément des données fournies par les satellites, la trajectoire des tornades peut également être reconstituée à partir du réseau de radars météorologiques installés sur le territoire américain (National Weather Service, NWS). On utilise dans ce cas des radar Doppler, qui mesurent non seulement la direction et la distance d’une cible mais également sa vitesse radiale, en exploitant l’effet Doppler : la différence de fréquence entre l’onde émise et l’onde réfléchie est caractéristique de cette vitesse.

Le laboratoire NSSL (National Severe Storms Laboratory) qui fait partie des services de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) a ainsi publié une carte illustrant les trajectoires des tornades du 27 avril 2011. Cette carte a été produite le système d’alerte et d’aide à la décision pour les événements météorologiques extrêmes (WDSS-II pour Warning Decision Support System – Integrated Information) qui combine des données issues de nombreux capteurs (radars météorologiques, images satellites, détecteurs de foudre, mesures au sol)

 

April-27-Rotation-Tracks-Eastern-U.S-jpgCarte des trajectoires des tornades du 27 avril 2011. Sur cette illustration, les lignes de couleurs
rouge, orange ou jaune clair montrent les trajectoires où la vitesse de rotation était la plus forte.
Crédit image : National Severe Storms Laboratory (NSSL / NOAA)

 

L'échelle de Fujita : l'intensité des tornades en fonction des dégâts qu'elles causent

Les vents des tornades les plus violents sont beaucoup plus forts que ceux des cyclones les plus intenses (catégorie 4 ou 5 de l'échelle Saffir-Simpson).

Une échelle, destinée à classer la gravité des tornades en fonction des dégâts qu'elles occasionnent, a été créée en 1971 par le professeur Théodore Fujita de l'Université de Chicago, en collaboration avec le météorologue Allan Pearson. L’échelle est connue sous le nom d’échelle de Fujita ou échelle de Fujita-Pearson. Les niveaux vont de F0 à F5. Une version améliorée pour mieux prendre en compte la nature des dégâts (28 indicateursà a été adoptée depuis 2007. Elle classe les tornades en six catégories de EF0 à EF5 (EF pour Enhanced Fujita).

 

Force Dommages Vitesse du vent Nature des dommages
EF0 Légers 105-137 km/h Eléments de couverture de toit arrachés , dommages aux gouttières, cheminées et revêtement de façade, branches cassées, arbres à racines de surface renversés.
EF1 Modérés 138-178 km/h Couvertures de toits envolées, maisons mobiles renversées ou sévèrement endommagées, portes extérieures arrachées, fenêtres cassées.
EF2 Considérables 179-218 km/h Maisons solides rasées et les débris projetés, automobiles projetées à plus de 100 mètres, gratte-ciels avec des dommages structuraux, etc.
EF3 Sévères 219-266 km/h Étages complets de maisons solides détruits, dommages importants aux édifices publics comme les centres commerciaux et les centres d'affaires, trains renversés, arbres arrachés, camions et grosses automobiles soulevés et déplacés, bâtiments légers complètement soufflés.
EF4 Dévastateurs 267 -322 km/h Maisons bien construites et maisons à charpente légère détruites, automobiles soufflées à distance et nombreux objets violemment projetés.
EF5 Incroyables Supérieure à
322 km/h
Maisons solides rasées et débris projetés, voitures projetées à plus de 100 mètres, gratte-ciels avec des dommages structuraux, etc.

 

Environ 1000 tornades par an aux Etats-Unis dont une majorité dans le couloir des tornades

Seulement 2% d'entre elles, soit environ 20 tornades par an, relèvent des catégories F4 ou F5. La NOAA estime qu'il y a eu 312 tornades entre le 26 et le 28 avril 2011, beaucoup plus que le précédent record de 148 tornades entre le 3 et le 4 avril 1974.

La fréquence des tornades est plus élevée au centre des Etats-Unis : l’air polaire continental, canalisé vers le sud-est par les montagnes rocheuses, rencontre l’air tropical marin en provenance du golfe du Mexique. Au printemps, la différence de température entre les deux masses d’air est maximale, créant ainsi des conditions atmosphériques instables propices à la formation d’orages violents.

 

tor alley lgCarte expliquant les conditions météorologiques créant le couloir des tornaudes aux Etats-Unis
(tornado alley). Crédit image : NOAA.

 

Cette atmosphère fortement instable, avec une température qui décroit rapidement avec l’altitude et une importante variation du vent avec l’altitude (cisaillement de vent). remplit toutes les conditions pour donner naissance à des « super-cellules », des orages particulièrement violents, susceptibles eux-mêmes de donner naissance à des tornades en quatre étapes :

  1. Une condition de base est la présence d’un cumulonimbus, un nuage d’orages très convective, qui se forme avec de l’air chaud et humide à la base, mis en mouvement par le rayonnement solaire. En prenant de l’altitude, la vapeur d’eau de l’air chaud et humide s’élève et se condense au contact de l’air froid : le cumulonimbus se forme alors.  
  2. A l'intérieur du cumulo-nimbus, les cisaillements du vent donnent naissance à des "rouleaux" horizontaux.
  3. Un des "rouleaux" peut être soulevé par les ascendances dans le nuage et se transformer en tourbillons d'axe vertical.
  4. Selon les conditions, l'un de ces tourbillons peut se transformer en tornade.

L’apparition d’une excroissance conique à la base du nuage vers le sol et un bruit de soufflerie ou de réacteur d'avion en sont les signes avant-coureurs. La dépression intense au centre de la tornade agit comme un gigantesque aspirateur, en laissant malheureusement beaucoup de débris... C’est le tuba (ou vortex) qui est la manifestation la plus impressionnante d’une tornade. Il est alimenté par les débris des dégâts que cause la tornade.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d'utilisations pédagogiques en classe :

  • A partir des deux images satellites, avant et après le passage de la tornade sur Tuscaloosa, travail en classe de cartographie rapide des dégats par photointerprétation.
  • On peut le faire soit de manière individuelle ou par petit groupe avec des impressions papier des deux images ou en les visualisant sur un ordinateur (par exemple en créant deux diapositives Powerpoint et en prenant soin de rendre les images superposables, on peut ainsi passer facilement de l'une à l'autre pour les comparer puis dessiner les limites des zones touchées). Il est intéressant dans ce cas de comparer les résultats des groupes d'élèves et d'analyser ensemble les raisons des différences.
  • Une autre possibilité est un travail collectif en projetant les deux images avec un vidéoprojecteur sur un tableau blanc et de démander à un ou plusieurs élèvers de délimiter au feutre sur l'écran les limites des zones touchées par la tornade. Dans ce cas, l'intérêt est davantage de ses poser des questions sur la méthode utilisée pour la cartographie (zonage grossier puis plus précis par exemple) et sur les critères utilisés pour dire qu'une zone est touchée ou non. Faire travailler également les élèves sur ce qui doit apparaître sur la carte des résultats selon l'usage qui est en fait : intervention de la protection civile juste après la crise, inventaire des dégâts pour les assureurs, etc.
  • Travail en classe ou TPE sur les tornades, les tempêtes, les cyclones et les phénomènes météorologiques extrêmes.
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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 12:25

A nouveau le choix dans la date : 25 ou 26 avril selon qu’on parle de temps universel ou d’heure locale…

Le 25 avril 1986, à 21h23 UTC, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait à la suite de plusieurs erreurs humaines, déclenchant, jusqu’à très récemment, le seul accident nucléaire classé au niveau 7 sur l’échelle de l’INES (échelle internationale des événements nucléaires). Au-delà de la région de Tchernobyl gravement et durablement polluée, le nuage radioactif libéré par l’explosion a touché tout le continent à des degrés divers.

Tchernobyl, c’est en fait la centrale nucléaire Lénine à 15 km au nord-ouest de Tchernobyl, le long de la rivière Pripyat, en Ukraine (qui faisait partie en 1986 de l’URSS), à 16 km de la frontière sud du Bélarus, à 110 km au nord-ouest de Kiev et à 670 km au sud-est de Moscou. 4 réacteurs de type RBMK-1000 étaient en service et deux autres étaient en construction.

Ironie malheureuse de l'histoire, c'est un essai destiné à vérifier l'alimentation de secours du système de refroidissement du réacteur qui est à l'origine de plusieurs erreurs humaines ayant entraîné la catastrophe...

A l’époque, le satellite Spot 1, lancé deux mois plus tôt, avait été programmé pour fournir des images de la centrale accidentée dans les jours qui avaient suivi l’explosion. Ces images sont toujours considérées comme la première utilisation opérationnelle du satellite Spot, montrant sa capacité de fournir des informations indépendantes partout dans le monde.

 

Tchernobyl---Spot-1---6-mai-1986.jpgUne image de la centrale de Tchernobyl et des environs acquise le 6 mai 1986 par le satellite Spot 1.
La résolution est de 20 mètres. Copyright CNES - Distribution Astrium Services / Spot image

 

Astium GEO-Information Services (anciennement Spot image) vient de publier sur son site Internet un livret (flip-book) contenant des images et des textes retraçant comment les satellites d’observation de la Terre ont scruté l’évolution de la région de Tchernobyl depuis 25 ans.

Spot Image - 25 ans d'images au dessus de Tchernobyl

Spot Image - 25 ans d'images au dessus de Tchernobyl - doub

Deux extraits du flip-book « 25 ans d’imagerie spatiale sur Tchernobyl » publié par Astrium Services GEO-Information Services sur son site Internet. Cliquer sur les images pour accéder au dossier
en ligne. Crédit image : Astrium GEO Information Services / Spot Image

 

Un deuxième Tchernobyl ? Impensable ! Avant Fukushima…

Fin avril 1986, pour la télévision publique nippone NHK, il était quasi certain que Tchernobyl resterait "le plus grave accident nucléaire de l'histoire".

Le 12 avril 2011, l'agence japonaise de sûreté nucléaire a finalement classé au niveau 7, le niveau maximum, sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES) l'accident survenu à la centrale de Fukushima-Daiichi après le séisme et le tsunami du 11 mars.

Finalement, les craintes des plus pessimistes étaient justifiées. La gravité de l’accident survenu à Fukushima au Japon, un pays développé, fortement imprégné de la culture du risque sismique avec une réputation de savoir-faire dans le domaine, avec 55 réacteurs nucléaires installés, relance au Japon et partout dans le monde le débat sur le nucléaire et les risques associés.

 

Fukushima-Daiichi---Geoeye-1---12-04-2011---10h13.jpgAu Japon, la photographie qui ne devait pas exister : extrait d'une image de la centrale de
Fukushima-Daiichi acquise par le satellite américain Geoeye-1 le 12 avril 2011, le jour même où
l'accident a été classé au niveau 7 sur l'échelle INES. La résolution est d'environ 50 centimètres.
Crédit image : GeoEye.

 

Plusieurs manifestations antinucléaires se sont déroulées en France ce week-end, par exemple sur le pont de l'Europe entre Strasbourg et Kehl pour réclamer la fermeture de la centrale de Fessenheim dans le Haut-Rhin, devant la centrale de Golfech près d’Agen ou encore près de la centrale du Blayais ou devant le chantier de l’EPR à Flamanville.

 

Spot-5---Centrale-du-Blayais---18-07-2010---11h08.jpgAu nord de Blaye, de part et d'autre de la Gironde : sur la rive gauche, encadrés par les vignobles
de Pauillac, Mouton-Rothschild, Pichon-Longueville et Saint-Julien-Beychevelle, les cuves d'hydrocarbures
du port autonome de Bordeaux. Sur la rive droite, au nord, la centrale du Blayais dont on distingue les
quatre réacteurs. Extrait d'une image acquise par le satellite Spot 5 le 18 juillet 2010 à 11h08 UTC.
Copyright CNES - distribution Astrium Services / Spot Image.
Le 27 décembre 1999, la tempête Martin provoqua une brusque montée des eaux de l'estuaire et l'inondation d'une partie de la centrale.
Cet accident a été classé au niveau 2 sur l'échelle INES mais, en janvier 2000, un article du jounal
Sud-Ouest titrait "Très près de l'accident majeur".

 

Fukushima il y a six semaines, Tchernobyl il y a 25 ans : une émission radio reçue 7 sur 7 !

L'argument en faveur du nucléaire sur l'absence d'émissions de gaz à effet de serre était séduisant. Mais d'autres émissions inquiètent davantage.

Le débat sur le nucléaire civil reprend donc de la vigueur… Après les OGM et les nanotechnologies, un nouveau débat passionnel et un nouveau cas d’école pour les acteurs de l’éducation et de la culture scientifique et technique : comment se forger sa propre opinion ? Comment faire le tri entre les déclarations rassurantes et les propos alarmistes ? Entre le vrai et le faux, l’information et la communication.

Un bon exemple est la controverse concernant le nuage radioactif qui serait resté à l'écart du territoire français (l'anticyclone des açores est vraiement très fort...) et la validité des informations communiquées par le SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants) et le professeur Pellerin. Les cartes ci-dessous (qui portent sur la concentration de Césium 137 dans l'air) ont été réalisées par l'IRSN en 2004 à partir des mesures du réseau de balises du SCPRI : la liberté de circulation dans l'espace Schengen s'appliquait déjà au nuage radioactif de Tchernobyl. En 2006, la critique était surtout revenue sur les premières cartes des retombées radioactives au sol publiées par le SCPRI le 7 mai 1986 puis en juin 1986.  

 

France---Tchernobyl---Concentration-Cesium-137.jpgCarte représentant la concentration moyenne du césium 137 dans l'air en France entre le 30 avril
et le 6 mai 1986. Extrait du livret
« Tchernobyl, 25 ans après »
. Ce livret contient d'autres cartes
sur les retombées au sol et la contamination de la chaîne alimentaire.
Crédit : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN).


Traiter les questions relatives au nucléaire est particulièrement difficile pour un enseignant qui, tout en ayant sa propre opinion personnelle, doit passer à ses élèves une information la plus objective possible.

Nous espérons que les documents et les suggestions pédagogiques ci-dessous aideront les enseignants à preparer leurs interventions en classe.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • Aborder la radioactivité et l'énergie nucléaire en classe. En restant fidèle à la démarche pédagogique que nous proposons, il nous semble qu'il faut successivement :
    • Présenter le phénomène de radioactivité et la structure de l'atome, en incluant un volet historique (les principales découvertes dans le domaine et les grands scientifiques concernés). Aborder également la notion de demi-vie des éléments radioactifs.
    • Présenter les unités de mesures, de radioactivité, de dose absorbée et d'effet sur les tissus (dose efficace). Revoir également, les notions de puissance et d'énergie. A chaque fois, des ordres de grandeur permettent de fixer les idées.
    • Expliquer le fonctionnement d'une centrale nucléaire, le circuit primaire et secondaire, le refroidissement, les barres de combustibles et les modérateurs, la transformation de l'énergie nucléaire en électricité, les différents types de centrales et... les armes atomiques.
  • Ensuite, il semble indispensable d'aborder les grandes options de politique énergétique. Là encore, une approche historique en comparant les statégies des principaux pays européens est instructive. On peut y aborder les "mix énergétiques".
  • Un sujet à part entière est celui de l'information et de la communication autour du nucléaire. On peut l'aborder à travers une analyse de type "revue de presse" en analysant et en comparant les différents points de vue sur un exemple particulier (gouvernement, industrie nucléaire, mouvements écologistes, ONG, etc.) : arguments utilisés, objectivité de l'information, évolution des points de vue au fur et à mesure d'une crise, etc.
  • Enfin, lancer un débat dans la classe : « Que feriez-vous si vous deviez décider les orientations de la politique énergétique dans les 30 ans qui viennent ? »
  • Pour tous ceux qui veulent en savoir plus, je recommande la lecture du petit livret publié par l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) : « Tchernobyl, 25 ans après  ». Evidemment, il reste "politiquement correct", par exemple sur la communication en France pendant la crise mais il contient des encadrés très clairs sur la radioactivité, le fonctionnement des centrales, l'accident de Tchernobyl et ses conséquences. Consulter également le site de la CRIIRAD.

 

 


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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 18:41

Il y a presque 25 ans, le 26 avril 1986, un accident dans la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine entraînait la fusion du cœur d'un réacteur et à une importante pollution radioactive de l’environnement. C’est à ce jour le plus grave accident nucléaire, classé au niveau 7 de l'échelle internationale des évènements nucléaires (INES). A l’époque, deux mois après le lancement du satellite français Spot 1, la publication d’images satellites acquises quelques jours après l’explosion de la centrale de Tchernobyl avait montré l’intérêt de disposer de sources d’informations indépendantes.

Le 15 mars 2011, après le tremblement de terre et le tsunami qui ont frappé le Japon, c’est la situation dans la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi qui inquiète beaucoup, avec des dégâts sur le caisson de confinement du réacteur n°2. De nombreux satellites d’observation, dont Spot 5, Terrasar-X et les satellites américains ont été mis à contribution, d’abord pour cartographie l’impact du tsunami puis pour surveiller la situation des centrales nucléaires. Je publierai bientôt un article sur la contribution effective des différents satellites dans le cas des tremblements de terre, des tsunamis et des accidents nucléaires.

 

fukushima_daiichi_Spot5_20110312_L.jpgEarthquake_Japan_evacuation_area_Spot5_L.jpgSpot-1---Tchernobyl---Mai-1986.jpgA 25 d’intervalle, le satellite Spot 1 témoin de la catastrophe de Tchernobyl (en bas, image acquise
le 6 mai 1986) et Spot 5 au-dessus des centrales de Fukushima (en haut, images acquises le
12 mars 2011 avec un zoom sur la centrale de
Fukushima Daiichi et la zone d'évacuation de 20 km).
Copyright CNES 1986-2011 – distribution Astrium Services / Spot image.

 

Bien sûr, les satellites ne mesurent pas directement la radioactivité. Ils contribuent  à la prévision météorologique et donc à la modélisation des trajectoires des nuages radioactifs. Quelques rappels et explications au sujet de la radioactivité et de ses effets…


La radioactivité, qu’est-ce que c’est ?

Mise en évidence sur l’uranium en 1896 par Henri Becquerel puis sur le radium par Marie Curie pour le radium, la radioactivité est un phénomène physique de transformation spontanée des noyaux atomiques instables : en se « désintégrant », ils émettent de l'énergie prenant la forme de rayonnements divers (rayons α, des rayons β ou des rayons γ) et un ou plusieurs neutrons. En dehors des neutrons, tous ont suffisamment d'énergie pour ioniser directement des atomes, c’est-à-dire, pour leur ôter un ou plusieurs électrons. Ce sont des rayonnements ionisants.

  • Une particule alpha se compose de deux protons et deux neutrons, soit l'équivalent du noyau d'un atome d'hélium. Les particules alpha provoquent facilement l'ionisation de la matière avec laquelle elles sont en contact. Une particule alpha peut parcourir plusieurs millimètres dans l'air mais sa portée diminue dans les milieux plus denses : les particules alpha ne traversent pas la couche superficielle de l'épiderme humain, mais elles représentent un danger si elles sont inhalées.
  • Une particule bêta (électron ou positron) est beaucoup plus légère qu'une particule alpha et peut parcourir une plus longue distance que les particules alpha avant de perdre son énergie. Une particule bêta d'énergie moyenne parcourt environ un mètre dans l'air et un millimètre dans un tissu biologique.
  • Les rayons gamma sont des rayonnements électromagnétiques. Les rayons gamma peuvent pénétrer beaucoup plus profondément que les particules alpha ou bêta.
  • Les neutrons sont des particules qui ne possèdent aucune charge électrique. L’ionisation qu’ils provoquent est indirecte (collisions, diffusion, capture) et ces interactions entraînent selon les cas l'émission de rayons gamma, de rayonnement bêta, voire l’émission d'autres neutrons.

 

Comment mesurer la radioactivité et ses effets ?

Il y a trois notions bien distinctes : la première concerne les propriétés de la substance radioactive proprement dite, la deuxième la façon dont cette radioactivité est absorbée par les objets exposés, enfin, les effets biologiques quand il s’agit d’êtres vivants exposés à ces rayonnements.

  • La radioactivité d’un objet se mesure en Becquerel (Bq) : 1 Bq correspond à une désintégration par seconde. Dans le passé, on utilisait le Curie (Ci) : 1 Ci correspond à la radioactivité d'un gramme de radium soit 37 milliards de désintégrations par seconde. Les deux unités représentent des niveaux de radioactivité très différents : 1 Ci = 3,7.1010 Bq. La radioactivité d'une substance dépend directement de la quantité de matière radioactive, qu'elle soit solide, liquide ou gazeuse.
  • La dose absorbée : c’est la dose reçue par un objet exposé à un rayonnement ionisant. Elle mesure la quantité d'énergie reçue par unité de masse de cet objet. L'unité utilisée dans le système international est le Gray (Gy). Un Gray correspond à une énergie de 1 joule par kg de matière irradiée. Le débit de dose fait intervenir le temps : Un débit de dose de 1 Gy par seconde n'aura pas les mêmes effets s'il est subi pendant quelques minutes ou plusieurs heures ! Auparavant, on utilisait le Röntgen (1 R= 2,58.10-4 C/kg) et plus récemment le Rad (pour « radiation absorbed dose ») : 1 rad=10-2 Gy.
  • L'effet biologique est mesuré par la dose équivalente et par la dose efficace (un joli nom !) : chaque type rayonnement a des effets différents sur la matière vivante. Une unité a donc été créée pour tenir compte de ces effets, en appliquant des facteurs de pondération qui dépendent du type de rayonnement (alpha, bêta, gamma, X, neutrons), de la nature de l’exposition (externe ou interne) et de la sensibilité spécifique des organes ou tissus. La dose équivalente est la dose absorbée multipliée par un facteur de pondération du rayonnement. La dose efficace prend en compte le type de tissus soumis à la radiation : c'est la dose équivalente multipliée par un facteur de pondération tissulaire. Le facteur dépend de la sensibilité de chaque organe, mais aussi de la gravité des cancers induits. Dose équivalente et dose efficace se mesurent en Sievert (Sv). Un sievert représente une dose très élevée et on parle généralement de milli-sievert (1 mSv=10-3 Sv). Sievert est le nom d’un physicien suédois qui fut l’un des pionniers de la protection contre les rayonnements ionisants. Autrefois, lorsque le rad était utilisé comme unité de dose absorbée, l'unité de dose équivalente était le rem, pour « rad equivalent man ».

 

Quels sont les risques selon les doses reçues ?

Les effets sur l'organisme dépendent de la dose reçue et de la durée d’exposition qui est un facteur très important. Voici ci-dessous quelques indications des effets probables que le LPSC de Grenoble décrit sur son site :

  • 10 000 mSv (10 Sv) reçus en une seule fois (temps court inférieur à quelques heures) : dommages immédiats, très sévères entraînant la mort en quelques semaines.
  • Entre 2 et 10 Sv en une fois : dommages sérieux mais non définitifs jusqu'à 4 Sv. A partir de cette valeur, ils deviennent irréversibles et les risques de mortalité augmentent avec la dose.
  • 1 000 mSv (1 SV) en une fois : peut entraîner (temporairement) des nausées, une baisse des globules blancs et des leucocytes mais pas la mort. Tout redevient normal en peu de temps. Un sievert accumulé sur un temps plus long entraîne une augmentation du risque de développer un cancer mortel d'environ 5% plusieurs années plus tard.
  • 50 mSv par an est la plus petite dose en-dessous de laquelle on ne peut prouver l'apparition de cancers (cette dose est aussi la radioactivité naturelle de plusieurs lieux sur Terre). Au-delà de cette valeur, le nombre de cancers augmente avec la dose.
  • 20 mSv par an moyenné sur 5 ans : c'est la limite légale que peuvent recevoir les travailleurs du nucléaire.
  • 2-10 mSv par an : radioactivité naturelle moyenne. localement, elle peutêtre beaucoup plus élevée.
  • 1 mSv par an : c'est la limite légale que peut recevoir le public (au-dessus de la radioactivité naturelle).

Pour les faibles doses, les effets biologiques sont très difficiles à mesurer et les études épidémiologiques dans ce domaine sont très délicates à analyser car il est difficile de déterminer précisément l’origine d'un cancer.

 

Que signifie un accident de classe 6, de classe 7 ? l'échelle internationale des événements nucléaires (INES, International Nuclear Event Scale)

Mise en œuvre à partir de 1991, cette échelle logarithmique internationale compte huit niveaux de gravité notés de 0 à 7, selon des critères de  défaillance des mesures de sécurité et d'impact sur l'environnement (interne ou externe à l'installation) Elle est destinée à faciliter la perception par les médias et le public de l'impact en matière de sûreté des incidents et des accidents nucléaires. C'est donc davantage un outil de communication et non une échelle de mesure scientifique.

En 1957, l’explosion à l’usine de retraitement de Kychtym en URSS correspondait au niveau 6 actuel.

Le 28 mars 1979, La fusion partielle du cœur du réacteur no 2 (TMI-2) à Three Mile Island, en Pennsylvanie aux Etats-Unis relevait de la classe 5.

En France, en février 1980, à la Centrale de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) une défaillance technique a conduit à l’inflammation locale du combustible. L’accident a endommagé gravement l’installation.

Le 15 mars 2011, compte tenu de l'évolution de la situation, l'Autorité française de sûreté nucléaire a classé l'accident japonais au niveau 6. le terme "Accident" devient un euphémisme.

 

Niveau Nature de l'accident Conséquences à
l'intérieur du site

Conséquences à
l'extérieur du site

0   Aucune importance du point de vue de la sûreté
1 Anomalie sortant du régime de fonctionnement autorisé    
2 Incidents assortis de défaillances importantes des dispositions de sécurité Contamination importante / surexposition d’un travailleur  
3 Accident évité de peu / perte des barrières Contamination grave / effets aigus sur la santé d’un travailleur Très faible rejet : exposition du public représentant une fraction des limites prescrites
4   Endommagement important du cœur du réacteur / des barrières radiologiques / exposition mortelle d’un travailleur Rejet mineur : exposition du public de l’ordre des limites prescrites
5   Endommagement grave du cœur du réacteur / des barrières radiologiques Rejet limité susceptible d’exiger l’application partielle des contre-mesures prévues
6    

Rejet important susceptible d’exiger

l’application intégrale des contre-mesures prévues

7     Rejet majeur : effets considérables sur la santé et l’environnement

 

En savoir plus : 

Sur la radioactivité :

Sur les unités de mesure :

Sur les mesures de radioactivité dans l’environnement :

Sur les instruments de mesure :

Sur les accidents nucléaires :



 


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Présentation

  • : Un autre regard sur la Terre
  • Un autre regard sur la Terre
  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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A Propos De L'auteur

  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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