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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 23:03

ISS---Californie---Rim-Fire---Incendie-Stanislaus---Yosemit.jpgL’incendie Rim Fire photographié depuis la Station Spatiale Internationale le 24 août 2013.
Image ISS036-E-035677. Crédit image : Image Science & Analysis Laboratory, NASA Johnson Space Center

 

Feu géant : bientôt sur le livre des records

Rim Fire reste très actif et n’est pas maîtrisé : l’incendie qui dévaste la forêt Stanislaus à proximité du parc national Yosemite, est d’ores et déjà le plus important de l’année aux Etats-Unis.

En onze jours, il a déjà parcouru ou détruit près de 73000 hectares de végétation (nouvelle estimation mise à jour le 27 août dans la matinée en Californie). 730 kilomètres carrés ! Pratiquement l’équivalent de deux images du satellite Pléiades, soir un rectangle de 40 km par 20 km.

Malgré les efforts des 3800 pompiers avec des renforts venus de plusieurs Etats, Rim Fire risque fort de rejoindre le triste livre des records des plus importants feux aux Etats-Unis. Le 27 août, les équipes d’intervention allumaient des contrefeux au sud de la Highway 120 pour tenter de limiter la progression des flammes.

 

Extrême urgence

Extrême : c'est le qualificatif employé par les responsables de la la lutte contre le feu. Un terrain accidenté extrêmement difficile d'accès, un potentiel de progression du feu extrême et un temps extrêment chaud et sec : près de 32°C, 21% d'humidité et du vent... Tous les ingrédients pour compliquer la tâche des équipes d'interventions. Les photos prises sur places (voir les liens ci-dessous) sont éloquentes.

 

Aux portes du Yosemite National Park...

Un tel incendie a naturellement attiré l’attention des astronautes de l’expédition 36, actuellement à bord de l’ISS, à environ 410 km d’altitude.

Cette photographie très oblique a été prise le 24 août 2013 avec un reflex Nikon D3 équipé d’un objectif de 50 mm de focale. J’en publie ici un extrait que j’ai pivoté légèrement pour faciliter la lecture.

A l’ouest, on reconnaît la baie de San Francisco et les couleurs caractéristiques des marais salants au sud. Les couleurs permettent également de voir les zones cultivées à l’ouest de la Sierra Nevada et du parc Yosemite. Le Lac Mono est également un bon point de repère : à l’ouest une rangée de cercles d’irrigation, bien verts au milieu d’une zone désertique, marque la frontière entre la Californie et le Nevada, le long de la route 264 (SR 264). Vers le sud, on rejoint la vallée de la mort puis Las Vegas : le bassin de Badwater est juste en dessous du coin inférieur droit de cette image.

La taille de la zone couverte permet de mesure l’importance de l’incendie par son panache de fumée. Pour fixer les idées, il y a environ 300 kilomètres entre Sans Francisco et Mono Lake.

Une autre photographie prise le 26 août toujours depuis l'ISS montre la gravité de la situation avec un feu très actif.

 

ISS - Rim Fire - Californie -Yosemite - 26-08-2013 - ExtraiLe 26 août 2013 : une autre photographie prise depuis l’espace montre la progression de
l’incendie Rim Fire en Californie, tout près du Yosemite National Park.
Crédit image : Image Science & Analysis Laboratory, NASA Johnson Space Center

 

La maison brûle

Un autre feu, beaucoup moins important, est visible sur la première photographie prise de l’ISS : c’est le Windy Peak Wildfire dans le Kings Canyon National Park. Il a été déclenché le 23 août par la foudre.

Les astronautes de l’ISS ont également photographié les incendies de l’Idaho. Ceux baptisés Pony Complex, Elk Complex et Beaver Creek Fire ont déjà fait l’objet d’un article sur le blog Un autre regard sur la Terre et qui sont toujours actifs avec, au total le 27 août 2013, une surface cumulée de végétation parcourue par les flammes de 159000 hectares.

Ici, l’image de l’ISS montre les feux baptisés Little Queens, Leggit fire, Gold Pan fire dans la même région de la Sawtooth National Forest. Le haut de l’image correspond à la direction ouest : les vents dominants poussent les fumées vers l’est.

 

ISS---Incendies-Idaho---ete-2013---18-08-2013.jpgLes feux de l’Idaho photographiés depuis la Station Spatiale Internationale le 18 août 2013 à 23h20
UTC par l'équipage de l'expédition 36. Nikon D3 avec une focale de 50 mm. Image ISS036-E-032853.
Crédit image : Image Science & Analysis Laboratory, NASA Johnson Space Center

 

En savoir plus :

 

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 14:32

Terra - MODIS - Incendie Yosemite - Californie - 23-08-2013Image de l’incendie Rim Fire : à proximité du parc national de Yosemite, impressionants panaches
de fumée au-dessus de la forêt de Stanislaus. Image acquise par l’instrument MODIS du satellite
Terra le 23 août 2013. Crédit image : NASA /GSFC

 

Les conséquences de la sécheresse et des températures élevées dans l’ouest des Etats-Unis continuent à se faire sentir. Après les feux de l’Idaho (Beaver Creek Fire), toujours actifs, c’est un autre incendie important à proximité du parc national de Yosemite qui mobilise l’attention.

Baptisé « Rim Fire », le feu a commencé à toucher la forêt nationale de Stanislaus, dans le comté de Tuolumne, au nord-est de Sonora, samedi 17 août.

C’est le plus gros incendie de l’année en Californie. Un rapport mis à jour le dimanche 25 août mentionne des chiffres impressionnants :

  • Près de 55000 hectares parcourus par les flammes (près de 134000 acres).
  • 4500 habitations menacées (23 ont été détruites).
  • Près de 2900 pompiers intervenant sur ce sinistre.

Comme pour l’incendie de Beaver Creek dans l’Idaho, les images des satellites Aqua et Terre montrent la formation de pyrocumulus en altitude, qui témoigne de la violence du feu.

 

Aqua - MODIS - Incendie Yosemite - Californie - 22-08-2013Pyrocumulus en formation au-dessus du feu Rim Fire. Image acquise le 22 août 2013 par le
capteur MODIS du satellite Aqua. Crédit image : NASA /GSFC

 

Des flammes à 3000 mètres d’altitude

Un ordre d’évacuation concerne les résidences situées au nord de la Old Yosemite Road par le shérif du comté de Pariposa. Il pourrait être étendu (Bull Creek Road Texas Hill Road, etc.)

La State Route 120, la célèbre Tioga Road, a été fermée en partie : bordée de paysages extraordinaires, c’est la route qui permet de traverser en voiture le parc Yosemite à plus de 3000 mètres d’altitude et de quitter le parc par la sortie est avant de rejoindre Lee Vining et le lac Mono : on perd 1000 mètres d’altitude en 20 kilomètres. Frein moteur recommandé !

 

Yosemite - Olmsted Point - Half dome - Tioga Road - 26-07-2Yosemite - Tenaya Lake - Tioga Road - 26-07-2011Deux paysages du parc Yosemite à partir de la Tioga Road depuis Olmsted Point (2500 mètres
d’altitude). En haut, le Half dome, en bas, le Tenaya Lake. A cause de l’incendie, l’accès au
parc Yosemite est fermé 45 kilomètres à l’ouest. Crédit image : Gédéon

 

Etat d’urgence à San Francisco

L’état d’urgence a été déclaré samedi par Jerry Brown, le gouverneur de Californie : l'incendie est proche (3 kilomètres) du lac-réservoir de Hetch Hetchy, qui fournit de l'eau courante aux 2,6 millions d'habitants de la région de San Francisco, à environ 320 kilomètres au sud-ouest. L'incendie a également endommagé des lignes et des pylônes électriques qui assurent l’alimentation de la seconde ville de Californie en électricité.

La remontée d'une dépression tropicale, Ivo, à partir de la Basse-Californie vers la côte Ouest des Etats-Unis, pourrait amener des pluies et faciliter le travail des équipes d'intervention.

 

Terra---MODIS---Incendie-Yosemite---Californie---26-08-2013.jpgLe 26 août, c'est loin d'être réglé : l'incendie Rim Fire à proximité de Yosemite vu par
le satellite Terra. Crédit image : NASA / GSFC

 

En savoir plus :

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 19:30

Ils font partie des gros feux de l’été aux Etats-Unis. Ils ont été baptisés Pony Complex, Elk Complex ou Beaver Creek Fire. Dimanche 18 août, 1150 pompiers américains luttaient encore contre ces gigantesques incendies qui dévastent la forêt et la végétation à proximité de la station de ski de la petite ville de Sun Valley.

 

Aqua - MODIS - Incendie Idaho - 10-08-2013Les panaches de fumée des feux Pony Complex, Elk Complex et Beaver Creek et un pyrocumulus
observés par le satellite américain Aqua (instrument MODIS). Extrait d’une image en couleurs
naturelles acquise le 10 août 2013. Crédit image : NASA/GSFC Earth Science Data and Information
System (ESDIS). Land Atmosphere Near-real time Capability

 

Fumée âcre et acres partis en fumée

Causé par des impacts de foudre, l’incendie de Beaver Creek s’est déclaré le 7 août en milieu de journée. Malgré leurs efforts, les pompiers ne sont pas parvenus à circonscrire rapidement le feu. Depuis, il a parcouru plus de 41000 hectares de végétation (plus de 100000 acres avec les unités américaines) dans la Wood River Valley, dont les pins de la Sawtooth National Forest. La configuration du terrain, les températures élevées, le vent et l’air sec compliquent la tâche des équipes d’intervention. C’est seulement dimanche que l’évolution des conditions météorologiques a facilité le travail des secours.

La fumée des incendies entraîne également une forte dégradation de la qualité de l’air dans la région.

 

Des canons à neige en été pour lutter contre le feu !

Avec des moyens aériens importants (avions et hélicoptères bombardiers d’eau et de produits retardants), les secours tentent d’abord de protéger les maisons et les bâtiments, à proximité de la Highway 75, au niveau des villes de Ketchum et Hailey. L’incendie menace également des lignes électriques, des terrains de camping et des aménagements touristiques. La route est fermée par intermittence pour les opérations de secours et les évacuations : samedi après-midi, les ordres d’évacuation concernaient plus de 2200 maisons dans les villes de Hailey, Ketchum, Greenhorn Gulch, Deer Creek, Golden Eagle et Timber Gulch. Etonnamment, ce sont les traces d'un ancien incendie (celui nommé Castle Rock Fire en 2007) qui limitent peut-être la progression des flammes vers Ketchum et qui expliquent la forme de la zone brûlée.

 

L’évolution de l’incendie suivie par les satellites d’observation de la Terre

Je n’ai pas encore vu d’image satellite à haute résolution de l’incendie ou des zones brûlées publiée par les principaux fournisseurs de données aux Etats-Unis ou en Europe. Une petite recherche sur leur catalogue permet néanmoins de vérifier que plusieurs satellites ont été programmés pour acquérir des images de l’incendie de Beaver Creek (voir par exemple la copie d’écran du catalogue d’Astrium Services à la fin de cet article.

L’ensemble des images présentées ici proviennent de l’instrument MODIS des satellites Aqua et Terra. Ils sont opérés dans le cadre du programme « Rapid Response imagery from the Land Atmosphere Near-real time Capability for EOS (LANCE) system” opéré par le Goddard Space Flight Center de la NASA (NASA/GSFC/Earth Science Data and Information System – EOSDIS) et financé par la NASA.

L’image au début de cet article est une image en couleurs naturelles acquise le 10 août par le satellite Aqua. Elle permet de voir les impressionnants panaches de fumée de couleurs grise poussés vers le nord par les vents dominants. On voit également nettement, en couleur blanche, un pyrocumulus, un type particulier cumulus qui se forment parfois au-dessus d’un incendie. Un pyrocumulus peut se former quand la couche d’air inférieure est plus chaude et humide que l’atmosphère en altitude. En s'élevant, l'air plus léger subit une détente qui abaisse sa température et augmente l’humidité relative : au point de saturation, la vapeur d'eau se condense en gouttelettes de nuages. En grande quantité, les particules fines de la fumée de l’incendie facilitent la formation des gouttelettes d’eau. Plusieurs photos prises sur place ont été publiées sur la page Beaver Creek Fire du site Inciweb.

Avant de revenir à l’évolution de l’incendie, une vue plus large permet de situer la zone dans l’ouest des Etats-Unis : c’est à 430 km au nord-ouest de Salt Lake City et à environ 20 km à l’ouest d’Idaho Falls.

L’image suivante a été prise par le satellite Terra le 18 août. Toujours en couleurs naturelles, elle couvre une zone pratiquement carrée d’un peu plus de 1000 kilomètres de côté. Sur la côte pacifique, à l’ouest, l’image est délimitée au sud par la baie de San Francisco (qui a fait l'objet du quiz image en janvier 2013), sous les nuages, et au nord, par la Cité des Roses, Portland, la plus grande ville de l’Oregon, près de l’embouchure du fleuve Columbia. Au nord de San Francisco, les parcelles d’agriculture irriguées de la vallée de Sacramento sont facilement reconnaissables à leur couleur verte intense.

 

Terra - MODIS - Incendie Idaho - 18-08-2013 - Vue généralLes incendies de l’Idaho et de l’ouest des Etats-Unis. Vue d’ensemble. Extrait d’une image acquise
par l’instrument MODIS du satellite le 18 août 2013. Crédit image : NASA/GSFC Earth Science Data
and Information System (ESDIS). Land Atmosphere Near-real time Capability

 

Un peu à l’ouest du lac Tahoe, un autre panache de fumée permet d’identifier l’incendie « American fire », encore actif et qui avait parcouru le 20 août près de 6000 hectares de végétation. D’autres feux actifs sont également visibles.

Les passionnés de montagne auront également reconnu la Sierra Nevada et le Yosemite National Park. Près de Lee Vining, la forme caractéristique du lac Mono (l'objet du quiz image de juin 2013 sur ce blog, matérialise la transition avec les zones plus arides de la vallée de la mort.

Sur la partie droite de l’image, les couleurs caractéristiques du Grand lac salé nous ramènent vers les panaches de fumée du Beaver Creek Fire, au nord d’une autre zone d’agriculture irriguée en forme de quartier de Lune, le long de la Snake River, à proximité de Twin Falls et de la Magic Valley.

 

Des fausses couleurs pour des vraies zones brûlées

Un des principaux intérêts de l’instrument MODIS, avec ses nombreuses bandes spectrales, est de permettre la délimitation des zones brûlées. Comme pour l’instrument MERIS du satellite Envisat, des combinaisons astucieuses de bandes spectrales permettent d’obtenir des représentations des images qui facilitent leur interprétation.

C’est le cas par exemple de la combinaison dite « 721 » (elle combine les bandes numéro 7, 2 et 1 de l’instrument MODIS) qui a déjà fait l’objet de plusieurs articles sur le blog Un autre regard sur la Terre, par exemple pour délimiter les surfaces enneigées ou les zones brûlées.

Le tableau suivant donne une idée de l’évolution du feu avec une série d’images acquises entre le 9 et le 18 août 2013, avec à chaque fois la représentation en couleurs naturelles et celle dite « 721 ».

 

Terra - MODIS - Incendie Idaho - 09-08-2013 Terra - MODIS - Incendie Idaho - 16-08-2013 Terra - MODIS - Incendie Idaho - 18-08-2013
Terra - MODIS - Incendie Idaho - 06-08-2013 - 721 Terra - MODIS - Incendie Idaho - 16-08-2013 - 721 Terra - MODIS - Incendie Idaho - 18-08-2013 - 721

Série de trois images acquise par le capteur MODIS du satellite Terra le 9, le 16 et le 18 août 2013.
En haut, représentation en couleurs naturelles. Un léger rehaussement de contraste a été appliqué par Planète Sciences Midi-Pyrénées. En bas, représentation dite « 721 ». Crédit image : NASA/GSFC
Earth Science Data and Information System (ESDIS). Land Atmosphere Near-real time Capability

 

MODIS nous en fait voir de toutes les couleurs

La combinaison en « couleurs naturelles » ou « couleur vraie » produit une représentation des images similaire à ce que verrait un œil humain. Dans le cas du capteur MODIS, les bandes spectrales 1, 4 et 3, correspondant respectivement à des longueurs d’onde de lumière rouge (0,670 µm) verte (0,565 µm) et bleue (0,479 µm), sont associées aux canaux rouge, vert et bleu de l’écran de visualisation.

La combinaison « 721 », comme son nom l’indique (à condition de bien connaître MODIS) utilise les bandes spectrales 7 (infrarouge thermique, centrée sur la longueur d’onde 2,155 µm), 2 (proche infrarouge à 0,876 µm), et 1 (rouge, centrée sur la longueur d’onde 0,670µm). Ces trois bandes sont respectivement associées aux canaux rouge, vert et bleu de l’écran de visualisation.

Dans la représentation 721, la végétation active, en raison de la synthèse chlorophyllienne, apparaît en vert intense. L’eau apparaît en noir et en bleu foncé s’il y a des sédiments en suspension. La neige et les nuages de glace en altitude, plus froids et rayonnant moins dans l’infrarouge thermique, absorbent également le proche infrarouge : ils apparaissent bleutés. Les autres nuages sont blancs, les petites gouttes d’eau diffusant de manière équivalente les bandes visibles et proche infrarouge.

Cette combinaison est également utilisée pour mettre en évidence les zones brûlées après un incendie. Il n’y a plus d’activité chlorophyllienne lorsque la végétation a brûlé : le sol nu apparaît : la réflectance dans la bande 1, représentée en bleu, augmente légèrement, selon l’importance des résidus de combustion (carbone, noir). Le niveau bande proche-infrarouge (bande 2), représentée en vert, s’effondre du fait de la perte d’activité chlorophyllienne de la végétation brûlée. La bande 7, l’infrarouge thermique, représentée en rouge, devient plus réflective.

Ainsi, avec cette représentation 721 des images MODIS, les zones brûlées apparaissent en rouge plus ou moins intense. L’intensité du rouge varie avec le type de végétation détruite, la quantité de cendres et le degré de combustion.

Toutes les images présentées ici sont superposables pour faciliter le travail en classe.

 

Un cœur qui brûle…

Sur l’image du 18 août, même si le feu est toujours actif, le comptage des pixels « rouge » permet d’estimer la surface parcourue par les flammes et de mesurer également les dégâts des incendies précédents ou plus anciens. La surface brûlée en forme de cœur correspond par exemple aux feux Pony complex (148000 acres brûlés soit 69000 hectares) et Elk complex (130000 acres brûlées soit 53000 hectares), déclenchés par la foudre le 8 août. L'image du 9 août peut servir de référence pour les nouveaux incendies : les zones brûlées n'apparaissent pas encore.

Une nouvelle image acquise le 19 août montre un nouvel incendie un peu plus au nord. Avec tous ces feux, la région de la forêt de Boise va malheureusement ressembler davantage aux paysages lunaires du Moon National Monument à une centaine de kilomètres à l’est.

 

Des images à plus haute résolution ?

J’espère pouvoir vous en montrer dans un prochain article. Elles existent : la consultation des catalogues des principaux producteurs montrent que plusieurs satellites ont été programmés pour « mitrailler » la région touchée par l’incendie, comme l’illustre cette copie d’écran du catalogue d’Astrium GEO-Information Services avec plusieurs scènes prises par le satellite Spot 5. On mesure l’importance de la surface brûlée en la comparant à l’emprise d’une image, soit un carré des 60 km de côté.

 

Astrium Services - Catalogue Geostore - Incendie Idaho - SpCopie d’écran obtenue par consultation du catalogue Geostore d’Astrium GEO-Information Services
et montrant les images acquises par Spot 5 à partir du 8 août 2013. Crédit image : Astrium.

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisation pédagogique en classe :

  • En utilisant la série d’images présentée dans cet article, estimer la progression des surfaces brûlées entre le 9 et le 18 août. A titre de comparaison, l'illustration ci-dessous, publiée sur le site Inciweb, donne la progression du feu jusqu'au 20 août.
  • Le site EOSDIS de la NASA donne accès à plusieurs compositions de canaux des images MODIS des satellites Aqua et Terra : 143 (couleurs naturelles), 721 et 367. Au total, cela fait 6 bandes spectrales différentes pour chaque image. Comparer les possibilités d’interprétation visuelle de chaque représentation : par exemple, les couleurs naturelles sont bien adaptées pour localiser les panaches de fumées. La représentation 721 met bien en évidence les zones brûlées…
  • Toutes les images, superposables et dans les différentes représentations, sont disponibles ici.
  • Si vous voulez aller plus loin, utilisez un logiciel de retouche d’image comme Gimp permettant de manipuler les bandes spectrales pour essayer d’autres combinaisons voire tenter une classification en jouant sur l’affectation des couleurs.

 

Incendie Idaho - Beaver Creek - Fire progression - 20-08-20

 Progression du feu de Beaver Creek jusqu'au 20 août 2013 (Source : Inciweb)

 

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 22:16

 

Landsat - OLI - Wittenberge - Saxe-Anhalt - Inondations - 0Juin 2013 : la crue de l’Elbe au niveau de la ville de Wittenberg en Allemagne. Extrait d’une
image acquise par le capteur OLI du satellite Landsat 8 le 7 juin 2013.
Crédit image : NASA Earth Observatory/ US Geological Survey

 

Vers un retour progressif à la normale

Sauf dans le nord de l’Allemagne, la décrue est amorcée dans la plupart des villes d'Europe centrale et c’est l’heure de faire le bilan des dégâts.

Depuis une dizaine de jours, l'Europe centrale faisait face à des inondations historiques en Allemagne, en Autriche, en République tchèque, en Suisse et en Hongrie. Selon un bilan humain provisoire, elles ont causé la mort de 19 personnes.

Sur le plan économique, les assureurs annoncent déjà que ces inondations devraient être plus coûteuses que celles de 2002. On parle de 12 milliards d’Euros de dommage rien qu’en Allemagne, dont environ un quart de pertes à la charge des compagnies d’assurance. En Allemagne, plus de 300 000 hectares de terres agricoles ont été touchés par les inondations.

 

A Passau, l’eau passe haut

La cause de ces inondations d’une ampleur exceptionnelle ? Une dépression créant des pluies diluviennes : l’équivalent de 3 mois de précipitations en quelques jours. Sur des sols déjà saturés d’eau par la fonte des neiges, les pluies ont entraîné des hausses record du niveau des principaux cours d’eau, le Danube et l’Elbe, et de leurs affluents :

  • Par exemple, dimanche, à Magdebourg, le niveau de l’Elbe atteignait un niveau maximum à près de 7,50 mètres alors que le niveau normal est d’environ 2 mètres. Lundi 10, le fleuve amorçait sa décrue avec un niveau à 7,14 mètres.
  • Le 7 juin, le niveau de l’Elbe atteignait 6,7 mètres à Wittenberg.
  • Dans la région de Dresde, le niveau était de 8,76 mètres dans la journée du 6 juin.
  • Dimanche 9 juin, le Danube atteignait à mi-journée un niveau record de 8,90 mètres.

Plusieurs villes et régions d’Allemagne ont été touchées (Fischbeck, Saxe-Anhalt, Wittenberg, Deggenfdorf, Passau, Dresde, Schärding) et des évacuations avaient été effectuées par mesure de sécurité.

En Hongrie, le Danube a également entamé sa décrue et les digues de Budapest ont tenu : la capitale hongroise n'a pas subi de dégâts majeurs. Des milliers de personnes se sont mobilisées pour renforcer les protections. L’image suivante provient du satellite Pléiades. Elle a été acquise le 5 juin et montre la situation dans le quartier de la vieille ville à Passau, au confluent du Danube, de l’Inn et de l’Ilz et à proximité de la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche. Habituellement, ce confluent entre trois cours d’eau est un spectacle étonnant. Pas cette année : la ville a connu en juin 2013 les pires inondations depuis 1501.

 

Pleiades - Passau - Inondations - 0X-06-2013Extrait d’une image de la ville de Passau (Allemagne) acquise par le satellite Pléiades le 5 juin 2013. Copyright 2013 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

L’eau vue du haut

Les deux images suivantes, provenant du capteur MODIS (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer) du satellite américain Terra, permettent de se faire une idée de l’évolution des crues. La première date du 5 mai 2013, avant l’épisode de pluies intenses. La seconde a été acquise le 6 juin, au plus fort de la crise.

 

Terra - MODIS - Inondations Allemagne - 05-06-2013 - 721 Terra - MODIS - Inondations Allemagne - 06-06-2013 - 721

Deux extraits d’images acquises par le satellite Terra. A gauche, la situation avant les inondations
le 5 mai 2013. A droite, une image acquise le 6 juin 2013.
Crédit image : NASA / GFSC / Modis Rapid Response

 

Les images sont présentées ici dans la composition colorée dite « 721 » (canaux visibles et proche infrarouge), bien connue des lecteurs du blog Un autre regard sur la Terre avec plusieurs articles sur le couvert neigeux. Ici, l’avantage est de bien distinguer les cours d’eau (représentés en noir ou bleu marine) des surfaces terrestres (représentées en vert clair).

Un autre exemple est donné sur des images acquises par le tout nouveau satellite Landsat 8 (LDCM pour Landsat Data continuity Mission). Les deux extraits publiés ci-dessous proviennent d’images prises le 6 mai et le 7 juin 2013 sur la région de Saxe-Anhalt (Sachsen-Anhalt en allemand, un des seize länder) autour de la ville de Wittenberg. La crue de l’Elbe est très impressionnante avec ses eaux boueuses bien visibles sur l’image en couleurs naturelles. Comme pour les images de Terra, je vous conseille d’ouvrir les images dans deux fenêtres différentes et de basculer de l’une à l’autre pour faciliter la comparaison.

 

Landsat - OLI - Wittenberge - Saxe-Anhalt - Inonda-copie-1 Landsat - OLI - Wittenberge - Saxe-Anhalt - Inonda-copie-2

Le länder de Saxe-Anhalt et la ville de Wittenberg, avant et pendant les inondations. Deux extraits
d’images acquises par le capteur OLI (Operational Land imager) du satellite Landsat 8.
A gauche, la situation avant les inondations le 5 mai 2013. A droite, une image acquise le 7 juin 2013.
Crédit image : NASA Earth Observatory/ US Geological Survey

 

Comme sur les images Pléiades, on note la présence de nuages : les équipes en charge de la programmation des satellites doivent faire des prouesses et exploiter au mieux les possibilités de prise de vue de leurs satellites optiques (comme l’agilité de Spot 6 et des deux satellites Pléiades) pour permettre l’acquisition d’images optiques exploitables pendant les épisodes d’inondations de longue durée.

L’alternative consiste à utiliser des satellites radar qui ont deux avantages dans ce cas :

  • Ils « voient » à travers les nuages.
  • Ils mettent bien en évidence les surfaces d’eau et les cours d’eau et permettent de faire rapidement une cartographie des zones inondées (vous trouverez plus d’explications sur ce sujet ici).

Voici un exemple d’image radar : une image produite par le satellite allemand TerraSAR-X. X signifie que le radar travaille dans la bande X, entre 8 GHz et 12 GHz (entre 2,5 et 3,75 cm de longueur d’onde). Très précisément, le radar de TerraSAR-X émet un signal à la fréquence de 9,65 gigahertz. Les images sont construites en combinant les signaux réfléchis par le sol.

Pour faciliter la comparaison avec les images Pléiades, l’image publiée ici couvre aussi la ville de Passau et ses environs. La résolution est réduite par rapport à l’image d’origine.

Moins photogénique et moins facile à interpréter qu’une image provenant d’un capteur optique mais les nuages ne gênent pas et les surfaces inondées sont facilement reconnaissables…

 

TerraSAR-X - Inondations Allemagne - Passau - 06-2013Les inondations dans la ville de Passau vue par le satellite radar TerraSAR-X. Image acquise le 3 juin
2013. Crédit image : DLR / Astrium Geo-Information Services.

 

Les images satellite à la rescousse

Protection civile, renforts de l’armée, des services techniques des différents ministères et mobilisation de la population : en cas de catastrophe de longue durée comme ces inondations, c’est sur le terrain que s’organisent les secours, pour renforcer les digues, limiter les dégâts, évacuer les populations des zones à risques voire porter secours aux personnes en détresse.

Les satellites sont régulièrement utilisés pour appuyer cette action de terrain : le blog Un autre regard sur la Terre l’illustre régulièrement avec les articles satellites et catastrophes.

Les inondations de juin 2013 en Europe centrale en donnent un nouvel exemple. Au moins trois mécanismes différents ont été activés à cette occasion :

  • Au niveau international, avec la charte internationale « Espace et catastrophes majeures ». En vigueur depuis novembre 2000, il s’agit d’un accord entre agences spatiales qui permet de mobiliser les moyens spatiaux pour acquérir et livrer des données satellites dans les cas de catastrophes de grande ampleur. Il s’agit d’une approche « best effort » (engagement de moyens). A disposition d’utilisateurs « autorisés » (par exemple les services centraux de protection civile), elle a été activée 369 fois depuis sa création, dans plus de 110 pays. Formellement l’engagement de la charte se limite à la fourniture des images. La production des cartes est assurée par des organismes spécialisés en cartograpgie rapide
  • Au niveau européen, avec le service GMES, rebaptisé Copernicus depuis la fin de l’année 2012, de réponse aux situations d’urgence. Préfiguré entre 2009 et 2011 par le programme SAFER, il s’agit d’un service intégré couvrant le traitement 24h/24 et 7 jours sur 7 des demandes d’activation, l’acquisition des images en urgence, la production des cartes et leur livraison aux utilisateurs sur le terrain. GMES est désormais entré dans la phase dite d’opérations initiales. Comme pour la Charte Internationale, une des compétences essentielles est la capacité à assurer l’interface avec les utilisateurs (les services de protection civile) et à coordonner efficacement l’usage des satellites d’observation. Dans le cas de SAFER, ce sont les équipes d’Astrium GEO Information-Services qui jouaient ce rôle.
  • Au niveau national, avec des moyens mis en place directement par les états. C’est par exemple le cas du DLR-ZKI (Zentrum für Satellitengestützte Kriseninformation ou centre pour l’information de crise). Le cœur de l’activité est souvent la compétence en cartographie rapide comme au ZKI en Allemagne ou, pour la France) au SERTIT (Université de Strasbourg), combiné à une très bonne connaissance des satellites d’observations et de leurs capacités. Pourquoi des moyens nationaux ? Parce que la gestion des risques et des catastrophes reste une mission régalienne des Etats. Les unités de protection civile cherchent à établir une relation de proximité avec des acteurs de confiance, travaillant dans la même langue maternelle et avec des procédures limitant le nombre d’intermédiaires.

Est-il possible de mieux fédérer ces outils ? On a ici un excellent exemple des défis auxquels doit faire face l’Europe et les personnes qui cherchent à développer les initiatives communautaires. Trouver le bon équilibre entre ce qui est mutualisé au niveau européen et ce qui doit rester une prérogative nationale… C’est une tâche très difficile.

Dans les années qui viennent, Copernicus, appliqué à la gestion des crises et des catastrophes naturelles, devrait être un moyen d’y parvenir avec une organisation mixte, combinant moyens centraux et capacités locales.

Par exemple, SAFER a montré que l’acquisition d’images dans des délais très courts était possible en s’appuyant sur une équipe centrale très opérationnelle, concentrée sur le traitement des demandes utilisateurs et sur la programmation de satellites mis à disposition par les états membres. De même, il est inutile de multiplier les capacités de cartographie rapide : deux ou trois équipes entraînée et bien dimensionnées en Europe suffisent à fournir une réponse rapide avec une possibilité de montée en puissance dans le cas de crises importantes. Pas facile à concilier avec le souhait de proximité de 27 états membres….

A ce jour, SAFER reste très certainement le modèle qui a démontré la meilleure performance opérationnelle (du point de vue du délai complet entre l'activation du service et la livraison des premières cartes). La phase totalement opérationnelle de Copernicus doit démarrer en 2014. A suivre…

 

TerraSAR-X - Carte zones inondées - Passau - 03-06-2013Exemple de carte produite par le DLR à partir de l'image acquise par le satellite TerraSAR-X.
Crédit image : DLR / ZKI

 

En savoir plus :

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 22:22

Pléiades - Tornade - Moore - Oklahoma - 23-05-2013Les dégâts de la tornade de Moore vus par le satellite Pléiades-1B. Image acquise le 22 mai 2013
à 17h46 UTC. La version présentée ici est en résolution réduite.
Copyright 2013 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

La première évaluation donnait « au moins une catégorie EF4 ». La tempête qui a frappé la ville de Moore dans l’Oklahoma le 20 mai 2013 en fin de journée a finalement été classée par le National Weather Service au niveau EF5, le plus élevé sur l’échelle de Fujita Améliorée (EF signifie « Enhanced Fujita »), en vigueur depuis 2007 aux Etats-Unis. En clair, des vitesses de vents supérieures à 320 km/h. Rien n’y résiste… L’article publié dès le 21 mai sur le blog Un autre regard sur la Terre montrait les super-cellules orageuses quelques minutes avant le déclenchement de la tornade.

Les images vues du sol ou d’avion qui tournent en boucle depuis mardi sur les chaînes d’information montrent effectivement un bilan effrayant. Les premières images satellite à très haute résolution le confirment en donnant une vision d’ensemble encore plus impressionnante. C’est le cas de l’image illustrant cet article acquise le 22 mai 2013 à 17h46 UTC et publiée par Astrium Services : tout au long de la trajectoire de la tornade, matérialisée par une trace rougeâtre, tout est anéanti, réduit en miettes, écrasé par une main géante. Les bâtiments, les maisons, les arbres, les voitures : tout a été balayé.

 

Les dégâts vus de l’espace, à 694 kilomètres d’altitude

Les images suivantes sont trois extraits de l’image d’origine. Elles sont présentées ici en résolution légèrement réduite pour couvrir des zones assez larges. Chaque pixel de l’image d’origine transmise par les satellites Pléiades, une fois traitée au sol, représente un carré de 50 centimètres de côté (très exactement quand l’image est prise à la verticale).

 

Pléiades - Tornade - Moore - Oklahoma - 23-05-201-copie-1 Pléiades - Tornade - Moore - Oklahoma - 23-05-201-copie-3 Pléiades - Tornade - Moore - Oklahoma - 23-05-201-copie-5

Trois extraits de l’image Pléiades-1B montrant les dégâts de la tornade le long de sa trajectoire dans la
ville de Moore. Copyright 2013 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Attention, fragile…

Personnellement, ces images m’impressionnent beaucoup. A titre professionnel, j’ai vu de nombreuses images de catastrophes naturelles : cyclones, incendies, inondations, tremblement de terre. Je crois que ce sont les images des dégâts des tornades qui représentent à mon avis le mieux la notion d’aléa et de risque, avec des dégâts sur des zones souvent relativement étroites (comparées par exemple aux zones touchées par les cyclones). La marque qu’elles laissent, comparable à un coup de cutter géant, surprend toujours. Elle illustre la vulnérabilité de l’être humain face aux forces de la nature. Vous trouverez d’autres exemples sur le blog Un autre regard sur la Terre avec le tornades de Joplin ou de Tuscalosa. On comprend le soulagement de ceux qui étaient à quelques mètres du couloir dévasté et on plaint les victimes qui ont tout perdu en quelques minutes...

 

Pourquoi pas d’images avant le 22 mai ?

Tout simplement parce que la couverture nuageuse ne le permettait pas. C’est un des freins à l’imagerie rapide utilisée en cas de catastrophe naturelle pour faciliter l’action des secours et de la protection civile, les fameux « first responders » en anglais. En dehors de cette contrainte météo, la constellation de deux satellites Pléiades (complétée par Spot 6 et bientôt Spot 7), grâce à l’agilité de leur plate-forme et aux possibilités de programmation du satellite (trois fois par jour), permet d’obtenir des images avec des délais très courts.

Une consultation du catalogue (en ligne ici) d'Astrium Services permet de constater que des acquisitions ont été programmées dès le 21 mai avec Pléiades et Spot 6 mais les nuages n'ont pas permis d'obtenir d'images de qualité suffisante.

 

Moore---Tornade---Catalogue-Astrium-Services---23-05-2013.jpgCopie d'écran du catalogue en ligne des images Pléiades et Spot (Geostore).
Crédit image : Astrium GEO-Information Services


Très intéressant : Astrium Services publie également une image d’archive très récente acquise également par l’un des deux satellites Pléiades le 29 avril 2013, il y a moins d’un moins et qui donne une image de référence de la situation avant la catastrophe.

 

Pléiades -Moore - Tornade - Oklahoma -29-04-2013 Pléiades -Moore - Tornade - Oklahoma -23-05-2013 

La ville de Moore aux Etats-Unis vue par le satellite Pléiades avant et après le passage de la tornade.
L'image d'achive a été acquise le 29 avril 2013. La version présentée ici est en résolution réduite.
Copyright 2013 CNES – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Un conseil : ouvrez l’image du 29 avril et celle du 23 mai dans deux fenêtres et passez de l’une à l’autre avec les touches Alt + Tab…

 

L’apport du spatial juste après une catastrophe : la cartographie rapide

Il y a ici tous les ingrédients pour faciliter le travail de cartographie rapide, réalisé en quelques heures par des équipes de spécialistes comme celle du SERTIT à l’Université de Strasbourg ou celle d’Astrium GEO-Information Services pour les activités de détection de changement. Plusieurs articles du blog Un autre regard sur la Terre y ont déjà été consacrés à cette technique particulière dans la catégorie « satellites et gestion de crise », comme par exemple cet article sur le service GMES SAFER mis en œuvre de 2009 à 2011.

Notez qu’il est assez rare de disposer d’une bonne image d’archive à une date aussi rapprochée de la catastrophe. J’ignore pour quelle raison cette image du 29 avril avait été acquise mais je vais me renseigner… S’agit-il d’une acquisition de « précaution » dans une zone, au cœur de la Tornado Alley, qui a déjà été touchée à plusieurs reprises par des tornades ou d’une demande d’acquisition qui n’a rien à voir ?

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • En utilisant l’image acquise juste après le passage de la tornade (le 23 mai 2013), faire un zonage des zones affectées par la tornade.
  • Evaluer l’apport de l’image de référence du 29 avril pour faciliter l’évaluation des dégâts.
  • On peut le faire en passant rapidement d’une image à l’autre lorsqu’elles sont affichées sur un vidéo projecteur ou avec des versions imprimées (si vous avez une imprimante couleur qui le permet, le format A3 est plus facilement exploitable par les élèves).
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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 11:06

Le bilan provisoire est très lourd : les premiers chiffres évoquaient 91 victimes. Selon les derniers chiffres officiels, au moins 24 personnes, dont 9 enfants, ont péri après le passage d'une tornade géante qui a dévasté la ville de Moore, dans la banlieue d’Oklahoma City. Même si le bilan n’est pas définitif (plusieurs personnes sont portées disparues), c’est une des tornades les plus meurtrières après celle de Joplin, dans le Missouri, qui avait fait 161 morts en 2011. L’état de catastrophe majeure à été declaré et le déblocage d’une aide fédérale confirme la gravité de la catastrophe.

Selon le National Weather Service américain, la tornade a touché la ville de 55000 habitants à partir de 14h56 en heure locale (CDT) soit 19h56 UTC. La vitesse des vents auraient dépassé 300 kilomètres/heure.

L’image suivante a été acquise par le satellite Aqua environ 20 minutes avant le passage de la Tornade. Elle montre les impressionnantes super-cellules ou orage super-cellulaire juste au-dessus d’Oklahoma city.

 

 Aqua - Modis - tornade - Moore - Oklahoma - 20-05-2013 - 19

GE - MODIS - Tornade Moore - satellite

Image acquise par le capteur MODIS du satellite Aqua le lundi 20 mai à 19h35 UTC.
Orages super-cellulaires au-dessus de Moore et Oklahoma city juste avant le passage de la tornade.
En haut, l’image seule. En bas, l’image affichée dans Google Earth avec superposition des noms
de ville et une seconde image plus au sud. Crédit Image : NASA/ GSFC / MODIS Rapid Response.

 

Pour fixer les idées, la résolution de l’image présentée ici est de 500 mètres. Sur l’image, la cellule orageuse a un diamètre d’au moins 200 pixels, soit une super-cellule de plus de 100 kilomètres de diamètre ! Impressionnant mais pas exceptionnel : nous sommes ici dans la « Tornado Alley », l’allée des tornades, dans la région centrale des Etats-Unis. Les Grandes Plaines américaines sont souvent touchées par des tornades dévastatrices.

Les tornades sont les phénomènes météorologiques les plus destructeurs sur une durée et une étendue limitée. Souvent , on ne peut estimer la vitesse maximale des vents qu’à partir des dégâts qu’ils occasionnent. L'échelle Fujita, imaginée en 1971 par le chercheur américain Tetsuya Théodore Fujita, classe l’intensité des tornades en fonction des dégâts causés. En 1999, la ville de Moore avait déjà connu la tornade la plus puissante jamais enregistrée. De force 5 sur l’échelle de Fujita, elle avait atteint une vitesse de plus de 486 kilomètres/heure.

D’après les premières analyses, la tornade de mai 2013 serait classée au niveau 4.

 

Scènes de guerre à Moore

Numerous neighborhoods were completely leveled, neighborhoods just wiped clean.” « Beaucoup de quartiers ont été complètement rasés. Ces quartiers ont tout simplement disparu » : c’est ainsi que le sergent Gary night, de l’Oklahoma City Police Department, décrit la situation dans une interview téléphonique au journal New York Times. Les vents extrêmement violents ont détruit tous les habitations dans un couloir de de 3 kilomètres de largeur. Les images diffusées en boucles par les chaînes d’information et les photographies publiées sur le web montrent des scènes de cauchemar : maisons réduits en miettes, toitures arrachées, voitures renversés…

 

16 minutes pour se mettre à l’abri…

L’alerte a été donnée 16 minutes avant l’arrivée de la tornade. C’est très peu pour se mettre à l’abri.

La tornade est passée pratiquement d’ouest en est en remontant légèrement vers la nord. La zone la plus touchée est située entre la quatrième et la dix-neuvième rue et entre Western Avenue et Eastern Avenue. Parmi, les bâtiments les plus touchés, on peut citer le Moore Medical center, avec des dizaines de voitures encastrées devant l’entrée principale, le Warrent Theater, le bowling AMF Moore lanes.

De part et d’autre de Sante Fe Avenue où les habitations sont en miettes, les deux écoles élémentaires, Plaza Towers Elementary School et Briarwood Elementary School, ont malheureusement été gravement endommagées

 

Sur Youtube, une vidéo en timelapse de la Tornade qui a frappé la ville de Moore le 20 mai 2013.

 

 

Etat d’alerte maintenu dans l’allée des tornades

Dimanche, des tornades avaient déjà fait deux morts et 39 blessés dans l'Oklahoma.

Le centre de prévision des tempêtes (Storm Prediction Center) de la NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration) a publié le 21 mai 2013 au petit matin un nouveau bulletin d’alerte aux tornades. La saison des tornades est loin d'être terminée.

Les états concernés sont le Texas, l'Oklahoma, l'Arkansas, le Kansas, le Missouri et l'Illinois. Il y deux ans, la ville de Joplin avait été durement frappée.

 

NOAA - Storm Prediction Center - Tornade - 21-05-2013

Bulletin publié le 21 mai 2013 à 5h59 UTC par le Storm Prediction Center de la NOAA.
Crédit image NOAA / SPC

 

En savoir plus :

 

 

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 07:56

Barack Obama et son épouse Michelle ont participle jeudi 25 avril à une cérémonie en mémoire des victimes de l'explosion de l’usine d'engrais dans la ville de West, à prximité de Waco, au Texas.

Une semaine plutôt, le 17 avril, juste après l’attentat commis pendant le marathon de Boston, l’explosion du nitrate d’ammonium utilisé pour la fabrication d’engrais avait dévasté une partie de la ville située à 130 km au sud de Dallas. L’explosion a entraîné la mort de quatorze personnes et blessé deux cents autres.

L'explosion a été ressentie comme un tremblement de terre de magnitude 2,1 enregistrée par l'USGS (United States Geological Survey). Des dizaines de maisons et d’immeubles ont été complètement détruits.

Astrium GEO-Information Services vient de publier sur son site une série d’images acquises par le satellite à très haute résolution Pléiades. Cet exemple illustre à nouveau à la fois le niveau de détail et la grande réactivité de la constellation des deux satellites Pléiades lancés en 2011 et 2012. Avec Spot 6, lancé en septembre 2012, et prochainement Spot 7, ce seront bientôt quatre satellites, à la même altitude de 694 kilomètres, qui pourront répondre aux demandes d’acquisition d’urgence, en conciliant très haute résolution (50 cm pour les images Pléiades) et largeur de champ (60 kilomètres pour les images Spot 6 et Spot7

La première image présentée ici est un extrait en pleine résolution d’une scène acquise par Pléiades le 22 avril 2013.

 

Pleiades---Waco---West---explosion-Usine-engrais---22-04-2.jpg

L’usine d’engrais de West après l’explosion du 17 avril 2013. Extrait d’une image acquise
par le satellite Pléiades le 22 avril 2013 à 17h27 UTC.
Copyright CNES 2013 – Distribution Astrium Services / Spot Image.

 

De Techernobyl à l’est au Texas à l’ouest : le regard sans frontières des satellites d’observation

La seconde image est un exemple de carte produite à partir de ce type d’image pour évaluer les dégâts. C’est le type de produit de cartographie rapide qui est également réalisé en cas de catastrophes naturelles, régulièrement illustrée sur le blog Un autre regard sur la Terre. C’est le cas par exemple de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, le 26 avril 1986, il y a exactement 27 ans aujourd’hui : quelques semaines après son lancement, le premier satellite Spot fournissait des images de la situation en Ukraine. Cet épisode a certainement contribué à faire connaître le rôle des satellites d’observation de la Terre. Sans limite de frontière, il peuvent témoigner de situations dans des endroits inaccessibles, géographiquement ou politiquement.

 

A West, du nouveau…

Les photo-interprètes d’Astrium Services ont effectué une analyse de la situation après l’explosion et établi une carte renseignée et légendée. L’échelle en haut à droite donne une idée du niveau de détail visible sur les images fournies par Pléiades. Juste après une catastrophe, ces cartes peuvent servir aux secours immédiats. Un peu plus tard, ils sont utilisés pour l’évaluation détaillée des dégâts ou pour planifier les travaux de reconstruction.

 

Astrium-Services---Pleiades---Carte-des-degats----West--.jpg

Carte des dégâts après l’explosion produit par les photo-interprètes d’Astrium GEO-Information Services à partir de l’image Pléiades. Copyright CNES 2013 – Distribution Astrium Services / Spot Image

 

Un petit tour se le catalogue des images Pléiades d'Astrium GEO-Information Services permet de se rendre compte des conditions d'acquisition de l'image et demesurer à nouveau l'intérêt de l'agilité des satellites Pléiades.

 

Waco - West - Usine engrais - Satellite pléiades - Catalog

 Copie d'écran du catalogue des images Pléiades d'Astrium GEO-Information Services

 

Quatre acquisitions ont été effectuées dès l'annonce de l'explosion de l'usine de West, le 17, le 18, le 21 et le 22 avril. L'acquisition du 22 avril a permis de prendre une image sans nuage. C'est grâce à l'agilité de Pléiades que cette succession d'acquisitions est possible.

 

Le douloureux souvenir de l’AZF à Toulouse

Dans le sud-ouest, l’explosion de West a rappelé un très mauvais souvenir : l’explosion à Toulouse de l’usine AZF, également, une usine d’engrais. Le 21 septembre 2001, elle avait causé la mort de 31 personnes, fait 2500 blessés et défiguré la ville de Toulouse. C’était également peu de temps après un autre attentat : c'était au World Trade Centre le 11 septembre 2001.

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 08:31

Les deux images suivantes ne viennent pas d’un satellite d’observation de la Terre. Elles ont été prises le 2 décembre 2012 à partir de la station spatiale internationale (ISS) par un des membres de l’expédition 34. A ce moment, Bopha était encore au large de Philippines.

 

ISS - Expedition 34 - Typhon Bopha - 02-12-2012ISS - Expedition 34 - Typhon Bopha - 02-12-2012 - 2Deux images du typhon Bopha prises le 2 décembre 2012 par l’équipage de l’expédition 34 de la
station spatiale internationale (ISS). Crédit image : NASA

 

Bopha s’est formé le 25 novembre, dans le Pacifique nord-ouest, à une latitude de 3,6° N, un position inhabituellement au sud. D’une simple dépression tropicale, il a évolué en tempête tropicale pour devenir un typhon le 30 novembre 2012. Le typhon Bopha est nommé Pablo par la PAGASA (Philippine Atmospheric Geophysical and Astronomical Services Administration), l’organisme en charge de la veille cyclonique pour la région.

Classé en catégorie 5 (le niveau le plus élevé) sur l'échelle de Saffir-Simpson avec des vitesses de vent de 260 km/h (davantage en rafale), il a dévasté la côte sud de l’archipel et en particulier l'île de Mindanao dans la nuit du mardi 4 au mercredi 5 décembre 2012.

 

PAGASA - Typhon Bopha - TrajectoireLa trajectoire du typhon Bopha. Crédit image : PAGASA

 

Bopha va probablement être l'un des typhons les plus meurtriers de ces dernières années dans les Philippines. Le bilan provisoire continue de s'alourdir : près de 500 personnes sont décédées et on compte près de 400 disparus. 250000 personnes seraient sans abri. Les zones les plus touchées sont la côte est et les localités de New Batann et Monkayo.

Selon l’AFP, la plupart des victimes du typhon sur Mindanao étaient des migrants très pauvres, attirés dans les montagnes de la région, pour travailler dans des petites mines d'or, dépourvues de toute sécurité. Le typhon a causé beaucoup de glissements de terrain et a également détruit le quart des plantations de bananes des Philippines, troisième exportateur mondial.

 

SUOMI NPP - VIIRS - Typhon Bopha - 03-12-2012Une image en couleurs naturelles du typhon Bopha prise le 3 décembre 2012 pour l’instrument VIIRS
(Visible Infrared Imaging Radiometer Suite) du satellite américain SUOMI NPP. Crédit image : NASA

 

Une vingtaine de de tempêtes ou typhons importants touchent les Philippines chaque année, essentiellement pendant la saison des pluies (de juin à octobre). Bopha est le 16ème de l’année 2012. En 2011, 29 typhons avaient causé la mort de 1.500 personnes. On se souvient des dégâts causés par la tempête Washi, avec 1.200 victimes à Mindanao.

La charte internationale « Espace et Catastrophes majeures » a été déclenchée : les satellites d’observation sont mobilisés pour cartographier les dégâts de Bopha.

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 11:40

NPP - Suomi - Sandy - New York - Côte est - 01-11-2012

NPP - Suomi - Sandy - New York - Côte est - 31-08-2012

Deux images de la côte est des Etats-Unis après et avant le passage de l’ouragan Sandy prises par
le satellite Suomi NPP. En haut, image acquise le 1er novembre 2012 à 6h52 UTC. En bas,
la même région vue le 31 août 2012 à 6h14 UTC. Cliquer sur les images pour voir les détails.
Crédit image : NASA / NOAA /DOD / CIMSS / University of Wisconsin

 

Les coupures de courant causées par l'ouragan Sandy vues par satellite

Les deux images montrent la côte Est des Etats-Unis avec le New Jersey, New York et l’est de la Pennsylvanie. Elles ont été acquises par le capteur VIIRS (Visible Infrared Imaging Radiometer Suite) du satellite Suomi NPP. Ce sont des images de résolution moyenne (environ mètre par pixel). L’image du haut a été prise juste après le passage de l’ouragan Sandy. Celle en bas date de la fin du mois d’août. Dans les deux cas, c’est la pleine nuit sur la côte Est.

Les longueurs d’ondes utilisées sur ces images (« day-night band » avec une combinaison de bandes spectrales allant du vert au proche infra-rouge) mettent en particulier en évidence les lumières nocturnes des villes et la lumière réfléchie par la Lune.

Malgré la couverture nuageuse (éclairée par la Lune) liée au passage de Sandy, l’image prise le 1er novembre permet, avec un peu d’attention, de voir des différences notables d’éclairage des zones urbaines : ce sont les coupures d’électricité, notamment la partie sud de Manhattan et dans une moindre mesure Long Island, Rockaway Beach et la partie centrale du New Jersey. Pour bien vous repérer, je vous recommande d’utiliser Google Earth ou de comparer avec une image à haute résolution de Manhattan prise par le satellite Pléiades.

Sandy volts

Dimanche dans la journée, les médias indiquait que la quasi-totalité du quartier de Manhattan à New York avait à nouveau de l'électricité. Heureusement car la météo prévoit une chute des températures et un nouvelle vague de mauvais temps à partir de mercredi.

Néanmoins, sur l’ensemble de l’état de New York, près de 750000 personnes étaient encore privées d'électricité. Au total, le département américain de l'Energie indiquait que 2,5 millions de personnes étaient encore affectées par des coupures d’électricité dans les sept Etats touchés par l'ouragan Sandy.

C’est la pénurie d’essence, pour le chauffage et les groupes électrogènes, qui semble être le problème majeur.

 

Black out ? Quel impact sur la maison blanche...

Quelques heures avant les élections aux Etats-Unis, il est difficile d’évaluer l’impact qu’auront la gestion et les conséquences de la tempête Sandy. Barack Obama semble avoir bénéficié de son rôle de président en exercice en période de crise. Pendant la campagne, Mitt Romney avait également critiqué le budget de la FEMA (Federal Emergency Management Agency) jugé excessif. La FEMA est l’organisme chargé de la gestion crises et des catastrophes majeures au niveau fédéral. Sandy lui a peut-être donné tort.

Au total, le bilan provisoire de l’ouragan Sandy est d’au moins 110 (sic !) morts aux Etats-Unis et au Canada et de 69 victimes dans les Caraïbes (dont 54 à Haïti et 11 à Cuba). Selon certaines estimations, le coût économique de la catastrophe pourrait atteindre 50 milliards de dollars.

 

Les premières images à haute résolution des dégâts causés par Sandy

Malgré la couverture nuageuse, des images prises par les satellites optiques à haute résolution commencent également à être publiée

Par exemple, les deux images ci-dessous ont été prises par le satellite GeoEye-1. Elles montrent la zone côtière de Seaside Heights dans le New Jersey après le passage de Sandy le 31 octobre 2012 avec, pour comparaison, une autre image datant du 7 septembre 2010. Les dégâts sur la plage et dans le parc d’attraction sont bien visibles La résolution des images d’origine est de 50 centimètres. De manière générale, c’est en comparant des images d’une même zone prises avant et après une catastrophe que les spécialistes de la cartographie rapide produisent les premières cartes de l’étendue des dommages. C’est le cas par exemple avec le service européen GMES de réponse aux situations d’urgence.

Geoeye 1 - Sandy - New Jersey - Seaside Heighs - 07-09-2010 Geoeye 1 - Sandy - New Jersey - Seaside Heighs - 31-10-2012

Deux images de Seaside Heights dans le New Jersey acquises par le satellite GeoEye-1.
A gauche, image du 7 septembre 2010. A droite, image du 31 octobre 2012.
Crédit image : GeoEye.

 

Une autre image provenant cette fois-ci d’un capteur embarqué sur un avion montre la ville côtière de Mantoloking et les dégâts causés par Sandy au pont construit en 2005. Plusieurs habitations ont également été touchées par les vents forts et les inondations causées par l’élévation temporaire du niveau de la mer. Un incendie s’est même déclenché après la rupture d’une conduite de gaz.


NOAA - Sandy - Aérien - New Jersey - 18-03-2007 NOAA - Sandy - Aérien - New Jersey - 31-10-2012 - RR 

Images aériennes de la ville de Mantoloking. A gauche, image de mars 2007. A droite, image acquise
le 31 ocotbre 2012 à environ 2500 mètres d’altitude avec un capteur Trimble (Digital Sensor System).
Crédit image : NOAA Remote Sensing Division.

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 22:34

Metop A - Ouragan Sandy - 28-10-2012 - 14h47 - RRL’ouragan Sandy vue par le capteur AVHRR du satellite Européen Metop-A. Image en « couleurs
naturelles » acquise le 28 octobre 2012 à 14h47 UTC. Le trait de côte a été ajouté à l’image pour
donner une indication de l’échelle. Crédit image : Eumetsat 2012

 

Un arbitre prénommé Sandy ou… Frankenstorm.

Après les derniers débats, on s’attendait à une fin course haletante entre Barack Obama et Mitt Romney dans la semaine qui précède l’élection présidentielle aux Etats-Unis. C’est peut-être finalement Sandy qui va arbitrer le match.

Barack Obama et Mitt Romney ont annulé des rendez-vous électoraux prévus lundi et mardi, à une semaine de la présidentielle du 6 novembre. Barack Obama a annulé un meeting en Floride pour rentrer directement à bord de son avion Air Force One à Washington et superviser les opérations. Il a également renoncé à un déplacement dans le Wisconsin pour mardi. Celui de mercredi dans l'Ohio, un état très important pour le résultat de la présidentielle, était maintenu sous réserve d’une réévaluation de la situation.

Mitt Romney et son colistier Paul Ryan ont annulé tous les meetings électoraux prévus, avec, pour lundi soir et mardi. Quatre des neuf Etats considérés comme déterminants pour l'élection présidentielle du 6 novembre se trouvent sur la route de Sandy: la Caroline du Nord, la Virginie, l'Ohio et le New Hampshire. L'ouragan va toucher des zones de population particulièrement denses.

 

Elle s’appelle Sandy mais les vents soufflent à plus de 150 km/h

L’image ci-dessus acquise par le satellite européen Metop donne une idée de la taille de cette tempête qui se déplace très lentement au-dessus de l’atlantique.

Elle a été prise par le capteur AVHRR-3 (Advanced Very High Resolution Radiometer). Le chiffre 3 indique que c'est la troisième génération de ce capteur très important pour la météorologie par satellite en orbite basse. Il équipe les deux satellites MetOp actuellement en orbites ainsi que les derniers satellites de la NOAA (NOAA 15 à NOAA 19). La fauchée (la largeur de terrain vue au sol au cours d'un passage du satellite) est très grande : 2940 kilomètres. La résolution est moyenne : 500 mètres au nadir pour le canal visible entre 0,58 µm et 0,68 µm et 1090 mètres pour les autres bandes. L'image présentée ici est une composition colorée avec pour la couleur rouge la bande proche infra-rouge (de à µm), pour la couleur verte la bande visible n°2 (de 0,72 µm à 1,10 µm) et pour le bleu la bande visible n°1 (de 0,58 µm à 0,68 µm).


« Le pire est à venir, restez à l'abri et ayez du bon sens »

Tel est l’avertissement lancé lundi par Andrew Cuomo le gouverneur de l'Etat de New York. 375.0000 personnes ont été évacuées à New York et le long de la côte est des Etats-Unis entre le Maryland et le Connecticut. Plus de 10.000 vols ont été annulés, les trains ne roulent plus et le trafic routier est déconseillé. Une décision qui témoigne de l’importance de l’évènement : la bourse de Wall Street va fermer ses portes pour deux jours.

Sandy, alias Frankenstorm, doit toucher terre lundi 29 octobre au soir au sud de New York juste avant Halloween.

 

Pas de ponts pour le pont

Mardi en fin d’après-midi, le gouverneur de New York annonçait la fermeture de plusieurs ponts à cause de la violence des vents : il s’agit entre autres du Tappan Zee sur l’Hudson au nord de Manhattan, du pont de Verrazano entre Brooklyn et Staten Island et du George Washington Bridge sur l’Hudson River.

 

NHC - Ouragan Sandy - TrajectoireSandy - Prévision précipitations - 29-10-2012Deux cartes produites par le National Hurricane Centre (NHC) de Miami. En haut, la prévision de
trajectoire de Sandy. En bas, la prévision de la quantité de précipitation pour le 29 octobre 2012.
Crédit image : NOAA / NHC

 

Le bulletin d'alerte du NHC mentionne les vitesses de vents élevées, de l'ordre de 150 km/h avecdes rafales de force supérieure (même si elles sont inférieures aux vitesses de cyclone tropicaux) mais cite surtout les pluies diluviennes et un risque important de surcôte en zone côtière, notamment à Long Island et dans le port de New York :

"STORM SURGE...THE COMBINATION OF AN EXTREMELY DANGEROUS STORM SURGE AND THE TIDE WILL CAUSE NORMALLY DRY AREAS NEAR THE COAST TO BE FLOODED BY RISING WATERS. THE WATER COULD REACH THE FOLLOWINGDEPTHS ABOVE GROUND IF THE PEAK SURGE OCCURS AT THE TIME OF HIGH TIDE..."

 

Haïti, sévèrement touché, une fois de plus...

A Haïti, après le passage de Sandy, le bilan provisoire s'élève à 51 morts, 15 disparus et 19 blessés. Il est tombé plus de 500 mm d’eau sur certaines parties de l’île.

Les régions d'Haïti les plus affectées par les intempéries sont l'Ouest, dont Port-au-Prince, et le sud. Alors que le pays ne s’est toujours pas remis du séisme de janvier 2010, l’ouragan a également causé des dégâts importants au réseau routier et aux surfaces agricoles.

 

En savoir plus :

 

 

 

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  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
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