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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 12:06
SEMAINE_DU_DEVELOPPEMENT_DURABLE-2011.jpg

« Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants » (Antoine de Saint-Exupéry,
citation attribuée)

Une semaine pour changer nos habitudes

Chaque année, c’est du 1er au 7 avril… Encore 3 jours pour y participer en souhaitant que les bonnes résolutions prises s'appliquent encore après la fin de la semaine ! L’objectif de la Semaine du développement durable est de sensibiliser le public aux enjeux du développement durable et inciter chacun à adopter des comportements plus responsables. Au niveau national, régional ou local, de nombreuses initiatives d’associations, d’entreprises, de services publics, de collectivités territoriales ou d’établissements scolaires sont organisées.

 

Le thème de l’année 2011 est « changeons nos comportements », qu’il s’agisse de consommation et des achats responsables, du fonctionnement des entreprises, de la biodiversité et de la protection de l’environnement, de transports, des déchets, de l’habitat.

Evidemment, ce qui se passe en ce moment au Japon avec « la catastrophe qui ne pouvait pas arriver » à la centrale de Fukushima incite également à se poser des questions sur les choix de politique énergétique en France, en Europe et dans le monde.

 

Un enjeu politique ?

Dans son projet pour 2012 présenté officiellement mardi 4 avril, le parti socialiste de « sortir de la dépendance du nucléaire et du pétrole » et de développer les économies d’énergie et les énergies renouvelables, avec « Un nouveau mix énergétique avec rattrapage du développement des énergies renouvelables pour sortir du tout nucléaire et du tout pétrole en 30 ou 40 ans. »

Europe Ecologie propose de « sortir du nucléaire » : « Pour progressivement réorienter sa politique énergétique, la France doit envisager un nouveau modèle de société plus sobre, plus efficace et basé sur les énergies renouvelables. Dès aujourd’hui, il faut stopper la plus vieille centrale nucléaire de France, celle de Fessenheim qui cumule les risques sismiques et d’inondation, et interrompre la construction de l’EPR à Flamanville ».

Pour l’UMP, « Le nucléaire est un élément clé de notre indépendance énergétique puisqu’il assure 80% de notre consommation d’électricité. Quelle est l’alternative au nucléaire aujourd’hui ? Les énergies renouvelables ? Elles sont évidemment une solution d’avenir (selon les objectifs du Grenelle de l’environnement, elles devraient représenter 23% de notre consommation finale d’électricité d’ici à 2020) mais elles ne peuvent à elles seules remplacer l’ensemble de la production nucléaire ! ».

Visiblement, ce sera un des thèmes de la campagne en 2012 mais les enjeux vont bien au-delà… Souhaitons que les acteurs de la culture scientifique, technique et industrielle y apportent leur contribution et permettent aux citoyens de faire un choix éclairé (à basse consommation si possible !) dans un domaine où la qualité de l’information communiquée au public peut visiblement encore beaucoup progresser…

 

Développement durable, quesaco ?

Le terme anglo-saxon est peut-être plus explicite : « sustainable development » ou, en traduction mot à mot, développement soutenable.

L’encyclopédie Wikipédia rappelle la définition proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement des Nations Unies (WCED) dans le rapport Brundtland « Notre avenir à tous », le développement durable est « un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Cette notion de développement durable introduit deux concepts :

  • le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à traiter en priorité,
  • les limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.

L'objectif est de proposer des scénarios viables, équitables et vivables, conciliant les aspects économiques, sociaux, et écologiques des activités humaines à long terme.

Adoptés en 2000 par 189 États, les Objectifs du millénaire pour le développement, recommandent des scénarios construits sur :

  • l’efficacité (techniques plus performantes),
  • la sobriété (utilisation parcimonieuse des ressources),
  • l’utilisation de ressources renouvelables.

Sachant que l’ambition affichée en 2000 étaient d’atteindre ces objectifs d’ici 2015, il va falloir accélérer un peu le mouvement… C’est dur de durer !

piliers du développement durable : social, écologique, économique

Les trois piliers du développement durable : social, écologique et économique.
Crédit image : Gédéon / Planète Sciences Midi-Pyrénées

 

A Toulouse et en région Midi-Pyrénées, du rab pour le durable : penser globalement, agir localement…

La région Midi-Pyrénées, la communauté urbaine du Grand Toulouse et d’autres collectivités comme le SICOVAL ont chacun mis en place des programmes d’animation pour la semaine du développement durable entre le 1et et le 7 avril. Il vous reste quelques jours pour y participer, individuellement ou avec vos élèves.

A Toulouse, c’est en relation directe avec l’adoption du plan climat et de son slogan « Plan climat : on s’y met tous ! » : des expositions, des projections de films, des conférences et des débats, des randonnées pédestres ou en vélo et des animations comme la journée de l’environnement le mercredi 6 avril dans le quartier Empalot, journée à laquelle participe Planète Sciences Midi-Pyrénées (en proposant ses animations « Un autre regard sur la Terre) avec beaucoup d’autres associations.

Pour le SICOVAL, la communauté d’agglomération du sud-est toulousain, c’est « Trionval, le climat dans tous ses états » avec également un programme très varié, où Planète Sciences Midi-Pyrénées intervient également sur le thème de « l’énergie dans l’habitat ». Mentionnons également dans plusieurs villes une exposition sur le bilan carbone du Sicoval, des animations sur les marchés de plein vent et des projections de film, comme par exemple, le mercredi 6, au cinéma Gaumont de Labège, la projection de 2 épisodes de la série animée Les Sauvenature (« De l’eau pour tous » et « Urgence sur la banquise ») ou, à la salle des fêtes de Montgiscart, une soirée ciné-débat avec la projection du film « Un avenir à quel prix » de David Martin sur le réchauffement climatique.

 

GT-Plan-Climat-Programme-12p-HR2-1.jpg trionval_2011_400.jpg

Les deux affiches de la semaine du développement durable pour le Grand Toulouse et pour le Sicoval

 

Espace et développement durable : Envisat, un satellite d’observation qui dure

Quelques mots sur le rôle de l’espace et des satellites d’observation au service de l’environnement et du développement durable ? D’abord, c’est un des objectifs du blog Un autre regard sur la Terre de présenter les différents domaines d’applications. Je vous invite à consulter les différents articles classés par catégorie (agriculture, risques et catastrophes naturelles, changement climatique, développement urbain, forêts et déforestation, océans, gestion de l'eau, etc.)

En bref, les satellites sont une source d’information qui permet de :

  • comprendre les phénomènes en jeu et prévoir leur évolution (dans ce cas, la science et les scientifiques sont les utilisateurs : niveau de la mer, diminution des calottes glaciaires, etc.),
  • constater l’état réel de la planète et l’évolution de notre environnement (déforestation, développement urbain, évolution de l’occupation des sols, etc.),
  • surveiller ou contrôler les activités humaines légales ou illégales (pratiques agricoles, pêche, déforestation, pollutions en mer, etc.),
  • évaluer l’impact des décisions politiques (trou dans la couche d’ozone, émissions de gaz à effet de serre),
  • apporter un support à l’aide d’urgence en cas de catastrophe majeure (inondations, incendies, tremblements de terre, etc.)
  • et, « last but not least », pour le grand public, jouer un rôle de sensibilisation et de prise de conscience des enjeux et des impacts.

Les satellites ne prennent pas les décisions à notre place mais les images qu’ils fournissent apportent une information souvent irremplaçable (globale, répétitive, objective, accessible à distance) pour se poser les bonnes questions et prendre des décisions en connaissance de cause. Ce sont les satellites, avec désormais des archives d’images remontant à plus de 40 ans, qui ont permis de comprendre ou de percevoir l’importance de phénomènes comme le trou dans la couche d’ozone, l’élévation du niveau de la mer ou le mécanisme El Niño (avec la série de satellite d’altimétrie spatiale), l’ampleur et l’extension de la déforestation de la forêt amazonienne.

Modele DPSIR - Environnement et rôle des satellites d'observation

Illustration du rôle des satellites d'observation au service de l'environnement. On utilise ici le modèle
DPSIR défini par l'Agence Européenne de l'environnement (EEA) pour décrire les interactions entre
la société et l’environnement. Crédit image : Gédéon


Je profite de cet article pour un clin d’œil au satellite européen Envisat, un des satellites dont je publie régulièrement des images sur le blog Un autre regard sur la Terre. Lancé le 1er mars 2002 depuis Kourou par Ariane 5, Envisat avait sur le papier une durée vie nominale de 5 ans. Descendant des satellites ERS-1 et ERS-2, il vient de fêter en mars 2011 ses 9 ans en orbite en fonctionne toujours. Un développement durable…

D’une masse de 8,2 tonnes au lancement, ENVISAT embarque dix instruments d’observation couvrant des longueurs d’onde 0,2 µm à 10 cm. C’est le plus grand satellite d’observation construit en Europe, réalisé sous la maîtrise d’œuvre d’Astrium pour le compte de l’Agence Spatiale Européenne. A partir de l’année 2013, dans le cadre du programme GMES (Global Monitoring for Environment and Security), de nouveaux satellites plus petits, avec des missions plus spécialisées, prendront le relais d’Envisat : ce sont les satellites « Sentinel »…

J’utilise souvent les images fournies par le capteur MERIS du satellite Envisat. Voici aujourd’hui une image récente provenant du radar ASAR. L’image publiée ici a été acquise dans le mode dit « Wide Swath Mode » (WSM) ou champ large. La résolution est moyenne (150 mètres) mais un seul passage permet de couvrir une zone de plus de 400 km de fauchée, en s’affranchissant de la couverture nuageuse. L’exemple ci-dessous montre ainsi pratiquement la totalité de la chaîne des Pyrénées.

 

Envisat---ASAR---Midi-Pyrenees---30-03-2011---10h11---RR4.jpgImage acquise par le radar ASAR du satellite Envisat en mode « Wide Swath » le 30 mars 2011 à
10h11 UTC. La résolution de l’image publiée ici est réduite d’un rapport 4 par rapport à l’image originale. Crédit image : Agence Spatiale Européenne.

 

Je reviendrai dans un prochain article sur la lecture des images Radar qui sont assez inhabituelles pour un œil humain qui fonctionne, comme le satellite Spot, avec un principe d’observation passive : notre œil « voit » la lumière solaire réfléchie par les objets alors que le radar emporte sa « source d’éclairage », en l’occurrence un signal électromagnétique en « bande C » à 5,33 GHz (5,6 cm de longueur d’onde, au milieu de la bande C). Pour cette raison, il peut voir la nuit et à travers les nuages.

Evidemment, l’œil humain doit être éduqué avant de pouvoir interpréter des images Radar : voyez par exemple comment apparaissent les montagnes de la chaîne des Pyrénées. C’est assez différent des cartes en relief que vous avez l’habitude de voir. On localise assez facilement les zones urbaines qui apparaissent plus clair, comme Toulouse, Pau, Tarbes, Carcassonne, Narbonne ou Perpignan, et de l’autre côté des Pyrénées, Barcelone, Lleida ou Saragosse.

J’ai également extrait deux zones en pleine résolution, illustrant à mon avis deux sujets en relation avec le développement durable :

  • Sur le thème du développement urbain, une zone centrée autour de Toulouse, où on distingue la Garonne, la zone de l’aéroport de Blagnac, la forêt de Bouconne à l’ouest dont la texture contraste avec le parcellaire agricole environnant.
  • Sur le thème de la gestion de l’eau, en Espagne, une partie du cours de l’Ebre, la traversée des gorges de la chaîne catalane et son delta en Catalogne, une des zones humides les plus importantes d’Europe, avec une riziculture intensive et le parc naturel du delta de l’Ebre, entre Tarragone et Valence.
Envisat---Extrait-ASAR---Midi-Pyrenees---30-03-2011---10h11.jpg Envisat---Extrait-ASAR---Catalogne---30-03-2011---10h11---F.jpg

Deux extraits en pleine résolution de l’image ASAR acquise le 30 mars 2011 par le satellite Envisat.
A gauche, les environs de Toulouse. A droite, le fleuve Ebre en Espagne. Cliquer sur les images pour
les afficher en plein format. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA).

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’utilisations pédagogiques en classe :

  • Participer aux animations proposées dans le cadre de la semaine du développement durable.
  • Organiser dans votre établissement scolaire une programme pédagogique autour du développement durable ou, plus ambitieux, une action « Agenda 21 » (voir les détails sur le site portail des agendas 21).

 

 

 

 

 

 

 

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  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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A Propos De L'auteur

  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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