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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 11:50

Une image impossible ?

TSX - MIR - 30-05-2008 Mise en orbite à partir de février 1986 avec des éléments lancés jusqu’en 1996 , la station MIR a été volontairement détruite le 23 mars 2001 avec un rentrée dans l’atmosphère et la chute des derniers débris dans le Pacifique Sud. Le satellite d'observation de la Terre TerraSAR-X a été mis en orbite le 15 juin 2007, par un lanceur Dniepr, depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, donc plus de six ans après la fin de la mission MIR.

Où est l’erreur ?

En fait, cette illustration est un extrait d’une image couvrant le parc de la Cité de l’espace à Toulouse acquise le 30 mai 2008 par le satellite Terrasar-X. On y voit donc bien la station MIR, ou plus précisément le modèle technologique installé à la Cité de l’espace et fourni par la société Khrounitchev.

 

Terrasar-X---Cite-espace---30-05-2008-1.jpg

Extrait d’une image du satellite Terrasar-X acquise le 30 mai 2008. Ce jour-là , la couverture nuageuse est très importante. Cliquer sur l’image pour voir la scène complète. La résolution est réduite par rapport à l’image originale. (Crédit image : Infoterra GmbH)

Pour la petite histoire, en mai 2008, au moment où cette image a été acquise se tenait à la cité de l’espace l’exposcience régionale Explora Sciences organisée en région Midi-Pyrénées par les associations du CIRASTI (Collectif Interassociatif pour la Réalisation d'Activités Scientifiques Techniques Internationales, association loi 1901 dont Planète Sciences est membre fondateur). A la même époque, c’était également la période de la candidature pour la capitale européenne de la culture en 2013. Toulouse était candidat. Avec un peu d’attention, vous pourrez lire sur cette image, entre le périphérique de Toulouse et les pistes de l’aérodrome de Lasbordes le texte « Toulouse 2013 », avec de grandes lettres écrites au rotovateur. La zone fauchée correspond à une hauteur de végétation d’environ 40 à 50 centimètres. Avec l’excellente lisibilité du parcellaire agricole et des limites des champs, cet exemple illustre bien les performances de l’imagerie Radar à haute résolution.

 

TLS 2013 003l

Photo prise à partir d’un avion de tourisme montrant la zone couverte par l’image Terrasar-X
(Crédit image : Philippe Droneau)

 

La station orbitale MIR

La station spatiale MIR a été assemblée progressivement à partir de plusieurs modules, mis en orbite successivement. Le cœur de Mir était le lieu de vie et de commande de la station. Kvant 1 et Kvant 2 embarquaient des expériences scientifiques d’astrophysique, de biologie et d’observation de la Terre, et, c’est également utile, la douche de l'équipage. En 1990, Kristall a complété les possibilités d’expériences scientifiques à bord de MIR. A partir de 1995, Spektr a élargi l’espace de vie et de travail, en particulier pour les missions en coopération avec les Etats-Unis. Priroda était conçu pour les expériences d’observation de la Terre.

 

Une petite histoire de la station MIR en quelques dates et anecdotes avec un regard français…

  • 1979 : l’URSS décide de lancer un programme de station spatiale à plusieurs modules pour des missions civiles et militaires.
  • 20 février 1986 : lancement du premier module de la station MIR.
  • 13 mars 1986 : séjour du premier équipage constitué de Leonid Kizim et Vladimir Soloviev.
  • 31 mars 1987 : arrimage du module Kvant 1. L’année 1987 correspond au démarrage des séjours de longue durée dans l’espace avec une occupation presque ininterrompue de la station MIR jusqu’en août 1999 (à l’exception d’une courte période en 1989 à la suite du report de lancement d’un vaisseau Soyouz).
  • 26 novembre 1988 : lancement de la mission Aragatz avec le français Jean-Louis Chrétien. Première sortie extravéhiculaire d’un spationaute non américain et non russe. Le spationaute français emporta avec lui une mallette d’expériences pédagogiques, préparées les animateurs bénévoles de Planète Sciences (à l’époque : Association Nationale Sciences Techniques Jeunesse, ANSTJ), pour mettre en évidence des principes élémentaires de physique liés à l’impesanteur et à la propulsion par réaction. Les Expériences "Inclinaison" (dans l'espace la notion de plan incliné n'existe pas), "Densité" (séparation d'un mélange de fluides et de matériaux hétérogènes), "Réaction" (propulsion par éjection d'une masse) et de "ballon" (propulsion par éjection d'une masse gazeuse) furent mises en oeuvre au cours de cette mission.
  • Août 1989 : premier vol d’un cargo Progress vers MIR.
  • Décembre 1989 : arrimage du module Kvant 2 (au deuxième essai).
  • 31 mai 1990 : lancement puis arrimage du module Kristall, toujours après quelques difficultés de rendez-vous.
  • 7 février 1991 : rentrée dans l’atmosphère de la station Saliout 7 après 8 ans et 10 mois sur orbite. Les modules de MIR sont issus de l’expérience acquise par les russes avec le programme Saliout.
  • Du 19 mai 1991 au 25 mars 1992 : pendant son séjour de 15 mois à bord de MIR Sergueï Krikalev assiste à la disparition de l’URSS depuis l’espace ! Il a décollé d’un pays appelé l’URSS dirigé par Mikhaïl Gorbatchev et, lorsqu'il est revenu sur Terre, c’était en Russie, présidée par Boris Eltsine. A ce sujet, voir absolument l'étonnant film « Out of the Present ».
  • 27 juillet 1992 : Lancement de la mission Antarès avec le séjour du français Michel Tognini.
  • Décembre 1993 : la russie décide de participer au projet de station spatiale Alpha, qui deviendra l’ISS. Quelques mois plus tard, en février 1994, Sergueï Krikalev devient le premier russe à séjourner à bord d’une navette spatiale américaine.
  • 1er Juillet 1993 : Lancement de la mission Altaïr, avec le français Jean-Pierre Haigneré.
  • 22 mars 1995 : retour sur terre du cosmonaute russe Valeri Polyakov après un séjour de 437 jours consécutifs à bord de MIR. C’est à ce jour le record du plus long séjour humain dans l’espace : Valeri Polyakov a effectué 7 075 révolutions (c’est vraiment beaucoup même pour un soviétique !) autour de la Terre et parcouru plus de 300 millions de kilomètres (un aller-retour terre-soleil !)
  • Avril 1996 : l’arrimage du module Priroda, sixième et dernier module de MIR, avec des équipements de télédétection amène la station MIR à sa configuration finale.
  • 1997 : l’année des ennuis…
  • 23 février 1997 : un feu se déclare à bord de MIR. Il est maîtrisé !
  • Juin 1997 : le module Spektr est endommagé après une collision avec un véhicule Progress. La perte d’étanchéité de Spektr après à condamner ce module.
  • 10 juillet 1998 : inauguration du modèle d’entraînement de la station MIR installé à la Cité de l’espace à Toulouse
  • novembre 1997 : à l'occasion du quarantième anniversaine de la mise en orbite du premier satellite, lancement à la main à partir de MIR du satellite Spoutnik 40, réplique du premier satellite Spoutnik. C’était la première fois qu’un satellite actif était lancé de cette manière.
  • 20 novembre 1998 : lancement par une fusée proton de Zarya, premier module de la station spatiale internationale (ISS). Une nouvelle aventure se prépare…
  • 20 février 1999 : début de la mission PERSEUS et du séjour de spationaute français Jean-Pierre Haigneré. Plus long séjour d’un non russe dans la station MIR (186 jours). C’est également la dernière période habitée de la station MIR.
  • 11 août 1999 : éclipse totale de soleil, photographiée en particulier à partir de la station MIR. Pour la petite histoire, Paco Rabanne, couturier célèbre, certainement inspiré par Nostradamus prédit que la chute de la station orbitale Mir entraînerait le 11 août la destruction partielle de certaines villes du Gers dont Mirande, Auch et Condom… Les survivants continuent à pratiquer la culture scientifique et technique et à recommander à Paco Rabanne de se consacrer à la couture…
  • 28 août 1999 : fin du dernier séjour à bord de la station MIR.
  • 12 juillet 2000 : lancement par une fusée proton du module Zvezda de la station spatiale internationale.
  • 2 novembre 2000 : premier séjour (« Expedition 1 »)à bord de l’ISS. Sergueï Krikalev, Bill Shepherd et Yuri Gidzenko en sont les premiers locataires.
  • 24 janvier 2001 : dernier vol d’un cargo Progress vers la station MIR.
  • 23 mars 2001 : la station MIR est volontairement détruite par rentrée dans l’atmosphère après 15 années et un mois en orbite.

mallette1.JPGPhoto de la mallette d'expériences pédagogiques conçue par l'ANSTJ (Planète Sciences) et exposée
au Musée de l'Air et de l'Espace. La conception et la réalisation des expériences a été supervisée à
l'époque par Michel Maignan.
Crédit photo : Pierre-François Mouriaux.

Pour la petite histoire, en 1996, lorsque Jean-Jacques Favier participa à la mission STS-78/LMS, quelqu'un au CNES se souvint de l'existence des expériences pédagogiques développées pour la mission Aragatz. Pourquoi ne pas les faire revoler ? l'exemplaire de la mallette utilisée en 1988 n'avait pas été ramené sur Terre… Néanmoins, l'exemplaire de rechange existait toujours, soigneusement conservé par un des concepteurs. Après remise en état et traduction en anglais du manuel des procédures, la mallette, rebaptisée "Poids Coq" pour évoquer son sujet d'étude et son origine - était présentée à la NASA et jugée apte au vol. Elle accompagna donc le premier scientifique français de l'espace en juin-juillet 1996 et fut, elle, rapportée sur Terre dans la navette spatiale.

 

MIR à la Cité de l’espace :

Depuis juin 1997, à Toulouse, la Cité de l’espace propose à un très large public de découvrir les technologies spatiales, leurs applications et l’histoire de l’espace. Le site et son exposition permanente s’appuient sur des éléments très spectaculaires, avec en particulier une maquette de taille réelle de la fusée Ariane 5, le Terr@dôme, la salle IMAX et le planétarium, des maquettes de satellites et de vaisseaux spatiaux (XMM Newton, ERS, Soyouz).

La station MIR, modèle technologique provenant de la Cité des étoiles à Moscou et construit par la société Khrounitchev pour entraîner les cosmonautes a été inaugurée le 10 juillet 1998. Neuf astronautes ou cosmonautes assistaient à cette inauguration dont Claudie Haigneré, (première astronautes française) , Jean-Loup Chrétien (premier français dans l'espace), Léopold Eyharts (mission "Pégase" du CNES en 1998), Jean-François Clervoy, (missions Atlantis STS-66 en 1994 et Atlantis STS-84 en 1997 vers Mir), Sergueï Krikalev (le cosmonaute russe qui a séjourné 15 mois dans MIR en 1992, un des cosmonautes les plus expérimentés, qui dirige la cité des étoiles à Moscou depuis 2009).


Claudie Haigneré, MIR, la Cité de l’espace et la culture scientifique et technique :

C’est aujourd’hui l’anniversaire du début séjour de Claudie Haigneré dans la station MIR à l’occasion de la mission Cassiopée. Le lancement effectué par une fusée Soyouz a eu lieu le 17 août à partir de Baïkonour. Le séjour à bord du MIR a débuté le 19 Août avec un retour sur Terre le 2 Septembre 1996. Claudie Haigneré effectue un second séjour dans l’espace à bord de la station spatiale internationale du 10 au 31 octobre 2001. Elle est la marraine de la Cité de l'espace à Toulouse.

 

CNES - Claudie Haignere - Cassiopee -1996

Claudie Haigneré à son retour sur Terre à la fin de la mission Cassiopée (Crédit image : CNES).

 

J’ai eu la chance de la rencontrer à plusieurs reprises dans le cadre de mes activités pour l’ANSTJ puis Planète Sciences, par exemple au cours d’une mission à la Cité des étoiles en Russie en mai 1993 lorsqu’elle s’entraînait avec Jean-Pierre Haigneré, en 1994 pendant l’opération « Décroche-moi la Lune » organisée à Ris-Orangis à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire du premier pas sur la Lune ou encore en 2002, pendant le colloque organisée au Palais de la découverte pour le quarantième anniversaire de l’ANSTJ, devenue à cette date Planète Sciences. A chacune de ces occasions, j’ai pu constater son enthousiasme et sa passion dès qu’il s’agissait de répondre aux questions des jeunes et de les intéresser aux sujets scientifiques et techniques. Son parcours professionnel est un bel exemple pour les jeunes filles qui hésitent à se lancer dans les études scientifiques et techniques.

Claudie - 1993 - Cite des etoiles - Moscou
Claudie - 2002 - 40 ans ANSTJ

A gauche, à la Cité des étoiles en 1993, Claudie Haigneré répond aux questions d’un groupe de lycéens, à l'occasion d'un voyage pédagogique organisé par le CNES. A droite, en 2002, au palais de la découverte, l’ANSTJ fête ses quarante ans et devient Planète Sciences. Crédit image : Gédéon.

 

En février 2010, Claudie Haigneré a été nommée Présidente de l'Etablissement public du Palais de la découverte et de la Cité des sciences (EPPDCSI), Universciences, ensemble né du regroupement entre le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l'industrie et destiné à devenir un opérateur national de référence. Il ne sera pas simple, en particulier dans un période où l’argent public se fait rare, de trouver un équilibre permettant de développer, sur tout le territoire et avec l’ensemble des partenaires de terrain, les actions de culture scientifique et technique.

Souhaitons donc longue vie à la “culture scientifique en réseau“ et aux associations qui y contribuent activement. Cela reste la meilleure solution pour garantir une bonne couverture territoriale et un accès pour tous les publics !

 

En savoir plus :

 

Suggestions d’activités pédagogiques en classe :

  • A Toulouse, visiter la Cité de l’espace avec votre classe et profiter des activités pédagogiques proposées sur place pour les classes et les formations pour les enseignants.
  • En région parisienne, visiter le Palais de la Découverte et la Cité des sciences et de l’industrie. Les deux méritent le voyage...
  • Les possibilités d’expérimentation en impesanteur pour les établissements scolaires proposées par le CNES avec le projet parabole. Un appel à candidature est organisé chaque année. La prochaine campagne est prévue en mars 2011.
vol52 GD0G


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A Propos De L'auteur

  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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