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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 22:20

Vous n’aviez pas Angkor trouvé ?

Quatre personnes, Serge, Nicolas, Sébastien et Cyrille, ont posté la bonne réponse concernant le lieu présenté sur l’image mystère : Il s'agit de l'angle nord ouest du bassin entourant le Temple d' Angkor Wat au Cambodge, à quelques kilomètres au nord de la ville de Siem Reap, du lac de Tonlé Sap et à 240 kilomètres au nord-est de la capitale Phnom Penh. Seul Serge, un habitué des quiz Un autre regard sur la Terre a également identifié le nom du satellite qui a pris cette image, le satellite américain Ikonos 2 mis en orbite le 24 septembre 1999, le premier satellite commercial à fournir des images d’une résolution métrique.

Plus précisément, l’image du quiz, centrée approximativement sur la latitude 13°25’N et la longitude 103°52’E (voir la carte sur Google maps), montre un angle des bassins fossés abritant le temple d’Angkor Vat. Pour fixer les idées, les douves ont une largeur de 190 mètres et la muraille extérieure entourée par ces bassins mesure plus de 1000 mètres de longueur sur 800 mètres de largeur.

Angkor Vat est l’ensemble le plus vaste du complexe d'Angkor. C’est également un des temples les mieux conservés, les fossés le protégeant de la progression de la végétation. La silhouette d’Angkor Vat figure sur le drapeau cambodgien et symbolise l’identité khmère.

 

Ikonos---Angkor---12-04-2004---RR2.jpgIkonos - Angkor - 12-04-2004 - Extrait FR Le temple d’Angkor Vat vu par le satellite américain Ikonos. En haut, image complète en
résolution réduite d’un rapport 2. En bas, extrait centré sur le temple d’Angkor Vat en pleine
résolution. Image acquise le 12 avril 2004. Crédit image : GeoEye.

 

L’utilisation des images SAR et de l’interférométrie : le rôle de l’observation de la Terre en archéologie

L’illustration suivante est un produit interférométrique obtenu par le traitement de deux images radar acquises à deux dates rapprochées. Il s’agit d’une image prise le 17 octobre 1997 par le satellite ERS-1 et une image du 18 octobre prise par ERS-2. Le traitement met ici en évidence l’occupation des sols :

  • La couleur bleue correspond aux surfaces d’eau. Très facile à reconnaître, le rectangle de couleur bleue est le grand réservoir d’eau du Baray occidental, orienté est-ouest, à l'ouest de la ville fortifiée d’Angkor Thom. Avec 8 km de long sur 2,2 km de large, c’est le plus grand réservoir construit par les Khmers. Pendant la saison sèche, il n’est que partiellement rempli d’eau. Au centre, un temple hindou se dresse sur l’îlot du Mebon. Le rectangle des douves d’Angkor Vat est également bien visible, de même qu’une partie du lac de Tonle Sap au sud. A l’est, l’autre rectangle bleu plus petit est le Srah Srang (« le bain royal »), un bassin à proximité du temple de Banteay Kdei et de l’enceinte de Ta Prohm.
  • Le vert correspond… à la végétation dense qui a envahi une partie du site et qui est parfois intimement mêlée aux anciennes constructions.
  • La couleur rouge représente les sols rocheux ou les champs et les zones urbaines apparaissent en jaune.

Angkor Wat SAR IF Orbit 13041 19971018 orProduit interférométrique réalisé à partir de deux images radar des satellites ERS-1 et ERS-2 prises
le 17 et le 18 octobre 1997. Crédit image : Agence Spatiale Européenne (ESA)


Une étude archéologique dirigée par Damian Evans (Département d’archéologie de l’Université de Sydney), Christophe Potier (Ecole Française d’Extrême-Orient, Siem Reap, Cambodge) et Roland Fletcher (NASA Jet Propulsion Laboratory) et publiée en 2007 (voir le texte en anglais) présente une carte archéologique du site d’Angkor établie à partir d’images satellites et de données provenant d’un radar aéroporté (capteur AIRSAR du JPL) et décrit l’apport des données d’observation de la Terre en archéologie.

 

Angkor, victime des aléas du climat : le changement climatique avant l’heure ?

Un travail mené en 2007 à partir d’une nouvelle couverture Radar a établi qu’Angkor était la ville préindustrielle la plus grande du monde, plusieurs fois la taille de la cité maya de Tikal, avec, sur plus de 1000 km2, un impressionnant système d’irrigation et de gestion de l’eau destiné à faire face aux aléas météorologiques (mousson). Les chercheurs émettent également l’hypothèse que ce sont également les travaux d’aménagements et d’exploitation qui ont contribué au déclin d’Angkor, avec déforestation intensive, érosion des sols et difficultés de maintien en état du réseau hydraulique et des digues.

Une autre étude coordonnée par Brendan M. Buckley (Earth Observation Observatory of Columbia University) avec une équipe de chercheurs de plusieurs universités (Sydney, Ehime, Lam Dong, Chiang Mai, Ho Chi Minh City) publiée dans la revue « Proceedings of the National Academy of Sciences » en février 2010 (voir le texte en anglais) conclut qu’Angkor aurait été soumis à de fortes variations climatiques qui auraient fragilisé les infrastructures utilisées par la population. Les chercheurs ont examiné des cyprès vietnamiens âgés de 1000 ans.

L’analyse des anneaux de croissances des arbres montre que deux sécheresses majeures ont eu lieu au milieu du 14ème siècle et au début du 15ème siècle. Des épisodes El Nino sont évoqués avec beaucoup de prudence. Ces longues périodes de sécheresses (plusieurs décennies) auraient été suivies de pluies de mousson d’une intensité inhabituelle provoquant de fortes inondations. Ces inondations ont pu endommager de manière irréparable les systèmes de canaux et de réservoirs qui permettaient à la population de s’approvisionner en eau.

 

En savoir plus :


En savoir Angkor plus :

 

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Publié par Gédéon - dans Quizz-du-mois
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commentaires

Serge 01/12/2011 17:22

Salutation,
comme l'option "Écrire un commentaire" n'apparait pas pour la photo de novembre je le met ici

Lieu :
Au sud de Khartoum, au Soudan, à la confluence du Nil blanc et du Nil Bleu, un arrangement vertigineux des champs irrigués s'étend à travers l'état d'El Gezira. Ce spectacle géométrique de champs
fertiles et verdoyants dépend des milliers de kilomètres de canaux et de fossés qui relient la région du Nil Bleu, à l'ouest. Les rivières et les ruisseaux artificiels font partie d'un projet
d'irrigation appelé le périmètre de Gezira, où les Britanniques ont commencé à l'époque coloniale à cultiver le coton pour l'exportation vers l'Europe.
Le satellite :
TERRA était préalablement connu sous le nom de EOS AM-1. C'est en effet le premier satellite du programme EOS placé sur une orbite héliosynchrone du matin, puisqu'il passe à l'équateur à 10h 30 en
heure locale (nœud descendant), à 705 km d'altitude. Le Système d'Observation de la Terre EOS (Earth Observation System) est la pièce maîtresse du programme de sciences de la Terre de la NASA, et
sa contribution au programme de recherche des USA sur le changement global, plan consensuel inter-agences.

"Capteur" :
ASTER ("Advanced Spaceborne Thermal Emission and reflection Radiometer") est un radiomètre imageur. Il permettra d'obtenir des images de la terre à haute résolution dans les domaines du rayonnement
visible, proche et moyen infrarouge, et infrarouge thermique. Il résulte d'une coopération entre la NASA et le MITI (Japan's Ministry of Trade and Industry), et il est géré par le JAROS (Japan
Resources Observation System Organization). Il comporte trois sous-systèmes distincts : VNIR (deux télescopes pointables latéralement, observant en arrière et au nadir, dans trois bandes à 15
mètres de résolution sur 60 km de champ), SWIR (30 mètres de résolution, 60 km de champ, six bandes dans le moyen infrarouge), TIR (90 mètres de résolution, 60 km de champ, 5 canaux dans
l'infrarouge thermique). Le fonctionnement de ASTER n'est pas permanent (8 minutes par orbite en moyenne).

je n'ai pas trouvé l'année la page web d'aster n'était pas accessible.

A+ serge

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  • : Les satellites d'observation de la Terre au service de l'environnement : images et exemples dans les domaines de l'environnement, la gestion des risques, l'agriculture et la changement climatique. Et aussi, un peu d'espace et d'astronomie, chaque fois que cela suscite questions et curiosité...
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  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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