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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 12:57

 Otages---Cameroun---Nigeria---Google-Earth---21-02-2013.jpg

Carte de la région du lac Tchad montrant la localité de Dikwa et le parc naturel de Wasa.
Images satellites acquises par le capteur MODIS du satellite Terra le 20 février 2013 affichées
sur Google Earth. Crédit : NASA /GSFC / Modi Rapid Response

 

Rumeurs et démentis...

Jeudi 21 février : la plus grande confusion a régné autour de la possible libération des sept otages français enlevés au Cameroun. La nouvelle de leur libération a été annoncée en début de matinée par l'AFP : « selon une source militaire camerounaise, les sept otages sont sains et saufs et ont été remis aux autorités nigérianes ».

Ni la présidence de la République ni le ministère des Affaires étrangères ne confirmèrent malheureusement la possible bonne nouvelle. Après avoir dans un premier temps annoncé cette libération, le ministre délégué aux Anciens combattants, Kader Arif, indiquait qu'il n'y avait « pas de confirmation officielle ».

Selon les informations initialement relayées par les medias, les otages auraient été retrouvés sains et saufs par les autorités nigérianes. Enlevée mardi à proximité du parc naturel de Waza au nord du Cameroun, la famille de sept Français expatriés, dont quatre enfants de 5 à 12 ans, aurait été abandonnée par leurs ravisseurs dans une maison dans la localité de Dikwa, dans l’état nigérian de Borno, à une centaine de kilomètres de la frontière avec le Niger.

L'information a ensuite été démentie sur RFI par le ministre camerounais de la communication. En France, le ministère des Affaires étrangères a ensuite publié un démenti officiel : « Après vérification de nos ambassades, cette information apparaît sans fondement », a expliqué Didier Le Bret, le directeur du centre de crise du ministère français des Affaires étrangères. Un peu plus tard, une autre source, reprise par Reuters parlait de "d'otages localisés entre Dikwa et Ngala".

La localité de Dikwa se situe à moins de 80 kilomètres du lac Tchad, dans une région où les frontières de quatre pays se rejoignent, pratiquement au niveau du lac : Cameroun, Nigéria, Niger et Tchad. 

 

Repères géographiques

Pour donner quelques repères, au moins géographiques, la carte présentée ici a été produite sur Google Earth à partir d’images acquises par le satellite Terra le 20 février 2013. Au milieu d'un région assez désertique, on voit bien les zones irriguées autour du lac Tchad qui, comme la mer d'Aral, a  vu sa surface fortement réduite au fil du temps. Le lac Maga en forme d'accent circonflexe renversé est plus au sud. L'image met également les parcelles agricoles irriguées le long du fleuve Komadugu Yob à l'ouest du lac Tchad, créant un ruban vers au milieu du désert, un peu comme le Nil en Egypte.


Terra---MODIS---Tchad---Nigeria---Cameroun---Dikwa---Waza-.jpg

Le lac Tchad vu sur une image MODIS du satellite Aqua acquise le 20 février 2013.
Crédit image : NASA / GSFC / Modis Rapid Response

 

La carte, présentée au début de cet article, avec les frontières en jaune vif et les routes en couleur plus claire, permet de bien se rendre compte de la proximité de la route avec la frontière entre le nord du Cameroun et le nord du Nigéria. C’est ici que les français, expatriés au Cameroun et en vacances dans le nord du pays, ont été enlevés mardi par un groupe d’hommes à moto. 

 

Une autre carte de la région, une autre crise quelques mois plus tôt…

Je n’ai pas eu la chance de visiter le parc national de Waza au Cameroun mais le nom et la carte de la région me disaient quelque chose…

En fait, cela remonte au mois d’octobre 2012, avec de graves inondations causées par des pluies intenses depuis le mois d’août 2012.

Le 10 octobre, la charte internationale « Espace et catastrophes majeures » avait été activée par l’UNICEF : les régions au nord du Cameroun ont été touchées par les inondations depuis août, avec, dans le département du Logone et Chari, les débordements du fleuve Logone, qui sépare le Tchad du Cameroun, et du lac Maga.

Avec le service de réponse aux situations d’urgence du programme européen GMES, la charte est un des mécanismes mis en place pour exploiter le plus rapidement possibles les images des satellites d’observation de la Terre afin d’aider les opérations de secours et d’assistance. C’est ce qu’on appelle la cartographie rapide, qui consiste à identifier les dégâts et de délimiter les contours de la catastrophe en comparant une image prise juste après l’évènement avec une image d’archive récente, si possible dans des conditions de développement de la végétation similaires (même saison).

La carte suivante, beaucoup plus détaillée que celle que j’ai faite avec Google Earth, a donc été produite par UNOSAT le 2 novembre 2012 à l’occasion de cette activation de la charte internationale. 


Charte-Internationale---Inondations---Tchad---Nigeria---Ca.jpg

Carte des inondations à la frontière entre le Tchad, le Nigéria et le Cameroun produite
par UNOSAT pour la charte internationale « Espace et catastrophes majeures ».
Crédit image : UNOSAT /NASA.

 

Pour ce travail de cartographie rapide, ce sont également des images MODIS du satellite Terra, comme celle présentée plus haut, qui ont été utilisées : l’image de référence date du 28 décembre 2011. L’image où apparaissent les zones inondées a été acquise le 30 octobre 2012. Ce type d'image à résolution moyenne ne permet qu'une première analyse de la situation. Par ailleurs, l'utilisation des capteurs optiques, dans le cas d'inondations, peut être compromise par la présence de nuages. Dans ce cas, c'est les images radar, fournis par les satellites SAR (Synthetic Aperture Radar) comme TerraSAR-X qui sont le plus utiles.

 

En savoir plus :

 


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  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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