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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 23:52

 

Calendrier spatial - Juillet 2016 - Lac Mead - Las Vegas - Sentinel-2 - Copernicus - ESA - Commission européenne

Le calendrier spatial du mois de juillet 2016, illustré par une image du lac Mead dans le Nevada, tout près de Las Vegas. L’image a été acquise le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC par le satellite européen Sentinel-2. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne. Illustration : Gédéon

 

J’ai hésité à en faire le quiz du mois de juillet mais j’ai finalement gardé cette image pour le calendrier spatial du mois.

Vous voyez ce que c’est ? Non ? C’est une partie du lac Mead, à la frontière entre le Nevada au nord et l’Arizona au sud, aux Etats-Unis, tout près de Las Vegas.

D’accord, j’ai déjà utilisé des images de l’ouest des Etats-Unis à 2 reprises, le Colorado en mars et le sud de la Californie en avril. Mais je ne m’en lasse pas…

 

Welcome to the Fabulous Las Vegas

La fauchée de Sentinel-2 permet de couvrir un champ beaucoup plus large que la partie du lac Mead qui illustre le calendrier de juillet.

Voici une version en résolution réduite de l’image complète, représentée ici dans une composition colorée utilisant le canal proche infra-rouge pour mettre en évidence la végétation active et les surfaces irriguées de cette région aride.

 

Las Vegas et le lac Mead - Nevada - Arizona - Sentinel - Sentinel-2 - ESA - Copernicus - Proche infrarouge

Dans le Nevada, la région de Las Vegas et le lac Mead. Image acquise le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC par le satellite européen Sentinel-2. Version en résolution réduite. Représentation colorée utilisant le canal proche infrarouge. Cliquez sur l’image pour la voir en grand format. Version en couleurs naturelles disponible ici. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Si vous avez un accès réseau rapide et un PC musclé, je vous invite à charger l’image d’origine complète sur le site Sentinel Data Hub de l’ESA et d’y faire une petite balade avec le logiciel SNAP téléchargeable sur le site de l’ESA.

En zoomant plus au moins, on comprend tout l’intérêt des images Sentinel-2 qui associent à la fois un grand champ et une assez bonne résolution. Evidemment, on ne voit pas le même niveau de détail qu’avec une image Pléiades mais, même au cœur de Las Vegas, on distingue les grandes artères et les principaux quartiers.

 

Las Vegas - Strip - satelllite - Sentinel - Sentinel-2A - ESA - Copernicus - Welcome to the fabulous Las Vegas - Bellagio - Wynn - Louxor

Welcome to the fabulous Las Vegas : la ville vue par le satellite européen Sentinel-2.
Extrait d’une image acquise le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

L’image en « fausses couleurs », avec le canal proche infrarouge est disponible ici. J’ai déjà publié un quiz avec une image ASTER de Las Vegas qui permettait de voir les pelouses bien arrosées et les terrains de golf. L’image de Sentinel-2 prise en juin 2016 permet de voir que tout le gazon n’est pas artificiel.

 

Casino royal

Si vous avez déjà eu l’occasion de visiter cette ville, vous pourrez peut-être reconnaître les principaux hôtels et les attractions le long du strip, avec du nord au sud, à partir de l’hôtel Stratosphere : le Sahara, Circus Circus, Le Wynn, The Venetian, Treasure Island, The Mirage, Ceasars Palace, Paris Las Vegas en face du Bellagio (forme incurvée bien visible sur l’image et de ses fontaines, Excalibur, Le luxor avec sa pyramide noire et son sphinx blanc également reconnaissable sur l’image, le Mandalay Bay, etc. Les pistes de l'aéroport international McCarran sont évidemment bien visibles.

Cet exemple laisse entrevoir toutes les applications possibles des images de Sentinel-2, y compris la vérification sommaire de la mise à jour de carte. Ces images sont gratuites, accessibles à tout le monde sans restriction ! Etonnant, non ?

 

Las Vegas - Stratosphere - Manèges - Casino - Welcome to the fabulous Las Vegas - By night

Même si c’est pris du haut du Stratosphere, ce n’est pas une image satellite : une vue de Las Vegas
prise depuis le sommet de l’hôtel Stratosphere. Avec quelques attractions pour les amateurs
de sensations fortes. Crédit image : Gédéon

 

Si on s’éloigne de la ville, l’image Sentinel-2 permet d’apprécier les contours du Lac Mead.

 

Lac Mead - Nevada - Arizona - Sentinel - Copernicus - ESA - Sentinel-2 - Juillet 2016

Le lac Mead. Un autre extrait d’une image acquise le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC.
Représentation en couleurs naturelles. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

En zoomant dans l’image complète, vous découvrirez également quelques détails intéressants et des installations étonnantes… Notez par exemple l’occupation des sols au nord du lac Mead dans la Moapa Valley le long de la Muddy River.

 

Sentinel-2 - Copernicus - ESA - satellite - Moapa Valley - Muddy river - Juillet 2016

Au nord du lac Mead, la Muddy River et la Moapa Valley. Extrait de l’image acquise par
Sentinel-2 le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC. Représentation utilisant le canal proche infrarouge.
L’image en couleurs naturelles est disponible ici.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne.

 

KFC : Kalifornia Fried Chicken

Ou encore l’impressionnante installation de l’Ivanpah Solar Electric Generating System, à 64 km au sud-ouest de Las Vegas dans le désert de Mojave, juste au sud de la frontière avec la Californie. Sur 14 km2, plus de 170 000 miroirs concentrent l’énergie solaire sur des générateurs de vapeur installés au sommet de trois tours (240 mètres de hauteur). C’est le plus grand site d’énergie solaire aux Etats-Unis.

 

Quand le solaire fait un four...

Opérationnelle depuis février 2014, la centrale de 400 MW rencontre pourtant quelques problèmes (de jeunesse ?) : elle ne livre pas toute la puissance prévue contractuellement (comme son nom l'indique). En mai 2016, un incendie, causé par un mauvais asservissement d’une partie des miroirs, a détruit une partie des installations, sans parler des pilotes qui se plaignent d’éblouissements ou des oiseaux transformés accidentellement en poulets grillés (et livrés directement au golfeurs jouant à proximité)…

 

Californie - Centrale solaire Ivanpah - l’Ivanpah Solar Electric Generating System - Sentinel-2A - Sentinel - ESA - Copernicus - Commission européenne - Juillet 2016

La centrale solaire d’Ivanpah au sud de Las Vegas. Extrait de l’image acquise par Sentinel-2
le 5 juillet 2016 à 18:33 UTC. Représentation utilisant le canal proche infrarouge.
Les miroirs et les trois tours sont bien visibles comme le green (rouge) du golf tout proche.
L’image en couleurs naturelles est disponible ici.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Dix lancements orbitaux, tous réussis, au mois de juin 2016

Le mois de juin 2016 a été un bon cru : dix lancement orbitaux, tous réussis, et un nombre record de satellite mis en orbite. Il est vrai que la 36ème fusée de la famille PSLV a mis à elle seule 20 satellites en orbite (dont 12 petits satellites de moins de 5 kg de la constellation Flock de la société Planet).

La Chine et les USA arrivent en tête avec 3 lancements chacun. La Chine a procédé au vol inaugural d’un nouveau lanceur, la fusée Chang Zheng 7, sur un tout nouveau site de lancement, à Wenchang.

La Russie occupe la deuxième place du podium avec deux lancements. L’Inde et l’Europe ont procédé chacune à un lancement.

 

Lancements orbitaux - 2016 - mois de juin - satellites - pays - lanceurs - masse - charge utile - mission - records

Bilan des lancements orbitaux du mois de juin 2016. Illustration : Gédéon

 

La masse totale satellisée est d’environ 45 tonnes, un peu moins que le record du mois de mars, avec quelques beaux bébés comme Intelsat IS-31 (6320 kg), MUOS 5 (6740 kg) ou Echostar 18 (6300 kg). Ariane 5 a battu son record de charge utile en orbite GTO avec 9840 kg pour les deux satellites (10730 kg avec les structures porteuses). Le précédent record pour l’orbite GTO datait de février 2013 avec le vol VA 212 (9503 kg pour Amazonas 3 et Azerspace/Africasat 1A).

Le nombre élevé de petits satellites (dont les Flock qui pèsent chacun moins de 5 kg) fait néanmoins tomber la masse moyenne satellisée à 1237 kg.

Au total, depuis le début de l’année, il y a eu 43 lancements et 82 satellites mis en orbite. La masse totale satellisée est d’environ 166 tonnes. Je n’ai pas trouvé de détail sur le satellite lancé par le Chine le 30 juin. J’ai pris par défaut 2500 kg, un peu moins que la capacité de lancement en orbite LEO de la fusée Chang Zheng 4B. C’est peut-être un peu moins.

 
Lancements - bilan 2016 - launch record - fusée - satellite - charge utile - masse satellisée - mise en orbite - succès et échecs
Lancements et satellites mis en orbite au cours de l'année 2016. Bilan des masses satellisées. Illustration : Gédéon
 

Voici quelques détails sur ces dix lancements :

  • 4 juin 2016, 13:45 UTC, Plestesk (LC 133/3) : une fusée Rokot / Briz KM met en orbite héliosynchrone le satellite militaire de géodésie spatiale Geo-IK-2 n°12L. D’une masse de 900 kg, Geo-IK-2 n°12L remplace son prédécesseur n°11 placé sur une mauvaise orbite en février 2011. SA mission est de cartographier le champ gravitationnel de la Terre.
  • 9 juin 2016, 07:10 UTC, Baikonour (Area 81 Pad 24) : un lanceur Proton M / Briz M, dans sa version « Phase 4 » met en orbite de transfert géostationnaire le satellite de télécommunication Intelsat 31. Intelsat 31, d’une masse de 6310 kg, a été construit par Space Systems Loral. Il semble y avoir eu une extinction prématurée (9 secondes) d’un des quatre moteurs du second étage, anomalie compensée par une combustion plus longue (33 secondes environ) de l’étage Briz M. C’est le troisième lancement Proton de l’année 2016 et le 412ème au total.
  • 11 juin 2016, 17:51, Cap Canaveral (SLC 37B) : Delta 374, le neuvième lanceur Delta 4 Heavy,  met en orbite le satellite militaire NROL 37 pour le compte du National Reconnaissance Office. NROL 37 est probablement un satellite d’écoute électronique (ELINT) de la famille Mentor (Advanced Orion). Il s’agit de satellites de grande taille dotés d’une antenne géante et pesant environ 6 tonnes.

 

11 juin 2016 - Delta 4 Heavy - Cap Canaveral - satellite militaire - NROL 37 - National Reconnaissance Office - ULA

11 juin 2016 : lancement de la fusée Delta 4 Heavy depuis Cap Canaveral.
Sous la coiffe, le satellite militaire NROL 37 du National Reconnaissance Office.
Toujours à votre écoute… Crédit image : ULA

 

  • 12 juin 2016, 15:30 UTC, Xichang (LC 3) : une fusée Chang Zheng 3C met en orbite le satellite de navigation Beidou 2 G7 sur une orbite de transfert géostationnaire.
  • 15 juin 2016, 14:49 UTC, Cap Canaveral (SLC 40) : la 26ème fusée Falcon 9 de Space X, une version 1.2 FT, met en orbite les satellites de télécommunications Eutelset 111 West B et ABS 2A. La tentative de récupération du premier étage a échoué (baisse de poussée sur un des trois moteurs). Les masses respectives des deux satellites, construits par Boeing, sont de 1963 kg et 2200 kg.
  • 18 juin 2016, 21:38 UTC, Centre Space Guyanais (ELA 3) : pour la mission VA230, la 3ème fusée Ariane 5 de l’année 2016 met en orbite les satellites de télécommunications Echostar et BRIsat. Au total, c’est une charge utile record pour Ariane 5 : 9840 kg en orbite GTO. Echostar, lancé pour le compte de DISH Network, a une masse de 6300 kg. BRIsat, appartenant à la banque P.T. Bank Rakyat Indonesia, pèse 3540 kg. Les deux satellites ont été construits par Space Systems Loral.

 

Ariane 5 - VA230 - Echostar 18 - BRISat - CNES - Arianespace - CSG - ESA - 18 juin 2016

18 juin 2016 : lancement de la fusée Ariane VA230 depuis le Centre Spatial Guyanais. 
Ariane 5 emporte les deux satellites Echostar er BRIsat.
Crédit image : CNES / ESA / Arianespace / Optique vidéo du CSG / S. Martin

 

  • 22 juin 2016, 3:55 UTC, Satish Dhawan space Center, Sriharikota : une fusée PSLV-XL, la 36ème de cette famille de lanceurs met en orbite le satellite d’observation Cartosat 2. A 505 km d’altitude, l’orbite héliosynchrone est inclinée à 97,48°. A l’intérieur de la coiffe, le satellite d’observation de la Terre Cartosat 2 n’est pas seul : au total, 20 satellites, un nombre record, prennent la direction de l’espace. Parmi eux, 15 autres satellites d’observation de la Terre : SkySat 2G-1, LAPAN A3, BIROS et 12 satellites de la constellation Flock 2P.
  • 24 juin 2016, 14:30, Cap Canaveral (SLC 41) : une fusée Atlas 5-551 met en orbite de transfert géostationnaire le satellite MUOS 5. Destiné à l’US Navy, MUOS 5 (pour Mobile User Objective System) assure un service de communication avec les mobiles. Le premier MUOS a été lancé en 2012. Construit par Lockheed Martin, le satellite MUOS 5 a une masse de 6740 kg. C’était le premier vol d’une fusée Atlas 5 depuis l’anomalie de la mission Cygnus de mars 2016 (extinction prématurée du premier étage compensée par une poussée plus longue de l’étage supérieur).

 

4 juin 2016 - lancement du satellite militaire MUOS 5 - fusée Atlas 5 - US Navy - ULA

4 juin 2016 : lancement du satellite militaire MUOS 5 par une fusée Atlas 5.
Crédit image : ULA

 

Un nouveau lanceur sur un nouveau site de lancement

  • 25 juin 2016, 12:00 UTC, Wenchang (aire de lancement 201) : premier lancement d’une fusée Chang Zheng 7 depuis le nouveau site chinois de Wenchang (île d’Hainan). Pour ce vol inaugural, la fusée CZ-7 emportait plusieurs charges utiles dont une maquette du futur vaisseau habité NGCV (Next Generation Crew Vehicle) d’une masse d’environ 2,6 tonnes.

 

25 juin 2016 - lancement - fusée Chang Zheng 7 nouveau site de lancement chinois - Wenchang - Vol inaugural - NGCVNGCV - New Generation Crew Vehicle - Chang Zheng 7 - Wenchang - 25 juin 2016

25 juin 2016 : lancement de la fusée Chang Zheng 7 depuis le nouveau site de lancement chinois de Wenchang. En bas : récupération de la maquette de la capsule NGCV. Crédit image : www.news.cn

 

  • 30 juin 2016, 3:21 UTC, Jiuquan (LC 43/603) : pour le neuvième lancement chinois de l’année 2016, une fusée Chang Zheng CZ-4B lance le deuxième satellite Shijian-16. L’orbite est inclinée à 75°, à une altitude moyenne de 606 km. L’agence de presse chinoise indique une mission de mesure de l’environnement spatial et de validation de technologies. Compte tenu de l’orbite inhabituelle, certains analystes occidentaux pensent qu’il s’agit plutôt d’une mission d’écoute électronique (ELINT). Le premier satellite Shijian 16 avait été lancé en octobre 2013.

Il y a eu également 8 satellites mis en orbite à partir de l’ISS (Station Spatiale Internationale) : du 1er au 2 juin, 4 satellites d’observation de la Terre de la constellation Flock-2e de Planet et, le 21 juin, 4 satellites de la constellation Lemur-2 (Cubecheese, Bridgeman, Nate et DrMuzz) pour une mission AIS et radio-occultation météo.

 

Les débris spatiaux : des collisions en orbite ?

Dans la série des petits ennuis que les satellites peuvent rencontrer en orbite, c’est le thème que j’ai choisi pour le mois de juillet.

 

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  • Gédéon
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre.
Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées
  • Ingénieur dans le domaine de l'observation de la Terre. Bénévole de l'association Planète Sciences Midi-Pyrénées

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